Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Procès des Khmers rouges. La parole aux victimes

Procès des Khmers rouges. La parole aux victimes

Le 17 février 2009 s’ouvre le procès de Douch, premier des cinq hauts dirigeants Khmers rouges (1) mis en examen à être jugé, trente ans après la fin du régime génocidaire de Pol Pot, et le seul jusqu’à présent à avoir reconnu sa responsabilité. Que s’est-il passé au Cambodge entre 1975 et 1979 et comment les rescapés de ce régime supportent-ils de se replonger dans ce passé cauchemardesque ? Que savent-ils du tribunal et du procès, et qu’en attendent-ils ?

 

GIF - 11.7 ko

Le procès a connu dans le passé, et connaît toujours, de grandes difficultés. Problèmes liés aux reports successifs, qui risquaient au fil des ans de compromettre jusqu’à la comparution même des accusés (Ta Mok, surnommé « le boucher » en raison de sa brutalité, est décédé en 2006, ou Pol Pot, décédé de mort mystérieuse en 1998), difficultés financières (le budget du tribunal dépendant en grande partie de pays donateurs), qui ont failli avoir pour conséquence son arrêt pur et simple, problèmes d’organisation, problèmes de traductions (le tribunal étant en partie international). Certains ont même parlé de problèmes de corruption, ou de bâtons mis dans les roues de la justice, afin de l’entraver.

Une autre difficulté, et de taille elle aussi, a été de convaincre les victimes de témoigner ou porter plainte. De nombreuses personnes travaillant pour des ONG ou le DC Cam (Centre de Documentation sur le Cambodge) ont sillonné les campagnes, passant de maison en maison pour parler aux villageois, leur expliquer ce que sont le procès et le tribunal, leur distribuer et les aider à remplir des formulaires de dépôt de plainte et de témoignage, notamment parce que le tribunal avait prévu, au début, de diffuser ces formulaires sur Internet, inaccessible dans la majorité du pays.

Au début, il a été très difficile pour ces personnes de collecter des plaintes et des témoignages. Pourtant, même si le nombre de plaintes a peu à peu augmenté depuis 2007, de nombreuses personnes ont hésité à participer au procès. Les raisons de leurs hésitations ou leurs refus sont variées.


Manque d’information, donc ou difficulté pour mener à bien cette démarche administrative (beaucoup de gens ayant en effet des difficultés pour comprendre ou pour lire les formulaires), mais aussi peur des représailles, peur pour sa sécurité et celle de sa famille. On a en effet rapporté des tentatives d’intimidation ou des menaces de la part d’anciens Khmers rouges(1) à l’encontre des rescapés qui décidaient de participer au procès.

Autre raison très fréquente, l’immense difficulté que rencontrent beaucoup de personnes à surmonter le traumatisme de cette replongée dans ce passé qui les hante toujours et leur donne encore parfois d’horribles cauchemars.

Beaucoup de gens ont d’autant plus de mal à se libérer aujourd’hui de leurs souvenirs qu’ils ont tout fait pendant trente ans pour les refouler et passer à autre chose. Comment peut-on passer avec tant de courage et de détermination à autre chose, après avoir vécu un enfer pareil...


3 ans, 8 mois et 20 jours, où la vie au Kampuchea Démocratique.

17 avril 1975. Victorieux de la guerre civile très meurtrière opposant depuis 1970 :

* les forces gouvernementales pro Américaines du Général Lon Nol (auteur du coup d’état du 18 mars 1970 ayant renversé Norodom Sihanouk), forces (très fortement) soutenues militairement par l’armée américaine déjà présente au Vietnam,

* et les forces révolutionnaires ultra-maoïstes des Khmers rouges,

...les Khmers rouges entrent triomphalement dans Phnom Penh, sous les cris de joie d’une population qui a cru que cela marquait le début de la paix enfin retrouvée dans le pays (2). Le Cambodge a en réalité basculé dans le cauchemar absolu ce 17 avril 1975.

Les Khmers rouges nouvellement au pouvoir changent le nom du pays (désormais le Kampuchea Démocratique), déclarent l’avènement de l’année zéro et mettent immédiatement leur politique à « exécution », ce qui est vraiment le cas de le dire.

Les personnes ayant collaboré avec l’ancien régime, les intellectuels, fonctionnaires, médecins, professeurs, religieux... bref, tous ceux qui ne sont pas paysans... les gens qui parlent une langue étrangère... les porteurs de montres, de lunettes (3)... Tous ceux qui ont reçu une quelconque forme d’instruction ou ont l’air d’en avoir reçu une, tous ceux qui ont l’air d’avoir un lien quelconque avec l’étranger et l’ennemi impérialiste, les gens qui osent résister ou simplement protester, tous ces gens profondément haïs par les révolutionnaires Khmers rouges car considérés comme des traîtres capitalistes et impérialistes, sont traqués et parfois exécutés sommairement dès les premiers instants de la « révolution ».

Suivant leur programme, ils décident de vider immédiatement les villes pour envoyer tout le monde se « rééduquer » à la campagne. Ils entrent de force dans les maisons, exécutent sur place les récalcitrants et chassent les habitants. Il faut partir. Tous les citadins sans la moindre exception, hommes, femmes, enfants, femmes enceintes, nourrissons, vieillards, malades et blessés sortis de force des hôpitaux (parfois avec la perfusion encore accrochée à leur bras, ou les pansements de leur récente opération), sont déportés vers les campagnes lors d’une interminable exode à pieds sous la canicule écrasante de la saison sèche, sans eau ni nourriture, qui laissera déjà un grand nombre de victimes sur les bas côtés des routes.

En trois jours seulement, il n’y a plus personne à Phnom Penh, Battambang ou ailleurs. Les villes sont désormais complètement vides et fantomatiques. Les déportés des villes (le « Peuple Nouveau ») rejoignent les paysans (le « Peuple Ancien »), et sont dispatchés dans des camps de travaux forcés, les « champs de la mort » pour y effectuer en majorité d’harassants travaux agricoles, mais aussi des constructions de barrages, ou de digues en terre, démolies dès la première averse, reconstruites le lendemain et redémolies aussitôt.

C’est exténuant, surtout quand on crève de faim, et ça n’en finit jamais.

Le Cambodge n’est plus qu’un gigantesque camp de travaux forcés, où les gens, réduits à l’esclavage, connaîtront jusqu’en janvier 1979, date où l’armée vietnamienne est entrée au Cambodge pour chasser les Khmers rouges du pouvoir, les mauvais traitements et humiliations au quotidien, la famine qui ronge le corps et le tue à petit feu, l’épuisement, la maladie qui emporte en quelques jours faute de médicaments et de soins...

Ils connaîtront la haine des soldats Khmers rouges, hommes et femmes, garçons et filles parfois âgés de dix ou douze ans seulement, hargneux, impitoyables et zélés qui, armes à la main, surveillent froidement le travail, braillent leurs ordres ou leur propagande révolutionnaire, et ont le droit de vie et de mort sur celles et ceux qu’ils désignent arbitrairement comme « contre-révolutionnaires », « individualistes », « sales impérialistes » ou autre...

Ils subiront des violences physiques, seront témoins d’exécutions sommaires et de massacres, il y aura la torture d’hommes, de femmes et d’enfants dans les centres de détention, dont l’épouvantable ancien lycée « reconverti » de Tuol Sleng (dont Douch, qui sera donc le premier jugé, était le directeur), ou parfois dans des pagodes que le cynisme des Khmers rouges avait poussé à transformer en prisons.

Ils connaîtront les dénonciations, fortement encouragées par le régime, de n’importe qui pour n’importe quoi, et la peur, ressentie jour après jour après jour... une peur effroyable qui ronge l’esprit comme la famine ronge le corps, l’angoisse permanente d’être piégés, subitement désignés puis emmenés par les soldats, sous les yeux de leurs enfants terrorisés, la peur de faire confiance à quelqu’un et d’être ensuite trahis, et une profonde solitude au milieu de tous ces gens devenus rigoureusement identiques, tous vêtus de ce même « pyjama noir » révolutionnaire, tous arborant la même coupe de cheveux règlementaire...

Ils connaîtront le désespoir poussant certains à mettre fin à leurs jours, l’interdiction de se plaindre, ou de pleurer quand on n’en pouvait plus ou qu’on venait de perdre un proche. Les émotions étaient proscrites. Se plaindre était considéré comme un acte individualiste. La moindre critique, la moindre remarque, une larme qu’on laissait échapper, pouvaient leur coûter la vie.

Ils seront contraints à la soumission absolue et au silence total, le silence sur soi, sur son passé ou ce qui se passe, faute de quoi la survie, qui ne pouvait se concevoir qu’au jour le jour, n’était même pas envisageable.

Quelques uns parviendront à s’enfuir des camps et rejoindront la Thaïlande. Ils pourront alors raconter ce qu’ils ont vécu.

Les autres n’auront pas cette chance. Un tiers de la population, (Peuple Nouveau, Peuple Ancien, et enfin purges effectuées vers la fin du régime au sein des rangs Khmers rouges), périra dans le génocide, perpétré lors de ces années de terreur et de cauchemar absolus, ou la « machine de mort Khmère rouge », véritable machine infernale, une fois mise en marche, semblait ne plus jamais vouloir ni pouvoir s’arrêter...


Des gens ont avoué avoir été obligés d’abandonner momentanément le formulaire qu’ils étaient en train de remplir pour faire une pause, souffler, et tenter de se ressaisir lorsque l’émotion, due aux souvenirs insupportables remontés à la surface, les submergeait complètement ou les anéantissait.

D’autres ne peuvent évoquer leurs souvenirs ou revivre une scène évoquant ce régime sans se mettre à pleurer, comme cette femme bouleversée, prise en photo lors de la « Journée de la Haine » à laquelle elle assiste, qui éclate en sanglots à la vue de ce figurant jouant le rôle d’un soldat Khmer rouge, et vêtu du désormais symbolique « pyjama noir » (Diaporama.)

Certains ne peuvent contrôler leurs crises d’angoisse ou leurs accès de rage. D’autres encore n’arrivent même pas à raconter ce qu’ils ont vécu et se sont, depuis trente ans, emmurés dans un silence total, comme au temps ou le silence était la clé de la survie. Un mutisme dont il est désormais difficile de les extraire.

Trente ans après, le traumatisme est encore immense chez les victimes des Khmers rouges, et les séquelles profondes. Alors, des psychologues travaillant pour des ONG sillonnent le pays et tentent de les aider, de les soulager un peu. Ils œuvrent également à distance, par l’intermédiaire de la radio.



