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Quand la « menace fantôme » devient réalité : le terrorisme islamiste en Somalie

Voici un article complémentaire à celui que j’avais publié au début du mois de juillet ; l’analyse est plus fine sur certains aspects grâce à la lecture de divers articles anglo-saxons, en particulier. J’aimerai cependant que mes articles publiés sur AgoraVox concernant la Somalie suscitent moins de réactions passionnées, car généralement ils déclenchent ce qui est bien une tempête dans un verre d’eau. Je suis prêt à répondre à la critique mais d’une manière constructive.

La Somalie, depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991, a souvent fait les gros titres des média internationaux pour leurs thèmes de prédilection : guerre civile, luttes entre clans, crise humanitaire, Etat failli, et maintenant repaire de terroristes islamistes. De fait pourtant, l’islamisme à la sauce Al-Qaïda, n’a commencé à s’implanter durablement qu’en 2006. Cette année-là, l’Union des Tribunaux Islamiques écrase une coalition fantoche de seigneurs de guerre armés par la CIA et étend son contrôle sur le centre et le sud de la Somalie, avant d’être mise à bas en décembre de la même année par une intervention de l’armée éthiopienne, toujours soutenue par les Etats-Unis. Depuis lors, des groupes radicaux comme Al-Shabaab et Hizbul-Islam combattent le gouvernement fédéral de transition somalien dirigé depuis janvier 2009 par Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, l’ancien chef des Tribunaux Islamiques chassés du pouvoir en 2006, et représentant un courant plus «  modéré  » et surtout plus traditionnel de l’islam somalien. Alors qu’après les attentats du 11 septembre, les affrontements en Somalie relevaient encore des logiques propres à la guerre civile déclenchée en 1991, certains acteurs locaux et régionaux (Ethiopie et seigneurs de guerre en particulier) se sont emparés de la rhétorique terroriste pour obtenir ressources et soutiens variés1 afin de soutenir leurs propres ambitions.
 
Comment l’islamisme s’est-il implanté en Somalie ? Les Tribunaux Islamiques représentaient-ils vraiment une menace pour les Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme islamiste ? Quelle est la part de récupération et d’instrumentalisation des acteurs locaux et régionaux dans l’utilisation du vocabulaire terroriste appliqué à la situation en Somalie ? Ces mêmes acteurs n’ont-ils pas employé ce lexique à leurs propres fins ? La puissance du mouvement Al-Shabaab actuellement ne serait-elle pas directement issue d’une application tronquée d’un schéma binaire terroristes/anti-terrroristes au conflit somalien ? Autant de questions auxquelles cet article se propose d’apporter quelques réponses, à partir d’analyses de spécialistes.
 
Quel islamisme en Somalie ?
 
Qu’est-ce-que l’islamisme en Somalie ? Le terme islamisme désigne d’abord l’adhérence stricte aux sources écrites de l’islam reconnues comme telles (Coran, Hadith, commentaires autorisés) et surtout l’application des principes de l’islam dans le domaine politique qui remonte au moins au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, et ce depuis les années 70, le terme a tendance à désigner le rejet de toute modernité occidentale, qui a souvent donné naissance à des mouvements terroristes comme Al-Qaïda. Mais l’action islamiste peut prendre différentes formes, de groupes sociaux réformateurs à des structures militant pour le djihad. Il y a des islamistes nationalistes tout comme des djihadistes combattant pour un projet d’envergure mondiale. Le seul but commun entre les différentes approches est peut-être l’instauration d’un Etat islamiste, régi par la charia, mais les stratégies pour y parvenir diffèrent du tout au tout.
 
En Somalie, où le soufisme est majoritaire, l’islam radical prêché par Al-Qaïda est loin d’être populaire. Même au sein de l’islamisme local, le groupe réformateur domine, et les militants radicaux ont peiné à gagner le soutien de la population jusqu’à récemment2. Car entre 2006 et 2009, les interventions extérieures au conflit somalien se sont multipliées. En réaction à l’offensive éthiopienne soutenue par les Etats-Unis, Al- Qaïda avait lancé un « e-djihad », avait appelé les combattants islamistes à travers le monde à soutenir les militants somaliens. Cette implication a gagné en puissance avec l’ascension du groupe radical Al-Shabaab, initialement, en 2005, réduit à une poignée de combattants, pour devenir en 2009 la force dominante dans le centre et le sud de la Somalie. En mai 2008, le nouveau leader du groupe a ostensiblement réclamé le soutien d’Ousama Ben Laden. Les stratégies du groupe se sont calquées sur celles d’Al-Qaïda : attentats-suicides, utilisation d’engins explosifs improvisés (IED), décapitation d’otages et de prisonniers, afflux de volontaires étrangers ainsi que de membres de la diaspora somalienne à travers le monde. Ainsi, le traditionnel affrontement du «  bien  » contre le «  mal  », de l’Islam contre l’Occident, s’est finalement implanté en Somalie, rejoignant paradoxalement un discours véhiculé par les média, encore largement infondé jusqu’en 2006. La propagande et la violence ont conduit à simplifier en un mode binaire une réalité politico-militaire beaucoup plus complexe. Car l’islamisme somalien est des plus fragmentés, mais c’est bien l’intervention des Etats-Unis en 2006 suivie par celle d’Al-Qaïda qui ont jeté les bases de la guerre qui ravage encore, en 2010, la Somalie.
 
Dans ce pays, l’islam se caractérise par l’ancrage de traditions locales et de pratiques syncrétiques, comme les pèlerinages sur les tombes des saints effectués par les soufis ou la célébration de l’anniversaire du prophète Mahomet (le Mawlid), toutes choses abhorrées par les salafistes3 et les wahhabites4. L’infiltration progressive dans la Corne de l’Afrique de ces dernières doctrines et de l’islamisme radical passe en particulier par l’influence arabe, notamment celle des Frères musulmans dans sa version soudanaise. Les organisations de charité islamiques ont joué un grand rôle dans cette diffusion, notamment en Somalie où l’Etat s’est retrouvé largement défaillant pour assurer certains fonctions primordiales. Cette expansion est facilitée par l’arrivée au pouvoir en 1989 du Front National Islamique au Soudan, pouvoir qui se maintient pendant une dizaine d’années. Le Soudan est alors le coeur d’une campagne d’islamisation basée sur une interprétation salafiste visant à toucher d’autres cercles que ceux lettrés et intellectuels ; le pays est le coeur de l’islam radical en Afrique dans les années 905.
 
Sous le régime du dictateur Siad Barre (1969-1991), l’islamisme politique avait été interdit et pourchassé en Somalie. C’est seulement à la chute du dictateur (1991), qui déclenche la guerre civile, que celui-ci va pouvoir se manifester. Le groupe le plus important est assurément Al-Itihad Al-Islam (AIAI), fondé dans le secret dès les années 80, mais qui s’affiche au grand jour au début de la guerre civile en prenant le port de Kismayo. L’AIAI en est cependant bientôt chassé par les troupes du seigneur de guerre Mohamed Farad Aideed6, du sous-clan Haber Gedir du clan Hawiyé7, malgré une tentative d’alliance avec le clan Darod, clan d’origine d’ailleurs de Siad Barre. Cette première défaite montre deux faiblesses du groupe : un manque de soutien populaire, et des rivalités claniques qui déchirent l’organisation en interne. L’AIAI gagne pourtant un précieux personnage : le colonel Hassan Ahir Daweys (membre des Haber Gedir), envoyé comme négociateur par Aideed avant la prise de Kismayo, et qui se rallie à l’AIAI.
 
L’AIAI combat ensuite au nord-est de la Somalie contre les troupes du colonel Yusuf, futur président du Gouvernement Fédéral de Transition somalien. Encore une fois battu, le groupe se replie alors dans le sud-ouest, s’empare de la ville de Luuq et d’une bonne partie de la région Geedo, près de la frontière ethiopio-somalienne. D’autres s’installent plus au sud, près de la frontière kényane et du port de Ras Kamboni. Une fraction de l’AIAI, dirigée par Sheikh Ali Warsame, décide même de se convertir à l’action civile et sociale au Somaliland. Hassan Ahir Daweys est devenu au milieu des années 90 le chef militaire de l’AIAI ; avec un autre leader, Hassan Abdullahi al-Turki, il mène des opérations à partir de l’ouest somalien dans la région éthiopienne de l’Ogaden, largement peuplé de populations somaliennes, contre les troupes d’Addis-Abeba. La capacité militaire de ce groupe sera cependant réduit à néant par une offensive éthiopienne en 1996. Une autre fraction dirigée par Sheikh Mohamed Ise s’installe à Mogadischio et se cantonne à la politique sous le nom d’Al Itisam. On y trouve déjà à ce moment-là quelques salafistes8.
 
Parallèlement à l’AIAI mais sans lien direct avec lui, s’amorce alors en Somalie l’ascension des tribunaux islamiques. Le premier apparaît dans le nord de Mogadischio en août 1994, contrôlé alors par le seigneur de guerre Ali Mahdi Mohamed (du clan Hawiyé, sous-clan Abgal) ; le tribunal est dirigé par le Sheikh Ali Dheere, du même clan. Le tribunal fonctionne alors selon les voeux du seigneur de guerre, en assurant en particulier l’ordre public contre la petite délinquance. Dès que le tribunal essaye de prendre un peu d’indépendance, Ali Mahdi Mohamed le dissout. D’autres tribunaux islamiques s’installent néanmoins dans la ville de Beledweyne, au sein de la région Hiiran, et dans d’autres endroits en Somalie. Les tribunaux islamiques n’arrivent à s’implanter dans le sud de Mogadischio, au-delà de la « ligne verte », qu’après la mort, en 1996, du grand seigneur de guerre Mohamed Farad Aideed, qui s’était temporairement allié à l’AIAI mais restait plus proche de l’islam traditionnel soufi somalien, tout en menant les miliciens du sous-clan Haber Gedir des Hawiyé. Le sous-clan Saleban des Haber Gedir fonde le premier tribunal islamique dans la partie méridioniale de la capitale en mai 1998, suivi par les sous-clans Ayr et Duduble9. Ces tribunaux islamiques du sud de Mogadischio sont plus que leurs prédécesseurs du nord reliés au mouvement islamiste politique, transnational et à leurs réseaux de financement, notamment par la présence d’anciens membres d’AIAI. Dès le départ, les tribunaux islamiques sont relativement indépendants des chefs de faction et reçoivent le soutien marqué des chefs de sous-clans et des commerçants locaux. Ils se mettent ainsi à remplir les fonctions d’un véritable gouvernement, rendant plus sûrs de nombreux quartiers de Mogadischio. Les tribunaux islamiques ne sont alors pas marqués par l’extrémisme ; ils jugent selon la charia, mais ne recourent pas tous à certains châtiments corporels comme l’amputation. Ils évitent de se mêler des querelles politiques qui pourraient vite dégénérer en vendettas inter-claniques. Cependant, certains des tribunaux islamiques sont déjà des bastions de l’islamisme : Aweys, le chef militaire de l’AIAI, dirige ainsi le tribunal Ifkahalane au sud de Mogadischio.
 
En 2000, les différents tribunaux islamiques s’unissent dans un conseil joint dont le but est d’abord de fédérer les milices pour traquer les criminels. Il sert aussi les ambitions politiques de certains chefs comme Aweys, qui en devient le secrétaire général. L’influence des tribunaux islamiques s’étend alors à travers la capitale et ses alentours, notamment en raison de la sécurité qu’ils pourvoient. C’est particulièrement net dans la région du Bas-Shabele et dans la cité portuaire de Marka, fief des Ayr des Haber Gedir. Un des membres du sous-clan Ayr, Sheikh Yusuf Mohamed Siyad, aide à consolider l’emprise des tribunaux islamiques dans la région. De manière générale, ce sont bien les Ayr qui semblent dominer cette alliance des tribunaux islamiques de la capitale. Cette même année, la conférence de paix à Djibouti installe un Gouvernement National de Transition comme gouvernement officiel de la Somalie, présidé par Abdiquasim Salad Hassan (Hawiyé, Haber Gedir). Celui-ci essaye d’intégrer les tribunaux islamiques à son système de gouvernement en forçant les juges à passer des examens contrôlés par ses instances, mais les membres des tribunaux islamiques préfèrent démissionner que de participer à ce gouvernement. En 2004, le Conseil Suprême des Tribunaux Islamiques, connu plus tard en 2006 sous le nom d’Union des Tribunaux Islamiques, est institué pour coordonner l’action des tribunaux à Mogadischio. Son dirigeant est Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, un ancien instituteur du sous-clan Abgal des Hawiyé qui avait relancé un tribunal islamique dans les quartiers nord de Mogadischio. Les différentes milices réunies se montent alors à 400 combattants. Dans le même temps, le Gouvernement National de Transition s’est effondré et a été remplacé après des discussions au Kenya par le Gouvernement Fédéral de Transition. L’Union des Tribunaux Islamiques est alors la force la plus puissante dans Mogadischio. Seulement quelques-uns des dix à onze tribunaux qui la composent sont pilotés par l’islamisme. Le premier tournant en faveur des radicaux intervient en 2005, lorsqu’Aadan Hashi Ayro est nommé chef de la milice du tribunal Ifkahalane, celui d’Aweys, dont il est d’ailleurs un proche ; quelques mois plus tôt, Ayro avait fait la une de la presse internationale en profanant un cimetière italien de l’époque coloniale de la ville de Mogadischio. Ayro devient bientôt le chef de l’organisation de la jeunesse des Tribunaux Islamiques, regroupant quelques militants jeunes et décidés : Al-Shabaab10. Cette organisation, rassemblant des jeunes gens d’une vingtaine d’années, a aussi l’avantage de recruter parmi tous les clans somaliens, sans distinction.
 
L’implantation plus franche de l’islamisme radical et politique ne se fait pas sur du vide. Des contacts existaient entre les islamistes internationaux, Al-Qaïda et les radicaux somaliens. Aweys lui-même a voyagé au Soudan et rencontré Hassan al-Turabi, le grand leader islamiste soudanais, favorisant sans doute l’installation de Ben Laden sur place entre 1992 et 1996. Mohamed Atef, un dirigeant important d’Al-Qaïda, est venu en Somalie dès 1992 dans l’espoir d’obtenir l’alliance des islamistes locaux, mais sans succès11. D’autres membres d’Al-Qaïda sont venus pour tenter de faire de la Somalie une base arrière pour leurs actions, sans y parvenir non plus ; on sait aujourd’hui qu’ils se sont heurtés aux mêmes difficultés que les troupes de l’ONU et des Américains pendant l’opération Restore Hope (1992-1995) : méfiance envers des étrangers, important une version de l’islam très différente du soufisme somalien, luttes de clans et de sous-clans, faiblesse du gouvernement ne leur assurant aucune protection contre les interventions extérieures et la criminalité rampante sur place. Pourtant, les attentats en Tanzanie, au Kenya et en Ethiopie entre 1996 et 2002 ont probablement bénéficié du « corridor somalien », permettant d’acheminer armes, matériel et combattants, tout en servant de refuge après les attaques. Des radicaux somaliens ont été entraînés sur place par des combattants étrangers ; certains Somaliens sont allés en Afghanistan pour recevoir une formation militaire de la part du régime contrôlé par les talibans. Toute cette infrastructure est en grande partie démantelée après les attentats du 11 septembre 2001 par peur de représailles des Etats-Unis.
 
L’Ethiopie, traditionnel rival et voisin de la Somalie, s’implique très tôt dans le combat contre l’islamisme radical. L’AIAI avait opéré dans les années 90 au sein de l’Ogaden, province éthiopienne frontalière et traditionnellement disputée entre les deux Etats, où vit une importante population d’origine somalienne12. Lorsqu’une guerre se déclenche entre l’Ethiopie et l’Erythrée, par ailleurs elle aussi ancienne province éthiopienne, en 1998, le gouvernement d’Asmara appuie l’AIAI. La rivalité régionale Ethiopie/Erythrée va alimenter le conflit somalien : la première appuie le GFT tandis que la seconde soutient les Tribunaux Islamiques, puis l’insurrection armée après la chute de ceux-ci. Après les attentats de 2001, les Etats-Unis et leur bras armé, l’Ethiopie, mènent des opérations clandestines d’élimination et d’enlèvement des principaux dirigeants islamistes à Mogadischio en recrutant des seigneurs de guerre et leurs hommes pour accomplir « le sale travail ». Cette guerre souterraine entre 2002 et 2005 renforce par contrecoup la popularité des Tribunaux Islamiques et le sentiment anti-américain dans la capitale. Les groupes islamistes radicaux somaliens s’engagent alors, eux aussi, dans une stratégie d’assassinats ciblés de leurs adversaires sur tout le territoire, du Somaliland au sud somalien : c’est en particulier l’oeuvre des Shabaab.
 
Fin 2004, l’installation du Gouvernement Fédéral de Transition présidé par Abdullahi Yusuf va encore aviver un peu plus les tensions. Yusuf, ancien président de la région indépendante du Puntland (1998-2004), appelle en effet à l’intervention de troupes étrangères dans le sud somalien. Par ailleurs, Yusuf fait partie du clan Darod/Majerteen auquel le clan Hawiyé de Mogadischio est particulièrement hostile. Enfin, il a la réputation d’être un anti-islamiste acharné : il avait écrasé l’AIAI dans le nord-est somalien en 1992, tuant des centaines de militants islamistes, ce que n’ont pas oublié les anciens combattants du mouvement qui ont rejoint les Tribunaux Islamiques. Par ailleurs, le GFT de Yusuf est largement porté à bout de bras par l’Ethiopie13.
 
L’islamisme politique a donc pris racine à partir de la guerre civile déclenchée en 1991, mais reste largement hétérogène et divisé jusqu’en 2005. Les points de vue divergent quant à la manière de parvenir au pouvoir ; par ailleurs, tous les personnages importants doivent tenir compte du problème clanique, dans la continuité de la guerre civile. Les radicaux n’ont pas beaucoup de soutien, jusque là, dans la population. Tout change avec l’installation du GFT qui reçoit une reconnaissance internationale en dépit d’un manque évident d’appui populaire, sauf dans la région du Puntland, d’où est originaire son président, Yusuf. La stratégie anti-terroriste des Etats-Unis, qui va largement passer par l’Ethiopie, contribue à la radicalisation du petit groupe de militants djihadistes, noyau du futur déchaînement de violence sur le territoire somalien.
 
L’ascension des Tribunaux Islamiques : le début de la montée des périls en Somalie (février-décembre 2006)
 
Les Etats-Unis décident, début 2006, de forger une coalition de seigneurs de guerre à Mogadischio afin de contrôler ce qu’ils estiments être la « menace islamiste », tout en éliminant les membres d’Al-Qaïda qui auraient trouvé refuge en Somalie. L’Alliance pour la Restauration de la Paix et Contre le Terrorisme est le nom ronflant donné à cette coalition ; les seigneurs de guerre de la capitale cherchent avant tout à reprendre le contrôle, lucratif, des ports et commerces dont les ont privés les tribunaux islamiques. Financée par la CIA à hauteur de 100-150 000 dollars par mois, l’armement de l’Alliance se fait via la compagnie privée de sécuritée américaine Select Armor14 basée en Virginie. Le casus belli va être, d’ailleurs, rapidement trouvé. Une rivalité de longue date oppose l’homme d’affaires Abukar Oman Adane, du sous-clan Abgal des Hawiyé, et son concurrent Bashir Rage pour le contrôle du port de El Ma’an à Mogadischio. Adane choisit de rejoindre les Tribunaux Islamiques alors que Rage s’associe à l’Alliance des seigneurs de guerre financée par la CIA. Les combats commencent en février et durent jusqu’en juin, provoquant plusieurs centaines de morts dans la population civile et des milliers de réfugiés ; finalement, les Tribunaux Islamiques écrasent leur adversaire. Les affrontements ont encore une fois permis aux miliciens des Shabaab de se distinguer, tout comme leur chef, Ayro. C’est la première fois depuis des années qu’un pouvoir politique contrôle entièrement Mogadischio. Les premiers rapports sur l’activité des Tribunaux Islamiques dans la capitale sont très positifs : les miliciens éliminent les check-points, nettoient les rues, l’aéroport et le port principal de la capitale sont réouverts. Ahmed et Aweys, les deux leaders, gagnent une publicité internationale, le premier étant présenté comme chef des modérés, le second passant plutôt pour représenter l’aile radicale. Mais les choses sont un peu plus complexes.
 
L’Union des Tribunaux Islamiques s’étend alors au centre et au sud de la Somalie ; le GFT est confiné dans la ville de Baydhabo, à 250 km au nord-ouest de Mogadischio. Les Ethiopiens se ruent alors au secours du GFT qu’ils tiennent à bout de bras ; des conseillers militaires sont d’abord expédiés sur place, puis, dès le mois d’août 2006, des troupes éthiopiennes investissent la zone tenue par le GFT en Somalie. De son côté, l’Union des Tribunaux Islamiques reçoit armes et équipement de l’Erythrée, encore une fois du côté des adversaires de son propre ennemi. Des négociations ouvertes entre les deux parties à Khartoum échouent, notamment en raison de la montée en puissance des radicaux au sein de l’Union des Tribunaux Islamiques. Ayro, en effet, le chef d’Al-Shabaab, participe avec les brigades de Ras Kamboni commandées par Hassan Turki, à la prise du port de Kismayo en septembre 2006. C’est la première fois, à ce moment-là, que les Tribunaux Islamiques s’imposent par la force militaire, en dehors de la zone du clan Hawiyé : jusqu’ici, le discours, la persuasion, la réputation de sécurité et de justice fournie par les Tribunaux Islamiques avaient suffi à rallier les populations du centre et du sud somalien. L’opération va servir la propagande des adversaires des Tribunaux Islamiques, qui vont présenter ceux-ci comme de dangereux djihadistes15. On observe aussi à ce moment-là un changement de tactique avec l’utilisation des premiers attentats-suicides, une méthode traditionnellement employée par Al-Qaïda : en septembre 2006, un attentat vise le président du TFG Yusuf à Baidoa16.
 
La situation se complique encore à l’été 2006 lorsque Ben Laden et Al-Zawahiri, les deux principaux dirigeants d’Al-Qaïda, proclament leur soutien aux Tribunaux Islamiques pour récupérer un affrontement local dans leur stratégie de globalisation du djihad. Ce discours d’Al-Qaïda n’est d’ailleurs suivi d’aucun effet sur le terrain. L’Ethiopie et le GFT accusent les Tribunaux Islamiques de cacher des terroristes d’Al-Qaïda ; une position à laquelle se rallient les Américains en décembre 2006, et qui n’est pas démentie par les Tribunaux Islamiques, dont certains dirigeants se livrent alors à des déclarations maladroites sur le djihad. Par exemple, le 12 décembre, le chef de la branche militaire des Tribunaux Islamiques, Sheikh Indha’adde, et son adjoint des Shabaab, Mukhtar Robow, donne une semaine aux Ethiopiens pour quitter la Somalie sous peine d’en être chassés par les armes. Par ailleurs, la fraction radicale au sein des Tribunaux Islamiques ne peut plus être éliminée ; au contraire, sa stratégie de sabotage de tout compromis par la violence fonctionne de plus en plus. En 2006 pourtant, l’Union des Tribunaux Islamiques reste un corps très hétérogène, regroupant des islamistes nationalistes, des djihadistes plus proches d’Al-Qaïda, des salafistes et des tenants de l’islam soufi traditionnel en Somalie : le seul but commun de tous semble être l’instauration d’un Etat islamique en chassant les seigneurs de guerre et leurs milices. Cet objectif rejoint les aspirations de la majorité de la population du sud somalien, lassé de la guerre civile lancinante et des exactions des seigneurs de guerre ainsi que des interférences extérieures17.
 
Sheikh Sharif Sheikh Ahmed préside le Conseil Suprême des Tribunaux Islamiques qui compte 20 membres, parmi lesquels certains djihadistes comme Ahmed Abdi Godane. Aweys dirigerait une tendance plus radicale. La compétition au sommet des Tribunaux Islamiques est donc féroce ; cependant, les commandants de terrain disposent d’une marge de manoeuvre, loin des deux leaders de la capitale. La chute de Kismayo et l’échec des négociations en septembre-octobre 2006 marquent incontestablement une victoire de l’aile radicale et du mouvement Al-Shabaab, le seul qui émerge avec une figure assez nette. Ses dirigeants sont des djihadistes ; certains ont été entraînés et ont combattu en Afghanistan ; Ayro, Mukhtar Robow et Godane ont des liens avérés avec Al-Qaïda. Aweys a été le mentor d’Ayro, mais son propre positionnement diffère quelque peu d’Al-Shabaab. C’est un nationaliste dont le but est de combattre l’Ethiopie et toutes les troupes étrangères sur le sol somalien, de réunir toutes les populations somaliennes dans un seul Etat islamique. Il ne faut pas oublier qu’Aweys a été colonel durant la guerre de l’Ogaden (1977-1978) ayant opposé la Somalie à l’Ethiopie sous le dictateur Siad Barre qui rêvait de réaliser la « Grande Somalie »18 ; Aweys se situe directement à la suite de cette idée. Il s’est d’ailleurs beaucoup acharné cette année-là sur les interventions de l’Ethiopie en Somalie, tout en remettant en question l’indépendance de facto du Somaliland, relançant donc le but de reconstituer une « Grande Somalie ». Cela a pour effet d’inquiéter l’Ethiopie, qui craint une action des Tribunaux Islamiques en direction de sa population musulmane et de certains mouvement rebelles commme le Front National de Libération de l’Ogaden. Il semble avoir perdu de l’influence sur Ayro et Al-Shabaab dans la seconde moitié de 2006. Ahmed, au contraire, a toujours représenté l’aile modérée et a toujours voulu privilégier la négociation, blâmant les Américains de croire que la Somalie était devenue un nid de djihadistes d’Al-Qaïda. Il sera d’ailleurs le seul leader des Tribunaux Islamiques, après sa reddition au Kenya le 21 janvier 2007, à reconnaître les erreurs de son administration.
 
A la mi-2006, Al-Shabaab s’est donc détaché des Tribunaux Islamiques, et par sa politique a créé des divisions au sein de cette dernière organisation tout en commençant à susciter des résistances dans la population somalienne, sensible aux augmentations des taxes, à l’interdiction de l’usage et de la vente du khat (une drogue locale) et aux humiliations quotidiennes infligées par les militants radicaux. Les modérés des Tribunaux Islamiques savent par ailleurs que la tactique d’assassinats ciblés utilisée avec succès à partir de 2005 dans la capitale peut se retourner contre eux. Dans les mois précédant l’intervention éthiopienne, il est donc clair que les Tribunaux Islamiques sont affiablis ; des tentatives d’assassinats contre Ahmed et Aweys auraient même été lancées par les militants d’Al-Shabaab19. Certains seigneurs de guerre et hommes d’affaire ayant rallié les Tribunaux Islamiques continuent également de suivre plus leurs intérêts que la cause.
 
Les Etats-Unis et l’Ethiopie se préparent à l’intervention. Le 6 décembre 2006, la résolution 1725 est votée par l’ONU autorisant le déploiement d’une force militaire afin de sauver le GFT somalien. L’Ethiopie va se charger de fournir la main d’oeuvre, les Etats-Unis se chargeant de l’appui logistique et de l’appui-feu, ce qui n’empêche pas Addis-Abeba de poursuivre ses propres objectifs : l’Ethiopie n’est pas qu’un simple sous-traitant de la guerre contre le terrorisme menée par Georges W. Bush. Car il faut bien reconnaître que les Etats-Unis et leur président ne connaissent alors pas grand chose des Tribunaux Islamiques, hormis la vision tronquée liant l’organisation à Al-Qaïda fournie par le GFT somalien et l’Ethiopie, justement. L’année 2006 est donc un véritable tournant pour la guerre en Somalie : d’un conflit de basse-intensité réduit au niveau local, l’affrontement prend une dimension régionale voire internationale. Le soutien de la CIA aux seigneurs de guerre avait entraîné la prise de pouvoir par les Tribunaux Islamiques ; l’intervention de l’armée éthiopienne soutenue par les Etats-Unis va entraîner une implication bien plus étroite des djihadistes mondiaux sur le champ de bataille somalien.
 
De la chute des Tribunaux Islamiques à l’installation du djihad somalien (2006-2010)
 
En décembre 2006, l’Ethiopie lance 14 000 de ses soldats appuyés par des blindés et l’aviation pour déloger les Tribunaux Islamiques du sud de la Somalie. Le 20 décembre, les combats commencent près de Baidoa. Très vite les troupes des Tribunaux Islamiques, surtout constituées alors de volontaires fanatisés, sont balayées ; tout l’appareil militaire expérimenté et politique de l’organisation se retire devant l’avance ennemie, implacable. Le GFT et les Ethiopiens entrent à Mogadischio le 28 décembre. En tout plus de 1 000 miliciens des Tribunaux Islamiques tombent durant les combats20. Les Tribunaux Islamiques choisissent de se replier dans les zones boisées du sud somalien, à la frontière kenyane, tout en laissant un bon nombre de ses militants en arrière, notamment à Mogadischio. Celui-ci est bientôt confronté à une insurrection rampante des islamistes et des milices Hawiyé dans le sud somalien, ainsi que dans la capitale, dont les quartiers ouest et nord-ouest demeurent aussi des bastions du clan Hawiyé. Les Etats-Unis, en appui de leur allié éthiopien, effectue en janvier 2007 deux frappes aériennes dans le sud du pays. Bientôt, une force de maintien de la paix de l’Union Africaine, l’AMISOM21, constituée de soldats burundais et ougandais, est déployée à Mogadischio. Son arrivée ne résoud pourtant rien : vus comme des étrangers à la solde du GFT, les soldats africains sont pris pour cible par l’insurrection. Le GFT fait appel à des milices entraînées venant du Puntland, région mère du président ; les Hawiyé craignent ainsi une revanche du clan Darod, majoritaire au Puntland, pour les exactions commises contre ce même clan à Mogadischio lors du déclenchement de la guerre civile en 1991. 20 000 soldats éthiopiens et quelques 5 000 miliciens du GFT font alors face à l’insurrection.
 
Au total, jusqu’à la fin 2008, la guerre fait plus de 10 000 morts et un million de réfugiés quittent la capitale somalienne, théâtre de violents affrontements. L’insurrection s’est structurée dès septembre 2007 en créant l’Alliance pour la Re-Libération de la Somalie (ARS), regroupant les anciens membres des Tribunaux Islamiques et d’autres opposants au GFT ; elle est hébergée dans la capitale de l’Erythrée, Asmara. Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, arrivé sur place, en prend la tête. Cette période de violents combats et d’insécurité permanente va bientôt faire passer la courte période de domination des Tribunaux Islamiques pour un véritable « âge d’or » aux yeux d’une partie de la population22. Pendant ce temps, les opérations continuent contre les radicaux en Somalie ; en mars 2008, les Etats-Unis placent Al-Shabaab sur la liste des organisations terroristes. Un mois plus tard, Ayro, leader historique d’Al-Shabaab, est tué dans une frappe aérienne américaine sur la ville de Dusamareb, au centre de la Somalie. Godane prend la suite d’Ayro et radicalise le mouvement en se revendiquant officiellement de Ben Laden et d’Al-Qaïda dans un communiqué publié en juin 2008.
 
Tandis qu’Ahmed négocie avec le nouveau Premier Ministre du GFT, Aweys fait toujours figure de ligne dure en appuyant discrètement l’action d’Al-Shabaab, qui commence cependant à prendre ses distances avec des intrigues jugées quelque peu politiciennes. Un accord est conclu entre le GFT et l’ARS le 9 juin 2008 à Djibouti ; un Parlement Fédéral de Transition est prévu pour novembre avec un nombre de siège doublé (550), de façon à aboutir à un mouvement d’unité nationale et à intégrer les islamistes modérés. L’accord divise l’ARS entre les partisans de celui-ci et les tenants de la ligne dure, autour d’Aweys. Cette négociation réussie porte préjudice aux radicaux somaliens, mais aussi au président du GFT, Yusuf, qui bientôt ne pourra plus compter sur les soldats éthiopiens dont le retrait, à terme, est prévu par ledit accord. Il démissionne en décembre 2008 alors que les troupes d’Addis-Abeba achèvent leur retrait le mois suivant. Celles-ci abandonnent ainsi le sud somalien aux miliciens d’Al-Shabaab, revigorés par la reprise en main de Godane et l’alliance officielle avec Al-Qaïda. Le 31 janvier 2009, le nouveau Parlement elit Ahmed comme président de la Somalie.
 
Celui-ci doit faire face à l’insurrection d’Al-Shabaab et d’un autre groupe radical apparu entretemps, le Hizbul-Islam. Les ressources du gouvernement sont faibles lorsqu’il s’installe en février 2009 dans la capitale ; le centre et le sud de la Somalie sont aux mains d’Al-Shabaab et des seigneurs de guerre. Ce mois-là, les Shabaab s’emparent de la ville de Baidoa, ancien siège du GFT en 2006, puis de celle de Jowhar, dans la province du Hiraan, provoquant d’ailleurs une intervention de l’armée éthiopienne. Un double-attentat suicide le 22 février 2009 dans une base de l’AMISOM à Mogadischio tue 11 soldats burundais et en blesse 28 autres. Aweys retourne en avril 2009 à Mogadischio pour organiser la résistance contre Ahmed ; il prend la tête du Hizbul-Islam, qui regroupe de manière lâche les anciennes brigades de Ras Kamboni dirigées par Turki et trois autres petits groupes radicaux. En mai, de violents combats éclatent à Mogadischio entre miliciens du GFT soutenus par les soldats africains et les insurgés islamistes. Les Etats-Unis affichent alors clairement leur soutien au président somalien en livrant 40 tonnes d’armes et de munitions au GFT. Il faut dire que l’arrivée d’Ahmed à la présidence et le retrait des troupes éthiopiennes ont ôté un bon morceau de légitimité à l’insurrection des Shabaab. Celui-ci cherche encore à diminuer l’influence du mouvement en avançant l’application de la charia sur tout le territoire somalien en mars 200923. Soutenu par les gouvernement occidentaux, Ahmed vise à la création d’une armée régulière de 6 000 hommes et d’une force de maintien de l’ordre de 10 000 hommes.
 
Les attaques des insurgés à Mogadischio en mai 2009 regroupent une coalition des Shabaab, du Hizbul-Islam et des sbires de Aweys. Al-Shabaab demeure l’organisation la plus structurée. Son chef Godane, qui a succédé à Ayro tombé sous le feu américain, est assisté par un conseil de dix membres (Shura). Le mouvement est divisé en cellules indépendantes par zones géographiques, avec chacune des commandants politique et militaire. Muktar Robow, par exemple, opère dans les régions Bay et Bokol ; Hassan al-Turki se trouve dans le Juba. Les Shabaab se divisent entre une branche militaire et une branche chargée du maintien de l’ordre au regard de la loi islamique (« armée de la moralité »). Dans les régions qu’ils contrôlent, les Shabaab nomment des commandants provenant de clans non représentés sur place, de façon à casser les logiques traditionnelles préexistantes. Ils assurent la sécurité et les fonctions quotidiennes du pouvoir de la même façon que l’avaient fait les Tribunaux Islamiques au pouvoir en 2006. Les victoires qu’ont constitué les captures de Kismayo et Merka en 2008 avaient été amoindries par la résistance de la population à l’instauration pure et dure de la loi islamique. Les Shabaab changent leur fusil d’épaule après la prise de Baidoa début 2009 : ils se concertent avec les anciens, chefs de clans, pour gagner le soutien de la population et consolider leur emprise. Al-Shabaab adopterait donc une stratégie plus réaliste pour se maintenir dans la durée24. Le mouvement bénéficie toujours de l’appui de l’Erythrée qui lui verse une somme de 500 000 dollars par mois, sans parler des armes et des munitions.
 
Conclusion
 
Fin 2009, le paysage reste relativement le même. Cependant la Somalie s’inscrit désormais plus dans le schéma binaire longtemps véhiculé par les média en quête de raccourcis : la politique anti-terroriste menée par les Etats-Unis derrière l’Ethiopie a conduit à cette radicalisation du conflit. Les miliciens d’Al-Shabaab se sont endurcis dans les combats contre le GFT et les troupes éthiopiennes ; l’organisation aligne plusieurs milliers de miliciens entraînés et elle est passée maître dans les tactiques djihadistes classiques, attentats-suicides, engins explosifs improvisés, enlèvements et exécutions d’otages. Et à la différence de la période 2006-2007, elle occupe et administre un certain nombre de territoires en Somalie. Les frappes de représailles des soldats éthiopiens à Mogadischio pendant les combats de rues, qui ont visé sans véritable repérage des quartiers entiers de la ville, ainsi que les attaques aériennes américaines qui ont tué un certain nombre de civils, ont fourni une certaine légitimité à l’insurrection islamiste et même une popularité auprès des jeunes somaliens désoeuvrés et de la diaspora à l’étranger. Cependant, elle doit affronter l’opposition de milices relevant de clans s’accrochant à l’islam traditionnel soufi : les Shabaab ont ainsi subi des revers début 2009 dans la région de Galgadud face à un nouveau groupe, Al-Sunna w’al-Jama’a, qui s’oppose à l’interprétation de l’islam véhiculée par les combattants étrangers des Shabaab. Si la comparaison qui avait été faite en 2006 entre les Tribunaux Islamiques et le régime des talibans en Afghanistan était largement déplacée, aujourd’hui, les miliciens d’Al-Shabaab ressemblent fort aux étudiants talibans qui combattaient pour s’emparer du pouvoir en 1996 dans l’Afghanistan post-soviétique. En ce sens, la propagande anti-islamiste de 2006 s’est accomplie d’elle-même. La Somalie est devenue une bataille d’une guerre mondiale entre les Etats-Unis et leurs alliés et Al-Qaïda et les militants islamistes radicaux de l’autre. Le jeu des Etats-Unis, sûrs de leur doctrine de guerre contre le terrorisme en dépit d’une méconnaissance flagrante des réalités locales, et celui des djihadistes somaliens, poussant leur action pour bloquer tout compromis, ont abouti à une escalade. De la sorte, la politique anti-terroriste américaine a tout simplement alimenté et renforcé son pire ennemi sur la scène somalienne, qui n’avait pas l’ascendant jusqu’en 200625.
 
Les attentats du 11 juillet 2010 commis à Kampala, la capitale de l’Ouganda, à la fin de la coupe du monde de football en Afrique du Sud, sont le résultat direct de ces interférences extérieures dans le conflit somalien. Les 74 victimes de ces attentats sont les premières du mouvement Al-Shabaab en dehors du territoire somalien, dans un pays accusé d’alimenter l’AMISOM et de soutenir le GFT. On peut malheureusement parier que ces morts ne seront pas les derniers causés par des attentats des djihadistes somaliens, une nouvelle génération de combattants nés dans le feu des combats depuis 2006.
 
Bibliographie :
 
Cedric BARNES, Harun HASSAN, « The Rise and Fall of Mogadischu’s Islamic Courts », Chatham House Briefing Paper, avril 2007.
 
Ashley ELLIOTT, Georg-Sebastian HOLZER, « The invention of ’terrorism’ in Somalia : paradigms and policy in US foreign relations », South African Journal of International Affairs vol.16, n°2, août 2009, p.215-244.
 
Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online 17 décembre 2009.
 
Angel RABASA, « Al-Qaeda Terrorism and Islamist Extremism in East Africa », ARI Real Instituto Elcano n°96, 6 mai 2009.
 
Paula Cristina ROQUE, « Somalia : Understanding Al-Shabaab », Institute for Security Studies, Situation Report, 3 juin 2009.
 
 
1Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
2Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
3De salaf, en arabe « les prédécesseurs ». Courant prônant un retour à l’islam des origines, rejetant toute influence occidentale et remontant à l’école de pensée hanbalite (IXème siècle). Les Frères Musulmans l’ont connecté à la sphère politique au XXème siècle. Al-Qaïda en constitue le volet djihadiste.
4 Doctrine fondée par Muhammad ibn Abd al-Wahhâb au XVIIIème siècle, s’inspirant de l’école de pensée hanbalite et du néo-hanbalisme de Ibn Taymiyya, jurisconsulte et théologien de Damas (XIVème siècle). Le wahhabisme prône un retour aux sources de l’islam et l’instauration d’un Etat sunnite étendu à tout le monde arabe, tout en luttant contre les superstitions populaires et toutes les influences étrangères ; il insiste sur la possibilité des conquêtes par le djihad comme aux premiers temps de l’islam. Il est associé à la famille des Saud dans ce qui est aujourd’hui l’Arabie Saoudite, un Etat purement wahhabite.
5Angel RABASA, « Al-Qaeda Terrorism and Islamist Extremism in East Africa », ARI Real Instituto Elcano n°96, 6 mai 2009.
6Celui-là même visé par les Américains lors de leur désastreuse opération des 3-4 octobre 1993 dans Mogadischio, ayant donné naissance au livre puis au film La Chute du Faucon Noir.
7L’un des principaux clans somaliens, dominant en particulier dans la capitale Mogadischio. Toute la société somalienne s’organise sur un modèle clanique, avec un grand nombre de subdivisions.
8Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
9Cedric BARNES, Harun HASSAN, « The Rise and Fall of Mogadischu’s Islamic Courts », Chatham House Briefing Paper, avril 2007.
10Littéralement « la jeunesse » .
11Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
12La Somalie de Siad Barre avait fomenté des mouvements de guérilla puis lancé une offensive conventionnelle en juillet 1977 pour s’emparer de la région, profitant de la désorganisation consécutive à la révolution de 1974 en Ethiopie. Mais le régime de Mengistu fut soutenu dans le conflit par l’URSS qui lâcha alors son protégé somalien : le conflit se termine par une victoire éthiopienne au début 1978. Voir mon article dans Champs de bataille n°32.
13Ashley ELLIOTT, Georg-Sebastian HOLZER, « The invention of ’terrorism’ in Somalia : paradigms and policy in US foreign relations », South African Journal of International Affairs vol.16, n°2, août 2009, p.215-244.
15Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
16Cedric BARNES, Harun HASSAN, « The Rise and Fall of Mogadischu’s Islamic Courts », Chatham House Briefing Paper, avril 2007.
17Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
18Réunion de toutes les populations somaliennes dans un seul Etat somalien. Plus d’un million de somaliens vivent en effet en dehors des frontières du pays, en Ethiopie (province de l’Ogaden), dans le nord du Kenya et à Djibouti.
19Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
20Ashley ELLIOTT, Georg-Sebastian HOLZER, « The invention of ’terrorism’ in Somalia : paradigms and policy in US foreign relations », South African Journal of International Affairs vol.16, n°2, août 2009, p.215-244.
21African Union Mission to Somalia ; elle comprend désormais 2 700 soldats de l’Ouganda et 2 550 du Burundi.
22Ashley ELLIOTT, Georg-Sebastian HOLZER, « The invention of ’terrorism’ in Somalia : paradigms and policy in US foreign relations », South African Journal of International Affairs vol.16, n°2, août 2009, p.215-244.
23Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.
24Paula Cristina ROQUE, « Somalia : Understanding Al-Shabaab », Institute for Security Studies, Situation Report, 3 juin 2009.
25Markus Virgil HOEHNE, « Counter-terrorism in Somalia : How external interference helped to produce militant Islamism », African Arguments Online, 17 décembre 2009.

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33 réactions à cet article    


  • staybehind 5 août 2010 12:42

    oh la la ,çà faisait longtemps,qu’on avait pas entendu la litanie sur les méchants islamistes terroriste et tout le toutim....
    c’est le tube de l’été....
    article(torchon),inutile
    bas toi pour nos retraite,çà serait plus utile...


    • LE CHAT LE CHAT 5 août 2010 12:43

      kifkif Afghanistan , ils peuvent bien s’entretuer entre eux , tant qu’ils font pas chier les autres , on s’en fout ! On peut leur réxpédier Kouchner , ils auraient du le garder !
      quant aux pirates , faut juste les expédier par le fond , mon neveu est d’ailleurs sur un navire de la Royale en train de les traquer ...


      • LE CHAT LE CHAT 5 août 2010 15:02

        @franck 2012

        non , il est parti après cette triste affaire du gars qui embarque sa famille là où il ne faut pas malgré les avertissements !

        j’ai un autre neveu qui a fait l’opération Licorne et la chasse aux talibans , t’as raison , des globe trotters !  smiley


      • Georges Yang 5 août 2010 13:13

        jE vous souhaite bin du plaisir avec les bas de plafond

        Cela dit, s’y retrouver dans les clans et sous clans n’es pas evident pour un profane
        Jai passe 5 ans au Somaliland, donc j’arrive a suivre 
        jE SUIS A kAMPALA le 11 juillet soir de la finale 
        76 morts dans deux attentats attribues et revendiques par les Shebabs
        Personne n’en a dit un mot ou presque
        Les Ougandais n’ont pas la trouille, il n’y a ps eu de epresailles contre les Somaliens vivant a Kampala et l’enquete progresse avec des ramifications internationales
        Suspect Somaliens, Pakidstanais, Kenyans, Ougandais et Yemenites


        • Massaliote 5 août 2010 13:43

          Article très intéressant et particulièrement détaillé. N’en déplaise aux contradicteurs l’auteur connait bien son sujet.


          • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 14:03

            lol l’auteur s’est donné du mal, le pauvre, j’ai l’imprssion qu’il est sincère et qu’il y croit vraiment.



            à l’auteur, si clinto dit que se sont eux qui ont cré la dynamique djihadiste, comment etre sure qu’ils ne sont plus impliqué aujourd’hui encore




            dis moi, es tu au courant de ce qui s’est passé lors du premier attentat du wtc


            C’EST DONC L’ENREGISTREMENT audio de conversation entre le terroriste et le fbi, c’est édifiant, j’aimerai bcp avoir ton avis.


            sinon, pourquoi des soldat anglais déguisé en arabe au volant d’une voiture bouée dd’explosif





            l’affaire des moine de tiberine, http://www.youtube.com/watch?v=ITjAr_VHyaY



            à l’auteur, pourquoi vous ne dite jamais un mot sur les liens troubles entre les services de enseignement et les groupe djiahiste ?


            mes commentaires sont censé, j’attends une réponse de votre part, ce que je vous dis est sourcé et réel, si vous etes un gars serieux, vous devez prendre en compte ces informations


            • DESPERADO 6 août 2010 12:17

              Clinton est une grosse raclure sionisé, qui a donné sa fille à un riche banquier islamiste. :)))

              Pipo par ci pipo par là.
              Ni vu ni connu je t’embrouille.


            • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 14:09

              l’enregistrement de emad salem est vraiment incroyable, non ?


              • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 14:13

                l’auteur, vous pensez quoi ce cela


                Le porte parole des Shabab : « les mercenaires américains sont en train de préparer des attentats à Mogadiscio, comme ils le font en Afghanistan, au Pakistan et en Irak, pour ensuite nous les attribuer et prétendre que nous sommes lié à Al-Qaeda ».Par fonzibrain

                Cela faisait plus de six mois que les mercenaires de la société militaire privée « Xe », le nouveau nom de Blackwater, entrainaient dans le sud de la Somalie les miliciens d’Ahlu Sunna Waljamaca, un groupe armé et financé par Washington, afin de les opposer aux Tribunaux islamiques qui ne cessent de regagner du terrain dans tout le pays. Le 12 janvier dernier ils sont passés à l’action à Wabho et Warhole, situés au nord de la capitale Mogadiscio.

                Les combats auraient fait 18 morts dans les rangs des miliciens et plusieurs dizaines de prisonniers qui, face aux Shabab, la fraction armée des Tribunaux islamiques, ont du battre en retraite. Le porte-parole des Shabab, Ali Mohamed Rage, a indiqué aux journalistes que, dans cette opération, les mercenaires de Xe avaient directement participé aux combats, qui ont duré trois jours. Il a également précisé que « les mercenaires américains sont en train de préparer des attentats à Mogadiscio, comme ils le font en Afghanistan, au Pakistan et en Irak, pour ensuite nous les attribuer et prétendre que nous sommes lié à Al-Qaeda ». « Nous savons que des agents de Xe sont entrés dans la capitale et qu’ils préparent des actions de ce type dans des mosquées et au marché de Bakara » a encore ajouté A.M. Rage, en menaçant les américains de représailles s’ils mettent leurs projets à exécution.

                Les États-Unis pourraient en effet être tenté de prendre leur revanche en Somalie, où leur précédente intervention, en 1992, s’était soldée par fiasco mémorable. A l’époque, Bill Clinton avait envoyé les marines dans le pays afin de « rétablir l’ordre ». L’intervention « humanitaire » s’était terminée, lors d’une opération pour le moins hasardeuse, par la mort de 19 soldats et le retrait des troupes US.

                Mais, au-delà des raisons invoquées par Washington, c’est surtout le pétrole qui motivait l’intervention des États-Unis, comme l’indique le site SomaliaWatch.com : « Sous la surface du drame tragique de la Somalie, quatre grandes compagnies pétrolières américaines sont tranquillement assises sur une fortune prospective et des concessions exclusives pour explorer et exploiter des dizaines de millions d’hectares de la campagne somalienne. Ces terres, de l’avis de géologues et d’analyste pétroliers, pourrait fournir d’importantes quantités de pétrole et de gaz naturel ».

                Selon des documents révélés par The Times, c’est plus des deux tiers du territoire de la Somalie qui a été allouée aux géants du pétrole américain Conoco, Amoco, Chevron et Phillips par l’ancien président somalien Mohamed Siad Barre avant sa destitution lors des émeutes de 1991. A la lumière de ces informations, on comprend mieux l’intérêt de l’administration américaine à vouloir récupérer l’investissement des compagnies pétrolières US, de même que la récente déclaration de Barack Obama, après l’attentat manqué du 25 décembre dernier : «  : « Nous allons continuer à utiliser tous les éléments en notre pouvoir pour intercepter, détruire et vaincre les extrémistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen ou de Somalie. » Quelle aubaine pour le prix Nobel de la « paix » : les extrémistes violents n’agissent que dans des pays où les terres regorgent d’hydrocarbures.

                Spencer Delane, pour mecanopolis
                avec onlinejournal.com
                et presstv

                Whaou, trop bon, pris en flag de psyops les américains.On commence à connaitre les modus operandus et les raisons de déstabilsation des pays à majorité musulmane et gavé de pétrole.C’est toujours la même histoire, attentats mis sur le dos d’islamiste et retournement de la population.L’Algérie des années 90 est a étudier pour comprendre les techniques de false flag imputé aux islamistes.
                Je me demande si la Somalie n’est pas comme Haïti un pays ou le chaos et le non developpement sont instrumentalisés afin de préserver les ressources.Lisez ça, c\’est pas mal, ça parle de pillage halieutique et de déchets nucléaires

                Bref, pauvres somaliens, à la merci de mercenaires tarés.



                pourquoi disent ils cela d’après vous ?



                http://fonzibrain.wordpress.com/2010/01/28/le-porte-parole-des-shabab-« -les-mercenaires-americains-sont-en-train-de-preparer-des-attentats-a-mogadiscio-comme-ils-le-font-en-afghanistan-au-pakistan-et-en-irak-pour-ensuite-nous-les-att/


                • anty 5 août 2010 14:23

                  Les inquiétudes de nombreux occidentaux sont justifiés face aux menaces islamistes
                  Bien que moi aussi je préfère que ces gens s’entretuent entre eux il faut bien se rende compte
                  que si ces gens gagnent dans un certain nombre pays d’Afrique on aura des gros soucis à se faire pour notre sécurité ainsi que pour notre commerce extérieur
                  Car la France est très impliqué économiquement dans beaucoup de pays d’afrique voir du moyens orient.


                  • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 14:40

                    anty, tu croient qu’il existent des liens entre les ervices secret et la dynamique djiadiste ou ce sont deuc monde totamlemnt hermétique ?



                    tu penses quuoi de l’enregistrement de emad salem ?



                    • silversamourai silversamourai 5 août 2010 14:45

                      Bonjour Stéphane,

                      je trouve votre papier digne d’ un historien .....

                      Je pense que le grand absent dans ces conflits, c’est l’existence d’une Europe fière et responsable.
                      Elle a su pourtant prouver,lors de sa construction, l’importance de la diplomatie dans l’apaisement des conflits.
                      Il est vraiment dommage de laisser seuls les USA et sa force armée face à des situations que son histoire n’a pas connues .....


                      • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 15:23

                        silver


                        tu parle de cette europe la



                        on nous crée un europe de merde

                        si tu veix lis quelques livre de pierre hillard et asselineau, tout ce qu’ils disent est sourcé et très propre


                      • silversamourai silversamourai 6 août 2010 10:21

                        Bonjour fonzy,

                        je parle de l’europe qui s’est construite en combinant romanité, chrétienté et germanité durant le haut-moyen age ,période pendant laquelle le volet diplomatique n’ a pas été négligeable face à la violence aveugle qui régnait sur ce territoire ....


                      • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 août 2010 11:14

                        Merci, digne d’un historien c’est peut-être beaucoup.
                        Mon but est juste de proposer quelques articles de vulgarisation.

                        A bientôt.


                      • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 14:54

                        à ceux qui moissent.


                        vous moinssez quoi, les parole de clinton, les enregistrement de emad salem, les liens de la DRS avec le GIA, je ne comprends pas très bien.


                        moi je n’invente rien les amis, je donne des liens, et d’après ce que je sache, les paroles de clinton sont vraies, l’enregistrement de emad est authentique et l’affaire des moines de tibérine est réelle.


                        alors je ne comprends pas pourquoi vous moinssez, vous niez cette réalité c’est cela ?

                        à l’auteur normalement, dans un travail univeristaire, on essaye d’être impartial et de prendre en compte TOUTES les informations, même celles qui vous contredisent.

                        sinon, cela s’appelle de la propagande et non un travail intellectuel.



                        donc, donnez moi votre avis sur ces PREUVES de liens entre les services secret et la mouvance djihadistes


                        • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 15:03

                          à l’auteur


                          si c’est la bbc ui le dit, vous le croirez ou vous continuerez à nier





                          • Aafrit Aafrit 5 août 2010 15:11

                            Oui toutes les informations, mais il ne faut pas non plus négliger une part de réalité criante : il y a des islamistes terroristes. Des individus qui croient défendre une idéologie surprême. Cette idéologie personne ne peut vraiment en démeler les éléments nébuleux et inextricables qui la nourissent. Qui finance qui ? Qui donne du pain béni à qui ? Qui excite qui ? On perd de vue l’origine et on est plutôt dans un cercle vicieux.
                            Par contre confondre résistance juste et justifiée contre un colonisateur et terrorisme gratuit, ça c’est une autre question.


                            • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 15:19

                              ok


                              mais il faut savoir

                              pourquoi il y a ces terrosites

                              qui les finance

                              sont il autonome

                              à quoi / à qui servent ils


                              quand on connait l’histoire des gladio et qu’on entendu clinton nous dire que ce sont eux qui ont créé et diffusé la dynamique djihadiste


                              je ne nie absolument qu’il y a des taré qui tuent des gens, mais je veux savoir qui les manipulent et pourquoi

                              c’est je pense, une attitude intelligente, les choses sonyt compliqué, les relation internationales sont extrémement compliqué.



                              pourquoi ben laden a revendiquait l’attenat de karachi alors qu’il semblerait que ce soit l’IS qui soit derrière.

                              c’est un parfait exemple. certe il y a les idiots utiles qui se font peter, mais tentons de savoir pourquoi et qui les pousse à se faire péter.


                              les services secrets se servent de ces gens, je ne comprends pas qu’un article qui parle de ces terroristes ne le dise pas

                              • Aafrit Aafrit 5 août 2010 15:36
                                « les services secrets se servent de ces gens, je ne comprends pas qu’un article qui parle de ces terroristes ne le dise pas »

                                On est d’acc,
                                D’où mes mots : «  oui toutes les informations »

                                • manusan 5 août 2010 16:02

                                  très bon papier.

                                  info régionale : en avril, le cable telecom Eassy entre l’Afrique du sud au Soudan n’a pas pu relier la Somalie vu la situation.

                                  http://www.eassy.org/network_overview.html

                                  stations concernées :

                                  Mtunzini, South Africa
                                  Maputo, Mozambique
                                  Toliary, Madagascar
                                  Grande Comore, Comores
                                  Dar Es Salaam, Tanzania
                                  Mombasa, Kenya
                                  Mogadishu, Somalia (en suspend)
                                  Djibouti
                                  Port Sudan, Sudan


                                  • franc 5 août 2010 17:32

                                    Article informatif même si l’on peut ne pas être tout à fait d’accord avec la conclusion de l’auteur ;-------------------------------------------------------après ça,l’auteur est quand même sérieux et les données ainsi que les références sont fiables , on ne peut plus à moins de mauvaise foi nier ou dénier l’existence du terrorisme islamique en général et d’al qaida en particulier ------------------------------------------------------------la Somalie est une horreur qui doit faire réfléchir et à défaut de prendre au moins conscience

                                    la vérité qui en émane c’est que là où l’idolâtrie coraniste s’installe ,c’est la guerre et la tyrannie et le terrorisme qui se déploient 

                                     Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets pour épargner la somalisation de la France il est impératif d’arrêter toute immigration arabo-africano-musulmane qui emmène avec elle cet esprit d’idolâtrie du coran et cette mentalité tribale de clans et de sous-clans avec les chefs de guerres qui se font la guerre permanente ,cette structure mentale africano-arabo-musulmane décrite par le philosophe Al jabri par le triptyque Tribu ,Butin ,Dogme ------------------------------------------------------ne pas le faire serait criminel .


                                    • birdy 5 août 2010 18:55
                                      Mais le terrorisme islamique n’existe pas ! Ce n’est qu’un complot des yankee et des juifs qui veut faire croire que l’islam est violent.

                                      D’ailleurs dès l’année 626, c’est le mossad qui a organise l’égorgement des 700 juifs Beni Qoraïzha.

                                      En 712, vous croyez que c’est Mohammed Kasim, qui a envahi l’inde, mais en fait c’était un certain Moishe Goldenblum membre sanguinaire du Mossad.

                                      Et Mahmoud de Ghazni qui au 11ème siècle aux cours de dix-sept vagues successives d’invasion, ruina complètement l’Inde, savez vous que c’était Joe Dalton un agent de la CIA ?

                                      Plus proche de nous le 11/9 n’est qu’un complot de la CIA soutenue par les extra-terrestres de Roswell.

                                      Vous voulez en savoir plus : je vous conseille à ce propos de lire l’ouvrage du professeur Morass Tourcouine, « le complot contre l’islam » au éditions HesbollahVox, préfacé par Allen Pire l’ufologue. 

                                      • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 19:12

                                        et le catholicisme banane


                                        nous c’est pas l’inde qu’on aravagé c’est l’amérique du nord, du su et l’afrique

                                        tu confond tout mongolien

                                        allez chercher les conquete de l’an 600 pour stigmatiser les musulmans

                                        tu es vraiment un sacré .... birdy

                                        tu es juif, c’est ça

                                        • fonzibrain fonzibrain 5 août 2010 19:15

                                          ULTRA LOL

                                          l’auteur se sert du RIAA POUR NOUS DÉMONTRER LES MEFAIT DES EXTRÉMISTES MUSLMANS

                                          lol, renseigne toi sur les fabien et leur complot

                                          lis pierre hillard et asselineau, tu dira moins de bétise

                                          et excellent ta pharse

                                          J’aimerai cependant que mes articles publiés sur AgoraVox concernant la Somalie suscitent moins de réactions passionnées,


                                          lol, répond un peu à mes questions et mes interrogations, parle des liens entre les services secret et les djiahdiste

                                          • courageux_anonyme 5 août 2010 21:59

                                            c’est normal qu’avec un vote positif sur 24, le pourcentage n’augmente que de 2% ?


                                            • romaeterna romaeterna 5 août 2010 22:26

                                              Je traduis le message de fond’brun pour qu’il vous soit compréhensible :
                                              répondez (svp) à mes questions et mes interrogations.
                                              En clair dites que les mahométans (surtout les islamistes) sont des gens gentils qui veulent la paix dans le monde (bon d’accord en en tuant une bonne moitié d’abord) et que tous les crimes depuis la nuit des temps ont été fomenté par les USA et Israël.

                                              -le reste, ils s’en foutent-
                                              (et pour vos prochains articles finissez toujours par cette phrase et vous serez tranquille !)

                                              SVP : écrivez ça et vous aurez fait quelques heureux !
                                              Merci


                                              • Heil Cartman Heil Cartman 6 août 2010 10:09

                                                mais c’est bien l’intervention des Etats-Unis en 2006 suivie par celle d’Al-Qaïda qui ont jeté les bases de la guerre qui ravage encore, en 2010, la Somalie.

                                                En 2006 pourtant, l’Union des Tribunaux Islamiques reste un corps très hétérogène, regroupant des islamistes nationalistes, des djihadistes plus proches d’Al-Qaïda

                                                Godane prend la suite d’Ayro et radicalise le mouvement en se revendiquant officiellement de Ben Laden et d’Al-Qaïda dans un communiqué publié en juin 2008.


                                                La Somalie est devenue une bataille d’une guerre mondiale entre les Etats-Unis et leurs alliés et Al-Qaïda et les militants islamistes radicaux de l’autre.

                                                Al-Qaïda n’existe plus depuis 2002-2003

                                                http://www.dailymotion.com/video/xddiyl_al-qaida-n-existe-plus-selon-un-ex_news

                                                Lors d’une table ronde qui s’est tenue au Sénat le 29 janvier 2010 sur le thème « Où en est Al-Quaïda », Alain Chouet – ancien directeur du Service de renseignement de sécurité à la DGSE- démystifie le concept «  Al-Quaïda » et dresse un tableau sans concession des réponses inadaptées et autres instrumentalisations faites par les pays occidentaux, sans pour autant dédouaner les dangers de l’extrémisme islamiste.
                                                Alain Chouet est diplomate et agent de renseignement français. Il fut secrétaire d’ambassade à Beyrouth (1974-76), puis à Damas (1976-79). De 2000 à 2002 il a été Directeur du Service de renseignement de sécurité à la Direction générale de la Sécurité extérieure, le « Service de renseignement de sécurité » est la branche « anti-terroriste » de la DGSE.


                                                • fonzibrain fonzibrain 6 août 2010 12:07

                                                  à l’auteur


                                                  cela fait deux fois que vous n’ntervenez pas dans votre article, ce n’est paas sympa.

                                                  vous avez l’air de vous donnez du mal pour expliquer la dynamique djihadiste, malheureusement votre travail est à charge, vous ne voulez pas prendre en compte de multiples PREUVES impliquant les services de renseignement dans la nébuleuse djihadiste.

                                                  vous n’tes donc pas très crédible, c’est dommage pour vous.

                                                  j’aimerai bcp que vous fassiez un article sur les liens troubles entre djihad et les états, je vous conseille de lire « comment le djihad est arrivé en europe » de jurgen elsasseur, je pense que vous y apprendrez des choses interessantes.

                                                  bref, bonne continuation quand même


                                                  • Georges Yang 6 août 2010 15:22

                                                    Vous connaissez le sujet, cela dit, un reproche, non sur les implications politiques derriere les Shebbabs, mais sur le peu de references sur le Somaliland qui malgre quelques attentats sanglants a ete relativement epargne par cette derive
                                                    Il existe un fief salafiste, quelqus muslims brother et un mouvement tabliq au Somaliland, en particulier a Burao, mais le gouvernement en place arive tant bien que mal a subsister
                                                    La RECONNAISSANCE de l’independance du Somaliland est peut etre une solution pour contrer les islamistes radicaux


                                                    • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 août 2010 11:11

                                                      Oui, ce manque que vous soulignez est intéressant, d’autant plus depuis les attentats de Kampala car on voit bien que les Shebab ne peuvent pour l’instant pas frapper bien loin.

                                                      Le cas du Somaliland est à suivre, honnêtement jusqu’à présent je ne m’y suis pas beaucoup intéressé.

                                                      A bientôt.


                                                    • fonzibrain fonzibrain 8 août 2010 11:30

                                                      toujours pas une réponse de l’auteur


                                                      j’en suis triste, j’espère que si vos élèves vous pose ce genre de question vous leur répondrez

                                                      en tout cas, ça n’est pasp très serieux, c’est dodmmage, j’aurai bcp aimé avoir un échange avec vous.

                                                      moi foi, lisez quand même « comment le djiad est arrivé en europe » de elsasseur, vous y apprendrez des choses importantes.


                                                      honnetement, parler de la dynamique djiadiste sans parler des liens avec les services secrets est une imposture et d’une malhonneté intellectuelle hallucinante


                                                      • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 août 2010 11:08

                                                        Pardon pour le retard, un peu pris ce mois d’août et honnêtement j’avais un peu peur des réactions sur cet article sur la Somalie, car à chaque fois que j’abordais le sujet ici, c’était un peu chaud. Je me demande d’ailleurs si je vais continuer à publier sur Agoravox, mais c’est un autre problème.

                                                        L’article n’est sûrement pas complet, mais je pense que le propos était surtout de montrer comment un discours sur le terrorisme mondial qui s’entretient quelque peu de lui-même peut contribuer à aggraver une situation dans un cas local comme la Somalie.

                                                        Pour le reste, c’est sûrement perfectible, ma bibliographie n’est pas exhaustive.

                                                        Cordialement.

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