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Accueil du site > Actualités > International > Quels remèdes pour l’est du Congo ?

Quels remèdes pour l’est du Congo ?


Phot. Afrique Echo.
Après des combats à grande échelle dans le Nord Kivu depuis fin août , les belligérants ont trouvé une nouvelle scène : Ngungu. Cette localité est située à cheval entre le Nord et le Sud-Kivu. Selon les dernières informations, de violents combats ont éclaté dimanche 9 Novembre matin dans cette localité entre les rebelles du CNDP et de Combattants hutus rwandais, FDLR. Pourtant les chefs d’Etat de la RDC et du Rwanda (accusé de soutenir les rebelles) se sont retrouvés vendredi 7 Novembre à Nairobie pour tenter de décanter une situation on ne peut plus inquiétante. La rencontre ne s’est soldée qu’en un simple appel au cessez-le-feu qui , une fois de plus, est tombé dans les oreilles de sourds.Finalement, que faut-il faire pour sauver l’Est du Congo et par conséquent la région des Grands lacs ?

Mixer ?

photo_1225698014825-5-0.jpgLes efforts de la Communauté internationale se sont montrés vains. Celle-ci, de connivence avec le gouvernement congolais a proposé à Laurent Nkunda le processus très controversé du "mixage". Le général déchu verrait ses troupes déployées localement plutôt qu’envoyées ailleurs au Congo. Cependant , Laurent NKunda a exigé que ce processus puisse aboutir à des accords politiques, qui selon lui, n’ont toujours pas eu lieu. Ce processus a également montré ses limites dans la mesure où des habitants se sont dits moins rassurés."Les mêmes auteurs d’exactions deviennent soldats de l’armée censée nous protéger, ça ne nous rassure pas", a affirmé l’un d’eux à l’Ong internationale Human right watch. Le mixage n’est pas la bonne solution.

Désarmer ?

En janvier 2008 les différents belligérants se sont retrouvés à Goma, capitale du Nord-Kivu . Ils ont décidé de désarmer et de s’engager dans le processus "Amani" (paix) en swahili . Quelques temps après, les combats ont repris et toutes les parties signataires n’ont pas hésité à violer ces accords. Pour se justifier, elles ont accusé Kinshasa de soutenir les milices et de ne pas tenir sa promesse, celle de financer la sensibilisation des combattants au désarmement . Depuis personne n’a désarmé et qui pis est, la plupart des combattants démobilisés ont été re-enrôlés tant par les CNDP que par les autres milices, à en croire la mission de l’Onu au Congo (Monuc). Les armes rendues dans le cadre de la démobilisaton, sont furtivement remplacées par d’autres beaucoup plus sophistiquées, en provenance du Rwanda. Le président congolais a lui-même accusé en octobre dernier le Rwanda de financer les CNDP. Cela n’a rien changé et les combats se sont davantage intensifiés.

 Amnistier ? 

Au début du second semestre de l’année en cours, le président Joseph Kabila a promulgué la loi sur l’amnistie des rebelles actifs dans l’est du Congo pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Cette décision n’a influencé en rien l’attitude des différents protagonistes notamment le CNDP et la milice Mai Mai du Pareco. Lundi, ces deux factions ont été accusées de crimes de guerre par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Congo, Alan Doss. Il a denoncé l’existence de fosses communes récentes à Kiwanja où les CNDP et Pareco se sont affrontés.

Attaquer ?

Impossible, la RDC n’a plus d’armée. Certains soldats ont réintégré les milices, d’autres ont carrément déserté et d’autres encore sont morts. Que peuvent des soldats non ravitaillés et dispersés contre des rebelles entraînés et bien équipés ? 

Finalement l’option diplomatique ferait l’affaire. Je propose donc un dialogue franc d’une part entre les Rwandais, question de trouver une solution pour accueillir les combattants hutus rwandais. Et d’autre part, une rencontre entre toutes les factions belligérantes tant directes qu’indirectes.

Il faut également lutter contre l’impunité en lancant officiellement un mandat d’arrêt international contre les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Une amnistie ne ferait qu’encourager les récidivistes.

Le gouvernement congolais ainsi que ses alliés occidentaux devraient demander aux Usa ( alliés du Rwanda) d’imposer à Kagame l’arrêt de ses manigances occultes au Congo.

Enfin il faudra aider le Congo à reconstituer son armée, non avec des rebelles mais avec des patriotes instruits.


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14 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2008 11:21

    Rattacher les zones peuplées de Tutsis au Rwanda ! et faire des échanges de population comme lors de la séparation de l’ Inde et du Pakistan , si possible sous contrôle de l’ONU pour éviter des violences supplémentaires ! il serait vain de vouloir faire cohabiter des ethnies se détestant à ce point !


    • plume plume 25 novembre 2008 11:31

      "il serait vain de vouloir faire cohabiter des ethnies se détestant à ce point (...) "
      ah bon , c’est pas ce que l’on fait en france dans les banlieus !!! ??


    • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2008 11:39

      il y a fuites de certaines populations vers d’autres endroits moins anxiogènes ! et arrivée massive d’autres populations ....


    • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2008 12:05

      t’as raison plume , y’a comme un air de kivu dans le 9-3 ! smiley


    • plume plume 25 novembre 2008 11:29

      napalme ? smiley


      • Gzorg 25 novembre 2008 19:20

        Mage pour votre édification , sachez que cette région n’est pas vouée à l’enfer , elle est surtout vouée à produire du Coltan....et c’est justement là tout le problème.


        • Nathan Nathan 25 novembre 2008 19:47

           Il y a un véritable statu quo sur le Congo qui dévoile des tendances politico-diplomatiques du monde actuel :


          - L’ONU est présente mais ne sert qu’à protéger les populations quand elle le peut. Elle joue un rôle politique nul, ce qui ne doit jamais être exactement le cas d’une force armée dans un pays, en effet une force armée n’est pas une force humanitaire, son rôle est de prendre parti et de combattre.


          - Lorsque l’ennemi n’a pas d’idéologie politique ou religieuse (comme Al-Quaeda, les talibans ou les coréens du nord), la communauté internationale ne sait pas prendre parti, ou en gros la communauté internationale n’arrive pas à dessiner un ennemi. Grosso modo les Français sont pro Congolais et pro gouvernementaux de Kabila, et les anglais pro Rwanda, et pro rebellion de Nkunda. C’est purement politique. C’est ce qui renforce la confusion au sein de l’ONU avec une MONUC qui ne fait pas grand chose.

          Concrètement la MONUC, à l’instar de l’OTAN en Afghanistan ou des américains en IRAK pourrait très bien former l’armée congolaise afin de lui laisser la gestion du pays, mais non, elle ne le fait pas car c’est comme si il n’y avait pas d’ennemi, comme si il n’y avait pas de guerre. C’est bien un statu quo qui laisse les civils et le pays dans un état lamentable.
          On peut donc affirmer ici que l’ONU, ou la communauté internationale ne fait pas son travail, se fout de la gueule du Congo et des congolais et maintient le pays dans sa situation désastreuse.

          Il n’y a pas de solution simple. La guerre doit aboutir. L’idéal serait d’organiser des élections auxquelles Nkunda pourrait se présenter, car le vote et les débats démocratique remplacent ou canalysent toujours les violences civiles, c’est le rôle de la démocratie élective (et c’est en outre ce qui peut rendre pire qu’une dictature un pays dont les élections sont truquées, apportant une confusion ultime dans l’esprit du peuple), mais combien de temps dure le mandat du président au Congo RDC ? Je n’en sais rien.

          En attendant l’ONU se décrédibilise chaque jour un peu plus en se targuant de "maintenir la paix" depuis 6 ans dans une des seules régions les plus en guerre du monde ... Et ce ne sont pas les quelques 3000 soldats supplémentaires qui changeront grand chose.

          Sur ce que je voulais dire au début de ce commentaire : il y a deux poids deux mesures dans le traitement des problèmes internationaux, même en cas de guerre. Techniquement on peut dire que du point de vue de la communauté internationale, il n’y a pas de guerre au Congo. C’est du terrorisme ou du remou interne, mais pas une guerre. Donc l’ONU est complice de la situation. point.

          ps : et je n’irai pas jusqu’à dire que le Congo et sa région sont victimes d’un traitement dédaigneux post-colonial de la part du conseil de sécurité de l’ONU, en particulier la France et le Royaume-Uni ...


          • ZEN ZEN 25 novembre 2008 20:53

            L"’option diplomatique" n’a aucune chance si l’on ne s’attaque pas au fond du problème


            • Nathan Nathan 25 novembre 2008 21:26

               Je ne pense pas que les problèmes économiques et diplomatiques soient autant coréllées malgré les richesses du pays. Au niveau économique l’information la plus importante est peut être que les richesses viennent surtout des mines et non pas du pétrole ... le pays n’intéressant alors pas les américains. C’est finalement peut être la raison pour laquelle la situation est si différente de celle au moyen orient (c’est un peu laisse moi le moyen orient, je te laisserai l’Afrique centrale, à l’ONU ...) ...
              Mais il est clair qu’étant donné l’exploitation qui est faite par les industries européennes on peut quasiment parler de pillage comme c’est expliqué dans votre article. Si ces richesses bénéficiaient réellement à l’Afrique et non à l’Europe ou l’occident, alors le Congo serait un eldorado et les congolais vivraient bien.


            • fouadraiden fouadraiden 26 novembre 2008 09:01


               le raisonnement est faux puisqu’il ne s’applique sur aucue réalité tangible.

               les Africains ne sont simplement pas au niveau , pour mille et une raisons, tt comme les saoudiens ne le sont pas, ce qui ds le cas arabe contraint ceux-ci à négocier avec les américains depuis les premiers puits découverts en échange d’une sécurité politique dont les bédouins rêvent.

               on est probablement ds le moins mauvais des scénarios possibles du pt de vue des occidentaux.sans les guerres pour le pétrole la condition de vie des occidentaux seraient probablement plus rudes.ils n’ont donc pas le choix d’autant que les Africains sont faibles et impuissants comme les Arabes.


               Les conditions réelles et nécessaires pour que les Africains soient libres politiquement et économiquement ne sont pas données ds notre monde actuel et les occidentaux n’ont pas pour mission d’émanicper les Noirs de l’asservissement dans lequel ils sont depuis longtemps.


            • Nathan Nathan 26 novembre 2008 10:42

               Je vois ce que vous voulez dire mais ne suis pas entièrement d’accord. Il n’est pas difficile de comprendre que le développement d’un pays peut être freiné par des intérêts économiques extérieurs dont le seul but est de s’approprier un marché intérieur tout en se contrefichant de la politique intérieure du moment qu’elle va dans le sens de ces intérêts ... Tout cela est nécessaire et logique, ok. Le problème est que l’ONU trempe dans ces magouilles économiques qui ne disent pas leur nom et que la MONUC maintient ce système ... Pour combien de temps encore ? Cela peut durer encore 50 ans sans que les guerillas ne s’arrêtent, que le niveau de vie des congolais n’augmente et que les profits des multinationales qui exploitent les mines ne baissent ... vous saisissez ?


            • fourminus fourminus 27 novembre 2008 01:12

              Bravo pour le titre de l’article : "Quels remèdes pour l’est du Congo".

              Voici ma contribution au débat :
              (c’était un com sous l’article de Zen de samedi "RDC : terrain de chasse pour les multinationales ?")
              http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47588

              La décolonisation c’est la colonisation low cost...
              														par fourminus 							 														 (IP:xxx.x54.91.147) le 22 novembre 2008 à 12H53 							 							
              							

              															
              							
              								Le concept de "décolonisation" est trompeur.
              Il nous donne le beau rôle : NOUS avons donné l’indépendance à l’Afrique subsaharienne
              et il masque une réalité qui est précisemment le contraire :

              En réalité la décolonisation c’est :
              On continue à exploiter les matières premières...
              ...mais on donne beaucoup moins en échange : La décolonisation s’est avant tout une baisse drastique des flux d’investissements du nord vers le sud : enseignement, infrastructures...
              La décolonisation c’est la colonisation low cost...

              Pour que l’Afrique se porte mieux il faudrait :
              1. ré-ajuster les termes de l’échange : donner plus en échange des matières premières. (Ecoles, routes, hopitaux, tout est là...)
              2. donner réellement le pouvoir aux africains c’est à dire selon leur conception traditionnelle. Le Congo n’existe pas. Il est constitué de 350 tribus qui elles existent depuis des temps immemoriaux. Les chefs coutumiers sont respectés et exercent leur pouvoir selon des règles de droit public non écrit mais parfois fort complexe. ex : tricamerisme des BaKuba du Kassaï.
              Les villes qui sont des regroupements multi-tribaux pourraient bénéficier d’un statut spécifique (villes franches avec démocratie municipale).

              Si l’on poursuit cette colonisation low cost : l’Afrique deviendra le grand repère des pirates (cf côte indienne de l’Afrique) et nous souffrirons beaucoup de la réduction des échanges avec cette partie du monde dont nous avons besoin économiquement (matières premières) et qui peut nous enseigner beaucoup culturellement (si, si : demandez à Picasso ou à n’importe quel musicien ou encore à Marx !)


              • otekwen 27 novembre 2008 19:38

                Bien sûr qu’il faut "décoloniser" l’Afrique comme vous le dites. Je crois qu’il faut d’abord que la presse internationale, française en l’occurence, dise la vérité sur le COngo et sur l’Afrique. Très peu de médias le font. Ils ne parlent pas des enjeux cachés , ou de cette "decolonisation low cost", dans les différentes guerres en Afrique. On condamne les Etats-unis de faire la guerre du pétrole. Mais la France aussi la fait. Au congo Brazzaville, au Tchad, au Cameroun et au Congo-Kinshasa. Je n’ai pas entendu un seul média français faire une analyse allant dans ce sens là.Je crois que si ils le font, les gens se revolteront contre la politique africaine de la France et pousseront peut être les autorités françaises à la changer.

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