Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Russie : les poutineries dureront-elles jusqu’en 2021 (...)

Russie : les poutineries dureront-elles jusqu’en 2021 ?

Tout laisse croire que Poutine restera encore le maître de la Russie pour longtemps. La personnalité effacée et la loyauté du Président élu Medvedev sont ses atouts.

Drôle de pouvoir qui règne à Moscou depuis le 7 mai 2008.

Dimitri Medvedev est officiellement Président de la Fédération de Russie, élu le 2 mars 2008, confortablement élu à 70%, dans un État à régime présidentiel, et tout porte à croire que c’est le Premier Ministre qui détiendrait les réelles clefs du pouvoir.


Où se trouve le pouvoir à Moscou ?

Il faut dire que le Premier Ministre s’appelle Vladimir Poutine et qu’il a dû s’effacer derrière un homme loyal choisi par lui, car la Constitution russe l’empêchait de solliciter un troisième mandat présidentiel consécutif.

Avant 2008, d’ailleurs, beaucoup se demandaient pourquoi il ne réviserait pas la Constitution : il suffisait d’enlever cette limitation à deux mandats consécutifs, que la France vient juste d’adopter par la volonté de Nicolas Sarkozy et que le Président du Venezuela Hugo Chavez n’a pas su abroger en 2007.

D’autres affirmaient qu’il suffirait que Dimitri Medvedev démissionne quelques mois après son investiture pour permettre à Poutine de refaire deux autres mandats consécutifs.

Après six mois d’exercice de la fonction présidentielle, Medvedev répond par lui-même aux nombreuses interrogations le concernant.

Apparemment, non, ce n’est pas lui qui a le pouvoir, même s’il l’a constitutionnellement. Le choix de Vladimir Poutine a donc été pertinent : Medvedev est bien l’homme falot qu’on connaissait avant l’élection de mars.


Premier discours sur l’état de la nation

Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à son tout premier discours sur l’état de la nation. Une sorte de discours du Trône qu’a aussi institué Nicolas Sarkozy dans sa révision constitutionnelle estivale.

Ironie du sort, le jour où il devait le prononcer, le rouble s’est effondré. Alors Medvedev a décidé de le reporter au… 5 novembre 2008. Ce n’est évidemment pas un hasard. Le lendemain du 4 novembre 2008. Cette date était connue depuis au moins quatre ans, c’est l’élection présidentielle américaine.

Un bon moyen pour la Russie de tester le prochain Président Barack Obama.

Cela s’est déroulé devant l’Assemblée fédérale (le Parlement russe réunissant Douma et Conseil de la Fédération) dans la salle Saint-Georges du Grand Palais du Kremlin.

Dans cette intervention très attendue, Medvedev a menacé d’installer des missiles de courte portée à Kaliningrad, cette enclave (anciennement Königsberg) constituait la Prusse Orientale et qui est bordée de la Pologne et de la Lituanie. Bref, la Russie veut mettre ses armes au milieu même du territoire de l’Union Européenne.

Sans doute était-ce le message le plus marquant de son discours.Mais un autre passage était aussi très important.

Rallongement de la durée des mandats

Dimitri Medvedev a annoncé qu’il comptait réviser la Constitution russe pour rallonger la durée des mandats présidentiel et législatif. Allonger le mandat présidentiel de quatre à six ans et celui des députés de quatre à cinq ans.

Medvedev assure qu’il ne s’agit que d’une correction mineure : « Je vous dis franchement : Il ne s’agit pas d’une réforme constitutionnelle, mais d’une correction de la Constitution. Ce sont des amendements réellement importants qui ne feront toutefois que préciser le texte et ne concerneront pas l’essence politique et juridique des institutions déjà existantes. ».

Cependant, Tamara Morchtchakova, ancienne juge de la Cour Constitutionnelle, affirme au coontraire que c’est une réforme profonde qui bouleverse les équilibres entre l’exécutif et le législatif, notamment parce que les mandats des députés et du Président ne coïncideront plus.


Faire élire les "sénateurs" russes

Medvedev veut par ailleurs réformer le Conseil de la Fédération, l’équivalent russe du Sénat français. Il veut qu’il ne soit composé que d’élus. Actuellement, il est formé de deux sénateurs par région administrative, un nommé par l’exécutif régional et un autre nommé par le législatif régional.

L’objectif de Medvedev : « Le Conseil de la Fédération sera donc constitué de citoyens qui ont passé la procédure d’élection, qui ont une expérience de travail avec les électeurs et qui représentent non seulement les autorités, mais aussi la population des régions respectives. ».


Pas de référendum

Le Président du Conseil de la Fédération, Sergueï Mironov, a d’ailleurs estimé que son assemblée pourrait examiner dans les semaines qui viennent ces amendements à la Constitution et qu’ils ne prendraient effet qu’à partir de début 2009 dans la mesure où ils doivent aussi être approuvés par les assemblées législatives des deux tiers des régions administratives de la Russie (imaginez que la révision de la Constitution française, pour être applicable, doivent être ratifiée par les deux tiers des Conseils régionaux).

La chef du département juridique de la Présidence russe, Larissa Brytcheva, a par ailleurs exclu tout référendum pour adopter ces amendements constitutionnels car ce n’était pas nécessaire.


Autres réformes qui peuvent avoir des conséquences politiques importantes

Parmi les autres réformes proposées par Medvedev, un amendement à la loi régissant les partis politiques pour obliger leurs dirigeants à effectuer des rotations : « Une personne ne peut pas occuper un poste important au sein d’un parti au-delà d’un délai déterminé ». Le chef de l’actuel parti majoritaire "Russie Unie" est Poutine depuis fin 2007.

Il veut aussi modifier la désignation des gouverneurs régionaux (aujourd’hui nommé par l’exécutif fédéral) en ne permettant que les candidatures issues des partis vainqueurs aux élections régionales.


Démocratie, libertés politiques et propriété privée

Dimitri Medvedev, qui visiblement n’a pas le profil du dictateur (loin de là !), a même voulu rassurer sur l’état démocratique de la Russie.

Il l’a réaffirmé fermement : « Nos buts sont immuables. Les brusques fluctuations dans la situation politique et économique, les turbulences dans l’économie et la tension militaire et politique qui augmente ne seront pas un prétexte au démantèlement des institutions démocratiques et à la nationalisation de l’industrie et des finances. Les libertés politiques des citoyens et leur propriété privée sont intangibles. ».

Il a même vilipendé la bureaucratie en ces termes : « La bureaucratie fait périodiquement pression sur le business pour qu’il agisse selon son goût, contrôle les médias pour qu’ils ne disent pas plus qu’il ne faut, s’ingère dans le processus électoral pour que la bonne personne soit élue et fait pression sur les tribunaux pour qu’ils prononcent le bon verdict. ».

Medvedev a rappelé aussi que « la Constitution joue un rôle décisif dans le devenir de la démocratie russe. La liberté de l’individu, les institutions et les procédures démocratiques mûres qu’elles garantit, tout cela est une source de notre essor à venir. (…) La Constitution a déterminé le vecteur de renouvellement de la Russie en tant que nation libre, en tant que société qui met en priorité les droites et la dignité de chaque individu. (…) L’adoption en 1993 d’une Loi fondamentale élevant l’individu, sa vie, ses droits et sa propriété au rang des valeurs suprêmes a été un événement sans précédent dans l’histoire de la nation russe. ».

Dimitri Medvedev s’est même donné le luxe de citer Piotr Stolypine, Premier Ministre du dernier tsar Nicolas II (que la Russie vient de réhabiliter) : « Il faut en premier lieu former un citoyen, et lorsque cet objectif aura été atteint, la société civile s’installera elle-même en Russie. ».

Il a aussi encouragé le développement des réseaux multimédias : « La liberté de parole doit être assurée grâce aux innovations technologiques. Il faut élargir l’espace libre d’Internet et de la télévision numérique. Aucun fonctionnaire n’est en mesure d’entraver les discussions sur Internet ou de censurer mille canaux à la fois. » et a affirmé : « Les partis parlementaires doivent avoir des garanties nettes de leur couverture par les médias. ».

L’opposition ne s’est d’ailleurs pas gênée pour annoncer le lendemain de ce discours la création d’un mouvement unifié "Solidarité" pour le 13 décembre 2008, soit le lendemain de la Journée de la Constitution, et qui rassemblera dans le même parti notamment Boris Nemtsov, l’ancien Vice-Premier Ministre de Boris Eltsine (et ex-dauphin potentiel) et Garry Kasparov.


Justification du rallongement du mandat présidentiel

Le projet de rallongement du mandat présidentiel n’est pas nouveau et revenait en surface régulièrement en Russie depuis 1990. Medvedev a rappelé que « les États démocratiques ont assez souvent changé la durée des mandats des organes du pouvoir d’État » (même en France).

Il est aujourd’hui justifié par la crise financière. Le Ministre des Finances et Vice-Premier Ministre Alexeï Koudrine a estimé que cela permettrait la stabilité de l’économie : « Six ans, c’est un délai suffisant pour que le Président, qui que ce soit, puisse s’illustrer. ».


Supputations et rumeurs

Mais en fait, ce projet aurait été préparé dès 2007 sous Vladimir Poutine. Son auteur réel serait Vladislav Sourkov, premier chef adjoint de l’administration présidentielle (l’équivalent de directeur adjoint de cabinet de Medvedev).

L’objectif aurait été de faire élire Medvedev pour mettre en œuvre des réformes sociales très impopulaires et cette réforme constitutionnelle.

Ensuite, dès 2009, Medvedev pourrait démissionner, ce qui rendrait possible une nouvelle candidature de Poutine (actuellement toujours très populaire).

C’est en tout cas ce qu’affirme le journal "Vedmosti" ce 6 novembre 2008 dont les sources proviendraient de l’administration présidentielle elle-même.


Poutine encore présent en 2021 !

Vladimir Poutine pourrait alors effectuer deux mandats présidentiels supplémentaires, de six ans cette fois-ci, jusqu’en… 2021. Année où les élections législatives et présidentielle coïncideront de nouveau (les prolongations des mandats ne s’appliquant qu’à la prochaine Douma et au prochain Président).

Étrangement, Poutine avait justement présenté pendant la campagne électorale un programme pour une période s’étalant jusqu’en 2020 (Stratégie-2020).

Et des fonctionnaires de l’administration présidentielle ont confirmé que Poutine se préparerait dès maintenant à une nouvelle campagne électorale, par la création d’un site Internet, par le discours programme qu’il prononcera le 20 novembre 2008 au congrès de son parti "Russie Unie" dont il est le président, et par une émission de télévision où il répondra aux citoyens en direct (un exercice que n’a jamais osé faire Medvedev).

De plus, l’obligation de limiter dans le temps les fonctions des dirigeants de partis politiques cassera toute capacité de l’opposition (qui se structure donc) à promouvoir un candidat capable de faire jeu égal avec Poutine.


Démenti et arrière-pensée

Dimitri Peskov, le porte-parole de Poutine, a comme prévu démenti formellement l’hypothèse d’une démission de Medvedev en 2009 : « Il s’agit seulement de supputations de la part de ce journal, dont les informations sont absolument sans aucun fondement. ».

Malgré ce démenti, la forte popularité de Poutine, sa présence toujours aussi soutenue dans les médias (il reste encore plus cité que Medvedev dans les médias) et les perspectives à long terme qu’il ne cesse de présenter ne sont pas anodines.

Une analyse qui était déjà décrite ici dès le 29 février 2008 :

« Poutine assumerait pendant quelques temps mois ou années le rôle de Premier Ministre, et, à l’occasion d’un événement quelconque, il demanderait à Medvedev de démissionner. Poutine pourrait alors concourir à nouveau à l’élection présidentielle pour deux mandats encore (il a 55 ans) et garder la maîtrise de la vie politique pendant presque vingt ans (d’ailleurs, le projet Poutine fixe les priorités jusqu’en 2020 !). Medvedev serait évidemment récompensé pour sa grande loyauté. »


La question sans réponse…

Alors, la Russie est-elle une démocratie ?

Tant que l’habile Vladimir Poutine est très populaire dans les sondages, le pouvoir présidentiel ne cessera de proclamer son attachement aux libertés politiques.

Mais jusqu’à quand ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (7 novembre 2008)


Pour aller plus loin :

La pratique institutionnelle en Russie.

Qui est Medvedev ?

L’élection de Medvedev.

Limitation à deux mandats successifs.

Medvedev devient le 3e Président de la Russie "démocratique".

Dépêches sur les intentions constitutionnelles de Medvedev.

Les menaces de Medvedev à Obama.

Medvevdev, protecteur de la démocratie ?

Vidéo du discours de Medvedev du 5 novembre 2008.






Documents joints à cet article

Russie : les poutineries dureront-elles jusqu'en 2021 ?

Moyenne des avis sur cet article :  3.07/5   (27 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • morice morice 7 novembre 2008 13:40

     La question sans réponse…

    Alors, la Russie est-elle une démocratie ? 

    Les Etats-Unis sont ils une démocratie ?


