Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Russie-Occident : je t’écoute…moi non plus !

Russie-Occident : je t’écoute…moi non plus !

La succession rapide des événements intervenus ces derniers temps en Ukraine a visiblement pris de court les gouvernements occidentaux : référendum, signature de l’accord sur le rattachement de la Crimée à la Russie, officialisation de l’accord devant le parlement russe, etc. En moins d’une semaine, la crise de Kiev a tourné en l’avantage de Moscou qui, sous couvert du respect de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes, semble avoir fini par trouver la « bonne » parade : action éclair, violence minime et mobilisation de personnes clés. Un Modus operandi signé Vladimir Poutine qui a mis le monde devant un fait accompli, et dont on devrait retenir au moins deux points. 

Le premier, traduit la remarquable efficacité dont a fait preuve Vladimir Poutine. Il faut dire que Mister Poutine n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà eu l’occasion, en stoppant par un tour de passe-passe l’intervention des occidentaux en Syrie, d’étaler au grand jour ses talents de stratège visionnaire, obstiné et dissuasif.

Le deuxième, révèle une fois encore, le décalage entre la diplomatie étasunienne et européenne d’un côté, et la diplomatie russe de l’autre. Une incompréhension qui résulte pour beaucoup d’une lecture partielle des faits et de leur interprétation de manière superficielle voire erronée.

De fait, dans la logique poutinienne, l’intervention en Crimée est une réponse au soutien témoigné par l'Union européenne et les Etats-Unis au mouvement d'opposition à Kiev. Un soutien que la Russie considère comme une forme d’ingérence à un moment où elle se refuse à reconnaître le gouvernement provisoire ukrainien.

Cette réponse est d’autant plus justifiée qu’elle est alimentée par un sentiment partagé d’une menace à l’intégrité de la nation russe, laquelle se sent amoindrie par le déclin de son influence sur le Caucase et la montée de l’influence européenne à l’Ouest.

Car, si Vladimir Poutine semble afficher un certain détachement voire un certain dédain pour l’opinion internationale, il n’en est pas de même pour l’opinion russe. Détail important et non des moindres, Vladimir Poutine s’appuie sur une large part de l’opinion russe pour pseudo-légitimer ses agissements. Une opinion qui, rappelons le, éprouve encore une certaine nostalgie pour l’URSS, regrette son éclatement et dans certains cas conteste les indépendances des pays.

Ainsi, l’accroissement de la présence militaire russe en Crimée, ajouté à l’absence d’interlocuteur pour discuter de l’avenir de l’Ukraine avec Moscou, rendait la suite pour le moins prévisible. Le rattachement de à la Fédération de Russie n’était plus qu’une question de temps, une formalité.

Se pose alors une question : S’agit-il d’un simple acte isolé, un épiphénomène ? Ou marque-t-il le début d’une série de tentatives d’annexion territoriale par la Russie, une nouvelle pierre à une stratégie globale de reconquête des frontières de l’URSS ? Pire encore, faut-il y voir une menace pour les équilibres européens établis à la suite de la chute du Mur ?

Difficile de se prononcer…Si d’emblée, certains éléments semblent plaider en faveur de cette thèse (exemple de la Transnistrie où les séparatistes ont à leur tour exprimé leur volonté d’être rattachés à Moscou, alors même que la Moldavie vient de signer un accord d’association avec l’Union Européenne) celle-ci doit être relativisée au regard de certains facteurs dissuasifs ou de freins « naturels ». Ainsi, le fait que la Fédération de Russie soit elle-même composée de vingt et une républiques autonomes, pouvant elles aussi revendiquer leur indépendance ou leur rattachement à un autre Etat, constitue un frein à l’éventuelle tentation de démembrement de pays voisins.

Il est difficile d’imaginer que Vladimir Poutine fonce tête baissée dans cette voie sans prendre le risque d’inspirer les minorités nationales de la Fédération de Russie.

Autre facteur dissuasif, le coût des annexions. A moyen terme, l’arrimage de la Crimée à la Russie ne présente aucun intérêt sur le plan économique. La Russie devra débourser quelques dizaines de milliards de dollars pour la mise à niveau de son nouveau territoire conquis. Une autre opération de ce genre risque de peser très lourd sur son budget. 

Par ailleurs, et contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, l’action poutinienne s’inscrit dans une ligne directrice délibérée qui nécessite qu’au moins trois facteurs soient réunis : un facteur historique, un facteur ethno-linguistique et facteur conjoncturel. En d’autres termes, il faut d’abord que le pays visé ait appartenu par le passé à l’URSS ou à l’empire tsariste. Il faut ensuite, qu’il soit composé de minorités russes ou plus largement de russophones. Enfin, condition si ne qua non, il faut que le pays traverse une crise et atteigne un degré élevé de désaccord et de division de l’opinion. Dès lors, toute intervention de Moscou, pour venir en aide et protéger les minorités russes, parait de son point de vue légitime. Et cerise sur le gâteau, si la question est tranchée dans les urnes, il n'y a rien à redire !

Ce n’est certainement pas le boycott du prochain G8 à Sotchi qui fera changer d’avis à la Russie. Ni même la carte des sanctions économiques et de l’isolement qui s’avère tout aussi inopérante. 

A ce titre, Moscou n’a toujours pas joué la carte des émergents. Ces fameux BRICS dont elle fait partie et jusque là restés à l’écart de la crise ukrainienne. En particulier la Chine qui avait déjà envoyé un signal fort en s’alignant sur la position russe contre une intervention militaire en Syrie.

Loin de produire l’effet escompté, les mesures prises par la diplomatie occidentale auront au moins servi à montrer son manque de préparation et d’anticipation. Une diplomatie qui pour combler ses lacunes s’est lancée dans un laborieux et inutile exercice d’improvisation où le durcissement de ton et la surenchère en matière de sanctions économiques font loi.

Ces mesures -basées essentiellement sur l’intimidation, le chantage et la menace- ne peuvent en aucun cas constituer une solution au problème. Elles risquent même d’opérer l’effet inverse et de faire glisser la crise vers quelque chose de plus grave.

Peut-être faudrait-il que les gouvernements occidentaux fassent un effort supplémentaire de réflexion… et finissent à leur tour par trouver la « bonne » parade !


Moyenne des avis sur cet article :  2.79/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 27 mars 2014 18:07

    l’empire gagne ou s’écroule est le choix.....les paris ne sont pas ouvert, tous les empires ont perdu..........
    Vous dites que Moscou n’a pas encore joué la carte des pays du brics..si je peux me permettre çà on ne le sait pas du tout......il y a l’histoire superficielle racontée aux foules , et la réalité derriere....
    L’étonnante réaction rapide russe qui n’a rien dit pendant les jeu olympiques est remarquablement intéressante...les bidochons qui pensaient rafler toute la mise n’ont toujours pas compris ce qui s’est passé...

    salutations..


    • Rincevent Rincevent 27 mars 2014 18:45

      « en stoppant par un tour de passe-passe l’intervention des occidentaux en Syrie » Non pas un tour de passe-passe. Poutine a simplement pris les Occidentaux au mot en prenant l’initiative de la neutralisation des armes chimiques, principal casus-belli agité par les pro-guerre. Du coup ceux-ci sont frustrés, évidement.

      « A moyen terme, l’arrimage de la Crimée à la Russie ne présente aucun intérêt sur le plan économique » Certes mais c’est d’un intérêt stratégique énorme dont il s’agit : l’accès aux mers chaudes, vieille obsession russe même si il faut toujours passer par des détroits en territoire turc, pays membre de l’OTAN. http://www.liberation.fr/monde/2014/02/28/la-crimee-zone-strategique-pour-la-flotte-russe_983740

      Outre la nostalgie, le sentiment de beaucoup de Russes est que Poutine leur a rendu une fierté bien mise à mal pendant la période Eltsine, période qu’ils ne veulent plus revivre.

      Pour ce qui est des réactions occidentales et plus particulièrement françaises, on est bien d’accord que c’est de la gesticulation (éventuellement dangereuse) rien de plus. En haussant le ton plus qu’Obama lui-même, Hollande et Fabius se ridiculisent une fois de plus, personne n’y croit…


      • leypanou 27 mars 2014 19:19

         " Peut-être faudrait-il que les gouvernements occidentaux fassent un effort supplémentaire de réflexion… et finissent à leur tour par trouver la « bonne » parade ! «  : vous auriez pu enlever les guillemets de bonne et rajouter »que je souhaite de toutes mes forces« pour plus de clarté pour le lecteur qui n’a pas beaucoup de culture politique, parfaitement justifié par la pseudo-légitimation de Poutine et de »son" point de vue légitime.


        • Rensk Rensk 27 mars 2014 19:41

          Notre gouvernement a le cul entre deux chaises...

          Faire ce que disent les autres ? Où entendre le peuple ???

          Ils lisent aussi les interventions des lecteurs et pas seulement des journaleux propagandistes...
          Ce qui est con en Suisse c’est que ces lecteurs ont le droit de vote, d’initiatives, de référendum...

          Pour faire partie « des grands » (enfant) ils arrivent a détourner les faits en prétendant ne pas participer aux sanctions des USA et de l’UE contre la Russie... Mais dans le même souffle ils essayent de nous vendre que le pays ne doit pas devenir un moyen de détournement des ces sanctions... (langue de putes ces politiques) !

          Les réactions ne se sont pas fait attendre...


          • alinea Alinea 27 mars 2014 21:18

            Évidemment c’est conjoncturel ! Si les occidentaux n’étaient pas allés foutre le bazar en Crimée, Poutine se serait pas venu à le rescousse !! et n’oubliez pas qu’il y a été appelé !!
            Quelle idée, ce n’est pas parce que les occidentaux l’ont dans l’os, que Poutine a annexé !!


            • BA 28 mars 2014 06:33
              En Ukraine, les partis politiques fascistes font la une des médias.

              1- Le parti politique Svoboda est un parti néo-nazi. Svoboda fait partie du gouvernement ukrainien. Sur un total de 19 ministres, 6 ministres sont des membres de Svoboda.

              2- Le parti politique Pravy Sektor fait la une des médias car ses partisans ont encerclé le Parlement ukrainien jeudi soir. Ils ont cassé des fenêtres, et ils ont menacé d’en forcer l’entrée.

              Jeudi 27 mars 2014, vers 23h30 :

              Ukraine : manifestation des nationalistes de Pravy Sektor contre le ministre de l’Intérieur.

              Un millier de partisans du mouvement nationaliste paramilitaire ukrainien Pravy Sektor ont manifesté jeudi soir à Kiev pour exiger la démission du ministre de l’Intérieur après la mort d’un de leurs responsables lors d’une fusillade avec la police.

              Brandissant des drapeaux noirs et rouges de ce mouvement en première ligne de la contestation de ces derniers mois, les manifestants ont afflué autour du Parlement, dans le centre de la capitale ukrainienne, demandant aux députés de limoger le ministre Arsen Avakov, nommé par les autorités de transition pro-européennes au pouvoir depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch. 

              Certains d’entre eux ont cassé des fenêtres de l’imposante bâtisse, menaçant d’en forcer l’entrée, puis la tension est retombée et ils ont décidé de revenir vendredi matin à l’ouverture de la séance du Parlement. 

              Pravy Sektor (Secteur droit), mouvement d’extrême droite, s’est transformé samedi dernier en parti politique incluant d’autres formations nationalistes, et son leader Dmytro Iaroch a l’intention d’être candidat à l’élection présidentielle anticipée du 25 mai en Ukraine. 

              La formation demande le départ du ministre de l’Intérieur depuis la mort d’Olexandre Mouzitchko, dit Sachko Bilyï (Sachko Le Blanc), chef de Pravy Sektor en Ukraine occidentale, lors d’une fusillade avec des policiers qui venaient l’arrêter à Rivne. 

              Les forces de l’ordre ont expliqué que Mouzitchko était recherché pour appartenance à la criminalité organisée. Elles ont affirmé que le suspect avait tiré en premier et qu’il avait été tué par une balle tirée par sa propre arme. 

              Selon les agences de presse russes Ria Novosti et Interfax, Mouzitchko faisait l’objet d’un mandat de recherche international lancé par la Russie, qui l’accuse d’avoir participé en 2000 aux combats en Tchétchénie du côté des séparatistes islamistes et d’être responsable de la mort de plus de 20 soldats russes. 

              Cet homme massif était connu pour avoir mis sur YouTube deux vidéos qui le montraient en train d’apostropher, armé d’une kalachnikov, le conseil municipal de Rivne, et de frapper un procureur.


              • QAmonBra AmonBraQ 28 mars 2014 14:51

                @ l’auteur

                Affaiblir, neutraliser, dépecer et piller à moindre coût les gigantesques richesses connues et potentielles de la nation-continent russe, tout en éliminant un sérieux obstacle pour l’établissement de leur NWO, n’est plus une simple vue de l’esprit ou un vague soupçon pour la Russie de Poutine, qui est à présent convaincue que ceci est bien l’objectif de l’oligarchie occidentale à son égard.

                Le patriotisme et l’esprit de sacrifice des slaves russes ne sont pas des mythes, mais bien une réalité historique constatée à maintes reprises, la vieille Russie n’est jamais si forte que lorsqu’elle lutte pour sa survie.

                Fort du soutien d’un Peuple fier de son chef, Vladimir Poutine ne laissera plus rien passer et aura toujours un coup d’avance face à des occidentaux devenus, dorénavant, très prévisibles.

                Alors que les dirigeants-serpillières des « nations » dites occidentales s’accrochent bien aux pinceaux de leurs illusions, l’échelle de leur monstrueux orgueil et de leurs folles ambitions vient de leur être ôtée !


                • Olivier Perriet Olivier Perriet 28 mars 2014 16:13

                  pas d’accord avec vous « à mon bras cul » ni avec l’auteur :

                  si comme vous le dites, et je suis d’accord avec vous, le but est de diviser, opposer, neutraliser, vous ne voyez pas que l’opération ukrainienne est une réussite à 200 % ?

                  Si Russes et Ukrainiens pourtant si proches réussissent à se haïr, qu’en sera-t-il avec des peuples « réellement » différents ?


                • QAmonBra AmonBraQ 28 mars 2014 17:00

                  Partant du principe qu’il est plus facile de diviser les gens que de les unir, les « plante merde » ont toujours eu jeu facile au début, mais ils finissent toujours, à leur corps défendant, par provoquer l’union . . . Contre eux !
                  Le match Russie VS U$A & Co ne fait donc que commencer et toujours 2 pour Poutine et 0 pour Obama.


                • epicure 28 mars 2014 17:49

                  C’est que l’Ukraine est en fait une mosaïque de territoire aux histoires différentes, coincés entre plusieurs anciens empires.
                  L’ouest a été partagé depuis la fin du moyen âge entre la Pologne et l’Autriche, rattaché à la culture russe par l’URSS à la fin de la seconde guerre mondiale , alors que l’est a été sous l’influence ou la domination russe.
                  Ceci explique les tensions culturelles entre l’ouest et l’est du pays.
                  Quand à la Crimée, et une partie de la côte, elle n’a jamais été liée historiquement à l’Ukraine ( sauf rattachement administratif dans les années 50 ), et a été russifiée après la victoire sur les tartares.

                  Donc en fait l’Ukraine c’est une mosaïque linguistique, ethnique. Ceci explique les différences entre les différentes régions du pays, et notamment pourquoi la crimée a profité de l’installation d’un gouvernment autoproclamé qui défendait une Ukraine purement ukrainienne pour demander son indépendance.


                • Rensk Rensk 28 mars 2014 20:56

                  Heuuu, il y a quand-même eu 20 de travail derrière tout cela selon l’ancien agent du renseignement américain Scott Rickard... Et pas mal de fric !


                • Mr Mimose Mr Mimose 28 mars 2014 17:02

                  J’ai voté non à cet article. L’auteure est assez subtile pour ne pas attaquer frontalement le président Poutine, mais on sent bien quand même les arrières pensées qui effleurent ça et la.

                   la crise de Kiev a tourné en l’avantage de Moscou qui, sous couvert du respect de la liberté des peuples ...
                  Savez vous au moins qui à initié cette crise, n’es-ce pas Mme Nuland, Mac Cain ou encore BHL qui sont allés soutenir des néo-nazis place Maidan ?

                  Mister Poutine , tour de passe-passe . pseudo-légitimer ses agissements
                  Vous vouliez dire, le président Vladimir Poutine, soutenu par plus de 70% des russes aux derniers sondages, soutenu par les criméens qui ont voté massivement +de 80% de participants et 96% pour un rattachement avec la Russie.
                  Ou es le référendum à Maidan ? Qui à voté pour la destitution du président légitiment élu, Ianoukovitch ?
                  Bref, continuez à vous faire mousser dans votre cabinet de « consulting », mais de grâce ne venez pas nous embêter ici. Poster cela plutôt sur un blog de Libé ou du Monde.


                  • Mr Mimose Mr Mimose 28 mars 2014 17:07

                    J’espère pour vous madame qu’un jour vous ne vous retrouviez pas dans la situation des Criméens qui ont du avoir un peu peur tout de même en entendant les responsables de Svoboda vouloir « purger la racaille judéo-moscovite d’Ukraine ».

                    N’auriez vous pas voté pour la Russie ?

                    • Laurent 47 17 avril 2014 19:50

                      On retombe toujours sur la même problématique : les Etats-Unis sont très forts pour enfumer tout le monde avec leur « quête de la démocratie » pour les pays qui ne leur ont rien demandé ( Corée, Vietnam, Serbie, Afghanistan, Iran, Irak, Libye, Syrie, Venezuela, Colombie, Panama, e.t.c. ), mais quand ils ont réussi à enfin déclencher une bonne gué-guerre pour faire tourner leur industrie de l’armement, ils ne savent pas comment l’arrêter, et s’aperçoivent que leurs G.I. se font tuer, eux-aussi !

                      Mais là, le morceau est trop gros pour eux ! Même avec un armement nucléaire diminué, la Russie peut rayer 10 fois les Etats-Unis de la carte du Monde, au lieu de 20 fois. Ce ne sont pas les vecteurs qui manquent ! Alors, le triste prix Nobel de la paix ferait bien de prendre Poutine au sérieux, car quand il dit quelque chose, il le fait ! 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès