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Ron Paul, en tête dans le Maine ?

 La campagne 2012 des Primaires Républicaines s’annonce comme une des plus serrées que le parti ait jamais connu.

Les retournements de situation ont été légion depuis le début de la compétition, entraînant notamment les retraits successifs de Hermann Cain, Michelle Bachmann, Sarah Palin et Rick Perry. Tous à un moment donné s’étaient vu affublés de l’étiquette de favori, un cadeau médiatique qui s’est systématiquement avéré empoisonné.

Le multi-millionnaire mormon Mitt Romney les a remplacés dans ce rôle, et semble à son tour touché par la malédiction.

 En Iowa, il fut d’abord donné gagnant de 8 voix avant qu’un recomptage tardif n’attribue la victoire à Rick Santorum, le plus conservateur des quatre candidats encore en lice.

Romney parvient ensuite à remporter le New Hampshire, avant que l’ancien speaker de la chambre des représentants, Newt Gingrich, ne crée la surprise en s’imposant en Caroline du Sud.

On pensait Romney revenu sur les rails après ses victoires en Floride et au Nevada, deux Etats importants, mais c’était sans compter les stratégies payantes de ses adversaires.

Santorum, Gingrich et Paul n’ont pas les moyens colossaux du Gouverneur du Massachussets, qui a déjà dépensé plus de 20 millions de dollars depuis le début de ces primaires grâce au soutien de ses amis de Wall Street. Ils livrent donc des campagnes ciblées dans les Etats où ils pensent être en mesure de réaliser de bons scores.

C’est ainsi que Santorum a réalisé un véritable tremblement de terre politique en remportant mardi les 3 primaires qui se jouaient dans le Colorado, le Missouri et le Minnesota, des Etats où il a passé plus de temps à faire campagne que tous ses adversaires réunis.

Cet arrêt brutal de la dynamique victorieuse de Romney pourrait bien se poursuivre Samedi dans le Maine, un Etat de la côte Est.

Mais cette fois-ci la part du gâteau pourrait bien revenir à Ron Paul, lui qui reste le seul des 4 candidats en lice à n’avoir encore remporté aucun Etat. Ce dernier peut compter sur de nombreux supporters dans le Maine, où le duel avec Romney s’annonce extrêmement serré.

Ron Paul est sans doute le plus méconnu des quatre candidats en France, maintenant que Santorum a réalisé sa percée, mais son rôle pourrait néanmoins s’avérer décisif dans la campagne présidentielle Américaine.

De par son expérience (76ans) , le docteur Paul a bien compris le fonctionnement ses primaires, et sait que l’important n’est pas tant de remporter des Etats que de s’octroyer le soutien d’un maximum de délégués

Le 26 août à Tampa, ces délégués, élus tout au long du processus des primaires, décideront auquel des 4 candidats encore en lice (Romney, Gingrich, Santorum et Paul) ils choisiront d’accorder l’investiture Républicaine.

Chaque Etat met en jeu pour sa primaire le nombre de délégués préconisé par le Parti (basé sur la population) mais l’Etat organisateur reste seul décisionnaire en ce qui concerne le mode d’attribution de ces délégués.

Dans les Etats ayant recours aux Primaires simples, aussi appelées « winner takes it all » le candidat arrivé en tête, comme Romney en Floride, remporte tous les délégués mis en jeu.

Dans les Caucus, où des assemblées constituantes ont lieu avant le vote dans les salles prévues à cet effet (écoles, gymnases etc…) , l’attribution des délégués est proportionnelle.

Ron Paul, qui ne peut guère espérer gagner beaucoup de primaires, mise tout sur ces caucus, où il a la réputation d’exceller.

On murmure même qu’il aurait réussi à infiltrer ses propres partisans parmi les délégués censés être dévoués à Romney ; dans certains Etats les délégués n’ont en effet pas l’obligation de soutenir le candidat pour lequel ils ont été élus :

Ce sont les « non-binding primaries »

A l’heure actuelle, Romney peut compter sur le soutien de 115 délégués, Gingrich sur 38, Santorum sur 34 et Paul sur 20.

Mais le Docteur Paul, physicien et écrivain de son état, n’a pas dit son dernier mot.

En tant que représentant du mouvement libertarien, il occupe une place à part dans la compétition et n’hésite pas à s’éloigner de la doxa républicaine traditionnelle sur bon nombre de sujets.

Ses partisans sont parmi les plus enthousiastes et surtout les plus jeunes, ces derniers voyant dans ses idées de l’espoir et une certaine sincérité que Romney ou Gingrich ont du mal à dégager.

En Floride, où il a quasiment fait l’impasse (faire campagne dans cet Etat à peine 3 fois plus petit que la France nécessitait beaucoup de ressources financières avec un mince espoir de succès au vu de sa qualité de « winner takes it all »), Paul a réalisé un maigre score de 7 pour cent, mais il monte à 25 pour cent dans la catégorie des 18-29 ans.

Dans le Nevada, ce chiffre est encore plus spectaculaire :

19 pour cent comme score global contre 43 pour cent chez les 18-29 ans (devant Romney) !

Ron Paul dénonce depuis plus de 30 ans la politique monétaire Américaine, et la crise est venue apporter de l’eau à son moulin.

Son combat pour un retour à l’or comme valeur étalon trouve un certain écho, tout comme sa volonté de mettre sous tutelle la réserve fédérale des Etats-Unis.

Mais plus que tout le reste, Paul est un ardent pourfendeur des déficits et clame à qui veut l’entendre qu’il coupera 1000 milliards du budget Américain dès son entrée à la Maison Blanche.

En revanche, sa critique féroce de la politique étrangère Américaine en vigueur depuis des décennies, notamment celle de Bush, agit comme un repoussoir auprès de la Base Républicaine.

Doctor Paul réclame le retour immédiat de toutes les troupes Américaines engagées de par le monde, et surtout l’abrogation du Patriot Act, loi qu’il juge liberticide et contraire au 3ème amendement de la Constitution.

« Nous n’avons pas à imposer nos points de vue au reste du monde.

Les milliards que nous dépensons en Irak ou en Afghanistan, dépensons-les ici ! »

« Nous avons besoin d’une armée forte, mais pour nous défendre, pas pour attaquer ! Toutes ces guerres non déclarées violent la Constitution.

Souvenons-nous que l’Empire Soviétique s’est effondré à trop vouloir s’expandre de par le monde. Nous prenons le même chemin ».

Ron Paul est un libertarien au sens strict du terme : il milite pour une plus grande liberté individuelle et surtout pour amoindrir considérablement la puissance de l’Etat Fédéral, cause selon lui de tous les maux.

Il est convaincu que c’est en appliquant à la lettre la constitution Américaine de 1776, en rendant aux gens la pleine maîtrise de leur destin que les Etats-Unis retrouveront leur splendeur passée.

Une sorte de retour aux sources en contrast drastique avec la politique d’Obama, que les Républicains accusent de vouloir transformer les Usa en une sorte de « welfare state » à l’Européenne, avec un Etat centralisé qui s’occupe de ses concitoyens.

Pour Paul, une telle aide est néfaste et nuit à l’esprit d’entreprise des individus et à leur créativité, en les enfermant dans un carcan étatique.

Le Texan se distingue également de ses compères Républicains sur la question de la religion.

Bien que croyant, il fait peu d’allusions à Dieu dans ses discours, ce qui explique sans doute ses scores impressionnants chez les athées : 58 pour cent d’entre eux l’ont plébiscité au Nevada, le plaçant largement en tête devant ses 3 autres concurrents.

Au cours des récents débats, souvent tendus notamment entre Mitt Romney et Newt Gingrich ,Ron Paul se chargeait de détendre un peu l’atmosphère.

Si ses idées ne convainquent pas toujours la Base républicaine , tous s’accordent à dire que les bons mots délivrés lors des débats sont souvent à mettre à son actif.

Interrogé par le journaliste de CNN en charge des réjouissances en Floride, qui lui avait demandé si son âge avancé pouvait être un problème en cas d’accès à la Maison Blanche, Ron Paul avait répondu en rigolant :

« Il y a des lois contre la discrimination envers les vieux dans ce pays ! Mais je vous rassure, je suis en pleine forme et prêt à affronter mes 3 camarades dans une Course de Vélo dans la chaleur du Texas ! »

Le sourire des Républicains à cette évocation pourrait vite se figer.

Paul n’a en effet pas exclu de se présenter en tant que candidat indépendant aux présidentielles de novembre, si d’aventure il venait à ne pas obtenir l’investiture Républicaine.

Le libertarien Texan a déjà franchi le pas aux élections de 1988, où il s’était classé troisième loin derrière Michael Dukakis et George Bush Père, le vainqueur.

Une telle candidature pourrait sensiblement rabattre les cartes de l’élection présidentielle et avantager Barack Obama.

Mais à 76 ans, Ron Paul livre certainement sa dernière bataille et il n’a plus rien à perdre. Il croit dur comme fer à son combat pour la liberté et l’entrain de ses partisans peut le mener très loin.

Pour l’heure, il est encore engagé à plein temps dans les Primaires, où il espère peser ; les Caucus du Maine constitueront quoi qu’il arrive un tournant dans sa campagne.

Une deuxième place doucherait sans doute ses derniers espoirs d’obtenir l’investiture républicaine, car même si la médaille d’argent lui accorderait un nombre raisonnable de délégués, Ron Paul a au moins besoin d’une victoire pour créer une dynamique autour de sa candidature, convaincre les donateurs et être auréolé du fameux « momentum » cher aux Américains, ce souffle d’énergie insufflé par les succès.

En finissant premier dans le Maine, il se rappellerait au bon souvenir des observateurs et de ses adversaires, qui semblent l’avoir rayé un peu trop tôt de leurs tablettes. 

Romney, lui, doit absolument reprendre la main s’il ne veut pas accroître les doutes sur sa capacité à unifier le camp républicain derrière son nom ; Newt Gingrich et Rick Santorum pourraient donc être les premiers supporters de Ron Paul en vue de ces caucus du Maine, où ils ont peu de chances de réaliser eux-mêmes des scores significatifs.


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3 réactions à cet article    


  • Bernard Pinon Bernard Pinon 11 février 2012 12:22

    Juste une précision : Ron Paul n’est pas physicien, « physician » en anglais signifie médecin. Et, en bon médecin, il porte un diagnostic pertinent sur la société états-unienne, même si les remèdes qu’il propose peuvent apparaître trop radicaux à certains (non-interventionnisme, fermeture de la FED, réduction du rôle de l’état fédéral...). Mais son élection relèverait du miracle, un peu comme si chez nous François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélanchon ou Philippe Poutou étaient élus. Mais, après tout, on est jamais à l’abris d’un coup de bol !


    • Pyrathome Pyrathome 11 février 2012 18:52

      Et comme on s’en doute, les primaires sont aussi frauduleuses que les vraies élections, alors il n’y a aucun risque.....c’est le plus crétin qui sortira pour faire la figuration face à la marionnette bien obéissante Obama, il n’y a rien à attendre de la plus grande « dictature démocratique du monde » , si les citoyens Américains ne font pas le grand ménage, il ne se passera strictement rien...
      Arrêtez de rêver.....


      • doctorix doctorix 11 février 2012 23:51

        Ron Paul est sans doute le seul être humain de cette élection.

        Un bémol cependant : sa position contre l’avortement.
        A part ça, supprimer la FED est ce qu’il pourrait faire de mieux pour l’humanité : c’est ce qu’il désire, mais pour des raisons discutables. Peu importe.
        Mais j’ai cru comprendre que la Fed avait un bail de 99 ans qui se terminait en 2012. Je cite :
        «  »« … Il est important de rappeler que le président Kennedy avait aussi signél’Ordre Exécutif N°1110 au mois de juin 1963. Cet ordre mettait fin au monopole du Cartel Bancaire Privé nommé FED (Federal Reserve, créée en 1913*). Il permettait au gouvernement Américain d’émettre sa propre monnaie fiduciaire sans avoir à passer par le Cartel de la FED qui, rappelons le ; ne prête qu’avec intérêts… L’ordre 1110 fut abrogé dans la foulée de l’assassinat du président par le nouvel “élu” ; Nixon. Kennedy a été le dernier président a remettre en question le Cartel. La “Balle Magique” semble avoir correctement mis au pas les suivants… 

        * La FED, créée en 1913, a un bail de 99 ans pour l’émission de la monnaie. Bail qui arrive à expiration le 23 décembre 2012. Peut être que ce que nous vivons actuellement n’est rien d’autre que la mise en place de leur nouveau système - avant la finalisation de leur Nouvel Ordre Mondial ? - avant justement cette fameuse date… Stratégie du Choc ? A chacun de se faire sa propre opinion…  »«  »

        C’est deux jours après la « fin du monde » annoncée. Etrange coïncidence, non ?
        Celui qui remettra en question l’existence de la FED, ou empêchera le renouvellement de son bail, finira comme Kennedy.
        Bravo à Ron Paul de prendre ce risque, mais c’est un agneau au milieu des loups. Les autres candidats sont des pitres, genre sarko, purs produits des grosses têtes du N.O.M.
        Il n’y a pas de doute que son élection, s’il y survivait, serait un pas décisif vers la paix et la démocratie retrouvées.
        Aux USA, c’est une sorte de mouton à cinq pattes, un oiseau rare. S’il y a un Bon Dieu, c’est lui qui sera élu.

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