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Sebastian Piñera remporte l’élection présidentielle chilienne

Aujourd’hui, l’économie chilienne est celle d’un pays développé et il est facile d’en résumer les causes : en 1975, le Chili occupait le 71e rang sur 72 dans le classement des libertés économiques réalisé par les instituts Cato et Fraser, dans le dernier rapport, le Chili était devenu le cinquième pays le plus libre économiquement au monde.

Après vingt ans d’hégémonie de la gauche, Sebastian Piñera est donc devenu le premier président chilien issu de la droite élu démocratiquement depuis Jorge Alessandri Rodríguez, en 1958. C’est une nouvelle importante : au milieu du chaos et de la décomposition qui frappent un grand nombre de pays latino-américains depuis Cuba jusqu’à l’Argentine en passant par le Venezuela, l’Équateur ou la Bolivie, le système politique chilien a montré qu’il était capable de digérer les transitions et d’éviter le cercle vicieux du populisme ainsi que la dangereuse démagogie socialiste. Le Chili vient de donner la preuve qu’il était non seulement devenu pleinement un pays membre du « Premier monde » en intégrant officiellement lundi dernier l’OCDE, mais également une des sociétés aux meilleures perspectives d’avenir.

Cette réussite est celle du « modèle chilien », qui incarne l’échec du socialisme et le succès de la liberté. Ce modèle qui permit de sauver le Chili du désastre économique créé par le gouvernement socialiste d’Allende. Modèle qui, d’ailleurs, failli ne jamais voir le jour : après l’avoir renversé, la junte militaire poursuivant, en effet, une politique économique tout aussi étatique que celle d’Allende. Ce n’est que lorsque l’économie – et le régime militaire – se trouva au bord du gouffre, que la junte fit appel à des techniciens, les « Chicago boys ». Des jeunes gens qui avaient beaucoup d’idées mais une seule aspiration : libéraliser l’économie. Dans un premier temps, suspendre le contrôle des prix et des taux d’intérêts, réduire les dépenses publiques, éliminer le déficit et libérer partiellement le commerce international. Ensuite rendre la Banque centrale indépendante, réduire le nombre d’entreprises publiques de 300 à 24, éliminer une grande partie de la réglementation du marché du travail. Enfin, en 2003, ouvrir de manière décidée le Chili à la mondialisation avec un droit de douane unique pour tous les produits et tous les pays de 6%, taux qui sera encore réduit au cours de 20 accords commerciaux avec 56 pays. Mais la grande réforme aura été celle menée en 1980 par José Piñera, frère du nouveau président chilien, concernant les pensions. En organisant la transition du régime de retraite par répartition à la retraite par capitalisation, José Piñera remplacera un impôt sur le travail par une épargne qui accumule le capital, le principal facteur du développement économique avec la division du travail. Alors que le système de retraite par répartition – hélas le plus répandu dans le monde – décourage le travail et favorise la consommation, le modèle chilien de retraite par capitalisation – qui s’exporte dans chaque fois plus de pays, jusqu’à la Suède même ! – libère le travail de cette charge, favorise l’épargne et la croissance, transforme les travailleurs en capitalistes et leur permet de bénéficier pleinement d’une société libre.

Depuis le départ de Pinochet et le retour de la démocratie, personne n’a remis en question ce modèle qui aura permis une croissance économique forte et soutenue pendant près de trente ans et permis de passer de d’un PIB par habitant de moins de 3.000 dollars en parité de pouvoir d’achat à près de 15.000. Ni les présidents démocrates-chrétiens Aylwin ou Frei, qui vient de rater un deuxième mandat présidentiel, ni les socialistes Lagos et Bachelet n’ont osé remplacer ce système économique qui aura créé une large classe moyenne sur laquelle faire reposer la transition démocratique et qui aura fait reculer le nombre de pauvres à 16% de la population. Ils l’améliorèrent seulement, ou le dégradèrent, selon le point de vue que l’on adopte, mais n’en changèrent pas. Aujourd’hui, l’économie chilienne est celle d’un pays développé et il est facile d’en résumer les causes : en 1975, le Chili occupait le 71e rang sur 72 dans le classement des libertés économiques réalisé par les instituts Cato et Fraser, dans le dernier rapport, le Chili était devenu le cinquième pays le plus libre économiquement au monde.

Il est donc raisonnable de supposer que l’accession à la présidence chilienne du libéral conservateur Piñera signifiera une plus grande libéralisation de l’économie ou, à tout le moins, un retour sur certaines réformes des présidents socialistes précédents, Lagos et Bachelet, qui risquent de plomber le système comme, par exemple, une réforme du droit du travail qui donne plus de poids aux syndicats dans les négociations collectives, une loi sur l’éducation qui augmente le pouvoir de l’État sur les centres scolaires privés ou la création d’un système de sécurité sociale publique parallèle au privé qui menace d’avaler ce dernier. Piñera et son parti ont été très clairs dans leur volonté de défendre la liberté d’éducation comme droit fondamental des parents, la propriété privée et la libre entreprise comme bases de la création de richesse ou dans leur rejet de toute croissance de l’État vue comme un obstacle au développement de la société. « La doctrine de Marx et d’Engels est essentiellement totalitaire. Il n’y a pas de compatibilité possible entre être marxiste et être démocrate. En définitive, il n’existe pas de conciliation possible entre le marxisme et la liberté. » Difficile d’être plus explicite.




par Lucilio (son site) mardi 19 janvier 2010 - 24 réactions
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  • Par Lucilio (---.---.---.234) 19 janvier 2010 20:25
    Lucilio

    Pauvre Pierre de Vienne, pouvez-vous me dire où se trouverait une apologie des généraux dans mon article ? Je signale simplement que la junte militaire, après avoir essayé des politiques économiques aussi catastrophiques que celle d’Allende, ont eu la bonne idée de finalement faire appel à des techniciens acquis aux thèses économiques libérales. Ce qui fut une excellente chose, vu le succès de ce modèle qui a permis au Chili d’intégrer il y a une semaine le club sélect de l’OCDE. Vous auriez préféré peut-être qu’en plus de violer les droits de l’homme, les militaires ruinent économiquement le Chili ?


    Sinon, vous êtes ignorant, mais sans doute heureux d’apprendre que, oui, il est parfaitement possible de mesurer le degré de liberté économique d’un pays en prenant la mesure de toutes une séries de facteurs parfaitement objectifs et généralement fournis par les États eux-mêmes comme, par exemple, les taux d’imposition, les tarifs douaniers, le nombre de jours nécessaire pour effectuer les démarches administratives pour lancer un commerce ou démarrer une entreprise, etc.

    Quant à la promotion de la retraite par capitalisation, j’avoue être parfaitement à l’aise quand je vois un pays comme la Suède l’adopter.
  • Par José Lopez-Martinez (---.---.---.2) 19 janvier 2010 14:43
    José Lopez-Martinez

    @ HELIOS :

    Tout d’abord, on ne voit pas très bien à quoi sert votre argumentation ad hominem laissant supposer que seul un oligarque blanc d’origine européenne vivant dans les quartiers huppés de Santiago serait susceptible d’écrire l’article que vous dénoncez comme « honteux ». Pour autant que l’on sache, le nouveau président chilien, Piñera, a bien été élu par la majorité de la population avec trois points d’écart sur son rival. Faut-il comprendre que la majorité de la population chilienne ferait partie de l’oligarchie blanche d’origine européenne vivant dans les quartiers huppés de Santiago ?

    Ensuite, en ce qui concerne la situation économique des Chiliens, vous nous dites que celle-ci n’est pas la même que celle des Français. Certes. Elle n’est pas comparable non plus à celle des Luxembourgeois. L’auteur de l’article ne prétend pas cela. Il indique simplement que la situation économique des Chiliens (PIB/hab. de 15.000 dollars, nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté réduit à 15%) est devenue comparable à celle des Polonais et est même supérieure à celle des Roumains ou des Bulgares, qui font pourtant tous partie de l’Union européenne. Et comme le rappelle l’auteur, le Chili est le seul pays latino-américains, à part le Mexique, a avoir intégré le club des pays développé, l’OCDE, auquel n’appartiennent toujours pas l’Argentine ou le Brésil. Alors, non, les standards de vie du Chili ne sont pas ceux de la Scandinavie, mais en 30 ans, ce pays est sorti du Tiers-monde, a vu sa richesse multiplié par cinq, et cela grâce à la libéralisation de l’économie.

  • Par José Lopez-Martinez (---.---.---.10) 19 janvier 2010 12:10
    José Lopez-Martinez


    @ Satournenkare

    « Surprenante analyse, surtout si on la compare à celle là :
    http://www.legrandsoir.info/Electio.... »

    L’auteur de cet article, Patrick Mignard, montre surtout son parfait mépris du système démocratique (supposé vicié dès que la droite accède au pouvoir) et son désespoir de voir le Chili se refuser à s’engager sur la voie de la dictature du prolétariat, aussi bien à l’époque d’Allende qu’aujourd’hui. Patrick Mignard montre clairement que peu lui importe le sort réel des gens (niveau de vie, conditions sociales, libertés politiques, etc.) mais bien la seule idée du Grand Soir.

  • Par Lucilio (---.---.---.234) 19 janvier 2010 20:11
    Lucilio

    HELIOS,


    Ainsi, vous trouvez honteux de rappeler certains faits indiscutables ? À savoir :
    - que le Chili est le pays latino-américain ayant le meilleur indice de développement humain - qui tient en compte la santé et l’éducation - (aux alentours de la 40e place mondiale), comparable à celui des Pays Baltes, de la Hongrie, de la Pologne, de la Slovaquie ou de la Croatie ;
    - qu’en 30 ans, le produit intérieur brut par habitant en parité de pouvoir d’achat à quintuplé en trois décennies - la plus forte croissance économique de tout l’Amérique latine depuis la Seconde Guerre mondiale ;
    - que le pourcentage de Chiliens vivant sous le seuil de pauvreté est comparable à celui de la moyenne de l’Union européenne, et même légèrement inférieur ;
    - que le Chili possède la cinquième économie la plus libre au monde ;
    - qu’aucun gouvernement de la coalition de centre-gauche qui a gouverné le Chili depuis 20 ans n’a remis en question la libéralisation de l’économie lancée à partir de 1980 par les Chicago Boys - mais, au contraire, poursuivi (par exemple, création de nouveaux fonds de pensions privés, ou multiplication de traités de libre commerce avec des dizaines de pays, etc.) ;
    - qu’il est à supposer que le nouveau président chilien, Piñera, continuera à appliquer ce modèle économique qui a permis aux Chiliens de sortir de la pauvreté généralisée, lot commun de toute l’Amérique latine.

    Donc, non, je ne trouve pas que je sente particulièrement mauvais. Mais il se pourrait que vous ayez la bouche trop près de votre nez.

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