Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Rwanda-RD Congo : Le Rwanda est bien à l’origine des problèmes du (...)

Rwanda-RD Congo : Le Rwanda est bien à l’origine des problèmes du Congo

Les dirigeants rwandais sont engagés dans une vaste campagne de communication et de lobbying pour essayer de redorer leur image ternie par l’affaire du M23. On entend ainsi le Président Paul Kagamé répéter que "le Rwanda n’est pas à l’origine des problèmes du Congo". Un mensonge, bien entendu. C’est le Rwanda qui est à l’origine des problèmes actuels du Congo, qui sont les conséquences directes et indirectes des guerres à répétition, toutes déclenchées par... le Rwanda.

Le M23, une création rwandaise

En effet, lorsque le M23, une milice créée par Kigali et Kampala, lance des attaques dans l’Est du Congo, avec l’aide des bataillons de l’armée rwandaise, les Congolais s’occupaient de leur pays. Ils cultivaient leurs champs, exploitaient leurs mines, faisaient du commerce, construisaient des routes, des écoles, des habitations… Ils essayaient de redresser leur pays ruiné par des années de guerres, toutes provoquées par le Rwanda. Tout ce travail de redressement que menaient les paysans, les autorités, les commerçants congolais et les ONG a été réduit à néant, du jour au lendemain, parce que le Rwanda avait à nouveau décidé de provoquer des troubles au Congo.

Les faits sont indéniables. Les casques bleus de l’ONU ont vu, de leurs yeux, les bataillons de l’armée rwandaise[1] débouler sur la ville de Goma et l’ont indiqué dans leurs rapports. Les experts mandatés par l’ONU ont publié des rapports indiscutables dans lesquels les noms des dirigeants rwandais et leurs rôles en tant que parrains actifs du M23 apparaissent noir sur blanc. Des personnalités à travers le monde ont vu ce qui se passait et ont dénoncé les crimes atroces que Kigali et ses alliés perpétraient dans l’Est du Congo. Même le Président américain, Barack Obama, a rompu son silence et demandé clairement au Rwanda de cesser tout soutien au M23.

Mais les dirigeants rwandais continuent de nier comme un footballeur qui marque de la main, filmé et vu par les caméras du monde entier, mais qui continue de nier l’acte d’antijeu. C’est assez pathétique…

L’aventure du M23, initiée par le Rwanda, a ainsi ruiné les efforts que les Congolais, jour après jour, essayaient de consentir pour redresser leur pays. Plus de 70 mille personnes ont été jetées dans la nature, des dizaines d’innocents ont été tués, des femmes ont été violées et des enfants congolais ont été enrôlés de force par la milice pro-rwandaise pour servir de chair à canon.

N’est-ce pas là un problème pour le Congo entièrement provoqué par le Rwanda ?

Le Rwanda, un régime belliciste

En remontant le temps, on retrouve d’autres situations similaires. Lorsqu’en 1996, le Rwanda, avec ses alliés ougandais et burundais, déclenche la Première guerre du Congo, les Congolais (Zaïrois à l’époque) sont en train d’organiser pacifiquement la fin du règne de Mobutu. C’était l’époque des conférences nationales sur le Continent africain, dans la suite de la perestroïka entreprise à Moscou par Mikhaïl Gorbatchev (1985) et du sommet de La Baule (1990) sous l’égide de François Mitterrand. Il fallait que l’Afrique change et se démocratise. Les conférences nationales furent l’occasion de faire le bilan du passé et préparer pacifiquement les nouvelles républiques, démocratisées.

La Conférence Nationale Souveraine de Kinshasa fut parmi les meilleures du Continent en termes de qualité de travail abattu et de projets de gouvernance élaborés. Les régimes qui devaient succéder au règne de Mobutu, n’auraient eu qu’à puiser dans les résolutions et acquis adoptées par les conférenciers et les adapter à leurs programmes de gouvernement.

Le Rwanda, avec l’AFDL, fit table rase. Pour le peuple congolais, tout était à refaire. Et les problèmes ne faisaient que commencer.

La deuxième guerre du Congo (1998) va éclater, elle aussi, à l’initiative du Rwanda et coûter la vie à six millions de Congolais. Une hécatombe qui place le Rwanda sur la liste des pires bourreaux de l’histoire du Congo, puisqu’une saignée humaine d’une ampleur comparable n’a été signalée au Congo qu’à l’époque de la Traite négrière et sous le règne du roi des Belges Léopold II (Etat Indépendant du Congo). Les Congolais n’ont d’ailleurs jamais eu le temps de faire le deuil de leurs martyrs puisque le Rwanda, soutenu par certains milieux occidentaux, relance, sans cesse, les guerres de pillage des ressources du Congo et les massacres des populations.

AFDL, RCD, CNDP, M23,… FDLR. La logique rwandaise des guerres interminables

C’est ainsi qu’au moment où les Congolais négociaient pour mettre fin à la deuxième guerre du Congo, Kigali a entrepris de créer un autre groupe armé, le CNDP (2003), ancêtre du M23, responsable de crimes atroces dans l’Est du Congo, ce qui vaut à ses principaux dirigeants d’être recherchés par la Cour Pénale Internationale (voire liste). Et où se trouvent ces criminels ? Au Rwanda et dans des zones protégées par l’armée rwandaise. L’impunité dont bénéficient ces hommes, dont le monde entier peut se rendre compte de la cruauté des actes en lisant les déclarations et les rapports émanant de l’ONU, des ONG et la liste de la CPI ; la souffrance de leurs victimes et des survivants ; la peur que ces maquisards continuent de répandre dans l’Est du Congo, n’est-ce pas un problème pour le Congo dont le Rwanda est indéniablement responsable ?

Plus généralement, lorsque les dirigeants rwandais reconnaissent leur présence militaire au Congo, ils la justifient au nom de la lutte contre les FDLR/rebelles hutus. Sans qu’il ne soit nécessaire de s’attarder sur le degré de sincérité des dirigeants de Kigali, on sait au moins que ces rebelles hutus dans les maquis du Congo et les soldats tutsis qui les pourchassent sont des citoyens rwandais. C’est le cas d’un couple qui se bagarre dans une famille amie et y cause des dégâts. Qui est responsable de ces dégâts ? La famille d’accueil ou le couple qui se bagarre n’importe où ? Si un peuple n’arrive pas à s’entendre et exporte sa guerre interne dans un pays voisin, est-il sérieux d’accuser le pays voisin qui n’a fait qu’accueillir les malheureux qui n’arrêtent pas de s’entretuer ?

Le prétexte de la gouvernance ou la préparation de nouvelles guerres

Quant aux problèmes de gouvernance reprochés au Congo, ils sont bien réels, mais situons les choses dans leur contexte. Aucun pays en guerre et luttant pour sa survie ne peut être un modèle de gouvernance, même si certaines dérives à Kinshasa ne sont pas imputables au contexte militaire. Pour autant, il n’appartient pas aux dirigeants rwandais de se mêler des problèmes de gouvernance du Congo. Et il ne sera pas crédible de relancer la guerre du M23 sous un prétexte aussi fallacieux. Les problèmes de gouvernance du Congo ne regardent que les Congolais et leurs bailleurs financiers. Le Rwanda n’en est pas un.

En définitive, il ne suffit pas de répéter dans les médias que « le Rwanda n’est pas à l’origine des problèmes du Congo » pour que ça soit vrai. Il ne suffit pas non plus de payer les lobbies pour que des mensonges d’Etat deviennent des vérités. Car la vérité est bien là et elle crève les yeux :

Les problèmes actuels du Congo ont pour origine le Rwanda.

Boniface MUSAVULI



[1] Rapport du groupe d’experts de l’ONU réf. S/AC.43/20 12/NOTE.26 du 27 novembre 2012, pages 4 à 6.

PDF - 4.7 Mo

Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

31 réactions à cet article    


  • Mwana Mikombo 16 février 2013 23:13

    Bonjour cher Musavuli

    Par cet article, vous entendez riposter aux propos du président Rwandais Paul Kagamé affirmant que « le Rwanda n’est pas à l’origine des problèmes du Congo ». Tout le monde sait que ces « problèmes » sont la conséquence du génocide Rwandais perpétré en 1994 par l’ethnie Hutu monopolisant alors l’Etat néo-colonial rwandais, contre l’ethnie Tutsi. D’ailleurs vous reconnaissez vous-même que « ces rebelles hutus dans les maquis du Congo et les soldats tutsis qui les pourchassent sont des citoyens rwandais ». Dès lors, il faut être circonspect quand on traite des questions liées aux représailles contre les exécuteurs d’un génocide mondialement connu. Dans ce domaine, la légitimité première appartiendra toujours aux victimes. Cela est absolument indiscutable, sauf à remettre en question le fait génocidaire. Ce qui ne peut évidemment pas manquer de choquer, le génocide rwandais ayant marqué la mémoire mondiale.

    Cependant, il ne s’agit pas d’excuser, ni de minimiser les exactions injustifiées et injustes commises sur les populations congolaises par les campagnes de l’armée rwandaise et ses milices congolais. Il faut surtout éviter de faire des analyses en termes de « congolais », de « rwandais » sans spécifier. Ces termes sont trop globaux, impliquent des populations entières souvent innocentes, et ne permettent pas de bien décanter les situations.

    Donc, s’agissant de « l’origine des problèmes du Congo », si tant soit peu on fait remonter cette origine au génocide rwandais, on ne peut pas ne pas mettre en cause le régime de MOBUTU et l’Etat français sous François Mitterrand comme c’est le cas pour votre article. La collusion de l’Etat français, décidé à s’engouffrer davantage dans le vide de l’effondrement de la Belgique dans les Grands Lacs, avec l’Etat génocidaire Hutu d’Habyarimana est un fait indéniable. Le rôle passeur de l’Etat zaïrois de Mobutu, alors tête de pont de la France dans la région des Grands Lacs, dans le génocide rwandais, est également indéniable. C’est à cette posture de commanditaire du génocide rwandais de la part de l’Etat français, et à cette posture d’Etat-passeur du régime de Mobutu, que le président rwandais fais allusion quand il dit que « le Rwanda n’est pas à l’origine des problèmes du Congo ». Et sur ce point, il a parfaitement raison.

    La responsabilité de l’Etat français ainsi que du régime vassal de Mobutu dans « l’origine des problèmes du Congo » est si grande qu’au lieu de chercher à colmater la digue qu’ils avaient ouverte entre le Rwanda et le Congo, ils ont au contraire cherché à l’entretenir. L’Etat Français et Zaïrois, sous le feu du Génocide rwandais, auraient dû capturer toutes les milices Hutus en territoire congolais et les maintenir à la disposition du tribunal international d’Arusha en Tanzanie où ils auraient été tous jugés. Au lieu de cette coopération, l’Etat français et zaïrois ont rusé, laissant le Congo servir de base-arrière et de refuge sécurisés pour les activités belliqueuses des milices génocidaires Hutus. Tous ces faits écœurants  se sont passés sous les yeux médusés du monde entier. L’Etat français et le régime vassal de Mobutu se sont royalement moqués de la sécurité et de la tranquillité du peuple Congolais. C’est eux qui sont à l’origine des problèmes du Congo.

    Après la chute du régime de Mobutu, l’épuration du Congo des génocidaires Hutus aurait du être menée conjointement par le nouvel Etat congolais et le nouvel Etat Rwandais. Cette épuration aurait consisté à regrouper tous les génocidaires pour être jugés par les tribunaux internationaux voire inter-africains compétents.

    Encore une fois, la responsabilité de l’Etat colonialiste français et du régime néo-colonial zaïrois n’excuse en rien les méfaits dûment injustifiés et constatés commis en territoire congolais par l’armée rwandaise même poursuivant les génocidaires, par exemple l’organisation ou l’encouragement des réseaux de contrebande et de pillage des ressources et matières premières au bénéfice des pays coloniaux. L’Etat rwandais a la responsabilité de l’exemplarité. Face à de telles exactions inutiles et nuisibles, on comprend parfaitement la colère du peuple congolais.

    Il faut terminer en vous remerciant des nombreuses références intéressantes qui jalonnent votre article, surtout le « Rapport du groupe d’experts de l’ONU réf. S/AC.43/20 12/NOTE.26 du 27 novembre 2012 ».



    • MUSAVULI MUSAVULI 17 février 2013 02:49

      Cher Mwana Mikombo,
      Je vous remercie pour la qualité de votre réaction qui place les choses dans une perspective historique. Oui, comme vous le dites, "...la légitimité première appartiendra toujours aux victimes..." (y compris les victimes du Congo (6.000.000).
      Je partage tout à fait votre analyse, mais je souhaite attirer votre attention sur les faits, tels qu’ils se sont dégradés.
      Nous sommes en novembre 2011. Les FDLR ne posent au Rwanda aucun problème majeur. Ils sont repoussés loin, très loin des frontières rwandaises. La Cour Pénale Internationale demande au gouvernement congolais d’arrêter Bosco Ntaganda, qui est, selon ses papiers, un citoyen congolais. Il est poursuivi pour des crimes commis en Ituri (recrutement d’enfants soldats avec Thomas Lubanga), c’est-à-dire, sur le territoire congolais. Étrangement, le Rwanda mobilise ses bataillons, et déclenche la guerre du M23.
      Les Congolais, comme je l’ai dit, étaient en train de reconstruire leur pays, ruiné par des années de guerre, toutes déclenchées par le Rwanda. Ils construisaient des routes, des écoles, des hôpitaux,... avec l’aide des ONG et des bailleurs étrangers. Ils ont juste voulu arrêter un criminel de guerre recherché par la Cour Pénale Internationale, une institution mise en place par l’ONU. Comment justifier la réaction du Rwanda ? Voyons les choses dans le sens inverse. La Cour Pénale Internationale demande au Rwanda d’arrêter Laurent Nkunda qui figure sur sa liste. Le Rwanda essaie de l’arrêter. Le Congo déclenche la guerre contre le Rwanda. Vous y comprendriez quelque chose, vraiment ? Je vais être plus précis, vous croyez que nos générations futures comprendront quelque chose à un comportement pareil ? L’arrestation de Bosco Ntaganda était une affaire interne au Congo. Pourquoi le Rwanda a-t-il cru nécessaire de déclencher une énième guerre contre le Congo pour une affaire qui, manifestement, ne le concernait pas ?


    • Mwana Mikombo 17 février 2013 16:15

      @Musavuli - La légitimité première appartient toujours aux victimes y compris les victimes du Congo en sachant que la responsabilité première de tous ces troubles incombe à l’Etat Français mitterrandien et au régime de Mobutu. Si on s’attarde un peu sur le génocide rwandais, certaines théories appuyées par des enquêtes journalistiques souvent individuelles imputent l’origine du génocide rwandais à l’attentat contre l’avion d’Habyarimana, attentat attribué au FPR en rébellion. La crédibilité de ces théories n’est pas très certaine car d’autres enquêtes attribuent la responsabilité de cet attentat aux extrémistes hutus au sein de l’Etat rwandais. Quoi qu’il en soit de cet attentat, il est établi que le génocide avait été planifié par l’Etat rwandais de l’époque, avec la bienveillance de l’Etat français, bien avant l’attentat qui avait coûté la vie aux présidents rwandais Juvénal Habyarimana et à son homologue burundais Cyprien Ntaryamira.

      Vous situez la recrudescence des actions militaires du Rwanda au Congo à partir de novembre 1911. Vous écrivez « Nous sommes en novembre 2011. Les FDLR ne posent au Rwanda aucun problème majeur. Ils sont repoussés loin, très loin des frontières rwandaises. ». Vous oubliez sans doute que le FDLR est un mouvement paramilitaire issu des milices génocidaires Hutus avec pour objectif de revenir au pouvoir au Rwanda. Rien que par cette définition, çà pose quand même un sérieux problème au Rwanda. Un tel mouvement n’aurait pas dû être toléré sur le sol congolais ni même ailleurs. Ce mouvement génocidaire Hutu aurait dû être neutralisé et liquidé par la Communauté Internationale, pilote du Congo et militairement présente sur le terrain, avant de lancer des mandats d’arrêt contre les porte-flingues congolais du Rwanda.

      Dans ce contexte trouble entretenu par la Communauté Internationale, il n’est pas étonnant que lorsque « La Cour Pénale Internationale demande au gouvernement congolais d’arrêter Bosco Ntaganda, qui est, selon ses papiers, un citoyen congolais » au lieu de commencer par neutraliser et liquider le FDLR, le Rwanda ait réagi par la relance de sa campagne militaire. Loin de viser à instaurer le calme, l’injonction de la Cour Pénale Internationale sonne comme une provocation pour attiser les hostilités. Il faut toujours se méfier de ces institutions internationales d’inspiration onusienne. Ces institutions onusiennes n’ont pas vocation à promouvoir les intérêts des africains. Ce sont des officines colonialistes qui ne sont là que pour fomenter et entretenir la pagaille en Afrique au bénéfice des puissances coloniales qui les créent et les pilotent.


      • MUSAVULI MUSAVULI 17 février 2013 21:13

        Si l’on se met à chaque fois remonter dans le temps, vous croyez bien qu’on ne se mettra jamais d’accord sur le coupable originel. Qui sont responsables du génocide rwandais ? Le FPR qui a commis l’attentat contre l’avion d’Habyarimana (ou qui ne l’a pas commis) ou le FPR qui a déclenché la guerre d’octobre 1990 à la frontière ougando-rwandaise ? Ah, c’est peut-être l’Ouganda de Museveni qui a soutenu le FPR dans la guerre contre le régime rwandais qui n’était pas encore génocidaire. C’est peut-être la Tanzanie qui avait aidé Museveni à prendre le pouvoir à Kampala en 1986. C’est peut-être le régime rwandais des années soixante qui avaient persécuté les Tutsi et les avaient contraints à l’exil, d’où ils avaient décidé de revenir. Mais pourquoi le régime des années soixante s’était-il conduit de la sorte ? ... Ah, le coupable, c’est peut-être les États-Unis, l’ONU, la France,... Avec un raisonnement comme celui-là, il faudra remonter jusqu’à Dieu pour identifier le coupable originel.

        Non, mon cher, Mwana Mikombo. Il y a un criminel (Bosco Ntaganda), comme dans n’importe quelle région du monde. Ses victimes clament justice. Comment- peut-on justifier qu’il ne puisse pas répondre de ses actes devant la justice ? Pourquoi les victimes du génocide rwandais devraient-ils avoir droit à la justice et jamais les victimes du Congo. On est en train d’instituer une dangereuse logique du deux poids deux mesure qui condamne le Congo aux guerres interminables. Il faut que quelqu’un se rende dans le Kivu, regarde les victimes des « porte-flingue de Kigali » (comme vous les désignez) et leur dise qu’elles n’auront jamais droit à la justice et que leurs violeurs, leurs massacreurs, les pilleurs de Goma,... resteront libres, à vie, au nom de la prétendue paix qu’ils sont les premiers à troubler en relançant la guerre pour des broutilles.
        Il faudra ensuite s’étonner que les enfants des femmes congolaises violées rejoignent les maquis des Mai-Mai pour se venger, eux aussi sur les « communautés » dont sont originaires leurs bourreaux supposés. C’est ainsi que tous les groupes armées dans cette région se conduisent de la même façon avec les populations. Il faut que quelqu’un dise un jour « stop », maintenant on en arrête un et on en arrêtera systématiquement chaque fois qu’un crime sera signalé.
        C’est dans cet angle qu’il faut placer la décision de la Cour Pénale Internationale, une institution onusienne dont vous conseiller de se méfier, tout ce qu’on ne dit pas lorsqu’une autre institution onusienne, le TPIR, aide le gouvernement rwandais dans sa répression contre les responsables du génocide de 1994.


      • Mwana Mikombo 18 février 2013 06:56

        @Musavuli. Mon cher, dans cette région des grands Lacs, c’est le génocide rwandais qui a entrainé les incursions militaires rwandaises au Congo. Et quand on dit génocide, on ne parle pas de n’importe quel conflit ou guerre. Tout conflit dans un Etat n’est pas nécessairement un génocide. Toute guerre dans un Etat ou entre Etats n’est pas forcément un génocide. Quand on parle, il faut savoir cerner de quoi on parle. Le génocide est une guerre particulière. Il est inutile de s’étaler sur des définitions que l’on peut trouver dans n’importe quel dictionnaire juridique. Le génocide rwandais n’a pas une origine qui recule indéfiniment dans le temps. L’origine du génocide rwandais, c’est la rencontre entre trois choses : l’Etat français chasseur de nouveaux marchés coloniaux et fournisseur des armes, le régime vassal zaïrois entremetteur et l’ancien Etat « ethnocratique » Rwandais aux prises avec une rébellion soutenue par les anglo-Saxons. Ce sont là les données intangibles à l’origine du génocide Rwandais. N’essayons pas de noyer le poisson dans l’eau. Ne versons pas dans la banalisation.

        Pour le Congo, il s’agit d’une guerre de représailles du Rwanda contre les milices génocidaires de l’ancien régime rwandais repliées sur le Congo et se servant du territoire congolais pour leurs activités guerrières contre le nouveau régime rwandais. C’est la quasi-totalité de l’armée génocidaire et ses milices qui s’étaient repliées au Congo, y bénéficiant des largesses de l’ancien régime zaïrois et du soutien diplomatique de l’Etat Français. Quand Mobutu et son régime zaïrois furent renversés par Laurent-Désiré Kabila porté par la coalition FPR-Ouganda-Zimbabwé-Burundi-Angola, ce fut un grand soulagement pour le peuple zaïrois redevenu congolais, pour l’Afrique et pour le monde entier. Il eut alors fallu régler définitivement, dans la foulée, le problème des milices génocidaires en les regroupant toutes et en les faisant juger par un tribunal formé par les membres de la coalition libératrice comme ce fut le cas de Nuremberg. Au lieu de cela, les pays de la coalition eux-mêmes manipulés par les puissances coloniales leurs parrains, s’étaient laissés déposséder par l’ONU présidée par le Conseil de Sécurité où siège l’Etat français complice des génocidaires. L’ONU a ainsi torpillé le règlement des conséquences du génocide rwandais. Ainsi, le Tribunal Pénal International (TPIRwanda), simulacre de tribunal émanant de l’ONU, n’avait pas du tout réglé la question des milices génocidaires, ces « broutilles », ni celle des génocidaires exilés, ni celle des commanditaires. Les puissances colonialistes à la tête du TPIR s’étaient ainsi aménagées leur privilège de continuer à déchiqueter à loisir la région des grands Lacs africains. Voilà donc « tout ce qu’on ne dit pas lorsqu’une… institution onusienne, le TPIR, aide le gouvernement rwandais dans sa répression contre les responsables du génocide de 1994 ». Le TPIR n’a pas été ni légitime, ni juste. Il a été une mascarade destinée à jeter la poudre aux yeux des africains, à berner les nègres, un tribunal pour nègres.

        Ni les pseudos nationalistes congolais, ni la prétendue Communauté Internationale, ne peuvent se dédouaner en invoquant une sorte de prescription dans le temps ou en laissant prospérer, sur le territoire congolais, les milices génocidaires de l’ancien régime rwandais, sous prétexte « des broutilles ». Il n’y a qu’à se rappeler que jusqu’aujourd’hui, presque 70 ans après, les Nazis sont toujours traqués un à un où qu’ils se trouvent dans le monde. C’est plutôt l’impunité des génocidaires rwandais et de leurs commanditaires qui courent toujours, s’organisant et récidivant au grand jour, c’est cette impunité-là qui hypothèque la paix et la tranquillité dans nos pays, voire dans le monde. François Mitterrand s’enorgueillissait de cette impunité en disant « Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important » (1). C’est l’écho de ces paroles de négrier que l’on entend lorsqu’on lit : « Il faut que quelqu’un se rende dans le Kivu, regarde les victimes des « porte-flingue de Kigali » (comme vous les désignez) et leur dise qu’elles n’auront jamais droit à la justice et que leurs violeurs, leurs massacreurs, les pilleurs de Goma,... resteront libres, à vie, au nom de la prétendue paix qu’ils sont les premiers à troubler en relançant la guerre pour des broutilles. ». Pourquoi n’y a-t-il qu’en Afrique noire que les « broutilles » doivent prospérer protégées par leurs commanditaires. Aux exactions, sur les congolais, des Rwandais poursuivant les milices génocidaires au Congo, on oppose la justice. Mais, à ces milices génocidaires ainsi qu’aux dignitaires exilés hutus, on offre la qualification de « broutilles », et à leurs commanditaires on offre l’absolution. N’est-ce pas là une « logique du deux poids deux mesures qui condamne les nègres à s’entre-déchirer par des guerres interminables » fomentées par les vautours colonialistes que l’on craint et à qui on fait offre de service ou que l’on appelle au secours ?

        (1) Les protagonistes français du génocide rwandais  : Mitterrand ...


        • MUSAVULI MUSAVULI 18 février 2013 10:22

          Il est impossible de vous suivre si vous revenez systématiquement au génocide rwandais. J’aimerais juste attirer votre attention sur le fait que les incursions rwandaises au Congo constituent des actes d’agression, une violation de la Charte de l’ONU à laquelle le Rwanda est partie. J’aimerais également attirer votre attention sur le fait que les populations congolaises qui se font massacrer ont des droits reconnus par les instruments juridiques nationaux et internationaux, et qu’ils n’ont rien à voir avec l’intervention française au Rwanda. Si le Rwanda a des comptes à régler avec la France, qu’est-ce que les populations du Kivu en ont à faire. J’aimerais surtout vous rappeler que le fait d’avoir été victime un jour ne donne pas le droit de violer tous les droits des autres peuples, y compris le droit des Congolais à la vie, à la dignité et à vivre libres dans leur pays. Si les dirigeants rwandais ne peuvent pas comprendre ces évidences, et s’ils croient qu’ils vont indéfiniment agresser le Congo, massacrer sa population et piller ses richesses, comme ils ont pillé Goma, assez honteusement, eh bien, ils sèment des haines qui finiront par se retourner contre eux, quelle que soit l’histoire du génocide. 


        • Mwana Mikombo 18 février 2013 19:13

          @Musavuli. Vous dites qu’« Il est impossible de vous suivre si vous revenez systématiquement au génocide rwandais ». Mais, le sujet même de votre article et tout l’édifice de votre développement reposent sur l’affirmation selon laquelle « Le Rwanda est bien à l’origine des problèmes du Congo ». Le tout est de savoir de quel Rwanda il s’agit. Le Rwanda de l’ancien régime génocidaire d’Habyarimana ou le Rwanda du nouveau régime victimaire de Paul Kagamé ?

          On veut qu’on oublie l’ancien régime génocidaire Hutu. Mais, cher Musavuli, avant de l’oublier, vous serez au moins d’accord avec tout le monde que l’ancien régime génocidaire rwandais est bien à l’origine des problèmes du Congo, de l’Est du Congo, conjointement avec l’ancienne République du Zaïre, prédécesseur de l’actuelle RDC, conjointement aussi avec l’Etat Français. En effet, c’est l’ancien régime génocidaire Rwandais Hutu et ses commanditaires qui se sont servis du Congo (ex-Zaïre) comme base d’appui et de repli pour leur activisme génocidaire. Ni le FPR, ni l’Ouganda, ni le Zimbabwé, ni le Burundi, ni l’Angola, n’avaient encore foulé le territoire congolais. Votre dédain de « revenir systématiquement au génocide Rwandais » est une dérobade pour ne pas avoir à traiter sérieusement la question de « l’origine des problèmes du Congo ». Cette question de fond est pourtant le thème central de votre propre article. Cette attitude complètement absurde ne peut se comprendre que dans le cadre du nationalisme mal placé, le nationalisme néo-colonial, le faux nationalisme. Mais, on nous invite à oublier l’ancien régime génocidaire rwandais. Est-ce vraiment raisonnable et possible ?

          On veut qu’on se focalise seulement sur le régime rwandais de Paul Kagamé. On nous incite à faire reposer sur lui « l’origine des problèmes du Congo ». Cette théorie est intenable, fausse, cousue de fil blanc. C’est bien rusé de se positionner à partir de novembre 2011, à partir du mandat d’arrêt de la CPI contre Bosco Ntanganda, porte-flingue congolais du régime rwandais. D’autres comme Charles Onana, soi-disant journaliste d’investigation, eux, ne se donnent pas tant de mal. Charles Onana situent « l’origine des problèmes du Congo » à partir de l’abattage de l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana. Charles Onana va même plus loin, très loin, puis qu’il renverse les rôles, faisant du FPR et du régime de Paul Kagamé le génocidaire de 1994, et du régime « ethnocratique » hutu, la victime. Heureusement, les politiciens, les journalistes et les intellectuels du ventre sont monnaie courante en Afrique.

          Parlant de la CPI, cette instance judiciaire onusienne ne s’illustre principalement que pour les nègres. Sur le Rwanda-Congo, la CPI ne s’est jamais intéressée ni aux milices génocidaires rwandaises opérant en territoire congolais, ni aux dignitaires comploteurs du régime génocidaire rwandais exilés pour la plupart en Europe plus particulièrement en France, ni aux dignitaires de l’ancien Zaïre complices du génocide rwandais toujours en activité au Congo, ni aux commanditaires européens du génocide rwandais. Pourtant, le Congo est implicitement placé sous mandat de l’ONU qui, de fait, administre son territoire (MONUSCO, ONGs, Casques Bleus, etc.) comme on a vu lors des dernières élections présidentielles. Dans ce contexte délétère entretenu au Congo par l’ONU vis-à-vis du Rwanda, peut-on, en toute honnêteté, reprocher au Rwanda de s’aménager une zone de sécurité le long de sa frontière en territoire congolais ? Invoquer la souveraineté du Congo, c’est ne rien comprendre à la question de la souveraineté d’un pays. La souveraineté ne consiste pas à couvrir chez soi, l’activisme des groupes armés étrangers de surcroît génocidaires et leurs complices locaux, contre les autres pays, surtout les pays voisins sous prétexte des « broutilles ». Non, l’origine des problèmes du Congo, ce n’est absolument pas le régime rwandais de Paul Kagamé qui n’est certainement pas blanc comme neige. L’origine des problèmes du Congo depuis le génocide rwandais, c’est la liberté que l’ONU, mandataire du Congo, garantit aux génocidaires rwandais et à leurs complices sur le territoire congolais. C’est plutôt le Congo (ex-Zaïre) qui est « l’origine des problèmes du Rwanda ». Les congolais ont plutôt tout intérêt à nettoyer la gangrène des milices génocidaires hutus et leurs complices en territoire congolais en partenariat avec le Rwanda et pourquoi pas, par la suite, envisager de fusionner dans un seul Etat fédéral. Les congolais en sortiront grandis. Ce sera le meilleur exemple pour dissuader les velléités génocidaires encouragées par les vautours colonialistes sur le Continent Noir. Prétendre le contraire, c’est végéter dans le nationalisme néo-colonial, le faux nationalisme qui consiste à avaliser la balkanisation de l’Afrique sous la houlette des puissances colonialistes.

          Enfin, on invoque le pillage des richesses du Congo par le Rwanda et l’Ouganda. Mais le pillage des richesses du Congo n’a pas commencé avec les incursions rwandaises au Congo suite au génocide de 1994. On dissimule aussi le fait que le Rwanda lui-même est en proie au pillage de ses ressources par les mêmes puissances coloniales qui administrent le Congo et y encouragent les trafics des ressources et matières premières. C’est donc dire que les richesses arrivant au Rwanda en provenance du Congo sont immédiatement convoyées entre les mains des puissances colonialistes mandataires du Congo. Dans ces conditions, que les richesses du Congo soient pillées par les rwandais ou par les congolais au profit surtout des mêmes pays étrangers extra-continentaux, où est l’intérêt des congolais ou des rwandais ? La théorie du pillage des richesses du Congo par les rwandais, c’est la dispute des bagnards entre eux dans un bagne. Entretenir le chao, jusque dans la pensée des élites africaines, c’est bien le meilleur moyen par lequel les puissances coloniales mandataires exploitent les ressources du Congo pratiquement sans frais. Le nationalisme néo-colonial, le faux nationalisme, a pour but d’entretenir ce chao



          • MUSAVULI MUSAVULI 19 février 2013 02:47

            Je répète qu’il est impossible de vous suivre en revenant systématiquement sur le génocide rwandais, et je ne changerai pas d’avis. Si on accuse le Congo d’avoir abrité les milices génocidaires, les Congolais ont le droit de reprocher au régime de Paul Kagamé d’avoir eu l’occasion d’en finir avec ces génocidaires durant la Première Guerre du Congo (1996-1998). Or, qu’est-ce qui s’est passé ? Au lieu de neutraliser les rebelles hutus, l’armée rwandaise s’est contentée de se venger sur des populations hutues commettant ce qui risque d’être qualifié un jour de « génocide ». Ils ont laissé les rebelles dans les maquis préférant prendre des villes zaïroises les unes après les autres ainsi que des zones minières, jusqu’à Matadi, à l’extrémité ouest du Congo. Est-il sérieux de dire qu’on pourchasse les génocidaires jusqu’à 2 mille kilomètre de la frontière rwandaise ? En réalité, les autorités rwandaises doivent arrêter de mentir à leur peuple et à l’opinion internationale. Dès qu’ils mettent le pied sur le sol congolais, leur seule priorité s’appelle coltan, or, diamant. C’était comme ça durant la Première Guerre du Congo, pareil durant la deuxième guerre du Congo, pareille encore durant la guerre du CNDP/Laurent Nkunda et, avec le M23, toutes les caméras du monde ont filmé ce qui s’est passé à Goma. A peine entrées à Goma, les troupes rwandaises dissimulées derrières le M23 se sont ruées sur les voitures, les stocks de minerais, les biens des particuliers qu’ils ont pillés et acheminés ouvertement au Rwanda. Et les FDLR, chers Messieurs, ils étaient dans ces biens volés à Goma ?

            Il y a donc un discours officiel mettant en avant la lutte contre les FDLR et la réalité qui est que les dirigeants rwandais nourrissent l’obsession par rapport aux richesses du Kivu, peu importe la présence des FDLR. Je vous signale au passage que les minerais du Congo pillés par les FDLR dans les zones qu’ils contrôlent transitent bel et bien par Kigali. Autrement dit, le Rwanda et les FDLR font des affaires ensemble sur le dos des populations congolaises. Lorsque les dirigeants d’un pays se conduisent de manière aussi indigne, leur cause cesse d’être défendable.
            Au sujet de la CPI, elle ne peut pas connaître des crimes du génocide rwandais parce qu’elle a été créée en 2000, principe de la non-rétroactivité. En revanche, pour les crimes commis après le génocide, elle est compétente et elle délivre des mandants d’arrêt aussi bien contre les membres des FDLR que contre les « porte-flingue » de Kagamé. Sur la liste dont j’ai indiqué le lien dans mon article, vous pouvez bien vérifier et trouver les noms des dirigeants des FDLR comme Calixte Mbarushimana, Sylvestre Mudacumura, Gaston Iyamuremye,... Le discours selon lequel les FDLR ne seraient pas inquiété est un de ces mensonges dont regorge la propagande du FPR. Les FDLR sont traqués, massacrés, leurs femmes violées, leurs campements constamment bombardés. Les officiers militaires de l’armée congolaise dans le Kivu sont des Tutsis comme l’étaient Bosco Ntaganda, Jules Mutebutsi, Laurent NKunda,... Ils sont, depuis 1996, sans pitié pour les Hutus rwandais ou toute personne soupçonnée de sympathie avec les FDLR.
            Au sujet du pillage du Congo, je ne comprends pas votre raisonnement. Puisque ce pillage est réalisé au profit des puissances occidentales, alors le Rwanda ne doit pas se gêner ? Vous essayez de transmettre quelle valeur morale ? Ou bien, il ne devrait plus y avoir de valeur morale dans le comportement des dirigeants africains. Vous croyez que piller et voler sont des comportements dignes d’un État ?
            Quant à la perspective d’une union des nations, vous connaissez mon avis. On en a débattu plusieurs fois. Ce sont les peuples qui doivent décider de s’unir. Or, pour qu’un peuple soit en capacité de prendre ce genre de décision, il faut qu’il soit libre et qu’il dispose d’assez de liberté pour débattre démocratiquement des tenants et des aboutissants d’une telle perspective. Malheureusement, entre le Congo et le Rwanda, il n’y a ni liberté ni démocratie. Par conséquent, une telle union n’est pas envisageable à court terme, à mon humble avis.


          • Mwana Mikombo 19 février 2013 16:25

            Mon cher Musavuli – Votre vision de la situation du Congo paraît à la fois étroite et superficielle. Vision étroite car vous restez coincé dans le piège des rivalités ethniques souvent instrumentalisées par des élites locales manipulées de l’extérieur. Vision superficielle car vous minimisez outrageusement ou ne tenez pas compte du poids des puissances coloniales qui, pourtant, sont les propriétaires, maîtres du destin de nos pays, maîtres de céans. Lorsque vous brandissez la souveraineté du Congo face au Rwanda, excusez du peu, mais cela fait énormément sourire.  C’est un premier point.

            Vous écrivez : « Si on accuse le Congo d’avoir abrité les milices génocidaires, les Congolais ont le droit de reprocher au régime de Paul Kagamé d’avoir eu l’occasion d’en finir avec ces génocidaires durant la Première Guerre du Congo (1996-1998). Or, qu’est-ce qui s’est passé ? Au lieu de neutraliser les rebelles hutus, l’armée rwandaise s’est contentée de se venger sur des populations hutues commettant ce qui risque d’être qualifié un jour de « génocide ». Ils ont laissé les rebelles dans les maquis préférant prendre des villes zaïroises les unes après les autres ainsi que des zones minières, jusqu’à Matadi, à l’extrémité ouest du Congo. Est-il sérieux de dire qu’on pourchasse les génocidaires jusqu’à 2 mille kilomètre de la frontière rwandaise ? En réalité, les autorités rwandaises doivent arrêter de mentir à leur peuple et à l’opinion internationale. »

            Cher ami, votre récit est bien pathétique, mais il est très simpliste, en tout cas partisan et faux. Tenez-vous tranquille. La propagande rwandaise, qui vous froisse tant, ne peut duper aucun un esprit dépassionné, doué de bonne volonté, lucide, froid et soucieux d’objectivité. Au-delà donc de la propagande rwandaise et aussi de la propagande anti-rwandaise, la réalité des faits objectifs liés à l’intrusion du Rwanda en territoire congolais consécutivement au génocide est plutôt proche du récit suivant :

            « Vers le milieu de 1996, la situation dans le Zaïre oriental devenait de plus en plus tendue. Après le génocide au Rwanda de 1994, des centaines de milliers de Hutus avaient traversé la frontière jusqu’au Zaïre où ils se rassemblèrent en de grands camps de réfugiés. De nombreux participants au génocide, dont des membres des Forces armées rwandaises (FAR) et des miliciens interahamwe, profitèrent de l’anonymat offert par les camps pour se réorganiser dans le mouvement Rassemblement pour le Retour et la Démocratie au Rwanda (RDR). Le RDR commença à utiliser les camps comme base arrière pour son infiltration au-delà de la frontière et conduire une insurrection. Malgré les protestations du gouvernement du Rwanda, le gouvernement zaïrois, et les organisations internationales apportant l’aide humanitaire aux camps ne purent ou ne voulurent pas séparer ces militants des populations de réfugiés.

            Au même moment, la situation des Banyamulenge, des Tutsis présents au Zaïre depuis des générations, devenait plus précaire. Ils furent longtemps l’objet de discriminations, étant des arrivants relativement récents dans le pays, de culture et de langue différents des tribus voisines, et instrumentalisés par Mobutu pour entretenir des dissensions dans le pays pour asseoir son pouvoir. L’arrivée massive de Hutus, qui s’en prirent naturellement aux Banyamulenge, accrut encore les tensions. Le gouvernement du Rwanda pour sa part voyait les Banyamulenge comme des alliés naturels, et leur apporta un soutien militaire en prévision d’une escalade éventuelle et désormais probable.

            (…)

            Le 7 octobre 1996, le vice-gouverneur de la ville de Bukavu au Kivu, suite au fait que le Banyamulenge devenaient de plus en plus armés et présentaient un danger, décréta que ces derniers n’étaient plus les bienvenus et qu’ils devaient quitter le pays. En réponse, les Banyamulenge menèrent un soulèvement armé contre le gouvernement local. C’était le début de la longue guerre entre les Forces Armées Zaroises (FAZ) et le Front Patriotique Rwandaise (FPR) qui opérait sous le nom de Banyamulenge et AFDL. Car, c’est le chef d’état-major rwandais qui en sera le commandant des opérations et de l’assaut qui se préparait. C’est ainsi qu’au bout de compte, il y aura un échange de mortier entre les FAZ et le FPR stationnées sur les deux rives du lac Kivu. Ces événements sont désormais considérés comme les premiers engagements de la Première guerre du Congo.. ». (1) –Wikipédia.

            Voilà la relation des faits assez proche de la réalité objective de l’intrusion de l’armée rwandaise au Congo qu’il faut qualifier de Première guerre du Congo contrairement à l’appréciation du nationalisme néocolonial particulièrement congolais. Peut-être que là aussi c’est « …un discours officiel mettant en avant la lutte contre les FDLR » pour masquer « la réalité qui est que les dirigeants rwandais nourrissent l’obsession par rapport aux richesses du Kivu, peu importe la présence des FDLR. ». Mais il ne paraît pas sérieux de nier cette réalité-là qui est contraire à la votre. Cette réalité-là montre que l’intrusion de l’armée rwandaise au Congo, à la poursuite des génocidaires, s’est durement heurtée aux forces zaïroises et onusiennes protectrices des génocidaires. La RDC de Laurent-Désiré Kabila, pourtant instaurée en lieu et place du Zaïre de Mobutu avec l’aide de la coalition FPR-Ouganda-Burundi-Zimbabwé-Angola, se drapera à son tour dans le nationalisme néocolonial et continuera malheureusement cette couverture des génocidaires hutus rwandais en collusion avec l’ONU. Ce ralliement de Laurent-Désiré Kabila aux génocidaires, non seulement fera éclater la coalition qui l’avait porté au pouvoir, mais aussi sera la cause de la Deuxième guerre du Congo. Il n’est donc pas honnête d’affirmer que « les Congolais ont le droit de reprocher au régime de Paul Kagamé d’avoir eu l’occasion d’en finir avec ces génocidaires durant la Première Guerre du Congo (1996-1998). ».

            Et il est très clair que l’ONU, présidée par une petite poignée de puissances colonialistes intéressées dont la France instigatrice du génocide rwandais, a toujours couvert les génocidaires rwandais Hutus et ce, au moins dès le début du génocide en 1994. On n’est donc pas surpris que la CPI, une créature en l’an 2000 de la même ONU, à la suite du TPIR son ancêtre, vienne à postériori balayer et mettre à la poubelle la mémoire du génocide rwandais à la grande satisfaction des génocidaires et du nationalisme néocolonial. On peut ainsi invoquer un principe divinement artificiel, le « principe de la non-rétroactivité » fabriqué de toutes pièces, pour lancer des mandats d’arrêt contre ses brebis galeux ! On est ici en face du grand banditisme onusien ! La farce est vraiment hors norme !

            Sur le terrain de la morale, on poursuit le Rwanda pour pillage des richesses du Congo. C’est très bien. Or, ces richesses sont la Commande de la France, Belgique, Etats-Unis, Anglo-saxons et j’en passe. Et ce sont les mêmes puissances colonialistes qui contrôlent le territoire congolais à travers l’ONU leur mandataire et ses organisations. Donc l’exécutant, c’est le Rwanda. Le donneur d’ordre et receleur, ce sont les puissances colonialistes, propriétaires du Rwanda et du Congo. Il semble que la morale, la vraie morale, la bonne morale, voudrait que le donneur d’ordre et le receleur soient plus lourdement punis que les exécutants. Et puis, que la commande soit exécutée par les Rwandais ou par les congolais, que ces richesses soient convoyées en Occident via Kigali ou via Kinshasa, où est l’intérêt du peuple Congolais et du peuple Rwandais là-dedans, dans ce trafic imposé et organisé par le colonialisme ? La théorie du pillage des richesses du Congo par les Rwandais est une théorie néocoloniale, une bagarre entre les bagnards dans un bagne autour des rations alimentaires que leur offre le directeur du bagne. Pendant ce temps, personne ne s’intéresse à défoncer les murs du bagne pour retrouver sa liberté. Voilà la morale du nationalisme néocolonial.

            (1) Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo ...


            • Mwana Mikombo 19 février 2013 17:57

              Concernant la question de l’union des peuples africains vous exprimez votre scepticisme sous prétexte que : « Ce sont les peuples qui doivent décider de s’unir. Or, pour qu’un peuple soit en capacité de prendre ce genre de décision, il faut qu’il soit libre et qu’il dispose d’assez de liberté pour débattre démocratiquement des tenants et des aboutissants d’une telle perspective. ». C’est là une récitation mécanique des notions du droit onusien ou delhommiste européen que d’ailleurs ni les européens, ni l’ONU, personne n’a jamais respecté. C’est de la fumée. Quand est-ce que les pseudos nations, dont se targuent aujourd’hui les africains (je suis Rwandais, je suis congolais, je suis ivoirien, je suis camerounais, je suis sénégalais, je suis somalien, je suis nationaliste, etc.), encabanées et cloisonnées dans le carcan des frontières coloniales, ont eu le loisir de débattre librement et démocratiquement des tenants et aboutissants d’une telle balkanisation ? Ces notions de gouvernance à l’occidentale ne sont là que pour cultiver la fausse fierté du nationalisme néo-colonial, le faux nationalisme. Les africains doivent rejeter au loin ces notions scolaires fourre-tout de liberté et de démocratie à l’occidentale pour retrouver leur propre système précolonial de gouvernance qui a fait d’eux les fondateurs de la civilisation humaine. L’union des peuples a toujours été une dynamique voulue par les élites dirigeantes.


            • MUSAVULI MUSAVULI 19 février 2013 18:24

              Sur l’implication du Rwanda dans le pillage des ressources du Congo, je trouve votre réaction assez étrange. Vous semblez banaliser le comportement indigne des dirigeants rwandais qui ne peuvent pas se conduire en voleurs et en pillards de façon aussi ostentatoire et rechercher en même temps une certaine respectabilité internationale. Un voleur, mon cher ami, est un individu indigne, qu’il soit européen ou rwandais.
              Par ailleurs, je ne sais pas qui vous a appris que les richesses du Congo appartenaient aux Occidentaux. Êtes-vous sain d’esprit en écrivant des choses pareilles ? Le sol et le sous-sol du Congo appartiennent au peuple congolais, avec les richesses qui s’y trouvent. Si ces richesses avaient été dans le sous-sol rwandais, elles appartiendraient au peuple rwandais. C’est le cas des immenses réserves de gaz dans le sous-sol du Qatar qui appartiennent au peuple qatariote, quel qu’en soit le niveau d’enrichissement insolent par rapport aux autres peuples de la région ou du pétrole de la Guinée Équatoriale qui n’a jamais poussé ni le Gabon ni le Cameroun à envahir ce petit pays richissime du Golfe de Guinée. C’est comme ça, mon cher ami, les richesses d’un pays appartiennent à son peuple. Essayer de nier au peuple congolais le droit d’être les seul propriétaire de ses richesses est une démarche incompréhensible qui vous fait passer pour un partisan déclaré de la poursuite de la guerre de pillage qui cause des milliers de morts dans les rangs des populations congolaises dont le seul tort est de vivre sur leurs terres.
              Au sujet des la genèse de la tragédie du Congo, je répète que je ne peux pas vous suivre dans le discours de propagande du FPR qui consiste à tout faire remonter au génocide rwandais. Le régime de Kigali, qui a toujours nié la moindre présence militaire au Congo (il n’y a pas un seul soldat rwandais au Congo... étrange !) a largement eu l’occasion d’en finir avec les FDLR durant la première guerre du Congo (1996-1998), puis durant la seconde guerre du Congo (1998-2003). Par ailleurs, avec l’aide du régime de Joseph Kabila, Kigali a pu mener des opérations conjointes avec l’armée congolaise pour traquer les FDLR. En plus de ces opérations communes, Kigali a conclu toute une série d’accords secrets aux termes desquels les bataillons de l’armée congolaises dans les régions de l’Est sont systématiquement commandés par des officiers rwandais ou en harmonie avec le Rwanda. Au-delà de ces accords secrets, il y a toujours eu dans l’Est du Congo le phénomène des armées parallèles. c’est-à-dire qu’en plus des troupes régulières de l’armée de Kinshasa, le Congo tolère la présence des unités de l’armée rwandaise. Tout ce dispositif a permis de laminer les FDLR dont, je vous rappelle qu’ils ne représentent plus une menace pour le Rwanda et qu’en exagérant leur menace, le Rwanda n’est pas crédible. Les interventions actuelles du Rwanda au Congo s’inscrivent dans une logique de pillage, et c’est ce que refusent les Congolais.
              Bien entendu, Kigali peut continuer à bafouer le peuple congolais, mais il prend des risques. Car le régime de Joseph Kabila qui a donné autant de facilités aux Rwandais se trouve maintenant sur le fil du rasoir. La prochaine fois que le Rwanda enverra ses troupes au Congo, ne vous étonnez pas que les Kinois se révoltent et chassent Kabila du pouvoir. Je préfère ne pas vous suggérer les noms de ses possibles successeurs, parce que ce sera le début du cauchemar pour le Rwanda. Quasiment toute la classe politique de Kinshasa ne supporte plus la mollesse de Kabila vis-à-vis du Rwanda et des souffrance que Kigali fait subir aux populations innocentes de l’Est du Congo.


            • MUSAVULI MUSAVULI 19 février 2013 18:43

              "Les africains doivent rejeter au loin ces notions scolaires fourre-tout de liberté et de démocratie à l’occidentale pour retrouver leur propre système pré-colonial de gouvernance qui a fait d’eux les fondateurs de la civilisation humaine. L’union des peuples a toujours été une dynamique voulue par les élites dirigeantes.« 
              Deux questions :
              1. Dans quel pays fonctionne encore ce système pré-colonial, de façon suffisamment prospère pour qu’il convainque nos peuples d’aujourd’hui à l’adopter ?
              2. De quelles élites dirigeantes parlez-vous ? Si vous pensez à Kagamé et Museveni, je suis mort de rire. Ces fameux »bons élèves« du FMI, de la Banque Mondiale, de Londres et de Washington ? Comment peuvent-ils se conduire en »toutous" de Londres et Washington et servir la cause des peuples africains dont la vocation serait de briser les chaînes du néo-colonialisme ?
              Moi, je regarde les choses telles qu’elles sont : seules la liberté et la démocratie offrent les garanties nécessaires pour permettre aux peuples de bâtir le projet panafricain dans la durée. La liberté signifie que les Congolais qui s’y opposeraient ne seraient pas fusillés, les journalistes rwandais qui s’y opposeraient ne finiraient pas la balle dans la tête ou en prison comme Rose Ingabire. Si des dictateurs obligent les peuples à un vivre ensemble pour assouvir leurs seules ambitions l’édifice serait condamné à s’écrouler. Et des tas d’expériences dans le passé l’ont démontré. Napoléon avait conquis à l’épée la majeure partie de l’Europe. Il a perdu toutes les nations conquises. Hitler fit de même et aboutit au même résultat. L’Union Soviétique réédita l’expérience et finit par s’effondrer. Non, on ne peut pas embrigader des peuples contre leur volonté.


            • Mwana Mikombo 20 février 2013 02:25

              Cher Musavuli – Vous affirmez regarder les choses telles qu’elles sont. Il n’en est rien du tout. C’est navrant et renversant de constater qu’en ce début du 21e siècle, alors la presque totalité des peuples de tous les continents ont pris ou commencé à prendre en main leur destin, seule l’Afrique subsaharienne, le continent Noir, non seulement est à la traine, mais est en train de sombrer dans le néant. Quand on voit des africains qui savent lire et écrire se poser la question de savoir où est-ce qu’on apprend que les richesses de l’Afrique, du Congo en particulier, appartiennent aux occidentaux, c’est la preuve qu’il ne suffit pas de savoir lire, écrire et débiter la langue de l’homme Blanc, pour avoir un brin de culture. Le plus souvent, comme dans le cas présent, savoir lire, écrire et débiter la langue de l’homme Blanc, est, pour un africain, le signe le plus patent de l’obscurantisme, de l’inaptitude à comprendre les défis de ce monde et à y faire face pour assurer son destin. Pour vous donc, pour ne pas remonter très loin, la Conférence coloniale de Berlin en 1884-1885 que vous avez probablement lue, ne vous dit absolument Rien ! Pour vous donc, l’assassinat de Lumumba le 17 janvier 1961 n’est qu’un compte de fée dont il faut se remémorer de temps en temps pour assouvir sa bonne conscience de patriote néocolonial ! « Le sol et le sous-sol du Congo appartiennent au peuple congolais, avec les richesses qui s’y trouvent », clamez-vous haut et fort ! Mais vous rêvez ! Il n’est pas toujours mauvais de rêver ! Mais le rêve n’est utile que lorsqu’il s’ouvre sur une perspective d’émancipation, lorsqu’il permet de prendre conscience qu’on est dans un gouffre et que l’on peut s’en sortir. Mais ce n’est apparemment pas le cas dans votre situation. En effet, à quoi ça sert de clamer à qui veut entendre que l’on est propriétaire d’un lopin de terre alors que c’est quelqu’un d’autre qui vous fait travailler sur ce lopin de terre, jouit du produit de votre travail, et vous donne juste ce qu’il faut pour que vous puissiez continuer à bosser pour lui ! Et le jour que vous n’êtes pas content, il recrute votre fils ou votre frère, lui donne une arme et ce dernier vous abat pour prendre votre place ! A quoi çà sert de clamer haut et fort qu’on possède une femme alors que c’est quelqu’un d’autre qui dort avec elle, lui fait des enfants qui s’occupent de lui ! Mais, cher ami, vous marchez avec la tête et vous réfléchissez avec les pieds ! Et encore !

              Dans votre nuit opaque du nationalisme néocolonial, vous braillez, vous braillez, vous aboyez, uniquement contre les Rwandais et contre le régime Kabila accusés d’ourdir le complot de la balkanisation du Congo ! Non pas qu’il ne faille pas aboyer contre la veulerie de l’un et la roublardise de l’autre. Mais vos aboiements se limitent à ces deux régimes. De ce fait, vous êtes malvoyant et malentendant car vous ne voyez pas et n’entendez pas que la balkanisation de l’Afrique, celle du Congo votre thème de discussion, est depuis longtemps une réalité en marche, celle du Congo. Une réalité qui n’est pas née avec Paul Kagamé ni avec Kabila et qui va continuer après eux et avec vous. Vous ne comprenez pas que les concepteurs, les metteurs en scène de la balkanisation de l’Afrique, du Congo, sont l’Etat français, britannique, allemand, Etats-unien, chinois, dirigeants de l’ONU, ceux-là même que vous appelez des mains et des pieds pour venir vous délivrer du chao qu’ils organisent en pompiers pyromanes. Pour eux, vos yeux sont percés et votre langue coupée à la racine. Mais cher ami, sachez, si vous le pouvez encore, ceci :

              « A cause de la convoitise des puissants qui régentent ce monde, le grand Congo risque de n’être plus un don béni. Ourdi depuis la nuit des temps, le complot pour sa balkanisation et son implosion est toujours à l’ordre du jour. C’est la dure réalité qui a poussé quelques penseurs congolais à tirer la sonnette d’alarme, avec des preuves irréfutables à l’appui. Tout cela est contenu dans un livre de 416 pages intitulé : « La République démocratique du Congo face au complot de balkanisation et d’implosion ». Lancé le samedi 9 février 2013 à l’hôtel Sultani de Kinshasa, il a été baptisé par Théophile Obenga, égyptologue et ministre d’Etat de la République sœur du Congo.

              Sans doute pour vous, c’est là encore « le discours de propagande du FPR ». Par votre attitude obscurantiste vous êtes la parfaite incarnation de ce discours édifiant de Pieter Willem Botha parlant du nègre :

              « Mes Afrikaners Blancs bien-aimés.(…)...les nègres sont incapables de se diriger eux-mêmes ! Donnez-leur des fusils. Ils vont s’entre-tuer les uns les autres. (…)Voici une créature qui n’a aucune vision lointaine des choses. Nous nous devrons de le combattre avec des projets s’étendant dans une si longue durée qu’il ne puisse même pas l’imaginer. Le nègre ne planifie jamais sa vie au delà d’une année. » (Discours de Peter Botha).

              Pour vous bercer dans votre inaptitude à déterminer qui est votre ennemi réel, vous citez à tort et à travers les expériences de Napoléon, d’Hitler et de l’union Soviétique. Mais, les peuples qui se sont libérés du joug de ces tyrannies s’en sont pris à l’ossature de ces tyrannies. Ils ne se sont pas amusés à se tirailler entre eux. Et en se libérant, l’objectif était de retrouver et rétablir les identités que ces tyrannies leur avaient fait perdre. C’est tout votre contraire, vous qui mourrez de rire en vous demandant « Dans quel pays fonctionne encore ce système pré-colonial, de façon suffisamment prospère pour qu’il convainque nos peuples d’aujourd’hui à l’adopter  ? ». Mais, ne vous faites pas de souci pour les peuples Africains que vous méconnaissez manifestement et que vous êtes loin de connaître. Décidément « …les nègres sont incapables de se diriger eux-mêmes ! Donnez-leur des fusils. Ils vont s’entre-tuer les uns les autres. Voici une créature qui n’a aucune vision lointaine des choses. ». Mais, ces nègres-là ne sont que des nègres blanchis, peaux noires et masques blancs.



              • MUSAVULI MUSAVULI 20 février 2013 08:49

                Si je peux résumer votre propos, je reprends juste ce dernier passage. "ces nègres-là ne sont que des nègres blanchis, peaux noires et masques blancs.«  Il est le reflet d’un obscurantisme pour quelqu’un qui m’accuse d’obscurantisme. La Conférence de Berlin, je connais. L’assassinat de Lumumba, je connais. Le règne prédateur de Mobutu, je connais également. Le complot de balkanisation du Congo, j’en ai énormément débattu. Vous essayez de me faire croire que nous devrions fermer les yeux face à l’hystérie criminelle des régimes actuels de la région des Grands-Lacs. Vous êtes en contradiction avec vous-mêmes. Si les malheurs des Congolais sont décidés à Londres, Washington, Pékin, Bruxelles, celui qui met la baïonnette dans le ventre de son propre frère africain s’appelle FPR, UPDF,... dans le seul but de satisfaire les intérêts prédatrices des puissances néo-coloniales. Kigali, Kampala, Londres et Washington font partie d’un même système et vous devriez être avec moi pour le dénoncer, encore plus Kigali et Kampala parce que ce sont nos frères africains. Qu’un étranger vienne vous agresser chez vous, ça peut se comprendre ; mais qu’un voisin, un frère se comporte de la manière dont se comportent les régimes de Kagamé et de Museveni, il est normal qu’un Africain se sente encore plus affligé.
                Sur les richesses du Congo, je vous répète qu’elles appartiennent au peuple congolais. Si le Congo n’avait pas été un Etat, le sol et le sous-sol du Kivu, du Katanga, du Kasai, du Bas-Congo,... appartiendraient, naturellement, aux autochtones établis là. Est-ce vraiment difficile à comprendre ?
                Je sais, évidemment, que ces richesses sont actuellement livrées au pillage, mais le peuple congolais a vocation à en reprendre le contrôle, et c’est aussi pour cela qu’il est en lutte. Vous m’annocez que le Congo risque de ne plus être »un don béni". Je ne sais pas ce qui vous motive à m’adresser une phrase pareille. Vous semblez souhaiter que la guerre se poursuive au Congo et que les Congolais ne puissent jamais un jour profiter de leurs ressources naturelles. Vous pouvez dormir tranquile. Les richesses du Congo ont toujours été synonyme du malheur des Congolais. Les Congolais s’accrochent à leur pays uniquement par espoir, et non par reconnaissance, parce qu’ils n’ont jamais bénéficié de ces richesses et mènent une vie de loin moins enviable que celle de tous les peuples de l’Afrique Centrale. Ce ne sont donc pas des riches qui roulent sur l’or et qui fanfaronnent. Ce sont des malheureux qui essayent de se rassembler pour défendre le peu que les pillards pourraient laisser tomber ça et là. Inutile donc de souhaiter des malheurs supplémentaires au peuple congolais. Il a assez souffert. Mais si l’avenir lui destine d’autres malheurs, rien à faire : il les attend avec résignation.


              • Mwana Mikombo 20 février 2013 15:17

                @Mon ami Musavuli - « Si je peux résumer votre propos…Vous essayez de me faire croire que…Vous semblez souhaiter que…  ». Cher monsieur, ce ne sont là que des insinuations malveillantes. Vous fabriquez vos fantômes et vous faites ensuite semblant de vous épouvanter d’eux. Vous n’êtes pas assez malin pour jouer à ce petit jeu coquin et vilain. Vous ne connaissez pas du tout la conférence de Berlin. Vous ne connaissez pas du tout l’assassinat de Lumumba. Sans doute en avez-vous entendu parler. Peut-être les avez-vous lus et avez caqueté à propos. Mais pour vous çà reste comme un chien qui regarde passer un évêque. Par contre pour Mobutu, vous le connaissez parfaitement puisque vous êtes son digne porte-voix. Et lorsque vous écrivez : « Kigali, Kampala, Londres et Washington font partie d’un même système et vous devriez être avec moi pour le dénoncer, encore plus Kigali et Kampala parce que ce sont nos frères africains. », vous chuchotez ni plus ni moins l’exhortation, combien instructive de Pieter Willem Botha, 1916-2006, l’un des ténors du régime d’Apartheid en Afrique du Sud, s’adressant à ses frères blancs Afrikaners à propos des nègres :

                « …les nègres sont incapables de se diriger eux-mêmes ! Donnez-leur des fusils. Ils vont s’entre-tuer les uns les autres. Voici une créature qui n’a aucune vision lointaine des choses. » (2)

                Ce sont ces propos horribles et ignominieux de Pieter W. Botha que vous représentez et qui sont votre ligne de conduite. Et vous osez me projeter vos propres contradictions et compromissions en vous mettant dans la position de quelqu’un qui serait soucieux des intérêts du peuple congolais face à ses prédateurs ! C’est le comble de la malhonnêteté et du cynisme politique des intellectuels du ventre, petits nègres blanchis. Vous avez le culot de me prêter vos contradictions et de vous positionner comme le défenseur du peuple congolais face à ses prédateurs en écrivant : « Vous êtes en contradiction avec vous-mêmes. Si les malheurs des Congolais sont décidés à Londres, Washington, Pékin, Bruxelles, celui qui met la baïonnette dans le ventre de son propre frère africain s’appelle FPR, UPDF,... dans le seul but de satisfaire les intérêts prédatrices des puissances néo-coloniales. Kigali, Kampala, Londres et Washington font partie d’un même système et vous devriez être avec moi pour le dénoncer… ». Vous ne faites que récupérer ce qui vous est très justement reproché pour vous en servir comme bouclier. Personne n’est dupe de ces petites techniques de roublards. Un caméléon a beau jeu de changer de couleurs à chaque bruit autour de lui, il reste toujours un caméléon. Doit-on vous rappeler vos leitmotivs et mots d’ordre, votre costume habituel qui vous tombe net comme Très Saint Père le Pape :

                « RDC-Congo : il faut encourager la France à intervenir » (1)

                « Les succès militaires au Mali et la perspective d’une nouvelle guerre dans l’Est de la République Démocratique du Congo donnent à espérer que la France, puissance militaire dissuasive, sera encouragée à rester sur le sol africain au-delà de la mission qu’elle mène actuellement dans le Sahel. Ejectée de la région des Grands-Lacs dans la «  clameur » autour du génocide rwandais, la France devient aujourd’hui plus qu’indispensable pour garantir l’intégrité du pays et la protection des populations victimes de violences récurrentes. Plus de six millions de Congolais ont péri des suites des guerres à répétition déclenchées après le retrait de la France de la région des Grands-Lacs. L’armée française connaît le terrain pour y être intervenue à plusieurs reprises (opération sur Kolwezi, Opération Artémis). Par ailleurs, sur le plan géopolitique, le contexte a nettement évolué… ». (1)

                Il n’y a que les suppôts des prédateurs comme Mobutu, Bokassa, Alassane Ouattara, Boni Yayi, Bongo, Idriss Déby, Bozizé, Paul Biya et Cie, pour appeler les prédateurs de l’Afrique et du Congo à leur secours et être aux anges en les voyant débarquer. Vous êtes la honte des Africains ! La Honte des nègres ! La honte ! Peau Noire, masque blanc !

                Alors, vous allez laisser le Congo tranquille car vous vous êtes déjà suffisamment repu et enrichi en paradant, en trafiquant, avec les malheurs des Rwandais et des Congolais.

                (1) Article de Musavuli –Agoravox
                - mercredi 30 janvier 2013

                (2) (Discours de Peter Botha)



                • MUSAVULI MUSAVULI 20 février 2013 19:08

                  Cher Mwana Mikombo,
                  J’ai l’impression que vous perdez votre calme, ce qui n’est pas bon dans une discussion qui se veut constructive. « Nègre, petit nègre blanchi, intellectuel du ventre,... » calmez-vous. Vous allez trop loin dans l’injure raciale et la diffamation facile. Revenons sur le fond.
                  Je dis que Kigali, Kampala, Londres et Washington font partie d’un même système de prédation et qu’il est affreux que des Rwandais et des Ougandais (des Africains) soient poussés à aller massacrer leurs propres voisins, les Congolais (eux aussi des Africains), violer leurs femmes et piller leurs richesses (le coltan) pour satisfaire le marché occidental des téléphones portables. C’est un comportement inhumain et indigne d’un fils du Continent Africain.
                  Vous rétorquez en me « balançant » une phrase de Pitr Botha qui n’a aucun rapport avec mon propos (donnez-leur des fusils,...) Les fusils, ce sont les Rwandais et les Ougandais qui les reçoivent de la part de leurs parrains les néocolonialistes de Londres et de Washington.
                  C’est pourquoi je parle de vos « propres contradictions ». Vous ne pouvez pas être un partisan du régime de Paul Kagamé et dénoncer le néo-colonialisme. Ce serait du double langage. Le Rwanda est tellement un agent du néocolonialisme en Afrique centrale que ses dirigeants sont incapables de couper leur dépendance budgétaire vis-à-vis des bailleurs occidentaux. Je vous rappelle que "le budget du Rwanda dépend, à hauteur de 47%, selon les chiffres officiels, des apports de l’aide extérieure. On trouve parmi les plus gros contributeurs les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union Européenne, la Belgique, (ancienne puissance coloniale) (voir lien). Ce qui fait que le régime rwandais est près à tout, y compris commettre des massacres contre des Africains pour satisfaire les appétits des puissances néocolonialistes sans lesquelles Kigali ne bouclerait jamais son budget.
                  Je ne dis pas que le Congo est dans une situation plus enviable. Joseph Kabila, imposé au pouvoir à Kinshasa par l’alliance Kigali-Kampala-Londres-Washington est un tel désastre politique que le Congo se trouve dans un état catastrophique, non pas par la faute des Congolais qui continuent de lutter contre l’occupation de leur pays, mais par la faute de l’alliance néocolonialiste Kigali-Kampala-Londres-Washington.
                  Quant aux connaissances que j’ai de Lumumba, permettez-moi de vous rassurer que je le connais suffisamment pour me persuader que, s’il était vivant, il serait incontestablement en lutte contre les « toutous » de Londres et Washington qui, de Kampala et Kigali, n’arrêtent pas de violer la souveraineté de son pays, de violer les femmes de son pays et de voler, au profit des multinationales néocolonialistes les richesses de son sous-sol.
                  Pour Mobutu, je vous ai répondu que je n’étais pas mobutiste et ne comprends pas pourquoi vous continuez à me me renvoyer ce personnage qui a ruiné le Congo, lui aussi dans l’intérêt des puissances occidentales.
                  Enfin, j’assume pleinement l’appel que je formule de façon récurrente à un partenariat stratégique entre le Congo et une grande puissance (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Russie, Chine, Inde, Brésil,... peu importe, la France étant, à mon avis, en meilleure position). Il s’agit de la coopération d’État à État tout comme il y a des coopérants militaires américains et britanniques au Rwanda et en Ouganda. Ces coopérants-là ne vous gênent pas. Pourquoi des coopérant militaires américains, chinois, français ou brésiliens devraient-ils vous gêner s’ils devaient s’installer à Kinshasa, Goma, Kisangani ou Lubumbashi ?


                • Mwana Mikombo 21 février 2013 08:14

                  @Musavuli - Tout en évacuant le génocide rwandais, vous considérez que « Le Rwanda est bien à l’origine des problèmes du Congo ». Pour ma part, en intégrant tous les éléments, je considère que c’est plutôt la RDC, depuis l’ex-Zaïre, qui est le problème du Rwanda.

                  Je dis que c’est l’ex-Zaïre qui a commandité le génocide rwandais en 1994. La France et le Congo (ex-Zaïre) ont planifié le génocide rwandais, armé les génocidaires, couvert leur débâcle. La France, la RDC et l’ONU ont purement et simplement prescrit le génocide rwandais (CPI-principe de non rétroactivité). C’est ignoble.

                  Je souligne, s’agissant du génocide rwandais, que nous sommes en présence, non pas d’une guerre quelconque fut-elle atrocement meurtrière, mais en présence d’un génocide, UN GENOCIDE. Votre tort est de balayer, d’un revers de main, le fait génocidaire rwandais hutu qui est le big-bang du chao généralisé actuel dans les grands Lacs. Vous avez tort aussi de balayer tout autant d’un revers de main les complicités franco-Congolo-onusiennes récurrentes qui ne font qu’aggraver les conséquences désastreuses du génocide.

                  Vous dites : « …Kigali, Kampala, Londres et Washington font partie d’un même système de prédation et qu’il est affreux que des Rwandais et des Ougandais (des Africains) soient poussés à aller massacrer leurs propres voisins, les Congolais (eux aussi des Africains), violer leurs femmes et piller leurs richesses (le coltan) pour satisfaire le marché occidental des téléphones portables. C’est un comportement inhumain et indigne d’un fils du Continent Africain. »

                  Je répète ce que ce vous taisez sciemment à savoir : « Kigali, Kampala, Kinshasa, l’Union Européenne dont Paris et Londres, les USA, Moscou, Pékin, font partie d’un même système de prédation appelé ONU. ». Votre problème est : les congolais et leurs alliés du système, la France en l’occurrence, contre les rwandais et leurs alliés du système. Mon problème est : les congolais et les rwandais contre le système. Il en découle que vous représentez la phrase de Pieter Botha : « …les nègres sont incapables de se diriger eux-mêmes  ! Donnez-leur des fusils. Ils vont s’entre-tuer les uns les autres. Voici une créature qui n’a aucune vision lointaine des choses. ». C’est un simple constat.

                  Vous dites : « C’est pourquoi je parle de vos « propres contradictions ». Vous ne pouvez pas être un partisan du régime de Paul Kagamé et dénoncer le néo-colonialisme. Ce serait du double langage ».

                  Les contradictions et les flottements sont plutôt de votre côté. En effet, chez vous, tantôt vous reconnaissez le génocide rwandais, tantôt vous le minimisez, tantôt vous le niez tout simplement. Chez vous, tantôt vous louangez « le grand Zaïre de Mobutu » (1) d’où votre mobutisme, tantôt vous criez la souffrance des congolais « de la galère dans laquelle le régime de Mobutu les avait plongés » (2). Et j’en passe.

                  Vous écrivez : « Le Rwanda est tellement un agent du néocolonialisme en Afrique centrale que ses dirigeants sont incapables de couper leur dépendance budgétaire vis-à-vis des bailleurs occidentaux. ».

                  Je trouve que les « bailleurs occidentaux » doivent, de manière conséquente, payer les dommages du génocide au peuple rwandais car ils sont les instigateurs et organisateurs de ce génocide. C’est une ignominie de suspendre, à la corde des baux de crédit, un pays qui vient de vivre le cataclysme de l’un des plus grands génocides de l’Histoire alors que le pays baigne dans le sang et la chaire encore tout chauds du génocide. Les « bailleurs occidentaux » devraient également dédommager, dans le même contexte, le peuple congolais pour avoir abusé de son sol par la couverture des génocidaires. Votre logique est celle du nationalisme néocolonial, le nationalisme balkanisateur au service des prédateurs, tandis que ma logique est celle du nationalisme indépendantiste, fédérateur, au service des peuples africains victimes de prédation. Votre logique est celle de Pieter Willem Botha, tandis que la mienne est celle de la défense des intérêts des peuples congolais et rwandais face à leurs prédateurs.

                  Vous dites : « Quant aux connaissances que j’ai de Lumumba, permettez-moi de vous rassurer que je le connais suffisamment ».

                  Je dis que vous connaissez Lumumba comme un chien connaît l’Evêque. Les Chiens aussi ont le droit de regarder passer l’Evèque.

                  Lumumba disait : « En effet, l’unité africaine tant souhaitée aujourd’hui par tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations. ». (3)

                  Donc pour Lumumba, l’unité africaine, l’union des peuples africains, ne peut venir que des hommes politiques et des dirigeants (des élites) des pays africains animés d’un esprit de solidarité, de concorde, de collaboration pour la poursuite du bien commun de nos populations.

                  Vous, vous dites : « Quant à la perspective d’une union des nations…Ce sont les peuples qui doivent décider de s’unir. Or, pour qu’un peuple soit en capacité de prendre ce genre de décision, il faut qu’il soit libre et qu’il dispose d’assez de liberté pour débattre démocratiquement des tenants et des aboutissants d’une telle perspective. Malheureusement, entre le Congo et le Rwanda, il n’y a ni liberté ni démocratie. Par conséquent, une telle union n’est pas envisageable à court terme, à mon humble avis ». (4)

                  Donc pour vous, d’abord vous parlez d’« union des nations » contrairement à Lumumba qui parle de « l’unité africaine ». Ce qui montre que vous répétez mécaniquement les notions droitdelhommistes des occidentaux inadaptées à notre contexte. Ensuite, vous parlez de « peuples qui doivent décider » après en avoir débattu « démocratiquement les tenants et les aboutissants » en disposant d’« assez de liberté », de « démocratie », pour conclure finalement qu’ « une telle union n’est pas envisageable à court terme entre le Rwanda et le Congo ». Vous alignez toutes les notions fumeuses avec lesquelles les élites prédatrices occidentales bernent leurs peuples ainsi que le monde entier pour pérenniser leur système de prédation. Lumumba et vous, êtes situés aux antipodes l’un de l’autre.


                  Vous affirmez votre engagement pour « un partenariat stratégique entre le Congo et une grande puissance (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Russie, Chine, Inde, Brésil,... peu importe, la France étant, à mon avis, en meilleure position). ». L’Afrique ne baigne que dans de tels partenariets depuis la conférence coloniale de Berlin en 1884-1885. Franchement, ce n’est pas génial. Depuis les Etats néocoloniaux africains jusqu’à l’UA en passant par la Françafrique, la LusAfrique, l’AnglAfrique, ArabAfrique…l’Afrique Noire est super championne des partenariats d’égal à égal. On voit le résultat de cette prostitution qui stérilise notre continent. Vous montrez que vous êtes un digne élève de Mobutu, Alassane Ouattara, Sassou Nguesso Idriss Déby, Yayi Boni, Paul Biya, Bozizé.

                  Vous prétendez être un redoutable ennemi des régimes rwandais et ougandais. En réalité, vous êtes leur fervent admirateur puisque vous ambitionnez de faire comme eux, d’être à leur place. En effet, vous écrivez : « Il s’agit de la coopération d’État à État tout comme il y a des coopérants militaires américains et britanniques au Rwanda et en Ouganda ». Et vous ajoutez que ces « …coopérant militaires américains, chinois, français ou brésiliens devraient… s’installer à Kinshasa, Goma, Kisangani ou Lubumbashi ». Mais, ne les avez-vous pas encore vus, ces coopérants expatriés, depuis le temps de Mobutu qu’ils y sont ? Dois-je en déduire que vous n’êtes pas congolais ? Votre prétendue lutte pour les congolais n’est que du bluff.



                  • MUSAVULI MUSAVULI 21 février 2013 12:00

                    Sur le génocide rwandais, je ne change pas de position. Je suis naturellement plus sensible au génocide que subit le peuple congolais (6 à 8 millions de morts) qu’au génocide rwandais, même si je respecte la souffrance de chaque victime individuellement. Entre une hécatombe de 800 mille victimes et une hécatombe de 8 millions de victimes, qui se poursuit, il est évident qu’on se montre plus sensible au plus grand nombre de victimes.
                    Je relève au passage que vous multipliez des affirmations tellement grotesques. Vous prétendez que c’est l’ex-Zaïre qui a commandité le génocide rwandais. Pas un seul chercheur n’a osé avancer une affirmation aussi ridicule. Pas un seul congolais ne figure sur la liste, ni du TPIR, ni des autorités rwandais pour sa possible implication dans le génocide rwandais. PAS UN SEUL CONGOLAIS. Le génocide fut une affaire entre Rwandais, alors assumez et arrêtez d’accuser le monde entier.
                    Sur Lumumba, pensez ce que vous voulez, mais c’était un Congolais. Il s’est battu pour l’indépendance du Congo, et il l’a gagnée. Sûrement pas que son pays devienne par la suite le foutoir de Kampala et Kigali opérant aux ordres de leurs parrains de la maffia internationale des minerais de sang.
                    Sur l’Union des africains, je ne sais pas ce qui vous motive. A mon avis, les Congolais ne sont pas demandeurs. Surtout pas s’unir avec les Rwandais dans les conditions actuelles. C’est une idée qui ne peut passer ni à Goma, ni à Bukavu, ni à Kinshasa, ni nulle part ailleurs au Congo. On ne met pas les victimes et les bourreaux dans un même ensemble.
                    Enfin, je persiste sur mon idée de partenariat stratégique. Vous reconnaissez que ces partenariats existent entre Kigali, Kampala, Londres et Washington d’un côté et de l’autre entre Brazzaville, Lomé, Abidjan, N’Djamena, Bamako et Paris. Sans ce partenariat, Bamako serait entre les mains des islamistes. Pas un seul pays africain n’était en mesure d’aider le Mali à faire face aux islamistes. Je n’ai jamais cru au discours démagogique selon lequel les Africains devraient tourner le dos aux Occidentaux et s’enfermer sur eux-mêmes. Le régime de Kigali qui prône une telle politique le jour tend la main aux mêmes Occidentaux la nuit pour pouvoir boucler son budget et financer ses interminables guerres de pillage. Pour s’emparer de la ville de Goma, les soldats rwandais ont utilisé des armes sophistiquées (équipement de vision nocturne) qu’ils ont sollicitées auprès des mêmes Blancs colonialistes que vous recommandez de ne plus fréquenter.
                    Ce sont là vos contradictions, et vous devriez les assumer.


                  • Mwana Mikombo 22 février 2013 01:45

                    @Muavuli – Mais dites- donc, vous ne vous moquez pas un peu du peuple congolais, non ? Vos 6 à 8 millions de morts dans le Nord-Kivu, région où opère le M23, ne sont-ils pas une fiction fantaisiste ? Le Nord Kivu comptait à peine 6 millions d’habitants en 2010 (1). Il n’y aurait donc plus âme qui vive dans la province du Nord-Kivu, toutes décimées par le « génocide » ? Mais alors où est passée la multitude d’ONG qui grouillaient dans la région ? Elles se sont volatilisées sans laisser de trace ou alors elles ont-elles aussi disparu dans le « génocide » perpétré par le M23 et les rwandais ? C’est pourtant la mission des ONG d’observer la région, non ? Que de peine pour la propagande rien que pour éclipser le génocide rwandais ! Le fanatisme poussé jusqu’à son paroxysme est très ridicule. On voit que le grotesque est plutôt de votre côté.

                    Vous agitez le génocide. Il ne faut pas jouer avec les mots sur la vie des populations. Jusqu’à preuve sérieuse du contraire, il n’y a pas de génocide ni en cours, ni qui se serait déroulé dans un passé plus ou moins récent, dans la région du Kivu. Certes, dans cette région, il y a une guerre qui dure depuis le génocide rwandais, avec ses rebondissements et atrocités. Bien sûr qu’il faut la montrer, qu’il faut sensibiliser l’opinion sur la réalité de ses exactions et atrocités, qu’il faut tout faire pour épargner les populations et l’arrêter le plus rapidement possible. Mais vous n’en êtes pas plus préoccupé que tout le monde. Peut-être que demain, la situation évoluera autrement, que cette guerre se transformera en génocide, ce qui n’est pas du tout souhaitable. Mais à ce jour, il n’y a pas et il n’y a pas encore eu de génocide. Vous souhaitez sans doute qu’il y ait génocide au Kivu pour pouvoir effacer le génocide rwandais de la mémoire et ainsi soulager vos fantasmes. Mais c’est d’un cynisme et d’une imbécillité inqualifiables.

                    Vous dites que je multiplie des affirmations « tellement grotesques ». Lesquelles ? Vous pointez mon affirmation que l’ex-Zaïre a commandité le génocide rwandais. « Pas un seul chercheur n’a osé avancer une affirmation aussi ridicule », vous indignez-vous. D’abord les points sur les i puisque vous n’en avez pas le souci. Un voleur admet difficilement, sans contrainte qu’il est un voleur. Premier point. Le complice d’un voleur admet encore plus difficilement qu’il est lui aussi un voleur. Deuxième point. Le receleur d’un objet volé admet encore plus…plus…plus difficilement qu’il est un voleur. Troisième point. C’est encore plus compliqué quand c’est le voleur ou son complice qui tient l’enquête. Quatrième point. Dans ces conditions, tout indice probant suffit pour faire peser, au strict minimum, la présomption du vol. Prenons le cas de l’ex-Zaïre.

                    On se situe dans la période de la débâcle des génocidaires, la débâcle du « Hutu power ». Voici ce que sait le monde entier :

                    « Compte tenu à la fois du dossier singulier de Mobutu et de la maladie qui lui fut fatale, nombreux sont ceux qui furent déroutés lorsque la France, sans grande résistance de la part des États-Unis, insista pour que les réfugiés, incluant ceux qui avaient planifié et exécuté le génocide, soient placés sous l’autorité de Mobutu, ce dernier étant, selon les termes du Président de la France Jacques Chirac, « l’homme le mieux placé pour représenter le Zaïre et trouver une solution à ce problème [des réfugiés]. ». (2)

                    L’ex-Zaïre a donc servi d’abri, de lieu de refuge des planificateurs et exécuteurs du génocide rwandais où ils étaient accueillis à bras ouverts et protégés par les autorités zaïrois pour le compte de la France. L’ex-Zaïre est donc coupable de complicité et de recel des planificateurs et exécuteurs du génocide rwandais, c’est-à-dire des commanditaires et exécuteurs. L’ex-Zaïre a donc commandité le génocide rwandais. La responsabilité de l’ex-Zaïre ne commence pas seulement au moment de la débâcle des génocidaires. Cette responsabilité de l’ex-Zaïre, en commandite du génocide rwandais, est engagée au moins depuis le début du génocide. En effet :

                    « …la position de Mobutu pouvait difficilement être plus transparente. Partisan d’Habyarimana et de sa clique depuis le début, Mobutu s’associait désormais aux génocidaires, les défendait sur le plan diplomatique et leur procurait des armes » (3).

                    Voilà qui est clair et sans détour. L’ex-Zaïre a bel et bien été une plaque tournante du génocide rwandais pendant et longtemps après, même jusqu’à ce jour. Une autre plaque tournante, la principale, étant Paris. Peut-être que le rapport, ici cité de l’OUA, a été pondu par la propagande du Rwanda. Mais c’est à vous de le dire et le démontrer. Donc lorsque vous écrivez étant sûr de vous que « PAS UN SEUL CONGOLAIS. Le génocide fut une affaire entre Rwandais, alors assumez et arrêtez d’accuser le monde entier. », soit vous ignorez tout de la situation des grands Lacs, auquel cas on est en droit de se demander si vous êtes congolais, soit vous êtes de mauvaise foi. Dans tous les cas vous mentez, et vous mentez effrontément ! Et c’est à vous de fermer le caquet ! Mais vous ne le pouvez pas car le vice jusqu’à ce point est souvent inguérissable. Et si vous pouviez fermer le caquet, vous l’auriez déjà fait à propos de Lumumba dont vous êtes éloigné à des milliards et milliards d’années-lumière. Mais vous avez bien le droit de contempler Lumumba car même le chien a droit de regarder passer un évêque.

                    Après, vous dites ; « Sur l’Union des africains, je ne sais pas ce qui vous motive. A mon avis, les Congolais ne sont pas demandeurs. Surtout pas s’unir avec les Rwandais dans les conditions actuelles ». D’abord, ma motivation est strictement portée par l’émancipation des peuples d’Afrique Noire et de la diaspora du joug de leurs prédateurs. Quant à affirmer que les congolais ne sont pas demandeurs de l’union avec les rwandais, soyez rassuré, les congolais, comme les rwandais, attendent que l’offre leur soit proposée par leurs élites, une offre sincère, sérieuse, dans un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien-être commun de leurs populations.

                    Quant à votre « partenariat stratégique » avec la France ou quelque autre puissance colonialiste occidentale ou arabe, çà ne peut être qu’un marché de dupe comme cela a toujours été le cas. Mais, en tant que mégaphone de Mobutu et de la France, seriez-vous insatisfait de votre salaire pour être encore en train de rechercher un autre « partenariat stratégique » ? Bon, allez-y, foncez et bon courage ! Pour nous, le temps du manège des « partenariats stratégiques », bras dessus et bras dessous avec nos prédateurs, est révolu. Nous sommes irrévocablement convaincus que le vrai partenariat qu’un africain noir peut et doit promouvoir, c’est l’union pour de vastes Etats régionaux nègres, bases d’appuis d’un Etat fédéral continental noir. Tout le reste n’est qu’une plongée à la verticale dans le précipice.

                    (1) http://www.provincenordkivu.org/index.html

                    (2) La région après le génocide - Commission d’Enquête Citoyenne 

                    Voir aussi le rapport de l’OUA en PDF sur le lien Version PDF du rapport - chapitre  20 ; paragraphe 20.1 à 20.4



                    • Mwana Mikombo 22 février 2013 02:16

                      Erreur



                      Voici le bon lien (1)



                    • MUSAVULI MUSAVULI 22 février 2013 08:15

                      Les actes à l’origine de la mort de six à huit millions de Congolais sont de nature génocidaire. En parcourant les rapports d’ONG et des missions mandatées par l’ONU on en tire des éclairages sur le déroulement des campagnes d’extermination. Il s’agissait, dans un premier temps de cibler des communautés (tribales ou ethniques) soupçonnées de fournir des combattants à la résistance congolaise contre l’agression et l’occupation rwandaise. Dans les villages, les populations étaient rassemblées et les soldats rwandais mitraillaient la foule. Le fait de préparer un massacre comme ceux-là s’appelle de la préméditation/ou planification, un élément important dans la définition du génocide retenue dans le statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale. Le fait que cette préméditation visait un groupe tribal ou ethnique, quels que soient le motif, renforce l’accusation de génocide. Enfin, le fait que ces tueries aient été menées à grande échelle aboutit, naturellement, à confirmer qu’il y avait volonté d’éliminer un très grand nombre de Congolais. Sûrement pas tous les Congolais, mais un très grand nombre dans des communautés particulièrement ciblées (les Hundes, les Hutus, les Nandes, les Bashi, les Barega,...). Une fois les massacres réalisés dans le village (Makobola, Kasika, Mwenga, Kibumban, Ting-Tingi, Kiwanja,...) les rescapés fuyaient dans la forêt ou dans des zones inhospitalières. L’armée rwandaise empêchait l’acheminement de l’aide humanitaire, une décision qui entraînait la mort des survivants, un acte que le Procureur de la Cour Pénale Internationale Luis Moreno-Ocampo a reconnu comme étant un procédé génocidaire dans le cadre du conflit du Darfour. Il a déclaré : ce «  génocide » a été exécuté « sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes, mais par la famine, les viols et la peur » S’il y a eu génocide au Darfour, celui du Congo est indéniable.

                      La difficulté à reconnaître le génocide du Congo tient essentiellement au malaise de la communauté internationale à accuser les victimes du génocide d’hier (Tutsis) d’être coupables de génocide aujourd’hui. Mais les Congolais continuent de rassembler les données indiscutables et les ONG foisonnent au Congo pour préserver la mémoire des victimes. Dès le changement de régime à Kigali, un environnement favorable à la liberté de recherches sur le génocide du Congo verra le jour et on pourra analyser les rapports les uns après les autres. C’est donc un génocide qui n’attend que d’être reconnu par les Etats et l’ONU puisque les faits sont là, les témoins et les survivants sont parfaitement localisables, et même les charniers. En 1997, des agents rwandais ont essayé de faire disparaître les charniers, notamment de Mugunga, mais avec les techniques modernes de la police scientifique, la vérité sur les crimes du Rwanda au Congo n’est qu’une question de temps.
                      Sur le chiffre de 6 millions de morts, il provient des techniques d’analyse de l’ONG américaine IRC qui parle de 5.4 millions de mort rien qu’au cours de la 2ème guerre du Congo (1998-2007) et ne prends pas en compte le massacre des réfugiés hutus (près de 200 mille).Sur la base de cette technique, le nombre de morts évolue et se situe désormais entre 6 et 8 millions.

                    • Mwana Mikombo 22 février 2013 02:13

                      Erreur



                      Le bon lien (1), le voici


                      • Mwana Mikombo 22 février 2013 21:40

                        Cher monsieur Musavuli – Votre cerveau doit être très abimé pour radoter de cette façon. S’il vous faut la loupe de l’inspecteur Sherlock Holmes, les expertises de son associé le Docteur Watson, les techniques d’analyse de l’ONG américaine IRC, les opérations de vos « partenaires stratégiques » type Serval, Licorne ou Kolwezi, que vous appelez de tous vœux, pour changer le régime de Kigali et faire constater le pseudo « génocide des congolais par les tutsis » qui n’existe que dans votre caboche, mon vieux, vous avez du pain sur la planche. En tout cas çà sent le trafic, la manipulation ou le tournage d’un film hollywoodien. Les films à Hollywood, on en a même déjà tourné sur l’enfer et le paradis. Ah, il fallait y penser ! Vous utilisez la langue de bois des trafiquants de « partenaires en partenariats stratégiques ». Hollywood, c’est la région des grands Lacs. Vos « 5 à 6 millions de morts congolais et hutus », victimes de votre « génocide » imaginaire, veulent dire les 5 à 6 millions de dollars que vous avez empochés ou que vous escomptez empocher en jouant le mégaphone mobutiste des ONG américaines et de l’Elysée dans ce film hollywoodien ! Et pour empocher plus, vous montez les enchères chaque jour ! Le message est passé ! On vous a compris, vous les « partenaires en partenariats stratégiques » ! Vous ne pouvez vivre que comme çà ! Vous pouvez maintenant éteindre votre mégaphone. Mais vous ne pouvez pas l’éteindre car vous risquez de perdrez vos 5 à 10 millions de dollars et peut-être même plus ! L’enjeu pour votre porte-monnaie est de taille ! C’est pour vous un bon filon !


                        • MUSAVULI MUSAVULI 23 février 2013 11:44

                          Vous ne me répondez pas sur le fond, et c’est bien dommage. Les faits que j’ai décrits dans ma réaction sont parfaitement vérifiables. Les rapports sur les massacres du Congo sont librement consultables dans les bureaux des ONG (Amnesty International, Human Rights Watch, FIDH,...) et dans la documentation des Nations Unies. Ce n’est pas moi qui les rédige. Je les ai lus comme n’importe qui qui s’intéresse à la question. Quant aux communautés ethniques du Congo ayant été la cible des massacres organisés, vous pouvez, dès que le calme sera rétabli dans l’Est du Congo, aller enquêter auprès des familles. Ça fait froid dans le dos. Quasiment chaque famille de l’Est du Congo a perdu un membre durant la guerre d’occupation qui se poursuit. Mais comme tout génocide, celui du Congo a besoin d’un environnement politique favorable pour être reconnu. Joseph Kabila n’est sûrement pas le Président qui militera pour les victimes des guerres du Congo, parce qu’il fait partie des possibles coupables. Les Congolais attendent d’autres dirigeants. Ça prendra le temps que ça prendra, mais on ne désespère pas. La mémoire des victimes du Congo doit être honorée, et les familles ne désespèrent pas. Souvenez-vous, le génocide arménien a mis plus de 90 ans pour être reconnu comme il l’est, aujourd’hui.


                        • Mwana Mikombo 23 février 2013 18:42

                          Vous dites « Vous ne répondez pas sur le fond ». Ecoutez, cher monsieur Musavuli, ma réponse très précisément sur le fond de vos avocasseries a été très claire, transparente et savoureuse comme l’eau de roche. Si vous voulez que je vous la répète, la voici.

                          A ce jour, il n’y a pas et il n’y jamais eu au Kivu, dans l’Est de la RDC ex-Zaïre, un génocide qui serait en train d’être ou aurait été commis par le régime rwandais de Paul Kagamé. Un tel génocide est un film hollywoodien  sponsorisé par vos « partenaires en partenariat stratégiques » onusiens et élyséens. Il y a bien sûr une guerre dans le Nord-Kivu impliquant le Rwanda et l’Ouganda. Personne ne dit le contraire. Ce n’est qu’une guerre et non un génocide, une guerre imposée au Rwanda par l’Etat français et l’Etat Congolais. Cette guerre-là, commencée en 1994, est la conséquence du génocide rwandais (Hutus contre Tutsis). Cette guerre-là est légitime et juste côté rwandais. En effet, le Kivu, depuis le génocide rwandais, est le sanctuaire des génocidaires hutus, la base arrière qu’ils utilisent pour s’organiser, mener des opérations génocidaires contre le Rwanda, avec l’appui des régimes congolais successifs, de la France et de l’ONU. Les génocidaires rwandais Hutus espèrent ainsi revenir au pouvoir à Kigali. C’est ce que vous appelez « çà prendra le temps que çà prendra ». Il n’y a que les « partenaires en partenariats stratégiques » des prédateurs élyséens, inventeurs de la théorie du « double génocide », et des cinéastes hollywoodiens, comme vous, pour affubler les génocidaires Hutus du statut de « réfugiés victimes de génocide ». Cà s’appelle faire du trafic sur les malheurs des peuples pour recevoir des prébendes. Le problème du peuple congolais, c’est l’héritage du régime de Mobutu que poursuit Kabila fils, après Kabila père, en partenariat avec la France et l’ONU. Le problème du Peuple congolais, c’est la corruption et la compromission de ses élites, cette mafia néocoloniale qui aide à piller le peuple congolais, n’hésitant pas à mettre toute la région des Grands Lacs à feu et à sang à l’instigation de ses « partenaires en partenariats stratégiques ». Vous faites partie de ces prébendiers congolais, en supposant toutefois que vous êtes congolais. Le problème du Kivu, grand problème actuel des Grands Lacs, c’est la mafia politique congolaise dont vous faites partie à en juger par votre discours mobutiste hollywoodien, l’Etat commanditaire français ainsi que les complicités onusiennes couvrant les génocidaires Hutus. Ce n’est pas le Rwanda !



                          • MUSAVULI MUSAVULI 24 février 2013 04:55

                            Je ne suis pas lié aux États ou aux régimes politiques de part et d’autre de la frontière. Je vois les choses en juriste et militant des droits de l’Homme. Les faits que je constate en lisant les rapports relèvent de la qualification de génocide. Les dénégations des dirigeants politiques n’y changent rien. Sur un autre aspect, vous reconnaissez en plusieurs reprises l’intervention de l’armée rwandaise dans le Kivu, c’est-à-dire sur le sol congolais. Il s’agit là aussi d’un acte constitutif d’une infraction au droit international. C’est un crime d’agression (violation de l’article 2§4 de la charte des Nations Unies garantissant l’inviolabilité des frontières des Etats). L’Etat rwandais est donc passible de poursuite devant la Cour de Justice Internationale et pourrait être condamné à verser de lourdes sommes aux populations congolaises au titre de l’indemnisation pour les dommages causés par les guerres d’agression (que vous reconnaissez) et d’occupation.
                            Donc, sur le strict plan du droit, la raison est plutôt du côté du peuple congolais.
                            Quant aux comportements de Laurent Kabila ou de son « possible » fils Joseph Kabila, les Congolais n’en ont rien à faire. C’est le Rwanda qui a installé Laurent Kabila au pouvoir à Kinshasa et même Joseph Kabila, ancien officier de l’armée rwandaise et qui serait un neuveu de James Kaberebe. Ces deux « individus » n’ayant pas été mis au pouvoir par le peuple congolais, leurs actes n’engagent pas la population congolaise. Leurs actes engagent ceux qui les ont mis là-bas. Et puisque c’est le Rwanda qui les a mis au pouvoir à Kinshasa, c’est à Kigali d’assumer leur comportement, pas au peuple congolais.
                            Le peuple congolais est sous un régime d’occupation.
                            C’est l’occupant qui est responsable, pas le peuple occupé.


                          • MUSAVULI MUSAVULI 24 février 2013 09:44

                            Je vous recommande ces trois articles parmi tant d’autres. La reconnaissance du génocide au Congo fait son chemin. (lien1), (lien1), (lien). Et l’identité des présumés coupables ne fait plus l’ombre d’un doute.


                          • Mwana Mikombo 24 février 2013 20:11

                            Cher monsieur Musavuli – Dans tout ce que vous dites, il n’y a pas l’ombre du début du sérieux. Vous allez sûrement abuser de la crédulité des gens naïfs à force de débiter des balivernes. Vous dites que vous n’êtes « pas lié aux États ou aux régimes politiques de part et d’autre de la frontière ». Effectivement, il n’y a que vous pour savoir réellement avec qui vous dinez matin, midi et soir. Une seule chose est sûre, vous êtes le mégaphone de Mobutu, de l’Etat français et ses réseaux françafricains. Vous ne pouvez le nier car voici vos propos, les derniers en date : « …j’assume pleinement l’appel que je formule de façon récurrente à un partenariat stratégique entre le Congo et une grande puissance (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Russie, Chine, Inde, Brésil,... peu importe, la France étant, à mon avis, en meilleure position). ». Alors, une telle charge, une telle responsabilité, repose nécessairement sur des liens organiques avec ses « partenaires en partenariats stratégiques » surtout « le meilleur en position », des liens organiques prébendés. Personne n’est dupe. Vos positionnements sont vos signatures.

                            « Je suis juriste », prétendez-vous. Vous êtes bien un drôle de juriste, un juriste prébendier. Vous avez l’outrecuidance de dire le droit alors que vous n’êtes rien. Avec les nègres complexés, blanchis, on a l’habitude de ces médailles en bambous dont ils aiment orner leurs oripeaux, tel Bokassa 1er imitant Napoléon. On a compris que vous rêvez d’être Mobutu II ou Kabila III avec la bénédiction de l’Elysée et des cinéastes hollywoodiens, vos « partenaires en partenariats stratégiques ».

                            Quant à vos liens et d’autres à venir du même genre, ce ne sont pas des scoops. C’est du bidon, du bidon, rien que du bidon !!! La théorie du « double génocide », s’agissant du Rwanda, ne date pas d’aujourd’hui, ni de 2009 avec le M23. Cette funeste théorie est l’invention géniale de François Mitterrand, en 1994, pour se disculper devant le génocide rwandais qui le hante et hante ses héritiers. La théorie mitterrandienne du « double génocide » n’est qu’un montage hollywoodien, de la magouille, que les héritiers de Mitterrand, l’Etat français et leurs mégaphones, comme vous, s’efforcent de justifier à postériori par des alibis complètement factices. Pour les héritiers de François Mitterrand et leur mégaphone, le M23, n’est qu’un alibi factice, parmi d’autres d’autres, qui vient meubler cette funeste théorie négationniste. Vos avocasseries de juriste de prébendes stipendié par l’Etat français ne pourront pas réhabiliter cette funeste théorie du « double génocide » que l’humanité a jetée à la poubelle comme on peut voir ci-après. La théorie mitterrandienne du « double génocide » est une vieille nouveauté !



                            • Mwana Mikombo 24 février 2013 21:14

                              Rwanda-RDC : La théorie du « Double Génocide », une ancienne nouveauté mitterrandienne.

                              Cette phrase de François Mitterrand résume bien sa funeste théorie du « double génocide » au Rwanda :

                              « Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important ». (1)


                              «  NÉGATION DU GÉNOCIDE AU RWANDA (2)

                              Le génocide des Tutsi au Rwanda a donné lieu à des analyses ou des lectures qualifiées denégationnistes par leurs critiques. La reconnaissance juridique de ce génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda, institué par le Conseil de sécurité de l’ONU, constitue la base internationale de droit qui fonde sa réalité avérée et certifiée et de parler, à propos des contestations et remise en cause de son existence, de négationnisme.

                              À la négation des événements qui relève du négationnisme, on peut encore ajouter les polémiques provoquées par l’utilisation du terme génocides (au pluriel) par des responsables politiques, ou portant sur la question des divers soutiens apportés au gouvernement rwandais avant et pendant le génocide.

                              LES DIVERSES EXPRESSIONS DE CE NÉGATIONNISME

                              La négation pure et simple

                              La négation pure et simple considère qu’il n’y a eu au Rwanda que de simples massacres de masse, dont la quantité aurait été délibérément grossie par la propagande pro-FPR. Dans les procès devant le TPIR, plusieurs accusés ont tenté de contester l’existence d’un génocide au Rwanda. Conscient du temps perdu dans chaque procédure, le TPIR a fini par décréter que le génocide n’a plus besoin d’être prouvé.

                              La théorie du double génocide

                              Une très vive polémique est entretenue par les courants soutenant l’ancien régime rwandais, dont les autorités françaises restèrent proches jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy. Ils soulignent qu’une plainte a été déposée en 2005 devant la justice espagnole contre les chefs de l’Armée patriotique rwandaise (le bras armé du FPR) de Paul Kagame pour des crimes commis au Zaïre en 1996 contre les réfugiées hutu et les citoyens espagnols d’une association humanitaire. Ils font aussi valoir qu’une instruction judiciaire a été menée en France sur les causes de l’attentat du 6 avril 1994 par le juge Bruguière. Ils en concluent que ces procédures remettent en cause l’interprétation des faits relatés ci-dessus au profit de la thèse du double génocide, assimilant les attaques menées par le FPR, au début des années 1990 au Rwanda et en 1996 au Zaïre, à un génocide des Hutu mené par les Tutsi. Des personnalités et des militaires français, comme François MitterrandDominique de VillepinPierre Péan, le Colonel Hogard ou Bernard Debré, le périodique AfriquEducation, défendent ou ont défendu aussi l’idée d’un double génocide.

                              La qualification de génocide des Hutu a cependant été refusée par la communauté internationale, car les exactions commises par des Tutsi contre des Hutu ne présentent pas le critère prépondérant d’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe parmi ceux protégés par la Convention du 9 décembre 1948 sur le génocide. Les autorités rwandaises, les rescapés du génocide (Ibuka), Bernard Kouchner, le Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon, des journalistes comme Patrick de Saint-Exupéry (Le Figaro), Jean Chatain (L’Humanité),Colette Braeckman (Le Soir), des ONG internationales telles que la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Human Rights WatchAmnesty International ou françaises comme la LDH, le CCFD, la CimadeSurvie et SOS Racisme, estiment que si des crimes sont à reprocher au FPR, ils ne peuvent être qualifiés de génocide et ne peuvent être opposés « en miroir » au crime de génocide du Hutu Power en 1994.

                              Lors de son audition par la mission d’information sur le Rwanda, Eric Gillet, membre du bureau exécutif de la FILDH déclarera : « S’agissant du FPR, l’objectif du génocide ne pouvait être retenu, dans la mesure où un groupe représentant 15 % de la population ne pouvait raisonnablement envisager d’éliminer les 85 % restants. Des massacres sélectifs, aux effets similaires, du type de ceux commis au Burundi en 1972 n’en restaient pas moins possibles. Même s’il n’est pas allé jusqu’à de telles actions, le FPR s’est conduit avec une grande violence qui n’est pas davantage justifiable, bien qu’en termes existentiels sa logique soit différente. Outre les massacres qu’il a commis à plusieurs reprises, il a en particulier refoulé des populations considérables devant lui, provoquant de très importants mouvements de déplacés, en particulier en février 1993. Il n’en reste pas moins que, notamment pour des raisons juridiques, il n’est pas possible d’établir une égalité entre le génocide et les violations des droits de l’homme commises par le FPR. »

                              Les rapports du sénat belge ou de la Mission d’information parlementaire sur le Rwanda des députés français, de l’ONU, de l’OUA constatent, sans aucune ambiguïté possible, le génocide des Tutsi, ainsi que le massacre des démocrates Hutu modérés qui pouvaient le faire échouer. En revanche, ils n’évoquent pas un éventuel génocide des Hutu. Bernard Kouchnerministre des Affaires étrangères, déclarait en mars 2008, dans la revue Défense nationale et sécurité collective, dont le comité d’études est présidé par le général Christian Quesnot, ancien chef d’État-major particulier de François Mitterrand :

                              « Je ne peux pas cautionner cette vision simpliste et infamante qui fait des Tutsis les responsables de leur propre malheur, pas plus que je ne peux supporter d’entendre certains défendre la thèse d’un double génocide Tutsi et Hutu. »

                              Ils qualifient cette théorie du double génocide de révisionnisme, voire de négationnisme. L’historien Yves Ternon, qui s’est penché dans ses recherches sur les génocides à travers leXXe siècle, estime que la théorie du « double génocide » n’est rien d’autre qu’une façon de nier le génocide des tutsis  : « Le négationnisme se structura autour de quelques affirmations qui permettaient de dissimuler l’intention criminelle – constitutive du crime de génocide – sans nier la réalité des massacres et de soutenir la thèse du “double génocide” »


                                                                                  (voir suite ci-après)


                            • Mwana Mikombo 24 février 2013 21:19

                              Rwanda-RDC : La théorie du « Double Génocide », une ancienne nouveauté mitterrandienne.

                              Cette phrase de François Mitterrand résume bien sa funeste théorie du « double génocide » au Rwanda :

                              « Dans ces pays-là, un génocide, ce n’est pas trop important ».


                              (Suite) 


                              La négation des complicités étrangères dans le génocide

                              La contestation des complicités étrangères touche aux facilités politiques, diplomatiques, médiatiques et militaires qui ont pu être octroyées au régime qui a conduit le génocide. Cela concerne notamment, mais pas uniquement, l’action des troupes étrangères (lire : françaises) dans l’Opération Turquoise qui, sous couvert de rétablir un minimum la sécurité dans le sud-ouest du Rwanda, aurait en réalité permis à de très nombreux génocidaires de prendre la fuite vers l’étranger.

                              Ces complicités font l’objet de vives controverses en France, d’une part entre des organisations des droits de l’homme et les institutions françaises et d’autre part entre les autorités françaises et les autorités rwandaises actuelles.

                              Les conclusions de la Mission d’information parlementaire françaises à ce sujet ont été très mal ressenties par des ONG françaises et internationales et ont motivé la création en 2004 de laCommission d’enquête citoyenne française (CEC) qui a débouché sur des plaintes de Rwandais devant les tribunaux français.

                              Depuis 1994, le FPR et le Président Paul Kagame reprochent à la France sa complicité dans le génocide. Après des incidents diplomatiques, le Rwanda a annoncé en juillet 2004 la création d’une « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves de l’implication de l’État français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 ».

                              La mobilisation en 2005 de Jacques HogardBernard Lugan et Pierre Péan, notamment, fut une réponse opposée à cette accusation. Le communiqué de la CEC de décembre 2005 rappelle la définition juridique de ce type de complicité.

                              En novembre 2006 l’ordonnance du juge Bruguière a pris ouvertement parti dans les causes du génocide en affirmant que le FPR était responsable du génocide car il l’aurait déclenché en commettant l’attentat du 6 avril 1994. La commission rwandaise devait conclure ses travaux fins 2007 ».

                              (1) Les protagonistes français du génocide rwandais : Mitterrand ...

                              (2) Négation du génocide au Rwanda - Wikipédia



                            • MUSAVULI MUSAVULI 25 février 2013 03:44

                              Si vous m’avez compris dès le départ, eh bien je ne traite pas du génocide rwandais. Je me préoccupe du génocide du peuple congolais qui se poursuit. Le génocide rwandais et le « double génocide » sont une question rwando-rwandaises.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès