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Qui veut vraiment sauver Gaza ?

Mercredi, une cinquantaine de roquettes et obus ont été tirés sur Israël. Depuis le commencement des affrontements, quatre Israéliens ont été tués par ces tirs et plusieurs dizaines d’autres blessés. Du côté israélien, la marine a bombardé une vingtaine d’objectifs dans la bande de Gaza. Les ministères de l’Éducation et des Transports sont pratiquement en ruines.

Daniel Seaman, directeur du Bureau gouvernemental de presse, digère mal que des journalistes étrangers demandent un accès à Gaza. Selon ce dernier, la presse étrangère devrait avoir honte de formuler une telle demande et elle devrait plutôt orienter son travail du côté des enfants de Sderot, d’Ashkelon et de toute la périphérie de la bande de Gaza. En sommes-nous rendus là ? Fonder des autorisations d’accès sur le poids de la souffrance des enfants ? Il me semble que oui.

Israël veut éviter à tout prix une polarisation de l’opinion publique internationale contre son intervention dans la bande de Gaza. Pour cela, les reportages sur des cas d’enfants et de femmes tuées par des bombes ne sont pas de nature à rendre sympathiques les interventions militaires de l’État hébreu à Gaza. Après un bombardement aérien d’Israël, rapporte l’Express, la mosquée du camp de réfugiés de Jabaliya s’est effondrée sur la maison d’Anwar Baaloucha. Cinq soeurs de la famille Baaloucha, Jawaher, 4 ans, Dina, 8 ans, Samar, 12 ans, Ikram, 14 ans et Tahrir, 17 ans, ont péri sous les décombres. Les parents, le fils et deux autres sœurs ont survécu.

Pour Ehud Olmert : « Israël a fait preuve de retenue pendant des années. Israël a accordé une chance à la possibilité d’un cessez-le-feu. Mais le Hamas l’a violée ». Dialogue de sourds. Le Quartette pour le Proche-Orient et l’Union européenne appellent à un cessez-le-feu « permanent » et « respecté » entre Israël et le Hamas à Gaza, afin d’acheminer de l’aide humanitaire et de permettre le retour à un processus politique. Le cabinet israélien de sécurité - composé de 12 ministres - a rejeté toutes les propositions internationales de trêve. Donc, la chose est entendue : il n’y aura pas de trêve humanitaire provisoire de 48 heures dans la bande de Gaza, en dépit de la propagation d’une crise humanitaire. Plus des deux tiers des Israéliens sont en faveur de la poursuite de l’offensive contre le Hamas à Gaza, selon un sondage publié par le quotidien Haaretz.

Pas de trêve humanitaire et surtout, pas de « crise humanitaire » à Gaza. C’est Tzipi Livni qui l’assure à l’issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée. Israël et son armée font, dans leurs frappes, la distinction entre les terroristes et les civils, « ce faisant, nous maintenons la situation humanitaire à Gaza exactement comme elle doit être ». Quelque 6.500 tonnes d’aide humanitaire, consistant en aliments et médicaments, seraient parvenues dans la bande de Gaza depuis le déclenchement de l’offensive samedi dernier. Madame Livni sort satisfaite de sa rencontre : « Ici, on a l’impression de comprendre qu’Israël ne veut pas le cessez-le-feu. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit », a déclaré Mme Livni dans un entretien à i-Télé ». Qui plus est : « [le président] est très au fait de la situation, de la complexité de notre région, il comprend la nature de la menace à laquelle Israël fait face ».

Une brève rumeur voulait que le Hamas ait accepté le principe d’une trêve. Le Hamas a aussitôt démenti avoir accepté « sous conditions » les propositions formulées par l’Union européenne en vue d’une trêve avec Israël. Cette rumeur aurait été le fait d’un « faux communiqué ».

Pas de journalistes témoins, pas de trêve et le maintien de la cadence infernale des bombardements dans la bande de Gaza. Le Hamas n’a que ce qu’il mérite. Et les arabes eux-mêmes tergiversent et remettent aux calendes grecques, sinon sur les organisations internationales, les décisions qui déplaisent aux pays amis, dits « modérés » des États-Unis.

400 morts et plus de 2000 blessés plus tard du côté de Gaza, les diplomates tergiversent. Les pays arabes demandent au Conseil de la sécurité des Nations Unies l’adoption d’une résolution « contraignante » pour mette fin à « l’agression israélienne » dans la bande de Gaza. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, appelle les pays arabes à « un calme pour prendre des décisions fermes contre les attaques israéliennes ». L’objectif de la rencontre des ministres arabes des Affaires étrangères serait bel et bien de trouver une position commune sur les offensives meurtrières israéliennes à Gaza. Les ministres ont souligné la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer sa responsabilité pour mettre fin aux offensives israéliennes. On croit rêver. « La poursuite des attaques israéliennes signifie l’effondrement du processus de paix du Moyen-Orient », menace la Ligue arabe.

La Ligue arabe fait-elle la même lecture des événements ou feint-elle de les ignorer ? Shmuel Rosner, chroniqueur au Jerusalem Post, écrit simplement : « Ehud Barak is running for prime minister. Foreign Minister Tzipi Livni is running for prime minister. Opposition leader Benjamin Netanyahu is running for prime minister. And I’m sure that when they’re all making decisions, they have it on the back of their minds ».

Mercredi soir, la Libye a déposé, devant le Conseil de sécurité, un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et son plein respect par Israël et le Hamas. Le projet condamne « vigoureusement toutes les attaques militaires et l’usage excessif, disproportionné et aveugle de la force par Israël, puissance occupante, qui a fait de nombreux morts et blessés parmi les civils palestiniens innocents, y compris des femmes et des enfants ». Le projet libyen ne fait aucune mention des tirs de roquettes en provenance de Gaza sur le territoire israélien. La réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU s’est achevée mercredi soir sans que le projet soit soumis au vote.

Il n’en fallait pas plus pour voir regimber les États-Unis et la Grande-Bretagne. « Cette résolution n’est pas équilibrée et, en conséquence, elle n’est pas acceptable pour les États-Unis ».

Une délégation arabe, composée des ministres égyptien, jordanien, libanais, libyen, marocain, qatari, syrien, ainsi que du palestinien et du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, se rendra, au début de la semaine prochaine, au siège de l’ONU à New York pour promouvoir la position arabe. Ce dernier a demandé au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, d’en être. Aucun représentant du gouvernement élu du Hamas ne sera présent.

À travers ces démarches qui couvrent d’une « pseudo légitimité » l’action de la Ligue arabe, Amr Moussa appelle les frères palestiniens à une réunion de réconciliation immédiate. Et cela cinq jours après le début des raids israéliens sur la bande de Gaza. Saoud al-Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne, affirme rien de moins que les pays arabes ne pourraient « tendre la main » aux Palestiniens tant que ces derniers resteraient divisés. La ligue arabe doit se prononcer sur une proposition du Qatar de tenir, vendredi, à Doha un sommet arabe extraordinaire. L’Égypte estime cette proposition prématurée, accusant aussi l’Iran d’instrumentaliser la crise. Elle exige le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza avant d’ouvrir sa frontière en permanence.

Si le Conseil de sécurité ne répond pas à l’appel arabe, les ministres poursuivront alors les discussions sur la tenue d’un sommet arabe extraordinaire.

Force est de constater, comme l’exprime Moustapha Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, dans l’hebdomadaire L’Express, que : « les pays arabes pourraient faire beaucoup contre Israël, mais comme ils sont divisés ils ne feront malheureusement rien ». La Maison Blanche a affirmé qu’il appartenait au Hamas de faire le premier pas pour un cessez-le-feu en arrêtant ses tirs sur Israël.

Nicolas Sarkozy se rendra à Ramallah, fief du Fatah. Puis à Tel-Aviv. Puis à Damas. Puis à Beyrouth. Il vient de rencontrer Tzipi Livni. Aucun dialogue ne sera entrepris avec le Hamas, organisation reléguée au rang de terroriste. Tout dialogue avec des terroristes est impossible. Ce que ne font pas les pays arabes « dits modérés », pourquoi Nicolas Sarkozy le ferait-il ? La paix au Moyen-Orient et au Proche-Orient est-elle au centre de ses priorités ou ne serait-ce plutôt qu’un cas de figuration personnelle au centre d’une tragédie qui s’est amorcée à la fin d’un règne ? Nicolas Sarkozy, pour prolonger un règne qu’il regrette devoir terminer, souhaite rappeler, en dernier tour de piste, qu’il se réclame être le champion du dialogue tous azimuts sur la scène internationale.

« Quand on est le Hamas, on ne choisit pas ses interlocuteurs », commentait l’Élysée. La France ne veut rien de moins que l’Égypte, discréditée dans le monde arabe, soit à nouveau au cœur de la recherche d’une solution de crise. Le président Hosni Moubarak, qui copréside l’Union pour la Méditerranée (UPM) avec M. Sarkozy, reste « un exemple de modération dans la région. Notre premier devoir est de le soutenir ».

Le président français, au nom de la France, se rendra, avec une délégation, au Proche-Orient. Une délégation de la Ligue arabe se rendra à New-York, au siège social des Nations-Unies. La République tchèque, qui occupe depuis le 1er janvier, la présidence tournante de l’Union, annonce qu’elle va dépêcher une mission diplomatique européenne au Proche-Orient.

Tom Segev est historien. Dans un article percutant publié dans le quotidien Haaretz, le 29 décembre 2008, Tom Segev écrit : « il y a une autre vérité historique utile à rappeler [...]. Depuis l’aube de la présence sioniste sur la terre d’Israël, aucune opération militaire n’a jamais permis d’avancer dans le dialogue avec les Palestiniens » (Since the dawn of the Zionist presence in the Land of Israel, no military operation has ever advanced dialogue with the Palestinians).

Et dans le même quotidien, Haaretz, on retrouve cette autre déclaration qui ne surprendra personne. Selon le ministre des Affaires étrangères d’Égypte, Ahmed Aboul Gheit, Gaza a donné, sur un plateau en or, à Israël toutes les occasions pour bombarder son territoire : « Unfortunately, they [Hamas] served Israel the opportunity on a golden platter to hit Gaza ».

Le Quotidien d’Oran, publication algérienne, écrivait dans son édition du 28 décembre dernier : « Un responsable du Hezbollah libanais, Hachem Saffieddine, a résumé la chose de manière concise et forte. « Les Américains ont pris la décision, les Israéliens l’ont exécutée et les Arabes ont été complices ».




par Pierre R. Chantelois (son site) vendredi 2 janvier 2009 - 490 réactions
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  • Par hetset (---.---.---.153) 2 janvier 2009 11:19
    hetset

    (BIS)
    Cette attaque ne peut, malgrès toutes les manipulations politioco-médiatiques israeliennes, trouver de légitimité, et ça seul le peuple israelien ne le voit pas ( assez de voir dans les journaux ces "braves" israeliens hostilent aux agissements guerriers de leur gouvernement : une très large majorité d’israeliens soutiennent ces bombardements ! ) : 4 morts isareliens, 400 palestiniens !
    Je trouves que ceci est l’illustration parfaite de ce que la communauté internationale de façon globale et générale concidère : 1 vie israelienne vaut 100 vies palestiniennes !


    Nul ne peut nier que le Hamas vaincu est une bonne chose pour les Israeliens mais aussi pour les Palestiniens. Mais celà ne permet pas de tels actes dignent des siècles passés pour un pays qui se dit occidental, moderne...
    Que cherche Israël ? Ambraser une nouvelle fois le Moyen-Orient ? Réveiller l’Iran ? Unir contre lui toutes les forces armées de ses voisins ? On peut se poser la question...


    Et ne soyons pas dupes SVP, ce n’est pas parce que le HAMAS disparaîtra que pour autant les roquettes cesseront de tomber sur Israël...on le sait tous ! ( il éxiste d’autres mouvences, plus proches encore du Hezbollah qui se chargeront de ce travail...)
    Donc je repose cette question : que cherche réellement Israël par ces agissements demesurés ? Est-ce le signe d’une politique désabusée ne trouvant aucune autre solution à un problème vieux d’un demi-siècle ? Possible...et ce serait là l’aveu le plus explicite des grandes faiblesses d’Israël et de ses gouvernents, mais aussi de la communauté internationale et notamment occidentale !

  • Par katalizeur (---.---.---.235) 2 janvier 2009 11:31


    422 MORTS ET 2200  BLESSES le genocide des palestiniens continue

    ................ENOUGH IS ENOUGH..............LE NAZI SIONISME CRIMINEL CONTINUE.....MASSACRE ....

  • Par ZEN (---.---.---.175) 2 janvier 2009 10:39
    ZEN

    Je suis tombé hier sur une analyse qui me semble aller à l’essentiel, même si on peut ne pas être en accord sur tout :

    Un article de Mona .Chollet qui va à l’essentiel et qui va forcément déranger

    Un extrait significatif de cette longue étude :
    				 				

    				 				

    					 			

    		 	 	 	 	 	 			 				


    	 	 		 			 				"....La prise de pouvoir du Hamas est présentée comme une preuve de l’arriération et du caractère belliqueux des Palestiniens, alors qu’elle résulte de l’exaspération d’une population qui a vu l’occupant poursuivre inexorablement sa politique de terreur et de spoliation. « On nettoie, et ensuite, peut-être qu’on verra enfin émerger un partenaire palestinien raisonnable », disent en substance les autorités israéliennes aujourd’hui - comme si elles ne s’étaient pas acharnées auparavant à discréditer, à diaboliser, à éradiquer les partenaires raisonnables qu’elles avaient en face d’elles, assiégeant le quartier général de Yasser Arafat tandis que les infrastructures du Hamas et du Djihad islamique restaient debout. Selon toute vraisemblance, c’est plutôt les Palestiniens qu’il s’agit de « nettoyer ». « Sharon fera la paix... quand les Palestiniens seront finlandais », prédisait à juste titre Charles Enderlin (Libération, 20 octobre 2004). C’est tout aussi vrai d’Ehud Olmert. Et cela risque malheureusement d’être encore plus vrai de celui ou celle qui lui succédera en février..." 				 				 				 				
  • Par Olga (---.---.---.23) 2 janvier 2009 12:25
    Olga

     Oui, on sait, les Armes de Destruction Massive, en 2003 cachées dans les poches de Saddam H., en 2006 cachées au Liban et en 2008-2009 cachées dans la bande de Gaza. On va bien les retrouver un jour...
    En attendant le complexe militaro-industriel Israélien, Américain et Européen, ne cesse d’en produire des armes de destruction massive. Et on est bien obligé de les utiliser pour "faire tourner le bizness". smiley 
    Evidemment, il faut bien que ça tombe sur la gueule de quelqu’un. Je vous l’accorde, ça tombe souvent sur les mêmes, mais quelle idée aussi d’habiter dans des zones où on teste les nouvelles armes ? smiley

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