Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Réflexions sur la réunion du G7 du 19/10/2007

Réflexions sur la réunion du G7 du 19/10/2007

Il faut une certaine dose d’inconscience, pour appeler le G7, les pays industriels les plus développés de la planète, avec leurs chômeurs et miséreux. En effet, ces sept pays sont des malades ou éclopés, sur le plan économique, à l’exception de l’Allemagne convalescente.

Lorsque les autres participants de cet organisme se mêlent de donner des leçons de développement aux pays du tiers-monde et aux autres non dénommés, il faut faire preuve d’une certaine outrecuidance, puisque, eux-mêmes ont fait preuve d’incompétence, en faisant de leurs pays, les plus endettés du monde. Et en état de faillite virtuelle, comme le disait notre Premier ministre, F. Fillon. Donner des conseils aux autres, relève de l’aveuglement, au mieux. !!!

A Lisbonne, en décembre 2007, les pays africains, à qui l’Union européenne voulait donner des leçons de libéralisation des échanges, suivant les directives et recommandations de l’OMC ; ces pays, dits du tiers-monde, ont quitté la réunion, en refusant de signer un accord très désavantageux pour eux. Même, notre président Sarkozy aurait déclaré : « Je suis pour la mondialisation, je suis pour la liberté, mais je ne suis pas pour la spoliation de pays, qui par ailleurs, n’ont plus rien. »

Pour ma part, ayant « bourlingué » dans ces pays avant et après leur accession à l’indépendance, il est difficile de croire que les mentalités populaires aient tant changé ou évolué, et dont les colonisateurs s’accordaient fort bien, tant pour reconnaître leurs facultés d’adaptation, et en profiter lors de leur emploi ; en y laissant toutes les structures et infrastructures en place, lors du retrait de ces pays.

Il suffisait que des personnalités existantes et capables de prendre le relais soient mises en place. Non, les politiques se sont arrachés les dépouilles, et tout comme ailleurs et en France aussi, nommé des « amis » qui ont conduit ces entreprises à la faillite, par incompétence et surtout par malhonnêteté.

Il est désagréable pour un Européen, donneur de leçons, ou un Américain, démocrate évidemment, de lire dans les journaux, les turpitudes des dirigeants des plus grosses sociétés mondiales, dont celles du G7, et de donner à d’autres des encouragements pour parvenir au même résultat des « endettés ».

Le premier d’entre eux, les Etats-Unis, le plus peuplé, le plus riche, le moins démocrate (plus on en parle, moins la démocratie est pratiquée), ce pays dirigé par un Américain, fils d’un autre président (la loi salique, pour les connaisseurs), peu porté à l’introspection, ni à l’exploration des autres pays, ni à la compréhension des peuples et de leurs religions, si ce n’est que ces visites protocolaires très rapides, encerclés de bavards, sans aucun contact, si ce n’est qu’avec leurs pairs. Une vraie parodie ou un carnaval, ceci étant valable pour tous les « grands » hommes de ce monde.

Ce pays, les Etats-Unis, un des plus grands pollueurs de la planète, se refuse à signer le protocole de Kyoto, et accuse la Chine de polluer, ce qui est vrai, mais elle n’a pas encore les moyens de faire autrement, pour l’instant, si elle veut se développer, telle une grande nation qu’elle fut.

Ce président, mal élu, grandi dans le pétrole et obsédé par la mise en coupe réglée de tous les gisements mondiaux de cette énergie, au point de faire une guerre à l’Irak, d’en prévoir une autre contre l’Iran (projet débattu avec le reporter Eric Laurent et T. Guerrier, ce 26/12/2007, dans « C.adire ».

Il a été établi, sur toute la surface de notre globe, des « bases américaines » en sommeil, mais toujours, avec un aéroport disponible, si besoin est. Un bombardement éventuel sur l’Iran bloquerait rapidement le détroit d’Ormuz, par des terroristes, bien sûr, et le pétrole passera à 200 dollars, le baril. Quel triomphe pour Bush junior, et ne citons pas les possibles réactions des pays environnants.

Pour ma part, il est fort heureux que des pays, comme la Russie, la Chine, l’Inde, fassent des efforts énormes pour contrebalancer la suprématie des Etats-Unis, et que d’autres pays aient des prétentions à peser sur la planète. Il est plus facile de composer avec plusieurs interlocuteurs, qu’un seul et unique, et pas toujours animé de bonnes intentions, quoi qu’il en dise.

Sur le plan économique, je partage les points de vue de M. Rocard, sur une récession possible, et, exemple terrifiant par sa longueur, le Japon n’est pas encore parvenu à retrouver son dynamisme des années 1960 à 1990. De 1945 à 1975, soit les « trente glorieuses », toutes relatives. Il y avait une reconstruction nécessaire de toute l’Europe et partie de l’Asie, donc nécessité de main-d’œuvre, dont les salaires n’étaient pas élevés, mais il y avait aussi peu de chômeurs. (Un délégué CGT me disait que sur les 500 000 chômeurs décomptés vers 1960, la moitié était des professionnels du chômage.)

D’autre part, la société de consommation n’était pas encore née, restait l’achat du nécessaire, mais pas du superflu actuel. Par contre, les crises monétaires très localisées furent nombreuses, dévaluations du franc, à plusieurs reprises. Le Plan Pinay, Rueff, Giscard et, après 1975, le plan Barre, et Delors plus tard. Pour redresser la monnaie, en vain.

Sous la présidence de Giscard, débute la dette publique de la France, les bons du Trésor ont eu un taux de 13 %, un temps, et l’arrivée imprévue des socialistes au pouvoir en 1981, a fait grimper ces taux à plus de 16 % et plus, un temps aussi. Mais depuis 1975, la dette de l’Etat et des collectivités territoriales n’a pas cessé de se cumuler, malgré toutes les « promesses » des politiques, tous confondus.

Il est exact que la finance s’est emparée du pouvoir, et que faute de moralité de nos dirigeants politiques à l’échelon national et à l’échelle mondiale, les financiers se permettent tout, étant assurés d’être couverts par leurs obligés. Les campagnes électorales sont fort onéreuses, et les financiers « honnis » sont sollicités en maintes occasions.

Les crises financières se succédent, mais restent discrètes à l’échelon d’un pays, telle celle de la Thaïlande, prévue en janvier 1997, à la lecture des journaux locaux, en anglais, le thaï m’étant totalement obscur, et déclarée en juillet 1997. De même pour la Turquie, une crise financière due à l’immobilier en 1999, il suffisait de regarder les constructions terminées et vides dans l’ensemble du pays.

Il va en être de même pour l’Espagne, ce nouvel eldorado pour les bâtisseurs, et dont la saturation est en cours, et au détriment des paysages. Et de plus, les demandes d’autonomie et/ou indépendance de plusieurs provinces.

Aujourd’hui, ce sont les Etats-Unis, avec leurs « subprimes », mais rappelons que les Français s’étaient endettés entre 1980 et 1990 à des taux prohibitifs. Que les prix de l’immobilier en Europe ont atteint des niveaux excessifs, c’est réel, et rappel : « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel »

Les crises financières sont épisodiques, sans calendrier, mais les revers essuyés ne sont pas suffisants pour calmer l’ardeur des financiers, et repartir encore, et toujours vers un nouveau coup de « tabac ». Un vrai casino ??

Il me semble que l’Union européenne soit mal partie, et reformule « la tour de Babel » construite pour atteindre le ciel, mais la diversité des langages n’a pas permis son exécution. Les rodomontades de Bruxelles n’y changeront rien, car ils sont incapables de se faire obéir, même des membres fondateurs. Et bel exemple, pour les nouveaux venus, de ne pas respecter les règles édictées, et d’en faire à leur tête.

Et seul l’euro permettra, éventuellement, pour le plus grand plaisir du Royaume-dit-Uni, l’établissement d’une zone de libre échange. Ajoutons que l’UE ne semble vivable qu’à 12/15, seulement.

Mais dites-moi donc, qui paiera nos dettes respectives, nos enfants ont « bon dos », et seront réticents pour payer les fautes et folies de leurs aïeux. Voici une belle crise financière en perspective, dans peu d’années.

Actuellement, nous allons rejoindre 1984 d’Orwell, car les esclaves ne sont pas encore assez nombreux, pour la perfection du système élitiste. Les immigrés devront se faire une raison et accepter les plus basses besognes indispensables à la salubrité publique et les emplois nécessaires pour que les « résidents nationaux » soient à l’abri de ces servitudes.

Mais il est à penser que notre système d’instruction étant un échec patent, que les rejetés ou incapables d’obtenir un diplôme non dévalué, grossiront la masse des travailleurs « serviles ».

Que dire des Etats incapables d’assurer les droits fondamentaux du citoyen, pourtant écrits dans les Constitutions, donc un travail avec un salaire décent, un logement pour lui et sa famille, une instruction même primaire, un droit de vote respecté et des responsables politiques « respectables ».

Que la Turquie retrouve son empire d’antan, démantelé de 1919 à 1926, par les bonnes âmes européennes, par pur racisme et peur, et lui permettre maintenant de faire une union avec la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et l’ex-Yougoslavie. Pour les pays la jouxtant à l’Est, il y aura peut-être des volontaires, et nous aurons des soucis en moins, de toutes parts.

Que la Russie redevienne l’Empire URSS, sous un autre vocable éventuel, pour faire face à la Chine, et que ses ex-satellites retrouvent une discipline nécessaire, pour réussir leur modernité espérée. Bon courage, mais je n’y crois guère. Je suis résolument contre les dépeçages de pays qui ont acquis et versé leur sang, pour avoir une nation et/ou une patrie, même peu démocrate.

Le 27 décembre 2007 --- Gilles de Gouberville


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • anny paule 2 janvier 2008 17:36

    Il y a beaucoup de choses dans cet article, et elles ne sont pas, loin de là, dépourvues d’intérêt !

    Les donneurs de leçons correspondent aux prédateurs. Or, ces prédateurs ont déjà tout pris ! Et, la citation de N. Sarkozy que vous utilisez est éloquente de cynisme : « Je suis pour la mondialisation, je suis pour la liberté, mais je ne suis pas pour la spoliation de pays, qui par ailleurs, n’ont plus rien ».

    Il est permis de s’interroger sur les raisons de cette misère, (du pourquoi « ils n’ont plus rien ») et sur « l’incompétence » et la « malhonnêteté » des dirigeants de ces pays dits du Tiers-Monde. Il est permis de revisiter l’attitude de notre « beau pays de France » pendant, et après la colonisation de certains Etats.

    Non, nous n’avons aucune leçon à donner, mais il serait grand temps que tous les peuples du monde prennent conscience de ce que signifient, dans la bouche des politiques, des financiers, des responsables des multinationales, des termes comme « mondialisation », « liberté », « démocratie »... Alors, il sera possible de croire en un monde meilleur, un monde dont la pensée unique (bien sûr, états-uniènne) sera évacuée et contre-balancée par d’autres formes de réflexions humaines et humanistes !


    • Gouberville (---.---.7.23) 3 janvier 2008 16:46

      Mon article sur l’Afrique Noire, suivant l’acceptation d’Agora, vous permettrait d’être renseignée sur mes idées. N’ayant pas de prétentions philosophiques, je me base sur mon instinct pour écrire ce que je vois et lis, qui me fait penser et critiquer si besoin est. Il en serait de même avec la consultation de mon site personnel. Votre commentaire nécessiterait un développemment assez long, d’autant que j’ai traité des avis en vrac, et pas seulement le discours de Mr. Rocard, homme très intelligent et dont le plus grand défaut est d’avoir été un homme politique. Mon grand tort est le peu de considération pour les politiques, en général, le peu plaisant dire populaire « battu, cocu, et content » ne passe pas.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès