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Accueil du site > Actualités > International > Protectionnisme, identité, élites : ce que dit Trump du climat (...)

Protectionnisme, identité, élites : ce que dit Trump du climat politique

En 2015, personne ne s’attendait vraiment à ce que Donald Trump s’empare de la candidature républicaine. Certains y voient assez superficiellement un démagogue égocentrique. Et si, par ses choix de campagne, il signifiait beaucoup plus : un vrai et profond mouvement des plaques tectoniques politiques.

 
La réinvention des notions de droite et gauche ?
 
Le succès de Donald Trump est complexe à analyser, mais certains aspects sont indiscutables. D’abord, il s’agit d’un grand renversement social : là où le vote pour le parti républicain suivait le niveau de richesse, celui de Donald Trump est inversement corrélé. Et cela correspond à son positionnement volontairement anti-élites, qu’il accuse de soutenir Hillary Clinton. Quel renversement dans le paysage politique de voir le candidat des Républicains se présenter comme le candidat des petits, rôle traditionnellement tenu par les candidats du Parti Démocrate. En somme, les Démocrates sont devenus le parti des métropoles globalisées dont la population pense profiter de la mondialisation quand les Républicains se transforment, avec Trump, en parti plus populaire des déclassés de la globalisation.
 
Comme le note The Economist dans un dossier passionnant, une large majorité des Démocrates pensent que le libre-échange est une bonne chose, quand désormais, une proportion sensiblement plus importante des Républicains pensent le contraire, les soutiens de Donald Trump étant particulièrement critiques de ce libre-échange vanté par les élites. Assez logiquement, ceux qui s’opposent au libre-mouvement des biens sont assez enclins à s’opposer au libre-mouvement des personnes, et sont donc conquis par la promesse d’un mur pour séparer les Etats-Unis du Mexique. Se dessine en creux l’opposition entre élites de centre villes ultra-ouvertes, désindustrialisées et centrées sur les services et la nouvelle économie, gagnants de cette mondialisation et territoires périphériques.
 
Mais cette nouvelle opposition, qui rappelle un peu celle à l’œuvre chez nous, montre sans doute que les questions culturelles ont sans doute supplanté les questions économiques comme ligne de démarcation principale des clivages politiques. Car le discours de Donald Trump est plus patriotique et identitaire que progressiste. Il dénonce les délocalisations sans donner une vraie critique articulée de la mondialisation, constatant seulement ses dégâts et appelant à des mesures protectionnistes. D’où la cohérence de son positionnement qui comprend également une dénonciation plus que musclée des immigrés, « violeurs  », dont il propose d’en renvoyer pas moins de 11 millions. En ce sens, même s’il perdait en novembre, The Economist se demande si cette évolution pourrait durer.
 
Parce qu’une partie de la gauche fait de l’internationalisme sa boussole, au-delà même du progressisme social, elle se coupe d’un peuple qu’elle finit parfois par mépriser, parce que, victime de cette anarchie, il demande à ses dirigeants de le protéger par des frontières moins ouvertes à tous les vents, la droite peut, comme le montre Donald Trump, se réinventer en réaction, d’autant plus que le terrorisme islamiste peut pousser les citoyens à vouloir des politiques plus autoritaires et refuser les excès du multiculturalisme relativiste. En somme, des messages que porte traditionnellement mieux la droite. Et l’on peut se dire que c’était la même logique qui a œuvré pour la victoire du Brexit le 23 juin, soutenu par les classes populaires contre les élites des villes globalisées. Bref, Hillary n’a pas gagné.
 

Comme le soutient The Economist, le succès de Donald Trump pourrait bien dépasser 2016, même s’il n’était pas élu. Il reflète peut-être une réinvention de ce que signifie la droite et la gauche dans nos pays éprouvés par tous les aspects de la globalisation.

 

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11 réactions à cet article    


  • Jo.Di Jo.Di 27 juillet 10:57

    Trump, un « dernier souffle des blancs » ....
     

    Expression d’un sénateur démocrate hispano Art Torres en 1994 sur les propositions 187, 209, 227, qui devaient restreindre le grand remplacement et le multi-kulti là bas et qui ont été retoquées au final après la bascule démographique
     
     

    « 30% de musulmans colons dans les victimes de Nice ... Le Grand Remplacement est un mythe souchien .... »
     

    Pute médiatique du Capital donne sa tété à collabobo, le béat benêt soumis de gôôôche


    • Jo.Di Jo.Di 27 juillet 11:03

      Et pour le Brexit, la volonté de la police et des services sociaux coloniaux mondialistes d’ignorer la mise en esclavage de jeunes blanches à Oxford ....
       
       
       
      « Les abus sexuel ont comporté des viols vaginaux, anaux et oraux, et ont aussi inclus l’emploi d’une variété d’objets comme des couteaux, des fendoirs, des battes de baseballs […], des sex-toys. […] Ils étaient souvent accompagnés de comportement humiliants et dégradants comme des morsures, des griffures, des urinements [sur les victimes], être […] étouffées, attachées. Elles étaient aussi battues et brûlées. Cette activité sexuelle était souvent menée par des groupes d’homme ; parfois elle durait pendant des jours. [...]
       
      Contrairement à l’horreur des abus sexuels de Rotherham, les diverses branches du secteur public d’Oxford semblent avoir appris qu’avoir des centaines de filles violées avec des battes de baseball et brûlées avec des cigarettes pourrait nuire aux relations publiques [...]
       
      La chef de la Police, Sara Thornton, quand le scandale a éclaté, a refusé de démissionner
       
      David Cameron l’a écartée du bourbier d’Oxford pour son nouvel emploi à 252.000 livres sterling par an comme chef du « Conseil National des Chefs de la Police ».

       
      ‘La salope de souchienne’ Ed coloniales
       
      https://en.wikipedia.org/wiki/Oxford_sex_gang


    • Yaurrick (---.---.213.65) 27 juillet 12:17

      C’est triste de voir que les idées protectionnistes sont toujours d’actualité, alors que cela n’a JAMAIS amélioré la situation.


      • Jo.Di Jo.Di 27 juillet 14:06

        @Yaurrick
        Tous les pays émergent ont démarré ds le protectionnisme
         
        A commencer la Corée du Sud .... la Chine (qui le fait tjrs), le Japon, etc ....
         
        La Corée du Sud en plus avait un tel holisme, un communisme racial historique, qu’une génération s’est sacrifiée au travail pour l’avenir du peuple.
         
        Qui veut payer des impôts pour burkini ?
         
         

        AU BOOBALAND ARRÊTEZ DE BOSSER ET FINANCER VOTRE GRAND REMPLACEMENT !


      • Jean Pierre 27 juillet 15:21

        @Yaurrick
        Affirmation totalement gratuite qui ne repose sur rien.

        D’une part, on parle de mesures protectionnistes mais aucune n’est réellement mise en place. Se négocient actuellement un certains nombre de grands traité internationaux visant au contraire à développer et à faciliter les échanges.
        D’autre part, le développement économique de tout les grands pays ne s’est pas fait dans la continuité, mais dans une alternance de phases d’ouverture et de phases de fermeture. Des pays comme les Etats Unis et le Royaume Uni pourtant présentés comme libéraux ont eu dans leur développement des périodes très protectionnistes (voir doctrine Monroe).

      • Yaurrick (---.---.213.65) 27 juillet 16:54

        @Jean Pierre : Le fait qu’il ne s’agisse que de projets ne change rien à l’affaire, le protectionnisme n’incite pas à l’amélioration de la productivité, contrairement au libre-échange et la concurrence qui en découle. C’est le choix et la diversité des offres qui permet la meilleure satisfaction au sens économique, on le sait depuis les travaux de David Ricardo.

        Si l’autarcie et le protectionnisme créaient plus de richesses, cela ferait longtemps qu’il n’y aurait plus de commerce international... seulement c’est une fois de plus le contraire, ce sont les pays plus ouverts qui en retirent le plus de richesses.

        L’exemple des USA et UK est intéressant, mais encore une fois ils sont présentés comme libéraux mais ne le sont que de manière assez partielle, comme vous le dites de façon juste avec les différentes lois & traités protectionnistes. Le problème est qu’on ne quantifie pas les pertes de pouvoir d’achat, tandis qu’on mettra plus volontiers les aspects positifs (par exemple en ayant sauvé 1000 emplois mais en empêchant la création de 1500 emplois).


      • Alren Alren 27 juillet 18:47

        @Yaurrick

        le protectionnisme n’incite pas à l’amélioration de la productivité, contrairement au libre-échange et la concurrence qui en découle.

        La compétition entre entreprises pour fournir le bien ou le service le moins cher n’est honnête et souhaitable que si elle n’est pas faussée, comme actuellement, par une course à la baisse des salaires et l’abrogation des lois sociales dans les pays les plus avancés opposés aux plus pauvres qui n’en bénéficient pas. Ce nivellement par le bas est inacceptable.

        La finalité du travail doit être le mieux être pour tous, pour la courte vie qui nous est donnée. Or le système actuel des frontières ouvertes aboutit plutôt au mal être pour tous !

        Car les ouvriers et ouvrières des pays à bas coût salariaux se lançant dans l’exportation de produits manufacturés occidentaux, ont une vie beaucoup plus dure et leur santé est plus en danger qu’avant cette industrialisation esclavagiste qui n’a aucune préoccupation environnementale.

        Certes, ils gagnaient moins en numéraire dans leur vie précédente, généralement à la campagne, mais ce surcroît de salaire se paie d’une vie à la ville qui est source de dépenses en nourriture, en loyer etc. bien supérieures à ce qu’ils devaient payer avant.

        Sur le plan moral, ils sont souvent loin de leurs familles, de leur cadre de vie et ressentent avec amertume le spectacle d’inégalités sociales, eux étant au bas de l’échelle, qu’ils n’imaginaient pas avant de venir en ville.

        Au final, ils sont moins heureux, moins optimistes, plus fatigués, en moins bonne santé.

        De l’autre côté, il est inutile d’insister sur les souffrances des pays à coûts de main-d’œuvre élevés des travailleurs qui se retrouvent au chômage alors que bien souvent leur entreprise était bénéficiaire.

        La concurrence permettant une meilleure qualité des produits et une plus grande diversité de l’offre peut fort bien avoir lieu dans un pays de taille moyenne qui n’est pas ouvert aux quatre vents d’un libre-échange malhonnête.

        Elle aura lieu tout simplement entre entreprises installées à l’intérieur des frontières. La compétition sera remportée par la plus innovante, la plus créatrice, celle qui investit le plus dans la recherche.

        L’industrie automobile l’a démontré au temps où l’on pouvait choisir entre Renault, Peugeot, Citroën, Panhard, Simca pour acheter sa voiture.

        Si l’autarcie et le protectionnisme créaient plus de richesses, cela ferait longtemps qu’il n’y aurait plus de commerce international

        Le commerce, nécessairement de produits, ne crée pas de richesses ! Il n’ajoute pas de plus-value au produit. Et il n’a d’intérêt que dans un rôle de distribution. Seul le détaillant rend un service utile.

        Évidemment entre la production et la distribution il faut un transport de marchandises qui est aussi un service indispensable. Mais le transport n’est pas du commerce.

        Et faire parcourir des dizaines de milliers de kilomètres à des produits qu’on pourrait produire sur place est une aberration économique et écologique.

        Il faut donc distinguer dans le commerce international le transport de marchandises et la spéculationqui fait que l’on vend plus cher à l’arrivée le produit que son prix de revient (pris d’achat et coût du transport) sans l’avoir modifié en rien.

        Ce prélèvement du capital sur le circuit économique analogue à un impôt privé est donc moralement inacceptable. Mais c’est lui le ressort du commerce international.


      • Yaurrick (---.---.213.65) 28 juillet 09:56

        @Alren : Si les ouvriers de pays à bas couts salariaux n’avaient pas d’intérêt à travailler dans des usines en villes, ils ne le feraient tout simplement pas. Entre une vie miséreuse et certaine d’un coté à la campagne et une vie (difficile encore je le concède) à la ville, le choix est possible, l’exemple chinois le montre avec + de 200 millions d’entre eux qui ont une vie comparable aux européens.

        Certes cela n’est pas facile, j’en conviens, mais comprenez que la vie en elle ne fait pas de cadeau. Et si vous estimez que vivre comme au moyen age est une bonne chose, posez vous la question de savoir pourquoi la société n’est pas resté à ce stade.

        Vous faites une très grosse erreur en pensant que le commerce ne crée pas de richesses ! Et il est en de même pour la spéculation que vous dénoncez mais que vous pratiquez au quotidien.
        En commerçant et spéculant, vous révélez l’offre et demande de produits/service et donc permet aux marchés d’anticiper la variation des prix nécessaires à la correspondance de ces offres et demandes. Sans ces éléments, c’est la pénurie.


      • franc tireur 27 juillet 15:45

        Trump lance le mouvement de l’anti politiquement correct, apres des decennies de conformisme intellectuel calqué sur les élites, c ’est le discours des classes moyennes et populaires blanches qui prend enfin sa revanche sur les élites . Comme toujours ca se propagera ailleurs et viendra en France. 


        • Phalanx Phalanx 27 juillet 20:35

          Il n’y a plus de difference entre droite (originellement : conservatisme culturel / liberalisme économique) et gauche (originellement : liberalisme culturel / conservatisme économique).


          La gauche a gagné la bataille culurelle (liberalisme culturel), ce qui est le plus important. La culture décide de l’économie, et le pendant du libéralisme culturel est le libéralisme économique. La conversion de la gauche française au libéralisme mondialiste économique s’est fait toute seul, on a peine remarqué.

          La droite ne peut pas gagner et n’a jamais eu aucune chance (supériorité du culturel sur l’économioque).

          Il n’y a qu’à voir en France comme aux US la « gauche » est comme un poisson dans l’eau avec la mondialisation.

          Le nouveau match est donc : Identitaire (conservatisme économique et culturel) vs mondialiste (libéralisme économique et culturel). 

          Inutile de vous dire que si vous gagnez moins de 100.000 USD par an, vous avez plutot intérêt à être du coté identitaire.

          Les « petites gens » ont tendance a le sentir instinctivement (la patrie c’est ce qui reste qu’on a plus rien) mais il n’y avait aucune offre politique pour eux .... jusqu’à Donald Trump.

          Il pourrait être une chèvre, torturer des chats, manger des enfants que les gens voteraient toujours pour lui .... et moi aussi.

          Allez donc vous faire foutre avec votre économie globale, il est temps de reconquérir notre civilisation.

          • fred.foyn Le p’tit Charles 28 juillet 08:29
            Savez vous..qu’un éléphant, ça « Trump » avec défense d’ivoire... !

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