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Scénarios pour l’Irak (2)

La présentation des trois scénarios suivants a été précédée d’un état des lieux de la crise irakienne : cliquez ici pour le lire.

Scénario 1

En cas de succès du référendum sur la constitution, ce samedi, et des élections législatives, en décembre, George W. Bush pourrait maintenir sa stratégie actuelle de stabilisation et de sécurisation de l’Irak, tout en commençant à retirer des troupes au printemps prochain. Mais, pour pouvoir parler de succès, il faudrait d’abord enregistrer une participation suffisante des sunnites au processus électoral. Ce qui indiquerait leur volonté de renoncer à la violence et au terrorisme pour s’intégrer dans le nouvel Irak en construction.

Dans ce scénario optimiste, une fois un gouvernement et un parlement stables installés, les armées de la coalition pourraient se retirer progressivement et laisser la place aux forces de sécurité irakiennes qu’elles auraient formées en nombre suffisant. Une présence militaire américaine minimum devrait toutefois être maintenue en Irak dans le cadre de la lutte contre-insurrectionnelle pour réduire, puis éliminer le terrorisme djihadiste. Ce qui peut prendre des années.

Scénario 2

Que pourrait-il se passer, si la communauté sunnite continuait de refuser de participer au processus politique pacifique ? 20 % de la population pourrait-elle longtemps imposer sa logique violente à 80 % des Irakiens ? L’armée américaine devrait-elle continuer de faire écran entre ses ennemis déclarés et ses alliés de facto, les chiites et kurdes qui ont démontré ne pas vouloir d’une guerre civile ?

L’écrasante majorité du peuple ayant exprimé dans les urnes son désir de bâtir un Irak démocratique et fédéral, l’administration Bush pourrait décider de retirer ses troupes dans l’ordre - et non de battre en retraite - tout en aidant militairement l’armée irakienne naissante, appuyée par les milices chiites et kurdes, à éradiquer les groupes rebelles sunnites. Comme l’ont montré les expériences algérienne (avec leurs propres djihadistes) et péruvienne (avec les intégristes marxistes-léninistes du Sentier lumineux), les mouvements insurrectionnels les plus radicaux et les plus sanguinaires ne résistent pas durablement à une politique répressive appliquée avec détermination par un État qui met les droits de l’Homme entre parenthèses. Le coût en vies humaines serait évidemment énorme.

En adoptant cette stratégie, George W. Bush déclarerait que les États-Unis ont remporté la victoire et atteint plusieurs objectifs de leur politique étrangère : priver Saddam Hussein de l’accès aux armes de destruction massive grâce aux revenus du pétrole (à défaut de les lui avoir confisquées, puisqu’il avait démantelé son programme initial) ; introduire le virus démocratique au coeur du monde arabe, avec pour conséquences des ouvertures timides en Arabie saoudite et en Egypte, ainsi qu’une reprise du processus de paix israélo-palestinien ; déstabiliser les autres États voyoux, comme la Libye qui s’est désarmée, et la Syrie qui s’est retirée du Liban ; enfin, et de manière plus générale, démontrer que l’Amérique est déterminée à faire la guerre quand elle estime sa sécurité en danger, que la défaite n’est pas une option et qu’elle est prête, en conséquence, à consentir les sacrifices humains et financiers nécessaires pour atteindre ses objectifs.

Après son retrait d’Irak, l’armée américaine représenterait par ailleurs à nouveau une menace crédible dans les négociations diplomatiques pour obtenir le désarmement de la Corée du Nord et de l’Iran, les deux priorités actuelles de l’administration Bush.

Scénario 3

Confrontés à la même situation irakienne que dans le scénario 2, les États-Unis pourraient, dans un premier temps, adopter la stratégie alternative : demander à la communauté internationale de prendre ses responsabilités.

Dans cette hypothèse, le président Bush déclarerait la victoire et rendrait public le calendrier du retrait progressif de ses troupes. Il appellerait le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Union européenne, l’OTAN et la Ligue arabe à remplacer de manière coordonnée les armées de la coalition. Ce qui priverait les groupes armés irakiens du faux prétexte de la résistance à l’impérialisme américain, et offrirait à la communauté sunnite une dernière chance de jouer le jeu de la démocratie.

Si l’administration Bush essuyait un refus (fort probable), elle pourrait toujours revenir au scénario 2.

Conclusion

Quel que soit le scénario - et des variantes des trois proposés ici peuvent surgir -, le statu quo n’est plus tenable longtemps pour les Irakiens et les États-Unis. L’année 2006 devrait donc se révéler décisive pour l’avenir proche de l’Irak et du Moyen-Orient.


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2 réactions à cet article    


  • Attila (---.---.46.14) 18 octobre 2005 13:00

    mon oeil :)) je vois aucune logique dans les trois scénarios présentés puisque d’un coté l’histoire des armes de destructions massives n’est pas vraie, et de deux, les richesses pétrolières sont liées de manière très étroites à la présence américaine. De plus rappelons que les anglo-saxons se sont quasiment toujours battu pour des intérêts financiers. Je doute qu’il laisse le pétrole de la bas. Sans oublier que l’Iran est le deuxième producteur mondial et maintenant dans l’axe du « mal » (d’après un grand intellectuel doué de savoir philosophique hors du commun et ancien alcoolique nommé grandieusement BUSH...)...Enfin bref, pour ce qui est de l’auteur de cette article, soit il es endoctriné par les hamburgers ou autres passions et donc incapable de raisonner comme tous les autres moutons, ou bien tout simplement il se tapait trop de bières aussi....


    • (---.---.177.71) 20 octobre 2005 23:00

      Le ver était et est toujours dans le fruit.

      Jour après jour l’information passe et trépasse.

      Rappelez-vous dans les 15 premiers jours de cette 2ème guerre d’Irak, un texte lu dans Libé sur ces soldats américains faisant irruption dans certaines maisons de Bagdad et molestant les maîtres des lieux, pourtant contents de leur venue et prêts à rendre leurs armes.

      Puis quelques jours plus tard le ministère du pétrole sous haute surveillance américaine tandis que le musée de Bagdad était laissé aux mains des pillards.

      Ensuite l’armée et la police Irakienne dissoute et tous ses membres laissés sans soldes et dans la nature.

      Quand on sait que l’administration Bush a recruté pour complèter le contigent envoyé en Irak des hommes en irrégularité contre l’obtention de leur nationnalité américaine(principalement des portoricains). Hommes jeunes et pratiquement sans formation. On peut imaginer le choc que cela peut faire dans le bourbier Irakien avec le lot de fausses manoeuvres et de bavures inévitables.

      Bref, Saddam était un tyran et oppressait son peuple mais les américains ont réussis, par leur incurie, à se faire encore plus détester.

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