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Propagande 2.0 : un point de vue des relations internationales dans Secret State, House of Cards, Homeland et d’autres

 Vous souvenez-vous de ces affiches de propagande du régime nazi et soviétique ? Mais oui, ces images que l’on nous montrait à l’école et où on se demandait comment les populations de l’époque ont pu se laisser berner par des idées si grossièrement mises en scène. Ces régimes utilisaient les méthodes verticales et directes, propres à l’État fort et autoritaire, pour diffuser leur propagande par le cinéma, les affiches et bien sûr les médias.

Le pouvoir était facilement perceptible dans les sociétés traditionnelles ou antérieures à la nôtre. Il était incarné par une personnalité autoritaire (roi, dictateur, etc.) contrairement à nos sociétés contemporaines, plus marquées par un pouvoir horizontal et indirect. Pour schématiser, dans ces premières sociétés Big Brother nous voit et nous le voyons (statue, couronne, portrait, prépondérance, etc.), alors que dans les secondes Big Brother nous voit, mais nous le voyons plus (NSA, les GAFA, services de renseignement, etc.) [1]. Si Big Brother a évolué et est (presque) invisible aujourd’hui, cela signifie probablement que les méthodes de propagande ont muté avec lui, à défaut d’avoir disparu. À l’aide de quelques exemples cinématographiques, nous allons tenter de mettre en lumière la propagande 2.0 en France, sous l’angle des relations internationales.

Nous nous plaisons à employer le mot propagande pour sa connotation forte. Si nous en apprécions son impact, nous réfutons cependant la dimension négative du terme qu’on lui attribue généralement. La propagande serait la diffusion à grande échelle d’idées, de valeurs, d’idéologies, que chacun peut juger positivement ou négativement selon ses perceptions. Soulignons tout de même que les recherches en psychologie, psychanalyse et en ingénierie sociale en général sont au cœur des manipulations mentales de masse depuis le XXe siècle non seulement dans le cinéma, mais bien évidemment dans le marketing, la musique, les médias, les œuvres intellectuelles, artistiques, etc. La diffusion de l’idéologie à grande échelle est réalisable avec le pouvoir politique et/ou économique (les deux n’étant pas vraiment indissociables). Cette méthode de coercition psychologique est aussi nommée « soft power » en relations internationales.

Alors quelle est donc cette propagande ? Dans le cinéma, l’idéologie dominante est symboliquement représentée par Hollywood bien sûr. Par extension, nous nous référerons plus globalement à la sphère anglo-américaine pour commencer.

 

Secret State et House of Card

 Commençons par la récente série Secret State et son équivalente américaine House of Cards. Des œuvres convaincantes en ce qui concerne la mise en scène du jeu politique.

Secret State (diffusée en novembre 2012) est la minisérie britannique du réalisateur Ed Fraiman. Cette série est parfaite pour introduire le propos. Après un accident industriel d’une entreprise pétrochimique américaine Petrofex à Scarrow et le crash de l’avion du Premier ministre britannique, le vice-premier ministre britannique et protagoniste Tom Dawkins découvre les rouages d’un complot au cœur du pouvoir. Les thèmes abordés sont assez pertinents allant de la simple corruption politique, à la désinformation médiatique, en passant par la haute finance puissante, l’instrumentalisation du terrorisme, la pression des services secrets et de l’armée ou encore l’espionnage technologique sophistiqué.
Dès le 1er épisode, nous assistons à l’entrée en scène quasi immédiate de l’Iran ou plutôt d’un terroriste iranien soupçonné d’être à la source du crash l’avion du Premier ministre anglais. En seulement 4 épisodes, les principaux axes de l’idéologie dominante cinématographique sont mis en avant : l’imposante politique étrangère étasunienne, la diabolisation des pays non-alignés sur l’hégémonie de ces premiers et la défense d’Israël.

Nous verrons que « l’ennemi » cinématographique est souvent issu de pays non-alignés aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Israël ; il semble en effet qu’il est plus systématique de faire incarner un iranien comme adversaire plutôt qu’un saoudien par exemple (les deux grandes puissances antagoniques de la région). C’est un choix qui a son importance au vu des liens entre le Royaume saoudien avec les États-Unis, d’abord économico-militaires (Pacte du Quincy depuis 1945), mais aussi géopolitiques (contre les nationalismes arabes soutenus par l’URSS dans les années 1950-60) et religieux (contre la montée du chiisme iranien depuis la chute du shah d’Iran en 1979 jusqu’à aujourd’hui). Ces liens encore valables dans la période de tournage et de diffusion de Secret State s’effritent aujourd’hui par le retournement d’alliance des États-Unis vis-à-vis de l’Iran (sur le sujet du nucléaire et des sanctions internationales).

House of Cards (diffusé dès février 2013) est un remake d’une série télévisée britannique du même nom (diffusé dès novembre 1990). L’histoire raconte l’ascension du démocrate Frank Underwood dans le milieu politique américain et le moins que l’on puisse dire est que cette série dresse un portrait peu flatteur du milieu politique américain. En effet, la quasi-totalité des personnages fait tout pour acquérir pouvoir et influence, le héros Frank Underwood (accompagné par son alter ego féminin Claire Underwood qui est également sa femme) étant le plus déterminé, n’hésitant pas le moins du monde à mentir, tricher et tuer pour atteindre ses objectifs. Alors ces politiciens tous des pourris ?

Allons plutôt voir ce qu’il se passe dans le domaine des relations internationales, mises en avant à partir de la saison 2. C’est la Chine qui est à l’honneur dès l’épisode 5, avec l’entrée en scène de Xander Feng, le milliardaire chinois corrompu, atypique en matière de sexualité (sadomasochiste) et amateur de whiskies rares à 40 000 $ la bouteille. Un beau personnage à qui l’on doit notamment cette belle réplique : « Tous ceux qui en Chine travaillent à ce niveau paient ce qu’il faut, à qui il faut et tuent ceux qui doivent être tués. Des gens disparaissent tout le temps » [2]. De la faiblesse du yuan face au dollar aux bons du Trésor américain que la Chine détient en abondance, cette saison est diffusée en pleine période de tension au sujet du cyberespionnage chinois vis-à-vis des USA [3], du conflit dans le Pacifique occidental [4] et en arrière-plan de l’Accord de partenariat transpacifique excluant la Chine.

Passons à la très intéressante saison 3 où nous avons pour grand méchant ours le président russe Viktor Petrov, qui fait inévitablement physiquement penser à Vladimir Poutine. Une subtilité stupéfiante en pleine période de tension entre l’Ukraine et la Russie. Côté personnalité, Viktor Petrov aime le luxe, les belles femmes (mais il est très dédaignant voir machiste quand une secrétaire vient le déranger dans une conversation [5]), il est aussi va-t’en guerre et n’hésite pas à sacrifier sa population pour des objectifs douteux. Bref, il est érigé en caricature même de la personnalité autoritaire. Ce personnage est antipathique à tel point qu’il réussit à relativiser le personnage de Frank Underwood, le faisant presque passer pour un modéré ! C’est dans cette même saison que Michael Corrigan, un militant américain pour les droits des homosexuels en Russie, est arrêté par la police locale. Déterminé dans son combat pour l’abrogation de la loi russe sur l’exposition de relations non traditionnelles à des mineurs, il n’acceptera pas l’offre russe de présenter ses excuses publiques lui permettant de sortir de prison et de rentrer aux États-Unis. Il finira par se suicider pour sa cause et fera figure de révolutionnaire courageux mort pour ses opinions face au régime russe « ignorant  » et « intolérant  » selon les mots d’une Claire Underwoord enfin redevenue humaine, car touchée par ce drame. La posture adoptée à ce moment de l’intrigue est exactement la même que celle adoptée par les démocraties atlantistes affiliées à l’OTAN et par les grands médias occidentaux de façon générale [6] quand la vraie loi controversée contre la « propagande pour les relations sexuelles non traditionnelles devant mineur  » est ratifiée par le président Vladimir Poutine le 30 juin 2013. L’alignement idéologique entre l’œuvre cinématographique et la réalité politico-médiatique de cette période est total sur ce dernier point.

À noter également que deux Pussy Riot (les vraies) sont dans le casting de cette 3e saison, jouant leur propre rôle de trouble-fête face à un régime russe autoritaire. Le scénario se passe sur fond de guerre israélo-palestinienne où Claire Underwood tente de contourner le conseil de sécurité de l’ONU afin de mener à bien un traité de paix (évidemment) dans la vallée du Jourdain, rendu impossible par l’opposition de la Russie (toujours à mettre leur véto ceux-là [7]).

Pour finir cette saison, on nous rappelle aussi que le Venezuela n’est pas un pays coopératif quand il s’agit d’extrader un ex-cybercriminel (travaillant pour le FBI pour éviter la prison) tel que le hacker Gavin Orsay [8]. Un pays qui dans la réalité n’est pas en bonne santé géopolitiquement parlant depuis le non-alignement (entre autres) sur les dossiers sensibles palestiniens, iraniens et syriens de l’ex-président Hugo Chàvez (1999-2013) suivi par son successeur Nicolás Maduro (président depuis 2013).

 

Homeland

 La palme revient à la série étasunienne Homeland, diffusée en octobre 2011 et créée par Howard Gordon et Alex Gansa (inspiré de la série israélienne Hatufim de Gideon Raff) qui mélange l’huile et le vinaigre avec des contresens géopolitiques certains. Explications.

L’histoire nous raconte la vie de Nicholas Brody, un marine étasunien libéré lors d’une opération commando en 2011 au terme de huit ans de détention par Al-Qaïda. Cet homme a été « retourné » par l’organisation ; il s’est converti à l’islam et prépare une conspiration terroriste sur le sol étasunien. Il sera surveillé par Carrie Mathison, agent de la CIA souffrant de trouble bipolaire, qui est la seule personne persuadée que Brody prépare un mauvais coup. Les salauds de cette série sont le Palestinien Abu Nazir (celui qui a retourné Brody), le prince saoudien Farid Bin Abbud soupçonné de financer ce premier et un agent dormant résident aux États-Unis incarné par un professeur américain d’origine pakistanaise. Dans cette fiction, Abu Nazir en tant que n° 1 d’Al-Qaïda est farouchement combattu par l’héroïne Carrie Mathison et par la CIA (Rappel : dans le monde réel, ces deux instances en apparence antagoniques ont des liens troubles et ont bien élevé les cochons ensembles [9]).

La saison 2 commence par ce qu’il semble être une belle fantaisie : Abu Nazir le chef d’Al-Qaïda rencontre le chef du Hezbollah libanais ; une situation peu probable dans la réalité actuelle. En effet, les alliances et les actions géopolitiques des deux groupes apparaissent incompatibles en l’état actuel des choses. En effet, ils n’ont ni la même idéologie (Al-Qaïda  : salafisme/Hezbollah  : khomeynisme), ni les mêmes valeurs (légitimité de prendre pour cible des civils occidentaux/illégitimité) et ni la même hiérarchie des ennemis (les États-Unis et l’Occident en général/Israël) [10]. À nuancer quelque peu tout de même, car Oussama Ben Laden a tenté un rapprochement avec le Hezbollah lors de son exil au Soudan (1992-1996) et une collaboration secrète passée ne serait pas non plus totalement illogique.

Dans le dernier épisode, nous assistons à l’immersion du corps d’Abu Nazir (tué par le FBI et la CIA) comme l’avait été la dépouille de Ben Laden en 2011 ainsi qu’à un attentat faussement attribué à Brody (qui s’était retiré) faisant exploser un bâtiment rempli de personnalités politiques et d’agents des services. Le mollah Nazir est aussi un influent et réel chef de guerre pakistanais tué dans une série de tirs de drones américains le jeudi 3 janvier 2013.

Brody, étant devenu l’ennemi public n° 1 à tort, est obligé de se réfugier au Venezuela (décidément) dans la saison 3. Et c’est l’entrée en scène de l’Iran avec la nouvelle analyste de la CIA d’origine iranienne. Son voile fait peur au sein du service, encore traumatisé par les récents attentats.

Encore un contresens dans cette saison : l’état iranien chiite soutient directement l’extrémisme sunnite d’inspiration wahhabite et takfiriste (incarné par Brody et son mentor palestinien n° 1 d’Al-Qaïda Abu Nazir). En effet, dans cette fiction le gouvernement iranien et la population accueillent Brody comme un héros, car ayant tué beaucoup d’Américains. Un vrai comble quand on sait que dans le réel, ces succursales du courant salafiste sont plutôt les systèmes de valeurs politico-religieux des régimes saoudiens et qataris, ennemis du chiisme iranien. Les deux paradigmes sont antagoniques d’un point de vue idéologico-religieux et géopolitique, en l’état actuel des choses.

Les choix extravagants dans la construction de ces fictions sont-ils dus au hasard ? De nos jours, l’Iran est sûrement le pays le plus hostile à Israël et vice-versa, il n’est pas étonnant que la progressive levée des sanctions de ce premier soit combattue par le second, accompagné par grosso modo l’Arabie Saoudite (pour des raisons économiques et géopolitiques) et les néoconservateurs Américains à majorité protestante et juive (soit le monde de L’Ancien Testament) et tous fervent sionistes (Norman Podhoretz, Dick Cheney, les Bush, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Lewis Libby, Richard Perle, etc.). Une alliance qui trouve son sens dans l’eschatologie chrétienne évangéliste ainsi que dans l’eschatologie juive ; ces 2 courants ont des systèmes de valeurs tournés vers l’activisme politique à des fins religieuses communes (accélérer la venue du messie). Rappelons tout de même qu’il y a entre 10 000 et 25 000 juifs en Iran en 2014 selon les sources (en 2005, l’Iran avait la plus grande population juive du Moyen-Orient en dehors d’Israël), qu’ils sont représentés par un député (qui est d’ailleurs critique envers Israël) et qu’ils ne sont nullement menacés contrairement à ce qu’affirme le milliardaire Raymond Tusk et la journaliste libanaise de confession juive Ayla Sayyad dans House of Cards [11]. Rapportons que plusieurs responsables politiques et militaires israéliens considèrent l’Iran comme ennemi premier avant l’État Islamique et autres « djihadistes » ; notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahou qui alerte le monde contre la menace nucléaire iranienne toujours imminente depuis plus de vingt ans ! Tout un programme. Pour clôturer le propos, notons qu’un des réalisateurs (Howard Gordon) ne cache pas son soutien à Israël [12], mais réfute toute subjectivité dans ces œuvres à ce propos (en parlant de Homeland  : « He said he doesn’t hide behind a writer’s hat anymore and deny any personal conviction influencing the plot » ; « Il dit qu’il ne se cache pas derrière sa casquette de scénariste et nie que ces convictions personnelles ont influencé l’intrigue » [13]. Nous le croyons sur parole.

 

L’analyse de cette série n’est pas exhaustive tant les éléments extravagants pullulent. La saison 4 n’a pas été étudiée pour cause de temps (de digestion). Mais l’essentiel est là.

 

La frontière entre fiction et réalité

 À ceux qui nous diront que tout ceci n’est que fiction et que nous pouvons donc logiquement faire la part des choses par rapport à la réalité, nous répondrons que le virtuel est non actuel, il n’est pas non réel [14]. Le virtuel est une force qui peut déterminer le mouvement du réel ; il peut être considéré comme la part d’une réalité qui peut s’actualiser. Parmi tous les mondes possibles, le monde que nous qualifions de réel est celui dans lequel nous habitons, sa vérité est relative à la présence du sujet. La réalité, en tant que support et objet de savoir, n’est pas la somme décousue d’un ensemble de données empiriques. Ce que l’on appelle le réel n’est qu’un appauvrissement de cette totalité, appauvrissement nécessaire afin de pouvoir y poser des distinctions préalables à toute mise en ordre du monde [15]. Ce qu’il faut retenir en somme, c’est que le réel et l’imaginaire s’entremêlent constamment.

Exemples :

1) Dans le film Argo (sorti en 2012 et réalisé par Ben Affleck), affublé du sacro-saint « tiré d’une histoire vraie », nous assistons à la prise d’otages de l’ambassade américaine de Téhéran débuté le 4 novembre 1979. Se met en place une opération d’exfiltration de six diplomates américains, le 28 janvier 1980, organisée conjointement par le gouvernement du Canada et la CIA. En regardant ce film bêtement, une image très négative de la population iranienne en ressort tandis que les sauveurs occidentaux sont totalement légitimes dans la mise en scène. D’ailleurs dans une interview sur CNN, l’ancien président américain Jimmy Carter a déclaré à propos du film :

« La contribution canadienne aux idées et à la réalisation du plan est de 90 % alors que le film en accorde presque tout le crédit à la CIA américaine ; mis à part ceci, le film est très bon. Mais le personnage joué par Ben Affleck dans le film n’a été que... un jour et demi à Téhéran. Et le héros principal pour moi a été Ken Taylor, l’ambassadeur canadien qui a orchestré l’ensemble  ».

Si nous reprenons l’histoire sérieuse, nous pouvons noter que ce film a omis de nous préciser que c’est la CIA et le MI6 qui ont recruté des mollahs extrémistes afin d’organiser en 1953 un coup d’État contre le président démocratiquement élu Mohamed Mossadegh. C’est la mise en place et le soutien anglo-américain du gouvernement corrompu et violent du Shah Mohammad Reza Pahlavi qui amena à la fameuse prise d’otage du film [16]. Évidemment, cela n’avait rien à voir avec la nationalisation du pétrole iranien (entre autres) par Mossadegh ce qui n’arrangeait pas les compagnies pétrolières britanniques et américaines (Rappel : l’Iran est actuellement 2e producteur de pétrole au monde et le 1er exportateur de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole. D’après BP, l’Iran disposerait aussi depuis 2011 de la plus grande réserve en gaz naturel du monde).

Aussi, Argo est sorti en pleine période de controverses vis-à-vis de l’ex-président iranien, l’anti-impérialiste américain et antisioniste Mahmoud Ahmadinejad (président du 3 août 2005 au 3 août 2013). Pur hasard. Le film qui a vexé le Canada et l’Iran notamment [17] a reçu en février 2013 le Golden Globe du meilleur réalisateur et l’Oscar du meilleur film.

 

2) Énormément de films de science-fiction (majoritairement tirés de livres), tant les récents que ceux de la deuxième partie du XXe siècle, soulèvent des problématiques centrales (sélection d’embryon, cyborgs, clonage, intelligence artificielle, etc. [18]) qui sont étudiés depuis de nombreuses années par les plus hautes instances scientifiques, juridiques, philosophiques et les sciences humaines et sociales en général. De ce fait et contrairement à ce que l’on peut penser à première vue, la science-fiction apparaît comme un discours critique sur le présent et non sur le futur. La science-fiction et même une certaine forme d’art contemporain sensibilisent voire «  préparent  » la masse au transhumanisme, comme l’affirme sans détour Orlan, une des chefs de file de l’art transhumaniste [19].

 

L’axe du mal : les ennemis géopolitiques

 Il est important de signaler tout d’abord qu’environ 7 majors forment l’oligopole hollywoodien (sans compter leurs multiples filiales) :

 

  • The Walt Disney Company fondé par Walter Elias Disney et Roy O. Disney en 1923 et dirigé aujourd’hui par Robert Iger.

  • Columbia TriStar Film Distributors International fondé par Jack Cohn et Harry Cohn en 1919, elle deviendra une filiale de Coca-Cola en 1982 puis de Sony Pictures Entertainment (elle-même filiale du géant japonais Sony de Kazuo Hirai) en 1989 et dirigé aujourd’hui par Michael Lynton.

  • Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) fondé par Marcus Loew en 1924 et actuellement dirigé par Gary Barber.

  • Paramount Pictures Corporation fondé par Adolph Zukor et Jesse L. Lasky en 1916 et actuellement dirigé par Brad Alan Grey.

  • 20th Century Fox International Corporation fondé par Willian Fox, Joseph Schenck et Darryl F. Zanuck en 1935 aujourd’hui filiale de Fox Entertainment Group qui est détenu majoritairement par News Corporation, le groupe australien du milliardaire Rupert Murdoch (32e personnalité la plus puissante du monde et 76e fortune mondiale en 2015 selon Forbes).

  • Universal Pictures fondé par Carl Laemmle, Mark Dintenfass, Charles Baumann, Adam Kessel, Pat Powers, William Swanson, David Horsley et Jules Brulatour en 1912 et dirigé aujourd’hui par Ronald Meyer.

  • Warner Bros fondé par Jacob Warner et ses frères Samuel Eichelbaum, Hirsch Wonsal et Abraham Wonsal en 1923 et dirigé aujourd’hui par Kevin Tsujihara.

 

Le cinéma hollywoodien s’est massivement engagé au côté du gouvernement américain dans ces productions cinématographiques pour soutenir l’effort de guerre contre le régime nazi et ses alliés [20]. C’est une preuve supplémentaire de la pertinence du cinéma comme outil de diffusion d’idées et d’opinions.

Jack G. Shaheen, professeur émérite de communication de masse à la Southern Illinois University Edwardsville, a étudié la représentation des arabes et de l’islam dans plus de 1000 films américains depuis le cinéma muet jusqu’en 2006. Selon lui, « les Arabes forment le groupe ethnique le plus dénigré dans l’histoire d’Hollywood » (cf. son reportage [21]). Les conclusions de sa démonstration montrent que la diabolisation de ces derniers (perses compris, car amalgamés) est un fait indéniable qui remonte non pas depuis les attentats du 11/09, mais principalement depuis l’après-Seconde Guerre mondiale. La propagande hollywoodienne anti-arabe de l’époque est tellement balourde qu’elle justifie entièrement l’expression « plus c’est gros plus ça passe  ». Nous vous laissons regarder ce cours extrait de Delta Force (1986) de Menahem Golan [22] où deux terroristes libanais détournent un avion (cf. contexte historique de l’époque au Liban). Les nombreux agresseurs arabes présents au cinéma seraient dus au conflit israélo-palestinien, à l’embargo pétrolier des années 70 et à la crise des otages en Iran selon Jack G. Shaheen. Nous ajouterons de plus le fait que les magnats d’Hollywood seraient historiquement pour la plupart immigrés juifs d’Europe de l’Est [23] et donc logiquement plus à même de soutenir l’État israélien en diabolisant les arabes (syriens, iraniens, libyens, etc.) qui lui sont hostiles.

Mais les arabes musulmans ne sont pas les seuls à incarner le mal à Hollywood. Les innombrables films américains diffusés pendant la guerre froide diabolisent également le russe communiste que ce soit dans les James Bond (quasiment tous [24]), Rocky (John G. Avildsen, 1987), Rambo III (Peter Macdonald, 1988), etc. Après la chute du mur de Berlin, des russes plus positifs arrivent derrière les écrans (Armageddon de Michael Bay, 1998 ou K-19  : Le Piège des profondeurs de Kathryn Bigelow, 2002) aidant les américains contre les méchants russes toujours présents malgré tout (L’Effaceur de Chuck Russell, 1996). Le russe-voyou intégral fait son retour dans les plus récents Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg (2008), Iron man 2 de Jon Favreau (2010), The November man de Roger Donaldson (2014) [25 ; un parallèle peut être fait avec un Vladimir Poutine et sa politique étrangère embarrassante pour l’unipolarité américaine [26].

Nous aurions aussi pu parler de 24 heures Chrono, série notamment coproduite et scénarisée par Howard Gordon (Homeland), mais les 9 saisons de la série auraient de quoi remplir un bouquin sur le sujet. Nous attendons de voir la dernière série israélienne déjà en vogue : False Flag (de son vrai nom Shkufim) créée par Amit Cohen et Maria Feldman qui raconte l’histoire de 4 citoyens lambda israéliens accusés d’avoir enlevé le ministre iranien de la Défense, en visite secrète à Moscou !

 

Conclusion

 Dans nombre d’œuvres cinématographiques, l’orientation pro-américaine est largement perceptible et la pro-israélienne semble également évidente, c’est un fait [27]. Le soft power hollywoodien se situe principalement autour de ces deux nations, car elles s’en donnent les moyens [28].

En 2015, nous ne pouvons parler de propagande russe, chinoise ou iranienne, car elles ne s’inscrivent pas dans la doxa ; elles ne sont pas ou peu présentes sur les affiches cinématographiques, publicitaires, à la une des médias, etc. Nous avons bien vu quelques films issus de cet axe dit anti-hégémonique, mais face au rouleau compresseur idéologique hollywoodien ils ne font pas vraiment le poids ; 50 % du chiffre d’affaires d’Hollywood est réalisé à l’étranger [29]. Soulignons également que la binarité ridiculement simpliste (le Bien contre le Mal) omniprésente dans les films hollywoodiens, mais aussi dans le cinéma en général, tue dans l’œuf une conception saine des relations internationales voir la réflexion en général.

 

La propagande n’a pas fondamentalement changé. Elle est juste plus subtile avec les avancées des sciences humaines et sociales et l’évolution des mentalités. L’idéologie dominante nous amène dans une direction précise pour atteindre des objectifs. Et il n’y a pas d’objectif sans cible : ne négligeons pas l’impact de la fiction sur le réel, car l’important n’est pas le réel, mais la perception qu’en a la cible : l’opinion publique.

Pour finir, rappelons-nous des premières lignes du neveu de Sigmund Freud, le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques Edward Bernays, dans son livre Propaganda (1928), Chapitre 1 — Organiser le chaos :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays ».

 

 Octobre 2015.

 

 

[1] CERISE Lucien (21/08/15), conférence « La gauche liberticide  », En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=tgPZHgwOWGQ.

[2] House of Cards, Saison 2, Épisode 7, 38 : 40.

[3] LE MONDE (06/10/14), « Le FBI accuse la Chine de cyberespionnage à grande échelle », En ligne :http://www.lemonde.fr/international/article/2014/10/06/le-fbi-accuse-la-chine-de-cyberespionnage_4500894_3210.html.

[4] FONDATION RES PUBLICA (15/09/14), « Chine - États-Unis : entre hostilité stratégique et interdépendance économique et financière », En ligne : http://www.fondation-res-publica.org/Chine-Etats-Unis-entre-hostilite-strategique-et-interdependance-economique-et-financiere_a821.html.

[5] House of Cards, Saison 3, Épisode 6, 15 : 30.

[6] - LIBÉRATION VIA AFP (30/06/13) «  Russie : Poutine promulgue les lois contre la « propagande » homosexuelle », En ligne : http://www.liberation.fr/monde/2013/06/30/russie-poutine-signe-la-loi-contre-la-propagande-homosexuelle_914761.

- LE MONDE (30/06/13), « Russie : Poutine promulgue deux lois dénoncées comme liberticides », En ligne : http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/30/russie-poutine-promulgue-deux-lois-denoncees-comme-liberticides_3439201_3214.html.

- KHACHATURYAN Maria, L’Obs (11/06/13), « Une loi contre la "propagande" homosexuelle votée en Russie : vers une charia à la russe », En ligne :http://leplus.nouvelobs.com/contribution/884838-une-loi-contre-la-propagande-homosexuelle-votee-en-russie-vers-une-charia-a-la-russe.html.

[7] - VALLOT Daniel, RFI (22/05/14), « Chine, Russie : le double veto qui protège la Syrie », En ligne : http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140522-chine-russie-le-double-veto-protege-syrie-tchourkine-onu-cpi-justice-internati.

- LEPARISIEN.FR (08/07/15), « Résolution sur le « génocide » de Srebrenica : la Russie met son veto », En ligne : http://www.leparisien.fr/international/resolution-sur-le-genocide-de-srebrenica-la-russie-met-son-veto-08-07-2015-4929199.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr.

- NICHOLS Michelle, L’Obs (29/07/15), « Vol MH17 : veto russe à la création d’un tribunal international », En ligne : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20150729.REU6224/vol-mh17-veto-russe-a-la-creation-d-un-tribunal-international.html.

- GENESTE Alexandra, Le Monde (15/03/14), « Crimée : « le veto russe signifie que la force prime le droit », En ligne : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/03/15/la-resolution-sur-la-crimee-rejetee-a-l-onu_4383819_3214.html.

[8] House of Cards, Saison 3, Épisode 12, 44 : 48.

[9] - La CIA a, entre autres, encadré, entraîné et armé Al-Qaïda en 1980 lors de la guerre d’Afghanistan cf. SCOTT Peter Dale, « Le nouveau désordre mondial », Édition Demi-Lune, 2011.

- CLINTON Hilary (23/07/12), « Hillary Clinton : 'We Created al-Qaeda' », En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=WnLvzV9xAHA.

[10] HADDAD Rayan, Cultures & Conflits (été 2007) « Al Qaïda/Hezbollah : la concurrence à distance entre deux logiques d’action jihadistes différentes pour la captation des cœurs et des esprits de l’Umma » En ligne : http://conflits.revues.org/2561?lang=en.

[11] House of Cards, Saison 2, Épisode 9, 22 : 35, en parlant de l’Iran :

Ayla Sayyad : « Cela devenait trop dangereux.

Raymond Tusk  : _ [Soupir] oui

_ Ce n’est pas la meilleure place quand on veut se marier et fonder une famille.

_ Ou si on est juive.

_ Ça aussi. »

[12] ÉGALITÉ & RÉCONCILIATION (16/09/14), « 300 stars d’Hollywood soutiennent Israël contre le Hamas », En ligne : http://www.egaliteetreconciliation.fr/300-stars-d-Hollywood-soutiennent-Israel-contre-le-Hamas-27887.html.

[13] ARFA Orit, The Jewish Journal (31/01/12), « Why Homeland’s Howard Gordon omitted Israel in his speech », En ligne : http://www.jewishjournal.com/zoangel/item/why_homelands_howard_gordon_omitted_israel_in_his_speech_20120131.

[14] DESPRÉS Elaine et MACHINAL Hélène (Sous la direction d’), Post humain : frontières, évolutions, hybridités, Collection Interférence, Édition PUR, 2014, partie 1, sous-partie 2.

[15] ADELL Nicolas (2014-2015), cours « Anthropologie des savoirs », p59-60, s’appuyant sur Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage.

[16] SCOTT Peter Dale, « Le nouveau désordre mondial », Édition Demi-Lune, 2011, p47 et p79.

[17] WIKIPÉDIA, « Argo (film) », En ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Argo_%28film%29#Controverses.

[18] En vrac : Limitless (2011), Lucy (2014), Chappie (2015), Transcendance (2014), The Thing (1982), Prince of darkness (1988), Terminator (l’intégrale : 1984 — 2015), Abyss (1989), ExistenZ (1999), Ex Machina (2015), etc.

[19] LAMBERT Xavier (Sous la direction de), « Le post humain et les enjeux du sujet », L’Harmattan, 2011, chapitre 2, partie 3  : « Nous sommes à la charnière d’un monde pour lequel nous ne sommes pas prêts, ni physiquement ni intellectuellement. […] Dès qu’il y a des avancées, qu’elles soient technologiques, scientifiques ou biotechnologiques, elles font peur et provoquent des réactions épidermiques de résistance, d’opposition et de retour à la tradition, à l’ordre. […] Il est nécessaire que certains artistes essaient de se préparer et de préparer le public à ces grands changements qui sont en train de se produire. » Orlan.

[20] FRANCE3 (29/12/13), « La Propagande de guerre à Hollywood », En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=fk8YRZSLUPY.

[21] ZONEDOC (05/12/11) « [©- Zone Doc] - Hollywood Et Les Arabes  », En ligne : https://www.youtube.com/watch?v=TJ7nwbbIpkc.

[22] GOLAN Menahem (05/04/08), extrait de Delta Force « Les naziiiis », En ligne : http://www.dailymotion.com/video/x4yrfw_les-naziiiis_creation.

[23] GABLER Neal, Rue89 (27/03/2015), « Quand la mafia faisait chanter Hollywood  », En ligne :

http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/27/quand-mafia-faisait-chanter-hollywood-258407

[24] KÜNZEL Tino, Russia Beyond The Headlines (12/10/12), « 12 méchants russes face à James Bond », En ligne :

http://fr.rbth.com/articles/2012/10/12/12_mechants_russes_face_a_james_bond_16157

[25] SPUTNIK FRANCE (28/08/15), « Le "méchant Russe" de retour sur vos écrans : hasard ou tendance géopolitique ?  », En ligne : http://fr.sputniknews.com/international/20150828/1017831852.html.

[26] IOFFE Julia et Foreign Policy traduit par CHAMPION Yann et SASTRE Peggy, Slate (25/09/15), « Comment le Pentagone se prépare à une guerre contre la Russie », En ligne : http://www.slate.fr/story/107221/pentagone-prepare-guerre-contre-russie.

[27] - PHILIPP Jack, JSSnews (13/04/15), « Le « tout-Hollywood juif » se prépare à donner pour soutenir Hillary Clinton », En ligne : http://jssnews.com/2015/04/13/le-tout-hollywood-juif-se-prepare-a-donner-pour-soutenir-hillary-clinton.

- I24NEWS (23/08/14), « Des stars d’Hollywood soutiennent Israël », En ligne : http://www.i24news.tv/fr/actu/international/ameriques/41232-140823-des-stars-d-hollywood-soutiennent-israel.

Pour consulter la liste des personnalités cf. [12].

[28] - SCOTT Katty, Le Monde Juif (07/03/15), « Cinéma : le producteur de Forest Gump offre 10M de dollars pour l’image d’Israël », En ligne : http://www.lemondejuif.info/2015/03/cinema-le-producteur-de-forest-gump-offre-10m-de-dollars-pour-limage-disrael/.

- VUILLEMIN Michel, Infoguerre (19/12/11), « L’hégémonie du cinéma américain en Europe et le rôle des accords Blum-Byrnes », En ligne : http://www.infoguerre.fr/culture-et-influence/hegemonie-du-cinema-americain-en-europe-et-le-role-des-accords-blum-byrnes-4485.

[29] MUNIER Frédéric, « Hollywood, fabrique du soft power américain », Conflit n° 6, (Juillet-Août, Septembre 2015), P28-29.

 


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6 réactions à cet article    


  • Paranoïd 9 octobre 2015 11:13

    Merci pour votre article très intéressant. Il y aurait de quoi écrire un bon gros bouquin en décortiquant la propagande que l’on trouve dans les séries.

     Vous parlez ici de géopolitique, on pourrait aussi, par exemple, analyser les séries et films destinées aux ados qui sont pour la plupart plein de fausses évidences assénées à coups de mauvais exemples ( stupidité du peuple/groupe assimilé à une foule, nécessité de cacher la vérité au grand nombre et par conséquent nécessité de la hiérarchie, d’un chef fort et courageux, voir patriote, nécessité du châtiment et si possible de la peine de mort, ...). 


    • Franck Pengam 10 octobre 2015 23:15

      @Paranoïd
      Je me suis en effet focalisé sur l’aspect géopolitique et ce fut difficile de ne pas déborder sur d’autres axes. Je suis assez d’accord avec vous : le cinéma est globalement une machine à diffuser des valeurs. Le sujet est vaste. Des études seraient à faire notamment sur le cinéma français.


      • lermontov lermontov 11 octobre 2015 22:25

        N’avez-vous pas l’impression que, concernant les séries, plus elles durent, plus elle virent outrancier, etc ? Les premières saisons d’Homeland et House of cards sont très bonnes. Puis c’est la surenchère continue, et la déréalisation, pour continuer de captiver.

        J’ai eu le même effet avec Rectify et je crains le pire avec la saison 2 de The affair ou True detective 2.


        • foofighter foofighter 14 avril 11:56

          A ce sujet, voilà un extrait de la réflexion du grand reporter mais aussi multi-casquettes André Vltchek, dans un entretien qu’il avait eu avec Noam Chomsky et retranscrit par écrit (« L’Occident Terroriste - d’Hiroshima à la guerre des drones », éd. Ecosociété)

          «  Les Occidentaux font montre d’une crédulité ahurissante à l’égard de la propagande. Ayant grandi en Europe de l’Est [il est né à Saint Petersbourg], je suis à même de savoir qu’on n’y croyait en rien les discours officiels du gouvernement. C’est pourquoi, d’une certaine façon, les gens étaient très conscients de ce qui se passait dans le monde et dans leur pays. Ils savaient tout des présumés « crimes » commis par leur propre système, mais n’étaient pas nécessairement au courant des crimes beaucoup plus horribles dont l’Ouest étaient responsables. Leurs perceptions étaient surtout influencées par la propagande occidentale, dont ils ont été alimentés pendant des décennies par l’entremise de stations de radio et de télévision. Si les Européens de l’Est subissaient un lavage de cerveau, celui-ci n’était pas attribuable à la propagande soviétique (jugée peu habile), mais bien à la propagande occidentale.

          Pour avoir vécu sur tous les continents, je peux affirmer que les « Occidentaux » forment le groupe le plus endoctriné, le moins bien informé et le moins critique de la Terre, à quelques exceptions près, bien sûr, comme l’Arabie Saoudite. Mais ils sont convaincus du contraire : ils se croient les mieux informés, les plus « libres ».


          • Feste Feste 19 mai 22:17

            Encore un trés bon article. Vraiment bon boulot.

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