Désinformation et scepticisme...

Ce traumatisme est d’autant plus grand que, jusqu’à présent, les gens qui ont traversé cette épouvantable période comme on brave, contraint et forcé, un cyclone dévastateur n’ont eu que peu de possibilités de faire véritablement entendre leur voix auprès de leurs proches.

La moitié de la population du Cambodge d’aujourd’hui a moins de vingt ans, et 60 % de cette population est née après le régime des Khmers rouges. Cette nouvelle génération des moins de trente ans est souvent mal informée, voire même pas informée du tout, sur ce qui s’est passé.

Certains enseignants parlent désormais de cette période à leurs élèves, organisent des visites de lieux comme Tuol Sleng, mais la période Khmère rouge n’est pas officiellement au programme. Les manuels scolaires ne mentionnent toujours pas « les événements », comme disent pudiquement beaucoup de Cambodgiens, comme si le fait de prononcer les mots « Khmers rouges » allait porter malheur.

A croire qu’on a préféré enterrer jusqu’à aujourd’hui cette période du passé, faire comme si elle n’avait jamais existé. Mais le gouvernement cambodgien désire changer cette situation et travaille actuellement avec le DC Cam à la mise au programme scolaire de la période Khmère rouge. Cela devrait être fait en 2009.

Lorsque les victimes tentent de raconter à leurs enfants ce qu’ils ont vécu, si beaucoup de jeunes cherchent désormais à en apprendre davantage et posent des questions, il arrive souvent que des enfants et jeunes gens se montrent carrément sceptiques quant à la véracité de ces événements, ou trouvent les faits décrits tellement hallucinants qu’ils s’imaginent que leurs parents exagèrent les récits qu’ils leur font. Certains sont sceptiques également car ils refusent de croire que ces atrocités ont été perpétrées par des Cambodgiens contre d’autres Cambodgiens.

« Avant, je n’y croyais pas vraiment à cette histoire de Khmers rouges ; maintenant que j’ai vu le film, j’y crois un peu... » avoue une jeune fille qui vient d’assister à la projection du film du réalisateur Rithy Panh « S-21, la machine de mort khmère rouge ».

« C’est dur pour nous de croire à ces histoires. On n’a pas vécu cette période alors, qu’en penser ? En qui avoir confiance ? » déclare Sopoi, un ingénieur du son de 28 ans..

Alors ces victimes préfèrent souvent se taire plutôt que de devoir affronter la douleur supplémentaire de ne pas être crus. Certains encore disent préférer ne rien raconter aux enfants, car ce qu’ils ont à dire est tellement horrible qu’ils craignent de leur donner des cauchemars.

La tenue du procès ayant pour effet de libérer la parole, les choses sont en train de changer, et le DC Cam a également mis en place un travail de mémoire consistant notamment à demander aux jeunes d’interroger leurs aînés et de recueillir leurs récits.

Désintérêt et espoir de justice...

En plus de Douch quatre autres dirigeants Khmers rouges doivent être jugés par les CETC. (4)

En vertu de la politique de réconciliation nationale, les anciens soldats Khmers rouges, les chefs... n’auront rien à craindre de ce procès, quelques soient les crimes qu’ils aient pu commettre entre avril 1975 et janvier 1979. C’est ainsi que des victimes peuvent côtoyer au quotidien dans leur village l’assassin de leur mère, frère, enfant... sans rien pouvoir dire, et à qui ils doivent respect en raison de leur statut de notable ou du fait de leur âge.

Pour que le procès soit équitable, il faut que les victimes puissent bénéficier d’une défense solide. Un autre problème est en effet que les victimes ayant déposé plainte n’ont pas les moyens de se payer un avocat. Celles qui se sont constitué partie civile seront aidées par des ONG comme Avocats Sans Frontières ou Cambodian Defenders Project et ne seront pas défendues individuellement mais collectivement. Les réparations seront elles aussi collectives. Cet état de choses, stipulé dans le règlement intérieur des CETC, frustre et choque de nombreuses victimes, qui ont souvent tout perdu durant le régime.

Les cinq anciens Khmers rouges, quant à eux, seront défendus individuellement, souvent par des ténors du barreau, tel Khieu Samphan, ancien président du Kampuchea Démocratique, qui semble ne pas comprendre ce qui lui est reproché et sera défendu par plusieurs avocats, dont Jacques Vergès.

Certains se demandent si ce procès, se tenant si longtemps après les faits et jugeant des criminels que beaucoup de jeunes de la nouvelle génération ne connaissent pas ou peu, valait la peine d’être mis en place.

D’autres affirment qu’une bonne partie de la population s’en désintéresse. Ce serait en effet le cas chez beaucoup de personnes nées après le régime des Khmers rouges, mais était-ce une raison pour que ce procès n’ait jamais lieu ? Il est difficile d’imaginer que les rescapés de ce régime, quant à eux, puissent s’en désintéresser, même trente ans après. Certaines victimes, il est vrai, risquent de s’en désintéresser parce que leurs difficultés quotidiennes, en raison de la misère dans laquelle elles se trouvent, les forcent à tourner leur regard ailleurs, ou parce qu’ils ne croient pas en la possibilité d’une justice équitable. Cependant, ce procès représente pour la majorité des victimes, au contraire, un immense espoir, la dernière possibilité qu’ils auront d’obtenir justice, et par conséquent leurs attentes sont grandes. Trop grandes, d’après l’historienne Annette Wieviorka. Beaucoup de victimes, en raison de leurs difficultés, aimeraient avoir des compensations financières, et les ONG sont obligées de leur expliquer que ce ne sera pas possible.

Même si le procès ne jugera que cinq personnes, et même si certains s’en désintéressent, il était impératif qu’il ait lieu, que les accusés reconnaissent leurs tords, qu’ils soient jugés pour les crimes commis et condamnés. La peine de mort étant inconstitutionnelle au Cambodge, ils risquent la prison à perpétuité.

Ce procès est indispensable pour la mémoire des victimes qui ont perdu la vie et par respect pour les rescapés, dont la vie a été broyée, qui ont perdu une partie ou la totalité de leurs familles, et qui demandent parfois simplement que les cinq accusés reconnaissent leurs tords et présentent des excuses, afin qu’ils puissent se sentir soulagés, constater que les souffrances qu’ils ont endurées ont été entendues et reconnues, se sentir en paix et tourner enfin la page dans la dignité.

C’est indispensable aussi pour le travail de mémoire, pour contribuer, en plus du travail d’éducation et d’information qui doit être fait, à ce que la jeune génération sache ce qui s’est passé, le mal qui a été fait au nom d’une soit disant utopie, en réalité une idéologie extrémiste, sectaire et révolutionnaire. Pour que cela ne se reproduise jamais.

De ce fait, le procès des Khmers rouges ne concerne pas uniquement le Cambodge. Il va juger les hauts responsables d’un régime politique extrémiste, d’un génocide et de crimes contre l’humanité. Il concerne le monde entier.

Et c’est indispensable qu’il ait lieu pour que justice soit faite, tout simplement, et que cessent enfin de flotter au dessus du Cambodge d’aujourd’hui les fantômes du passé et ce lourd, très lourd parfum d’impunité.


***


Signification de l’image présentée.

« L’emblème symbolise les Chambres Extraordinaires ; elle combine une représentation de l’administration de la justice cambodgienne durant l’époque d’Angkor avec la guirlande de branches d’oliviers des Nations Unies, qui évoque la paix. La couleur officielle est bleu-foncé.

Le personnage est assis sur une estrade et tient dans ses mains une épée qui symbolise l’autorité du tribunal. C’est la figure centrale de la peinture murale de l’ancienne Cour d’Appel du ministère de la justice à Phnom Penh, où il est flanqué de deux aides qui se réfèrent à la loi, telle qu’elle est inscrite sur des manuscrits en feuille de palmier.

Le sceau officiel montre l’emblème figurant au centre de deux cercles dans lesquels est écrite, en khmer et dans son intégralité, l’appellation des Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens avec les abréviations ECCC, en anglais, et CETC en français (Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens). »

Source de cette explication : http://www.eccc.gov.kh/


Notes.


(1) L’appellation « Khmers rouges » fut donnée par S.M Norodom Sihanouk avant 1975 pour désigner les Khmers communistes révolutionnaires. Remarque : on trouve encore parfois dans les média occidentaux le seul terme « Khmer » pour désigner les Khmers rouges, dans des expressions telles que « le régime khmer a fait tant de victimes… », « les Khmers ont tué… ». C’est une erreur car « Khmer » veut dire « Cambodgien ».

(2) Dans le film La Déchirure, de Roland Joffé (1984) qui commence en 1973 durant la guerre civile, une scène montre le journaliste cambodgien Dith Pran, (décédé aux USA en mars 2008 et incarné dans le film par le Dr Haing S Ngor,ancien médecin rescapé des camps Khmers rouges, puis réfugié aux USA où il devint acteur, et où il sera assassiné en 1996 par un gang chinois), acclamant avec le reste de la population l’entrée des chars Khmers rouges dans la capitale le 17 avril 1975, et s’écriant joyeusement (en français) : « La paix ! La paix ! »

(Les liens sur Dith Pran et Haing S Ngor sont en anglais.)


(3) Les lunettes étaient considérées comme le symbole de l’intellectuel. Des gens ont été exécutés simplement parce qu’ils avaient la malchance de devoir en porter.


(4) Les quatre autres dirigeants Khmers rouges mis en examen, mis à part Douch (de son vrai nom Kaing Guek Eav, ancien directeur de la prison S 21 de sinistre mémoire), sont :

- Khieu Samphan (titulaire d’un doctorat de science éco obtenu à Paris en 1959, Président du Kampuchea Démocratique),

- Ieng Sary (de son vrai nom Kim Trang, lui aussi, comme Khieu Samphan et Pol Pot, étudiant boursier au début des années 50 à Paris, où ils se sont forgé leurs convictions ultra-maoïstes. Ministre des Affaires Etrangères sous les Khmers rouges),

- et son épouse Ieng Thirith, Ministre des Affaires sociales de l’époque. ( ! )

- et enfin Nuon Chea ("Frère numéro 2" (le "Numéro 1" étant Pol Pot) L’idéologue du régime, chargé de la sécurité intérieure et plus tard des purges.)


Pour en savoir plus sur le procès et son déroulement.


Dossier spécial Khmers rouges sur le site Ka Set Info.


Egalement un dossier sur le site du journal Cambodge Soir.


Le site officiel des Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens.


Le site internet du procès des Khmers rouges. En anglais. Pas de version en français.


Moyenne des avis sur cet article :  4.4/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • Surya Surya 29 janvier 2009 14:42

    J’ai fait deux erreurs de liens dans l’article :

    le "diaporama" que j’ai oublié de lier :
    http://ka-set.info/actualites/k7-media/cambodge-khmers-rouges-journee-de-la-haine.html

    dans les notes en bas de page, le lien sur Haing Ngor : http://www.haingngorfoundation.org/


    • ju ju 30 janvier 2009 14:20

      @ l’auteur,

      D’accord avec vous il y a un peu d’intérêt sur les atrocités commises par les Khmers rouges qui est choquant.

      Je trouve encore plus choquant le peu d’intérêt que l’on accorde à l’accession au pouvoir des Khmers rouges.

      Il ne faut pas l’oublier mais les Khmers rouges sont arrivé au pouvoir grâce au soutien de la population.

      L’ampleur des bombardement américains, 250 000 tonnes en 6 mois sur le Cambodge a eu pour effet d’horrifier et de déstabiliser la population qui a alors commencé à rejoindre les Khmers rouges.

      Que penser des ordres génocidaires "Anything that flies on anything that moves" donnés par Kissinger à l’aviation américaine ? 

      Ne mériteraient-ils pas un procès également ?


    • Surya Surya 30 janvier 2009 15:17

      Je ne dis pas le contraire. Je suis d’accord sur le fait que les Américains ont très gravement envenimé une situation déjà délicate, et leurs bombardements intensifs sur le Cambodge ont augmenté le nombre des partisans des KR, de même que la visite dans le maquis (il y est allé en empruntant la piste HoChiMinh si j’ai bien compris) de Norodom Sihanouk, en exil depuis le coup d’état de 1970, qui s’était rallié aux KR en lutte contre le gouvernement de Lon Nol pro Américain.
      Que le Roi (ou je sais plus s’il était Roi ou Prince à ce moment là) en personne, qui a toujours été adoré de la population paysanne, soit de leur côté a fait monter en flèche le nombre de partisans des KR. Les KR ont bien compris le parti qu’ils pouvaient tirer de sa situation et de sa visite et ne se sont pas gênés pour se servir de lui.

      Il faut aussi préciser que dans les zones que les Khmers rouges nommaient "libérées", c’est à dire passées sous leur contrôle, ils ont également enrôlé de force un grand nombre de paysans, et commis des atrocités avant même leur arrivée au pouvoir.

      Ce n’était pas vraiment le sujet de mon article, mais vous avez eu raison de vouloir préciser ce point.


    • artensois 29 janvier 2009 15:05

       Tout d’abord, merci d’avoir rédiger cette article qui décrit assez bien le fond du dossier. Merci donc de mettre ce procès dans l’actualité.

       

      Ce procès est indispensable, même pour nous français, car n’oublions jamais que le négationnisme a encore des disciples. N’oublions pas qu’il y a 65 ans l’Allemagne Nazie était défaite, 65 ans ce n’est rien. Alors oui, ce procès est aussi le notre.

       

      Ma génération, celle dont les parents ont vécu l’holocauste et qui ont dit plus jamais ça mais surtout qui ont inventé le crime contre l’humanité, a pourtant connu le Kampuchéa, la Bosnie, le Rwanda. Nous devons nous inscrire dans la continuité.

       

      Nié un de ces crimes c’est les nier tous.

       

      Merci mille fois


      • dalat-1945 29 janvier 2009 18:50

        Tiens Masuyer, Maugis oi Céphale a dû passer par là ! Je m’étais "plussé" volontairement pour appâter les communistes de services sur AV, çà a mordu ! Je suis revenu à "0".
        Oui, excusez moi parmi les communistes cités dans mon précédent commentaire, j’avais oublié Céphale. Mais maintenant c’est fait, l’oubli est réparé.


      • Lapa Lapa 29 janvier 2009 20:00

        amusant le peu d’intérêt que suscite cet article.

        Surtout de la part de ceux qui ont l’habitude de crier au génocide et au carnage sur de nombreux autres fils.
        Voyez, une pseudo histoire de viol datant de septembre (mais impliquant peut être un gars de la CIA) fait un carton sur AV au même moment.

        peut être que certains commentateurs ont un peu de honte pour venir lire ce qui les dérange. C’est plus facile de hurler avec la meute dans le sens qui nous convient bien.

        A cette époque là, nombre d’intellectuels français étaient aveuglés et se félicitaient du "retour à la terre des cambodgiens".

        Aujourd’hui nos intellectuels de service sur AV n’ont même pas le courage d’affronter la réalité d’un génocide. les mots leur manque, ils ont tout utilisé sur le conflit de gaza, la grossesse de rachida dati ou la supression de la pub sur le service publique.

        j’espère de tout coeur que ce procès permettra de faire comprendre au monde entier la saloperie qu’a été cette période Khmers rouges... a défaut de faire justice aux millions de victimes de cette folie.


        • dalat-1945 29 janvier 2009 22:17

          àLapa,

          Tout à fait d’accord avec vous Lapa !

          Tenez, avez-vous vu que quelqu’un a voté négativement sur l’aricle lui-même, qui ne se trouve plus à 100% d’opinions favorables. C’est probablement un des 3 lascars que j’ai dénoncés. Sur les 3, il y a 1 qui est beaucoup plus obtu que les 2 autres (enfin de par ses écrits).

          Cordialement,


        • antireac 29 janvier 2009 22:00

          Les négationnistes des crimes communistes ne sont malheureusement pas poursuivis par la justice comme c’est le cas pour ceux qui nient les crimes nazis.


          • Romain Desbois 29 janvier 2009 22:48

            Merci et bravo pour votre article. c’est insupportable que l’on ait mis autant de temps à juger les coupables. Imaginons que l’on commence seulement à juger les nazis !
            Mais ce qui est le plus honteux est le silence du monde "civilisé", comme l’on fait silence sur le rôle de la France dans la formation à la torture des escadrons de la mort en amérique Latine, comme son rôle pas clair dans le génocide du Rwanda.

            C’est vrai que pour la nouvelle génération de Cambogiens, celle qui n’a pas connu ce qu’a vécu leurs parents, ce n’est pas leur combat. C’est très dur pour les parents et la mémoire des victimes mais on ne peut pas demander aux jeunes de porter cette si horrible histoire. Ce serait malsain pour eux, il faut ne pas leur faire porter ce fardeau.

            Mais au nom de l’histoire des victimes mortes et vivantes, il faut que justice soit dite . Pour le bien de tous, mais aussi pour démontrer que lorsqu’on impose une idéologi même au nom du peuple on n’est plus démocrate
            Je propose qu’une journée soit internationalement consacrée aux victimes de ce génocide.

            C’est bien le moins qu’on puisse faire pour la mémoire de ces pauvres gens.

            Il ya quand même des fois où il n’y a pas de quoi être fier d’être humain.

            Merci pour ces liens et pour cet article tout en réserve et émouvant à la fois.



            • jacques jacques 30 janvier 2009 01:04

              Bon article,juste quelques commentaires bizarres.
              Ce génocide est différent des autres y compris des génocides nazis.
               Il est différent par la population visée puisque c’est sa propre population qui etait visée ;
               la ségrégation est faite sur des critères socio-éducatifs ,
               la méthodologie par une population jeune censé être pure et non-corrompue ; 
               par un intellectualisme des dirigeants qui ont pris les décisions "réfléchies" ;
               et dernier point ,le peu d’empressement des autres dirigeants(du Cambodge et du reste du monde) a faire aboutir les procès .Es ce la peur de découvrir des hommes identiques a eux même imbus de leur propre supériorité intellectuelle ,méprisants les autres et non pas un Hitler qualifié de petit caporal considéré comme peu cultivé ou un Staline associé a l’idée d’un paysan rustre,qui ont fait que les procès ont tardé,j’en sais rien mais il y a quelque chose !
              Par contre pour le silence des victimes, le grand-père de ma femme résistant déporté a Buchenwald et qui en est revenu n’a jamais voulu raconter à sa famille ce qui s’est passé là bas !

              En voyant la structure de nos sociétés de plus en plus ghettoisées dans le monde et des peurs engendrées en France par "les quartiers" et même certain département (93),au contraire des villes ghettos comme Neuilly,des arrondissements parisien concentrent les élites ,j’espère que l’exemple cambodgien servira de leçon et que le film" banlieue 13" restera un film de qualité moyenne et pas un film prémonitoire.


              • Yodeling Andy 30 janvier 2009 05:23

                Je n’ai pas grand chose à ajouter aux quelques trop rares commentaires : bel article sur un sujet qui n’a pas le retentissement qu’il mérite.
                 
                Il me semble également que ce procès, important effectivement tant pour les victimes que pour la population cambodgienne dans son ensemble, est très tardif ...
                 
                Dommage que peu de personnes semblent s’intéresser à ce génocide et au Cambodge ...


                • Marsupilami Marsupilami 30 janvier 2009 10:39

                   @ Surya

                  Merci pour ce très bon article. Il y a quelques jours j’ai revu le film La Déchirure, de Roland Joffé. J’ai été frappé par le fait que la plupart des combattants Khmers rouges étaient des adolescents très jeunes et parfois presques des enfants, incultes et fanatisés par une idéologie mortifère. On parle beaucoup des enfants-soldats d’Afrique, beaucoup moins de ces enfants-soldats Khmers, à la fois victimes des salopards adultes qui leur ont bourré le crâne, et bourreaux de leur propre peuple.


                  • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 janvier 2009 11:44

                    Article utile, sur l’horreur du "dossier" et la chappe d’oubli qui le recouvre peu à peu.


                    • maxim maxim 30 janvier 2009 12:12

                      ce qui est curieux ,c’est que les crimes et génocides commis au cours de notre histoire contemporaine sont toujours orientés dans le même sens :

                      crimes d’extrême droite ! haro général ! et bien sûr qu’il ne faut jamais revoir çà !

                      crimes d’extrême gauche ! voile pudique ,faibles protestations des intellectuels( voir silence complet ! ) et des partis politiques de gauche sur ce qui se passait dans ces dictatures égales à celles qui ont ravagé l’Europe !

                      et en France ,nous avons encore des partis qui rêvent de ces régimes !

                      il a fallu attendre trente ans pour en parler et faire le procès ?

                      qui protège -t-on encore ?

                      et nos grands esprits éclairés porteurs des lumières ,qu’est ce qu’ils en disent ?


                      • dalat-1945 30 janvier 2009 13:59

                        Bonjour Maxim,

                        Je suis bien d’accord avec vous. J’ai une explication simple, mais ce n’est peut être peut être pas la bonne !
                        En France les Communistes depuis la fin de la 2ème guerre mondiale ont très bien su occuper le terrain sur le plan politique.
                        Avec 25 % dans des élections générales, ils se voyaient bien un jour, prendre le pouvoir... Heureusement les Français qui ont mis un certain temps à comprendre (avec de nombreux intellectuels déjantés), ont fait marche arrière dans leur réflexion. Le parti Communiste est moribond. La LCR essaie de prendre le relais, mais ils n’iront pas très loin, heureusement !
                        Seulement, il est resté en place des organisations et systèmes favorables au Gauchisme (Communiste, LCR, etc.). Ces organisations ont complètement (et très efficacement) gangréné le terrain et continuent à le miner. Il suffit de voir ce que la CGT est encore capable de faire (çà va être de plus en plus difficile pour elle !), la LCR, ...

                        Je salue la CFDT qui est bien partie (mais avec beaucoup de difficultés) pour déminer le terrain !

                        Des gens qui ne sont pas communistes mais simplement de gauche (PS par exemple), ont été déformés pendant des décades par cet esprit communo/gauchiste (marxisme Léninisme, Trotskiste, etc.. Leur pensée est formatée sur un modèle de type "communiste". Ils sont devenus incapables de juger les actions des communistes dans le monde depuis 1917.Ils sont devenus pro-communistes dans leur tête , sans même s’en rendre compte ! Une expérience dans un milieu que je connais bien : l’Education Nationale : la gangrène a fonctionné à 80%. Le personnel de l’Education Nationale dans sa grande majorité est formaté sur un modèle de type marxiste léniniste, mais bien sûr ils ne voudront jamais le reconnaître ! Combien de profs vont dénoncer les actions de Pol Pot et Staline dans les collèges et les lyées. Ce qui est terrible c’est qu’ils sont arrivés à formater l’esprit des jeunes de la même façon.

                        Et là,il faut le reconnaître une chose : les Communistes en France sont arrivés à grangréner les esprits même honnêtes en martelant leur idées de type soviétique . Pour un Communiste, tous les non-communnistes sont des fascistes (ils oublient qu’ils ont été les alliés de Hitler pendant 2 ans). Les communistes sont des menteurs qui en traitant tout le monde de fascistes sont arrivés à faire oublier (à nier) les crimes du Communisme dans le monde !

                        Quand je pense qu’il a fallu attendre le début des années 90, pour que la Russie admette que les massacres des 15000 officiers Polonais à Katyn étaient bien un acte des des Soviétiques.L’URSS avait "certifié" (sans aucune preuve bien sûr), que Katyn, c’était les nazis !

                        Nous sommes encore gangréné aujourd’hui, par la pensée marxiste en France, par des gens qui n’ont plus leur place sur le plan politique actuellement chez nous.

                        Ce procès des Khmers rouges, va nous rappeler qu’il faut continuer à se battre contre l’délogie marxiste léniniste" Il va falloir encore du temps. Nous sommes tout de même sur la bonne voie !!


                      • dalat-1945 30 janvier 2009 18:32

                        @ tous sauf les communistes d’AV,

                        Là, sur mon commentaire précédent, les communistes d’AV viennent de passer et de "moinsser" !
                        Ils n’aiment pas beaucoup les communistes que je leur mette le nez dans leur caca !

                        Nous sommes encore gangrénés en France par les iées développées par les Communistes depuis la guerre.

                        Il faut que cela cesse !


                      • artensois 30 janvier 2009 13:39

                         Au delà des raisons que tout le monde semble partager ici. J’ai trois raisons de suivre ce procès.

                         

                        1) Il se trouve que je suis né à Brazzaville en 1957, et donc en AEF, de parents jeunes fonctionnaires qui avaient quittés la France à cause de la faiblesse des salaires. Je suis donc comme le disais mes camarades de classe "un séquelle du colonialisme" chose que j’assume puisque c’est la réalité(j’ai fait toute ma scolarité en Afrique). Et à ce titre le génocide du Rwanda a été un véritable traumatisme pour moi. J’avoue que je ne le comprends toujours pas. Il relève pour moi de la folie.

                         

                        2) Il se trouve que durant ma première année de fac 77-78 j’ai eu un cours sur l’expérience Kampuchéa dans lequel le prof nous expliquait le caractère novateur de cette révolution. J’ai par la suite, lors de ma brève carrière d’enseignant, pu constater l’obscurantisme des soi disant intello de gauche en ayant à faire des cours sur les Pays Socialistes Industrialisés. J’ai pu alors constater la dangerosité de l’intellectualisme hors sol. Les dirigeants Kmers ont été formés par ceux qui ont formés mes "maîtres".

                         

                        3) Je me suis engagé en politique où j’ai eu des responsabilités et j’ai milité à l’époque pour la création de brigades internationales pour la Bosnie. Je ne voulais pas laisser ce génocide se produire sous nos yeux. Je vous rappelle que l’on nous a passer à la télé des images de squelettes vivants derrière des barbelés au journal en plein été. Et cela n’a rien provoqué. Il faut remarquer que comme cela ce passé en Europe on a inventé le terme "nettoyage ethnique". Une infamie ajouté à un crime.

                         

                        Alors, merci au rédacteur de l’article d’avoir permis au rédacteur d’AGORA de suivre ce procès.

                         

                        Remarquez quand même le rang du dossier dans la page. 

                        Au Rwanda c’était quand même que des noirs ici ce n’est que des jaunes.

                        Je le dis même si cela me coûte mais je pense qu’il y a un part de vérité.


                        • dalat-1945 30 janvier 2009 14:12

                          Merci Artensis pour ce commentaire et ce témoignage


                        • artensois 30 janvier 2009 13:42

                          Quand j’ai écris cet article, cette rubrique était en bas de page.


                          • Surya Surya 30 janvier 2009 14:57

                            J’aimerais signaler deux arguments ou remarques, dont je n’ai pas parlé, et souvent mises en avant par ceux qui, à mon avis, voudraient bien minimiser un peu ce qui s’est passé au Kampuchea Democratique.

                            Merci Marsupilami pour le lien "enfant soldat" vers l’article "Médiapart", car ça m’a rappelé ces deux choses, dont on parle dans cet article :

                            1) Tout d’abord, l’argument selon lequel "il faut replacer les événements dans leur contexte historique". Le problème, c’est que l’on cherche très habilement et très subtilement à utiliser le contexte historique pour chercher des excuses aux KR. 
                            On entend par conséquent parfois, de la part de ceux s’appuyant sur l’argument du "contexte", que le "projet" des KR était louable en soi, mais qu’ils ont commis "des erreurs". Tuer 1 million 700 000 personnes, ils appellent ça une erreur...

                            Le procès doit juger les KR, ils ont donc droit légalement à être défendus (les victimes aussi...), mais je ne pense pas qu’il soit de très bon goût, d’essayer de les excuser, d’essayer de les faire passer pour de braves pères de famille qui voulaient le bien de leur peuple, et on malheureusement échoué... (ce qui me fait peur aussi, c’est ce sous entendu, qui veut que la prochaine fois qu’on essayera ailleurs, ça marchera, car nous on va bien évidemment pas faire des erreurs comme eux...)

                            2) Je suis très agacée par cet espèce de débat qu’on lancé certains, presque avec le dictionnaire à la main, consistant à savoir si oui ou non il faut appeler ça un génocide, ou s’il ne vaudrait pas mieux, n’est-ce pas, trouver un terme plus juste, plus approprié au "type" de massacres qui ont eu lieu. Je ne sais pas s’ils se rendent compte de leur attitude...


                            Pour finir, je pense que les utopies (puisque c’était ça dont il était supposé être question), si elles sont intéressantes à lire, portent forcément en elles les germes de la dictature. Elles sont très bien sur le papier, on peut rêver un peu, et on peut appliquer certaines de leurs idées si elles sont adaptables, mais je crois que c’est tout. Si on se lance a 150 % dedans, ça dérape forcément.

                            Il y a un bouquin super sur la question des utopies, c’est celui là. L’auteur passe en revue toutes les utopies, les décrit, puis les passe à la moulinette de la réalité de leur mise en pratique (quand ce fut le cas).
                             


                            • dalat-1945 30 janvier 2009 15:23

                              Merci Surya.


                            • jacques jacques 1er février 2009 19:53

                              Pour moi c’est bien un génocide et je ne comprenais pas pourquoi les procès avaient été si long a organisés ?
                              Et je viens de relire l’article de wikipédia sur les kmers rouges et pol pot et je crois comprendre la gauche se sent mal à l’aise car Pol pot se réclamait du communisme et le camp occidental aussi pour avoir défendu le régime kmers rouge en déroute,dans l’esprit de la guerre froide(les ennemis de mes ennemis sont mes amis) quand le vietnam a chassé ce gouvernement sanginaire.Pol Pot a rejoint Hitler dans l’ignominie.



                            • dalat-1945 1er février 2009 22:06

                              @ tous,

                              Bien qu’étant venu à plusieurs reprises, "moinsser"des commentaires favorables à Surya auteur de cet article, les Communistes d’AV n’ont pas osé faire de commentaires écrits sur ce dossier. Je m’en félicite.


                              • Romain Desbois 4 février 2009 11:51

                                Peut-être me comptez vous parmi les communistes d’AV ! Je me sens proche de ces idées plus libertaire d’ailleurs (certaisn communistes me prennt pour un mec de droite, c’est dire).

                                Mais sur le fond vous avez raison. Tant que chacun ne balayera pas devant sa porte, ne serait ce que pour resté crédible, les débats ne seront pas honnêtes.

                                Il est commun dans la vie de constater que l’on tôlère les fautes de ceux qui sont dans notre sphère familliale alors que ces mêmes fautes sont condamnées si c’est le voisin ou le politique, l’artiste qui les commettent..

                                Cela m’a toujours scandalisé ! D’autant que je pratique l’inverse. Je suis toujours plus exigeant avec mes proches.

                                Bon désolé c’est un peu hors sujet  smiley
                                Quoique ! Un dictateur seul n’est au pire qu’un tueur en série.

                                Qui aime bien chatie bien !


                              • artensois 3 février 2009 12:39


                                 Merci à vous mais un engagement : le suivi du procès sur ce site.

                                 

                                • Surya Surya 4 février 2009 19:33

                                  Bonjour,

                                  C’est d’accord pour le suivi, je le ferai soit en ajoutant des commentaires sur ce fil au fur et à mesure de l’avancée du procès, ou alors peut être un autre article plus tard.
                                   smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès