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Accueil du site > Actualités > International > Quand la Maison blanche et le Pentagone ne sont pas d’accord

Quand la Maison blanche et le Pentagone ne sont pas d’accord

Le récent article de Seymour Hersh qui a été publié sur le site du très sérieux London Review of Books [1] n’a pas fait les choux gras des médias français.

Comme toujours, Seymour Hersh met en avant des informations de première importance. Il s’agit ici de divergences d’analyses entre la DIA, l’agence de renseignements du Pentagone, et les conseillers de Barack Obama.

Une autre information a bien retenu l’attention de ces médias. La mort de Zahran Allouche, l’autoritaire commandant de Jaish Al-Islam (l’Armée de l’islam). 

Il a été ciblé par un bombardier, sans doute russe, alors qu’il tenait une réunion secrète dans la Ghouta Est avec une brochette de commandants locaux.

Zahran Allouche était le fils d’un prédicateur salafiste et il était originaire de la Ghouta. Il avait le plein soutien de l’Arabie saoudite, un pays qui lui fournissait les fonds et les armes pour payer ses hommes et pour lutter contre l’armée loyaliste. Il se rendait fréquemment en Arabie saoudite pour discuter des besoins de ses troupes et pour définir les objectifs militaires avec les services de sécurité saoudiens.

 Les récentes avancées de l’armée loyaliste ont coupé la plupart des voies d’approvisionnement de la Ghouta et la population y est affamée. Un vaste réseau de tunnels permet encore à cette région de maintenir le contact avec l’extérieur mais la situation y devient de plus en plus précaire.

 L’armée qu’il commandait est composée de plusieurs dizaines de milliers de combattants (de vingt à quarante mille). Il était aussi un farouche adversaire de l’État islamique qu’il avait chassé de la région.

Il n’y a évidemment aucun lien entre ces deux informations sauf peut-être l’attaque chimique qui a eu lieu le 21 août 2013.

La première partie de l’article de Seymour Hersh est un recueil de confidences d’un ex-conseiller de l’État-major interarmes. 

À l’été 2013, toutes les analyses de la DIA confirmaient que si Bachar al Assad était militairement battu, une prise de pouvoir par les islamistes s’ensuivrait immanquablement.  

Jaish Al-Islam, une rébellion takfiriste soutenue par l’Arabie saoudite et commandée par Zahran Allouche, aurait pris Damas. Jabhat al-Nosra (le front de la victoire), un groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda, aurait pris les villes du centre de la Syrie et Alep tomberait sous la coupe d’islamistes proches des Frères musulmans soutenus par la Turquie et le Qatar.

L’État islamique (DAECH) n’existait pas encore en Syrie mais l’État islamique en Irak et au Levant venait d’apparaitre en Syrie se battait aux côtés de Jabhat al-Nosra pour prendre Raqqa aux troupes loyalistes.

À cette époque, la CIA complotait depuis plus d’un an avec le Royaume Uni, l’Arabie Saoudite, le Qatar et avec l’aval du président des États-Unis pour expédier des armes et des marchandises dans le but de renverser Bachar al Assad. Les armes partaient de Libye jusqu’en Syrie via la Turquie.

Ce qui avait débuté comme une opération secrète pour armer et soutenir les rebelles modérés s’était transformée en un programme technique, militaire et logistique à cheval sur la frontière turque pour toutes les forces d’opposition, y compris Jabhat al-Nosra et les autres groupes islamistes radicaux.

Les soi-disant rebelles modérés s’étaient évaporés et l’Armée syrienne libre n’était qu’un mirage stationné sur une base aérienne en Turquie. Le constat était peu réjouissant : il n’y avait aucune opposition modérée viable face à Bahar al Assad et les USA armaient des extrémistes.

Le directeur de la DIA, le Lieutenant General Michael Flynn, continuait à envoyer des rapports alarmistes au président mais il semblait que l’administration ne voulait pas entendre la vérité.

Les commandants du JCS (État-major interarmes) partagèrent alors les informations avec leurs collègues allemands, israéliens et russes en se disant que leurs analyses seraient soufflées à Bachar al Assad.

En été 2013, l’AAS (l’armée loyaliste) tenait les villes et les groupes rebelles n’arrivaient plus à avancer. Ces groupes rebelles, renforcés par des djihadistes et des mercenaires étrangers payés par les États du Golfe ou de riches donateurs continuaient à publier des vidéos d’exécutions et de tortures sur des prisonniers et des civils syriens.

Les médias commencèrent à parler d’intervention militaire pour mettre fin à cette effusion de sang. Une zone d’exclusion aérienne était envisagée mais il fallait pour cela l’aval de Conseil de Sécurité de l’ONU. 

En juin 2013, au G8 de Dublin, Vladimir Poutine tint bon contre les sept autres membres et refusa jusqu’au bout de donner l’accord de la Russie pour une telle opération.

Sauf à violer la Charte des Nations Unies, la situation était bloquée.

Barack Obama commis alors une bourde qui aurait pu avoir de lourdes conséquences. 

Il répondit à la question d’un journaliste en disant que l’utilisation d’armes chimiques par Bachar al Assad autoriserait les États-Unis à lancer des frappes sur la Syrie sans l’aval de CS de l’ONU.

Les journalistes, qu’on aurait dits avides d’encore plus de sauvagerie, se mirent alors à scruter les bulletins d’informations à la recherche de l’acte qui obligerait Barack Obama à tenir sa parole.

L’occasion se présenta ce fameux 21 août 2013. Un bombardement chimique sur la Ghouta orientale fit entre 350 et 1700 morts (suivant les sources) parmi la population civile. 

Pour les médias, pour les dirigeants politiques et pour l’opinion publique, il ne faisait aucun doute que Bachar al Assad était le responsable du massacre.

Barack Obama était sous la pression des médias qui le poussait à faire intervenir ses bombardiers. Il savait que les rebelles étaient prêts à se lancer à l’assaut des grandes villes syriennes. Les bombardements franco-étasuniens auraient mis l’armée régulière en déroute comme en Irak.

Bien sûr, il connaissait les rapports de la DIA et il avait lu que la chute de Bachar al Assad signifiait l’arrivée des Islamistes partout en Syrie mais ce n’était pas du tout le scénario prévu au départ par les États-Unis. 

Nous savons que ce qui était privilégié, c’est un départ de Bachar al Assad et son remplacement par un président pro-occidental. L’armée et l’administration syrienne devant assurer la continuité de gestion de l’État jusqu’à son éventuel démembrement suivant le bien connu projet de remodelage du Moyen-Orient.

Ma conviction personnelle est que ce n’est pas qu’un changement de régime qui était envisagé pour la Syrie, c’était surtout un changement d’alliance avec une rupture avec l’Iran, avec la Russie et avec le Hezbollah.

Mais Barack Obama était prisonnier de sa parole. Que vaudrait encore la parole d’un président des États-Unis s’il se défaussait de sa promesse dans un cas pareil.

Il pouvait lancer quelques frappes symboliques mais il se serait quand-même déjugé.

Il y a un autre élément dont il faut tenir compte pour comprendre la valse-hésitation de Barack Obama. Le budget de la Défense venait de subir une forte coupe budgétaire et le JCS (État-major interarmes) était réticent à se lancer dans une action militaire aux contours mal définis pouvant entrainer les États-Unis dans un bourbier comme en Irak.

Le sauvetage est alors venu en deux temps.

John Kerry a dit en répondant à un journaliste qu’il n’y avait pas de possibilité d’éviter l’intervention aérienne excepté si une chose tout-à-fait improbable arrivait comme par exemple si Bachar al Assad se débarrassait de ses armes chimiques.

Vladimir Poutine a répondu dans les 48 heures que Bachar al Assad est d’accord de se débarrasser de ses armes chimiques. On se demande parfois si ce n’était préparé à l’avance tellement que c’était bien coordonné.

Nous connaissons la suite. Barack Obama a d’abord invoqué l’accord du Congrès. Ensuite il a accepté l’offre russe et Bachar al Assad a donné ses armes chimiques pour qu’on les détruise.

Bien sûr, tout le monde n’a pas été dupe de cette fameuse attaque chimique de la Ghouta qui était tombée à point nommé.

Deux éminents experts du prestigieux MIT ont démontré quelques mois plus tard que ces obus chimiques ne pouvaient avoir été tirés d’une zone gouvernementale. [2]

Seymour Hersh, déjà lui, fut un des premiers à publier et à commenter ce rapport à la fin 2013.

Il reste quelques détails à prouver mais il est clair qu’on avait presque commencé une guerre avec un « false flag » comme motif. Si ce ne sont les troupes loyalistes, c’est alors forcément les rebelles islamistes de Jaish Al-Islam qui sont responsables du massacre pour un motif bien simple : ils savaient que cela provoquerait l’intervention aérienne franco-étasunienne qui leur permettrait de reprendre l’offensive sur Damas.

Depuis ces deux dernières années, nous avons pu nous apercevoir tous les jours que les islamistes n’accordent aucune considération à la vie humaine et il n’y a aucune raison de croire qu’il en était autrement en août 2013.

Si on continue dans les déductions, on constate que c’était bien Zahran Allouche qui était le commandant des rebelles de cette zone. Il devait certainement en savoir des choses sur cette attaque chimique. Il ne parlera plus maintenant et c’est dommage. 

Il reste encore à savoir qui a trahi pour indiquer le lieu où le groupe se réunissait.

L’article de Seymour Hersh parle aussi d’un rapport de l’ambassadeur étasunien en Syrie, William Roebuck de décembre 2006, qui analysait les failles du gouvernement Assad et proposait une liste des méthodes « susceptibles d’augmenter la probabilité » d’opportunités de déstabilisation. Il recommandait que Washington travaille avec l’Arabie Saoudite et l’Égypte pour développer les tensions sectaires. L’ambassade se chargeait aussi de donner de l’argent à des dissidents politiques locaux. 

Cette partie de l’article prouve que la contestation en Syrie n’avait rien de spontané. Elle était bien préparée de longue date. Cela indique aussi que les États-Unis utilisent des méthodes tout-à-fait illégales pour renverser des gouvernements. Il n’y a aucune raison de croire que ce genre de méthodes se limitait uniquement à la Syrie, bien au contraire. Cela confirme bien que toutes les soi-disant révolutions de couleurs spontanées sont le résultat d’une manipulation de petits groupes par les ambassades étasuniennes. Tous les lecteurs assidus de sites sérieux le savent depuis longtemps.

L’histoire des prisonniers d’Al Qaïda livrés par la CIA à la Syrie pour y être torturés est déjà connue depuis longtemps. La Syrie n’est d’ailleurs pas le seul pays concerné. Il est maintenant mal venu pour les journalistes et pour les ONG d’accuser la Syrie de violation des droits de l’homme sans lancer en parallèle les mêmes accusations contre la CIA.

Un autre point intéressant relevé par l’article est que le Pentagone avait réussi à faire parvenir aux rebelles des armes obsolètes provenant de stocks de l’armée turque en 2013. Cela expliquerait les avancées de l’ASS en été de la même année. Malheureusement, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie décidèrent d’augmenter le financement des groupes islamistes y compris l’État islamique qui avait fait son apparition en Syrie en cette fin 2013. Ces groupes prirent alors le contrôle d’énormes territoires dans l’est du pays.

À la fin de 2013, la CIA continuait à former des combattants qui rejoignaient les groupes islamistes dès leur passage en Syrie.

Une accusation qui revient souvent dans les confidences du conseiller de l’État-major concerne la Turquie et le rôle négatif de son président, Recep Tayyip Erdoğan, dans la crise syrienne. Il était évident que pour la DIA, le président turc ne concentrait pas ses efforts sur le remplacement de Bachar al Assad par une personnalité pro-occidentale. Son ambition est d’avoir une zone d’influence sur les zones nord de l’Irak et la Syrie qui étaient des parties de l’Empire ottoman il y a un siècle et de peut-être régler son problème kurde en coupant le PKK de ses bases arrière.

La deuxième partie de l’article analyse la situation actuelle en Syrie et les rapports conflictuels entre les présidents Obama et Poutine. Cela reste intéressant mais ce sont des informations qui n’apportent pas d’éléments nouveaux.

La conclusion de l’article est un appel à travailler ensemble, donc avec les Russes, pour venir à bout de l’État islamique et de stabiliser la Syrie en gardant pour cela Bachar al Assad à la tête du pays jusqu’à ce que la situation soit stabilisée. Des élections pourront avoir lieu ensuite.

C’est l’avis de nombreux experts ne faisant pas partie du cercle néo-conservateur ainsi que de nombreux anciens diplomates.

Cet avis n’est pas majoritaire au Congrès mais en privé, de plus en plus de députés approuvent cette idée.

En septembre dernier, le général Dempsey a pris sa retraite et a été remplacé par le général Joseph Dunfort à la tête de l’État-major interarmes. Lors de son audition devant la Commission sénatoriale des forces armées, il avait déclaré que la Russie est une menace existentielle pour les États-Unis et que la Turquie est un des alliés les plus importants.

Le général Martin Dempsey.

Barack Obama a maintenant un général beaucoup plus en accord avec son entourage idéaliste (idéaliste dans le sens « uniquement idéal pour les intérêts des États-Unis) à la tête de l’État-major. Il n’y aura plus de contestation indirecte.

Le lieutenant général Michail T. Flynn avait été remplacé à la tête de la DIA en août 2014.

Revenu à la vie civile, il continue à clamer lors de nombreuses interviews que les décisions de Barack Obama sont incompréhensibles.

Conclusion. Cette contestation de la Politique du Président par le Pentagone est assez étonnante et même rare dans l’histoire des États-Unis. 

On peut dire qu’il y d’un côté des analyses réalistes basées sur des informations récoltées sur place ainsi que sur des photos aériennes et de l’autre, une approche idéologique tout-à fait déconnecté de la réalité qui tend vers la recherche de la suprématie des États-Unis. Les décisions sont dans ce cas toujours prises en veillant à ce qu’elles n’avantagent pas un concurrent géopolitique.

En 2013, les tenants de l’école réaliste étaient John Kerry, Chuck Hagel, des généraux du Pentagone dont Martin Dempsey et Michail T. Flynn.

Il ne reste que John Kerry en fonction. On constate de plus en plus souvent que ses déclarations sont contredites par Susan Rice, une proche conseillère de Barack Obama. 

Cela ne donne pas plus de cohérence à la diplomatie actuelle des États-Unis.

En Syrie, la Russie s’est placée au centre du jeu. Presque cinq ans de guerre a été le temps nécessaire qui a permis à Vladimir Poutine de préparer son armée pour intervenir intelligemment en Syrie.

Les experts du Pentagone estiment dans leurs calculs que le coût de l’intervention pour la Russie est de 1 à 2 milliards de dollars par an entièrement prélevés sur le budget de l’armée.

Ce coût serait supportable pour 4 à 5 ans sans problème.

Cela change complétement la donne. La Russie est maintenant incontournable et quelle que soit la solution qui sera négociée en Syrie, il faudra tenir compte de ses intérêts.

Barack Obama est discrédité sur le dossier syrien et, sauf grande surprise, il le laissera à son successeur.

C’est le prix à payer pour avoir eu une politique étrangère confuse et incompréhensible pendant son dernier mandat.

Ceci est une constatation réaliste qui se base sur la détermination de Vladimir Poutine à défendre les intérêts existentiels de la Russie qu’il estime fondamentalement menacés. Cela ne concerne aucunement une considération préférentielle pour la Russie.

L’alternative est une guerre contre la Russie dont on devine les conséquences désastreuses pour tous les belligérants.

Traduction intégrale de l'article de Seymour Hersh en français sur le site "Les Crises". [3]

 

[1] http://www.lrb.co.uk/v38/n01/seymour-m-hersh/military-to-military

[2] http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-syrie-et-le-rapport-du-mit-147902

[3] http://www.les-crises.fr/echanges-entre-militaires-par-seymour-hersh/


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45 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 2 janvier 09:09

    Autrement dit, on ne sait pas trop à qui profite le crime.

    Mais on sait ce qu’il détruit, obstinément, depuis des années : une population dont les survivants n’ont que la fuite comme issue. Quand Israël se retrouvera seul face à l’Iran, la fin de l’histoire sera proche.

    • leypanou 2 janvier 10:55

      Bel article opportun dont la lecture peut être complétée par celle-ci.

      Zaran Allouche fait partie de ceux que les MSM en France appellent rebelle modéré : un opposant à un gouvernement qui prend les armes peut être modéré ; ce n’est pas en tout cas l’avis de Richard Falk de The Independant.


      • Pierre Pierre 2 janvier 15:27

        @leypanou
        Merci pour le lien. Il concerne le takfiri modéré Zahran Allouche passé à la moulinette des commentaires caustiques d’Olivier Berruyer. Un vrai plaisir à lire.


      • Daniel Roux Daniel Roux 2 janvier 12:07

        Un article qui expose quelques théories plus ou moins prouvées. C’est la loi du genre dans la mesure où la plupart des informations importantes restent secrètes.

        L’oligarchie qui tente de contrôler le monde n’est pas un groupe uni et solidaire. Des cliques s’unissent au gré des intérêts et luttent les unes contre les autres quand les intérêts divergent. En Syrie, les pétroliers, les marchands d’armes, les stratèges anti-russes, anti-chinois, anti tout ce qui ce qui menace l’hégémonie US, s’affrontent par milices interposées, bombardements ciblés, massacres en tout genre.

        « mais il semblait que l’administration ne voulait pas entendre la vérité. »

        C’est la source récurrente des problèmes de l’humanité. Ceux qui décident le font sur des critères qui ne sont pas souvent fondé sur la raison et l’intérêt général mais sur leurs préjugés et leurs intérêts de classe ou plus personnel, de réélection ou de déni de tout ce qui n’est pas dans le cadre de pensée ou des décisions déjà prises.

        Comprenons bien que le fait d’être élu ne donne pas aux hommes des capacités qu’ils n’avaient pas avant. Vouloir être élu à un poste de responsabilité que l’on est incapable d’assumer est déjà le signe d’une maladie mentale proche de le mégalomanie.

        Nous devrions le savoir en France après la catastrophique élection de Sarkozy en 2007. Un imbécile cupide reste un imbécile cupide, une fois élu, sauf qu’il devient plus dangereux pour tout le monde.


        • Shawford Shawford43 2 janvier 12:10

          @Daniel Roux

          Et un commentateur de grande valeur reste lui aussi intangible malgré l’orage.

          Si vous me le permettez, depuis quelques jours, je lis vos posts avec grand plaisir, respect et intérêt. Je tenais juste à vous le dire à l’occasion que j’ai trouvé opportune.

          Bonne journée smiley


        • Daniel Roux Daniel Roux 2 janvier 12:46

          @Shawford43

          Je vous remercie de votre généreuse appréciation.

          Je vous souhaite une bonne année, à vous et à votre famille.


        • Shawford Shawford43 2 janvier 12:52

          @Daniel Roux

          itou Daniel si vous me permettez cette familiarité.

          Par contre j’ai du taff maintenant pour faire passer ces vœux à mon immense famille, je m’y attèle de ce pas

          Have a good day (Buddy(?))


        • Pierre Pierre 2 janvier 15:18

          @Daniel Roux
          Il appartiendra aux historiens de faire la lumière sur les événements contemporains une fois que les archives publiques pourront être consultées. Généralement il y a un délai de 50 à 60 ans (suivant les pays) pour accéder à ce type d’informations... Autrement dit, pas beaucoup d’entre nous pourront en prendre connaissance. 

          En attendant, les confidences crédibles que Seymour Hersh a récoltées sont des éléments précieux qui nous permettent de déjà d’avoir une idée d’ensemble des luttes d’influences qui existent au sein des plus hautes instances au Etats-Unis. 
          Ne boudons pas notre plaisir de voir confirmés tout ce que beaucoup d’analystes avaient compris par simple déduction.
          D’accord avec votre remarque sur l’oligarchie... et merci pour votre commentaire.



        • Abou Antoun Abou Antoun 2 janvier 23:00

          @Daniel Roux
          Nous devrions le savoir en France après la catastrophique élection de Sarkozy en 2007. Un imbécile cupide reste un imbécile cupide, une fois élu, sauf qu’il devient plus dangereux pour tout le monde.
          La leçon de 2007 n’ayant pas été comprise, les veaux ont réitéré en 2012. L’opposant affirmé d’un imbécile qu’il soit cupide ou non peut également être un imbécile. Pauvre France, deux mauvaises pioches et bientôt une troisième. En fait ce sont les événements qui façonnent les grands politiques pas les urnes. C’est la guerre qui a fait Churchill et de Gaulle.
          Si l’on va jusqu’au bout de cette logique, nos imbéciles plébiscités seraient finalement un signe de bonne santé, ou enfin un révélateur prouvant qu’il n’y a aucune urgence.
          Vos commentaires, Mr Roux sont toujours appréciés.


        • Daniel Roux Daniel Roux 3 janvier 09:45

          @Abou Antoun

          Je vous remercie de votre aimable appréciation, cela fait toujours plaisir.

          Je ne considère pas Hollande comme un imbécile. C’est probablement un cynique au sens péjoratif du terme ( pas au sens philosophique).

          Malgré l’aggravation du chômage et son engagement à ne pas se représenter s’il n’inversait pas la courbe ( la date de référence n’est évidemment pas précisée), il va tenter de s’accrocher au pouvoir persuadé d’avoir raison, qu’il n’y a pas d’avenir hors de l’UE et que l’on doit s’aligner coûte que coûte sur la folie US.

          3 fois hélas, il n’existe aucune alternative crédible au PS si l’on considère que la grande majorité des électeurs sont pour rester dans l’UE et dans l’Euro. Cette réalité là est incontournable.

          La seule chance de Hollande est la victoire de Sarkozy au primaire, mais c’est pas gagné.

          Ce sera probablement Juppé mais Hollande n’est pas totalement hors jeu, c’est à dire bonnet blanc et blanc bonnet. Paradoxalement, 56% des français sont pour la candidature de Juppé et 56% contre celle de Hollande.

          Conclusion : Les électeurs sont d’accord avec les hommes politiques les plus malins, le changement, oui, mais surtout pour que rien ne change.


        • Shawford Blondinette43 3 janvier 09:51

          @Daniel Roux

          Chalut, pour sur, rien à changer désormais.

          Par contre, qui as tu dans le viseur de ton avatar ?

          Ça ça m’intéresse.... pour diverses raisons, nous dirons


        • Daniel Roux Daniel Roux 3 janvier 10:19

          @Blondinette43

          Mon avatar est une photo prise dans une fête foraine, il y a.. quelques temps déjà.

          Je pourrais te répondre bien des choses ma foi. Je vise..

          Si j’étais poète, « le vent de folie qui assèche les âmes.. »
          Si j’étais politicien : « les fausses réformes sur de faux prétextes par de faux démocrates.. »
          Si j’étais un anarchiste : « les financiers et ceux qui les servent, les politiciens, qui se prennent pour des dieux, qui ne sont que des hommes plus cupides, plus lâche et plus nuisibles que les autres. »
          Si j’étais vaniteux : « la gloire, la richesse et un siège à l’académie française. »

          Mais comme je ne suis que moi, je vise à partager quelques idées, connaissances et convictions avec ceux qui veulent bien me faire l’honneur de les lire et de les commenter.


        • Shawford Blondinette43 3 janvier 10:22

          @Daniel Roux

          J’espère donc ne jamais manquer l’occasion de pouvoir profiter de ton apparition toujours si juste et noble dans cette antre simoyenne, l’ami -si tu me permets cette familiarité.


        • Abou Antoun Abou Antoun 3 janvier 15:39

          @Daniel Roux
          il va tenter de s’accrocher au pouvoir persuadé d’avoir raison, qu’il n’y a pas d’avenir hors de l’UE et que l’on doit s’aligner coûte que coûte sur la folie US.
          Est-ce là un signe d’intelligence ?
          Je remarque que François Hollande est de toutes façons au service des USA (n’est pas Young Leader qui veut...). Pour cela on peut dire en somme qu’il fait le job, c’est insuffisant pour mettre en doute son intelligence.
          Mais dans ce domaine il en fait trop. F.H. lance le pays dans des guerres de type colonial, des expéditions punitives à base de bombardements à l’aveugle à haute altitude de zones peuplées pas uniquement de terroristes. En somme il est le digne successeur de Sarkozy. Pour la question ukrainienne son aveuglement est total, et sa mauvaise foi sans limites. Encore une fois envoyer BHL en mission diplomatique, c’est de l’inconscience. Pour La Syrie, F.H. a toujours un train de retard. Volontaire pour bombarder les troupes loyalistes et pourquoi pas l’Iran, alors que les US sont en train de prendre un virage à 180° justement dans leurs relations avec l’Iran. L’épopée continue avec des alliances foireuses avec des terroristes ’modérés’ dignes successeurs d’Al Qaida, un duo d’équilibristes avec un ministre des Affaires Étrangères à qui le mot ’diplomatie’ semble totalement inconnu. L’impression est celle d’un homme mou, indécis, sans véritable connaissance des dossiers, en mal de reconnaissance et prêt à toute aventure militaire pour redorer son blason.
          Pour le dossier cubain, F.H. apparaît encore en retard, pris de cours par les événements, la France aurait pu aider à desserrer l’étau US, s’entremettre pour aider à une normalisation.
          Les discours de F.H., ses prestations publiques lors de réunions de chefs d’État, tout atteste d’un manque d’intelligence des situations et d’un manque d’intelligence tout court.
          Pour ce qui concerne la politique intérieure et l’économie, je crois que F.H. reste attaché au credo de la croissance sans limites. Il faut maintenant apprendre à vivre en décroissance tout en maintenant l’emploi et la cohésion sociale.C ’est difficile parce que ce virage aucun pays ne l’a pris. F.H. va donc rester ainsi à attendre un rebond de la croissance qu’il pourra peut-être simuler en fin de mandat par un maquillage des statistiques.
          François Hollande a été promu dans l’appareil du P.S. à la faveur des luttes entre les grosses pointures de son parti (éléphants). Il a souvent été choisi car ressenti par les ténors comme sans danger pour leur propre carrière. Le résultat est une promotion à l’ancienneté jusqu’au seuil d’incompétence. Les symptômes visibles dans son cas sont le syndrome du flottement et l’inertie rigolatoire, tout à fait bien décrits par Peter.
          3 fois hélas, il n’existe aucune alternative crédible au PS si l’on considère que la grande majorité des électeurs sont pour rester dans l’UE et dans l’Euro. Cette réalité là est incontournable.
           C’est malheureusement exact, ce qui me fait dire parfois qu’on a les présidents qu’on mérite.
          Conclusion : Les électeurs sont d’accord avec les hommes politiques les plus malins, le changement, oui, mais surtout pour que rien ne change.
          C’est une bonne conclusion, c’est désespérant et c’est vrai.


        • Daniel Roux Daniel Roux 3 janvier 17:40

          @Abou Antoun

          Vous avez raison de dénoncer les errements de Hollande dont une grande part de la politique étrangère et intérieure est la conséquence du suivisme européiste et atlantiste, sans maîtrise, ni influence sur les processus dont le but ultime, à ne jamais perdre de vue, est le maintien de l’hégémonie US sur le monde par l’affaiblissement par tous les moyens des opposants à cette hégémonie.

          Hollande n’est pas « un homme d’état » mais un homme de système qui ne sait qu’obéir au système, non seulement parce qu’il en est issu et qu’il y est fidèle mais aussi, parce qu’il y adhère totalement. 


        • christophe nicolas christophe nicolas 2 janvier 13:55

          Bel article. C’est une guerre sans déclaration de guerre et c’est inacceptable, une honte pour la communauté des nations.


          Lorsqu’on compare les photos identiques d’Al-Baghdadi qui est l’Irakien Abu Du’a pour la justice des USA et qui est Simon Eliott du Mossad pour les Iraniens, c’est la même personne or ce dernier étant souvent vu en compagnie de John Mc Caine, on peut penser que les Iraniens ont raison.

          Le mage Crowley qui a remodelé l’OTO (ordo templi orientis) voulait reconstituer le califat dès 1944 et comme par hasard, on retrouve un sioniste a la tête du califat.

          On sait que Crowley travaillait pour les services secrets britanniques du MI5 et des membres haut placés du gouvernement américain, ceux qui ont soutenu la création d’Israël ce qui corrobore que le califat est une idée des descendants de Crowley dont voici un résumé de la philosophie nihiliste :

          Le message d’Aiwaz, considéré par Crowley comme son ange gardien personnel, l’a convaincu que sa mission dans la vie était de porter le coup de grâce à l’Age d’Osiris, avec son extension la plus moribonde : la foi chrétienne, et de construire sur ses ruines une nouvelle religion basée sur la Théléma – « la volonté », en grec. »  Le principal but de cette philosophie est la réalisation de la Vraie Volonté de chacun, qui est décrite comme « la plus noble mission » ou le but de chacun dans la vie, sans préoccupations pour la morale ou l’éthique.« Il n’y pas de « normes du bien ». La morale, ce n’est que des balivernes. Chaque Etoile doit suivre sa propre orbite. Au diable les « principes moraux », il n’existe rien de tel. »

          Les idéaux sectaires ont infesté les services secrets, les services des états, l’éducation nationale, ce sont ces gens qui décident les attentats.

          • Pierre Pierre 2 janvier 15:46

            @christophe nicolas
            Merci pour votre commentaire sur Al Baghdadi. Je vais potasser pour en savoir plus sur lui et sur son don d’ubiquité ou plutôt de multi-personnalités..

            Pour la suite, je ne suis pas un grand adepte des sciences ésotériques. Je pense que ce sont bien des motivations matérielles et idéologiques qui motivent les conseillers de Barack Obama. Je sais qu’il y a aussi des millénaristes qui ont été proches du pouvoir mais c’est plutôt du temps de W Bush.

          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 janvier 19:13

            @Pierre
            Ce qui s’est passé en 2013, c’est que la Russie a prêté main forte à la Syrie, avec des armes défensives qui ont obligé l’ US Navy à plier bagage...
             « Echec et Obamat en Syrie ».


            Ce qui n’enlève rien aux mérites de votre article, qui montre bien qu’il y a des dissensions au sein même de l’administration US, entre le Pentagone et les faucons qui grenouillent autour d’Obama. Cet article du Réseau Voltaire reprend les divers rapports critiques issus du Pentagone.

          • Pierre Pierre 3 janvier 18:27

            @Fifi Brind_acier
            Bonjour,

            Le titre de l’article dit bien le message que j’ai voulu faire passer. 
            Il y a des analyses différentes entre la Maison blanche et le Pentagone en ce qui concerne la Syrie et les relations avec la Russie.
            Il est difficile de décrypter pourquoi. Il se peut que la diminution du budget de la Défense ait mis le Pentagone en rogne et que le JCS estime que dans ces conditions, il préfère ne pas avoir d’escalade militaire qu’il ne pourrait pas financer.
            Il se peut aussi qu’il n’est pas sûr d’avoir la même supériorité militaire qu’avant. Le JSF ne répond pas aux attentes et va bouffer une grande partie du budget de la Défense. Le bouclier antimissiles de l’OTAN n’en est qu’a sa phase 2 (sur 4) et ne peut avoir qu’une efficacité relative. L’armée de terre est fatiguée après 13 ans de guerre et les effectifs devraient être renouvelés. Le matériel est usé et doit être remplacé. La défense aérienne russe est impressionnante par sa qualité. Et, cerise sur le gâteau, il y a la gabegie et la corruption qui gangrène le département de la Défense.
            J’ai l’impression que la Maison blanche n’est pas consciente de ces problèmes.

             

          • JMBerniolles 2 janvier 14:31
            Merci pour cet article à propos duquel je me permettrai quelques remarques.

            Je qualifierai plutôt l’armée arabe syrienne, - à majorité sunnite il faut le souligner-, d’armée de résistance et de libération.

            Il n’y a jamais eu de guerre civile en Syrie mais une agression de mercenaires takfiris, agissant soit-disant pour des motifs religieux. Je crois qu’ils venaient principalement de Turquie, où il disposaient de logistiques et d’armements, ainsi que de Jordanie et occupaient des places fortes à la frontière de la Syrie et du Liban.
            Leurs équipements très complet sauf des missiles anti aérien performants, ainsi qu’il a été montré de diverses manières, venaient des USA, de France de Grande Bretagne... Ils étaient et sont encore encadrés et soutenus logistiquement, comme c’’est aussi le cas au Yémen, par des agents des services américains, français... 

            Il est incroyable que la AAS aidée par le Hezbollah puis peu à peu par des forces populaires, ainsi que les Kurdes de Syrie, aient pu résister à cette déferlante assistée depuis des bases arrières en Turquie, Jordanie et Israël.

            En septembre 2013 Obama a du renoncer à ses 72 heures de frappes de missiles sur la Syrie, annonce au congrès américain, c’est à dire un nouveau crime contre l’humanité,
             parce qu’il a eu peur des représailles de l’Iran (sur les sites pétroliers de l’Arabie saoudite entre autres) et à cause de la dissuasion militaire des russes [il a filtré que deux missiles tests lancés depuis la méditerranée avaient été détournés ou abattus..] Vraisemblablement les russes avaient déjà installé une DCA performante à Tartous.
            Politiquement parlant les américains ne peuvent se permettre d’avoir des avions abattus et une navire coulé au MO...

            2015 a été l’année d’une attaque programmée sur plusieurs axes par les mercenaires.... Avec pas mal de succès hors l’épisode de Kobané qui ressemble à un coup d’arrêt type Stalingrad à petite échelle. Là on voyait d’ailleurs que les turcs piaffaient d’impatience devant la frontière et se préparaient à envahir le nord syrien.

            Cela a conduit Poutine à intervenir de manière décisive. Une intervention évidemment programmée de longue date.
            La possibilité de débarquer Assad ou de le tuer [on sait qu’il y a eu des projets notamment un qui venait d’Erdogan avec, malheureusement le soutien de Hollande/Fabius ] est passée.

            Les deux pays principaux qui fournissaient toutes les aides aux mercenaires takfiris, les opposants modérés ont peut-être existés mais il ne pèsent aujourd’hui plus rien, la Turquie et l’Arabie saoudite sont maintenant en proie à des troubles intérieurs, amplifiés par leur fuite en avant (comme cet atroce assassinat d’un Cheik chiite, Al Nimr).

            L’attitude de l’administration Obama marque simplement le fait qu’elle est soumise à des pressions de lobbies puissants : AIPAC, néocons... auxquels elle cède avant de se heurter aux réalités du terrain que Kerry connaît bien et qu’il rappelle de temps en temps comme récemment à Moscou où il a fait le constat que la fenêtre pour débarquer Assad venait de se refermer.




            • Pierre Pierre 2 janvier 16:48

              @JMBerniolles
              Merci pour vos quelque remarques auxquelles je me permets de répondre.

              - « l’armée arabe syrienne à majorité sunnite ». Je ne l’ai pas précisé dans l’article mais j’ai souvent insisté sur ce point dans mes commentaires sur ce site.
              - « Il n’y a jamais eu de guerre civile en Syrie ». Il faut être réaliste et reconnaître qu’au départ, il y avait une révolte populaire idéologiquement soutenue par des mosquées salafistes et par des gouvernements étrangers qui était spécifiquement syrienne. Cette révolte n’était pas soutenue par l’immense majorité des Syriens. Elle a ensuite été renforcée par des combattants étrangers qui pensaient faire une guerre sainte pour l’islam. D’un point de vue du droit de la guerre (quelle aberration oxymorique), il s’agissait au départ d’un « conflit armé non international » qui a évolué vers une « guerre d’ingérence internationale ».
              - « Il est incroyable que la AAS ait pu résister ». Oui, je le pense aussi mais elle était sur le point de s’effondrer et heureusement qu’il y a eu l’intervention russe. L’explication est sûrement que l’ASS avait le soutien de la majorité de la population. N’oublions pas que 80 % des Syriens vivent dans les zones tenues par les loyalistes.
              - « Cela a conduit Poutine à intervenir de manière décisive ». Oui, mais pas programmée de longue date. La décision a commencé à être étudiée lors de la rencontre de Vladimir Poutine et du général iranien Soleimani à Moscou en juillet dernier.
              - « comme cet atroce assassinat d’un Cheik chiite, AlNimr ». Je me demande aussi quelles vont être les conséquences de cette exécution. 
              - « Kerry ». Diplomate réaliste mais tellement seul !

            • JMBerniolles 2 janvier 20:32
              @Pierre

              Merci de votre réponse.

              Je crois que le « coup syrien » se préparait depuis longtemps, notamment dans des camps d’entrainement, ainsi en Libye les troubles ont-ils été démarrés à Benghazi avec des mercenaires d’Al Qaeda Yémen et que la manif de mars 2011 n’a servi que de prétexte. Visiblement, sinon Assad aurait sauté tout de suite, les manifs pacifiques ne pouvaient être étendues. Bien entendu il y a toujours des mécontents et une opposition. Il y a aussi les frères musulmans depuis toujours manipulés par les services anglais, turcs... présents et couvert par le pouvoir en France aussi.

              Le problème pour les USA, la France.. a été que les groupes de mercenaires takfiris n’étaient pas coordonnés et même se combattaient entre eux. D’où le regroupement sous Daesh qui rendait aussi plus efficace l’appui logistique des « conseillers » français, américains et autres, présents sur le terrain en Syrie.

              Je pense que la Russie s’est préparée à cette intervention assez minutieusement.

              Un peu par hasard, j’ai compris un certain nombre de choses sur les rapports de force militaires.

              En consultant régulièrement les médias japonais pour le nucléaire en fait, peu à peu, une chose m’est apparue qui m’a fait rigoler parce que les japonais sont obligés (étaient) de s’en remettre aux américains pour leur défense. Or le nombre d’Ospreys, de chasseurs F*** qui s’écrasaient au sol était impressionnant. Quasiment voir la tête des japonais devant cette hécatombe était effectivement marrant.
              Et puis en réfléchissant j’ai compris qu’aux USA (fort de leur supériorité il n’y a aucune réflexion cohérente sur les besoins réels n fonction du type d’actions guerrières) les armes étaient un business. Il faut vendre aux militaires. Tout est efficace avec les commerciaux.... Qui de sensé peut croire à l’efficacité totale d’un dôme de fer ?

              Par contre l’Iran a développé des armes de manière cohérente sur l’hypothèse de guerres assymétriques.. je suis persuadé qu’ils sont capables de couler un porte avion américain...

              A un niveau supérieur la Russie a développé un arsenal impressionnant. Que ses militaires ont testé.
              Notamment les capacités de brouillage, celles de repérage de l’OTAN : britanniques, suédois, américains.... Ces imbéciles de néocons ne le comprennent pas, mais les gens du pentagone oui bien sûr. Et aussi Netanyahou qui s’est précipité à Moscou pour arriver à un compromis avec Poutine.qui est assez favorable puisque les avions israéliens bombardent encore la Syrie en passant par le Liban.

              Dans l’affaire de leur avion abattu on voit que les russes sont très prudents. Il isolent diplomatiquement Erdogan avant de frapper si celui-ci fait un faux pas.

              Ils sont persuadés que les USA ne mettront pas l’OTAN, à leur service exclusif au soutien D’Erdogan Pacha.... mais ils agissent prudemment.

            • Pierre Pierre 3 janvier 18:40

              @Fifi Brind_acier
              Cela se trouve dans l’article de Seymour Hersh et cela lui a été confié par un conseiller du JCS. L’ambassadeur étasunien en Syrie, William Roebuck, complotait depuis 2006 pour renverser Bachar al Assad. 


            • Shawford Blondinette43 3 janvier 18:46

              @JMBerniolles

              Pour fifi je me demande si ce sera le playmobil avec l’épée qu’il lui faudra s’enfoncer dans le fion avant de venir me, nous servir smiley smiley


            • Shawford Blondinette43 3 janvier 18:52

              Pour la réconciliation avec pireaxiome, je me demande a contrario si je lui offrirai la maison blanche ou le Pentagone

               à voir, j’ai pas encore sondé une seule seconde les envies de greenlight


            • Pierre Pierre 3 janvier 21:11

              @JMBerniolles
              C’est un commentaire 3 *. Vous mettez bien le doigt là où le bât blesse. Un budget militaire astronomique qui ne ne sert pas l’efficacité mais plutôt les intérêts.

              J’ajouterai que la Russie sait très bien utiliser ses points forts. 

            • Analis 3 janvier 21:39

              @Fifi Brind_acier
              Documents de Wikileaks qui expliquent que les USA préparaient la déstabilisation de la Syrie depuis 2006.
              C’est là qu’il convient de se rappeler que ces procédures remontaient à bien plus longtemps, remontant à 1957, ainsi que le montrait cet article datant déjà de 2003, à relayer :

              http://www.theguardian.com/politics/2003/sep/27/uk.syria1?CMP=share_btn_tw

              ------------------------------------------------------------------------------------------------

              Des documents nouvellement découverts montrent comment en 1957 Harold Macmillan et le président Dwight Eisenhower approuvèrent un plan de la CIA et du MI6 pour monter de faux incidents de frontière comme prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins pro-occidentaux, et alors d’ « éliminer » le triumvirat le plus influent au sein du pouvoir à Damas.

              [.....]

              Bien que les historiens savent que des services secrets avaient essayé de renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première fois qu’on trouve un document montrant que l’assassinat de trois figures importantes était au cœur du plan. Dans ce document rédigé par un groupe top-secret à très haut niveau réuni à Washington en septembre 1957, aucun doute n’était laissé à Mr Macmillan et au président Eisenhower au sujet de la nécessité d’assassiner les hommes liges à Damas.

              Une partie du « plan préféré » disait : "Afin de faciliter les actions des forces libératrices, de réduire la capacité du régime syrien d’organiser et de commander ses actions militaires, de maintenir les pertes et destructions au minimum, et de parvenir aux buts recherchés le plus vite possible, un effort particulier doit être mené afin d’éliminer certains individus. Leur élimination devrait être réalisée tôt au début du soulèvement et de l’intervention, et à la lumière des circonstances du moment."

              Le document, approuvé par Londres et Washington, désignait trois hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef des renseignements militaires ; Afif al-Bizri, chef d’état-major général ; et Khaled Bakdach, dirigeant du parti communiste syrien.

              L’inquiétude avait grandi à Downing Street et à la Maison-Blanche au sujet des sentiments anti-occidentaux et pro-soviétiques grandissant en Syrie depuis le renversement du régime militaire conservateur du colonel Adib Chichakli par une alliance des partis baassites et communistes et de leurs alliés au sein de l’armée syrienne en 1954.

              [......]

              Le plan préféré ajoutait : "Une fois qu’une décision politique sera atteinte de procéder à des perturbations internes en Syrie, la CIA sera préparée, et le SIS [MI6] tentera de monter des sabotages et coups mineurs au sein de la Syrie, en travaillant avec des contacts dans le pays.

              Les deux services devraient s’entretenir de la façon appropriée d’éviter toute interférence dans leurs activités mutuelles... Les incidents ne devraient pas se limiter à Damas ; l’opération ne devrait pas être excessive ; et dans la mesure du possible on devrait s’efforcer d’éviter que les leaders syriens clés prennent des mesures de protection personnelle supplémentaires.

              Sabotage

              Le rapport affirme qu’une fois le degré nécessaire de peur atteint, des incidents de frontières seraient mis en scène pour fournir un prétexte pour une intervention militaire irakienne et jordanienne. "On devra faire apparaître la Syrie comme l’organisation de complots, de sabotages et de violences contre les gouvernements voisins« , ajoute le rapport. »LA CIA et le SIS devraient utiliser leurs moyens à la fois dans le domaine psychologique et celui de l’action violente afin d’augmenter la tension." Cela signifiait des opérations en Jordanie, en Irak et au Liban, prenant la forme de "sabotages, conspirations nationales et diverses activités violentes" devant être attribuées à la Syrie.

              Le plan demandait le financement d’un « Comité Syrien Libre », et d’armer des "factions politiques dotées de capacités paramilitaires ou pour d’autres actions violentes" à l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6 succiteraient des insurrections intérieures, par exemple par les druzes dans le sud, aideraient à libérer des prisonniers politiques détenues à la prison de Mezze, et soulèveraient les Frères Musulmans à Damas.

              -----------------------------------------------------------------------------------------

              Ahurissant comme on retrouve la même propagande mot-pour-mot, à 54 ans d’intervalle. Ce document montre aussi que loin d’être des accidents ou des aberrations isolés, comme certains veulent le croire, les attaques sous fausse bannière sont un procédé couramment utilisé par les impérialistes occidentaux.


            • Pierre Pierre 3 janvier 22:14

              @Analis
              Merci pour ce très intéressant commentaire. Dommage qu’il n’y a pas le lien vers l’article original du Guardian.

              Quand on voit la qualité d’information qui est mis en ligne par des citoyens, on se demande ce que foutent les journalistes professionnels et à quoi ils servent ? 
               

            • Analis 4 janvier 13:18

              @Pierre
               J’admets que je n’y comprends rien, car c’est bien l’intitulé du lien de l’article du Guardian, mais étrangement il semble avoir été « scotché » avec celui de rt. Je le remets, en espérant que ce curieux bogue ne se reproduise pas :
               
              http://www.theguardian.com/politics/2003/sep/27/uk.syria1?CMP=share_btn_tw


            • alberto alberto 2 janvier 16:27

              S’il y avait qq’un dont il serait urgent de se débarrasser, je verrais plutôt bien Recep Tayyip Erdoğan !

              A part ça, bon article : merci l’auteur.


              • Pierre Pierre 2 janvier 16:54

                @alberto
                Je serais enclin à être d’accord avec vous mais il y a un gros problème. Grâce à son bilan économique, il a un énorme (je n’ai pas dit « unanime ») soutien populaire en Turquie.



              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 janvier 19:33

                @Pierre
                Il est surtout membre de l’ OTAN et commence à pédaler dans la semoule...Non seulement il a lancé une vaste offensive contre les Kurdes du PKK, mais il prend maintenant exemple sur Hitler !


                D’autres alliés de l’ OTAN ne valent pas mieux, aussi bien les Saoudiens qui décapitent, que l’extrême-droite ukrainienne qui se rassemble à Odessa pour fêter Bendera...

                Michel Collon a bien raison quand il dit que l’ OTAN est une association de criminels.

              • JMBerniolles 2 janvier 20:41
                @Fifi Brind_acier

                Erdogan a complètement perdu la tête et le régime saoudien est aux abois...

                La grande réussite économique en Turquie est du passé et l’Arabie saoudite perd beaucoup d’argent avec le pétrole (la fable de ce royaume manipulant le prix du baril est ridicule) et leur guerre au Yémen véritable bourbier où des milliers de gens perdent la vie de manière absurde.
                Un peu comme en Europe après Stalingrad.

                Même nos médias sont obligés de prendre du recul par rapport à l’assassinat du Cheik Nimr et d’autres innocents.... 

              • Onecinikiou 2 janvier 21:06

                @Pierre
                Bilan économique qui est le prix de la compromission des occidentaux : Erdogan et sa clique représentent une menace contre les pays européens bien plus directe et réelle que la Russie (qui n’a jamais fait que défendre ses intérêts légitimes), ne serait-ce qu’eu égard a la crise migratoire gravissime a laquelle ils sont confrontés, résultante en partie de l’ingérence et volonté du gouvernement turc d’abattre Assad en suscitant la révolte. 


                Ce casus belli justifierait de facto l’éviction immédiate de la Turquie de l’OTAN, la fin des négociations d’adhésion à l’UE, la fin évidemment du ranconnage des contribuables européens par nos mamamouchis, et des sanctions autrement plus importantes que celles qui ont été indûment infligées à la Russie.

                Naturellement, avec la camarilla euro-mondialiste que l’on se tape - ils ont été élus - couchés a quatre pattes une plume dans le c.. devant les intérêts et agenda de l’Empire atlanto-sioniste, on peut toujours rêver. 

              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 2 janvier 21:09

                @JMBerniolles
                La dislocation de l’ Arabie Saoudite faisait partie du projet de Grand Moyen Orient de détruire 5 pays souverains pour en faire 14 petits califats bien soumis. C’est peut-être ce qui arrive en ce moment ?


              • JMBerniolles 3 janvier 10:50
                @Fifi Brind_acier

                Mais l’Arabie saoudite s’est mise dans cette situation toute seule....

                Ce royaume moyenâgeux a développé le terrorisme international sur la base de leur variante agressive de l’Islam le wahhabisme, afin de maintenir leur pouvoir après la fin de leur pétrole.
                Qui approche à travers leur pic pétrolier.

                L’Arabie saoudite a toujours joué double ou triple jeu. Notamment avec Israël.
                Comme ceux-ci, cet état meurtrier a compris avec les accords sur le nucléaire iranien que les USA ne les soutenaient qu’en fonction de leurs intérêts propres. Ils ont donc resserré les liens avec Israël et la Turquie et ils jouent leur va tout. C’est la fuite en avant comme Erdogan dont l’Etat est aussi miné de l’intérieur.

              • Analis 3 janvier 17:06

                Thierry Meyssan est lui d’avis que Obama et Kerry ont fini il y a déjà plusieurs mois de cela par passer un accord secret avec les russes sur la sortie de crise, et que les exigences répétées sur le départ d’Assad masquent en fait une tactique d’accoutumance progressive du public à son maintien – en bref, il s’agirait de ne pas perdre la face après avoir appellé si longtemps à son départ, en jouant sur la mémoire courte des gens. Il faut reconnaître que les choses évoluent dans un sens compatible avec cette interprétation, Kerry reculant progressivement mais constamment sur cette question :

                http://www.voltairenet.org/article189697.html

                À retenir :

                -  La Résolution 2253 interdit aux sponsors de Daesh et d’al-Qaïda de poursuivre leur action. La Résolution 2254 confirme le Communiqué de Genève de juin 2012. Les deux Grands s’accordent pour maintenir la République arabe syrienne et soutenir un gouvernement d’union nationale.

                -  L’opposition armée soutenue par l’Arabie saoudite a élu l’ancien Premier ministre bassiste Riad Hijab, en fonction à l’époque du Communiqué de Genève, pour conduire sa délégation. Tandis que la Russie a conclu un accord avec l’Armée syrienne libre et son sponsor, la France.

                -  Tout est prêt pour conclure une paix qui permette aux perdants de garder la tête haute. Mais, comme en 2012, la France a relancé ses exigences dès la Résolution 2254 adoptée.

                --------------------------------------------------------------------------

                Le saker rejoint cette analyse :

                http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/semaine-11-de-l-intervention-russe-175939

                Derrière toutes ses rodomontades l a Maison Blanche aurait en fait capitulé et avalisé il y a belle lurette le principe d’une paix basée sur l’arrêt de l’intervention occidentalo-golfo-sionisto-turque, après avoir tergiversé durant longtemps.

                Meyssan rapporte cependant l’article de Hersh, ajoutant d’intéressantes précisions. Hersh est cependant sans doute trop pessimiste sur le caractère imperturbable de la politique états-unienne, Obama ayant lui-même agi pour écarter les faucons (ce qui ne l’absout cependant pas de ses propres responsabilités, loin s’en faut) :

                http://www.voltairenet.org/article189738.html

                À retenir

                -  Au cours des derniers mois, la Rand Corporation (principal think-tank du complexe militaro-industriel), l’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency Michael T. Flynn, l’ancien président du Comité des chefs d’état-major Martin Dempsey, et l’ancien secrétaire à la Défense Chuck Hagel ont mis en cause les contradictions et les hésitations de la Maison-Blanche.

                -  L’intelligentsia militaire US conteste la politique héritée de l’ère Bush de confrontation avec la Russie. Elle demande une collaboration en Syrie et en Ukraine aussi bien qu’une reprise en main des alliés que sont sensés être la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.

                -  Pour les officiers supérieurs US (1) il faut soutenir le président el-Assad qui doit vaincre et rester au pouvoir ; (2) il faut agir avec la Russie contre Daesh ; (3) il faut sanctionner la Turquie qui ne se comporte pas en allié, mais en ennemi ; (4) enfin il faut arrêter d’imaginer qu’il existerait des rebelles syriens modérés et de se cacher derrière ce fantasme pour laisser la CIA soutenir les terroristes.

                --------------------------------------------------------------------------------

                Il est cependant certain que le processus de paix est fragile, et que les impérialistes de tout bord feront tout pour le saboter, d’autant que le chaudron ukrainien reste actif.


                • Pierre Pierre 3 janvier 21:59

                  @Analis
                  Je commence par la fin de votre commentaire : « les impérialistes de tout bord feront tout pour le saboter ». Sans aucun doute. Le problème, c’est de les identifier. Les conservateurs ou impérialistes sont largement majoritaires au Congrès. Il y a 90 % des médias qui ont des discours bellicistes. Il y a John McCaine qui est pratiquement un secrétaire d’Etat bis. Il y a la CIA qui complote avec les gouvernements conservateurs arabes et turcs. Et finalement, il y a l’Europe qui est groggy et qui commence seulement à ouvrir les yeux. Cela fait beaucoup de monde à reprendre en main.

                  Je ne crois pas qu’il y aura un changement de la politique des Etats-Unis, ni en Syrie ni en Ukraine. Barack Obama va atermoyer et laisser les dossiers ouverts pour son successeur. La seule chose positive qu’il laissera, c’est la détente avec l’Iran. Maigre bilan pour celui en qui on avait mis tant d’espoir.
                  Les analyses de Thierry Meyssan sont devenues très intéressantes. Elles sont bien plus pertinentes qu’il y a quelques années.
                  Je ne suis pas sûr que Barack Obama soit 100 % d’accord avec John Kerry comme le dit Thierry Meyssan. Il faudra voir s’il y a une évolution en Syrie et en Ukraine dans les prochains mois.
                  Les multiples déclarations de Barack Obama sur la Russie et sur Vladimir Poutine depuis un certain temps font preuve d’un certain mépris. Je ne le vois pas faire volte-face. 
                  A mon avis, les Etats-Unis n’ont plus l’intention d’intervenir directement en Syrie sauf contre l’Etat islamique (DAECH). En revanche, voir leurs alliés continuer à mener la guerre contre Bachar al Assad ne dérangera pas Barack Obama, d’autant plus que ces alliés lui achètent des armes. 

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