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Quel avenir pour les coups d’états en Afrique

L’Afrique vient de comptabiliser un énième coup d’Etat perpétré au Niger le 18 février dernier pour mettre fin au régime du Président Mamadou Tandja qui, après deux mandats consécutifs avait tripatouillé la Constitution pour rester au pouvoir. Ce coup d’Etat bien que condamné par la communauté internationale semble avoir été apprécié par la population et l’opposition politique.
 
Loin de moi l’idée de faire l’apologie, de défendre ou de justifier ce coup d’État quoique qualifié de pro-démocratique car ayant pour objectif de créer les conditions de l’essor de la démocratie, je me permets de faire le constat, que malgré l’adoption en juillet 1999, lors de son 35ème sommet à Alger (Algérie) par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue Union africaine (UA), de la déclaration condamnant l’usage du coup d’État comme mode d’accession de pouvoir en Afrique et les condamnations de la Communauté internationale, on assiste à une résurgence des coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat réels et imaginaires ou inventés par certains dirigeants pour mettre en prison des adversaires politiques.
 
Il semble que ce texte et les condamnations de la communauté internationale peinent à mettre fin à la pratique de putsch comme mode de conquête de pouvoir, et que l’Afrique sera, sans nul doute, en proie dans les mois et les années à venir, à un nombre sans cesse croissant de projets de coups d’État, voire des coups d’État réussis. Les signes avant-coureurs sont perceptibles dans bon nombre de pays subsahariens.
 
Tout porte à croire que l’Union africaine et ses partenaires internationaux pourtant engagés dans la prévention des conflits tels que l’Union européenne, les Nations Unies, l’Organisation Internationale de la Francophonie… n’aient pas encore pris l’ampleur de ce phénomène, se contentant à l’annonce de chaque coup d’État ou tentative de coup d’État déjoué, de condamner sans s’attaquer aux causes sous-jacentes, notamment l’opposition muselée, le refus d’alternance, les élections truquées, le tripatouillage des Constitutions pour supprimer la clause de limitation des mandats à deux quinquennats ou pour léguer le pouvoir au fils du président décédé…
 
Cette recrudescence des coups d’État et des tentatives de coup d’État sur notre continent appelle à une réflexion urgente sur le mécanisme d’accession au pouvoir en Afrique. Pour ce faire, tout comme le bannissement des coups d’État, les fraudes électorales, les missions internationales d’observation électorale dévoyées, les tripatouillages des constitutions, la violence électorale … doivent être condamnés et sanctionnés.
 
Au risque de voir se proliférer dans les prochaines années, des coups d’État « libérateurs », pour changer de régime et favoriser l’alternance, les signes annonciateurs (bâillonnement de l’opposition, fraudes électorales, « tripatouillage » des Constitutions…) subsistant dans bon nombre de pays africains, il est impératif de repenser la gestion du pouvoir politique dans nos pays.
 
Il convient de renforcer les capacités des acteurs politiques à animer une vie politique apaisée et démocratique en Afrique, ce qui implique la reconnaissance d’un statut juridique à l’opposition et surtout l’exigence d’élections libres et transparentes pouvant conduire à des alternances démocratiques.
 
L’Union Européenne (UE) doit arrêter d’envoyer des missions d’observation électorale couteuses en Afrique qui ne profitent qu’aux observateurs internationaux, pour privilégier des programmes de renforcement des capacités du gouvernement et de l’opposition à organiser des élections libres et transparentes avec un fichier électoral fiable et des médiations électorales internes pour prévenir les fraudes, la corruption et la violence électorales.
 
A défaut d’élections libres et transparentes permettant de voir se succéder à la tête des institutions solides et pérennes (gouvernement, Parlement, Opposition…) des hommes et des femmes plus inspirés et animés par l’exigence de résultats, proposant des idées nouvelles et performantes pour sortir résolument les populations de la misère, nous assisterons toujours à la multiplication des coups d’État et des projets de coups d’État contre les dirigeants africains dont la mauvaise gouvernance et le refus de l’alternance cristallisent nombre de critiques.
 
 
Komi TSAKADI
 
 
 
 
 

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Les réactions les plus appréciées

  • Par ZEN (---.---.---.132) 26 février 2010 18:44
    ZEN

    @ L’auteur
    Vous raisonnez comme si les dirigeants de nombre de pays africains ne subissaient pas des pressions économiques puissantes, voire ne dépendaient pas parfois du bon vouloir de puissances étrangères
    L’intérêt que suscite l’uranium n’est-il pour rien dans le coup d’Etat au Niger ?
    J’aimerais savoir
    Que dire de la RDC, soumise au pillage de nombreuses multinationales ?
    On peut aussi s’interroger sur le pouvoir au Gabon, tant chéri par les pétroliers français...
    Je ne parlerai pas de la Chine, qui joue sa petite partition, comme le suggère finael

  • Par finael (---.---.---.108) 26 février 2010 18:30
    finael

     S’il n’y avait pas tant de coups d’états et de rébellions en Afrique, à qui vendrions-nous des armes ?

    - Je remarque, et c’est tout à votre honneur - que vous ne parlez pas des multiples ressources de ce continent convoitées par des pays non africains (occidentaux, orientaux ... suivez mon regard). Mais ne serait-ce pas là aussi une cause de toute cette violence ?

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