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Quitter une organisation après 19 ans de militantisme (3ème partie) : l’expérience d’une Assemblée Générale de l’O.N.U. (New-York 1997)

Suite (3ème partie) de mon récit publié sur agoravox...
Parmi les nombreuses expériences vécues dans le cadre de mon activité d’assistant confédéral à FO (secteur Europe-International), nul doute que je place mon séjour à New-York en novembre 1997 en première place.

Je dois rappeler les conditions exceptionnelles qui ont permis ce moment qui me marquera à jamais.

Chaque année, mais je ne sais pas si cela se poursuit aujourd’hui, le quai d’Orsay organisait le déplacement d’un responsable syndical de haut niveau pour une des confédérations syndicales nationales représentatives (les "cinq grandes" de l’époque). 

Cette visite consistait à recevoir ce syndicaliste un peu moins de 10 jours à New York au sein de la délégation diplomatique française participant à l’Assemblée Générale annuelle de l’O.N.U. se tenant à son siège entre septembre et décembre, chaque année.

C’est ainsi qu’en novembre 1997, je partis aux U.S.A. accompagner Jacques PE, secrétaire confédéral FO en charge de l’International.

Internationaliste par principe comme par réflexe, je me fis une joie de venir voir comme cela se passait au coeur même de la plus prestigieuse organisation internationale.

Car l’O.N.U. était, et demeure encore, le seul endroit au monde où même lorsque tous les autres espaces de dialogues sont fermés, le lieu où l’on peut échanger entre nations.

Là-bas, nous fûmes très bien reçu par le consul adjoint de notre représentation diplomatique auprès de l’O.N.U. et de ses organismes rattachés et de l’ambassadeur DEJAMMET.

Nous fûmes dotés de badges de conseillers de la délégation diplomatique française nous permettant de nous déplacer et de pénétrer dans toutes les salles de travail et les hémicycles ouverts aux rencontres multilatérale

Chaque matin, nous étions invité à assister à la réunion de mise au point de la journée avec l’ambassadeur et les principaux conseillers diplomatiques nous permettant de mieux comprendre et analyser à la fois les méthodes utilisées et les positions affirmées par notre pays dans toutes les rencontres.

Le contexte de l’époque était tendu par la situation irakienne et les sanctions appliquées à ce pays par la communauté internationale suite aux velléités de Saddam HUSSEIN.

J’eus l’occasion exceptionnelle de participer à une séance de travail du Conseil de Sécurité réuni dans une salle de taille bien plus modeste que celle que l’on voit habituellement sur les écrans de télévision (qui est la salle des plénières). 

L’intérêt fut d’écouter les propos successifs des ambassadeurs américain, français, chinois (R.P.), anglais... sur la position à adopter par rapport à la reconduction (automatique ou non...) des sanctions économiques appliquées à l’état irakien dirigé par S.HUSSEIN.

Je fus assez séduit par le ballet des langages diplomatiques et la farandole des formules utilisées.

La position française était empreinte d’un pragmatisme que je partageais largement (sans aucune flatterie ni nationalisme). Elle consistait à demander que l’on devait reconduire les sanctions pour un trimestre alors que les américains suivis (comme très souvent) par nos amis anglais exigeaient une prolongation sans aucune date. La France considérait qu’il fallait offrir une perspective de sortie aux sanctions (en l’assortissant bien entendu de conditions).

J’en profitais également pour rencontrer le représentant de la Confédération Internationale des Syndicats Libres (C.I.S.L. devenue C.I.S. aujourd’hui).

Et n’hésita pas pour parcourir et assister à toutes les réunions qui pouvaient recueillir mon attention et vu ma curiosité très dynamisée par le lieu,je fus comblé.

Droits humains, sociaux, rapports conflictuels entre états, environnement, presque tout y passa...

Ma plus grande déception fut la durée bien trop modeste de mon séjour et un lointain regret de n’avoir pas poursuivi des études supérieures pour entrer dans le corps diplomatique. Et de retour à Paris, je me pris à réver de longues négociations et de guerres évitées...

Je garde un excellent souvenir de la qualité de l’équipe diplomatique française, avec des diplomates brillants, dont le premier d’entre eux était bien l’Ambassadeur DEJAMMET. C’est ainsi que je fus très fier de ma nationalité au sein de l’organisation internationale.

Je revins de New-York un peu plus internationaliste et comprenant mieux les rouages de l’O.N.U. son fonctionnement et ses difficultés. Et je compris toutes nos exigences déçues par rapport à son action souvent décriée et/ou réellement insuffisante.

En faisant une précision d’importance : l’O.N.U. dans ses propositions et décisions n’est aussi que le reflet des convergences et divergences des Etats membres. Et que les responsabilités portent essentiellement sur ceux-là.

Rémi AUFRERE


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6 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 16 octobre 2009 12:23

    et le logement etait un 3 ou 5 etoiles ?


    • remiaufrere remiaufrere 16 octobre 2009 12:55

      2 (deux) ! smiley 


    • foufouille foufouille 16 octobre 2009 13:40

      ca donne moins envie de vomir comme les 2 autre episode
      je comprend mieux pourquoi le medef gagne


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 octobre 2009 16:27

        y a combien d’ épisodes ?


        • jaja jaja 16 octobre 2009 18:46

          Je n’ai pas la même conception de l’internationalisme que vous Monsieur l’auteur... C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais fréquenté ce Conseil de sécurité de l’Onu, ce pouvoir criminel des 5 grands, qui peuvent s’asseoir, grâce à lui, sur les désirs et volontés des peuples du monde entier.

          Palestiniens, Irakiens, Afghans etc... en savent quelque chose.

          Ma vie de militant je l’ai passée avec mes pairs et pas avec ces salauds ! Beaucoup disent que FO a été fondé par la CIA, vous donnez de l’eau à leur moulin !

          Quand à ces directions syndicales pourries il est grand temps qu’elles sautent...


          • Roger Martinovsky 22 octobre 2009 14:25

            tu as raison , j’aurai fait la même chose , dans la vie il faut savoir partir...

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