Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Putsch légal en Suisse

Putsch légal en Suisse

L’éviction de M. Blocher la semaine dernière du Conseil fédéral s’est déroulée en totale conformité constitutionnelle car, aux termes de la Constitution helvétique, c’est les grands électeurs qui sont habilités à élire les conseillers fédéraux, l’exécutif suisse. Néanmoins, les représentants encore présents de l’UDC au sein de ce même Conseil fédéral ne sont pas pour autant représentatifs de l’électorat de ce parti qui avait réuni 30% des suffrages lors des dernières élections.

L’éviction de M. Blocher la semaine dernière du Conseil fédéral s’est déroulée en totale conformité constitutionnelle car, aux termes de la Constitution helvétique, c’est les grands électeurs qui sont habilités à élire les conseillers fédéraux, l’exécutif suisse. Néanmoins, les représentants encore présents de l’UDC au sein de ce même Conseil fédéral ne sont pas pour autant représentatifs de l’électorat de ce parti qui avait réuni 30% des suffrages lors des dernières élections. En effet, ces électeurs ayant surtout plébiscité le personnage de M. Blocher, son renvoi du Conseil peut être apparenté à un déni de démocratie dans un pays privilégiant depuis des décennies la « concordance » ! Toutefois, c’est Blocher, par son manque de respect de la collégialité et par sa dépendance constante envers son parti, qui a commencé à mettre en péril cette fameuse concordance. La collégialité étant un principe en vertu duquel les conseillers fédéraux doivent se plier aux décisions prises à la majorité, espérons que la direction consensuelle de la Suisse mise à mal ces quatre dernières années puisse prévaloir. En effet, tant le gouvernement que le Parlement ont maintes fois rappelé à l’ordre Blocher qui s’était largement illustré depuis son accession au Conseil fédéral par son refus du compromis, par une personnalisation inédite en Suisse et par ses prises de position véhiculant la xénophobie, quand ce n’était pas la haine de l’étranger...
Dans ce pays discret à grande majorité protestant - pour ne pas dire calviniste -, le comportement de « tribun » de Blocher et son populisme agaçaient une majorité de citoyens, y compris à l’intérieur de son propre parti. De fait, Blocher martelait les sempiternelles rengaines instrumentalisant les étrangers, les noirs, les immigrés albanais, sa méfiance de l’Europe et ce à l’aide d’un discours qui se voulait aussi simpliste que rassurant... Pourtant, Blocher n’a pas été écarté du pouvoir pour ces questions de fond mais bel et bien pour des problèmes de pure forme, c’est-à-dire pour le non-respect de la collégialité et de la séparation des pouvoirs. De fait, le Parlement suisse s’est fait une sorte de spécialité ces dernières années de « confisquer » le résultat des élections en désignant des conseillers fédéraux sans relief - parfois ouvertement falots - parmi les partis appelés à gouverner. En retirant sa confiance à Blocher, l’Assemblée fédérale suisse, à savoir le Parlement et le Sénat réunis, lui a ainsi envoyé un mise en garde ainsi qu’ à ceux qui seraient tentés de suivre son exemple : quand il accède au pouvoir, la mission d’un conseiller fédéral est de servir les intérêts de tous et pas seulement de son électorat ! En effet, la bonne gouvernance en Suisse veut qu’un conseiller fédéral, pour asseoir sa légitimité, sollicite des appuis également hors de son propre parti. Cette légitimation étant reconduite année après année, pour peu que la collégialité soit respectée.

Putsch légal ? Maturité politique ? Toujours est-il que la déchéance de Blocher par l’Assemblée fédérale suisse rompt avec une tradition séculaire pouvant constituer un dangereux précédent susceptible de fragiliser la Constitution, même si cette décision relève de la plus respectable éthique politique. En oubliant que c’est le Parlement, et non le peuple, qui désigne le gouvernement, Blocher a commis une erreur stratégique qui consistait à court-circuiter les chambres pour s’adresser directement à ses électeurs. La personnalisation à outrance exploitée par Blocher a occulté la véritable nature de l’UDC qui, de parti de centre-droit il y a encore quinze ans avant d’être phagocyté par Blocher, a opéré un virage à droite afin d’attirer à lui les déçus de tous bords... L’UDC meurtrie passe donc de facto dans l’opposition car elle a également renié les deux autres membres du Conseil fédéral lui étant apparentés. Néanmoins, cette exclusion peut être qualifiée d’erreur tactique car, d’une part, cela n’empêchera pas ces deux conseillers fédéraux de se maintenir pendant quatre ans au gouvernement car élus démocratiquement, et d’autre part ce parti se comportait déjà comme un parti d’opposition alors même qu’il participait au gouvernement. La prochaine législature risque néanmoins d’être mouvementée car l’UDC ne manquera pas de faire usage d’un arsenal législatif comprenant entre autres des initiatives référendaires et une opposition aux chambres pour faire obstruction. Il est probable que, jeté hors du gouvernement, la capacité de nuisance de Blocher soit à présent renforcée car il fera feu de tout bois pour empêcher les lois votées d’être appliquées dans les délais prévus. Peut-être - après tout - est-il tactiquement judicieux de faire participer au gouvernement ce type de parti d’extrême droite afin de le modérer par l’usage du pouvoir ou afin de le discréditer au contraire dès lors qu’il est confronté à la réalité du pouvoir... Un tel phénomène ne s’est-il pas produit avec le parti de Haider en Autriche ?

Toujours est-il que ce putsch démocratique ayant écarté Blocher du pouvoir, pour constitutionnel qu’il soit, ne laisse pas de poser une question fondamentale impossible à occulter. Effectivement, la collégialité étant très souvent synonyme de lenteur dans les décisions, voire d’immobilisme, la Suisse peut-elle se payer le luxe d’une concordance qui réduit dramatiquement le champ d’action et la réactivité de son gouvernement ? Les institutions helvétiques sont-elles toujours adaptées à notre monde moderne mais brutal ? Espérons que le séisme politique de la semaine dernière ouvre le débat.


Moyenne des avis sur cet article :  3.67/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 17 décembre 2007 15:19

    Voilà au moins un pays qui sait se gouverner. Le système de collégialité tel que vous le décrivez est peut être le plus efficace même s’il paraît un peu lent à la détente. Il évite en tous cas les abus des alternances où ceux qui obtiennent 50,001% des voix ne gèrent le pays que pour la moitié de ses habitants.

    Le couplet rituel sur la « xénophobie » est en trop. On n’a pas besoin de le sortir à chaque article sur un parti qui n’est pas de gauche. Je suis allé souvent en Suisse et n’ai ressenti que l’accueil chaleureux des soi-disant xénophobes. Par contre, les xénophiles sont entrain d’y faire des ravages et heureusement que l’UDC est là pour équilibrer la démocratie.


    • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 15:26

      sans vouloir polémiquer, je puis vous assurer que la xénophobie et le racisme sont bien présents en Suisse auprès de beaucoup de mes compatriotes et même auprès des Espagnols/Portuguais de la deuxième génération. Quant à l’UDC, je vous laisse apprécier ce que la campagne des « moutons noirs » avait de subliminalement raciste ! A mon avis, une grande maladresse de l’UDC et de Blocher que cette campagne d’affichage...


    • anuck 17 décembre 2007 15:38

      @l’auteur

      Bon article sur la description, mais suis plus mitigé sur vos explications. Un putsch, oui il y a eu. Un déni de démocratie aussi, car comme vous le précisiez, les 30% allait sur Blocher et non sur son parti. Maintenant qui a organisé tout cela ? le PDC allié avec les socialistes. En voila une belle alliance contre-nature qui s’est formé uniquement pour ce putsch. Il fallait que l’on parle de ses 2 partis et de ces dirigeants car ils sont en perte de vitesse ? Il est clair qu’ils ont réussi leurs coups. Mais attention au retour de baton. Levrat, futur chef du PS, clame à qui veut bien l’entendre que le PS est le seul parti à représenter les ouvriers. Il faudrait d’abord qu’il se pose la question, pourquoi ces mêmes ouvriers ont voté pour un milliardaire ?

      Depuis 10 ans, comme vous le précisez, les politiques sont englués dans un immobilisme qui les confortent dans leurs positions sociales et qui les empêchent de prendre des mesures énergiques. Depuis que la suisse a accepté la libre circulation des personnes, partout et dans toutes les branches les salaires se font attaquer au très grand plaisir du patronat qui n’y voit que du bénéfice, surtout pour leur porte-monnaie.

      Nos amis français ne le savent peut-être pas mais une ville comme lausanne (100 000 habitants) a presque 9000 de ses habitants qui sont au « social ». C’est à dire que ce sont des gens qui n’arrivent même plus à tourner, à manger à leur faim. Et comme le précise l’auteur, comme c’est un pays calviniste, d’autres encore préfèrent se cacher plutôt que d’avouer qu’ils sont dans la m... . Et cela c’est partout dans toute la suisse. Ceux qui connaissent un peu la suisse savent très bien de quoi je parle.

      Alors oui, il y a un Blocher qui arrive et qui dit stop à toute cette maffia politique. Un exemple, trouvez-moi un seul conseiller national de « gauche » qui ne fait pas partie d’au moins 10 conseils d’administrations de grandes entreprises et qui ne préconise pas, sous couvert de réalisme économique et d’adaptation au marché, de revoir à la baisse tous les avantages et les salaires que les suisses avaient acquis grâce à leur travail.

      Ceci est un argument mais je pourrais en citer une dizaine d’autre.

      Comme le dit l’auteur, le système suisse n’est plus adapté au monde moderne. Aux prochaines élections, il est clair que l’UDC ne soutiendra jamais les autres partis de droite. Blocher leur fera payer au centuple ce déni de démacratie.


      • ernst 17 décembre 2007 17:55

        J’ai peur d’avoir l’air de me répéter un peu, mais tant pis.

        Qu’on le veuille ou non, c’est pour la personne de Blocher que la Suisse a voté. L’alliance contre-nature dont parle mon prédécesseur a bien eu lieu. Et c’est cela qui est le véritable scandale : l’impossibilité pour un free-lance comme Blocher de bousculer les hiérarchies maçonniques qui colmatent les brêches d’entrée, quitte à sacrifier leurs « idéaux » politiques.Dont ils n’ont apparemment rien à faire, au profit de leur installation hégémonique de secte. De même en France, on a assisté à un consensus Hollande-Sarkozy bien improbable au sujet, anti-constitutionnel s’il en est, de la ratification du Mini. Quelle belle occasion manquée pour l’opposition que de rallier sous son saint courroux 51% d’une population qui n’a pas voté pour la gauche aux présidentielles !...Il n’en fut rien. Pourquoi ?...

        Pour la même raison.

        N’avez vous donc aucun souvenir des dégâts commis par la P2 ?... des assassinats en série, des enlèvements, des malversations financières ?...N’avez vous donc aucun souvenir des temps assez récents qui nous amenaient en rafale des Péchiney, Société Générale, Elf etc...etc ?...

        Laisser les pleins povoirs aux franmaçons, de droite comme de gauche, est un suicide démocratique.


        • dom y loulou dom 21 décembre 2007 12:56

          vus êtesinsuportable de déni démocratique Ernst... vous balayez 70% de citoyens suisses qui sont CONTRE Blocher... mais vous continuez à vous vouloir vous persuader de la supériorité non seulement numérique des pro-Blocher, mais de cette sempiternelle croyance que les extrémistes suivant Blocher ont toutes les solutions pour le pays (!).

          C’est précisément celà qui a été sanctionné par TOUS les partis, l’UDC elle-même comprise dans le lot. On se fout de vos vues car elles ne représentent qu’un maigre 15% du pays qui ne supporte pas l’idée de la concordance pendant que tous les pays cherchent des moyens pour y accéder... voyez le droitd’initiative dans la future charte de l’europe !!! vous êtes complètement à contre-sens de l’histoire et du bons sens.

          Les électeurs extrémistes ont passé maintenant six ans à emmerder tout le monde, à gueuler à tort et à travers des propos racistes, anti-suisses, anti-démocratiques,nous rappelant sans cesse que la suisse était morte et ce faisant se ranger derrière les impérialistes américains (très très courageux vraiment)les outils politiques du pays ne leur servant qu’à distiller leur pensée barbare et rabougrie, sans envergure que celle de vouloir se replier dans une fierté tout à fait maladive. C’est celà encore qui a été condamné.

          Vous nous faites chier depuis tellement d’années que le grand nombre de suisses ont envie de reconnaitre leur pays qui vit dans le souci de l’équité entre les partis et tous ces gens , on vous le rappelle encore une fois avec le même plaisir, 70% du pays ne sont PAS UDC. Alors ceux-là même qui nous demandaient de ne pas pleurnicher quand ils jouaient les fiers à bras, les chemises brunes du pays qui sont tellement idiots qu’ils croient qu’il suffit de hurler pour dire quelque chose d’intelligent...ot été sanctionnés par l’excellent système régulateur politique du pays.

          Vous dites dans cet article qu’il faudrait peut-être mettre ces types au conseil pour voir ce qu’ils valent... vous êtes un déçu camouflé... car celà fait combien d’années que les partisans fascistes de l’UDC nous gavent de leurs vues grotesques dont chaque décision,chaque initiative lancée comporte un carcatère excluant ou répressif ? Sur les immigrés (avec beaucoup de drames à la clef) mais les chiens... dan chacune de vos décisions quelqu’un va souffrir !!! VOUS ETES SANCTIONNES et priés de respecter la démocratie dan laquelle vous vivez et de vous la boucler ! au lieu de continuer à croire que vous êtes majoritaires quand vous êtes devant le fait accompli : vous représentez une minorité au sein-même de votre parti. Aussi même le vieux parti agragrien qu’est l’UDC s’est rendu compte que vous l’avez noyauté et transformé en parti fasciste.

          La vérité est que vous ne supportez pas l’idée que la suisse se porte bien dans ses traditions humanitaires et déteste au plus haut point toute velléité de placer un chef à la tête du pays. Les frustrés d’un grand Führer devront essayer un putsch en amérique latine, car la suisse n’en voudra jamais. Sa démocratie est parfaitement opérente et au lieu de la lenteur supposée que vous-même avancez en pure stupidité, car on vous le rappelle aussi, la suisse, de par son système, est un pays où le nombre de décisions politiques est constant et l’avancée politique d’une mouvance constante aussi de par la multitude de discussions que le système offre. Il est tout sauf lent... ah mais c’est la violence de leurs décisions qu’ils ne sont pas content de ne pouvoir accomplir...

          C’est sûr, pour de gens qui n’aiment pas réfléchir ni faire des compromis et qui se croient investis de sagesse quand ça fait six ans qu’ils nous gavent de leur méchanceté et que cette méchanceté représente TOUT ce qu’ils sont capables d’exprimer le peuple suisse a clairement exprimé son désavoeu, jusqu’à l’UDC elle-même !!! Vous êtes prié de respecter les gens-même de votre parti... incroyable non d’en venir à devoir dire une chose pareille non ? On s’adresse à des boeufs ou quoi ?

          Si les fascistes ne sont pas contents et hurlent au déni de démocratie il faudrait déjà qu’ils apprennent à voter, car l’élection d’un parti ne plébiscite pas une personne en particulier chez nous et surtout pas pour les poste de conseillers fédéraux. Ce n’est que votre volonté de vous trouver terrassé sous l’égide d’un chef qui vous dispenserait d’utiliser vos neurones est absolument une notion anti-suisse, est foncièrement grossier en politique, même si vous ne voulez pas le comprendre.

          Le vote du parlement représente le retour de bâton de six ans de corruption introduite au conseil fédéral par Blocher, la mise à mal de la collégialité dont un fasciste forcément se contrefout. Sanction.

          Les extrémistes de droite devraient vraiment faire un nouveau parti ouvertement fasciste, pas planqués derrière l’appellation du centre du vieux parti agrarien dont les cerveaux sont peut-être plus lents que ce qui plait aux destructeurs de civilisation, mais qui n’ont pas du tout l’intention d’être assimilés à le Pen ou au KuKluxKlan.

          Car ça aussi vous le taisez évidemment dans vos tirades et dans votre énervement, mais vous nous avez pourri l’existence en prétendant défendre les racines du pays quand tout ce que trimballe l’extrémiste de l’UDC est un drapeau américain ravi de l’officilisation de la torture en démocratie par le nazi de la maison blanche, mais celà vous ne l’avoueriez pas n’est-ce pas.

          Malheureusement pour vous vous êtes nés suisses, dans un pays qui donne sa chance aux partis et aux personalités, mais ce sont encore ces mêmes extrémistes qui prétendent changer la donne et introduire l’exclusion dans la vie helvétique. Inattendu pour moi, je ne connaissais pas des velléités pareilles dans mon pays, mais bien implantées apparemment, 15% ça fait beaucoup de monde quand même.

          Cette évidence de l’exclusion est foncièrement et fondamentalement anti-suisse puisque nous sommes un pays d’affiliation de multiples tendances et de régions, mais ça... les extrémistes fascistes suisses voudraient bien qu’il en soit autrement et que, enfin, tous le hamburger dans la gueule estampillé Blocher nous serions enfin « entre nous »... entendez nous par fascistes et non pas suisses.

          C’est tout celà qui a été sanctionné et mainetnant vous êtes priés de vous faire plus discrets au lieu de continuer à vous persuader que vous avez la science infuse de vous-même, vous l’avez si vous êtes relié au coeur, si vous cherchez à oeuvrer en intelligence et non à l’emporte-pièce, sinon vous déblatérez... de manière savante peut-être, mais vous déblatérez sur les lenteurs helvétiques.

          Et l’organisation de la cité n’est pas une course de vitesse, le croire et rêver de pouvoir avancer triomphalement pour écraser ses opposants n’a RIEN de suisse, rien du tout et plus personne ne vous croira que vous défendez les intérêts du pays. Trop longtemps même nous vous entendu proférer que la démocratie directe est vouée au diable, trop longtemps avons-nous dû supporter le déni de raison de la part de ces individus décervelés ! Trop longtemps avez-vous tenu le haut du pavé en diabolisaant absolument TOUT ce qui relève de la raison et du coeur ! Non vous avez défendu les intérêts de Blocher, c’est tout, au grand détriment de tout le pays, le parlement et derrière lui les 70% du restant des suisses, la grande majorité du pays, vous a sanctionné et vous êtes prié de le respecter.


        • dom y loulou dom 21 décembre 2007 13:15

          il y en a d’autres que l’UDC qui défendent les valeurs démocratiques

          http://fr.youtube.com/watch?v=HZ-KStSNEr8


        • dup 17 décembre 2007 18:56

          rien de nouveau sous le soleil

          http://www.youtube.com/results?search_query=forces+occultes

          la collegialité m’a toujours parue suspecte .On va me dire que c’est une propagande Vichy . Et s’il y avait un grain de vérité ?


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 décembre 2007 20:17

            Je ne vois pas en quoi gouverner contre un parti et un homme qui n’a obtenu que 30% des voix et qui, dans ses positions d’extrême droite, est de fait contesté par 70% des électeurs, serait anti-démocratique !

            Cet homme n’a eu qu’une majorité relative pour lui, mais une majorité absolue très large contre lui ! Je suppose en effet que, sur ces 70%, la plupart des électeurs qui ont voté contre cet homme, ont voulu sanctionner son populisme xénophobe...

            Exit donc un xénophobe minoritaire ; la démocratie suisse ne peut que tirer profit de cette élimination on ne peut plus démocratique.


            • Parpaillot Parpaillot 18 décembre 2007 10:45

              @ Auteur :

              Merci pour votre article qui comporte tout de même passablement d’inexactitudes et d’erreurs d’analyse.

              Vous écrivez :

              « En effet, ces électeurs ayant surtout plébiscité le personnage de M. Blocher, son renvoi du Conseil peut être apparenté à un déni de démocratie dans un pays privilégiant depuis des décennies la « concordance » »

              Parler de déni de démocratie ou de putsch légal est plus qu’excessif ! En effet, c’est à l’Assemblée Fédérale (réunion des deux chambres du Parlement, le Conseil des Etats et le Conseil National, réunies et non pas le « Parlement et le Sénat réunis » comme vous l’écrivez, le Sénat fait partie des institutions françaises mais n’existe pas en Suisse) qu’il appartient d’élire le Conseil Fédéral (le gouvernement fédéral) et ceci en vertu de l’article 168 de la Constitution Fédérale :

              Art. 168 Elections

              1 L’Assemblée fédérale élit les membres du Conseil fédéral, le chancelier ou la chancelière de la Confédération, les juges au Tribunal fédéral et le général.

              « Dans ce pays discret à grande majorité protestant - pour ne pas dire calviniste »

              Franchement, je ne vois pas très bien ce que cette remarque apporte à la compréhension du problème. La Suisse étant un pays laïc, la liberté de croyance est reconnue par la Constitution Fédérale (article 15)

              Art. 15 Liberté de conscience et de croyance

              1 La liberté de conscience et de croyance est garantie.

              2 Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté.

              3 Toute personne a le droit d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir et de suivre un enseignement religieux.

              4 Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.

              Par ailleurs, il est inexact de prétendre que la Suisse est à « grande majorité protestante ».

              En effet, si pendant longtemps protestants et catholiques étaient en nombre à peu près égaux, tel n’est cependant plus le cas actuellement, les catholiques étant maintenant les plus nombreux.

              Quelle différence faites-vous entre protestants et calvinistes, sachant que les calvinistes sont protestants ?

              Votre remarque laisse à penser que les protestants seraient xénophobes par nature. Est-ce bien cela que vous suggérez ? Si oui, alors comment expliquez-vous que les cantons francophones et protestants : Genève, Vaud et Neuchâtel sont précisément les plus ouverts aux étrangers, les résultats des diverses votations (relations avec l’UE, droit de vote accordé aux étrangers, etc.) en témoignent. Les mêmes bases d’appréciation démontrent que les plus réfractaires à l’ouverture sont les petits cantons de Suisse centrale, germanophones, catholiques et conservateurs.

              Je tiens aussi à rappeler que la première Constitution fédérale date de 1848. Elle constitue l’élément fondateur de la Suisse moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette constitution a transformé la Suisse, qui jusqu’alors était une Confédération - nom qu’elle a conservé jusqu’à ce jour - en un Etat fédéral, les Cantons ayant cédé une partie de leur autonomie au profit de l’Etat fédéral. La première Constitution fédérale a été élaborée à la suite de la « Guerre du Sonderbund » (1847). Cette guerre n’a pas été une guerre de religion opposant les cantons protestants aux cantons catholiques comme on le prétend souvent, mais plutôt un « conflit sur un choix de société : une Suisse traditionnelle à vocation agricole face à une Suisse nouvelle en voie d’industrialisation », selon les termes de l’historien Georges Andrey dans son dernier ouvrage (référence : « L’Histoire de la Suisse pour les nuls » paru récemment dans la collection du même nom). Il se trouve simplement que la ligue du « Sonderbund » était majoritairement composée de cantons catholiques conservateurs, dont ceux de Suisse centrale précisément.

              « De fait, le Parlement suisse s’est fait une sorte de spécialité ces dernières années de « confisquer » le résultat des élections en désignant des conseillers fédéraux sans relief - parfois ouvertement falots. »

              Le système politique suisse étant basé sur la démocratie directe et la concordance au sein du collège gouvernemental (Conseil Fédéral), les Conseillers fédéraux (ministres) ne peuvent faire adopter les lois par le Parlement sans consensus préalable, au risque de les voir rejetées par le Peuple, si d’aventure un référendum était lancé et aboutissait. C’est une épée de Damoclès en quelque sorte ! Dans ces conditions, il va de soi que le Conseil fédéral, lequel ne dispose pas des mêmes prérogatives que le gouvernement français par exemple, et ses membres (Conseillers fédéraux), peuvent sembler « falots » vu de l’étranger. Cette perception découle d’une méconnaissance des institutions politiques suisses me semble-t-il. C’est précisément en voulant s’imposer en tant que chef du Conseil fédéral, en imposant ses idées, que Christoph Blocher s’en est fait éjecter. La fonction de Premier ministre n’existe pas en Suisse rappelons-le. Comment pourrait-il en être autrement dans un gouvernement collégial ?

              « Toujours est-il que la déchéance de Blocher par l’Assemblée fédérale suisse rompt avec une tradition séculaire pouvant constituer un dangereux précédent susceptible de fragiliser la Constitution ... »

              « Tradition séculaire », alors que les institutions actuelles ne datent que de 150 ans ...

              « ... fragiliser la Constitution ... », on ne voit pas bien comment elle pourrait l’être, sachant que tout amendement constitutionnel doit faire l’objet d’un référendum et qu’il requiert à la fois la majorité du Peuple ET celle des Cantons ...

              « Effectivement, la collégialité étant très souvent synonyme de lenteur dans les décisions, voire d’immobilisme, la Suisse peut-elle se payer le luxe d’une concordance qui réduit dramatiquement le champ d’action et la réactivité de son gouvernement ? Les institutions helvétiques sont-elles toujours adaptées à notre monde moderne mais brutal ? Espérons que le séisme politique de la semaine dernière ouvre le débat. »

              On peut certes remettre en question les institutions politiques suisses et s’interroger sur leur adéquation à notre monde actuel, mais je pense que celles-ci (les institutions) présentent tout de même de nombreux avantages :

              a)Elles garantissent une excellente stabilité politique sur le long terme, condition nécessaire pour le développement de l’économie.

              b)Elles permettent d’éviter des affrontements stériles et nuisibles à la stabilité du pays.

              c)Elles responsabilisent les citoyens en les faisant participer activement aux décisions politiques, ceci par le biais des nombreuses consultations populaires (votations et élections) auxquelles ils sont régulièrement appelés à participer.

              Pour conclure, je pense que l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral est une très bonne décision politique, celle-ci étant par ailleurs parfaitement conforme à la Constitution. On peut en attendre un climat de travail apaisé au sein du Conseil fédéral, ce qui lui permettra d’affronter des enjeux importants pour la Suisse au cours de ces prochaines années. Je pense notamment aux relations entre la Suisse et l’UE et aux réformes des assurances sociales.

              Cordialement !


              • Michel Santi Michel Santi 18 décembre 2007 13:25

                Merci de votre réponse. Ma remarque concernant les calvinistes et protestants faisait référence à leur mentalité souvent « austère » qui déteste sortir du rang, d’où leur méfiance vis-à-vis de « tribuns » comme Blocher lequel personnalise le débat à outrance, selon moi. Loin de moi l’idée que mes camarades protestants seraient plus xénophobes que les catholiques. Du reste, et vous avez raison, certains cantons protestants se distinguent par leur ouverture plus grande que d’autres cantons catholiques. Enfin, j’ai volontairement usé du terme fort de « putsch » pour mettre en évidence que cette manière de sortir un conseiller fédéral est tout à fait inédite en Suisse, assez brutale quand même, et ce même si je ne partage en rien les convictions de ce monsieur. Cordialement.


              • japarthur 18 décembre 2007 11:02

                L’article est, dans l’ensemble, bien équilibré. Malheureusement, certains commentaires ne sont pas à la hauteur.

                @ Anuck :

                « Un déni de démocratie aussi, car comme vous le précisiez, les 30% allait sur Blocher et non sur son parti. »

                Les règles de la démocratie suisse sont ainsi faites. On peut bien sûr les changer, en adaptant la législation (l’UDC parle depuis des années de lancer une initiative à ce sujet). Les électeurs qui ont « voté Blocher » se sont laissés intoxiquer par la propagande de l’UDC.

                « Maintenant qui a organisé tout cela ? le PDC allié avec les socialistes. En voila une belle alliance contre-nature qui s’est formé uniquement pour ce putsch. »

                En quoi est-elle « contre-nature » ? C’est le fonctionnement habituel entre partis gouvernementaux que de chercher des majorités pour faire avancer leurs idées.

                « Alors oui, il y a un Blocher qui arrive et qui dit stop à toute cette maffia politique. »

                Le « tous pourris sauf moi » est un grand classique du populisme, en Suisse comme ailleurs. Jusqu’à maintenant, l’histoire a démontré que soit ce type de parti rentre dans les rangs (parce que la politique est basée sur les compromis), soit il prend une tournure plus totalitaire.

                « Un exemple, trouvez-moi un seul conseiller national de »gauche« qui ne fait pas partie d’au moins 10 conseils d’administrations de grandes entreprises et qui ne préconise pas, sous couvert de réalisme économique et d’adaptation au marché, de revoir à la baisse tous les avantages et les salaires que les suisses avaient acquis grâce à leur travail. »

                a. Il y a de nombreux conseillers nationaux de gauche qui ne font pas partie d’aucun conseil d’administration de grande entreprise. Il y en a qui le font, mais sans aucune commune mesure avec ceux de droite, y compris l’UDC. Il est de notoriété publique que l’UDC a ravi aux radicaux-libéraux la représentation des milieux économiques au parlement.

                b. Accuser la gauche d’être responsable des attaques contre les droits économiques et sociaux des employés, c’est risible.

                « Comme le dit l’auteur, le système suisse n’est plus adapté au monde moderne. »

                L’auteur a l’intelligence de se contenter de poser la question. Si ce seul événement suffit à réduire le système suisse à l’obsolescence, c’est que ce pays va bien mal.

                « Aux prochaines élections, il est clair que l’UDC ne soutiendra jamais les autres partis de droite. Blocher leur fera payer au centuple ce déni de démocratie. »

                Cela reste à voir. L’UDC a déjà annoncé deux mesures qui démontrent qu’elle n’entre pas en guerre totale, du moins pour l’instant :

                a. les deux conseillers fédéraux issus de ses rangs ont été exclus du groupe parlementaire, pas du parti,

                b. l’UDC conserve ses alliances avec d’autres partis aux niveaux des cantons et des communes.

                La réaction immédiate fera vraisemblablement place à une réflexion à plus long terme. L’UDC choisira la stratégie qui lui conviendra le mieux, ce qui est légitime. Bien malin qui peut dire laquelle ce parti choisira.

                @ Ernst :

                « Qu’on le veuille ou non, c’est pour la personne de Blocher que la Suisse a voté. »

                La Suisse n’a pas « voté Blocher » :

                a. Seuls 30% des votants ont voté pour l’UDC.

                b. Le système suisse ne permet pas de voter directement pour un conseiller fédéral. Voir ci-dessus.

                « Et c’est cela qui est le véritable scandale : l’impossibilité pour un freelance comme Blocher de bousculer les hiérarchies maçonniques qui colmatent les brèches d’entrée, quitte à sacrifier leurs »idéaux« politiques. Dont ils n’ont apparemment rien à faire, au profit de leur installation hégémonique de secte. »

                a. Blocher n’est pas un « freelance ». Il a mis en place une stratégie de prise de pouvoir au sein de l’UDC, puis a imposé sa personne au conseil fédéral, le tout en s’appuyant sur son immense fortune.

                b. « Franc-maçonnerie », « secte » ? Là, on est en plein délire.

                « N’avez vous donc aucun souvenir des dégâts commis par la P2 ? [...] Laisser les pleins pouvoirs aux franc-maçons, de droite comme de gauche, est un suicide démocratique. »

                a. A ma connaissance, la loge italienne P2 n’a pas grand chose à voir avec le mouvement maçonnique, mais beaucoup à voir avec les réseaux « stay behind » mis en place par les États-Unis à la fin de la seconde guerre mondiale (réseau Gladio en Italie). Comme dans d’autres cas, ce type de structure a servi à cacher des activités sans lien avec les principes maçonniques, et qui doivent être combattus, s’ils représentent un danger pour nos démocraties.

                b. Qui a parlé de laisser les pleins pouvoirs à qui que ce soit ?


                • Basebou Basebou 18 décembre 2007 20:07

                  Quoiqu’il en soit, une majorité de Suisses saluent l’éjection de Monsieur Blocher. Le peuple suisse est sans doute heureux que cet homme qui ne respectaient pas nos traditions de courtoisie en politique ait été remis à sa juste place....

                  Ceci dit, il y a quelque chose d’inquiétant à voir l’hystérie qui s’est emparée de ses partisans depuis son éjection : pétage de plombs de certains de ses représentants (Oskar Freysinger) à la radio, tags sur la maison de la remplaçante de Mr Blocher la menaçant de mort, menaces de mort envoyées par sms au boss du PDC, Christophe Darbellay, attaque informatique sur le blog de Mr Zisyadis, un élu de gauche..... Franchement, ces fanatiques font peur. J’espère qu’on appliquera la plus grande sévérité à leur égard. Le laxisme qui a régné sous l’ère blocher (il était le boss du département fédéral de justice et police) ne doit plus être toléré.

                  Ceci dit, Mr blocher appartient désormais au passé, pour le plus grand bonheur de 70% des Suisses

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès