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Accueil du site > Actualités > International > République Démocratique du Congo : chronique d’une guerre sans fin (...)

République Démocratique du Congo : chronique d’une guerre sans fin ?

 RDC : un sigle qui désigne un peu vite un Etat, la République Démocratique du Congo, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il a le triste privilège d’avoir traversé une succession de conflits entre le début des années 90 et aujourd’hui.

Des soldats des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) en opération au Kivu, novembre 2008.-Armyrecognition.com

Des soldats des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) en opération au Kivu, novembre 2008.-Armyrecognition.com

« Trois millions de morts, c’est ce qu’on appelle une crise de basse intensité. Peu de grands titres dans la presse. Pas de manifestations, de collectes de fonds. Les chanteurs sont muets, les pétitionnaires aussi. Qui soutenir dans une affaire aussi compliquée ? Où sont les bons, les méchants, les persécutés ? ». Cette citation de Colette Braeckman, journaliste belge spécialiste de la République Démocratie Congo, par le géographe français Roland Pourtier1, résume assez bien le questionnement que l’on est en droit d’avoir à propos des violences connues par ce pays. Si le pays, devenu Zaïre en 1971, semblait avoir retrouvé une certaine stabilité sous la férule de Joseph-Désiré Mobutu, le « léopard de Kinshasa », entre 1965 et 1997, il n’en demeure pas moins que les tensions s’étaient ravivées dans le pays avec la chute du mur de Berlin et la fin du bloc communiste. De fait, dans les années 90, le Zaïre a connu des affrontements armés entre différentes communautés, d’autres violences découlant de l’épisode tristement célèbre du génocide rwandais de 1994, puis deux guerres, baptisées prosaïquement première et deuxième guerre du Congo. Le premier conflit (1996-1997) a vu la chute de Mobutu, évincé par Laurent-Désiré Kabila, tandis que le second (1998-2003) a opposé le Zaïre redevenu République Démocratique du Congo à certains de ses voisins, tout en étant soutenu lui-même par d’autres Etats limitrophes. Si la deuxième guerre du Congo s’est officiellement terminée en 2003, il n’en demeure pas moins que la RDC en supporte toujours les conséquences aujourd’hui. Tous les problèmes à l’origine des différents conflits sont loin d’être réglés, et l’offensive du général Laurent Nkunda entre octobre 2008 et janvier 2009, date de son arrestation par les autorités rwandaises, est là pour rappeler que l’est de la République Démocratique du Congo est encore soumis à la dure loi de la guerre. Une guerre qui s’alimente d’elle-même puisque vient se greffer la lancinante question de la mise en coupe réglée, par les différents acteurs, des ressources naturelles de l’est du pays. On voit bien aussi le jeu d’échelles dans ses guerres successives, entre affrontement local et conflit régional. Plus généralement, comment expliquer cette incroyable flambée de violences et ces conflits à répétition ? Comment expliquer que malgré la fin officielle des hostilités il y a plus de cinq ans, la RDC soit toujours enlisée dans une guerre larvée ravageant une grande partie de l’est de son territoire ? Derrière les apparences souvent trompeuses, quels sont en fait les véritables enjeux de cette guerre qui fait rage en Afrique Centrale depuis plus de 15 ans ?
 

Le but de cette première partie est d’abord de retracer l’histoire de l’escalade de la violence en République Démocratique du Congo et d’en poser les différents épisodes. Cette présentation générale autorise à s’interroger, dans une deuxième partie, sur ce qui fait l’essence de ces conflits, causes bien souvent évacuées par des médias en quête, plus ou moins légitime, de simplification. Enfin, l’étude de ces explications permet de s’interroger, dans une dernière partie, sur la situation actuelle et de se demander si, oui ou non, la République Démocratique du Congo peut aller vers une sortie de crise sur le long terme.

 

  1. La République Démocratique du Congo dans la tourmente, de la fin du règne de Mobutu à la « première guerre continentale africaine » (1993-2003) :

L’ampleur des différentes guerres ayant frappé la RDC sur cette seule décennie est considérable : un chiffre suffit à la résumer, puisque ce sont plus de 3 millions de personnes, et au jour d’aujourd’hui, sans doute près de 4 millions, qui ont perdu la vie directement ou indirectement dans ces combats.

 

  1. Les massacres de mars 1993 au Nord-Kivu :

Voilà un épisode rarement abordé, éclipsé par la question rwandaise immédiatement postérieure, alors qu’il est pourtant très instructif sur les logiques de conflit dans ce qui est encore le Zaïre de Mobutu2. Le Nord-Kivu a en effet cette particularité d’abriter une importante population rwandophone originaire du pays voisin : des migrants très anciens, précédant la colonisation ; d’autres installés par le colonisateur belge à partir de 1937 dans ce qui est aujourd’hui la RDC ; d’autres, enfin, arrivés après la décolonisation pour fuir les violences entre Hutus et Tutsis dans le Rwanda fraîchement indépendant. Ces populations, en 1993, représentent sans doute entre 700 000 et 1,5 millions de personnes soit la moitié de la population totale du Nord-Kivu. Relativement bien intégrés, ils sont parfois majoritaires dans certaines régions, comme le Masisi, face aux autochtones. La plupart de ces «  Banyarwanda  » (terme désignant les rwandophones) sont des Hutus, mais on trouve aussi un certain nombre de Tutsis, plus aisés en général. Les massacres qui prennent place en mars 1993 dans le Masisi, justement, ne sont pas le fruit du hasard ou d’une éruption spontanée de violence : ils marquent l’aboutissement de tensions sociales s’étalant sur plusieurs décennies3.

Car la présence des Banyarwanda pose deux problèmes majeurs : celui de la répartition du pouvoir politique et celui, inextricablement lié, de l’accès et de la possession à la terre4. En clair, dès la période coloniale et jusqu’en 1993, les autochtones s’opposent très nettement aux Banyarwanda, vus parfois comme des envahisseurs étrangers dont on craint qu’ils ne prennent le pouvoir politique de par le nombre, et le pouvoir économique par l’accaparement des terres. La question de la nationalité zaïroise recoupe ces deux problèmes car elle détermine, largement, l’accès à la propriété foncière. Hors la législation se durcit, le statut de 1982 privant de leur nationalité zaïroise les rwandophones qui l’avaient acquise par la loi de 1972. Une opération de recensement en 1991 en vue des élections régionales ne peut pas dresser la liste des «  nationaux  » car les Hutus répondent de manière violente et chassent les agents de l’Etat. Les violences locales se multiplient entre 1992 et 1993 dans le Masisi. Le 20 mars 1993, des groupes de jeunes hunde, nyanga et tembo, principales ethnies autochtones, déclenchent le premier massacre de paysans hutus sur le marché de Ntoto (est de la province de Walikale), un premier choc suivi de biens d’autres. Les groupes d’autodéfense hutus du Masisi s’en prennent alors aux Hunde. En 6 mois, on compte entre 3 et 14 000 morts durant les affrontements qui provoquent également le déplacement de plus de 200 000 habitants. Ce n’est qu’entre novembre 1993 et août 1994 que la situation s’apaise, sous l’effet combiné du déploiement de troupes de la division spéciale présidentielle et d’un intense travail de communication associant agents officiels, société civile et chefs coutumiers. Il est significatif que ces affrontements aient été provoqués et alimentés par des paysans pauvres, ce qui rejoint les considérations évoquées tout à l’heure.
 

  1. L’amplificateur rwandais : les retombées du génocide de 1994 :

Le 6 avril 1994, l’avion transportant les présidents du Rwanda (hutu) et du Burundi est abattu par un tir de missile sol-air dont on peine toujours à déterminer, aujourd’hui, l’origine, bien que plusieurs hypothèses aient été avancées, très récemment encore par Pierre Péan, par exemple. Cet attentat intervient alors que le pouvoir hutu du Rwanda est menacé par l’offensive de l’Armée Patriotique Rwandaise, composée de Tutsis, opérant depuis l’Ouganda, et dirigée par Paul Kagame, un homme politique avisé mais aussi un militaire formé aux Etats-Unis après avoir combattu dans la rébellion ougandaise ayant porté Museveni au pouvoir sur place en 1986. L’attentat a pour effet de déclencher le génocide des Tutsis et des Hutus modérés, également, par le pouvoir hutu encore en place face à l’offensive de l’APR. Génocide qui, d’ailleurs, ne fait pas tout de suite les choux gras des médias internationaux alors fort occupés en ex-Yougoslavie. L’APR, plus cohérente et structurée que sa rivale, les Forces Armées Rwandaises (FAR), pourtant armées et soutenues par la France, balaye tout devant elle et entre à Kigali en juillet 1994. La débandade des FAR consécutive à la poussée de l’APR, en plein milieu du génocide, a pour conséquence de déporter la guerre au Kivu, à l’est du Zaïre : protégés par les soldats français de l’opération Turquoise, ce ne sont pas moins d’1,2 millions de réfugiés hutus qui se déversent en flots tumultueux dans cette région. Parmi eux, de nombreux anciens membres des FAR et des milices interahamwe, principaux responsables du génocide, et qui trouvent asile, en particulier, dans des camps au Nord-Kivu. Reconstituant leurs forces dans ces camps alimentés par le Haut Commissariat aux Réfugiés et le Programme Alimentaire Mondial, les Hutus déchus lancent des raids dans le Rwanda tutsi à peine surgi de la guerre. Paul Kagame est particulièrement sensible aux problèmes de ces camps de réfugiés frontaliers, berceaux d’un renouveau militaire hutu, puisque l’APR avait suivi le même chemin à partir de camps basés en Ouganda. Le Rwanda trouve à ce moment-là le soutien des Etats-Unis, heureux de bénéficier d’un allié supplémentaire voisin de l’Ouganda, déjà ami, pour ceinturer le Soudan islamique jugé dangereux.

Pour gagner du temps, les stratèges rwandais jouent la carte des Banyamulenge5, des éleveurs tutsis installés au Sud-Kivu et victimes des mêmes problèmes et vexations que leurs cousins Banyarwanda au Nord-Kivu. Certains Banyamulenge se sont même engagés dans l’APR pour contribuer à la conquête du pouvoir au Rwanda. Leur expérience militaire sera précieuse lorsqu’ils reviendront au Kivu en 1995-1996. A tel point qu’on fera de la victoire de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila un mouvement largement mené par les Banyamulenge. Ceux-ci sont en fait les descendants de pasteurs tutsis installés au Sud-Kivu au début du XIXème siècle. Leur nombre demeure inconnu puisqu’ils se considèrent comme Zaïrois jusqu’en 1976, date où ils optent pour l’appellation de Banyamulenge (Mulenge est le nom du premier village où ils se sont installés après leur migration) afin de se démarquer du reste de la population. Devenus apatrides de par la loi sur la nationalité de 1982, ils avaient jusque là plutôt collaboré avec le pouvoir central, participant à l’écrasement de la rébellion des Simba en 1965 et obtenant des postes dans l’armée, et même un député. La détérioration de leur situation au cours des années 90 s’accélère : leurs richesses sont lorgnées par certains autochtones et certains hommes politiques du pouvoir central, tout comme au Nord-Kivu. On a vu ce qu’il en était de l’opération d’épuration lancée au là-bas en mars 1993. L’arrivée des réfugiés hutus chassés par l’APR va entraîner une recomposition : les Hutus zaïrois rejoignent les ex-FAR et les anciens interahamwe tandis que les Tutsis zaïrois font front commun avec les autochtones. Cette seconde guerre dans le Masisi, en 1995-1996, sert ainsi à installer sur place les Hutus rwandais qui, rétribués par Mobutu et le pouvoir central zaïrois, servent à la fois de dispensateurs des basses-oeuvres pour le régime sur le plan local, tout en permettant d’harceler le nouveau régime tutsi de Kigali dans le Rwanda voisin. D’autant plus que ces mêmes années arrivent aussi d’autres vagues de réfugiés hutus en provenance, cette fois-ci, du Burundi où l’on retrouve le même clivage entre Hutus et Tutsis, comme au Rwanda, avec cortège de violences similaire.
 

  1. La première guerre du Congo (1996-1997) : le crépuscule de Mobutu :

La guerre, cette fois, est déclenchée sur le sol zaïrois par le Rwanda, dont l’objectif premier est de se débarrasser des camps de réfugiés des Kivus qui servent de base arrière aux combattants Hutus des ex-FAR et interahamwe pour leur entraînement, leur approvisionnement et leur repli après les attaques au Rwanda même. En septembre 1996, les Banyamulenge armés par Kigali se jettent sur les camps du Sud-Kivu. Un objectif second du Rwanda est bien de se constituer un glacis à l’ouest, au-delà de l’élimination des camps proprement dite. Ce dernier objectif est atteint à la mi-novembre 1996 par les militaires rwandais : de 600 à 800 000 réfugiés sont rapatriés au Rwanda. Les 300 à 500 000 autres ont été massacrés par les forces de l’AFDL, mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila parrainé par le Rwanda, qui paye ainsi une partie de sa dette envers son protecteur, ou sont morts sur les routes de l’exode. Quelques dizaines de milliers de Hutus, essentiellement les anciens membres des FAR et des milices interahamwe, survivent et restent cachés dans les forêts des Kivus ; devenus plus tard les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), leur présence et leur désarmement constituent l’un des principaux obstacles à une paix retrouvée pour la République Démocratique du Congo aujourd’hui. Sur la guerre menée du Rwanda se greffe l’anabase de Laurent Désiré Kabila6, ancien chef du maquis destiné à renverser Mobutu à la tête de l’AFDL, un mouvement piloté par le Rwanda et l’Ouganda, qui espéraient bien se servir de lui à leur guise.

Kabila, ancien chef rebelle du Parti de la Révolution Populaire (PRP), n’est pas le mieux placé des trois signataires de l’alliance qui donne naissance à l’AFDL, le 18 octobre 1996 : Douglas Bugera n’est autre que le chef des Banyamulenge qui harcèlent depuis un certain temps, nous l’avons vu, les forces armées zaïroises ; Kisase Ngandu dirige une bande de 600 combattants qui opèrent au Zaïre depuis l’Ouganda. Kabila n’est alors que le porte-parole de l’alliance : on l’a choisi parce qu’il est connu sur la scène politique et parce qu’il maîtrise un certain nombre de langues du fait de son activité commerciale. Kabila s’implante aux Kivus après le nettoyage des camps qui est largement le fait des Banyamulenge opérant à partir des montagnes et de l’armée rwandaise, très organisée. Il organise la collecte d’un impôt de guerre sur place pour financer la suite de la guerre ; il récupère les cadres locaux restés sur place ; il négocie des contrats d’exploitation miniers avec des firmes étrangères qui versent, là encore, de généreuses contributions qui vont grandement aider l’AFDL. La victoire est rapide : le 17 mai 1997, Kabila entre sans résistance à Kinshasa et proclame le retour à la République Démocratique du Congo. Le Zaïre mobutiste a vécu. Le résultat de cette première guerre porte en lui les germes de la deuxième : Kabila, encore très marqué par un marxisme teinté d’un fort nationalisme, a conquis la population congolaise, mais sa volonté d’émancipation face à ses parrains va engendrer l’affrontement, car ceux-ci comptent bien récupérer en RDC les dividendes de leur investissement à court terme, j’ai nommé Kabila et l’AFDL.
 

  1. La deuxième guerre du Congo (1998-2003) : la «  première guerre continentale africaine » :

Kabila prend un train de mesures, le 27 juillet 1998, directement tourné contre l’ingérence trop visible du Rwanda et de l’Ouganda dans l’est de la RDC. La réaction est instantanée : un nouveau mouvement, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), sort de terre, sous l’ombre bienveillante des deux Etats s’estimant mal traités par Kabila. Si le nord et l’est du pays tombent rapidement sous leur coupe, les troupes d’élite rwandaises échouent dans une audacieuse opération aéroportée à l’extrême-ouest du pays, lancée le 4 août ayant pour but de s’emparer de la capitale Kinshasa7. Elles s’emparent du camp militaire de Kitona mais se heurtent à une farouche résistance aux portes de Kinshasa. Les troupes qui assaillent alors la capitale congolaise sont formées de rebelles tutsis issus de l’armée nationale, de Banyamulenge, de soldats rwandais, mais aussi d’anciens membres de l’armée mobutiste que les assaillants ont «  récupéré  » sur la base de Kitona : anciens de la division spéciale présidentielle notamment. Cette armée hétéroclite ne peut prendre l’aéroport de Kinshasa défendu depuis le 20 août par des troupes zimbabwéennes, alors qu’elle est sous le pilonnage constant de MiG angolais. Car cette deuxième guerre du Congo implique largement les Etats voisins de la RDC. Dans Kinshasa, la population, farouchement opposée à ce qu’elle perçoit comme une agression étrangère, est encadrée par l’appareil de l’AFDL et galvanisée par les discours de Kabila : très vite les violences suivent contre les rebelles puis tous les Tutsis réels ou supposés.

On a qualifié ce conflit de « première guerre continentale africaine » car une bonne partie des Etats d’Afrique centrale s’y retrouve engagée. Du côté de la rébellion, c’est bien le Rwanda qui est le chef d’orchestre, mollement appuyé par l’Ouganda et encore moins par le Burundi. La RDC est soutenue par l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie et le Tchad, et ce sont surtout les deux premiers cités qui interviennent militairement en soutien. La guerre est cette fois une pure entreprise de prédation : il s’agit de s’assurer la position la plus confortable pour exploiter les ressources naturelles de la RDC qui sont à prendre après la chute de Mobutu et l’instabilité d’un nouveau régime qu’on juge ne pas devoir durer. La rébellion du RCD, très hétéroclite, ne tient qu’à la bonne volonté de ses deux protecteurs. Or le Rwanda et l’Ouganda vont s’opposer sur les suites à donner au conflit. En mai 1999, une scission se produit entre le RCD-Goma, d’obédience rwandaise, et le RCD-Mouvement de Libération (ML) basé à Kisangani, soutenu par l’Ouganda. A l’automne, Jean-Pierre Bemba crée un autre mouvement dissident, le Mouvement de Libération du Congo (MLC). Les dirigeants de ces factions sont d’anciens membres de l’élite mobutiste, qui toisent de haut Kabila ; lequel finit par être assassiné le 16 janvier 2001. Lui succède son fils Joseph, qui, à la surprise générale, tient la barre et redresse même la situation. Il parvient à se rallier le RCD-ML anciennement inféodé à l’Ouganda. La rivalité entre le Rwanda et l’Ouganda détermine alors une grande partie des affrontements armés dans l’est de la RDC.
 

  1. L’Ituri : un cas d’école des 15 ans de conflit en RDC (mai 2003) :

Cette région au nord-est du Congo est le miroir de tous les facteurs déclenchant les conflits précédents8. Les affrontements, qui ont fait depuis 1999 50 000 morts et 500 000 déplacés (pour 3,5 millions d’habitants), ont demandé l’interposition d’un contingent français, puis d’une force multinationale sous mandat de l’ONU. En Ituri, deux population s’opposent : les Hemas, favorisés par l’ancien colonisateur belge, et les Lendus. Comme aux Kivus, la question de la terre est centrale puisque c’est l’accaparement de la terre par les premiers qui, en 1999, déclenchent les premiers massacres et la formation de milices. Problème supplémentaire : le conflit en Ituri prend une dimension régionale, puisque de nombreux Hemas vivent en Ouganda voisin, et le président Museveni est lui-même un Hema. Par contrecoup, les Lendu trouvent appui auprès des Nande des Kivus en compétition économique avec leurs rivaux. L’Ouganda favorise donc la création d’une dissidence hema du RCD, l’Union des Patriotes Congolais (UPC) dirigée par Thomas Lubenga. Le RCD-ML, formé de Nande, a fait alliance avec Kinshasa et, transporté en Ituri, organise l’armement des Lendu. Le MLC de Bemba, lui, cherche à étendre son influence dans l’est de la RDC. Mais après la signature en septembre 2002 d’un accord entre RDC et Ouganda à Lusaka, l’UPC se place sous la protection rwandaise.

La ville de Bunia, capitale de l’Ituri, change plusieurs fois de mains durant les combats, particulièrement après le retrait des troupes ougandaises en mai 2003 consécutif à la signature de l’accord général de Prétoria, mettant fin officiellement à la deuxième guerre du Congo. La MONUC, Mission des Nations Unies au Congo, se retrouve alors incapable de faire face aux violences. Il faut l’envoi des militaires français début juin pendant l’opération Artémis9 pour stabiliser la situation. Mais les troupes françaises ne peuvent désarmer les milices qui attendent leur départ ; par ailleurs les armes circulent abondamment sur place, soit du fait de la contrebande menée par d’importants intermédiaires comme le célèbre Viktor Bouts, soit par transit après fabrication sous licence en Ouganda ou au Zimbabwe. Ce conflit implique également un grand nombre d’enfants-soldats, ce qui n’est malheureusement pas un cas isolé dans les conflits de la RDC.

 

1Roland Pourtier, « L’Afrique centrale dans la tourmente. Les enjeux de la guerre et de la paix au Congo et alentour. », Hérodote n°111, 2003, p.11-39.

2Mathieu P., Laurent P.J., Mafikiri T., 1997, « Compétition foncière, confusion politique et violences au Kivu : des dérives irréversibles ? », Politique Africaine n°67, p.130-136, 1997.

3Paul Mathieu, A.. Mafikiri Tsongo, « Guerres paysannes au Nord-Kivu (République démocratique du Congo), 1937-1994 », Cahiers d’études africaines n°150, 1998, p.385-416.

4Etienne Rusamira, « La dynamique des conflits ethniques au Nord-Kivu : une réflexion prospective », Afrique contemporaine n°207, 2003, p.147-163.

5Monique Chajmowicz, « Kivu : les Banyamulenge enfin à l’honneur », Politique africaine n°64, p.115-120, 1996.

6Jean-Claude Willame, «  Laurent Désiré Kabila : les origines d’une anabase  », Politique Africaine, n° 72, 1998, p. 68-80.

7Gauthier De Villers et Jean Omasombo Tshonda, « La bataille de Kinshasa », Politique africaine n°84, 2001, p.17-32.

8Thierry Vircoulon, « L’Ituri ou la guerre au pluriel », Afrique contemporaine n°215, 2005, p.129-146.

9Nyagalé Bagayoko, « L’opération Artémis,un tournant pour la politique européenne de sécurité et de défense ? », Afrique contemporaine n°209, 2004, p.101-116.


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49 réactions à cet article    


  • manusan 28 octobre 2009 10:42

    très bon article, merci.


    • fouadraiden fouadraiden 28 octobre 2009 14:30

      Excellent


      Et ça rendrait presque ridicule le propos de ceux qui prétendent que le conflit au PO est central , capital et vital pour l’avenir de l’humanité .

      des millions de morts , certes des nègres, et tt le monde s’en fout.


      • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 15:06

        Je suis totalemnt d’accord avec toi Fouad, à partir du moment ou ce sont des noirs et qu’il n’y a rien a retirer économiquement de l’Afrique, si ce n’est de la vente de mitraillette, la majeure partie des citoyens en ont rien à foutre.

        Bien sur on voit plaitore de gamines arborer fièrement des keffieh, sans même savoir ce que cela signifie.

        Dis moi je me pose souvent une question Raiden, le dieu du tonerre, c’est pour mortal combat ou metal gear solid 2 ?


      • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 15:09

        « des millions de morts , certes des nègres, et tt le monde s’en fout »

        Fait attentiion a comment tu ecris, cela pourrait être interprété comme si tu pensais que lorsque les morts sont des nègres c’est moins grave.... Je ne pense pas que tu sois raciste. Tu n’as pas du te rendre compte de la double interprétation qu’on pourrait avoir de ta phrase.


      • fouadraiden fouadraiden 28 octobre 2009 16:34


        Impossible de se tromper sur le sens de mon post car la négritude , théorie qui nie ou affirme la puissance de l’homme Noir, , appartient à l’imaginaire occidental. Pas tt à fait le mien donc.

        tiens c’est drôle c’est un peu comme avec le juif dans le même imaginaire.


      • fouadraiden fouadraiden 28 octobre 2009 16:40


        @ Albatar cher ami


        j’avais pas lu ton post jusqu’à la fin. très fort !

         Freeze !


      • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 17:11

        C’est bien ce que je me disais....

        Sons of Liberty !


      • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 15:07

        Vous verrez, faites un artcle sur Israel-Palestine, au moins 300 réactions.

        Un article sur des millions de morts en afrique, allez 15 commentaires en fin de journée, grand maximum.


        • manusan 28 octobre 2009 15:48

          Albatar entièrement dac,

          Pour mémoire en 2007, l’est de la RDC connu une série de conflits complétement éclipsés par l’opération militaire sur Gaza (1500 morts) et cependant beaucoup plus meurtriers.


        • ELCHETORIX 28 octobre 2009 19:19

          hors sujet le manusantête , comme d’hab.. !
          je te suis à la trace , t’inquiète , le mauvais !


        • manusan 29 octobre 2009 01:18

          Pour mémoire en 2007, l’est de la RDC connu une série de conflits complétement éclipsés par l’opération militaire.....

          hors sujet pour celui qui ne lit pas cet très bon article en effet. Mais t’as rien à te mettre sous la dent aujourd’hui alors tu bouffes les miettes.


