La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) est la compagnie d’électricité japonaise qui exploite les sites
des centrales nucléaires de Fukushima Dai Ichi où se sont produites les
explosions et le site de Fukushima Daini distant d’une douzaine de
kilomètres, l’ensemble totalisant dix réacteurs qui alimentent en
électricité Tokyo et sa région.
Ces
réacteurs sont à eau bouillante, celle-ci chauffée par la fission des
atomes du combustible qui se transforme en vapeur est dirigée
directement par un circuit primaire radioactif vers un générateur
d’électricité, cette configuration est totalement différente des
Réacteurs dits à Eau Pressurisée (REP) exploités en France qui
comportent un circuit secondaire non radioactif avec un échangeur qui
alimente la turbine du générateur.
Face à
la succession d’évènements catastrophiques d’ordres naturels qui se
sont produits au Japon suite aux tremblements de terre et au-delà des
drames humains il est fondamental d’aller à l’essentiel, c’est à dire à
ce qui pourrait hypothéquer durablement le devenir du vivant sur une
zone plus ou moins vaste, voire à l’échelle du Japon et des pays
satellites ou pire, un scénario de catastrophe environnementale
planétaire jamais égalé.
Malheureusement
dans le cas du site nucléaire de Fukushima, la « hiérarchie
catastrophe » peut atteindre un paroxysme avec le réacteur 3 de 34 ans
d’âge qui a été chargé pour la première fois en combustible MOX fourni
par AREVA en août 2010.
Dans le quotidien JAPAN TODAY du dimanche 22 août 2010 il était écrit en titre :
« La compagnie électrique de Tokyo a chargé en combustible MOX le vieux réacteur de Fukushima«
« Tokyo Electric Power Co loaded plutonium-uranium mixed oxide fuel
Saturday into a reactor at its nuclear power plant in Fukushima
Prefecture in preparation for the largest Japanese utility’s first
plutonium-thermal power generation. The No. 3 reactor at the Fukushima
No. 1 plant would be the third in Japan to be used for the so-called
Pluthermal generation, but the only one among the three to have been
subjected to antiaging treatment with 34 years since its launch »
« La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a chargé du combustible oxyde mixte
de plutonium-uranium (MOX) ce samedi dans un réacteur de sa centrale
nucléaire de la région de Fukushima en vue de la plus grande production
d’électricité de réaction nucléaire réalisée au plutonium au Japon. « Le
réacteur du numéro 3 de la centrale N°1 de Fukushima sera le troisième
au Japon à passer à la génération dite Pluthermal (Plutonium-Thermique),
mais le seul parmi des trois à avoir été soumis à un traitement
anti-vieillissement depuis son activation, car il est âgé de 34 ans »
Sous l’article deux commentaires explicites :
« … l’incompétence au Japon est élevée au niveau maximum, de cette façon elle fait courir un grand danger pour l’humanité« .
Le deuxième commentaire était prémonitoire :
« Maybe
they forgot to tell everyone how they’ve determined there will never be
any more earthquakes. Idiots are indeed correct. Likely long-term pain
for short term gain«
« Peut
être qu’ils devraient dire comment ils ont déterminé qu’il n’y aurait
jamais de tremblement de terre. Dire que se sont des idiots est correct.
Il y aura probablement des douleurs sur le long terme pour des gains
sur le court terme«
Dans un autre article du JAPAN TODAY daté du 18 septembre 2010, ayant pour titre : « La production d’électricité Pluthermal (Plutonium-Thermique) commence à la centrale de Fukushima 1″
« Lors
de l’activation la compagnie a indiqué qu’elle a eu des difficultés à
démarrer le réacteur n ° 3 de la centrale située à Fukushima et a
reporté l’activation initialement prévue pour vendredi soir. » « The
company said the alarm light indicating the conditions of the pipe valve
for the emergency core cooling system did not function properly. » « La
compagnie a déclaré que le voyant d’alarme indiquant des conditions
anormales de la vanne de commande des tuyaux pour le système de
refroidissement d’urgence ne fonctionnait pas correctement. »
En mars 2011, aux vues des événements, cette information prend une toute autre dimension.
FUKUSHIMA ALERTE PLUTONIUM
Le MOX,
pour « Mixed Oxydes » est un combustible hautement toxique et dangereux
composé d’environ 6 à 7 % de dioxyde de plutonium récupéré en
« retraitant » du combustible nucléaire usé qui est mélangé à du dioxyde
d’uranium neuf appauvri. Le MOX entre plus facilement en fusion que les
combustibles classiques, il est utilisé dans 20 des réacteurs du parc
nucléaire français. Le problème majeur est que le plutonium du MOX est
très toxique à court et à long terme. En voix aériennes, on estime
qu’une quantité de l’ordre d’une dizaine de milligrammes provoque le
décès d’une personne ayant inhalé en une seule fois des oxydes de
plutonium. La relation dose-effet mise en évidence comporte un seuil
d’apparition des tumeurs au poumon pour une dose millésimale, de plus
une part importante inhalée passe des poumons au sang qui le diffuse
vers d’autres organes (ganglions lymphatiques, foie, etc …), plus ou
moins vite selon la taille des particules, pour aboutir aux cancers.
Selon
sa composition isotropique il est capable de contaminer des masses
considérables d’eau de mer pour plus d’un siècle qui correspond au
mieux, à sa demi-durée de vie et au pire, pour 240 siècles ! Le
plutonium qui est produit par le coeur des réacteurs nucléaires sous
l’effet du flux de neutrons, fait non seulement partie des éléments
présentant une radiotoxicité très élevée, mais tous les isotopes et
autres composés issus du plutonium sont aussi classés très toxiques et
radioactifs (voir Wikipedia). Ce
qui rend particulièrement dangereux le plutonium est entre autre, la
forte énergie de ses émissions de particules alpha d’une valeur de 5 MeV à comparer au 0,02 MeV du tritium.
D’après
les informations de dernières minutes, le vieux réacteur 3 de Fukushima
Dai Ichi est entré partiellement en fusion, un risque de désintégration
est une hypothèse qui n’est non pas à exclure, mais dans le domaine du
probable. Cela aurait pour conséquence un rejet massif dans
l’environnement et dans l’atmosphère de particules hautement
radiotoxiques.
Le pire étant que le réacteur 3 avec 784 MW est 1,5 fois plus puissant
que le réacteur 1 de 460 MW chargé avec de l’uranium enrichi, ce qui
signifie que son chargement en combustible, donc en plutonium, est
beaucoup plus conséquent, avec en parallèle une chaleur dégagée à
l’arrêt nettement plus importante à gérer.
Mais
il y a pire que pire dans un des scénarios possibles avec le réacteur 3
de Fukushima : Le combustible MOX qui est un mélange, a un point de
fusion nettement plus bas que les autres combustibles dits classiques,
en conséquence, dans une configuration accidentelle comme actuellement
le risque dit de criticité, c’est à dire l’enclenchement d’une réaction
nucléaire en chaîne incontrôlable est beaucoup plus important.
D’autres problèmes collatéraux aggravent encore la situation pour « les
pompiers de services » qui se sacrifient pour éviter que la cuve ne
fonde pas, en effet l’eau mélangée au bore qui sert à atténuer les
effets d’échauffement de la radioactivité (absorbe les neutrons) est
d’une efficacité moindre avec le MOX.
Côté
chiffres, ils sont effrayants, la masse de plutonium présente dans le
réacteur 3 du site nucléaire de Fukushima Dai Ichi est considérable,
elle se chiffre à plusieurs centaines de kilogrammes, une catastrophe
planétaire inégalée, créée par l’homme, est donc possible pour la
première fois dans l’histoire de l’humanité.
Pendant
ce temps, même en zappant pas moyen d’y échapper, sur les plateaux de
télévision un tandem composé d’un monsieur qui « sait tout » appelé Eric
Besson, accompagné par l’inoxydable NKM qui ne sait rien, mais qui
parle beaucoup pour ne rien dire, n’évoquent évidemment pas le MOX, mais sont les rois de l’INTOX. Avec le MOX Français d’AREVA au Japon, mieux vaut actuellement adopter un profil bas !
Ce tandem irréel veut rassurer et ils ressassent à qui veut l’entendre
que ce n’est pas la partie nucléaire qui a failli sur les réacteurs de
la centrale de Fukushima Dai Ichi, mais les tuyaux, c’est-à-dire les
systèmes de refroidissement et de secours inclus à cause du tsunami,
cela est hautement inenvisageable en France, etc … Certaines
problématiques des risques issues des catastrophes naturelles majeures
sont par essence ingérables, en conséquence gérer une centrale atomique
avec un risque zéro est donc impossible : sur ce postulat et actualité
oblige, les personnes en charge de responsabilités devraient en tirer
les conclusions qui s’imposent. Andréas Heumann, chercheur au CNRS a
déclaré : « Le problème avec le nucléaire, c’est que cette
technologie n’est pas maîtrisable, on peut arriver à garder le contrôle
dans des conditions normales. Mais il y a tellement de situations
anormales qui peuvent survenir ».
Source : Next-up.org