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Accueil du site > Actualités > International > Quand le Brésil et l’Argentine ouvrent la voie à la démondialisation

Quand le Brésil et l’Argentine ouvrent la voie à la démondialisation

Les opposants à toute remise en cause ont vite fait d’évoquer le spectre de l’Albanie ou de la Corée du Nord pour refroidir toute velléité de remettre en cause la mondialisation. Mais dans la réalité, de nombreux pays prennent des libertés avec les dogmes libre-échangistes, pour leur plus grand bien.

Quand le Brésil devient protectionniste

Voici un pays confronté à une monnaie largement surévaluée. En effet, selon l’indice Big Mac de The Economist, le real serait la monnaie la plus chère du monde, surévaluée de 52% par rapport au dollar si on compare le prix du sandwich de Mac Donald’s. Et étant donné le niveau de développement du pays, l’hebdomadaire britannique estime qu’elle est même surévaluée de 149% ! Cela signifie que les produits brésiliens sont mécaniquement trois fois plus chers que les produits chinois.

Comme le souligne The Economist, le Brésil a vu sa monnaie s’apprécier depuis deux ans et demi, après un plus bas à 2,4 real par dollar : elle a atteint 1,57 real par dollar. En cause, la forte croissance du pays, qui attire les capitaux mais aussi des taux d’intérêts à 12.5% pour lutter contre une inflation qui a atteint 6.7% en juin. Mais cette cherté de la monnaie nationale fait souffrir l’industrie du pays, dont la production a reculé de 1.6% sur le mois de juin, avec une baisse de l’emploi industriel.

Le Brésil a donc décidé de taxer toute entrée de capital dans le pays ainsi que tous les contrats qui parient sur une hausse du real. Le pays veut privilégier les produits locaux dans les appels d’offre (qui pourront être jusqu’à 25% plus chers que les importations) et se lance dans une expérimentation proche de la TVA sociale (remplacement des cotisations patronales par une taxe sur le chiffre d’affaire) sur quatre marchés : vêtements, chaussures, meubles et logiciels.

Le précédent argentin

Je profite de l’occasion pour revenir sur un très bon article de Yann du blog Le bon dosage, où il détaillait la politique suivie par l’Argentine. Le cas de ce pays est un peu atypique depuis 2002 puisque le défaut de Buenos Aires l’a coupé des marchés financiers internationaux, imposant au pays un équilibre de son commerce extérieur pour rester indépendant et éviter d’avoir à vendre des actifs ou utiliser ses réserves pour équilibrer ses comptes avec l’étranger.

Le gouvernement argentin veut en effet mettre fin à la dépendance excessive à l’égard de l’extérieur dans certains domaines, notamment le jouet, le textile et l’électroménager. Dans le premier secteur, la production locale est passée de 5% de la consommation en 2003 à 30% aujourd’hui. Et le gouvernement souhaite encore diminuer les importations de 45%. Outre une taxation des importations, le gouvernement a décidé d’interdire les poupées Barbie produites en Chine.

Outre les aspects positifs pour l’environnement, la relocalisation des activités productives est une nécessité absolue qui sert un triple objectif : l’emploi, l’indépendance et la lutte contre les monopoles. En effet, les délocalisations massives d’activités productives ont bien un impact très négatif sur l’emploi, comme nous le voyons en France. Mais en plus, la concentration massive de la production en Chine est extrêmement malsaine du fait de la dépendance qu’elle créé.

D’ailleurs, les pays asiatiques l’ont bien compris, eux qui ont également adopté des politiques protectionnistes pour développer leur industrie. L’Europe sera-t-elle le dernier continent à comprendre l’intérêt de protéger son industrie ?


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6 réactions à cet article    


  • Catherine Segurane Catherine Segurane 12 août 2011 13:27

    Excellent article ! On ferait bien de prendre modèle sur le Brésil et l’Argentine au lieu de se laisser intimider par les fachos du «  libre échange pour les autres ».

    Car, à part l’Europe, il n’y a guère de pays qui s’appliquent le libre échange à eux-mêmes. Mais beaucoup s’entendent à exiger DES AUTRES une ouberture totale des frontières aix produits et aux hommes.


    • lsga lsga 13 août 2011 11:48

      Et oui, le Brésil et l’Argentine s’inscrivent dans le cadre d’une révolution Socialiste (rien à voir avec le PS, et surtout rien à voir avec le FN).



    • lenainbleu lenainbleu 12 août 2011 13:28

      Difficile de croire que le Brésil, qui profite à fond de la mondialisation, veuille le remettre en cause. 


      • sparte sparte 12 août 2011 16:47

        Exact,
        rappelons aussi que pour se sortir d’une crise aux conséquences horrible, dès 1930, soit bien avant la 2ème guerre mondiale l’économiste Allemand Schacht fit sortir l’Allemagne du système mondialiste et n’honora pas les dettes ! Il mit en place un système de quasi troc pour échanger ses biens, qu’il produisait, avec les matières premières dont il avait besoin à l’étranger. 
         


        • Mugiwara 12 août 2011 23:33

          la démondialisation n’est pas une si mauvaise idée. j’aime bien l’idée de ré-industrialiser la France afin que le chômage diminue et la paix sociale ne serait pas un vain mot. les Français des quartiers populaires ont bien besoin de s’occuper comme avant, où ça riait un peu plus. 


          • Rensk Rensk 13 août 2011 10:09

            J’ai été voir les prix sur la liste du journal...

            1 Mac-Do USA = 4.07 $


            Norvège = 8.31 $

            Suisse = 8.06 $

            Suède = 7.64 $


            Zone Euro = 4.93 $


            Inde = 1.86 $

            Hong-Kong = 1.94 $

            Chine = 2.27 $

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