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Accueil du site > Actualités > International > Quel avenir pour la Crimée ?

Quel avenir pour la Crimée ?

Après un vote à l’unanimité en faveur du rattachement à la Fédération de Russie, le Parlement de la Crimée a officiellement formulé sa demande dans ce sens le 17 mars dernier. Ce contexte a soulevé différentes réactions dans le microcosme politique mondial où on se pose la question : quel avenir pour la Crimée  ?

Une demande d’annexion à la Russie

Un référendum a été organisé le 16 mars, demandant à la population de voter pour le rattachement de leur pays à la Russie ou pour une autonomie accrue. 96,6% des votants l’ayant approuvé. La réunion du Parlement qui a eu lieu le lendemain en vue d’une ratification des résultats n’a été qu’une simple formalité. D’où cette déclaration officielle de candidature à l’intégration dans la Fédération russe, même si les pays occidentaux et le gouvernement ukrainien s’insurgent contre l’illégitimité de ce scrutin.

Le référendum a été boycotté par une marge des Tatars et par une partie de la communauté ukrainienne. Celle-ci est en faveur du retour de la Crimée à un statut d’autonomie élargie tout en restant rattaché à l’Ukraine.

La 84e province de la Russie ?

Selon les analystes politiques, la Crimée est en passe de devenir la 84e province de la Russie, ce futur rattachement ayant été soigneusement conçu depuis Moscou. Pour preuve, un texte de loi autorisant la Fédération à annexer un territoire étranger figure au programme de la prochaine session de la Douma, le 21 mars. Cette possibilité serait donc offerte à la Russie dans le cas où l’État dont dépend ladite contrée s’avérerait « défaillant ».

Selon les observateurs, le maître du Kremlin ambitionne de créer un nouvel empire au cours de son troisième mandat. Il rêve de mettre en place à l’horizon 2015 une vaste union qui sera composée par les anciens États soviétiques. L’annexion de la Crimée est une étape incontournable pour y parvenir. Ce projet peut tomber à l’eau sans le rattachement de l’Ukraine, le programme précédemment conçu par Vladimir Poutine ayant été anéanti par la révolution du Maïdan et par la fuite de l’ancien président ukrainien.

Rejet du scrutin par les États-Unis et les pays européens

Les États-Unis ont rejeté le scrutin, estimant que celui-ci a été organisé « sous des menaces de violences ». Selon la Maison-Blanche, ce référendum va à l’encontre de la Constitution ukrainienne. Les nations européennes s’insurgent aussi contre l’illégalité de ce suffrage. Pour eux, le Parlement de la Crimée n’est pas en droit d’organiser un référendum ni de proposer des lois. Les 28 pays membres de l’Union européenne envisagent ainsi d’appliquer des sanctions ciblées. Au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, la chancelière allemande a demandé l’élargissement de la présence en Ukraine de l’OSCE (Organisation de sécurité et de coopération européenne) en augmentant rapidement le nombre d’observateurs.

Renforcement du dispositif militaire russe en Crimée

Sur le terrain, la Russie ne cesse de renforcer son dispositif militaire. Le ministre de la défense ukrainien estime que les soldats russes présents sur ce territoire sont au nombre de 22.000, alors que ce chiffre a été fixé au maximum à 12.500 dans les accords bilatéraux signés entre les deux pays. La situation risque d’exploser puisque Kiev envisage de constituer une garde nationale formée de 20.000 hommes armés en supplément des dispositifs de sécurité qui sont déjà en place.

Aux dernières nouvelles, le président russe a paraphé, conjointement avec le chef du gouvernement de la Crimée, le traité qui scelle l’intégration de la péninsule à la Russie. Le texte sera ensuite soumis au Parlement pour ratification.


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47 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 21 mars 2014 10:08

    aprés la guerre froide, esperons que l’on ne se dirige pas vers la guerre chaude ...

    voir : http://2ccr.unblog.fr/search/ukraine


    • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2014 10:14

      Bonjour, vous dites «  la révolution du Maïdan  », je dirais plutot un coup d’état contre un président élu légitimement ! 

      Les Criméens ont choisi librement par les urnes d’etre sujet de la Russie, leur crainte étant de voir les néo-nazis de Kiev venir les tabasser après avoir officiellement supprimer la langue Russe.
      Poutine est du bon coté de l’histoire quoi qu’en disent les médias aux ordres !

      • aks aks 21 mars 2014 10:34

        « je dirais plutôt un coup d’état » on s’en fout plutôt de ce vous diriez. vu que votre « diriez » ne se base sur rien

        et selon vous la crainte des criméens est basée sur quoi ? (à part la violente propagande russe)

        j’ai donné une réponse en dessous sur le choix libre par les urnes


      • Aldous Aldous 21 mars 2014 11:00

        Sur le déchainement de violence vécu à Kiev. Cette révolution n’a rien de pacifique.


      • aks aks 21 mars 2014 12:27

        je demandais sur le « coup d’état » et non sur le « pacifisme »


      • Abou Antoun Abou Antoun 21 mars 2014 17:31

        Le ’maître de l’Élysée’ essaie de reconstituer un empire africain, par la force pas par le vote. Qui s’en émeut ?


      • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2014 18:17

        Ask, 

        Je suis désolé mais il s’agit bel et bien d’un coup d’état, des individus bien organisés et pour certains armés ont obligé un président légitimement élu (Ianoukovitch) à fuir. 
        De plus des agents étrangers ont aidés ces manifestant en allant directement les soutenir à Maidan, Nuland, BHL, Mc Cain et d’autres.

        C’est un coup d’état fomenté et financé (les américains se vantent d’avoir investi 5 milliards de dollars pour cela) par des puissances étrangères.

        Alors oui, ce gouvernement actuel à Kiev est illégitime, le pouvoir à été pris par la violence, le peuple n’a pas voté contrairement à la Crimée ou un référendum à eu lieu,n’en vous en déplaise, c’est la triste vérité.

      • Ouallonsnous ? 24 mars 2014 02:43

        RefReferendum en Crimée : Le pays du goulag levant (ex-USA) fait son effarouchée et oublie son lourd passé

        Pratiques de spoliation coordonnées, régulées, de nos jours, mais tout aussi implacablement, par l’Union Européenne pour ce qui relève de l’ancien domaine colonial des Etats membres. Sous emballage se voulant, à présent, indiscutablement scientifique et valorisant : « Accords de libre échange ».

        Qui ne sont, en fait, que la modernisation du pillage par des Etats « forts » à l’encontre d’Etats « faibles ». Forcés d’abandonner leur souveraineté économique et financière.

        Comme au temps des « politiques de la canonnière », démantelant leurs droits de douane, tuant leurs industries, bradant leurs ressources naturelles et agricoles. En conséquence, renonçant à leur développement.

        S’emparer des marchés et biens publics, après privatisations ou coups d’Etat suivant le niveau de bonne volonté des pouvoirs locaux. Telles sont les nouvelles approches coloniales…

        Avec une rage, surprenante chez les uns et les autres. Tout particulièrement, celle de notre suzerain : les Etats-Unis…

        Plus « simplement » souvenons nous que l’Ukraine et la Crimée étaient dans l’Empire russe depuis Catherine II, la Grande, fin du XVII siècle.
        Plus pertinemment historiquement, l’Ukraine fut sous la désignation de Royaume de Kiev, le berceau du futur Empire Russe ! C’était à la fin de l’Empire Romain d’Occident, cinquième, sixième siècle/

        Ces « pauvres » technocrates incultes de l’UE et des USA sont comme à leurs habitudes et pratiques dans le déni de la réalité historique pour des motifs uniquement colonialistes !

        Il est encore temps que la communauté des nations du monde les isolent par un « cordon sanitaire », jusqu’à ce que les peuples anglo-yankees aient retrouvés la maîtrise de leur destinée en se débarrassant de l’oligarchie néo-libérale, néo-colonialiste qui les oppriment depuis la proclamation de la doctrine chrétienne de la découverte au 16 éme siècle, la conséquence en étant l’impérialisme capitaliste menaçant les populations de notre planète, sous le vocable de « mondialisation » !


      • aks aks 21 mars 2014 10:28

        quelques précisions :

        1) Le referendum n’est pas conforme à la constitution ukrainienne (et j’imagine des majorités de pays du mondes) parce qu’une région n’a pas droit de prendre des décisions sur les questions de souveraineté territoriale. Ce genre de question se décide nationalement et pas régionalement. cela ne me parait pas débile comme approche.

        2) les sondages réalisés au mois de mars 2014 montraient que seulement 5% d’ukrainiens étaient d’accord pour laisser la Crimée à la Russie http://tyzhden.ua/News/104869

        les sondages réalisées en début 2014 montraient que seulement 41% de Criméens étaient pour le rattachement de la Crimée à la Russie !

        Comme ils ont réussit à en compter 95% - mystère...


        • Inquiet 21 mars 2014 10:48

          1°) Comment ils ont réussit à compter 41% - mystère


          2°) Kosovo

          Cordialement
          Bonne Journée

        • aks aks 21 mars 2014 12:32

          Donnez moi au moins un exemple de persécution ethnique faite en Crimée (ou ailleurs en Ukraine) ces 23 dernières années et ensuite faites le parallèle avec Kosovo 


        • Jelena XCII 21 mars 2014 13:08

          @Obersturmfuhrer aks Et si vous nous parliez des persécutions ethniques qui ont lieu tout à fait à l’ouest de l’Ukraine ? Vous savez cette région ou le parti nazi fait un score de 40%.


        • aks aks 21 mars 2014 14:03

          allez y. je suis toute ouïe


        • amiaplacidus amiaplacidus 21 mars 2014 14:07

          Aks, auriez-vous oublié le Kosovo ?

          La sécession du Kosovo de la Serbie était-elle conforme à la Constitution serbe ?
          Alors, les gens qui étaient d’accord avec cette sécession n’ont qu’à fermer leur « claque-merde » (comme aurait dit Francis Blanche) ou a accepter et approuver, c’est mon cas, ce qui se passe maintenant en Crimée.

          Parce que quoi qu’aient été les modalités pratiques du référendum, il y a un large consensus pour dire que la majorité des « Criméen » sont en faveur du rattachement à la Russie. Et le droit des peuples à disposer d’eux-même ne doit souffrir d’aucune exception.

          Il est vrai qu’il y a une différence : l’Otan a largement bombardé la Serbie alors que la Russie n’a bombardé personne.


        • aks aks 21 mars 2014 15:00

          donc si demain la corse veut devenir italienne, bretagne anglaise, alsace allemand... et que ces pays viendront avec leurs chars récupérer « leur terres » vous continuerez de parler de droit de chaque peuple à disposer d’eux-même ?

          et avant que vous me sortiez le 1954 et que la crimée est elle russe, je vous renvoie à l’histoire de la crimée d’avant 1954, aux tatars, à la chasse des tatars par staline etc etc.


        • Aldous Aldous 21 mars 2014 15:20

          1941 :

          Le gouvernement Albanais étaient l’allié de Mussolini et attaque la Grèce.
          Les Croates Oustachis formes un gouvernement collabo allié à Hitler et exterminent des milliers de familles chrétiennes orthodoxes.

          1942 : 
          L’extre droite ukrainiene forme un gouvernement collabo allié à Hitler.

          1991 :
          Les « gentils » croates ménent une sécession armée contre la Yougoslavie et les « gentils » allemands les soutiennent.

          1999 : 
          Les « gentils » albanais ménent une sécession armée contre la Serbie et l’OTAN bombardé les serbes pour les aider à créer un état mafieux où l’on détruit les églises et tue les chrétiens.

           2014 :
          Les « gentils » nazis ukrainiens renversent le président élu après des mois d’émeutes meurtriéres, avec l’appuis de l’UE.

          Y’a pas besoin d’etre grand clerc pour comprendre qu’on joue la revanche du IIIe reich, l’hypocrisie en plus.


        • Aldous Aldous 21 mars 2014 15:25

          Sans parler des attentats perpétrés en décembre à de la gare de Stalingrad (Volgograd) à l’endroit précis et hautement symbolique où le IIIe Reich a plié le genou face aux Russes en février 1943.


          Ca sent la revanche à pleins nez.

        • amiaplacidus amiaplacidus 21 mars 2014 18:03

          aks, vous écrivez : « ...donc si demain la corse veut devenir italienne, bretagne anglaise, alsace allemand...  ».

          Eh bien, effectivement, si la majorité des Corses décidait, démocratiquement, de quitter la France pour devenir indépendant ou rejoindre un autre pays, je ne vois pas au nom de quoi je devrais les en empêcher. Bien sûr, je préfèrerais qu’ils choisissent la France, mais c’est serait à eux de décider de leur destin, et pas à n’importe quel technocrate, ou politique parisien. Ensuite, ce serait aussi à eux de subir les conséquences ou d’apprécier les retombées de leur choix.

          Tout comme je vois pas pourquoi c’est des technocrates parisiens, qui n’ont aucune connaissance de la montagne et décident de n’importe quel chemin alpestre en Haute-Savoie. À titre d’exemple, voir la règlementation aberrante du sens d’ouverture des portes externes des cabanes de montagne.

          À propos des Corses, une petite histoire. Ange sort de grand matin de son village, il voit, en plein maquis, une bonne trentaine de gaillards en costume de ville, munis de passablement d’appareils qui qui s’agitent en griffonnant, notant et dessinant sur des blocs.
          Intriqué, il demande ce qu’il font. On lui répond : « nous venons de Paris pour déterminer le tracé de la prochaine route ».
          À ce quoi Ange répond : « on avait l’habitude de faire autrement. On prenait un âne, on lui donnait une bonne claque sur les fesses et on faisait la route là où l’âne passait. C’était à coup sûr le tracé le plus économique et le moins fatigant ».

          Une simple anecdote pour illustré la totale imbécilité de la centralisation à la française. Centralisation que le monde entier ne nous envie pas.


        • joelim joelim 21 mars 2014 18:25

          @aks


          L’Ukraine n’a plus de gouvernement légitime. La loi n’existe donc plus là-bas. 

          C’est pourquoi on ne peut pas comparer avec la Corse, ou la Catalogne.

        • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2014 18:26

          Asks, 

          Comment ils ont pu voter à 95% pour la Russie ? Parce qu’ils sont pas cons et qu’ils ont vu ce qui c’est passé à Kiev.
          Des néo-nazis ont pris le pouvoir, dés leur arrivée au pouvoir ils suppriment le russe comme langue officielle. Certains leaders de Svoboda appelle à « pendre la vermine judéo-moscovite ».
          Si vous étiez dans leur cas je crois aussi que vous auriez vite compris vers qui se tourner pour ne pas finir pendu à un poteau.
          Je vous laisse regarder les images des gentils révolutionnaires de maidan sur ce blog, vous allez comprendre.


        • alinea Alinea 21 mars 2014 19:24

          Maïdan, et les nazis au pouvoir ! ce n’est pas difficile à comprendre !
          Nous ne devons pas lire les mêmes infos parce que moi j’ai lu que c’est l’armée de Crimée qui a appelé la Russie à la rescousse ; que c’est le Parlement de Crimée qui a demandé le référendum ! Et que ce sont les Criméens qui ont voté !
          Pfff ; cela semble inconcevable à certains que l’on boude notre belle et bonne Europe !!!


        • aks aks 21 mars 2014 22:23

          @amiaplacidus je ne parle pas de technocrates, mais de l’ensemble bu peuple. quand on crée un nation, on met des règles et on fait des décisions qui concernent l’ensemble du peuple au niveau de la nation, pas de la région.

          @Mimose vous montrez les images qu « on a oublié de vous montrez » en France peut être, mais en Russie surement pas. Les images pompées directement de la chaine de la propagande officielle de la Russie. Trop de télé russe nuit gravement au sens critique et à la santé mentale.

          Je sais pas ce que je devais voir, mais j’ai vu aucun signe distinctif de l’appartenance aux idées nazi de qui que ce soit. J’ai vu les rebelles armés de fusils de pistolets et de boucliers en bois et la police des kalachnikovs. Et donc ? Pouvez vous me fournir les preuves que ce sont des policiers qui sont mort par balle en premier et que c’était pour cela qu’ils étaient autorisé d’utiliser les kalachnikovs ?

          « leaders de Svoboda appelle à « pendre la vermine judéo-moscovite ». » Abattre la vermine tchéchène dans les chiottes, c’est beaucoup plus élégant c’est sur !

          @Alinea, vous avez lu aussi que le premier ministre autoproclamé criméen, celui qui avait demandé à la rescousse, avait fait 4% aux dernières élections de crimée ? Vous avez lu où l’information sur l’armée criménne demandant la rescousse ? Vous avez lu où que ce sont des criméens qui ont voté ? bizarre ils n’ont pas eu l’accès à la liste électorale (centralisée à kiev), comment ils ont fait ? 

           

           

           


        • Laulau Laulau 22 mars 2014 09:34

          @ amiaplacidus

          La suite de l’histoire, c’est qu’un ingénieur parisien croyant être malin demande « et si vous n’avez pas d’âne ? » et le berger de répondre « ah si l’on a pas d’âne alors on demande à Paris de nous envoyer un ingénieur »


        • claude-michel claude-michel 21 mars 2014 10:37
          Quel avenir pour la Crimée ?...Seul la Russie peut nous le dire.. !

          • Aldous Aldous 21 mars 2014 10:57

            « Selon les observateurs, le maître du Kremlin ambitionne de créer un nouvel empire au cours de son troisième mandat. Il rêve de mettre en place à l’horizon 2015 une vaste union qui sera composée par les anciens États soviétiques. L’annexion de la Crimée est une étape incontournable pour y parvenir. Ce projet peut tomber à l’eau sans le rattachement de l’Ukraine, le programme précédemment conçu par Vladimir Poutine ayant été anéanti par la révolution du Maïdan et par la fuite de l’ancien président ukrainien. »



            Que du vent.

            Quels observateurs ?
            Pourquoi « maître du Kremlin » et pas juste « président russe » ?
            Comment connaissez vous le contenu des ses rêves ?
            En 2015 ce qui est prévu c’est le traité transatlantique.
            Ce n’est pas Poutine qui a déclenché les évènements de Crimée mais les occidentaux et Maïdan a pour but de faire tomber l’Ukraine dans le giron de l’OTAN. Non de contrecarer une URSS qui n’existe plus que comme un épouvantails destiné aux pigeons.

            Roouuuu Rouuuu.... smiley

            • Pingouin094 Pingouin094 21 mars 2014 16:19

              Dénoncer la vision hérité de la guerre froide des chancelleries occidentales et l’impérialisme va-t-en guerre des USA ne dispense pas d’un regard lucide sur les ambitions géopolitiques de la Russie.

              Donc oui, l’UE et les USA ont eu un rôle majeur de déstabilisation de l’Ukraine et sont à l’origine des troubles actuels.

              Néanmoins, oui aussi, Vladimir Poutine a pour objectif politique de restaurer l’influence internationale de la Russie à la hauteur de ce qu’elle fut lors de la période soviétique. C’est un objectif affiché, revendiqué, notamment lors de ses campagnes électorales et à de multiples reprises.

              Donc oui, l’annexion de la Crimée par la Russie est aussi une étape nécessaire dans son projet « Eurasie » de Russie, puissance régionale majeure, pont entre l’Asie et l’Europe ; projet détaillé, officiel et tout à fait connu de quiconque suit un peu la politique russe.

              Pour en terminer, dénoncer l’impérialisme mondial des USA ne doit pas faire oublier qu’il existe d’autres impérialismes régionaux, notament l’impérialisme russe qui s’exprime en de multiples occaions : Crimée, mais aussi Géorgie, Tchetchenie ...

              Et de ne pas oublier que Poutine rêve effectivement de ne plus être un simple impérialiste régional, mais un impérialiste national à l’égal d’Obama !


            • marc 21 mars 2014 17:40

              Intéressante contribution de J.Sapir ’dans le Figaro)

              acques Sapir dirige le groupe de recherche Irses à la FMSH, et coorganise avec l’Institut de prévision de l’économie nationale (IPEN-ASR) le séminaire franco-russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie. Vous pouvez lire ses chroniques sur son blogRussEurope

              Les résultats du référendum ont confirmé la volonté d’une majorité de la population de la Crimée de rejoindre la Russie. Ils ont aussi confirmé l’incapacité des dirigeants, qu’ils soient français ou de l’UE et des États-Unis, de saisir la nature de ce vote. On rappelle donc dans le texte qui suit quelques points d’importance.

              1. - La Crimée fut attribuée administrativement de la Russie à l’Ukraine dans le cadre de l’URSS en 1954. Cela ne fit l’objet d’aucun vote des populations concernées. Lors de la dissolution de l’URSS en 1991, il fut admis que la Crimée resterait dans l’Ukraine, moyennant la reconnaissance de son statut de république autonome et le respect de la Constitution.

              2. - Il y a eu, à la suite de 21 février 2014, une interruption de l’ordre constitutionnel en Ukraine. Cela est reconnu par les pays occidentaux, qui qualifient le gouvernement de « révolutionnaire ». Cela découle surtout du fait que nulle autorité qualifiée (la Cour constitutionnelle étant dissoute par le nouveau pouvoir) n’a constaté la vacance du pouvoir. Le nouveau gouvernement est d’ailleurs loin de représenter tous les Ukrainiens, comme on aurait pu s’y attendre logiquement. C’est donc une autorité de fait.

              3. - À la suite de cela, les autorités de la République autonome de Crimée ont considéré que cela créait une nouvelle situation, dans laquelle les droits de la Crimée n’étaient plus garantis, et ont décidé la tenue du référendum du 16 mars. Leur décision est donc une réaction à la rupture de l’ordre constitutionnel à Kiev. Elle n’est ni légale ni illégale dans la mesure où cet ordre constitutionnel n’existe plus. Qualifier le référendum d’illégal du point de vue de la loi ukrainienne est donc une profonde sottise et montre de la part des dirigeants qui utilisent cet argument une incompréhension totale des principes du droit.

              On notera dans le cas de la France que les dirigeants qui aujourd’hui contestent le référendum en Ukraine sont ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le résultat du référendum de 2005 et l’ont remplacé par un traité (le traité de Lisbonne) qui ne fut pas présenté au peuple.

              4. - Du point de vue du droit international, deux principes s’opposent, l’intangibilité des frontières et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si les pays qui aujourd’hui s’opposent au référendum avaient fait pression pour que le gouvernement de Kiev remette son pouvoir à un gouvernement de concorde nationale, réunissant toutes les parties en présence, ils auraient eu quelques droits à faire valoir le principe de l’intangibilité. Mais, ayant choisi de reconnaître unilatéralement un gouvernement ne représentant qu’une partie de la population, ils ne peuvent plus user de cet argument sans contrevenir directement au second argument, celui qui a trait au droit des peuples. L’argument d’une illégalité du point de vue du droit international tombe alors de lui-même, en raison de la carence des pays soulevant cet argument à faire valoir la nécessité d’un gouvernement de concorde national en Ukraine qui seul, avec une Assemblée constituante, aurait été en mesure d’offrir une issue légale à cette crise.

              5. - Dans ces conditions, la seule position possible était de demander la présence d’observateurs officiels pour ce référendum. Cela ne semble pas avoir été fait. Les observateurs (députés du Parlement européen) présents le sont donc en leur nom personnel. Ils disent ne rien avoir vu de scandaleux. Cela laisse cependant planer un doute sur les conditions de tenue du scrutin, mais ce doute provenant de l’attitude même des pays occidentaux, il doit profiter aux autorités de la République autonome de Crimée. Ce vote, dans les faits, semble s’être tenu dans les conditions habituelles pour l’Ukraine.

              6. - On notera dans le cas de la France que les dirigeants qui aujourd’hui contestent le référendum en Ukraine sont ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le résultat du référendum de 2005 et l’ont remplacé par un traité (le traité de Lisbonne) qui ne fut pas présenté au peuple. Ces mêmes dirigeants ont accepté le référendum séparant Mayotte des Comores et rattachant cette île à la France. Ces deux faits soulignent que la légitimité de la position de ces dirigeants sur la question du référendum de Crimée pourrait être facilement mise en doute.

              7. - Il convient maintenant de regarder l’avenir. Il ne fait guère de doute que la Russie reconnaîtra le référendum, même si - en théorie - elle peut toujours refuser l’adhésion de la Crimée. Le problème qui va être posé dans les semaines qui viennent est celui des provinces de l’est de l’Ukraine où des incidents mortels se multiplient. Toute tentative d’imposer une solution par la force risque de conduire à la guerre civile. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes à cette crise, et cela vaut pour les pays européens comme pour la Russie, exercent une pression conjointe sur les autorités de Kiev pour qu’elles constituent un gouvernement de concorde nationale réunissant tous les partis, pour qu’elles désarment les groupes extrémistes et qu’elles mettent sur pied les élections à une Assemblée constituante. La signature de tout accord international par ce gouvernement ne saurait engager que lui-même. L’Union européenne irait contre le droit si elle signait avec lui un quelconque trait


            • Aiane Aiane 21 mars 2014 11:19

              Voici ce que sont les nouveaux alliés de l’Europe sur le front de l’Est. Précisons que le type avec la queue de cheval est ministre de la liberté d’expression à Kiev... mdr
              https://www.youtube.com/watch?v=FvcoFvdlwJE


              • bakerstreet bakerstreet 21 mars 2014 13:48

                L’ukraine va être prise en charge par l’UE, presque un membre à part, pour des raisons géo stratégiques.

                Il se pourrait bien ensuite que cet hôte ne réactive le cauchemar Grec. 
                Enfin, moi, ce que j’en dis.

                • Pingouin094 Pingouin094 21 mars 2014 16:20

                  Bien sûr que les USA sont aujourd’hui le principal impérialisme, qu’il faut dénoncer et combattre.

                  Doit-on pour autant oublier que d’autres puissances ont des visées impérialistes et notamment la Russie ?

                  L’ennemi de mon ennemi est-il toujours un allié sincère et doué des plus nobles intentions ?


                • Aldous Aldous 22 mars 2014 13:09

                  En plus Poutine avait promis lors des élections de fermer le camp de détention de Guantanamov.


                  Et depuis ? Hein ? Rien ! smiley

                • berry 21 mars 2014 14:16

                  Jean-Marie Le Pen a critiqué le bellicisme des Etats-Unis et a pris la défense de Poutine, soulignant son sang-froid et sa prudence.
                  http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/l-homme-libre-jean-marie-le-pen-19-44166

                  Les américains jouent avec le feu, en multipliant les coups tordus et les provocations.
                  Si Poutine avait le tempérament de Saddam Hussein, on ne serait pas loin de la 3ème guerre mondiale.

                   


                  • Pingouin094 Pingouin094 21 mars 2014 16:24

                    Euh, il ne faut pas déconner non plus. Poutine n’ a aucun sans froid ni aucune prudence !

                    Les USA ont été belliciste et Poutine a répliqué en déployant ses soldats en Crimée, en assiégeant, voir en prenant d’assaut des bases militaires ukrainiennes en Crimée, en organisant une farce de referendum (même si le résultat aurait sans doute donné le même résultat dans un référendum organisé correctement, le référendum qui a eu lieu reste une farce). Moi, je n’appelle pas ça du sang froid et de la retenu.

                    Ce qui nous évite d’être proche de la 3ème guerre mondiale, c’est que aussi belliciste que soient les USA, ils ne le sont pas au point d’envoyer leurs soldats sous le nez des soldats russes une fois que ceux-ci ont sortit la kalach-nikov, dégoupillé le cran de sûreté et mis le doigt sur la gachette...

                    Mais parlé de sang-froid et de retenu ...

                    Bon, je n’essaierais jamais de convaincre quelqu’un qui cite Jean-Marie Le Pen. Je note juste avec amusement pour certains à gauche voir très à gauche qui prennent la défense de Poutine que c’est en France Jean-Marie Le Pen qui défend Poutine contre les « néo-nazis » de Kiev...
                    Ca pause pas un minimum question ?


                  • bakerstreet bakerstreet 21 mars 2014 17:30

                    Pingouin


                    De votre avis. 
                    On peut ne pas être dupe de la propagande, d’un coté comme de l’autre. 
                    Les œillères, c’est aux deux yeux qu’il faut se les défaire.
                    Dieu merci, je pense pas que les européens entrent en conflit guerrier. 
                    Ce que les states adoreraient, eux qui ont toujours tiré profit de la guerre des autres

                  • Mr Mimose Mr Mimose 21 mars 2014 18:37

                    Que Le Pen défende Poutine ne dérange en rien, à ce que je sache Mr Le Pen n’a jamais fait bombardé des pays ou joué à touche pipi avec des petits enfants comme Cohn Bendit, Jack Lang ou Fredéric Mitterand.


                    Poutine est du bon coté de l’histoire, si BHL qui est pour moi l’individu le plus ignoble qui existe sur terre avait pris la défense de Poutine je l’aurai applaudi !!

                  • wesson wesson 21 mars 2014 14:27

                    Bonjour l’auteur,
                    votre article est ridicule, en plus de contenir des informations fausses. Par exemple, le nombre maximal de militaires Russes présent en Crimée avait été négocié dans les accords de Karlov en 1997 à 25000 hommes et pas 12500 comme vous le prétendez.Cet accord avait été d’ailleurs prolongé en 2010 pour courir jusqu’à 2047, moyennant une rente annuelle de 100 millions de $

                    Quel avenir pour la Crimée ? Je vais y répondre en commençant par le passé.

                    La Crimée est aujourd’hui une terre délabrée, avec des infrastructures obsolètes et vieillissantes. Il y a des fréquentes coupure d’eau et d’électricité. La raison en est très simple : Depuis l’indépendance et malgré les milliards que les Russes ont payés à l’Ukraine pour avoir le droit d’y avoir leur base navale, les Ukrainiens de Kiev n’ont pas investi un fifrelin dans les infrastructures de Crimée. Tout est resté exactement comme en 1990.

                    Il suffisait pour un Criméen de jeter un coup d’oeil du coté Russe pour qu’il s’aperçoive que depuis que Ieltsine a quitté le pouvoir, le niveau de vie et le pouvoir d’achat des Russes s’est considérablement amélioré. Et aujourd’hui, ce que voient les pensionnés et les retraités de Crimée, c’est que leur pension vient de tripler !

                    Ce que voit les Criméens, c’est que l’argent qui servait à payer la rente à l’Ukraine va maintenant directement aller aux infrastructures, avec notamment le pont qui a été annoncé, mais aussi une nouvelle adduction d’eau.

                    Alors pour en revenir à l’avenir de la Crimée, peut-être bien que ce qui l’attends est une forte période de croissance avec une rénovation de l’ensemble de ses infrastructures.

                    Alors que en ce qui concerne l’Ukraine, son futur semble lui aussi tout tracé : Après la perte de 1.5 à 2 millions d’emploi qui sera la conséquence directe de la sortie de la CEI, sont destin de nouvelle Grèce est tout tracé, en pire !


                    • aks aks 21 mars 2014 14:52

                      « Il suffisait pour un Criméen de jeter un coup d’oeil du coté Russe »

                      un coup d’œil dans la télé russe vous vouliez dire ?

                      allez jeter un coup d’œil à Osetie, Abhasie et Tchethenie et revenez nous raconter l’avenir prospère de la Crimée


                    • wesson wesson 21 mars 2014 15:15

                      bonjour Aks,

                      « allez jeter un coup d’œil à Osetie, Abhasie et Tchethenie et revenez nous raconter l’avenir prospère de la Crimée »

                      Pour L’abkhazie et L’Ossétie du Sud (moi au moins je sais aller sur wikipedia pour l’écrire correctement), faut-il vous rappeler que Saakachvili a commencé par le bombardement nocturne de la population civile de Tskhinvali (1600 morts).

                      Concernant la Tchétchénie, voici une photo de Grozni prise en 2011. Ce qu’on fait les Russes en Tchétchénie, c’est y éradiquer le fondamentalisme islamique que les Américains y avaient financé, comme ils l’avaient fait en Afghanistan.
                      Mais depuis lors, les Russes ont massivement investi dans la région, qui est maintenant prospère et largement en croissance. Aujourd’hui, la population de la région soutient largement le pouvoir de Moscou, et le fondamentalisme terroriste s’y résume à quelques individus.

                      Alors oui, ce sont des exemples pertinents de ce que l’on peut percevoir comme avenir pour la Crimée, à comparer par exemple à ces formidables démocraties que l’on a façonnée à coup de bombe en Libye, en Irak, en Afghanistan ou en Somalie.


                    • wesson wesson 21 mars 2014 15:26

                      Quand à la Lituanie dont on parle maintenant et qui aurait peur, on oublie de raconter son histoire contemporaine.

                      Lors de la chute de l’Union soviétique, nombre des pays qui en faisaient parti ont décidé de leur indépendance (pour ensuite rejoindre l’Europe et l’Otan).

                      Dans le cas particulier de la Lituanie, il y avait une population de plus de 50% de Russes, qui ont voté cette indépendance.

                      Comment les nouvelles autorités les ont remerciés ?

                      En ne leur donnant pas la nationalité Lituanienne, et en les transformant en citoyens de seconde zone, sans aucun droit mais avec tous les devoirs.

                      Certes depuis l’évolution de la législation Européenne ils ont été forcés de donner la nationalité à une bonne partie de cette population discriminée, mais ce n’est pas encore totalement réglé et il me semble qu’il reste encore dans ces pays là entre 10 et 15 % de personnes qui sont toujours dans cette catégorie de citoyens de seconde zone.

                      Alors ils ont peut-être peur aujourd’hui des réactions de la Russie, mais cela est dû à leur inconscience et leur intolérance politique. Ils sont tout à fait responsable. Et c’est d’ailleurs un peu le même type de problème avec la Transnistrie : Des gens qui ont été poussés au séparatisme car les pays dans lesquels ils habitaient ont catégoriquement refusé de les intégrer.


                    • Pingouin094 Pingouin094 21 mars 2014 16:30

                      Wesson :

                      J’ai trop entendu les occidentaux justifier leurs interventions militaires impérialiste par la lutte contre le fondamentalisme musulman et la nécessité de les défendre contre un infâme dictateur qui bombardait sa population civile pour ne pas tiquer quand j’entends les mêmes arguments pour défendre Poutine.

                      Wesson : Souteniez-vous l’intervention libératrice des rafales français pour sauver les Lybiens des bombardements de l’armée de Kadhafi ? Souteniez-vous l’intervention américaine en Afghanistan pour en chasser les fondamentalistes musulmans ?
                      Si oui, vous seriez cohérent avec vous-même.

                      Pour les lecteurs qui seraient dans le cas contraire, je leur demande de s’interroger quand ils entendent les mêmes arguments dans la bouche non plus d’Obama et Sarkozy, mais dans celle de Poutine.

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