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Quelle évaluation provisoire de la politique étrangère d’Obama un an après sa victoire ?

Le 4 novembre 2008, Obama est élu président des États-Unis. Un an après, quel est le bilan de sa politique étrangère ?

Des politiques qui ne seront jamais à la hauteur des attentes

Les politiques étrangères extrêmement ambitieuses de l’administration Obama sont un signe positif de l’implication de la démocratie américaine dans la gestion des conflits et des enjeux internationaux.
 
 
Néanmoins, le président américain cherche surtout à tenir ses promesses électorales avec des politiques diplomatiques qui ne pourront jamais être à la hauteur des espoirs suscités. D’ailleurs, la seule erreur de l’administration Obama a été le renforcement militaire de 21 000 soldats en Afghanistan décidé au printemps dernier. Rappelons que Barack Obama est un président de gauche qui doit faire énormément de concessions politiques au centre.
 

Le pragmatisme d’Obama : entre consensualisme et idéalisme démocratique

Plusieurs critères peuvent caractériser la politique étrangère du président Obama : le pragmatisme, le centrisme volontariste et le réalisme politique. Bien qu’on puisse considérer Obama comme un « démocrate idéaliste », il reste toutefois un réaliste qui cherche toujours le compromis, comme on peut l’observer avec les problèmes d’application d’un système de santé aux États-Unis. En effet, la tentative de créer un système de sécurité sociale à portée universelle représente déjà un semi-succès. Tous les présidents américains ont tenté de réformer le système depuis Henry Truman. Mais, ici c’est différent, Obama est soutenu par ses pairs du Parti Démocrate – en tout cas pour cette réforme. Mais tout dépend du sort de cette législation, qui, déjà repoussée deux fois, sera votée au cours de cet automne. Si la législation échoue, les candidats démocrates auront de grosses difficultés pour les élections législatives de demi-mandat (en novembre 2010) et la crédibilité d’Obama sur la scène internationale en sera écornée.

Le mauvais choix d’Obama : commencer sa politique étrangère par les colonies juives implantées sur le territoire arabe

Ce qu’on peut surtout observer, c’est que l’administration Obama ouvre une quantité de dossiers en même temps, un peu comme Sarkozy au début de son mandat – d’ailleurs la plupart des réformes envisagées en France ont été soit ajournées, soit complétement oubliées. Dès son arrivée à la tête de l’administration américaine, Barack Obama a notamment ouvert le dossier du conflit israélo-palestinien qui est pourtant totalement piégé tant par les opinions divergentes du président américain et du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, que par la scission de la Palestine en deux États distincts – la bande de Gaza contrôlé par le Hamas et la Cisjordanie dirigée par le gouvernement de Mahmoud Abbas (Fatah).

En réalité, le président américain a mis la barre trop haut en se focalisant sur le problème des colonies israéliennes en Cisjordanie. Or, c’est le problème clés. La position israélienne est beaucoup plus facile à expliquer sur la question du retours des réfugiés palestiniens en Palestine que sur la présence de colonies juives dans les territoires arabes. On peut défendre ou s’opposer à l’arrivée de réfugiés mexicains dans le sud des États-Unis, mais le sujet des colonies est légitimement indéfendable aux yeux du monde. De plus, historiquement, Israël a annexé en 1980 Jérusalem-Est, ce qui ajoute une difficulté à la complexité diplomatique de la situation au Proche-Orient. C’est d’ailleurs cette complexité géopolitique qui ralentit depuis un an la diplomatie américaine dans le processus de pays entre Israël et les Palestiniens. La première étape de la résolution de ce conflit serait-elle, comme l’a annoncé la secrétaire d’État, Hilary Clinton, un gel partiel des nouvelles implantations israéliennes dans le territoire palestinien ? Cela risque de décevoir les Palestiniens, mais pour ouvrir de nouvelles négociations, cela pourrait suffire (dixit Benjamin Netanyahou).

Une volonté de changement en prise avec une naïveté diplomatique

Après huit ans d’immobilisme exercé par l’administration – l’ancien président américain n’était intervenu au Proche-Orient qu’à la fin de son second mandat, Obama montre clairement sa volonté de changement à l’international en étant entouré d’une équipe déterminée et assez agressive.
 

Néanmoins, Obama appuie les anciennes positions diplomatiques américaines dans le croissant fertile : ses discours au Caire et à Ankara nous font observer qu’il cherche à maintenir ses alliés égyptien et turc dans la région. D’après Obama, la Turquie serait le pays conciliateur entre le monde arabo-musulman et l’Occident, c’est d’ailleurs pourquoi il a soutenu l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne. Or, maintenir ces positions-là montrent aussi une pointe de « naïveté » de la part de Barack Obama : Moubarak, le président égyptien, est à la tête d’une semi-dictature héréditaire et est en plein conflit avec les fondamentalistes musulmans ; la Turquie est certes un pays laïc, mais l’État turc devient de plus en plus islamiste ; et enfin, le peuple turc, d’après de récents sondages, ne souhaite pas encore entrer dans l’UE.

Le multilatéralisme, la marque de fabrique de l’administration Obama

Mais, la bonne nouvelle dans l’histoire pour l’Europe, c’est le retour au multilatéralisme. Obama a réussi à rétablir les relations avec l’Europe en intervenant sur la plupart des dossiers avec ses amis européens. Partout, il cherche des compromis avec les puissances étrangères par des politiques de coopération internationale. Par exemple, il a ouvert des négociations avec la Russie sur la question de l’implantation des barres anti-missiles en Pologne et en République tchèque. Sur le dossier du nucléaire iranien, il a tenté la politique de la main tendue avec le président iranien Ahmadinejad en mettant en exergue le respect mutuel des deux puissances, ce qui peut d’ailleurs se ressentir dans la population estudiantine iranienne pro-américaine.
 

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4 réactions à cet article    


  • intactsaphir 10 novembre 2009 23:40
    Au delà de la politique étrangère, voici ce que dit le site solidarité et progrès sur la réforme Obama sur la santé.

    Réforme Obama : la peur du peuple gagne Washington

    10 novembre 2009 - 15:14

    10 novembre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Après que la Chambre des représentants ait approuvé samedi le projet de loi sur la « réforme » de la santé du président Obama, l’on peut se demander comment la Maison Blanche a pu réunir une majorité (courte, 220 contre 215), alors que le matin même du vote, les dirigeants démocrates n’étaient pas en mesure de l’assurer.

    Au Sénat, le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, vient d’annoncer que le vote se tiendra avant les vacances parlementaires de Thanksgiving et Noël, après avoir pourtant déclaré il y a quelques jours qu’il n’aurait pas lieu avant 2010. Entre temps, il a reçu la visite de « Rahmbo » Emanuel, le chef de cabinet d’Obama…Si de son côté la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a pressé le vote, malgré l’incertitude de l’emporter, c’est avant tout par peur du peuple américain.

    La semaine dernière, les candidats démocrates ont été largement battus lors de deux élections pour les postes de gouverneur du New Jersey et de Virginie. Dans ces deux Etats, Obama avait pourtant largement battu McCain lors des présidentielles de novembre 2008. L’on y a assisté à un véritable retournement de l’électorat, principalement des jeunes et des non-diplômés qui sont passés dans le camp républicain ou abstentionniste. Leur motif ? 89% se déclarent inquiets de la situation économique. En effet, le peuple ne voit pas cette reprise que le gouvernement évoque. Le taux de chômage américain vient de passer les 10,2%, avec 539 000 chômeurs de plus en octobre, soit plus de 5,5 millions d’emplois détruits depuis l’entrée en fonction du nouveau Président. Les dirigeants démocrates du Congrès savent que plus ils attendent et plus l’opposition des élus sera grande, d’autant plus que nombre d’entre eux doivent repasser devant les urnes en 2010.

    Comme l’a dit au New York Times un élu démocrate proche de la Maison Blanche, « les vacances parlementaires qui viennent sont vues comme celles de l’été dernier ». Comme en août, les démocrates craignent que la pression des citoyens sur leurs élus n’affecte définitivement les chances de cette réforme qui n’est qu’une mesure d’austérité déguisée.

    D’ailleurs le Président l’a lui-même reconnu dans son interview avec ABC lundi. Lorsque le journaliste lui a dit que l’un des principaux soucis avec cette réforme est que son financement provient pour un tiers des coupes budgétaires dans le programme public Medicare, Obama a simplement répondu « c’est vrai », affirmant même que son objectif est de « faire plier la courbe des dépenses pour réduire notre déficit ».

    De surcroît, le projet de loi adopté samedi prévoit de forcer des dizaines de millions d’américains à prendre une assurance privée, sous peine de sanctions pénales (comme dans le cas des automobilistes n’ayant pas d’assurance pour leur véhicule, s’est défendu le Président). Et les assureurs maladies privés se voient même autorisés à doubler le tarif de leurs polices d’assurance pour les plus de 65 ans et ne seront pas concurrencés par les assurances publiques, qui seront contraintes de se caler sur leurs tarifs. Finalement, l’« option publique » défendue par le candidat Obama il y a un an ne couvrira que 6 des 46 millions d’américains dépourvus de couverture santé. Comme le dénonçait après le vote le démocrate progressiste Dennis Kucinich, défenseur d’une sécurité sociale universelle, le projet adopté ne fait que perpétuer « le système actuel, prédateur, orienté vers le profit et qui fait de l’argent en refusant les soins ».

    Face à la connivence de plus en plus grave de ses dirigeants avec les puissances d’argent, le peuple américain pourrait bien se soulever comme le firent les allemands de l’est en 1989…


    • Alpo47 Alpo47 11 novembre 2009 12:09

      Tiens, il en reste encore un ...

      L’auteur a oublié de rappeler que partout où BHO porte son regard, les malades guérissent, les affligés retrouvent l’espoir, les chaines se brisent ...
      Egalement que BHO est le nouveau « prix nobel de la paix »(défense de rire !), répandant, grâce à Guantanamo, maintenu malgré les promesses, et aux guerres en cours et à venir, la « pax américana » sur tous les continents.
      Quel bonheur pour les Afghans et bientôt pour les Iraniens...
      De ses milliers de milliards de dollars, bien entendu aux frais des contribuables US, apportés aux grandes banques d’affaire qui avaient largement sponsorisé sa campagne électorale, préparant ainsi une nouvelle crise pour 6 milliards d’humains et un enrichissement pour quelques milliers « d’élus »....

      Nul doute donc, que BHO est le « sauveur du monde », son élégance et son sourire étudié en témoignent...

      J’ai tout juste, là ????


      • Daniel Roux Daniel Roux 11 novembre 2009 13:56

        Qu’un président américain se penche sur le dossier Palestine/Israël est tout à fait normal. Les américains soutiennent ce pays à bout de bras par leurs livraisons d’armes et les subventions financières.

        Nul n’ignore que le veto américain est automatique dès qu’une condamnation d’Israël pour exactions est prononcée. Ils interdissent tout projet de sanction contre ce pays et sont, de fait, les grands responsables de la situation actuelle et de l’arrogance des dirigeants hébreux.

        Le résultat du soutien des Bush à la politique de colonisation massive de la Cisjordanie sont les opérations militaires meurtrières et la réduction de la Cisjordanie à un ensemble de confettis constitués de 2 groupes, un au nord de Jérusalem et un au sud qui ne laisse aucun doute sur le but, la construction du Grand Israël.

        Aujourd’hui, la Cisjordanie « sous contrôle » palestinien est plus morcelée que les Philippines et plus petite que l’Ile de France. La réalisation, tel quel, d’un état palestinien, n’aurait aucun sens.

        Si un président américain décidait de laisser Israël affronter seul les conséquences de sa politique agressive, ce qui est peu probable à court terme, et déclarait l’ensemble des colonies illégales car contraire aux multiples résolutions de l’ONU, l’état hébreux serait rapidement contraint de conclure la paix avec ses voisins. Il serait alors possible d’envisager pour tous, les voisins compris, le retour à leurs frontières légales et la proclamation d’un état palestinien viable.

        Obama mériterait son prix Nobel, s’il décidait que les USA cessent de s’opposer à la seule organisation mondiale légitime : l’ONU.


        • monbula 11 novembre 2009 19:24

          Ghislain
          Vous dîtes :
          la Turquie est certes un pays laïque, mais l’État turc devient de plus en plus islamiste ; et enfin, le peuple turc, d’après de récents sondages, ne souhaite pas encore entrer dans l’UE.

          1/ Lorsque Obama voulait faire rentrer la Turquie lors de son discours en Normandie, cette dernière était en préparation de tourner le dos à l’UE , ce qui fût fait en s’orientant sur l’Est en 2009 : Orient et Russie.
          DE plus, l’UE ne veut pas de la Turquie. Tant pis ou tant mieux.

          2/ Vous dîtes : l’Etat turc devient islamiste. C’est vague car l’Islam a plusieurs courants et la Turquie à la base sunnite et soufiste. D’ailleurs en 1920, Mustafa Kemal Atatürk intégra religion musulmane et laîcité selon les conseils du Tatarstan essentiellement soufiste, courant très modéré et s’adaptant à un système républicain. Je ne déborderais pas ici dans son nouveau rôle.

          Quant à Obama, il est coincé étant entouré de néocons et il le sait.
          Dommage, car c’est un homme de grande valeur.

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