        • ELCHETORIX 29 octobre 2009 10:58

          Hors sujet , car vous ramenez le problème de la RDC , en avançant la « question » palestinienne , qui n’a rien à faire dans le sujet en question .
          ON NE SE TUTOYE PAS  !
          PUIS , j’ai pris soin de lire le thème en question dans son entier !
          et pour ce qui est de la politique internationale , je la suis de très prêt , depuis les années 60 .
          AVEZ-VOUS LU LE MAGAZINE « JEUNE AFRIQUE » ? , cela vous instruira et vous informera , ducon !

          CAPPICI , hijo de .... !


        • Georges Yang 28 octobre 2009 15:12

          La République Démocratique du Congo est une femme ménopausée que j’ai connue sous son nom de jeune fille, Zaïre

          On était malgré tout plus heureux dans ce pays du temps de Mobutu, en dépit de ses excès que de nos jours dans un état qui n’en est plus un

          On en arrive à regretter l’article 15, qui permettait au moins aux pauvres de survivre.

           

          Très bon résumé de l’histoire récente du pays, en particulier de l’est Kivu et Ituri

          Petite remarque, bien que de même origine ethnique, les banyamulenge, se démarquent des Tutsi du Rwanda, ce qui se voit très bien a Goma

          Certains lecteurs n’ont peut -etre pas percu que dans l’Est existe un conflit entre les Bantous et les tutsi et apparentes 9Banyamulenge et Hima)

          Les Nande pourtant peuple tres pacifique, voient rouge quand on evoque devant eux ces populations>


          • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 octobre 2009 15:19

            Merci pour votre message et pour la précision sur les Banyamulenge.

            Je pense que j’aurais l’occasion de revenir sur ce point dans les deux parties suivantes.

            A bientôt !


          • Jean-Marie Mutobola Jean-Marie Mutobola 30 octobre 2009 07:33

            Pour Georges Yang et les lecteurs

            Les Banyamulenge sont des Banyarwanda Tutsis originaires du sud- Kivu alors que les Banyarwanda du Nord-Kivu (qui ne sont pas des Banyamulenge) sont un amalgame des Banyarwanda autochtones (il existe bel et bien des Hutu et Tutsis autochtones), des déportés du Rwanda voisin au cours de la période coloniale belge (hutus et Tutsis) , les citoyens rwandais refugiés de 1959 à 1964 et ceux 1973 et enfin les citoyens ruandais immigrés clandestins vers des terres plus prospères du Kivu.

            Comment séparer l’ivraie du grain, that’s the question !!

            Il est FAUX que le conflit à l’est du Congo oppose les bantous aux hamites tutsis.. CE N’EST PAS UN CHOC DE CIVILISATION !!! Que dire alors du différent entre Banyarwanda Hutu et hunde-nande tous redoutables agriculteurs et bantous, mais qui fait aussi des morts. Tout est parti ,à mon humble avis, par le contrôle des terres, s’est corsé en rivalité politique entre politicailleurs locaux de tout bord avant de déboucher sur ce désastre humain inter communautaire..

            Enfin, tu as raison de souligner que pas mal des gars pacifiques au Kivu voient rouge quand on évoque tout simplement le nom de leur "ennemi” imaginaire. Ce qui est fort dommage et n’arrange rien pour l’avenir…


          • Georges Yang 28 octobre 2009 15:20

            il semble que le commentaire soit mal pass

            é> J’ai des difficultes de connection ici en Ouganda

            La République Démocratique du Congo est une femme ménopausée que j’ai connue sous son nom de jeune fille, Zaïre

            On était malgré tout plus heureux dans ce pays du temps de Mobutu, en dépit de ses excès que de nos jours dans un état qui n’en est plus un

            On en arrive à regretter l’article 15, qui permettait au moins aux pauvres de survivre.

             

            Très bon résumé de l’histoire récente du pays, en particulier de l’est Kivu et Ituri

            Petite remarque, bien que de même origine ethnique, les banyamulenge, se démarquent des Tutsi du Rwanda, ce qui se voit très bien a Goma.

            Les lecteurs qui ne sont pas familiers avec le conflit ne savent peut-être pas que les Bantous s’opposent aux Tutsis et assimiles (Banyamulenge et Himas)

            Les Nande, pourtant peuple très pacifique, voient rouge quand on leur parle de ces ethnies.


            • Georges Yang 28 octobre 2009 15:24

              il semble que le commentaire soit mal pass

              é> J’ai des difficultes de connection ici en Ouganda

              La République Démocratique du Congo est une femme ménopausée que j’ai connue sous son nom de jeune fille, Zaïre

              On était malgré tout plus heureux dans ce pays du temps de Mobutu, en dépit de ses excès que de nos jours dans un état qui n’en est plus un

              On en arrive à regretter l’article 15, qui permettait au moins aux pauvres de survivre.

               

              Très bon résumé de l’histoire récente du pays, en particulier de l’est Kivu et Ituri

              Petite remarque, bien que de même origine ethnique, les banyamulenge, se démarquent des Tutsi du Rwanda, ce qui se voit très bien a Goma.

              Les lecteurs qui ne sont pas familiers avec le conflit ne savent peut-être pas que les Bantous s’opposent aux Tutsis et assimiles (Banyamulenge et Himas)

              Les Nande, pourtant peuple très pacifique, voient rouge quand on leur parle de ces ethnies.


              • loxlove loxlove 28 octobre 2009 15:51

                stephane Mantoux,
                je voudrais corrigé l’erreur que vous voulez nous faire avalé dans votre article,
                1) les banyamulenges n’existent pas comme groupe dans le Kivu ce sont les banyarwanda car Mulenge n’est pas un village mais une montagne.
                cette terminologie a été inventé en 96 pour justifier la pensée hégémonique des certains tutsis du Rwanda .
                2) la population kinoise qui a combattu et mis en échec les rwandais à kinshasa en 1998n’était pas coordonnées par l’AFdL ni par un groupe que ce soit,elle l’a fait spontannement. D’ailleurs pour votre information LD Kabila et la plupart de ses hommes avait fui la capitale pour Lubumbashi car il craignait etre lacher par les kinois.

                 Merci


                • Jean-Marie Mutobola Jean-Marie Mutobola 28 octobre 2009 16:13

                  J’enchéris en disant que le mot "Banyamulenge’ est apparu plutôt en 1971,une manière de ces populations banyarwanda du Sud-Kivu de se démarquer des populations rwandaises réfugiées à partir de 1959 face l’ostracisme qui s’installait dans cette partie du pays.

                  Je reconnais que bon nombre des congolais ont entendu ce terme qui désigne ,il est vrai,une montagne qu’en 1996 à l’aube de la première guerre que les congolais ont naïvement baptisé « guerre de libération » alors qu’une coalition armée rwando-ougandaise s’emparait du pays en chassant le dictateur Mobutu.


                • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 octobre 2009 16:22

                  Bonjour,

                  Je ne cherche pas à faire avaler quoi que ce soit dans mon article, petite précision.
                  Vous avez souligné une erreur que je corrige : Mulenge est bien une montagne, je rectifie.

                  En revanche les Banyamulenge ont bien une existence de longue date au Sud-Kivu, l’article que je cite en référence détaille bien la question.

                  Quant à la bataille de Kinshasa, si effectivement la population kinoise a largement contribué spontanément à la déroute de l’attaque rebelle, il faut en rappeler les motifs : xénophobie anti-tutsie, peur du retour du mobutisme, appât du pillage des victimes des lynchages, le tout dans une sorte de transe populaire et esthétique (la musique traditionnelle y contribue beaucoup) récupérée par certains hommes politiques kinois formant des groupes d’autodéfense que d’aucuns qualifient d’équivalents aux milices Maï Maï du Kivu, sur lesquelles j’aurais l’occasion de revenir. Il n’en demeure pas moins que l’appui étranger (troupes du Zimbabwe et appui aérien de l’Angola) a été déterminant.

                  En revanche vous avez raison de souligner que l’AFDL n’a pas bien encadré le mouvement (Kabila s’étant effectivement replié à Lubumbashi), mais en revanche Kabila a su récupérer la victoire de Kinshasa et l’a instrumentalisée pour sa propre image : il ne sera d’ailleurs jamais autant populaire qu’après cette bataille.

                  Bien à vous.


                • loxlove loxlove 28 octobre 2009 15:58

                  pour Albatar,
                  laisse -moi te dire que si nous connaissons cette guerre injuste c’est à cause de tout ce qu’il ya dans le sous-sol de mon pays,si tu as aujourd’hui ton mp4,gps,fibres optiques,pc,i-phone....la matière prémière se retrouve à 85% en RDCongo et le meilleur moyen de le voler c’est en créant des guerres comme cela les multinationales gagnent beaucoup d’argent,lis fournissent armes contre la matière prémière aux rebellions qu’ils ont crée.merci


                  • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 16:10

                    Merci pour l’info Loxlove,

                    La méconnaissance sur ce type de conflit est, je penses volontaire de la part de nos chers médias qui veulent que nous nous focalisions sur d’autres conflits (ISrael Palestine) qui atisent les émotions.

                    Si savoir c’est vivre, alors maintenir dans l’ignorance c’est presque un homicide.....


                  • ELCHETORIX 28 octobre 2009 18:47

                    donc les médias sont complices de ce pillage d’un pays ex-colonisé , mais toujours colonisé par les mêmes pays prédateurs , colonisé d’une autre façon , avec les multinationales qui perpétuent le pillage de l’ ex-zaïre« .
                    Une colonisation toujours aussi meurtrière et avide des richesses d’autrui ( ces  »pauvres « pays d’afrique , toujours sous la » coupe " de qui vous savez ) !


                  • Jean-Marie Mutobola Jean-Marie Mutobola 29 octobre 2009 16:54

                    Non seulement nous connaissons cette guerre (qui comme toutes les guerres sont injustes) à cause de nos richesses, mais aussi à cause de notre classe politique médiocre qui bouffe à tous les râteliers et nous, peuple congolais,devenu incapable d’interpréter correctement les événements qui font ce monde néolibéral.

                    A titre d’exemple,ce ne sont les étrangers( encore moins les rwandais) qui ont élu pour nous un chef de l’État légèrement scolarisé et ne pigeant presque rien des défis économiques que doit relever la RDC..

                    Comment voulez-vous que des prédateurs ne viennent pas fouiller dans dans ton coffre-fort quand tu le laisses béatement ouvert comme c’est le cas de mon pays.
                    Eux ( les prédateurs), ils savent ce qu’ils veulent :S’enrichir à moindre cout et c’est leur droit absolu , même en dehors de leur frontière géographique.C’est à nous de leur imposer les règles du jeu et tirer, à notre tour, profit.

                    Malheureusement nous (les congolais) passons notre temps à discuter sur les sexes des anges :
                    Qui est rwandais et qui ne l’est pas, ou qui a droit de piller le pays et qui n’en a pas ...
                    Comme si en se débarrassant des rwandais sur tout le territoire congolais ,le pays va devenir en un tour magique socialement et économiquement prospère sans se pencher sur la qualité de nos gestionnaires.

                    BON SANG, PENCHONS NOUS SUR LA QUALITÉ DE NOS DIRIGEANTS AU LIEU D’ÊTRE DISTRAIT.


                  • abdelkader17 28 octobre 2009 17:22

                    @Albatar
                    Le Congo est loin d’’être un pays pauvre comme de nombreux pays d’Afrique ,pendant la guerre froide les grandes puissances s’y livraient à des guerres par factions interposées,de même Lumumba à été exécuté par la cia ,les services belges, on l’accusait alors d’être un agent communiste comme de nombreux leaders du tiers monde,le refus du diktat et de la mainmise occidentale sur les trésors de l’Afrique et ses rêves d’indépendance ont montré les limites de la démocratie occidentale,De Ben Barka à Félix Moumié, l’Afrique aura payé un lourd tribut à sa quête d’indépendance.
                    Le jeu des puissances régionales n’est la façade visible d’une guerre à l’échelle internationale pour le contrôle des ressources de l’Afrique, avec la Chine qui fait désormais figure de nouvel arrivant mais dont les ambitions semblent démesurées.
                    Trouver le pantin qui conviendra à l’occident peu importe son respect du droits des peuples ,voilà à quoi se résume la mascarade des droits de l’homme utilisée jusqu’à la nausée dans nos médias serviles.
                    Ce sont les multinationales qui mènent la danse, les soldats de fortune qui se livrent bataille sont le piège d’enjeux qui les dépassent.


                    • fouadraiden fouadraiden 28 octobre 2009 17:31

                      oui Abdel j’avais pas compris cette remarque de Ablatar. le sous-sol africain regorge de richesses.

                       il devait croire que si les Belges, les Anglais les Français et maintenant les Américains sont là , c’est pour leur admiration des girafes. il existe encore des photos sur le traitement des Noirs par le colonisateur belge, elles sont terrifiantes à voir. les Belges peuple pacifique, mon cul !


                       Tintin au Congo on en est tjrs là.

                       


                      • abdelkader17 28 octobre 2009 17:51

                        @Fouad
                        Salut
                        J’ai vu hier sur la freebox un documentaire sur la propagation du virus du sida en Afrique ,ça viendrait d’un vaccin anti polio fait à partir de rein de makake ,c’était très intéressant,résultat d’une campagne de vaccination massive dans la région des grands lacs dans les années 60,plusieurs enquêtes de journalistes indépendants ont mis en lumière les pratiques de terrain d’expérimentation que constituent ces territoires.
                        Les armes elles arrivent d’où ?je peux te certifier que s’il n’y avait rien à gratter en Afrique ces territoires ne seraient pas sujet à de constants conflits ,on voit bien comment aujourd’hui la puissance américaine à supplanté partout les anciens schémas coloniaux Anglais, Français Belge ou Portugais ,demain ce sera la Chine mais sous quelle forme ?
                        Il faut plutôt quand même parler d’alliance saxonne,on néglige trop souvent le rôle des britanniques qui reste malgré tout une nuisance permanente,le consortuim BP-Amoco coalition pétrolière anglo saxonne en est une brillante démonstration.


                        • fouadraiden fouadraiden 28 octobre 2009 18:27



                           oui je connaissais cette hypothèse. un journaliste anglais je crois a consacré un livre , the River, où il fendait cette thèse , qui a été démolie par tous les gds scientifiques que comptent l’Angleterre de la prestigieuse British Academy of Science.

                           en tt cas ce qui est sûr, les Belges faisaient leur expérimentation directement sur les populations noires sans on l’imagine prendre ttes les précautions d’usage. 

                          les preuves sont difficiles à fournir d’autant que les occidentaux contrôlent toutes les publications scientifiques et les accuser d’avoir contaminer des populations noires durant la colonisation belge du VIH , fo se lever de bonheur pour y parvenir.


                        • King Al Batar Albatar 28 octobre 2009 18:58

                          Salut les mecs,

                          Quan je remercie quelqu’un pur une info ce n’est pas parce que je ne la connais pas c’est par politesse.

                          Vous parlez des Belges, mais la France a une horrible responsabilité dasn tout se qui s’est passé la bas, et donc encore aujourd’hui.

                          Jacques Fauccart est l’un si ce n’est le fondateur de France à fric (je prefere l’ecrire comme ca) et l’homme de l’ombre de Charles de Gaulle pour continuer après l’independance des états africains a exploiter les ressources de ses pays en nommant et en organisant des coups d’etat favorables a des personnes en accord avec cette politique.

                          Et je ne parle pas aujourd’hui de l’influence que peut avoir mon employeur (que je ne peux malheureusement pas citer, c’est une grande banque francaise), dans l’exploitation de richesse naturelle de certains pays africains. L’Afrique est une norme pompe à Fric mais pas pour les africains....


                        • ELCHETORIX 28 octobre 2009 19:17

                          pour le moins , on s’en doute albatar , le banquier :
                          l’AFRIQUE est pillée depuis longtemps par l’occident .
                          Je connais la question , mon fils est moitié togolais , moitié français  !


                        • ELCHETORIX 28 octobre 2009 18:40

                          @ l’auteur , je vous remercie pour votre article long à lire , l’ayant lu en diagonale , je n’en ferai , pour le moment , pas de commentaire .
                          Juste ceci  : l’ex ZAÏRE détiens des ressources minières très importantes pour l’industrie technologique de pointe , convoitées par les pays dits avancés .
                          Depuis l’affaire du KATANGA et le meurtre du leader de l’époque (progressiste) , Patrice LUMUMBA , ce « malheureux » pays est traversé de guerres larvées .
                          IL y a le même cas au NIGERIA de « guerre larvée » pour d’autres raisons : ses gisements pétroliers : se souvenir de la province du BIAFRA .
                          Ce pourrait être l’objet d’un autre article à développer .
                          Un livre à lire pour approcher ce cas du NIGERIA : « la haine de l’occident » écris par le diplomate SUISSE - Mr Jean Ziegler .
                          Etonnant , le silence des médias à ce sujet , comme bien d’autres d’ailleurs .
                          C’est pourquoi , je lis de temps en temps « Le MONDE DIPLOMATIQUE » qui informe bien sur les « affaires » internationales .
                          cordialement .


                          • ZEN ZEN 28 octobre 2009 18:57

                            Article très documenté. Merci
                            Il me semble que le problème des matières premières rares joue aujourd’hui un rôle essentiel dans ce conflit meurtrier
                            Vous n’y faites q’une allusion
                            Est-ce un choix ?


                            • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 28 octobre 2009 20:20

                              Bonsoir,

                              Vous avez tout à fait raison ; mais dans mon introduction en tête d’article, je précise que je décompose mon propos en trois parties. Ici ce n’est que la première.

                              La question des ressources naturelles présentes en RDC, essentielle pour expliquer notamment la deuxième guerre du Congo et ses suites, sera traitée dans la deuxième partie.

                              A bientôt.


                            • Annie 28 octobre 2009 21:48

                              3 millions de morts. Une très large sous-estimation
                              « Cet attentat intervient alors que le pouvoir hutu du Rwanda est menacé par l’offensive de l’Armée Patriotique Rwandaise, composée de Tutsis, opérant depuis l’Ouganda, et dirigée par Paul Kagame, ..... »
                              Ce n’est pas seulement l’offensive de l’APR qui menace le pouvoir Hutu qui est exangue. Le premier ministre était Tutsi, et les Accords d’Arusha signés en 1993 prévoient la réintégration des exilés Tutsis et le partage du pouvoir. 


                              • loxlove loxlove 28 octobre 2009 22:38

                                Merci Jean Marie Mutobola pour ton intervention mais souviens-toi que c’est en 1971,
                                Bisengimana gravitant autour de feu Mobutu amenera celui-ci à donner la nationalité en masse aux Rwandais quelque temps après et la plupart de ses Rwandais étaient assimillés aux Ntorés non les Banyamulenges.
                                Ensuite, Stephane Mantoux nous n’éprouvons aucune haine contre les tutsis comme tu le dis car souviens-toi que le seul pays ou ces tutsis jouissait des avantages énormes était le Zaire tandisque meme les angolais n’ont jamais eu de tels avantages mais leur traitrise et double jeu a exaspéré les Congolais.
                                Miko était le premier dans l’ex zaire de posséder une entreprise de communication cellulaire tandisque aux autochtone comme Pelou Ndombasi la licence fut réfusé,
                                Rwakabuba que les Congolais connaissait comme Zairois car il a été député et à la table ronde de Bruxelles pour l’indépendance du Zaire alla en 1994-1995 cherché un poste ministériel au Rwanda à l’avenement du Fpr à Kigali........


                                • loxlove loxlove 29 octobre 2009 02:43

                                  Stephane Mantoux,
                                  encore un petit rectificatif que je dois apporter en 1972-1973 quand Mobutu accordera à l’ensemble de la population Rwandophone vivant au Zaire à l’époque la Nationalité zairoise,il avait violé la constitution car la constitution stipulée que la Nationalité ne pouvait pas s’obtenir par décret mais par une demande individuelle ou par adoption en passant par les instances compétente,par naissance ou par l’un de parents.
                                  C’est ainsi qu’après la pression de 13 parlementaires de l’époque dont Tshisekedi s’opposèrent à Mobutu sur ses violations de la constitution et Mobutu récula mais cette population d’origine Rwandophone interpretera cela comme un mal.
                                  Et si tu fouilles bien tes archives ,tu verras que c’est déjà dans cette année qu’un groupe
                                  de cette population Rwandophone ont adressé une lettre à l’ONU pour que celle-ci les aident à organiser un réferendum d’auto-détermination dans le sud-kivu.
                                  C’est un peuple qui n’aime pas la Légalité mais des coups fourrés.merci


                                  • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 29 octobre 2009 11:47

                                    Bonjour Loxlove,

                                    Le débat est très intéressant et c’était bien le but de mon article.
                                    Je précise que je ne suis pas spécialiste de la question : je m’intéresse à l’histoire et l’actualité de l’Afrique (voir mon blog) depuis seulement 6 mois. En revanche j’essaye de mener un travail reposant sur des critères scientifiques (pour les sciences humaines). Mon regard est donc plutôt froid et détaché sur les passions actuelles.

                                    Je constate que pour vous, en revanche, c’est l’inverse, et c’est bien naturel : en tant qu’habitant du pays, vous êtes à la fois bien plus connaisseur des réalités que moi (cela se sent dans vos remarques), ce qui est bien ; en revanche, votre propos est engagé, ce que je respecte aussi, mais cela se démarque du travail que j’essaye de faire en tant qu’apprenti-historien étranger.

                                    Je ne suis pas d’accord avec toutes vos conclusions mais en revanche, vous avez souligné des points intéressants, notamment sur l’histoire de la RDC et des pays voisins pendant la colonisation. Il s’agira donc d’y revenir.

                                    Bien à vous.


                                  • loxlove loxlove 29 octobre 2009 10:35

                                    pour Jean Marie Mutobola,
                                    oui mon frère tu as raison en pointant du doigt nos politichiens(politiciens) mais pour la parodie des élections de 2006,les faits sont là devant nous, souviens-toi de la déclaration de Louis Michel :(la communauté internationale a investi sur hypolite kanambe alis joseph kabila et il ne peut pas perdre les élections) nous en connaissons la suite.
                                    Malgré les victoires de l’opposition à kinshasa,bas-congo,les 2 kasai,le bandundu dis-moi combien des provinces sont dirigées par l’opposition une seule ,allez-y comprendre quelque chose.
                                    Je suis du meme avis que toi car nous n’avons pas des hommes d’état chez-nous,nous avons des affairistes,une bande des complexées qui veulent etre tous des rois....
                                    Mais tu sais par exemple meme la France pendant la 2ème guerre mondiale avait un adversaire L’Allemagne au travers du 3ème reich d’Hitler.
                                    Meme si aujourd’hui beaucoup des faits tente à nous montrer que le 3ème reich d’Hitler
                                    été financé par les grandes sociétés Américaines de l’époque :Ford,standar oil,General electric ..et des banques tel que Jp morgan...
                                    Donc en nous débarassant des tutsis extremistes à kigali ,on arrivera à faire echec à ce projet et on vivra en paix avec les tutsis du Congo et du Rwanda.merci


                                    • deor deor 29 octobre 2009 10:42

                                      "Le 6 avril 1994, l’avion transportant les présidents du Rwanda (hutu) et du Burundi est abattu par un tir de missile sol-air dont on peine toujours à déterminer, aujourd’hui, l’origine, bien que plusieurs hypothèses aient été avancées, très récemment encore par Pierre Péan, par exemple.[..] L’attentat a pour effet de déclencher le génocide des Tutsis et des Hutus modérés, également, par le pouvoir hutu encore en place face à l’offensive de l’APR.« 

                                      L’attentat a symbolisé le début du génocide mais il reste très peu déterminant dans le déroulé du génocide.

                                      Il faut d’abord considérer, comme tout génocide, qu’il avait été longuement préparé, en particulier depuis 1990, par un travail de propagande raciste, d’armement et de formation de l’armée et des milices (en la matière, le rôle de la France est particulièrement inquiétant). Mais bien avant, la construction, artificielle d’un clivage ethnique est le fait d’une longue entreprise commencée avec la colonisation.

                                      De plus, si on veut véritablement trouver un déclencheur au génocide, il vaut mieux retenir, non pas l’attentat, mais le massacre des membres du gouvernement extérieurs au Hutu Power par les extrémistes hutus. C’est ce coup d’état qui leur a permis de lancer véritablement le génocide, notamment l’assassinat de la premier ministre, Agathe Uwilinggiyimana, par la garde présidentielle, puis la constitution de leur »gouvernement intérimaire".

                                      Enfin, la thèse Péan, identique à celle du juge Bruguière, ne tient pas. Elle s’inscrit dans une entreprise, désormais tristement habituelle en France, de déformer la vérité des faits pour éviter d’examiner les responsabilités de chacun dans ce crime des crimes.

                                      Là où l’auteur a raison, par contre, c’est qu’effectivement, la protection du gouvernement génocidaire et l’exil qui leur a été ouvert au Zaïre voisin a grandement déstabilisé la région, jusqu’aujourd’hui.


                                      • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 29 octobre 2009 11:49

                                        Bonjour,

                                        Effectivement je suis passé un peu vite sur la question du génocide et de l’attentat pour retenir ce que vous soulignez à la fin : cela a donc fonctionné un peu (lol).

                                        Néanmoins vous avez parfaitement raison, le génocide s’inscrit dans la durée et n’est en rien un épiphéniomène déclenché par l’attentat. Je corrige.

                                        Pour la thèse de Péan, tout à fait d’accord.

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