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Accueil du site > Actualités > International > Quand les Américains découvrent les vertus de l’appellation (...)

Quand les Américains découvrent les vertus de l’appellation d’origine...

... les Européens feraient bien de s’engouffrer dans la brèche !

Car contrairement à une idée reçue, les producteurs viticoles américains savent aussi ce que peut représenter un terroir pour le vin, en termes de savoir-faire, de situation géographique, de culture...

C’est en tout cas ce que tend à démontrer la décision prise l’an dernier par les tribunaux américains qui ont interdit à Bronco Wine CO, quatrième groupe américain de vin, d’utiliser le nom "Napa" pour des vins non élaborés à partir de vigne de la Napa Valley. Il faut rappeler que la Napa Valley est la région californienne où s’est le plus développée la production de vin depuis un siècle.
Bronco Wine Co est dirigée par un personnage haut en couleur, Fred Franzia (voir photo), neveu d’Ernest Gallo. Monsieur Franzia a pour objectif de mettre une bouteille à la table de chaque foyer américain. Il s’est ainsi illustré avec son vin à deux dollars (marque Charles Shaw), chose extraordinaire aux Etats-Unis, où il est difficile de trouver une bouteille à moins de dix dollars ! Bronco Wine, en plus d’être un peu le Wal Mart du vin, s’est donc fait une spécialité dans le pillage de l’appellation "Napa", profitant des brèches juridiques d’un système américain peu familiarisé avec les appellations d’origine. Le fait qu’il ait perdu en justice s’inscrit dans un mouvement de prise de conscience de certains producteurs américains.
En effet, la National Napa Vintners, association qui était opposée à Bronco dans le contentieux, a été une des initiatrices d’une déclaration signée en juillet 2005 par sept régions viticoles mondiales.

Nous avons parlé ici de l’accord entre l’Union europénne et les Etats-Unis sur le vin, signé en 2005. Il est intéressant de voir qu’il existe certes deux modèles, mais qu’ils ne forment pas un bloc monolithique. La cause des appellations d’origine gagne du terrain aux Etats-Unis, en s’appuyant sur le respect dû au consommateur. En face, les supporters de Franzia, qui n’ont pas renoncé à leur combat, plaident pour le libre marché et contestent l’apparition d’oligopoles basés sur l’appartenance géographique. On retrouve également les refrains sur l’élitisme du vin, dans un discours poussé à l’extrême puisque Fred Franzia est allé jusqu’à déclarer qu’aucun vin ne méritait d’être à plus de 10 dollars la bouteille !

On le voit, il existe des ennemis clairement identifiés mais aussi des alliés potentiels très influents aux Etats-Unis. Le Comite interprofessionnel du vin de Champagne l’a bien compris puisqu’il figure parmi les signataires de la déclaration ci-dessus, et qu’il a été d’un soutien sans faille aux producteurs de la Napa Valley, pour obtenir la reconnaissance juridique de l’appellation. Et on apprend sur son site que le Center for Wine Origins (un de ses visuels de pub à droite), à l’origine de la déclaration et basé à Washington, est financé par l’Union européenne.

Cela montre tout de même une chose : les divergences de modèle entre vin de terroir et vin de cépage par exemple ne sont pas uniquement le fait des oscillations de l’offre et de la demande. Elles résultent de stratégies déterminées, de la part d’acteurs précis pour qui la guerre du vin est une réalité. On dit beaucoup que les Européens devraient s’adapter au modèle du nouveau monde. Pourquoi l’effort ne serait il pas réciproque ?

Pour signer la pétition sur la promotion des appellations d’origine (intiative que viennent d’ailleurs de rejoindre les producteurs de Chianti), c’est ici !

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Quand les Américains découvrent les vertus de l'appellation d'origine...

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5 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 10 avril 2007 10:37

    Mendoza en Argentine est la province du vin par excellence et c’est vraiment de la super qualité

    Pendant 3 mois entre octobre et decembre ,j’ai est bien profiter (blanc,rouge,rosé) hum !!!!!!!!!

     smiley


    • O.Z.Acosta (---.---.145.137) 10 avril 2007 10:55

      l’alcool est une drogue, même une drogue dur quand nos politiques arreteront-ils nos narcotrafiquants !!!!!

      Z


      • Matthias (---.---.3.146) 11 avril 2007 06:10

        Bonjour a tous, Il est interessant de voir que enfin les Americains se plient aux exigences que les Francais et autres producteurs subissent depuis des decennies. enfin le commerce mondial se regule par des regles equivalentes a valeurs equivalentes. Par contre, je voudrais reagir quand aux commentaires par OZ Acosta...Le vin est un certe un alcool mais aussi un produit du terroir.La France est forte de son toursime par ces produits que nous proposons aux visiteurs. Mc Do est aussi une drogue et j’en passe...Donc arretons ces discours demagogiques qui tuent nos industries de representation de notre savoir-faire. Pour finir, les producteurs n’ont jamais eu de campagne agressive pour faire « Boire ». De plus aucun additifs sont ajouter a ces produits naturels...Donc Acosta, arretez ce type de discours qui tueront toutes nos filieres agricoles...Contrairement aux idees recues, nous sommes ouvert a tout debat pour faire progresser nos industries... Je vous souhaite a tous un bon Bacchus day


        • Le bien-pensant (---.---.101.112) 11 avril 2007 14:06

          Boire, c’est mal !


          • Reinette (---.---.153.133) 12 avril 2007 14:27

            Depuis les années 1930, les États-Unis adoptent une politique systématique consistant à interdire dans les marchés publics les produits qui ne sont pas fabriqués aux États-Unis. Il existe aussi des subventions. (wikipedia)

            Depuis la fin des années 1980, les États-Unis ont élargi cette politique à des actions plus offensives de soutien cohérent des entreprises américaines à l’exportation. Cette politique est appelée « advocacy policy ». Elle s’appuie sur une organisation dédiée, l’« advocacy center ».

            Dans la vision des stratèges américains, le monde se répartit en trois zones : les États-Unis conçoivent, l’Asie produit, et l’Europe consomme.

            Aujourd’hui les États-Unis cherchent à imposer des normes internationales dans le domaine des technologies de l’information.

            Présenté comme une panacée pour le développement, le libre-échange constitue la référence commune à toutes les organisations multilatérales (Fonds monétaire international, Organisation mondiale du commerce, Banque mondiale) et aux institutions européennes.

            L’histoire économique démontre pourtant qu’il s’agit là d’un mythe sans fondement, les pays libre-échangistes, en premier lieu les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ayant bâti leur puissance sur un protectionnisme qu’ils diabolisent après-coup.

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