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Russie : une guerre invisible

Comment la Russie a-t-elle pu, en seulement 20 ans, sans guerres ni autres perturbations, passer du statut de semi-colonie à celui de superpuissance mondiale reconnue, sur un pied d'égalité avec les plus grands ?


 

Par Rostislav Ichtchenko 

 

10 décembre 2015 

 

Source : thesaker.is

Article original publié sur oko-planet.su

Traduit par Diane, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

 

Les stratèges en chambre, qui croient sincèrement qu’une attaque nucléaire massive est la solution universelle à tout problème international (même le plus brûlant, proche de la confrontation militaire), sont malheureux de la position modérée du gouvernement russe dans la crise avec la Turquie. Ils jugent même insuffisante la participation de l’armée russe dans le conflit syrien. Ils sont aussi mécontents des activités de Moscou sur le front ukrainien.

Pourtant, pour une raison quelconque, personne ne pose une question simple. Comment est-ce arrivé que, tout d’un coup, la Russie ait non seulement résisté à la puissance hégémonique mondiale, mais ait gagné brillamment contre elle sur tous les fronts ?

 

Pourquoi maintenant

À la fin des années 1990, la Russie était, économiquement et financièrement, un pays au niveau du Tiers Monde. Une rébellion contre les oligarques commençait à naître dans le pays. La Russie menait contre les Tchétchènes une guerre interminable et désespérée qui s’étendait au Daghestan. La sécurité nationale n’était soutenue que par les armes nucléaires ; quant à conduire une opération sérieuse même à l’intérieur de ses propres frontières, l’armée n’avait ni personnel entraîné ni équipement moderne, la flotte ne pouvait pas naviguer et l’aviation ne pouvait pas voler.

Bien sûr, tout le monde peut voir comment l’industrie, y compris d’armement, a été progressivement ranimée, comment le niveau de vie en hausse a stabilisé la situation intérieure, comment l’armée a été modernisée.

Mais la question essentielle n’est pas de savoir qui a fait le plus pour reconstruire l’armée russe : Shoigu, Serdukov ou l’état-major général. La question principale n’est pas de savoir qui est le meilleur économiste entre Glaziev ou Koudrine, et s’il aurait même été possible d’allouer davantage de ressources aux dépenses sociales.

Le facteur clé dans ce travail est le temps. Comment la Russie l’a-t-elle gagné, pourquoi les États-Unis ont-ils donné du temps à la Russie pour préparer la résistance, muscler son économie et son armée, anéantir le lobby pro-américain actif dans la politique et les médias financé par le Département d’État ? 

Pourquoi la confrontation ouverte avec Washington, vers laquelle nous avançons, n’a-t-elle pas commencé plus tôt, il y a 10 ou 15 ans, lorsque la Russie n’avait aucune chance de résister à des sanctions ? En réalité, au cours des années 1990 ou 2000, les États-Unis ont commencé à installer des régimes fantoches dans l’espace post-soviétique, y compris à Moscou, qui était considéré comme l’une des diverses capitales de la Russie démembrée.

 

Le sain conservatisme des diplomates

Les conditions des actuels succès militaires et diplomatiques ont été construites pendant des décennies sur le front invisible (la diplomatie).

Il faut dire que parmi les ministères centraux, le ministère des Affaires étrangères a été le premier à se remettre du désordre administratif causé par l’éclatement du début des années 1990. Déjà en 1996, Evgueni Primakov est devenu un ministre des Affaires étrangères qui, en plus de faire faire demi-tour à son avion au-dessus de l’Atlantique en apprenant l’agression US contre la Yougoslavie, a transformé la politique étrangère russe – qui n’a depuis lors plus jamais suivi celle des Américains.

Deux ans et demi plus tard, il a recommandé Igor Ivanov comme successeur, qui a lentement (presque imperceptiblement) mais sûrement continué à renforcer la diplomatie russe. Il a été remplacé en 2004 par l’actuel ministre des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, sous la direction duquel la diplomatie a accumulé suffisamment de ressources pour passer d’une position défensive à une position offensive.

Sur ces trois ministres, seul Ivanov a reçu l’Étoile d’or [le plus haut titre honorifique, décerné aux Héros de la Fédération de Russie, NdT], mais je suis sûr que tant son prédécesseur que son successeur sont tout aussi dignes de cette récompense.

Il faut dire que la traditionnelle proximité de caste et le sain conservatisme du corps diplomatique ont contribué à une rapide restauration du travail du ministère des Affaires étrangères. Le sang-froid et le traditionalisme dont les diplomates sont accusés ont aidé. La kozyrevshchina (mot dérivé du nom de Andrei Kozyrev, ministre des Affaires étrangères de 1990 à 1996, signifiant « agir comme Kozyrev », c’est-à-dire d’une manière servile contre ses propres intérêts, NdT) n’a jamais pris au ministère, parce que ce n’était pas son genre.

 

 


 

Une période de consolidation interne

Mais revenons à 1996. La Russie est au fond du trou économiquement, mais le défaut de 1998 est encore à venir. Les États-Unis violent totalement le droit international et le remplacent par leurs actes arbitraires. L’OTAN et l’UE se préparent à se rapprocher des frontières russes.

La Russie n’a aucun moyen de répondre. La Russie (comme l’URSS avant elle) peut anéantir n’importe quel agresseur en 20 minutes, mais personne ne prévoit de l’attaquer. Toute déviation de la ligne approuvée par Washington, toute tentative de mener une politique étrangère indépendante conduirait à l’étranglement économique et à la déstabilisation interne qui s’ensuivrait – à cette époque, le pays vit sur les crédits occidentaux.

La situation se complique encore par le fait que jusqu’en 1999, le pouvoir était entre les mains de l’élite compradore redevable aux Etats-Unis (comme l’actuelle en Ukraine), et jusqu’en 2004-2005, les compradors luttent toujours pour le pouvoir, en concurrence avec la bureaucratie patriotique de Poutine. La dernière bataille d’arrière-garde livrée par les compradors vaincus a été une tentative de révolution en 2011 à la place Bolotnaïa. Que se serait-il passé s’ils avaient réussi en 2000, lorsqu’ils jouissaient d’un avantage écrasant ?

Les dirigeants russes avaient besoin de temps pour consolider la situation intérieure, restaurer les systèmes économique et financier, assurer leur autonomie et leur indépendance à l’égard de l’Ouest et reconstruire une armée moderne. Enfin, la Russie avait besoin d’alliés.

Les diplomates avaient une mission presque impossible. Il était nécessaire, sans reculer sur des questions essentielles, de consolider l’influence de la Russie dans les États post-soviétiques, de s’allier avec d’autres gouvernements qui résistaient aux États-Unis, les renforcer, si possible, tout en donnant à Washington l’illusion que la Russie était faible et prête à des concessions stratégiques.

 

L’illusion de la faiblesse russe

La démonstration du succès de cette mission tient dans les mythes qui continuent à vivre chez certains analystes occidentaux et dans l’opposition russe pro-américaine. Par exemple, si la Russie s’oppose à un nouvel avatar de l’aventurisme occidental, elle « bluffe pour sauver la face », les élites russes sont totalement dépendantes de l’Occident parce que « leur argent est là-bas », et « la Russie trahit ses alliés ». 

Cependant, les mythes sur les « fusées rouillées qui ne volent pas », « les soldats affamés qui construisent des datchas pour les généraux » et « l’économie en lambeaux » ont pour l’essentiel disparu. Seuls des marginaux y croient, mais ils ont trop peur de reconnaître la réalité.

Ce sont ces illusions elles-mêmes, sur la faiblesse et l’empressement à reculer, qui ont dupé l’Occident, lui faisant croire que la question russe était résolue et le dissuadant de lancer des attaques politiques et économiques préventives sur Moscou, et ont donné aux dirigeants russes un temps précieux pour accomplir leurs réformes.

Naturellement, il n’y a jamais assez de temps, et la Russie aurait préféré reporter de trois à cinq ans encore la confrontation directe avec les États-Unis qui a commencé en 2012-2013, ou même l’éviter complètement, mais la diplomatie a gagné 12 à 15 ans pour le pays – un immense laps de temps dans le monde actuel, qui change à toute vitesse. 

 

La diplomatie russe en Ukraine

Pour faire bref, je donnerai un seul exemple très clair, le plus pertinent dans la situation politique actuelle.

Les gens critiquent encore la Russie pour ne pas contrer assez activement les États-Unis en Ukraine, pour échouer à créer une cinquième colonne pro-russe afin de contrebalancer la cinquième colonne pro-américaine, pour travailler avec les élites plutôt qu’avec le peuple, etc. Évaluons la situation sur la base des possibilités réelles plutôt que des vœux pieux.

Malgré toutes les références au peuple, c’est l’élite qui détermine la politique du pays. L’élite ukrainienne, dans toutes ses actions, a toujours été et est encore antirusse. La différence est que l’élite idéologiquement nationaliste (et qui devient progressivement nazie) était ouvertement russophobe, tandis que l’élite économique (compradore, oligarchique) était simplement pro-occidentale, mais ne s’opposait pas à des liens lucratifs avec la Russie.

J’aimerais rappeler que ce sont les représentants du Parti des régions, soi-disant pro-russes, qui se sont vantés de ne pas avoir autorisé le commerce russe dans le Donbass. Ce sont eux aussi qui ont essayé de convaincre le monde qu’ils étaient plus favorables que les nationalistes à l’intégration européenne.

Le régime Ianoukovitch–Azarov a précipité la confrontation économique avec la Russie en 2013, en demandant que malgré la signature de l’Accord d’association avec l’Union européenne, la Russie maintienne et même renforce un régime favorable à l’Ukraine.

Après tout, Ianoukovitch et ses collègues dans le Parti des régions, alors qu’ils avaient un pouvoir absolu (2010-2013), ont soutenu les nazis financièrement, politiquement et en matière d’information. Ils les ont fait passer d’une niche marginale à la vie politique générale dans le but d’avoir un opposant pratique lors des élections présidentielles de 2015, tout en supprimant toute activité d’information pro-russe (sans parler de l’activité politique).

Le Parti communiste ukrainien, en même temps qu’il conservait une rhétorique pro-russe, n’a jamais tiré sur le pouvoir et a joué un rôle d’opposition loyale convenable soutenant indirectement les oligarques, canalisant l’activité protestataire dans des endroits sûrs pour tous les pouvoirs (y compris l’actuel).

Dans ces conditions, toute tentative russe de travailler avec des ONG ou de créer des médias pro-russes aurait été perçue comme un empiétement sur les droits des oligarques ukrainiens de voler le pays à leur seul usage, ce qui aurait provoqué une nouvelle dérive de l’Ukraine officielle vers l’Ouest, vu par Kiev comme un contrepoids à la Russie. Les États-Unis auraient vu cela, tout à fait naturellement, comme une transition de la Russie vers une confrontation directe, et auraient redoublé d’efforts pour la déstabiliser et soutenir les élites pro-occidentales dans tout l’espace post-soviétique.

Ni en 2000, ni en 2004, la Russie n’était prête à affronter ouvertement les États-Unis. Même lorsque cela s’est passé en 2013 (et ce n’était pas le choix de Moscou), la Russie a eu besoin de presque deux ans pour mobiliser ses ressources pour donner une réponse forte en Syrie. L’élite syrienne, contrairement à l’élite ukrainienne, a rejeté dès le début (en 2011-2012) tout compromis avec l’Occident.

 

 

C’est pourquoi, pendant 12 ans (depuis l’action « l’Ukraine sans Koutchma », qui a été la première tentative infructueuse de coup d’État pro-américain en Ukraine), la diplomatie russe a travaillé à deux tâches essentielles.

Premièrement, garder la situation en Ukraine en équilibre instable ; deuxièmement, convaincre l’élite ukrainienne que l’Occident était un danger pour son bien-être, tandis que la réorientation vers la Russie était l’unique moyen de stabiliser la situation et de sauver le pays ainsi que la position de l’élite elle-même.

La première mission a été réalisée avec succès. Les États-Unis ont réussi à faire passer l’Ukraine du mode multidirectionnel au mode bélier antirusse en 2013 seulement, après avoir dépensé beaucoup de temps et de ressources et avoir installé un régime avec d’énormes contradictions internes, incapable d’exister de manière indépendante (sans soutien américain croissant). Au lieu d’utiliser les ressources ukrainiennes à leur profit, les États-Unis sont obligés de dépenser les leurs pour prolonger l’agonie de l’État ukrainien détruit par le coup d’état.

La seconde mission, la réorientation économique vers la Russie, n’a pas eu lieu pour des raisons objectives (indépendantes des efforts russes). L’élite ukrainienne s’est révélée totalement inadéquate, incapable de penser stratégiquement, d’évaluer les risques et les avantages réels, vivant et agissant plutôt sous l’influence de deux mythes.

D’abord, que l’Occident l’emporterait facilement dans toute confrontation avec la Russie et partagerait le butin avec l’Ukraine. Ensuite, qu’aucun effort, sinon une position antirusse inébranlable, n’est nécessaire pour obtenir une existence confortable (au détriment des finances de l’Occident). Dans la situation de devoir choisir entre s’orienter vers la Russie et survivre, ou être aux côtés de l’Occident et mourir, l’élite ukrainienne a choisi la mort.

 

Cependant, même avec ce choix négatif de l’élite ukrainienne, la diplomatie russe a réussi à obtenir un avantage maximum. La Russie ne s’est pas laissée aspirer dans une confrontation avec le régime ukrainien, mais a forcé Kiev et l’Occident à un processus de négociation épuisant, sur fond de guerre civile de faible intensité, en excluant les États-Unis du format Minsk. En mettant l’accent sur les contradictions entre Washington et l’Union européenne, la Russie a réussi à faire porter la charge financière de l’Ukraine sur l’Ouest.

Résultat, la position de Washington et de Bruxelles, solide au début, s’est désintégrée. Comptant sur un blitzkrieg politico-diplomatique, les politiciens européens n’étaient pas préparés à une confrontation prolongée. L’économie de l’UE ne pouvait simplement pas la supporter. À leur tour, les États-Unis n’étaient pas prêts à accepter que Kiev soit exclusivement à leur charge. 

 

 

Aujourd’hui, après un an et demi d’efforts, la vieille Europe qui détermine la position de l’UE, l’Allemagne et la France, a complètement abandonné l’Ukraine et cherche un moyen de tendre la main à la Russie par dessus la tête des pays limitrophes pro-américains d’Europe de l’Est (la Pologne et les États baltes). Même Varsovie, qui avait l’habitude d’être le principal avocat de Kiev dans l’Union européenne (quoique de manière semi-officielle), évoque la possibilité de diviser l’Ukraine, ayant perdu la foi dans la capacité des autorités de Kiev à maintenir l’unité du pays.

Dans la communauté ukrainienne des politiques et des experts, l’hystérie à propos de la trahison de l’Europe est en train de grandir. L’ancien gouverneur (nommé par le régime nazi) de la région de Donetsk et oligarque Sergei Taruta dit que son pays a encore huit mois à vivre. L’oligarque Dmitry Firtash (qui avait une réputation de faiseur de roi ukrainien) prédit la désintégration pour le printemps prochain.

Tout cela, tranquillement et imperceptiblement, sans tanks ni aviation stratégique, a été atteint par la diplomatie russe. Réalisé dans une confrontation difficile avec le bloc des pays les plus puissants, militairement et économiquement, tout en partant d’une position beaucoup plus faible et avec les alliés les plus étranges, dont tous n’étaient pas, ou ne sont pas, heureux de la montée de la puissance russe.

 

Percée au Moyen-Orient

Parallèlement, la Russie a réussi à retourner au Moyen-Orient, à conserver et à développer l’intégration au sein de l’espace post-soviétique (l’Union économique eurasienne), à déployer avec la Chine un projet d’intégration eurasienne (l’Organisation de coopération de Shanghai) et de lancer avec les BRICS un projet d’intégration mondial.

Malheureusement, l’espace limité de cet article ne me permet pas de discuter en détail toutes les actions stratégiques de la diplomatie russe ces 20 dernières années (de Primakov à aujourd’hui). Une étude exhaustive nécessiterait plusieurs volumes.

 

 

Cependant, toute personne qui essaierait de répondre honnêtement à la question de savoir comment la Russie a réussi en 20 ans, sans guerres ni chamboulements, à passer de l’état de semi-colonie à celui de superpuissance mondiale reconnue, devrait reconnaître les contributions de beaucoup de gens sur la place Smolenskaïa [où se trouve le ministère des Affaires étrangères, NdT]. Leurs efforts ne tolèrent pas l’agitation ou la publicité, mais sans effusion de sang ni victimes, ils produisent des résultats comparables à ceux obtenus par des armées de plusieurs millions d’hommes pendant de nombreuses années.

 

Rostislav Ichtchenko est analyste à Russia Today.

 

 

Voir également :  

 

1993-2013 : Les vingt ans de « Pas de deux » entre la Russie et les Etats-Unis arrivent-ils à leur fin ?

 


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106 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 21 décembre 2015 09:59

    La Russie n’a jamais été une « semi-colonie ».

    Elle a connu un séisme politique, économique et social majeurs, mais les richesses accumulées sont restées sur place, même si elles ont changé de mains à plusieurs reprises !
    Les compétences techniques des Russes ne se sont pas volatilisées, pas plus que leurs savoir-faire diplomatiques, militaires et culturels qui sont grands.


    • roman_garev 21 décembre 2015 11:42

      @M de Sourcessure

      « La Russie n’a jamais été une « semi-colonie ». »

      C’est que, étant étranger et n’ayant pas habité la Russie ddurant les années 90 (ou je me trompe ?), forcément vous ne pouvez pas être au courant.


      « Les compétences techniques des Russes ne se sont pas volatilisées. »

      Si, elles se sont presque volatilisées durant les années 90. Les meilleurs esprits des années 80, on les voit de nos jours à la Silicon Valley (savez-vous que le fameux processeur « Pentium » doit son nom au savant brillant soviétique Pentkovsky qui a déménagé aux ÉU en 1993 ?), et ce n’était pas pour rien, car toute activité scientifique a stoppé en Russie. La majorité écrasante d’instituts de recherche se sont tout simplement fermés, et le reste végétait au niveau de mendiants.

      En Russie on se demande toujours par quel miracle la science et la technique russe (pour le moins leur branche militaire) ont pu ressusciter.

    • lloreen 21 décembre 2015 11:55

      @roman_garev
      "En Russie on se demande toujours par quel miracle la science et la technique russe (pour le moins leur branche militaire) ont pu ressusciter."

      Il n’ y a pas de miracle, juste des alliés.


    • roman_garev 21 décembre 2015 12:04

      @lloreen

      Lesquels alliés au juste ?

    • roman_garev 21 décembre 2015 13:09

      @lloreen

      L’empereur Alexandre III répétait souvent à ses ministres : « La Russie n’a que deux alliés fidèles : son armée et sa flotte. Tous les autres s’armeront contre nous à la première occasion. »

      Ces paroles, on les reprend souvent en Russie actuelle, pour ne pas se faire d’illusions et pour ne compter que sur ses propres forces.


    • Pie 3,14 21 décembre 2015 17:30

      @roman_garev

      Heureusement que ce brave Alexandre III a eu la bonne idée de décéder 11 ans avant le désastre de Tsushima qui voit la flotte russe être détruite par le Japon.



    • roman_garev 21 décembre 2015 17:50

      @Pie 3,14

      N’importe, ses paroles restent justes. D’ailleurs il ne parlait pas de défaites ni de victoires, mais strictement d’alliés. Faute d’objections, vous parles d’autre chose. Libre à vous de troller.

    • Layly Victor Layly Victor 21 décembre 2015 18:07

      @roman_garev
      Les Russes ont toujours été des mathématiciens. L’école de Mathématiques Russe est la meilleure du monde avec l’école française (jusqu’à présent, mais ça ne va pas durer, car en France il y a une volonté farouche des dirigeants de l’éducation nationale de détruire les Mathématiques).


      Or, les Mathématiques, c’est le cœur de la Science et de la Technologie. De même que la culture. Il ne peut pas y avoir de technologie de haut niveau sans une culture profonde. C’est lié aux capacités de l’imagination, que la culture et les Mathématiques favorisent.

      C’est ce que n’ont pas compris les incapables dirigeants français, inféodés à l’idéologie de l’égalitarisme par le bas.

      Je crois que les Russes, même aux pires moments, n’ont pas cédé au vertige de la médiocrité participative.

      J’ai un livre écrit par un Russe (Lebedev, théorie des fonctions spéciales). C’est impressionnant. C’était autrefois la base des connaissances des ingénieurs et des physiciens, mais il y a belle lurette que plus personne en France ne comprend ces problèmes.

      J’ai toujours pensé que, quand l’immense fond issu du travail des mathématiciens du 19ème siècle aurait disparu en Europe occidentale, les Russes en seraient les seuls dépositaires.



    • Pie 3,14 21 décembre 2015 18:24

      @roman_garev

      Historiquement la Russie a toujours eu des quantités d’alliés, ce qui prouve que la phrase de ce tsar n’a pas beaucoup de sens. Si vous voulez comptabiliser ses alliances diplomatiques depuis le Moyen-Age, vous y passerez votre soirée.

      Plus intéressant est la popularité de cette déclaration dans le contexte actuel de la Russie.
      Un pays isolé qui subit des mesures de rétorsions depuis l’annexion de la Crimée. Un pays en récession économique, sur la défensive.
      Comme toujours dans ces moments le pouvoir agite la fibre nationaliste et anti-occidentale. Il tente par ailleurs de revenir sur la scène diplomatique à la faveur du conflit syrien.

      Dans ce contexte l’antienne propagandiste du seul contre tous et du discours militariste est logique.



    • tf1Groupie 21 décembre 2015 21:12

      @roman_garev

      Vous qui avez habité la Russie, pouvez-vous expliquer l’utilisation du terme « semi-colonie » à qui n’a pas eu cette chance ?

      Car cette affirmation n’a également pour moi aucun sens.


    • lloreen 21 décembre 2015 21:28

      @roman_garev
      Les alliés du genre humain.


    • soi même 21 décembre 2015 21:34

      @M de Sourcessure, il y a plusieurs strates dans la réalité, l’apparence, le réel et l’improbable, d’après vous qui des trois a le plus d’influence ?


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 décembre 2015 22:57

      Pourquoi les USA veulent dépecer la Russie ? Pas seulement pour ses ressources.
      En intervenant en Ukraine, ils ont bloqué les relations commerciales et politiques entre l’ UE et la Russie. Le contrôle de l’ Ukraine par les USA était un projet de longue date de Bzrezinski, qu’il décrit dans son livre « Le grand échiquier ».


      Un ensemble eurasien qui irait de Gibraltar à la Chine + l’Iran + l’ Inde + la Syrie + l’ Irak, constituerait la zone économique du monde la puissante, qui mettrait les USA sur les rotules.
      Il fallait donc empêcher à tous prix ce regroupement.

      Sauf que, cela ne s’est pas passé exactement comme Bzrezinski l’avait prévu...
      « L’ Eurasie de Bzrezinski est morte, vive l’ Eurasie ! »


    • soi même 21 décembre 2015 23:33

      @Fifi Brind_acier, (Pourquoi les USA veulent dépecer la Russie ? ) ma pauvre laine d’acier , dans cette histoire la politique et l’économie sont juste un alibi pour masquer un combat d’une autre envergure.

      Comme vous êtes athée je vous fais grâce des véritable cause de se conflit.  !


    • spartakus 22 décembre 2015 00:45

      @Pie 3,14
      Je partage en tout point votre analyse, ceci-dit fallait oser ici-même... Se permettre un discours non binaire concernant la Russie, au point d’esquisser une véritable critique de cette dernière... Pas vraiment agoracompatible ! Bizarre que personne ne vous ait traité jusqu’à présent de mouton du système médiatique pro-US, victime de la propagande occidentale, tapin de l’empire et autres joyeusetés...


    • JC_Lavau JC_Lavau 22 décembre 2015 03:26

      @spartakus : « mouton du système médiatique pro-US, victime de la propagande occidentale, tapin de l’empire ». Maintenant que tu l’as dit, je ne vois pas grand chose à ajouter.


    • roman_garev 22 décembre 2015 09:41

      @tf1Groupie


      Concernant la soumission complète de la politique extérieure du pays, vous en avez la réponse dans le texte de l’article :

      « La kozyrevshchina (mot dérivé du nom de Andrei Kozyrev, ministre des Affaires étrangères de 1990 à 1996, signifiant « agir comme Kozyrev », c’est-à-dire d’une manière servile contre ses propres intérêts, NdT)... »

      Cette « manière servile contre ses propres intérêts » était pratiquée, sous la direction adroite de « semi-colonisateurs » étasuniens dans tous les domaines : on a fait anéantir l’industrie, l’agriculture, l’éducation, la science, la médecine...


    • roman_garev 22 décembre 2015 09:47

      @lloreen

      Merci, je ne l’avais pas saisi smiley

    • roman_garev 22 décembre 2015 09:55

      @Pie 3,14

      C’est logique dans n’importe quel contexte et discours, vu l’immensité de la Russie et son auto-suffisance réelle (ne pas confondre avec la suffisance infondée) plus qu’évidente. Merci pout l’avoir confirmé.

    • Layly Victor Layly Victor 22 décembre 2015 12:11

      @soi même
      Extrêmement bien vu. Vous avez compris le fond du problème, que cette pauvre Fifi ne peut pas entrevoir à cause de ses filtres marxistes. Les Russes ont de multiples raisons d’exciter la haine occidentale, surtout celle des journalistes : croyants, mathématiciens, musiciens, dévoreurs d’espace, et j’en passe. Et, comme vous le dites, ceci va bien au delà de simples conflits économiques.

      Moscou, c’est la troisième Rome. Impardonnable, pour les occidentaux.

    • spartakus 22 décembre 2015 12:30

      @JC_Lavau
      Quelle réplique, quel niveau ! Vous avez quel âge pour sortir ça franchement ? Merci de me donner raison...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 décembre 2015 22:26

      @M de Sourcessure


      La Russie a deux (2) atouts. L’indéfectible loyauté de la quasi totalité des Russes à « une certaine idée de la Russie » et une primauté absolue à ce qu’on pourrait appeler l’ « Apprentissage » - au sens le plus large - qui permet de sortir de toute épreuve plus fort qu’on n’y est entré. L’ invasion nazie en est l’exemple parfait, mais la mise en dormance de la technologie russe durant la grande trahison de Gorbachev en est une autre illustration.

      PJCA

    • Michel Maugis Michel Maugis 25 décembre 2015 17:06

      @spartakus

      Seriez vous capable de répondre à cette série de questions ?

      1) est ce vrai que les USA avec 5% de la population mondiale consomme plus de 20% des ressources terrestres ?

      2) est ce vrai que les USA ont dit qu’ il faut que cette réalité dure, voire s’amplifie ?

      3) considérez vous les ressources terrestres inépuisables ?

      4) considérez vous que l’expansion économique des pays riches crée l’ expansion économique des pays pauvres ( mais pas pauvres en ressources) ?

      5) finalement, reconnaissez vous que la seule solution est bien celle que préconise les USA et l’ UE mais sans le dire : faire retourner à l’ âge de pierre les peuples qui se développent et seront donc des grands consommateurs de ces ressources qui feront défaut aux racistes européens ( dont les USA et Israel ne sont que des descendants) ?

      Sinon, avez vous une autre alternative ?



    • Michel Maugis Michel Maugis 25 décembre 2015 17:17

      @Pierre JC Allard


      Je ne pense pas que l’ on puisse parler de trahison au sujet de Gorbatchev.

      Il a été trahi, c’ est sûr. Il n’ a pas évalué le risque de contre révolution par ses soi disant communistes embusqués et que Staline n’ avaient pas réussi a éliminer.

      Mais qui peut affirmer que sans ce qui s’est révélé être un GAMBIT, l’ URSS aurait été anéantie par l’ Occident avec l’ appuie de l’ opinion occidentale complêtement endoctrinée durant la guerre froide ?

      Pour moi, il est incontestable que l’ élite marxiste du KGB a réussi à convaincre le monde que ce n’ est pas le communisme le danger mais l’ impérialisme de l’ Otanazie sur le reste du monde.

      C’ est pourquoi, il est juste de pense que la Chine comme la Russie sont toujours des pays dirigés par la pensée matérialiste et dialectique.





    • fred.foyn Le p’tit Charles 21 décembre 2015 10:45

      Le chef d’orchestre se nomme Poutine il me semble...Sans lui pas de réussite économique ni de réussite diplomatique...Il avance ses pions avec 20 coups d’avance sur ses adversaires..Il voit sur le long terme alors que le reste du monde s’accommode de vivre au jour le jour...Les réserves de la Russie sont de la partie également..pays riche qui peut vivre sur lui même alors que les occidentaux en sont incapable...Il est l’homme puissant de ce siècle indéniablement.. !


      • Pierre Pierre 21 décembre 2015 11:54

        @Le p’tit Charles
        Vous relevez deux points très importants que les stupides journalistes mainsteam refusent de voir.

         Vladimir Poutine et son administration ont une vision à long terme concernant les intérêts de la Russie. Que ce soit en collaboration avec l’Occident (ce qu’ils privilégient) ou en confrontation. Les deux options ont été analysées et seront pleinement assumées.
        Ensuite, la Russie a des réserves qui lui permettent de se passer des Occidentaux. Elle peut aussi compter sur des alliés de poids comme la Chine et l’Inde et ce n’est pas anodin. Voyez par exemple le problème de l’alimentation électrique de la Crimée. La Russie n’avait pas les câbles électriques pour se relier à la péninsule. Les Européens ont refusé de lui en vendre. Cela a occasionné du retard. Finalement, c’est une entreprise chinoise qui a fourni et placé les câbles. 
        Un autre point qui n’a pas été relevé est que les Russes sont maintenant prêt à beaucoup de sacrifice pour préserver leur indépendance. Un sondage récent indique que les Russes n’ont jamais été aussi satisfaits qu’aujourd’hui alors qu’ils subissent des sanctions depuis 18 mois et que les cours du pétrole se sont effondrés. Cela laisse les journalistes occidentaux perplexes. C’est vrai qu’ils n’ont jamais rien compris à la Russie... ils croient qu’il n’y a que la consommation de biens matériels qui rend les gens heureux.

      • roman_garev 21 décembre 2015 12:58

        @Pierre


        « C’est vrai qu’ils n’ont jamais rien compris à la Russie... ils croient qu’il n’y a que la consommation de biens matériels qui rend les gens heureux. »

        Exact. Les deux paradigmes « vivre pour manger » et « manger pour vivre » ne se comprendront jamais, au moins à fond.


      • doctorix doctorix 21 décembre 2015 16:13

        @Le p’tit Charles

        Rappel : en Avril, Poutine a déclaré que la Russie sortirait de la crise en moins de deux ans
        Que d’événements depuis ! Dont la plupart confortent cette prophétie.
        Le monde a beaucoup de chance d’avoir vu émerger un Poutine.
        En face, il y a Bush, Obama, bientôt Trump. On se dit que tandis que les russes font surgir des personnages de plus en plus intelligents, les USA ne font naître que des êtres de plus en plus stupides.
        Il faut apprécier particulièrement l’absence de réaction violente à l’agression aérienne Turque, sur le Sukhov 24, qui aurait pu être le prétexte à un nouveau Serajevo et inaugurer la WWW3, mais au contraire le fait que la Russie s’en est servie à son avantage pour interdire tout survol de la Syrie qu’elle n’autoriserait pas, par la mise en place de ses S300 et 400. Avec pour conséquence indirecte le retrait des F16 américains de Turquie, et donc le lâchage d’Erdogan le fourbe.
        Chapeau l’artiste, un candidat solide pour le Nobel de la Paix, s’il n’avait pas été tant dévalué par les précédents lauréats.
        Chapeau, et Merci, au nom des hommes de paix.

      • hgo04 hgo04 21 décembre 2015 17:33

        @Pierre
        «  »«  que les Russes n’ont jamais été aussi satisfaits qu’aujourd’hui alors qu’ils subissent des sanctions depuis 18 mois et que les cours du pétrole se sont effondrés. »«  »"


        J’ai discuté avec plusieurs Russes expatriés qui ont encore de la famille la bas et je confirme... Le travail revient, la consommation revient, l’économie a repris et ils se passent bien des tomates françaises. Mais c’est aussi grace à l’Inde et la Chine. L’UE a fait une terrible erreur concernant la Russie, et les européens s’en redent compte tous les jours. On s’est allié avec des gens qui n’ont aucune parole donnée, aucune limite dans les affaires, et à bien des occasions aucune morale. 
        et de tout ça, les Russes en tirent bénéfices.

      • Pierre Pierre 21 décembre 2015 18:24

        @doctorix
        Les Etats-Unis ont retiré douze F-15 de la base d’Incirlik, en Turquie. Les F-15 sont des avions beaucoup plus puissants que les F-16. Ils étaient destinés à la protection aérienne de la Turquie contre les bombardiers syriens. Le déploiement du système S-400 rend les F-15 vulnérables en cas de conflit ouvert avec la Turquie. Les Etats-Unis n’ont aucune envie d’enregistrer des pertes humaines ou matérielles dans un conflit en Syrie. Barack Obama est un adepte du concept de la guerre par procuration (war by proxy) comme du temps de la guerre froide. A mon avis, il y aura un déploiement de missiles sol/air performants pour assurer la défense d’Incirlik. 

        Je ne crois pas que les Etats-Unis vont facilement renoncer à leur objectif qui n’est pas un changement de régime en Syrie mais plutôt un changement d’alliance. 

      • Pierre Pierre 21 décembre 2015 18:44

        @hgo04
        Merci de confirmer ce que je dis. Ce que les (stupides) journalistes n’arrivent pas à intégrer dans leur cerveau, c’est que le marché intérieur russe n’est dépendant des devises occidentales que pour les produits, généralement de luxes, importés. Il y a une production locale qui est stimulée grâce à l’embargo. Il y a aussi le remplacement des produit occidentaux par des produits de pays non-occidentaux qui ont souvent aussi dévalué leur monnaie (Chine etc.) ce qui fait que les Européens auront du mal à reconquérir le marché russe, ils sont devenus nettement plus chers.

        Les riches russes peuvent continuer à aller à Courchevel, ils sont blindés aux as. Les autres choisiront des vacances moins chères dans des pays moins chers.
        Il y a aussi la bombe à retardement de la dette des banques russes auprès des Occidentaux. Les Ukrainiens ne remboursent pas leurs dettes souveraines auprès de la Russie avec l’aval du FMI. On verra la tête qu’ils feront quand l’Etat russe décrétera un moratoire sur la dette des banque comme le préconise l’économiste russe Sergeï Glasiev, un proche conseiller de Vladimir Poutine. 





      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 décembre 2015 22:08

        @Pierre
        Nos journalistes ne sont pas stupides, ils écrivent ce qu’on leur demande d’écrire, sinon, la porte !
        Un journaliste allemand explique comment il a trompé ses lecteurs toute sa vie professionnelle.


      • Dom66 Dom66 21 décembre 2015 22:29

        @doctorix
        ça fait plusieurs fois que Poutine démontre son sang froid, c’est un homme qui a l’étoffe d’un grand président, il fallait à la Russie un homme comme lui pour relever son pays après l’ivrogne qui a bradé les grandes entreprises, c’est certain le sieur B. Eltsine plaisait aux ricons.
         


      • lloreen 22 décembre 2015 11:45

        @Dom66
        "il fallait à la Russie un homme comme lui pour relever son pays après l’ivrogne qui a bradé les grandes entreprises, c’est certain le sieur B. Eltsine plaisait aux ricons.« 

        Monsieur Eltsine s’ est fait piéger et il s’ en est rendu compte. Il a fait venir monsieur Poutine peu avant sa mort et lui a fait promettre qu’ il relèverait la Russie, ce que monsieur Poutine est en train de faire. Tous ceux qui ont profité et abusé de la faiblesse de monsieur Eltsine s ’en mordent maintenant les doigts, ce qui explique la haine de toute l’ oligarchie à son égard.

        Monsieur Poutine, qui n’ est pas né de la dernière pluie et qui connaît parfaitement le mode de fonctionnement et les signatures des service secrets pour les avoir fréquentés personnellement, démonte leurs manipulations une à une.
        Quant à leurs commanditaires, ils sont connus depuis belle lurette.

         »J’ ai vécu dans votre futur et ça n’ a pas marché".
        V.K. Boukovsky
        https://www.youtube.com/watch?v=0ezJAIIt8Og

        Monsieur Poutine voit très bien à quel point les européens sont dupés et comment la dictature s’ est installée dans les pays européens dès 1945.
         


      • MAIBORODA MAIBORODA 22 décembre 2015 13:03

        @Pierre


        cf. cet extrait de « BEREZINA » , ouvrage de Sylvain TESSON , in :

        « [...) Ô, nous aimions ces Russes. Chez nous, l’opinion commune les méprisait. La presse les tenait, au mieux, pour des brutes à cheveux plats, incapables d’apprécier les mœurs aimables des peuplades du Caucase ou les subtilités de la social- démocratie et, au pire, pour un ramassis de Semi-Asiates aux yeux bleus méritant amplement la brutalité des satrapes sous le joug desquels ils s’alcoolisaient au cognac arménien pendant que leurs femmes rêvaient de tapiner à Nice. 
        Ils sortaient de soixante dix ans de joug soviétique. Ils avaient subi dix années d’anarchie eltsinienne. Aujourd’hui, ils se revanchaient du siècle rouge, revenaient à grands pas sur l’échiquier mondial. Ils disaient des choses que nous jugions affreuses : ils étaient fiers de leur histoire, ils se sentaient pousser des idées patriotiques, ils plébiscitaient leur président, souhaitaient résister à l’hégémonie de l’OTAN et opposaient l’idée de l’eurasisme aux effets très sensibles de l’euro-atlantisme. En outre ils ne pensaient pas que la Russie avait vocation à s’impatroniser dans les marches de l’ex-URSS » 




      • MAIBORODA MAIBORODA 22 décembre 2015 13:07

        @Dom66


        ++++++++++
        tout simplement. Mais c’est clair.

      • Pierre Pierre 22 décembre 2015 14:00

        @MAIBORODA
        25 ans d’histoire résumé en 15 lignes. Un peuple assumant son passé et son présent avec fierté. Comme je l’envie ! Ce peuple a un avenir.


      • Dom66 Dom66 23 décembre 2015 15:34

        @lloreen
        C’est surement ça, merci


      • révolQé révolQé 21 décembre 2015 10:55


        Réponse à la question/titre tient en 2 phrases :

        D’un côté un joueur d’échecs montés sur burnes et de l’autre,
        des marionnettes asexuées vendues à des psychopathes consanguins.

         smiley

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