    • CITOYEN 7 novembre 2008 14:51

      La RUSSIE retombe dans ses travers...il faut dire que POUTINE est de l’ancienne maison ou les apparatchicks menaient grand train de vie pendant que le peuple opprimé souffrait...le communisme ressemble "étrangement" au fascisme...


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 7 novembre 2008 15:36

        Bonjour,

        Seuls ceux qui ne sont pas allés en Russie et qui souhaitent continuer à vivre d’idées reçues peuvent prétendre que ce pays vit encore à l’ère communiste !
        Au contraire, le principal mouvement d’opposition au parti Russie Unie (celui du Président et du Premier Ministre actuels) est le Parti Communiste. Comme quoi...

        Cordialement


      • armand armand 8 novembre 2008 22:33

        Bien sûr - du communisme on est passé au fascisme. Avec les méthodes qui vont avec. Ma boîte à lettres vient d’en faire l’expérience...


      • CITOYEN 7 novembre 2008 16:17

        C’est vrai le parti communiste en opposition aux apprentis fachos ou l’inverse mais toujours des anti démocrates et parfois avec des ex devenus actuels sous un autre drapeau... mais avec les mêmes idées !


        • John Lloyds John Lloyds 7 novembre 2008 16:59

          "Poutine encore présent en 2021 !"

          Tant mieux, la Russie reste le dernier contre-pouvoir de la planète, peut-être même le dernier espoir avant que le monde ne sombre dans un chaos irréversible après l’irresponsabilité de l’administration américaine qui mène des guerres à crédits et présente les factures au contribuable terrien. Je souhaite personnellement que Poutine en fasse rééllement baver aux états-uniens et à ses valets de l’UE.


          • armand armand 7 novembre 2008 18:16

            Et je souhaiterais, LLoyds, que tu exprimes tes opinions si délicieuses devant différents citoyens d’ex-républiques soviétiques pour ensuite mesurer ta vitesse au 100 mètres.

            En d’autres temps on utilisait le même raisonnement nauséeux pour défendre Staline... ou Hitler.


          • CITOYEN 7 novembre 2008 17:22

            Tu préféres en baver sous les bottes russes ??? ou nord coréennes ??? ou islamiques ???
            Allons allons...un peu de sérieux...les STATES sont une grande démocratie vers laquelle les opprimés du monde regarde encore et toujours !
            Demande aux Ukrainiens, Georgiens, Polonais, Tchéques...la RUSSIE c’est pour les apparatchiks pas pour des citoyens libres ! 


            • John Lloyds John Lloyds 7 novembre 2008 18:08

              la RUSSIE c’est pour les apparatchiks pas pour des citoyens libres !

              Mon pauvre ami tu retardes de 50 ans. Mais peut-être sors-tu d’un long coma, alors je te fais un bref récapitulatif : le mur est tombé, le KGB n’existe plus, et "Dix-sept ans après la fin du système soviétique, la Russie s’impose comme la deuxième patrie des très grandes fortunes mon­diales, derrière les États-Unis et devant l’Allemagne".


            • John Lloyds John Lloyds 7 novembre 2008 18:11

              "Que certains aimeraient voir en la russie, le contre poid de l’amérique se foutent le doigt dans l’oeil"

              Mais oui mais oui, et selon vous, pourquoi les états-unis n’ont pas encore envahi l’Iran ?


            • armand armand 7 novembre 2008 18:17

              Pas étonnant - ces grandes fortunes ont été confisquées à l’ensemble de la population russe par une bande de mafieux.


            • philbrasov 7 novembre 2008 19:06

              au bord du gouffre et qui négocie secrètement avec les USA, via , l’Arabie Saoudite.
              le USA font l’économie d’une guerre, avec l’Iran.... Bien plus malin....
              Les Mollahs sont les grands perdants de cette guerre économique...
              C’est pas les bombinettes russes qui font peur à l’Amérique en ce qui concerne l’Iran.
              On en reparle en janvier.







            • appoline appoline 8 novembre 2008 12:45

              Visiblement Poutine ne supporte pas d’être éloigné du pouvoir depuis qu’il y a goûté ; il est comme le chien de ferme enragé par l’odeur du sang et qui ne peut plus s’en passer. S’attabler avec les plus grands, souvernir de la grande URSS, lui laisse un goût amer, il veut y revenir. Contre pouvoir des USA, pas si sûr, des documents du Kremlin ont été passés au peigne fin et le point final agrandi révèlait le sceaux des illuminati.


            • philbrasov 7 novembre 2008 17:56

              C’est qu’il n’a pas compris, que la puissance énergétique, n’était pas TOUT. Il a complétement négligé ses alliances...
              Aujourd’hui , nous voyons une diplomatie russe, papillonner, et recoller les morceaux avec qui : la Chine, qui l’iran. qui la syrie, mais en aucune façon l’Europe.
              D’une certaine façon , la russie ( ses élites) , n’est pas encore sortie de l’ère soviétique.
              Et NE peut face à l’Europe, être traitée comme un pays ordinaire, dans la sphère occidentale, et prêt à y jouer un rôle.

              trop de ressentiments dans les pays de l’est, et opacité totale au plus haut niveau, ne peuvent être des gages de bonne conduite dans les 20 prochaines années.
              Que certains aimeraient voir en la russie, le contre poid de l’amérique se foutent le doigt dans l’oeil.
              ce pays est à faire... et à reconstruire, tant du point de vue mentalités que du point de vue pratiques communéments admises dans nos pays européens.
              La Russie de Poutine , va au devant de graves déconvenues.... tant du point de vue économique, que du point de vue diplomatique.
              RDv dans un an, une fois les effets des hedges founds passés sur l’économie russe, et la nouvelle diplomatie de l’administration démocrate américaine.



              • Hieronymus Hieronymus 7 novembre 2008 23:32

                @ philbrasov
                bien sur que la Russie ne peut pas etre le contrepoids des USA
                les 2 puissances ne sont pas (ou ne sont plus) comparables
                on exprime ici un souhait de rapprochement Europe - Russie car celle-ci (mais pas quelle) pourrait constituer un contrepoids a l’hegemonie US, la Russie n’est plus une super puissance, appelons la si vous voulez une grande puissance, il faut faire ce qu’a toujours fait la perfide Albion au fil des siecles, s’allier avec le plus faible contre le plus fort, sinon c’est la dependance assuree ..


              • ASINUS 8 novembre 2008 08:59

                bonjour philbrasov vous ne devriez pas vous réjouir des deboires economiques de la russie , puique vous les connaissez vous savez pertinement quel sera l exutoire du kremlin pour faire avaler la potion au peuple
                a 5contre qu avant 2011 un voisin de maitre ursus vas se faire derouiller


              • Alexandre 8 novembre 2008 21:28

                Philbrasov,
                Ce que vous dites de la Russie montre que vous n’en connaissez rien et que vous pensez par lieux-communs, très communs.
                Toute la politique économique de Poutine depuis 2002 ( quand il a pu s’extraire du pouvoir des oligarques qui règnaient en maitres sous Eltsine) consiste à réaffecter les revenus du pétrole et du gaz vers les autres secteurs de l’économie. Le fond de stabilisation destiné à se prémunir d’une chute des cours ( qui montre son utilité actuellement) a été divisé en deux, un quart étant affectée au "bien-être national" ( programmes de logements, d’éducation et de sécurité sociale) et un quart à soutenir l’initiative économique et en particulier les technologies de pointe (le but étant de devenir un des leaders mondiaux en 2020) par des participations publiques à des initiatives privées.

                 Dire que la Russie est restée communiste est plus que grotesque. La politique macro-économique est keynésienne ( ou gaulliste) avec un secteur public fort qui tire et oriente l’économie majoritairement privée. Il est vrai que la politique de De Gaulle pourrait être qualifiée par des intégristes de l’ultra-libéralisme comme communiste, de même que le plan européen de sauvetage des banques.

                L’affirmation par l’auteur de l’article que Medvedev va démissionner en 2009 pour laisser la place à Poutine est aussi stupide que la certitude qu’avaient tous les médias français "sérieux" que Poutine ferait modifier la Constitution pour pouvoir se représenter en 2008. Un conseil : Ne pas croire aveuglément tout ce qui est écrit dans la presse russe.
                 Le but de la réforme constitutionnelle est principalement de découpler l’élection présendentielle des élections législatives ( par des durées différentes) pour renforcer le rôle du parlement ( On voit qu’en France l’alignement de la durée du mandat présidentiel sur le mandat parlementaire renforce le pouvoir présidentiel). Il n’est nullement nécessaire que Medvedev démissionne pour enclencher le processus et on peut parier qu’il se représentera dans quatre ans.
                 Rendez-vous dans un an et dans quatre ans.
                 Et comme dit le proverbe russe : Les chiens aboient , les troïkas passent.
                 


              • Golden Ratio Golden Ratio 9 novembre 2008 16:29

                 "mais en aucune façon l’Europe"
                ce n’est pas faute d’essayer, mais comment contrecarrer la désinformation permanente occidentale et l’hostilité hystérique, notamment britannique ? effectivement les russes ont encore des choses à apprendre au niveau "communication"…


              • eric 9 novembre 2008 17:00

                @ Alexandre ! Hilarant de vous lire accuser quelqu’un de ne pas connaître la Russie ! Je ne prendrai que deux exemples. Oui il y a un fond pour les hautes technologies. Pour le moment il est intervenu à ma connaissance dans UNE opération un peu cafouilleuse autour des cartes a puces de mémoire à Zelinograd. Par ailleurs il existe un certain nombre de structures concurrentes visant à acheter ou investir dans des technologies qui se tirent dans les pattes et qui correspondent peu ou prou à des territoires de chinovniks concurrents. (rosoboronexport et russki technologie par exemple)
                Dans le domaine social, il y a des subventions fédérales qui sont redistribuées dans les régions sur la base de programmes. Localement, des gens (en général membre de russie unie, créent des structures d’acceuil pour recevoir ces fonds. Tient je pense à une en particulier, le fric n’est pas encore arrivé mais ils ont déja acheté les mercedes, les jeeps et les écrans plats. Le patron est sous le coup d’une procédure pour "machination", l’actionnaire principal est qualifie par les locaux de "sportif de magadan".

                Dans une large mesure, plus que d’une politique Keynésienne, on pourrait parler d’une mise en forme plus ou moins légale du racket des citoyens par les chinovniks et leurs amis.


              • Alexandre 9 novembre 2008 19:26

                @ éric
                Le problème des propagandistes de l’empire américain en déconfiture, c’est le mépris qu’ils ont pour ses vassaux et ses non-vassaux, et leur vision hémiplégique pour ne pas dire tétraplégique des "restes du monde".

                C’est bien connu : le niveau scientifique des chercheurs russes est cafouilleux. Ils sont un peu patauds, ces gens là.

                 Le niveau des informaticiens russes est reconnu comme étant un des meilleurs, sinon le meilleur. Ils l’expliquent par le retard d’équipement qui était le leur à l’époque soviétique et la nécessité d’y remédier par le software. Dans d’autres domaines dont les biotechnologies, ils sont également à la pointe de la recherche.

                 Pour ce qui est de la corruption vous avez oublié de mentionner le cas du dirigeant qui est actionnaire d’une société de fournitures aux armées et qui a obtenu le marché pour une guerre que ce dirigeant a fortement contribué à provoquer. La société Hali quelquechose, je crois.
                 
                C’est un plaisir de vous lire.
                 


              • eric 9 novembre 2008 20:38

                Votre introduction est caractéristique de l’imprécision de votre commentaire ; On voit vaguement ce que pourrait être une vision hémiplégique, on ne voit pas très bien ce que pourrait être une vision tétraplégique si on se réfère au sens de ces mots.

                Vous raisonnez me semble-t-il par clichés.

                L’histoire de zelinograd est cafouilleuse pour des raisons qui ne sont pas technologiques. Du reste je n’ai rien dit sur les capacités techniques des russes. Cela ne vous empêche pas de réagir immédiatement par le cliché des géniaux ingénieurs russes et de conclure que je les dévalorise.

                Cependant, et si vous y tenez, parlons en. Vous répétez ce qui est le discour type local. Il est en général de bon ton de s’extasier sur le thème, ils ont fait des choses formidables compte tenu du manque de moyens.
                J’a

                Il y a de très bons informaticiens russes notamment parce qu’il y a une très bonne culture mathématique russe.
                Avec des moyens ils font aussi des choses formidables. Par exemple Russian Story livre des logiciels a boieng et pas seulement.

                Seulement on ne voit pas que celq se transforme massivement en développements.

                Dans l’ensemble, le retard est considérable dans tous les domaines et je pense qu’il est appellé à perdurer.

                C’est avant tout une question de liberté. Il y en a beaucoup plus aujourd’hui qu’à l’époque soviétique, mais néanmoins, le degré de controle social, médiatique et bureaucratique fait qu’il est beucoup plus difficile qu’aux Etats unis d’innover et surtout de développer ses innovations.

                Comme lors de la pèriode soviétique, quand l’état veut y mettre le paquet, il obtient quelques résultats. En France aussi on a eu un "plan calcul" dans lequel on a mis plus d’argent que tous les apple, IBM et microsoft, pour les résultats que l’on sait.

                En Russie, entre les contrôle social, médiatique, bureaucratique, il est rès difficile de développer une innovation. Les banques attendent des ROI de deux à trois ans. Enregistrer une société est durablement compliqué, avoir une ligne de téléphone n’est pas intuitif.

                Pour ces raisons avec une certaine avance universitaires, les Russes sont en retard en dévelopement sur les indiens et les chinois. Cherhcer à instrument de découpe a plasma sur le net, vous trouverez un exemple de géniale technologie russe ( de mémoir université de Novosibirsk) mais elle est développée en chine sous license. Ce n’est malheureusement au’un exemple.








              • wesson wesson 7 novembre 2008 18:43

                Bonsoir l’auteur,

                et bien je fait partie de ceux qui souhaitent que les poutineries durent bien plus longtemps que les gros bouillons de rakotoneries dont vous nous abreuvez à flux tendu.

                Un tel étalage de syllogismes, de poncif, d’idées reçues présentées comme des évidences, pas de doute on est bien dans une conversation de maison de retraite, entre la tisane et le lexomil.

                Ma parole, vous bossez pour le fig mag avec des texte de ce calibre ?


                • armand armand 7 novembre 2008 19:38

                  Et vous, Wesson, avez-vous profité d’une invitation au Kremlin pour assister à un spectacle d’’Ultimate Combat’ en présence de Sa Majesté Poutou et ses potes Van Damme et Berlusconi pour défendre aussi bien une prétendue ’convergence’ entre la France et la Russie ?


                • krolik krolik 8 novembre 2008 10:46

                  En ce qui concerne la région de Kaliningrad où Medvedev vient d’annoncer son intention d’installer des missiles anti-missiles.

                  Il faut rappeller que lors des discussion diplomatiques sur l’établissement du traité de limitation des armements terrestres en Europe, nos diplomates qui ne connaissent pas la géographie ont oublié que ce territoire existait.
                  Du coup il ne rentrait pas dans les territoires concernés par le traité de limitation.
                  Du côté de Kaliningrad (l’ex-Koenigsberg d’Emmanuel Kant) il y a vait tellement de chars partout que l’on ne trouvait plus à garer sa voiture. Des milliers et des milliers de chars partout..
                  Il est vraisemblable que cet "oubli territorial" concerne également le traité de limitation des arme stratégiques, donc Medvedev est tout à fait dans le droit international lorsqu’il décide d’installer des missiles sur ce territoire.
                  Les missiles américains installés en Pologne sont tout à fait inacceptables pour la Russie. Les Russes ont proposé aux Américains d’utiliser une base militaire russe installée au plus près de l’IRAN. Les Américains ont refusé. alors que s’il avaient accepté ils auraient pu justifier une deuxième ligne de protection en Pologne, et là ce serait "passé".
                  Vraiment les Américains toujours comme des éléphants dans des magasins de porcelaine.

                  @+


                  • viking 10 novembre 2008 02:35

                    .
                    .
                    .
                    .

                    Dis donc, O grand chef Armand qui parle de fascisme, ne m’avez-vous dit qu’à l’époque de votre jeunesse folle que vous donniez le coup poing dans d’illustres descentes pour bastonner du coco. C’est vrai que dans les années 70, ils y en avaient à foison mais pour aujourd’hui, vous devriez alerter les autorités mondiales sur cette espèce d’humanoïde en voie d’extinction. Il faut les sauvegarder pour sauvegarder votre sport favori. Bouffé du coco tout cru.

                    Voici une petite chanson qui vous fera saliver. Je crois qu’elle a été écrite par Montéhus. Il parle des perturbateurs qui sont venus mettre le bordel au grand metingue du Métropolitain.

                    http://www.deljehier.levillage.org/telechargements/le_grand_metingue_du_met ropolitain.mp3

                    Si le lien fonctionne correctement, il faut cliquer à droite.

                    Je n’ai pas suivi le débat mais le si peu de commentaires que j’ai pu lire, me donne à penser que les gens qui ont posté, sont restés des années en arrière et qu’ils feraient mieux d’être moins bavards en allant se réactualiser. Quant à ceux qui confondent Poutine avec les cocos, ils sont dans l’erreur. Le parti communiste existe encore mais il n’est pas au pouvoir. Il est dans l’opposition.

                    La Russie possède la bombe atomique et même la grosse thermonucléaire avec les vecteurs pour l’envoyer.

                    Je dis cela pour les quelques rigolos qui prétendent tout savoir en disant conneries sur conneries. Il y a aussi le fait qu’en Géorgie les Russes aient pu abattre les dromes. Ce n’est rien, me diriez-vous, détrompez-vous. Ça veut dire que les Américains ne pourront pas s’en servir. Ils devront donc envoyer des troupes de chocs au contact ce qui signifie beaucoup de perte pour les Américains. Les Russes ont abattu des avions géorgiens. Ils ont donc une DCA ou des missiles pouvant entraver l’action des bombardiers. Problème donc. Les Américains n’ont pas trop insisté en Géorgie. Possible que cette opération géorgienne ne fût qu’un prétexte pour tester les défenses russes.

                    Un conflit armé entre Russes et Américains est plus qu’improbable car de part et d’autre les pertes seraient lourdes pour un maigre butin. Cette guerre ne sera pas asymétrique. Les Américains la perdraient non pas parce que leur armée est faible mais sans l’appui du peuple, le gouvernement ne peut rien faire. Les alliers européens pour compenser ? Non car le champ de bataille serait sur notre sol et là il y a un tout petit problème avec l’opinion publique.

                    Je crois que les amerloques ont commis une erreur en Géorgie, ils ont alerté les Russes qui ne baisseront plus leur garde tant que Poutine sera aux commandes.

                    Flinguer Poutine ? Non ! Il y a forcément une relève parce que ce n’est pas un conflit entre deux personnalités mais un conflit de peuple à peuple. C’est à dire guerre totale si elle était enclenchée.

                    Fin de mon chapitre Armand, je n’ai pas lu le charabia du réputé comme tel : Rokotadéraison

                     


                    • armand armand 10 novembre 2008 10:50

                      Fatigués, tes neurons, ô Viking...

                      Dans ma ’folle’ jeunesse je frayais avec les royalistes, et si je tapais sur les cocos, je tapais aussi sur les ’bruns-noirs’. Mon meilleur souvenir de pugilat m’opposait à l’"Oeuvre française" de Pierre Sidos. Je rejetais tous les totalitarismes, depuis Robespierre jusqu’aux sérial-massacreurs du XXe siècle, Staline, Hitler, Mao, Pol Pot.

                      Et si j’ai toujous honni le totalitarisme, j’ai quand même évolué depuis. Normal en trente ans, tu ne crois pas ? On dit que si on n’est pas anar à vingt ans on n’a pas de coeur, si on l’est toujours à quarante on est c...n (je m’excuse auprès des anars... je ne fais que reprendre ce dicton). A seize ans j’aimais bien dire "la monarchie c’est l’anarchie plus un..." A l’heure actuelle je crois au parlementarisme et me méfie de tout système qui concentre les pouvoirs. Dictateur ou ’omni-président’.

                      Je garde une certaine nostalgie pour les monarchies... constitutionnelles. Question de continuité, de culture. Dans ce sens je me sens proche de la définition que Yukio Mishima donnait d’un empereur ’culturel’...

                      Quant aux "cocos", si je ne suis pas devenu l’un des leurs, je trouve qu’ils sont utiles comme contre-pouvoir - et je n’ai aucun mal à reconnaître que la meilleure critique de la toute puissance financière en France est celle de Besancenot.

                      Pour moi, est fasciste un régime qui, tout en préservant les apparences de la démocratie, pratique le culte du chef, musèle l’opposition par le recours aux menaces physiques et le quadrillage de la population par le parti au pouvoir, vante la force physique et la violence, use d’une rhétorique revancharde et agressive dirigée contre d’hypothétiques ennemis extérieurs et intérieurs. Ce type de régime se développe chez les peuples qui ont connu de graves crises économiques, des défates humiliantes, qui estiment qu’on ne respecte pas leur grandeur. Quand l’"honneur" national (souvent dirigé contre un bouc-émissaire commode)paraît plus important à la population que la liberté.

                      On peut glisser vers un régime fasciste - on peut aussi en sortir, l’Espagne et la Grèce en sont des exemples. Parfois il suffit que le ’chef’ soit remplacé par plus consensuel et moins autoritaire. Ou quel la société civile ne joue plus le jeu et résiste à l’intimidation. C’est ce que j’espère pour la Russie.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès