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Accueil du site > Actualités > International > Qui est Medvedev ?

Qui est Medvedev ?

Normalement, une élection présidentielle suscite des intrigues et des suspenses, mais pas en Russie. Bizarrement les seuls points d’interrogation que soulève cette élection sont : Est-ce que Medvedev sera élu avec un score plus élevé que celui de Poutine ? Qui sera son Premier ministre ? Mais commençons d’abord par savoir qui est Medvedev.

Dmitri Medvedev, pétersbourgeois de souche, né en 1965 dans une famille d’intellectuels. Son père, Anatoly Afanasievich, enseignait à l’institut technologique de Lensovet, sa mère, Julia Veniaminovna, philologue de formation, travaillait à l’institut pédagogique de Hertzen, puis guide de musée. Fils unique. Ils vivaient dans le quartier Kouptchino à la périphérie de la ville.

Diplômé de la faculté de droit civil de l’université de Leningrad en 1987, docteur en 1990. Étant étudiant, il s’est passionné pour la photographie et le rock (groupes préférés : Black Sabbath, Ozzy Osbourne et Led Zeppelin), et a gagné des compétitions d’haltérophilie.

Dmitri Medvedev fréquentait l’école N°305. Son professeur de mathématiques Irina Grigorovskaya se rappelle : « Il avait sans aucun doute des capacités pour les sciences exactes.  »

Après l’école, Dmitri a travaillé un certain temps dans un laboratoire de l’institut polytechnique de Leningrad pour s’inscrire par la suite à la faculté de droit de LGU, où se forge aujourd’hui la grande majorité des cadres supérieurs de la Russie. Dmitri assistait aux cours d’Anatoly Sobtchak - à l’époque professeur du droit civil.

Ironie du sort ou coïncidence curieuse, Dmitri Medvedev a été encadré par Valery Moussine - responsable scientifique à la faculté de droit et ancien professeur de Vladimir Poutine.

De 1990 à 1999, Medvedev a enseigné le droit privé à l’université d’État de Saint-Pétersbourg.

Pavel Timofeev, son ancien étudiant, raconte : « Medvedev venait aux cours habillé en Versace et se servait de son stylo Parker. Il reflétait le luxe, le succès et le professionnalisme.  »

Pendant la Pérestroïka, Medvedev milite activement pour la campagne électorale municipale de son professeur Anatoly Sobtshak.

  • Celui-ci est élu la même année à la tête du conseil municipal.

Sobtchak choisit Medvedev comme conseiller dès sa prise de fonctions ; il est réélu en 1991, à l’issue des élections de la nouvelle municipalité de Saint-Pétersbourg.

  • Medvedev est alors nommé consultant juriste au Comité des relations extérieures.
  • Il travaille sous la direction de Dmitri Kozak, chef du Service juridique et subordonné indirect de Vladimir Poutine, le président du Comité.

C’est au début de 90, que les sorts de Poutine et Medvedev se sont croisés.

Plusieurs témoins de cette époque racontent que les gens considéraient Medvedev comme le secrétaire particulier de Poutine et ne le prenaient pas au sérieux. Selon les dires du président de la National Strategy Institut, Stanislav Belkovsky, « Dmitri Anatolevich - est quelqu’un de souple, mou et psychologiquement dépendant - ce qui conforte bien Poutine, pour qui ces qualités sont extrêmement importantes » .

En juin 1996, Sobtchak a perdu les élections de gouverneur. Poutine est parti à Moscou, mais Medvedev menait déjà des activités dans le privé. Dès 1993, il est devenu l’un des fondateurs de société Fintsell, qui contrôlera un peu plus tard la ZAO Ilim Pulp Enterprise (IPE) considérée aujourd’hui comme l’un des géants russes (et mondiaux) de l’industrie du bois. Medvedev présidait le département juridique d’IPE.

Suite à sa rentrée dans l’administration du Kremlin en 1999, Medvedev a quitté les sociétés de l’industrie du bois, mais il a gardé, jusqu’aux derniers temps (selon certaines presses), le contrôle d’un paquet d’actions considérable d’IPE. Medvedev a joué aussi un rôle déterminant dans la sauvegarde d’IPE suite aux différentes attaques d’Oleg Deripaska, mais malgré le soutien de Medvedev (depuis son poste de vice-chef de l’administration du gouvernement), IPE a perdu le combinat de cellulose et de papier de Baïkalsk (cela fut sa première défaite en tant que haut fonctionnaire).

C’est grâce au soutien de Medvedev que IPE a connu une croissance fulgurante dans les années 90 en rachetant plusieurs entreprises réparties un peu partout en Russie. Exactement le même montage financier que celui de IOUKOS.

Après avoir travaillé au poste du premier chef adjoint de l’administration présidentielle comme subordonné d’Alexandre Volochine, M. Medvedev s’est mis à la tête de l’administration fin 2003, peu après l’arrestation du patron de la compagnie pétrolière IOUKOS, Mikhaïl Khodorkovski. La presse affirmait que le départ de M. Volochine était dû à son désaccord avec les poursuites engagées contre le patron de IOUKOS, mais cette information n’a jamais été officiellement confirmée.

Selon plusieurs sources concordantes, Medvedev est étroitement lié au cabinet d’avocats pétersbourgeois Egorov, Puginsky & Partners, spécialiste de corporate law, droit financier, fusion & acquisition et la représentation des intérêts des sociétés étrangères (y compris américaines) en Russie et des compagnies russes à l’étranger. Parmi les clients de la société on trouve les grandes compagnies pétrolières. Dans son actif, comme indiqué sur le site de la société, « la représentation des plus grands exportateurs russes d’armement dans l’arbitrage commercial international ».

Officiellement, Medvedev déclare posséder deux appartements à Moscou de 364 m² et 174 m² et un terrain de 4700 m² et un revenu exclusivement de fonctionnaire.

tihoe2Svetlana Vladimirovna Medvedeva est née en 1965 à Koupchino dans la région de Leningrad dans une famille de militaires. Son nom de jeune fille est Linnik. Svetlana Linnik a étudié à l’école de Koupchino N°305, où elle a rencontré son futur mari Dmitri Medvedev, qui était dans une autre classe du même niveau. Ils se sont mariés en 1989. En 1996, ils ont eu un fils Ilia.

Svetlana est diplômée de la faculté des statistiques, de contrôle de gestion et d’analyse économique de la prestigieuse FINEK (aujourd’hui université d’économie et de finances de Saint-Pétersbourg). Après le mariage, les Medvedev ont habité dans un appartement donné gracieusement par les Linnik.

Les proches du couple affirment l’influence sérieuse de Linnik sur le mari. C’est elle qui donnait le ton, et pas seulement dans la vie quotidienne. Son charme lui permettait de tisser des relations, que son mari commença à maîtriser par la suite.

Après son déménagement à Moscou, Svetlana Medvedeva a présidé des programmes russo-italiens « Milan - Saint-Pétersbourg » et « Venise - Saint-Pétersbourg ». Elle a des relations étroites avec l’Italie. Elle est souvent remarquée dans les défilés de mode à Milan et à Moscou. Medvedeva dirige actuellement le comité de patronage du programme « Culture morale et spirituelle de la jeune génération en Russie », fondé avec la bénédiction du patriarche Alexis II. Parmi les organisations qui participent au programme on trouve le mouvement ultra-nationaliste Stiag. L’épouse de Dmitri Medvedev est chevalier de l’ordre féminin de l’Eglise orthodoxe russe « De la vénérable Euphrosyne de Moscou », qui récompense des femmes de Russie pour leur mérite particulier. Elle est marraine de l’orphelinat N°1 de Saint-Pétersbourg où vivent 316 pupilles âgés de 4 à 25 ans.

Svetlana est une proche amie du designer Valantine Youdachkine et de la chanteuse Alla Pougacheva.

Certaines presses russes soupçonnent Svetlana d’être actionnaire de la société Edinaya Evropa et plus précisément de sa filiale Ile de Beauté, leader russe de distribution de parfums et de cosmétiques.

Crédit photo : The Christian Science Monitor


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36 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 3 mars 2008 10:12

    Un président élu démocratiquement par le peuple Russe

    Il n’y a pas chercher midi à quatorze heure et arrêtez de voir toujours le russe avec un couteau entre les dents

     


    • Yifu66 3 mars 2008 10:35

      ...Et la déclaration des droits de l’homme à la main...


    • Traroth Traroth 3 mars 2008 11:55

      C’est scandaleux, ce que vous osez dire là, Lerma. Petits rappels : les seuls opposants à Medvedev sont ceux qui ont fait allégeance à Poutine. On a empêché les opposants valables, comme Kasparov, de se présenter.

      Et les organisations internationales qui se chargent en principe de contrôler la validité des élections ont été tellement entravées qu’elles ont renoncé à contrôler celle-ci. Ca veut tout dire.


    • Guiom Guiom 3 mars 2008 12:49

      Lerma je vous soutiens lorsque vous êtez contre les attaques récurentes "anti-sarko" mais là je ne peux pas vous laissez dire que l’élection de Medvedev est démocratique ou alors la notion de démocratie en Russie n’est pas la même que la notre !


      • superesistant superesistant 3 mars 2008 15:05

        de la à en déduire que ses analyses sont souvent completements à coté de la plaque.. il n’y a qu’un pas à franchir nan ???

         


      • TSS 3 mars 2008 13:32

        l’est de la russie où les gens ont l’obligation de voter ,sinon repression, des chefs de bureaux de vote qui confirment qu’ils ont reçu l’ordre de bourrer les urnes si le quota de votants n’est pas atteint !

        mais comme le disent si bien les Lerma c’est une election democratique !!


        • Internaute Internaute 3 mars 2008 15:03

          En lisant cet article on est quand même étonné par deux choses. La première est que Medvedef est subjugué par Poutine dans sa vie politique et la seconde qu’il est subjugué par sa femme dans sa vie privée. Entre les lignes il faut comprendre qu’il s’agit d’un fallot.

          Fallot pour fallot, c’est quand même un fallot qui a réussi à être de tous les bons coups et à diriger Gazprom, une société qui vaut 300 milliards de dollars.

          Comment se fait-il qu’en Russie il faille être fallot et mou pour réussir dans une jungle de requins à rafler les meilleurs postes ? Ou alors peut-être que l’article exagère le portrait de l’homme. Il s’agit sans doute d’une faute d’orthographe. Au Kremlin ce n’est pas la fallocratie mais la phallocratie qui mène la danse.


          • Traroth Traroth 3 mars 2008 17:07

            Ironie facile du vulgaire. Oui, c’est tellement mieux quand on parle de gens qu’on ne connait pas et à propos de choses qu’on ne comprend pas. Et tellement plus commode pour faire passer des vessies pour des lanternes aux gens. Certains, comme Lerma, en arrivent à dire des énormités, par exemple que cette élection a été parfaitement démocratique...


          • chico_du_33 3 mars 2008 16:30

            vous rédigez un commentaire sur Agoravox, ce qui laisse supposer que vous avez internet.

            Renseignez vous sur le régime qui reigne en Russie et ensuite revenez nous dire si ça correspond à votre vision de la Démocratie.

            Ils disaient hier au journal que dans certains bureaux de vote, il y avait 100% de votants ^^.


          • Dalziel 3 mars 2008 16:36

            La Russie est une nation neuve qui veut aller de l’avant, et le plus rapidement possible.

            Elle n’a donc pas le temps de se perdre dans des alternances et des cohabitations, qui font le bonheur des "démocrates" patentés, dans les Etats décadents !


          • Traroth Traroth 3 mars 2008 17:10

            Je pense que c’est de l’ironie pour dire que la France en est à peu près au même point que la Russie. Ce n’est heureusement pas encore le cas, mais il est vrai que nous filons un mauvais coton.


          • Traroth Traroth 3 mars 2008 18:02

            @Dalziel : la démocratie est un signe de décadence, pour vous, donc. Mais vous n’êtes rien de plus qu’un nazillon, en fait...

            Il est toujours fécond, le ventre la bête immonde.


          • Formule4 3 mars 2008 18:35

            Désolé mais sur ce coup là je soutiens Ierma, La Russie est une démocratie comme la France ...

            Pas du tout, les "popovs" n’ont pas élu leur président avec 80% des voix. Nous si, avec Chichi. Viva la banana republica francaise.


          • Dalziel 4 mars 2008 00:08

            Dalziel : la démocratie est un signe de décadence, pour vous, donc.

            Manifestement, t’as loupé une chiée d’épisodes. Chronologiquement, il y a eu la démocratie puis, bien plus tard, la décadence.

            T’es d’autant moins pardonnable de l’ignorer que c’est un vieux schéma classique récurrent. Il s’est déjà vérifié à Athènes… C’est dire si ça date pas de hier…

            Mais vous n’êtes rien de plus qu’un nazillon, en fait...

            Comme d’une part, je me fous complètement de ce que tu penses et dis de moi, comme d’autre part, ton répertoire d’« insultes » est des plus limités, je te suggère de tout balancer, en vrac, d’un coup d’un seul, et ensuite de rediffuser sous forme de copier-coller. OK ?

            Il est toujours fécond, le ventre la bête immonde. *

            (Eugen Berthold Friedrich Brecht, dit Bertolt Brecht, 1898-1956)

            * La citation exacte est « Il est toujours fécond le ventre qui enfant la bête immonde. », mais bon…, on va pas chipoter…

             


          • arretsurlesmots arretsurlesmots 3 mars 2008 16:39

            @ CFRIES : Que pensez-vous des déclarations de Jean-Robert Raviot ? Ne croyiez vous pas que l’on s’oriente vers un tandem (Poutine-Medvedev) qui laisserait tout de même un grand nombre de pouvoir à Dimitri Medvedev ?


            • CFRIES 3 mars 2008 17:18
              @arretsurlesmots : Je ne crois pas que Poutine laissera un grand nombre de pouvoir à Dimitri Medvedev, parce que :

              1- Ce n’est pas sa façon de gouverner (sous un donneur d’ordre) : Il faut comprendre que Poutine se sent intouchable et qu’il a le droit de décider quel président aura la Russie. Même s’il avait choisi une autre personne, ce dernier obtiendra exactement le même résultat que celui de Medvedev. Les gens ont voté implicitement pour un troisième mandat de Poutine

              2- Medvdev n’a pas (ou n’a pas su constituer ) un cercle d’influence propre à lui, qui pourrait l’utiliser au cas où.

              3- Certaine presse russe affirment qu’un grand nombre de projets de loi est en préparation pour notamment renforcer le future rôle de Poutine.

              Dans tout les cas, la constitution du future gouvernement nous dira d’avantage.

              Sinon, juste pour ne pas être mal comprit, je confirme que la popularité de Poutine est un fait incontestable en Russie.


            • Mohammed MADJOUR Mohammed 3 mars 2008 17:29

              @L’Auteur

              "Normalement, une élection présidentielle suscite des intrigues et des suspenses, mais pas en Russie."

              Et on se souvient de l’intrigue de 2001 quand Chirac avait balayé tous les suspenses et s’était fait désigné Président de la République par l’ensemble des Formations poliques et par toutes les Associations et par tous les Syndicats et ainsi par tous les Français... Une supercherie "démocratique" !

              Et on se souvient de la façon dont les Français ont été travaillé de manière continue par une sorte de torture médiatique doublée régulièrement par des buletins de sondages savamment dosés afin de parachuter Nicolas au sommet du tabouret !

              Et on voit bien ce qui se passe aujourd’hui (bien que le scrutin n’est que municipal) sur le terrain occupé (c’est le cas de dire) par l’UMP en relation étroitement forcée avec toutes les tendances politiques car cette coalition en forme de queue de poule n’a ni idéologie, ni meme des idées, ni un programme cohérent ! C’est au jour le jour qu’on improvise et qu’on bricole !

              Vous parlez du système politique russe, l’amalgame français ne vaut pas mieux ! Arretez de chanter la démocratie et les droits humains ! Si Coluche a existé c’est parce que la France était la Patrie de SDF et aussi le tombeau des droits de l’homme !

              Parlez plutot des scandales en France qui fleurissent chaque jour et se superposent sans que personne ne puissent donner des explications...

              MOHAMMED.

               


              • Dudule 3 mars 2008 17:31

                Poutine aussi était décrit comme une marionnette lors de sa prise de pouvoir. On a vu ce qui en a été...

                Si la Russie n’est pas une démocratie, loin de là, il faut se rapeller qu’elle ne l’a jamais été, et qu’elle n’est pas à proprement parler une dictature.

                En effet, dans une "vraie dictature", Poutine ne se serait pas embarrassé pour rester au pouvoir malgrès la loi qui ne lui autorise que 2 mandats. De plus, il est faux de dire que l’opposition est interdite : c’est l’opposition pro-occidentale qui est interdite (notemment représentée par le parti de Mr Kasparov). Les manoeuvres de l’"occident" (i.e. les Etats-Unis et l’Otan) aux marches de la Russie ces dernières années ont un cerain prix, et c’est celui-ci... On ne prend pas le risque de réveiller la guerre froide pour ensuite se plaindre que l’Ouest et les partis qui y sont favorables sont mal vus par le Kremlin.

                Le Parti communiste et d’autres sont autorisés, même si "on" s’arrange pour leur donner un score suffisemment faible pour limiter leur audience et leur représentativité. C’est exactement ça d’ailleurs : tout les observateurs s’accordent à dire que même sans tricherie, Medvedev aurait gagné. La triche ne sert qu’à limiter l’audience et les capacités de manoeuvre de l’opposition.

                Il ert fort possible que nous assistions à une passation de pouvoir, prélude à une transition démocratique. Poutine a joué son rôle, il a sorti la Russie du désastre des années Eltsine (durant ces années, souvenez vous, Eltsine avait poussé la Russie au bord de la famine, fait tiré au canon sur le Parlement, sous les apludissements nourris de l’Occident. Ceci ajoutant à la rétissance vis-à-vis des parti pro occidentaux -libéraux au sens économique- déjà décrite ci-dessus), et il l’a fait sans trop de dommage (beaucoup craignait en ces temps troubles un retour à l’absolutisme), et il faut passer à autre chose...

                On verra au cours des prochains mois si Mr Medvedev est le signe d’une transition démocratique, ou simplement une manoeuvre pour garder Poutine au pouvoir malgrés la loi. On le verra notemment par rapport à l’attitude du gouvernement face à la "grogne" sociale qui monte (et c’est bien normal : maintenant que les Russes ont acquis un certain bien-être, ils veulent plus...). Medvedev l’a promis au cours de sa campagne : il va faire du social. On verra...

                Je ne dis pas que ce que j’ai écrit plus haut est exact (que Medvedev est le signe d’une transition démocratique), je n’en sais rien. Mais cette hypothèse est rarement formulée, et c’est une possibilité. Qui vivra verra...


                • 5A3N5D 3 mars 2008 18:13

                  @ dudule,

                  J’ai beaucoup aimé votre analyse. En fait, l’analyse de quelqu’un qui n’a aucune notion de ce que peut être la vie actuelle en Russie.

                  "On le verra notemment par rapport à l’attitude du gouvernement face à la "grogne" sociale qui monte (et c’est bien normal : maintenant que les Russes ont acquis un certain bien-être, ils veulent plus...)."

                  Vous êtes vraiment aveuglé par la poudre aux yeux qu’est la politique de Poutine : comme il y a de "pseudo" partis d’opposition (qui sont en fait dans la majorité), il existe en effet des syndicats tout à fait officiels dont les actions et revendications donnent un parfum de démocratie dans le monde du travail, mais ce sont des syndicats factices (on voit mal Poutine supporter la contradiction, lui qui a muselé la presse depuis bien longtemps.)

                  Ceci étant dit, le besoin d’un régime démocratique n’est absolument pas ressenti comme une nécessité par la population, et dans les classes les plus défavorisées, on se désintéresse totalement de la politique. La priorité va à autre chose et quand vous écrivez que les russes vivent maintenant dans un certain bien-être, je pense vraiment que votre jugement est totalement à revoir. Une minorité (25% tout au plus) peut se prévaloir de se situer dans la "classe moyenne", c’est-à-dire ayant les moyens de se loger, de manger, de s’habiller et même de voyager un peu. 

                  Pour les autres, ils n’en sont pas encore là, il s’en faut de beaucoup. La misère noire et le chômage existent bien, avec leur cohorte de maux (alcoolisme, tuberculose, sida, délinquance...) On ne peut pas prendre deux villes (St Pétersbourg et Moscou) et décider que "la Russie, c’est ça" sans prendre le risque de se tromper lourdement. Aussi, si vous voulez voir un autre aspect de la Russie, vous pouvez vous rendre sur le site suivant :

                  http://www.russie.net/SOS-orphelinats/

                   

                   


                • tomper 3 mars 2008 18:32

                  Bonjour,

                  J’ai vu votre site, bravo pour votre action, mais je suis tout de même dubitatif concernant les chiffres avancés...

                  "Selon les statistiques officielles, il y a 1 million d’enfants russes abandonnés dans les rues. Les orphelinats sont dépassés par cette réalité et leur budget suffit à peine pour la nourriture des enfants.

                  Encore une fois, selon les statistiques, environ 1 million de personnes disparaissent chaque année en Russie,"

                  çà me parait énorme ?? Disons que j’ai pas ressenti cela pendant mes séjours en russie....

                  Ceci dit, bravo pour votre site, même si sa lecture sur firefox ne m’est pas des plus aisée

                   


                • 5A3N5D 3 mars 2008 18:47

                  "De même, les medias occidentaux ont voulu faire de Politkovskaia une martyre journaliste, mais pas un media ne parlait d’elle avant sa mort !"

                  C’est curieux, car en plus d’avoir écrit des ouvrages sur la Tchétchénie, entre autres, elle est également connue pour son rôle de négociatrice dans l’affaire de la prise d’ôtage du théâtre "Nord-Ost" en octobre 2002. Elle a été écartée (empoisonnée) alors qu’elle voulait couvrir la prise d’ôtage de Beslan (septembre 2004), affaire qui, pour beaucoup de parents des victimes n’a pas encore livré tous ses secrets.

                  La Russie d’aujourd’hui est vraiment repliée sur elle-même. Si elle a du mal à se tourner vers l’occident, elle le doit à Poutine lui-même et à ses affidés ultra-nationalistes (jeunesses poutinienne (nachis), eurasistes de Dugin.) C’est un pays où la xénophobie est érigée en principe (interdiction pour les "bronzés" de se montrer sur les marchés depuis le 1er avril 2007), diabolisation totale de la politique multi-culturelle des pays occidentaux, sentiment d’appartenir à une nation qui n’acceptera jamais la "décadence". Malgré tout, la crise démographique (le pays perd 600 000 habitants chaque année) risque de poser au pays de gros problèmes.


                • 5A3N5D 3 mars 2008 18:49

                  Oups ! il s’agit d’une réponse à Tomper (ci-dessous.)


                • tomper 3 mars 2008 19:50

                  @ 53N..

                  Vous me parler d’un tableau dont vous ne me décrivez que les couleurs noires...Mais il y a d’autres couleurs, tout de même, et votre comment. est à mon sens un peu exagéré...

                   


                • Dudule 3 mars 2008 21:51

                   

                  @5A3N5D

                  Il se trouve que je suis allé plusieurs fois en Russie. Il est vrai que seule la vie à St Petersbourg et à Moscou a atteint, on va dire, des standards occidentaux (plus à Moscou qu’à St Petersbourg, d’ailleurs), et que j’ai plusieurs très bons amis russes, très critiques à l’égard de Poutine pour la plupart. La situation en Russie ne m’est donc pas inconnue, même si je ne suis pas allé partout, loin, très loin de là.

                  Mais par rapport au véritable désastre qu’a été le passage au pouvoir de Eltsine (et c’est pas si vieux !), la situation est nettement meilleurs partout, ce qui explique la popularité de Poutine, bien réelle, même s’il semble qu’elle s’éfrite. Dans l’esprit de beaucoup de Russe, Poutine est l’homme qui les a sauvé du désastre, et c’est un peu vrai quelque part.

                  Ceci explique aussi le rejet profond de l’occident et des partis "occidentalistes" : Encore une fois, Eltsine à littéralement poussé la Russie au bord de la famine sous les cris de joie de la presse et de la diplomatie occidentale ! Enfin des réformes ! Ben voyons... Si les partis occidentaux et l’occident en général sont si mal vus, n’allez pas chercher plus loin. Poutine s’en sert très bien, mais c’est bien notre faute au départ !

                  Il est tout à fait exact qu’il existe un très grand nombre d’orphelins en Russie, ou du moins qu’ils en existait un nombre très important des années 90 au début des années 2000 (je ne connais pas la situation actuelle, mais je me souviens d’une visite à l’orphelinat de Pokrov en 2003... vous devez connaître sûrement). La cause : la guerre (ou plutôt les guerres, de Tchétchénie et d’Afghanistan), ajoutée à une crise économique intense. Il me semble que c’est typiquement la situation que Poutine se vente d’avoir redressé, à tord ou à raison, d’où sa popularité. Il faut savoir que les pertes au cours de ces guerres ont été très élevées, à un tel point que les cimetières de province sont pleins des tombes de jeunes soldats.

                  Lorsque je parle de revendications sociales, je ne parle pas des syndicats officiels, bien entendu, mais des grèves et des manifestations réelles qui poussent comme des champignons après la pluie en province depuis quelques mois (étudiants, retraités, travailleurs...le coup d’envoi ayant été donné il y a trois ans avec la suppression de certains "privilèges" alloués aux retraités). Mécontentement sans portée politique réelle (et donc assez peu réprimés), pour le moment, étant donné le manque de coordination politiques de ces mouvements disparates. On en a très peu d’échos, la presse officiel n’en parlant pas ou peu, la presse occidentale encore moins, mais c’est une tendance bien réelle.

                  D’où les promesses sociales de Medvedev. Il n’a pas dit ça pour faire plaisir à quelques militants altet-mondialistes qui de toute façon ne votent pas pour lui, soyez-en bien sûr. Il y a un mécontentement latent et grandissant en Russie. Il semble que les "Poutiniens" ont eu plus besoin de tricher que d’habitude pour faire apparaître un résultat plus que favorable, même s’ils restent de toute façon majotritaire dans l’opinion, triche ou pas.

                  Mais je ne vois pas le rapport entre cet état de fait et vos reproche sur mon ignorance totale de la situation en Russie (sûrement bien réelle, je le confesse bien volontiers, c’est un pays tellement immense et compliqué... structurellement ingouvernable d’après certains, dont je ne suis pas).


                • 5A3N5D 4 mars 2008 10:17

                  "Il est tout à fait exact qu’il existe un très grand nombre d’orphelins en Russie, ou du moins qu’ils en existait un nombre très important des années 90 au début des années 2000.... La cause : la guerre (ou plutôt les guerres, de Tchétchénie et d’Afghanistan), ajoutée à une crise économique intense."

                  Hélas, je pense que vous vous trompez : ces enfants ont, bien souvent, des parents encore vivants. Ce sont des enfants purement et simplement abandonnés, comme il en existe dans toutes les anciennes républiques de la Fédération de Russie.


                • tomper 3 mars 2008 17:56

                  Merci à l’auteur pour son article.

                  Mais c’est tout même édifiant de lire tout ces commentaires, reflet parfait de l’arrogance prétentieuse de l’occidental typique. Ce genre de commentaires participe d’ailleurs au sentiment des russes, qui se sentent "endigués", critiqués à l’occident. Pourtant rien ne serait pire que de voir le sentiment nationaliste, déjà développé,se renforcer davantage, que ce soit à ce sujet ou un autre, comme le kosovo.

                  Quand bien même les élections ne se sont pas passées dans la transparence la plus démocratique, il n’en reste pas moins que ce peuple n’a jamais connu que la dictature : le communisme suivant le régime tsariste, et qu’il veulent un régime fort : Medvedev à été indéniablement plébicité, tout comme Poutine, alors arrêtons de donner des leçons, et balayons devant notre porte.

                  Et quid de kasparov, cité dans un commentaire ? Il n’a pas vraiment de media à sa disposition pour se faire plus connaitre des russes, mais il est vu par une partie d’entre eux (tout au moins par le peu de nombre de gens qui ont entendu parler de sa candidature !) comme quelqu’un de trop "pro-occidental".

                  De même, les medias occidentaux ont voulu faire de Politkovskaia une martyre journaliste, mais pas un media ne parlait d’elle avant sa mort ! Elle n’était quoi qu’on en pense pas autant écoutée qu’on a bien voulu le dire, et avait beaucoup d’ennemis, de tout bord. Pour information, son journal, Novaia Gazeta, est (corrigez moi si je me trompe), propriété de la fille Mickail Gorbatchev, qui est au passage, comme son père, milliardaire. Tiens d’ailleurs c’est marrant, Gorbatchev, encore un qui était plus populaire à l’ouest que dans son propre pays...

                  Donc de grâce, s’il vous plait, apprenez à connaitre un peu plus le peuple russe avant de faire ces commentaires de donneurs de leçon...Il le mérite bien, non ?

                   


                  • Traroth Traroth 3 mars 2008 18:05

                    Vous avez sûrement raison : c’est toujours quand on est sûr du "plébiscite" qu’on truque les élections, c’est bien connu.


                  • CFRIES 3 mars 2008 18:27

                    @tomper : Depuis le 7 juin 1006, la répartition des actionnaires de Novaya Gazeta est la suivante :

                    - 39% appartient au député Alexandre Lébédev

                    - 51% à la rédaction de NG

                    - 10% à Mikhael Gorbachev

                    Cordialement

                    CFRIES

                     

                     


                  • tomper 3 mars 2008 18:36

                    Mes respects


                  • tomper 3 mars 2008 19:51

                    @ Traroth

                     

                    TI OCHIN BALNOI !!!


                  • stephanemot stephanemot 3 mars 2008 19:32

                    merci pour ces éléments sur le nouveau numéro un russe.

                    le parcours présente à la fois plus et moins d’aspérités que celui de Vlady avant son accession au pouvoir.

                    la question est moins de savoir qui il est que ce qu’il va devenir ; comment va réagir cet homme dans des conditions anormales de température et de pression ? Poutine ne l’a vraisemblablement pas laissé avec les pleins pouvoirs sans conserver des cartes dans sa manche - de quoi le faire tomber, probablement.

                    au-delà de la relation Medvedev - Poutine, surveillons les autres acteurs qui ont désormais le champ libre pour s’interposer voire s’imposer. il peut y avoir du flottement dans les mois qui viennent, et quelques réglements de comptes violents.


                    • del Toro Kabyle d’Espagne 3 mars 2008 19:42

                      Je voulais remercier les démocraties occidentales pour leur concours de lèche : il y a certaines valeurs qui ont un goût d’emprunt russe.


                      • pilot2ligne pilot2ligne 3 mars 2008 23:44

                        L’élection de Medvedev peut être considérée comme étant démocratique puisque, comme l’a dit Poutine, elle est conforme à la Constitution de son pays.

                        Cependant,pour nous occidentaux ,Il est très difficile de croire que dans un pays comme la Russie la constitution soit totalement démocratique. En effet, les libertés les plus fondammentales y sont bafoués.

                        Pour en revenir à l’élection promprement dite, Medvedev à récolté 70,22% des voix. Score qui, à première vue, parrait conséquent. Pourtant, si on analyse ce score à la loupe,le résultat est tout autre . En effet, si on ne tient compte ni des personnes ayant voté pour un autre candidat ni des personnes qui n’ont pas voté lors de ce scrutin ( le taux de participation est de 65%) on remarque qu’à peine un Russe sur deux a voté en sa faveur..

                        Puisque, comme le prétendent un grand nombre d’observateurs occidentaux, Medvedev ne sera que le pantin de Poutine, lequel des deux sera le représentant de la Russie Unie lors des prochaines élections ?

                        wait&see

                         

                        -


                        • Internaute Internaute 4 mars 2008 08:17

                          On baigne dans une ambiance anti-russe depuis que Putin a retiré les chaînes de télévisions et les biens collectifs du pays des griffes d’un certain lobby. Il n’y a pas un article, pas un reportage télévisé qui ne critique violemment la démocratie russe et dénonce des violations partout.

                          Elections russes 2008 : le candidat de l’établissement fait 69% des voix.

                          Elise Lucet puis la guadeloupéenne de FR3 disent « Le résultat des élections parle tout seul sans qu’il soit nécessaire de faire des commentaires ».

                           

                          Elections françaises 2002 :le candidat de l’établissement fait 80% des voix.

                          Les maîtres à penser nous disent : « ouf, la démocratie est sauvée ».

                           

                          Chacun voit midi à son heure. Pourquoi mettre toujours le projecteur sur les plaintes de Gasparov alors que dans les élections françaises les journalistes se fichent complètement des candidats à qui on refuse des sales de réunion, du temps d’antenne et la moindre visiblité dés qu’ils ne plaisent pas au pouvoir en place.

                          S’il y a un pays qui n’a aucune leçons de démocratie à donner, c’est bien le nôtre. C’est en France que l’on pratique la chasse aux sorcières.

                           

                          Dans ces élections il y a eu 4 partis et même un candidat inattendu. Que Putin ait occupé le gros de la campagne ne devrait pas choquer des journalistes habitués à suivre à la trace Sarkozy ou Ségolène. Aux USA il faut dépenser au moins 300 millions de dollars pour avoir une chance d’être élu mais cela ne justifie aucun commentaire méprisant sur leur manque de démocratie.


                          • 5A3N5D 4 mars 2008 10:20

                            "Elections russes 2008 : le candidat de l’établissement fait 69% des voix."

                            La seule différence avec la situation de la France en 2002, c’est que le résultat des éléctions présidentielles russes était connu depuis 2 ? 3 ? 4 ans ? La comparaison est assez curieuse.


                          • tomper 4 mars 2008 13:13

                            @ INTERNAUTE.

                            Tout à fait d’accord avec vous

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