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Accueil du site > Actualités > International > Sénégal : le triste sort des victimes de mines

Sénégal : le triste sort des victimes de mines

Le Sénégal, dit-on, est le pays de la « Téranga ». Cette « hospitalité-altruisme » est multidimensionnelle et légendaire. Tout le monde en bénéficie y compris les étrangers. Mais il semble que ce ne soit pas le cas des victimes de mines. Leur sort, qu’ils n’ont nullement choisi, est d’autant plus curieux, que le siège de leur Association nationale partage la même aire communale que le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS) censé les prendre en charge sur toute la ligne.

Prise au sens large, l’expression « victimes de mines » concerne l’ensemble des populations de la région méridionale du Sénégal. C’est la Casamance naturelle, où les relations interindividuelles sont si imbriquées que tout le monde est apparenté à tout le monde. Le sud du Sénégal ayant en effet ployé sous un quart de siècle de conflit avec son cortège de malheurs causés entre autres par les mines, est la seule qui ait directement connu cette page sombre de l’histoire de ce pays de l’Afrique occidentale. Oui, certes ! Mais « les victimes directes », telles qu’on les nomme à Ziguinchor, principale ville de la Casamance, sont évaluées à moins d’un millier. Elles sont estimées à un peu plus de sept cent trente (730) dont près de cent soixante-dix (170) sont déjà décédés. Le reste, estimé à plus de cinq cent cinquante, traîne encore les vicissitudes aussi bien psychologiques, physiques que matérielles dues à leurs conditions de « victimes-handicapés » pour la plupart d’entre eux, à vie.

Maintenant qu’ils sont condamnés à vivre différemment, donc autrement que leurs compatriotes sénégalais, il se pose la question à savoir : à qui incombe leur prise en charge ? Cette question, aussi facile que lapidaire, n’en demeure pas moins pertinente. Le Sénégal est un pays qui a ratifié « la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction ». Ceci n’est que l’intitulé dudit document, autrement nommé « La Convention d’Ottawa ».

La problématique de la prise en charge

La question de la prise en charge des victimes de mines trouve sa réponse à trois niveaux distincts. Il s’agit d’abord de ce qu’on pourrait désigner sous l’expression d’« auto prise en charge ». Laquelle reste tout à fait vitale. Car, à défaut, toutes les victimes disparaîtraient pour n’avoir pas cherché de survivre à leurs « nouvelles » conditions. L’autre niveau est celui-là familial et sociétal. Cette prise en charge est d’autant naturelle que la cellule familiale et, au-delà, la société sénégalaise n’est pas du tout individualiste. A ce niveau, elle existe pleinement et entièrement à la mesure du niveau de vie des familles respectives directement touchées par les méfaits des engins de la mort. Reste maintenant, la prise en charge des victimes de mines par les autorités compétentes. Là, c’est tout un débat, pour ne pas dire, une polémique grandeur nature que les uns et les autres entretiennent en fonction de leurs intérêts assez divergents.

Car, s’il est constant que les victimes de mines, qui ont trouvé nécessaire de s’organiser au sein de l’Association sénégalaise des victimes de mines (ASVM) pour mieux prendre en charge leurs revendications existentielles, s’accordent avec l’autorité sur le fait que c’est cette dernière qui doit s’occuper d’elles, la définition de l’expression « une prise en charge » reste le point d’achoppement.

L’indignation des « nécessiteux »

C’est justement à ce niveau que Sarani Diatta, le président de l’ASVM avance qu’ils n’ont « pas senti la main de l’Etat ». M. Diatta peiné par les dures conditions de vie que traversent ses consoeurs et ses compères, lesquelles conditions sont exacerbées par la modicité des moyens de subsistance de ces derniers, sera catégorique là-dessus : « Nous ne sentons absolument pas la main de l’Etat ». Une main, que les victimes de mines attendaient dans tous les domaines : par exemple ceux de la formation, de la création de microprojets, des groupements d’intérêt économique, mais aussi au niveau de la gratuité des prothèses. Le seul effort des autorités compétentes, aux yeux de la personne morale de l’ASVM, reste la cooptation de trois membres de leur association, pour les employer comme « un gardien et deux femmes de ménage » en service au CNAMS. « C’est tout ! », dit-il avec indignation. Est-ce suffisant pour faire taire des hommes et des femmes qui souffrent dans leur chair et dans leurs âmes. Du tout ! Car, pour Sarani, « ce n’est pas ce que nous attendions de l’Etat, nous attendions beaucoup plus que cela ». Par exemple la subvention des prothèses qui coûtent chères. Selon lui, les prothèses coûtent entre 40 et 90 000 francs CFA (140 euros). Et puis, « nos membres nous reviennent toujours avec des factures. Au moment où je vous parle, les victimes de mines paient leurs prothèses », déplore-t-il.

L’appréciation de l’Etat à travers le CNAMS

Les années passées, les victimes de mines bénéficiaient des subventions d’une ONG internationale en activité en Casamance. Ces subventions s’élevaient à plus d’un million de nos francs. Elles ont été logées, selon le responsable de l’ASVM, « au centre hospitalier régional de Ziguinchor (sud du Sénégal), pour d’une part alléger les frais liés à la pose de prothèses par le centre orthopédique, de l’autre à la prise en charge des soins d’urgence ; mais la première est finie depuis, alors que la seconde est en passe de l’être ». M. Diatta concédera qu’une quarantaine d’entre eux, les victimes de mines, ont eu la faveur de bénéficier de la première subvention, entre 2005 et 2006. Ce sera tout ? Non, pas encore ! Le directeur du CNAMS, Pape Omar Ndiaye reconnaîtra, lors d’un point de presse, l’existence des trois emplois octroyés à l’ASVM et du fonds déposé par l’ONG en question au centre hospitalier régional de Ziguinchor. Mais, côté définition de l’expression « prise en charge », le patron chargé de la problématique mine en Casamance voudra, lui, donner deux acceptions pour le moins mitigées. Le directeur parlera d’« indemnisation et d’assistance ». A l’en croire, appréhender la prise en charge des victimes de mines comme étant une « indemnisation » revient à chercher un interlocuteur autre que lui et le service qu’il dirige. Si, par contre ses vis-à-vis évoquent la question sous l’angle de l’« assistance », le directeur du CNAMS se considère alors comme étant leur interlocuteur privilégié. Sous ce rapport, ce qui a dû échapper à M. Ndiaye, c’est que les vocables « indemnisation et assistance » appellent tous les deux, la notion de dépendance. Quelle que soit l’expression utilisée, il ne serait pas exagéré de prendre les autorités pour les dépositaires du devoir d’assister les victimes de mines.

Qu’en est-il de la Convention d’Ottawa

Cette assertion est d’autant plus vraie que le Sénégal est, à l’image de 155 autres pays et nations du monde, signataire de la Convention d’Ottawa. Dakar l’a ratifiée en 1998 et elle entrera en vigueur un an plus tard, en 1999 ; soit depuis près de dix ans maintenant. Une Convention qui stipule, en son article 6, alinéa 4, que c’est à lui qu’incombe le devoir de fournir « une assistance pour les soins aux victimes des mines, pour leur réadaptation, pour leur réintégration sociale et économique ainsi que pour des programmes de sensibilisation aux dangers des mines. Cette assistance peut être fournie, entre autres, par le biais des organismes des Nations unies, d’organisations ou institutions internationales, régionales ou nationales, du Comité international de la Croix-Rouge, des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de leur Fédération internationale, d’organisations non gouvernementales ou sur une base bilatérale ». Si, à la lumière de cet extrait, et comme l’a soutenu le directeur du CNAMS, c’est grâce à la diligence de l’Etat que l’ONG ci-devant citée a déposé une caution au centre hospitalier, il reste tout aussi vrai que c’est toujours Dakar qui doit assurer la continuité de la subvention, à partir du moment où la somme versée venait à être épuisée.

Or, le Sénégal a beaucoup de partenaires en matière de coopération bilatérale, notamment dans le cadre de la résolution de la problématique mine en Casamance. Retenons simplement, Pape Omar Ndiaye aidant, que l’Union européenne a investi pas moins de « 4 millions d’euros dont 3,5 millions sont exclusivement destinés au déminage » de la Casamance. « C’est acquis ! » a-t-il informé. D’autre part, « rien que sur la question des mines, le gouvernement du Sénégal met plus de 200 millions (de FCFA soit 312 500 euros) par an ! C’est considérable ! », a-t-il ajouté. Quelle place a été réservée alors à la prise en charge des victimes de mines ? M. Ndiaye avancera ceci : « Nous faisons ce que nous pouvons » ; avant de reconnaître lors du même point de presse : « Je suis d’accord qu’il reste à faire ». Boubacar Diassy


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19 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 21 février 2008 10:00

    Le Sénégal est une démocratie et ils disposent d’organisation pour metter des politiques de sécurité public et je ne vois pas l’intêret d’un tel article ,vous auriez du l’exprimer dans un journal Sénégalais puisqu’il concerne un problème Sénégalais

    A moins de rechercher de la compassion ou de l’argent...

    Prenez donc votre destin en main


    • jako jako 21 février 2008 10:08


    • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 13:31

      Merci Jako pour votre post


    • Ar Brezonneg 21 février 2008 10:09

      Bonjour !

      Bien que Breton, ce qui se passe au Sénégal me touche (j’y ai passé une partie de mon enfance dans les années 1950...)

      Pourriez-nous entretenir sur Avox en dehors de toute polémique de ce qui se passe au Sénégal avec les Américains et les Chinois... Sans oublier les activités Lybiennes ...

       


      • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 10:44

        Ar Brezonneg , merci à vous le témoignage. J’espère que vous n’avez par régretté votre séjour au pays de la Téranga. Dès vous vous serez prêt (e) à y retourner, envoyez-moi un mail.

        J’invite lerma à venir visiter Dakar...


      • Ar Brezonneg 21 février 2008 13:46

        Oui ! Un pays attachant avec des gens sypathiques....

        @Ierma :

        Ici en Bretagne , M ; Ierma, rares sont les gens qui disent du mal des Sénégalais... Bien au contraire ! Et lorsque qu’on parle de ce pays, c’est souvent avec des trémolos... Alors les enflures à coloration colonialiste ne sont pas de mise pour beaucoup d’entre nous.... Les marins qui touchent ou ont touché Dakar sont tous revenus avec des sentiments positifs... C’est bien pour cela que sur nos côtes il n’y a pas ce comportement raciste qui existe dans les banlieues !

        Dakar, au Sénégal, pour les Bretons c’est un point de la côte fréquenté depuis plus de 4 siècles... Eh oui !

        Autre chose m.Ierma, Il y a beaucoup de gens de Lorient qui vont stationner à Dakar pour assurer la surveillance maritime. Jamais vous les entendez "tailler des costards" sur leur compte ! Il y en a même qui y retournent en vacances avec femmes et enfants... Pourquoi ? Parcequ’ils y sont bien acceuillis !

        Tenez m. Ierma, chez moi, l’adjoint au maire est Malien... Le vicaire de notre Curé est congolais.... Mon pote de l’aéroclub est Sénégalais...

         


      • Redj Redj 21 février 2008 13:56

        @ Ar Brezonneg :

        Ami Breton et voisin, je te plusse et re-replusse !!!

        Redj (from Morbihan)


      • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 18:51

        Ar Brezonneg, merci pour ce témoignage et ce commentaire.

        Je puis ajouter que de l’autre côté aussi, en Afrique, notamment au Sénégal, les étrangers sont considérés comme des membres de leurs familles d’accueil. Par exemple dans notre quartier, le président de notre ASC (association sportive et culturelle), une sorte d’équipe de niveau "Nationale populaire" est un Belge vivant au Sénégal, la trésorière de l’association des parents l’école primaire (Ape) du quartier est une parisienne qui a choisi de s’installer au Sénégal...Etc...


      • tvargentine.com lerma 21 février 2008 10:22

         

         

        Un commentaire écrit 

        "Pourriez-nous entretenir sur Avox en dehors de toute polémique de ce qui se passe au Sénégal avec les Américains et les Chinois... Sans oublier les activités Lybiennes ..."

        Il faut arrêter d’externaliser les problèmes chez les autres et dire aux africains de prendre leur destin en main.

        Le temps des colonies est terminée depuis 48 ans et les problèmes des africains ne nous regardent pas

         

         


        • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 10:41

          Salut lerma, merci pour ce commentaire ; j’allais écrire pour ce coup de gueule...

          Mais il faut comprendre que le Sénégal, comme la France ou encore le Liban et la Chine partagent la même planète : La Terre. L’on parle depuis maintenant plus d’une décennie du village planétaire. Pour dire autrement que nous sommes tous des voisins, qu’on le veuille ou non. Le problème du Sénégalais concerne autant l’indonésien que l’américain à plus forte raison le Français... Salut, à bientôt


        • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 11:55

          Seb59, votre commentaire est intéressant.

          Sachez que l’Union Européenne entretient d’excellentes relations avec le Sénégal. Et que c’est argent donné au Sénégal pour l’aider dans son programme de déminage de sa région méridionale, s’inscrit dans l’ordre normal des choses...

          Ne soyez pas étonné (e) de voir ce soutien augmenter un jour...


        • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 19:15

          Seb 59, encore un commentaire offensif. C’est pas mal car c’est votre position.

          Mais je ne pense pas que la violence verbale puisse résoudre votre préoccupation. Vous parlez de relations commerciales. Si vous lisez bien l’article ci-dessus, vous pourrez voir en filigrane qu’il ne s’agit point de commerce ( pour ce point précis) entre l’UE et le Sénégal, mais plutôt d’humanitaire. D’ailleurs, le terme générique utilisé c’est "déminage humanitaire"

          Salut à vous.


        • nostromo 21 février 2008 22:51

          @ l’auteur : votre remarque est on ne peut plus juste, nous habitons TOUS sur terre ..., nous sommes TOUS voisins et citoyens du MONDE...

          ... le fait est que le "franco-français" ne regarde que son nombril, voir celui de l’empereur Nicolas S. (petit rappel : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. » ou encore : [la colonisation a] « ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’Histoire »

          Et Lerma & Seb59 de reciter leur leçon : "Nicolas pense que vous etes des êtres primaires, et qu’il fallait que vous appreniez a vous debrouiller tout seul "...

          Mais comment donc !!! ces deux apotres du TPS vont peut etre m’eclaircir sur les bénéfices colossaux engrangés par les occidentaux sur le continent Africain, et la part reversée à l’Afrique...

          Non M Lerma, le temps des colonies n’est pas necessairement terminé, et les problemes des Africains meritent de l’attention et du respect

          1) Je ne vois pas pourquoi sur Agora Vox (media citoyen) , un agriculteur tamoul ne serait pas bienvenu a nous faire part de ses difficultes pour récolte de la canelle, un senegalais de nous informer que des mines tuent encore dans son pays en 2008, ou qu’un sioux pousse un cri d’alarme quant a l’eradication de sa culture ;

          2) je suis atterré par ce genre de commentaires qui ne cessent de croitre, j’ai meme recemment été amené, pour la premiere fois de ma vie, à insulter quelqu’un par post interposé, et c’etait encore au sujet de l’Afrique (cf : www.agoravox.fr/article.php3....

          Respects à Boubabac Diassy et puisse les 2 susnommés, leurs confreres TPS et autres TSS enlever leurs oeilleres...

          Cordialement


        • FAMA Boubacar DIASSY 22 février 2008 09:56

          Salut Nostromo,

          merci de ce commentaire pertinent et intellectuellement rigoureux. Je crois, comme vous, que le discours que Sarkozy a prononcé le 26 Juillet 2007 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été un déclic dans la conscience de ceux qui ont toujours eu la même vision de l’Afrique que lui. Il est allé dire tout haut à Dakar ce que beaucoup pensait tout bas. Mais de là à insinuer que les africains sont le paria de la planète, je ne crois pas ce soit une bonne pensée. 

          Quant à moi, je capitalise déjà 8 années d’expérience dans le métier de journaliste ; c’est pour dire que je suis habitué à toutes sortes de propos violents à mon égard. J’ai été formé à les encaisser et à gérer de manière professionnelle. D’ailleurs que c’est très normal ; c’est ce qui fait la richesse et l’originalité de ce métier.

          Merci et portez-vous bien.

           


        • adeline 21 février 2008 18:49

          Je connais un peu votre Pays le Senegal j’ai travaillé à Dakar en 1979 durant 6 mois. Les débuts furent rudes mais ensuite j’ai découvert peu à peu en laissant filler votre culture et j’ai été séduite par cet immense continent qu’est l’Afrique.

          Pour les mines qui les a posées et pourquoi ? ne peut t’on se retourner juridiquement vers les sociétés qui les fabriquent (dont certaines en france) pour effectuer le nettoyage ? (on recycle bien les appareils ménagers au frais de la production)

          enfin merci de vos articles très instructifs


          • FAMA Boubacar DIASSY 21 février 2008 19:09

            Pas de quoi ADELINE.

            Votre témoignage est très sympathique. C’est cela le vrai visage de l’Afrique et celui des Africains. Vous perlez de culture, et bien c’est cela la principale richesse de ce continent. La peau blanche n’est pas perçue comme étant celle du colon ou du descendant du colon, mais plutôt comme celle du détenteur d’une autre culture. Et donc une richesse certaine. Raison pour laquelle les africains sont TOUJOURS ouverts aux échanges féconds et au brassages des cultures. Senghor ne leur avait-t-il pas appris "l’enracinement et l’ouverture"

            Pour votre question : La Casamance, une région naturelle située au sud du Sénégal, traverse depuis le 26 Décembre 1982, une crise sociale dont l’une des conséquences est la présence, depuis le début des années 1990, de plusieurs mines dans les terres arables. Des gens sautent sur ces mines. On ne sait pas exactement qui les a posées. Les l’armée sénégalaise et les rebelles du MFDC s’accusent mutuellement d’en être les responsables...On n’en sait pas plus.

            Dire qu’il faut poursuivre les fabriquants, oui certes, mais ça sera une tâche politico-judiciare inextricable.

            Merci à vous


          • Mercure610 Mercure610 22 février 2008 10:19

            Le Sénégal et tous les autres pays de ce continent sont continuellement pillés par les états colonisateurs qui ont, il faut le dire donné leur liberté aux peuples contre la main mise sur les richesses des pays décolonisés.

            Au Sénégal, ou je vis à temps partiel, on se rend compte que la France est partout : Les banques, les phosphates, les ciments, l’eau et maintenant ORANGE qui est absolument partout, même au fin fond des villages de brousse ! bien sûr, j’en oublie.

            Comment voulez vous qu’un pays se développe quand toutes ses richesses sont squatées par nos multinationales ?

            Je trouve que les réactions franchouillardes de certains des intervenants sont des plus malvenues. Ce sont sans doute des gens qui n’ont jamais mis les pieds hors de chez eux, ou alors en maitres mais non comme êtres humains dignes de ce nom, qui ne peuvent se contenter de compassion vers les peuples moins bien lotis que nous.

            Quelle chance nous avons, dommage que nous ne sachions pas nous en rendre compte ! 


            • FAMA Boubacar DIASSY 22 février 2008 12:14

              Mercure610,

              Je voudrais vous rendre grâce pour ce commentaire. Vous avez dit vrai en écrivant que "la France est partout "sur le territoire Sénégal. Je pense que c’est grâce (ou à cause de, c’est selon) à la coopération bilatérale qui lie la France au Sénégal...

              Vous avez l’air d’être touchée par certaines réactions que vous qualifiez de "malvenues"...Ne vous en faites pas, c’est très normal sur le Net. ça enrichit même les débats

              Merci et portez-vous bien.


            • Thomas Calvot 26 février 2008 21:09

              Bonjour à tous,

              Quelques petites précision pour Lerma et Seb59 :

              Lerma nous dit : "Il faut arrêter d’externaliser les problèmes chez les autres et dire aux africains de prendre leur destin en main." Lerma, pour votre information, sachez que 34 pays dont la France continuent sans aucun problème de conscience la production de bombes à sous munitions ("mini bombes" qui, n’explosant pas à l’impact dans 15 à 30% des cas, deviennent de fait des mines anti-personnelles). Sachez également que parmi les pays non-signataires de la convention d’Ottawa, nous avons les Etats-unis, la Chine et la Russie...qui se trouvent être les 3 plus gros pays producteurs d’arme au monde. Etonnant de pragmatisme, non ?

              Seb 59 rajoute : "Le temps des colonies est terminée depuis 48 ans et les problèmes des africains ne nous regardent pas"Je ne pense pas que notre argent est destiné au deminage de pays qui sont en dehors de l’europe, ou alors nous devons avoir trop d’argent." Bon Seb, alors sachez de même que quand il s’agit de donner les plans des champs de mines anti-personnelles gentiment déposées sur le sol algérien dans les années 50, la France saura attendre plus de 40 ans. Aujourd’hui encore, 3 millions de ces mines jonchent le sol algérien et provoquent des accidents. Ce ne sont pas des militaires qui en subissent les conséquences, mais des civils, et particulièrement des enfants.

              Alors pouvons nous dire, nous pays occidentaux, aux libanais, algériens irakiens et autres pays receptacles de nos petits cadeaux qu’ils doivent se débrouiller tout seuls... ?

              J’admets que vous ne vous sentiez pas concerné, vivant en France, loin de tout ça. Alors je vous invite un jour à venir expliquer à un des gamins de nos centres d’appareillage que c’est pas parce que la mine ou la la bombe sur lequel sa jambe a explosé est de frabrication française que c’est nécessairement de notre faute . Je pense qu’il comprendra...

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