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Accueil du site > Actualités > International > Ragip Zarakolu, victime de son engagement pour le génocide arménien

Ragip Zarakolu, victime de son engagement pour le génocide arménien

Ragip Zarakolu, journaliste, éditeur et cofondateur de l’Association des droits de l’homme en Turquie, a été condamné ce 17 juin 2008 à cinq mois de prison pour « insulte aux institutions de la République turque » en vertu de l’article 301 du Code pénal turc. Son crime, la publication en turc de l’ouvrage du Britannique George Jerjian, « The Truth Will Set us Free » traitant du génocide des Arméniens de 1915.

Né en 1948, Ragip Zarakolu fait partie des plus vigoureux et ardents défenseurs de la démocratie. Son combat, il le mène en Turquie. Nul ne le ménage. Lorsque ce ne sont pas les islamistes, ce sont les militaires qui à la suite d’un coup d’Etat taisent les esprits dissonants. Suite à l’une de ces prises de pouvoir par la force, la junte militaire avait condamné Ragip Zarakolu à cinq mois de prison pour ses relations entretenues avec Amnesty International. C’était déjà il y a plus de trente-cinq ans, c’était en 1972. L’année suivante, ce sera deux ans de prison pour un article traitant de Ho Chin Minh et de la guerre du Vietnam publié dans le journal de Aunt.

Mais Ragip Zarakolu est de ceux qui s’entêtent, de ceux qui croient que la démocratie est affaire d’opiniâtreté, et que réside dans toute société un esprit humaniste que les censeurs les plus acharnés ne pourront pas éternellement dissimuler. Alors que les autorités turques mettent tout en œuvre pour le réduire au silence, lui participe à la création du journal Demokrat en 1979 et ouvre sa propre maison d’Edition « Belge publishing House » qui permettra aux prisonniers politiques, à partir de l’énième coup d’Etat du 12 septembre 1980, de publier leurs écrits.

Son ascension, son combat et la répression qu’il subit n’est pas sans rappeler l’histoire de son ami et compagnon de lutte, Hrant Dink. Le journaliste arménien de Turquie, éditorialiste à l’hebdomadaire Agos et assassiné le 19 janvier 2007 pour son engagement pour la reconnaissance du génocide arménien, était en outre un ami de Ragip Zarakolu. Ils partageaient tous deux cette volonté de faire admettre à la Turquie son passé génocidaire. Rendre raison à l’Etat face aux chiens de garde de la raison d’Etat, tel fut l’objectif poursuivi par Hrant Dink désormais repris par Ragip Zarakolu.

Comme beaucoup, Ragip Zarakolu établit une filiation entre l’assassinat de Hrant Dink et le génocide de 1915. Ces propos le 24 avril 2008 ne souffrent à ce sujet d’aucune ambiguïté : « L’assassinat de Hrant Dink est emblématique de l’assassinat de chaque intellectuel, de chaque écrivain et de tous les citoyens ordinaires tués l’un après l’autre. Cet assassinat semble refléter les cris de tout un peuple exterminé. Dans le monde, il est rare d’assister à une telle continuité. Il est certain que le sens de ces mots de Hrant disant "Je quitterai ce pays de la même manière qui frappa mon peuple" ne saurait être détaché de cette continuité. Hrant a quitté ce pays comme son peuple a marché vers le "Golgotha" », avait déclaré Ragip Zarakolu.

Quelques semaines plus tard, peu de temps avant cette sentence ô combien inique, Ragip Zarakolu fut honoré le 3 juin 2008 par l’Union internationale des éditeurs du prix international de la Liberté de publier. Une preuve en plus s’il en fallait de la justesse du combat entrepris par l’éditeur turc. Mais, voilà, cette sentence tomba. Le 17 juin 2008, Ragip Zarakolu fut condamné par le tribunal d’Istanbul à cinq mois de prison pour la publication en turc, en 2005 de l’ouvrage de George Jerjian, The Truth Will Set us Free, traitant du génocide arménien. Bien sûr, il fit appel de la décision. Bien sûr, quelques dénonciations de principe émanèrent de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).[1] Mais où fut l’engagement public et politique pour sauver ce défenseur de la démocratie ? Où était donc le grand mouvement légitime et ô combien nécessaire pour obtenir le retrait des poursuites à l’encontre du prix Nobel de littérature Orhan Pamuk intervenu à la suite d’une interview dans un journal suisse où il évoquait le massacre des Arméniens ? Où était le mouvement de grande ampleur de tristesse, de contestation et de revendication qui suivit la découverte de l’exécution de Hrant Dink ? Et, enfin, où étaient les fameux tribuns des droits de l’homme lorsqu’il fut question de protéger les droits d’un homme ?

Malheureusement, c’est à la découverte des cadavres que les voix s’élèvent. Pendant ce temps-là, l’œuvre de censure menée par le gouvernement turc à l’encontre de tout défenseur de la démocratie se perpétue. Et cet article 301 dont tout le monde connaît la complète incompatibilité avec les principes les plus élémentaires de la démocratie, qui continue de s’abattre indéfectiblement contre toute dissonance de la vérité d’Etat. Face à cet acharnement judiciaire où l’arbitraire gouvernemental et le respect de la propagande d’Etat sont les seules règles à respecter, la vérité et le courage ne suffisent pas. Face à cette fronde menée par les pouvoirs publics turcs, face au climat de menaces permanentes entretenu par les groupuscules fascistes de l’Etat profond turc – tel que l’avait dénoncé en son temps Hrant Dink – politiques, intellectuels et écrivains doivent se mobiliser. Face à la meute négationniste et nationaliste, les défenseurs de la démocratie ne peuvent plus être esseulés, voire isolés. Détourner le regard, répondre à ces condamnations par cet assourdissant silence revient à cette forme de consentement tant injustifiable que déshonorante. Face à cette Turquie qui bafoue la liberté d’expression et maintient par la force le déni de 1915, les Autorités européennes en discussion permanente avec Ankara doivent demander l’abrogation de l’article 301 et le terme de cette politique hyperactive de la Turquie visant à nier ouvertement et outrageusement le génocide arménien de 1915.



[1] Miklos Haratszi, représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déplora que «  les gens sont toujours emprisonnés pour avoir publié des idées pacifiques ». Selon lui, « la liberté de débat en Turquie ne grandira qu’à condition que le gouvernement cesse de chercher à le contrôler en permanence. L’Article 301 devrait tout bonnement supprimé ».


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8 réactions à cet article    


  • hihoha 25 juin 2008 14:05

    Barev,

    Très bon article, mais attendez- vous à vous faire moinsser par des nostalgiques de dictatures musulmanes.

    Ici, on n’aime guère les Juifs et Arméniens, frères dans l’âme.


    • Gazi BORAT 26 juin 2008 07:09

      @ hihoha

      Votre vision du monde est particulièrement simpliste et étriquée :

      D’une part, si les premières persécutions contre les Arméniens ont débuté sous le rêgne d’Abdülhamid II, sultan-calife, la deuxième phase du génocide arménien, la plus meurtrière et qui se déroule à partir de 1915 est avant tout le fait des généraux du triumvirat : Talaat pacha, Enver Pacha, Djemal Pacha, qui sont nettement plus animés par un jacobinisme à la française et une vision laïque de la société que par une idéologie "islamiste".

      De plus, Enver Pacha vivait dans un rêve nationaliste/raciste, le pantouranisme (union des peuples turcophones) où la religion n’avait rien à voir.

      D’autre part, sur la fraternité juifs-arméniens, c’est un peu plus compliqué.

      Les Juifs n’ont pas été persécutés en Turquie aussi violemment que les Arméniens et, dans certains cercles arméniens existe un antisémitisme des plus crétins (comme toute haine de ce type) qui affirme que les Juifs ont finalement profité de ce génocide en se trouvant débarrassé d’une concurence dans le domaine commercial.

      Je vous rappellerai aussi que l’ASALA (Armée Secrête de Libération de l’Arménie) avait une plate forme commune avec le FPLP palestinien et s’échangeaient ainsi l’exécution d’attentats. L’ASALA s’en est d’ailleurs pris plusieurs fois à des intérêts palestiniens.

      Le rapprochement que je ferais sur l’antisémitisme et le génocide arménien est que je soupçonne fortement que l’utilisation de l’antisémitisme et la mise en place de pogromes par la police tsariste en Russie dans les années 1880 comme dérivatif populaire aux problèmes sociaux du moment a très bien pu inspirer Abdülhamid II, bien connu pour sa paranoïa et son autocratisme.

      Les pogromes antiarméniens des années 1895-1896, que certains historiens relient aux massacres à grande échelle de 1915 relèvent, je pense, d’une imitation de ce qui se pratiquait alors dans l’empire russe.

      OUI, toute la lumière doit être faite sur ce drame immense qu’est le génocide arménien et les historiens de tous bords doivent avoir accès aux archives de cette époque. La reconnaissance ne pourra avoir lieu sans cette étape préalable, tant les faits ont été occulté dans la conscience turque par des années de programmes scolaires négationnistes.

      gAZi bORAt

       

       


    • armand armand 19 juillet 2008 15:20

      Gazi :

      Merci de votre rappel salutaire du contexte de l’époque. Je suis moins sévère que vous avec Abdul-Hamid II, moins illuminé et sanguinaire qu’on ne le dit. Qui prenait très au sérieux son rôle de Commandeur des Croyants, convaincu qu’en l’absence d’un califat puissant les masses musulmanes risquaient de devenir explosives.
      Ce qu’on oublie c’est que les pogroms anti-arméniens se déroulaient également dans l’Empire russe, sous le regard détaché des forces de l’ordre impériales, dans des régions comme le Nakhitchévan. De même, Azéris et Arméniens se livraient tour à tour à des exactions.
      Ce que l’on sait, c’est que les ’Jeunes-Turcs’ qui ont renversé Abdul-Hamid avaient théorisé une expropriation générale des minorités au profit d’un ’homo novus’ turc, musulman sunnite. Ils étaient également partisans d’une alliance allemande aux conséquences funestes, là où le sultan déchu, sans nourrir la moindre illusion sur l’abnégation des Britanniques, estimait qu’il était dans l’intérêt de l’Empire de les ménager. Dans le contexte de la guerre, ce plan qui prévoyait que les ’vrais’ Turcs s’attribuent les activités économiques traditionnellement dévolues aux ’millet’ est devenu génocidaire.

      La faveur dont bénéficiaient les Juifs ottomans tient à plusieurs facteurs : leur (relative) faiblesse numérique, leur état de non-chrétiens, les fait que venus pour la plupart en réfugiés des persécutions européennes, ils étaient pour l’essentel loyaux et reconnaissants. Rançon de cette faveur, ils ont souvent servi les Ottomans comme intendants et gouverneurs en Grèce, avivant l’antisémitisme des Orthodoxes locaux. Quant à la ’rivalité’ des mémoires judéo-arméniennes, j’ai souvent remarqué que les Arméniens expatriés aux Etats-Unis étaient souvent philosémites, contrairement aux Arméniens européens.

      Il est intéressant de noter que Sarkozy, saluant la ville de Salonique, patrie de son grand-père, a omis de remercier la Turquie qui, par l’entremise de son consul, a sauvé des milliers de Juifs grecs des griffes des Nazis (et de l’indifférence de leurs compatriotes orthodoxes) en leur concoctant de toute urgence des passeports turcs.


    • charlie 25 juin 2008 14:17

      reconnaissance du génocide Arménien, colonisation de chypre....la Turquie n’avance pas.

      A quand la création du KURDISTAN en Anatolie ?


      • Reynald 18 juillet 2008 15:59

        Bonjour,

        Je condamne bien sûr les poursuites contre tous ceux qui en Turquie (ou ailleurs) s’élèvent contre la pensée unique.
        Mais cet article est extrèmement partisan et surtout fait silence sur pas mal de faits et ne cherche pas a analyser ni le pourquoi, ni le contexte historique et politique.

        Je connaissais Hrant Dink et un des ses meilleurs ami Baskin Oran est mon ami et éditorialiste sur notre site www.turquieeuropeenne.eu.

        L’auteur oublie de mentionner, par exemple, que Hrant Dink s’élévait tout autant contre les lois mémorielles en France que contre l’article 301 en Turquie "A Istanbul je monterai sur une pierre et je crierai qu’il y eu un génocide arménien et a Paris je monterai sur une pierre pour hurler qu’il n’y en pas eu" avait-il déclaré et écrit dans un de ses éditoriaux d’Agos... Il refusait que les pouvoirs politiques ou judiciaires instrumentalisent la tragédie qu’ont vécue les arméniens.

        La Turquie est en train de retouver la mémoire, évidemment ça se fait dans la douleur... Comment peut-on évoquer ces sujets sans prendre en considération le fait que les peuple turc avait vraiment effacé les évenements qui ont précédé l’avènement de la république de leur mémoire. Comment ? On oublie souvent que la république a changé l’alphabet et que 99,5 % des turcs sont incapables de lire les archives en ottoman. Ensuite, comme dit Baskin Oran en paraphrasant Celal le Barbu "autant d’ignorance ne peut être dû qu’à l’éducation", la construction d’un état nation s’accompagne toujours d’une réécriture de l’histoire qui fait abstraction des minorités et aussi de purifications ethnique et culturelles très radicales. La France en fût précurseur, elle est toujours extrémement jacobine et a aussi mythifié la période révolutionnaire en faisant l’impasse sur l’épuration qui l’a accompagnée et en faisant d’un Napoléon un héros sans tâche qui aurait été dans d’autres circonstances qualifié de tyran et de dictateur sanguinaire.

        Ensuite, pendant des décennies, la Turquie est resté fermée au monde c’est avec l’avènement des moyens de communication modernes satellite, Internet que les citoyens turcs ont pu confronter leur vérité à celles des autres nations et certains ont du mal à remettre en question leur éducation. Tout comme  il a été difficile en France de sortir de nos ancètres les gaulois et du bon vieux temps de colonies... En est-on tout à fait sortis ? Je ne suis pas sur quand je lis certains commentaires...

        Avec l’avènement de la société civile, la Turquie vit sa 2ème révolution, ses intitiateurs souffrent et vont encore souffrir, mais de plus en plus de gens remettent en question les dogmes, personnellement, je suis confiant. Mais en même temps les pays Européens et certains aprrentis sorciers doivent prendre garde de ne pas alimenter le nationalisme turc par des humiliations comme des referendums taillés sur mesure et des lois iniques.

        Il faut dénoncer les dérives de l’état turc, c’est ce que nous faisons mais il faut aussi dénoncer les manipulations de l’opinon et le populisme partout..

        Je cite : "Très bon article, mais attendez- vous à vous faire moinsser par des nostalgiques de dictatures musulmanes. Ici, on n’aime guère les Juifs et Arméniens, frères dans l’âme."

        A quoi rime cette phrase qui vise à victimiser les uns pour mieux accabler les autres ? Pure provocation, on y sent bien par contre une haine à peine retenue des musulmans. Les Turcs et les Arméniens peuvent aussi être des frères comme l’étaient Baskin, Etyen et Hrant.

        Je cite encore : "reconnaissance du génocide Arménien, colonisation de chypre....la Turquie n’avance pas.A quand la création du KURDISTAN en Anatolie ?"  

        Voilà encore le genre d’opinion sans nuance qu’on ne devrait plus lire... Ce charmant "conseiller politique" à la petite semaine voit-il que son souhait signifie une nouvelle purification ethnique de nouveaux drames et massacres ? Pourquoi s’ingénie t’on encore à vouloir séparer les peuples qui vivent ensemble ? Le PKK n’est pas l’ensemble des kurdes ! Ne comprend-on pas qu’une frontière de plus est une source de conflit de plus ? Les populations en Anatolie sont si étroitement imbriquées que bien malin celui qui pourrait lier une ethnie avec un territoire précis, c’est stupide partout dans le monde et encore plus en Anatolie. Mais monsieur souahaite t’il aussi l’indépendance du pays Basque de l’Alsace et de la Bretagne ?

        Chypre ? Si l’UE n’avait pas fait rentrer dans l’Union le sud sans conditions le problème serait probablement règlé...E je ne suis pas loin de penser que pour la mémoire du drame qui a frappé les arméniens, les choses seraient bien plus faciles sans les pressions exercées et surtout s’il n’y avait pas eu les attentats de l’ASALA. Mais si les choses avancent, car en Turquie la presse en parle, ce qui n’était même pas imaginable il y a dix ans et surtout le livre de Zarakoglu ne serait même pas sorti. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs c’est maintenant que les questions sont posées et que le débat commence...

        Le France à aussi quelques problèmes avec sa mémoire, mais il est bien plus important pour elle de s’occuper de la mémoire des autres... Diversion ? Il n’existe pas pas de nation ayant les mains propres et les plus acharnées à donner des leçons sont souvent dont le passé est le plus souillé. On attend toujours un mea culpa des états européens pour leur rôle actif dans les purifications ethniques qui ont suivi (et précédé) la 1ère guerre mondiale.

        J’invite les lecteurs à diversifier leurs sources avant d’avancer n’importe quoi et de ne pas faire une confiance aveugle aux médias qui ont pignon sur rue ou pire d’avaler les "prêt à penser" de telles ou telles chapelles politiques...


        • Perrot Stéphanie Perrot Stéphanie 19 juillet 2008 14:46

          Que l’apprenti révisionniste lise ce dernier commentaire. Il s’agit d’une réelle prouesse en la matière, une sorte d’exemple type de ce qu’il faut répondre pour feindre de défendre la vérité tout en donnant de l’eau au moulin des révisionnistes.

          Analysons :

          Primo, culpabiliser les auteurs :

          "Pure provocation, on y sent bien par contre une haine à peine retenue des musulmans".

          En d’autres termes, c’est bien la haine du musulman, qui motive le soutien de ces thèses (la reconnaissance du génocide).
          Ou alors autant dire : "Ne cédons pas à l’islamophobie en condamnant l’antisémitisme et en appelant à la reconnaissance du génocide arménien".

          Deuxio, la relativisation :

          Ce commentaire est truffé de multiples petites remarques sur les autres massacres. Pour ne citer qu’elles : 
          les dérives de l’époque napoléonienne, la guerre d’Algérie.
          Parfois on peut même ajouter une volonté de culpabilisation. Relisons la phrase suivante sous ce prisme, cette phrase parfaite pour nous faire nier le "G word" :
          "
          Il n’existe pas de nation ayant les mains propres et les plus acharnées à donner des leçons sont souvent dont le passé est le plus souillé".
          Magnifique, n’est-ce pas ?

          Tertio, l’art appliqué de la dialectique :

          La langue française est riche alors autant sans servir pour nuancer un évènement historique. Cette sublime nuance qui donne la sensation d’acquérir une soi-disant pureté de raisonnement, en évitant un sombre écueil : tomber dans le piège de très méchants propagandistes... Effrayant !
          Citons une dernières fois les perles de l’auteur du dernier commentaire :

          "Reconnaissance du génocide Arménien, colonisation de chypre.... La Turquie n’avance pas.A quand la création du KURDISTAN en Anatolie ?" 

          "
          Voilà encore le genre d’opinion sans nuance qu’on ne devrait plus lire".

          Alors nuançons : nuançons sur le génocide arménien, donc il n’y a pas génocide, on passe alors le seuil du révisionnisme.

          Nuançons encore, sur la colonisation de chypre, si nous nuançons il y a pas colonisation, donc acceptons la présence de l’Armée turque dans la partie Nord de Chypre.

          Nuançons toujours, sur le Kurdistan en Anatolie. Alors n’acceptons pas que les Kurdes puissent jouir de leur droit à l’autodétermination.

          Bien évidemment, dans le commentaire on n’a pas traité des questions relatives à l’article qui sont tellement plus simple. Aujourd’hui un énième militant pour les Droits de l’Homme est tombé sous le coup de l’article 301 en Turquie, peut-être est-ce simpliste... mais peut être également que Regip Zarakolu est simplement en prison, et qu’il faut que cette information circule.

          Appelons un chat un chat : le génocide a existé, et nous devons travailler à sa reconnaissance. Ne mélangeons pas tout les évènements, les périodes, les contextes et les auteurs de crimes historiques, car ici il s’agit d’autre chose, plus qu’un crime ou un dérapage. Il s’agit d’un désir politique d’exterminer un groupe éthnique, une communauté d’un Etat. Les Arméniens furent les victimes d’un génocide alors arrétons fermer les yeux, de refuser de voir la vérité.


          • armand armand 19 juillet 2008 15:02

            Il ne faut pas tout confondre. Le génocide arménien n’est pas la colonisation de Chypre. Ce n’est pas parce qu’il y a eu génocide arménien, mené du reste par une clique discréditée qui n’était ni le gouvernement impérial ni le régime kémaliste, que toute intervention turque doit subir l’opprobre. En particulier, une chape d’ignorance faite d’idées toutes-faites et convenues pèse sur l’intervention turque à Chypre en 1974. Il s’agissait d’une réponse musclée au coup-d’Etat de pistoleros grecs, menés par un certain Nikos Sampson agent des colonels au pouvoir à Athènes,. Devant l’impuissance internationale et les menaces qui pesaient sur la minorité turque, objet de toutes les vexations depuis l’Indépendance, la Turquie n’a fait que son devoir. On peut ensuite discuter s’il était opportun d’installer des colons anatoliens, surtout quand on sait que les Chyprotes turcs eux-mêmes, bien plus proches de leurs voisins grecs qu’on ne le pense, n’y sont pas spécialement favorables.


          • jj92 25 mars 2012 00:35

            Oui très bien pour cet article. Et dire que de« grands » politicards français comme J. Lang ou encore notre rantamplan des affaires étrangères (juppé) ont qualifié la Turquie fasciste, totalitaire, négationniste, de grande démocratie !!! Et que dire des « autorités morales » auto proclamées qui assistent avec la plus grande complaisance la Turquie dans l’expression de sa haine contre les Arméniens. Pourquoi ces derniers depuis bientôt 97ans s’épuiseraient-ils dans ce combat contre un Etat soutenu par les Etats Unis, par des journalistes notamment français à la solde, des hommes politiques stipendiés, si la réalité du génocide n’était pas établie et s’il ne fallait pas que la Turquie qui occupe militairement un membre de l’UE, ce qui ne gène aucunement notre rantamplan, reconnaisse son histoire. Non au lieu de ça, la Turquie continue de parfaire son génocide avec la bienveillance des démocraties occidentales et notamment de ses politicards véreux et sans la moindre dimension. Après cela faut-il s’étonner de voir des gestes de fanatiques dans un Etat, la France, devenu croupion par la faute de la soumission de son conseil constitutionnel. Daladier, intelligent, savait ce qu’il venait de faire à Munich. Rantamplan et ses accolytes, à la naïveté crasse, non.....à la coupable complicité, font de la France un Etat qui se soumet à une dictature. Bravo, ô que voilà de bons Français !!!!Et ça ose donner des leçons.

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