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Septième semaine de l’intervention russe en Syrie : une intensification spectaculaire

L’article original a été écrit pour Unz Review

Traduit par Diane, édité par jj et relu par Literato pour le Saker Francophone

NDLR : Article publié le 20 novembre 2015, soit quatre jours avant la destruction d’un avion russe par la Turquie à la frontière syrienne.

 

Cette semaine a été dominée par deux événements majeurs : les attaques terroristes à Paris et la déclaration officielle de la Russie affirmant que le vol Kogalymavia 9268 avait effectivement été détruit par une bombe.

Premièrement, je voudrais souligner le fait que, contrairement à tant de prédictions voulant que les Russes, les Égyptiens et les autres pays impliqués mentiraient et couvriraient cette attaque, cela n’a pas été le cas. Tant les Russes que les Égyptiens ont été ouverts et honnêtes à son propos dès le premier jour. Il y a là quelque chose à apprendre : alors que certains politiciens ont à l’évidence perdu la capacité de dire la vérité même s’ils ont essayé, d’autres ne l’ont pas fait. Tandis que mentir est le mode opératoire pour la plupart (tous ?) des États occidentaux (soumis à l’Empire), ce n’est pas du tout encore le cas ailleurs. Il est tout simplement faux de supposer que la Russie est une sorte d’anti-USA et que le Kremlin mène une politique systématique de tromperie comme la Maison Blanche. Dans la mesure où la Russie pourrait être considérée comme anti-USA, il faudrait absolument y intégrer des méthodes et des motivations différentes.

Deuxièmement, et cela pourrait sembler très contre-intuitif, il est indéniable que Daesh a fait tout ce qui était en son pouvoir pour provoquer des représailles : non seulement il a immédiatement proclamé qu’il avait abattu le vol 9268, mais il a aussi revendiqué les attaques de Paris et a même menacé de mener encore d’autres attaques, y compris contre les États-Unis. De nouveau, cela pourrait paraître carrément bizarre, mais Daesh semble faire tout ce qu’il peut pour créer une large coalition multinationale visant à le détruire. Nous devons garder cela à l’esprit chaque fois que nous considérons les mesures de rétorsion entreprises par la Russie, la France et d’autres (voir ci-dessous).

Troisièmement, bien qu’il soit trop tôt pour dire des attaques en France qu’elles sont un coup monté, il est logique de considérer au moins cette possibilité comme probable, sinon hautement probable. Personnellement, je n’aime pas les conclusions impulsives et je préfèrerais attendre d’en savoir plus pour en émettre. Mais en cet instant, que ce soit une attaque réelle ou sous faux drapeau ne fait pas vraiment de différence. Pourquoi ? Parce que soit l’État profond français était complice/coupable, soit le régime est totalement incompétent, l’action est dans la réaction – c’est-à-dire que les Français sont impliqués avec leurs propres opérations militaires en Syrie et qu’ils le font en coopération avec les Russes. Donc pour l’instant, je propose de nous concentrer sur ce point.

Mais d’abord, penchons-nous sur le développement vraiment important de cette semaine.

 

La Russie augmente ses opérations anti-Daesh de manière spectaculaire

Vous pouvez lire ma première évaluation ici, mais l’augmentation spectaculaire des attaques russes contre Daesh est suffisamment importante pour faire l’objet d’une observation plus détaillée.

Premièrement, en termes purement militaires, ce que les Russes ont fait était à la fois prédictible (et je l’avais prédit exactement il y a plusieurs semaines) et hautement significatif. Le petit contingent russe sur la base aérienne de Khmeimim à Lattaquié, quoique étonnamment qualifié et carrément héroïque, était tout simplement trop faible pour vraiment nuire à Daesh. Gardez à l’esprit que la Russie n’a pas la sorte de capacités de projection de puissance qu’ont les États-Unis et que, nonobstant ce désavantage, les Russes ont réussi à créer en un temps record un aéroport complet capable de soutenir les opérations de nuit comme de jour, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, de quelque 50 avions. Et ils l’ont fait sans que l’Empire n’obtienne aucun renseignement valable sur ce que faisaient les Russes. Au moment où l’Empire a compris ce que les Russes avaient fait, il était bien trop tard pour les arrêter. En termes d’organisation et de logistique, c’était une opération absolument brillante et les gens qui l’ont organisée méritent très certainement d’obtenir une médaille et une promotion. Je mentionne cela ici parce qu’il était probablement impossible d’y installer une force plus grande. Même aujourd’hui la base aérienne de Khmeimim est sursaturée par les vols et des flux d’avions supplémentaires aggraveront encore la situation, déjà très difficile. C’est pourquoi j’ai prédit qu’il faudrait faire venir d’ailleurs les avions à long rayon d’action, au moins comme solution temporaire, jusqu’à ce qu’un aérodrome Khmeimim 2 soit construit ou qu’il y ait un ou plusieurs terrains d’aviation disponibles (peut-être en Iran). Le résultat est le suivant : bombardements ou pas, les Russes n’avaient pas d’autre choix que d’amener leurs appareils à long rayon d’action. Voici quelques images intéressantes d’une paire de Su-30SM escortant un Tu-160 pendant un lancement de missiles de croisière :

 

 

Deuxièmement, et c’est important, les Russes ont décidé de tirer avantage du fait que l’aviation à long rayon d’action n’était limitée par aucune difficulté logistique ; les forces qu’ils ont amenées cette fois sont importantes et puissantes : non seulement 37 autres avions rejoindront les forces russes en Syrie (en plus du formidable SU-34, 8 autres appareils viendront s’ajouter aux 4 déjà présents en Syrie pour atteindre le nombre de 12 en tout), mais 25 bombardiers à longue portée sont maintenant entièrement dédiés à l’effort russe, y compris des Tu-22M3, Tu-95MC et Tu-160. Maintenant, c’est une grosse matraque. Même les vieux Tu-95MC et Tu-22M3 sont des versions parfaitement modernisées d’excellents fuselages qui peuvent tirer dans toutes les conditions météorologiques beaucoup de munitions très puissantes et très précises, y compris des bombes conventionnelles et des missiles de croisière stratégiques.

Autrement dit, la Russie a au moins doublé ses capacités basées en Syrie et les a beaucoup plus que doublées si on y inclut les bombardiers à longue portée. A partir d’une petite force, le contingent de l’aviation russe surpasse maintenant ce que les Français amèneront sur leur porte-avion Charles de Gaulle et ce que l’Empire a utilisé jusqu’à présent. Nous pouvons aujourd’hui nous attendre à ce que la logistique, les communications et l’infrastructure de Daesh subissent des dommages majeurs. Et justement pour être sûrs que ça fera mal là où ça compte, les Russes ont commencé leurs attaques à longue portée avec des frappes sur les installations de traitement du pétrole et les réseaux de distribution, y compris les dépôts, les camions-citernes, les stations d’essence, etc. Les bombardiers à longue portée russes ne feront pas une grande différence pour les combattants de Daesh en première ligne, mais leurs attaques sur les infrastructures libérera les hélicoptères russes et les SU-25 pour enfin offrir un soutien aérien rapproché aux forces syriennes (jusqu’à présent, cette tâche se limitait principalement à l’armée de l’air syrienne, qui ne peut pas voler la nuit). Je crois aussi qu’on donnera au contingent actuel de SU-24 et SU-34 beaucoup plus de missions d’attaque sur le front afin de fournir aux Syriens la puissance de feu indispensable. Résultat : les Russes ont cette fois sorti le gros bâton, Daesh souffrira vraiment. Mais souvenez-vous, c’est exactement ce que Daesh voulait (voir plus haut).

Troisièmement. Le Kremlin a fait un excellent travail pour vendre au public cette augmentation spectaculaire du rythme et de l’intensité des opérations en Syrie. Les sondages montrent que la plupart des Russes l’approuvent totalement. Cependant, des contacts personnels en Russie m’ont dit qu’ils l’approuvent mais commencent à se sentir inconfortables. On ne peut pas nier que la Russie souffre maintenant de ce que j’aime à appeler un élargissement de son mandat : après y être allée pour soutenir les Syriens et combattre les fous takfiris loin du pays plutôt que chez elle, la Russie promet maintenant de châtier l’assassinat de ses citoyens. Poutine l’a exprimé tout à fait clairement lorsqu’il a dit que les forces armées et les services spéciaux seront utilisés pour traquer les auteurs de cette atrocité. Il a dit :

Nous trouverons et punirons ces criminels. Nous le ferons sans délai de prescription. Nous découvrirons tous leurs noms. Nous les traquerons partout, peu importe où ils se cachent. Nous les trouverons n’importe où sur la planète et nous les punirons.

Il a même ajouté un avertissement dans le style Dobelyou [Bush fils] que quiconque les soutient ou les protège devra pleinement en assumer les conséquences :

Tous ceux qui pourraient essayer de prêter assistance à ces criminels doivent savoir que les conséquences d’une telle protection reposeront entièrement sur eux.

Gardez à l’esprit que la dernière fois que Poutine a émis un tel avertissement, c’était en 1999, lorsqu’il a promis que la Russie traquerait les wahhabites tchétchènes partout, « même dans les toilettes chiottes (sic) », et les tuerait tous. A cette occasion, Poutine a utilisé une expression argotique russe haute en couleurs, мочить, qui peut être traduite très grossièrement par buttez-les (ou même par niquez les tous). Ce dont on se souvient moins est que les Russes ont fait exactement cela : ils ont tué chaque leader insurrectionnel takfiri, y compris Baraev, Dudaev, Maskhadov, Iandarbiev, Hattab, Raduev, Basaev et beaucoup, beaucoup d’autres. Certaines de ces exécutions ont été bâclées (Iandarbiev), d’autres ont été exceptionnelles (Dudaev, Hattab). Mais Poutine a eu chacun d’entre eux. Chacun. Poutine n’a fait que proférer exactement la même menace, quoi que dans des termes plus diplomatiques. Et tandis que la plupart des Russes sont d’accord avec Poutine, et qu’ils savent qu’il ne fait pas de menaces en l’air, ils réalisent aussi que, tout à coup, une petite opération militaire locale s’est transformée en une chasse aux terroristes potentiellement mondiale. Considérant comment les États-Unis ont mal réussi après le 9/11, il y a beaucoup de bonnes raisons d’être inquiet. Mais je voudrais aussi ajouter immédiatement que la plupart des Russes réalisent aussi que Poutine et Dobelyou jouent dans des ligues différentes et que, tandis que les États-Unis semblent chroniquement incapables de faire quoi que ce soit de correct, « la Russie ne commence pas les guerres – elle les termine » (selon l’expression en cours en Russie). Résultat : je crois que les Russes ne répéteront pas les erreurs commises par les néocons américains inconscients et que la chasse aux chefs de Daesh a commencé.

Quatrièmement. Il y a une dimension politique troublante là-dedans, à propos de laquelle je suis franchement très dubitatif. Tout le monde en Russie sait que le Qatar est le premier financeur du terrorisme en Syrie et en Égypte. Comment le Kremlin veut-il concilier cette connaissance avec la promesse faite publiquement de punir toute personne coupable du meurtre de 224 citoyens russes, comme tout le monde le suppose ? Attendu que le Qatar est fondamentalement une gigantesque base américaine, il n’y a pas moyen de le frapper sans toucher le CENTCOM [United States Central command – Commandement central des États-Unis, NdT]. Parallèlement, les Russes pourraient résolument pourchasser et tuer des responsables qataris particuliers au cours de divers accidents. Ce qui est certain, c’est que le Service de renseignements extérieurs russe (SVR) dispose d’équipes capables de telles actions (Zaslon, Vympel), de même que la Direction générale des renseignements de l’état-major (GRU), qui dispose des équipes d’agents Spetsnaz GRU et des unités des Forces d’opération spéciale SSO capables de mener de telles interventions. Pour mieux couvrir ces représailles (en supposant que c’est un objectif), les Russes pourraient aussi utiliser leurs liens profonds avec la mafia russe (un assez grand nombre de ses membres sont des anciens des services secrets, en particulier de rang moyen) pour sous-traiter une telle opération. Quels que soient les choix opérés par le Kremlin, j’aurais de la peine à dormir si j’étais un responsable qatari impliqué dans cette atrocité. Résultat : Poutine a mis publiquement un point d’honneur personnel à punir chacun de ces salauds responsables, peu importe d’où ils sont et qui ils sont, et je crois fermement qu’il tiendra effectivement sa promesse.

Cinquièmement. Il y a d’autres pays, hormis le Qatar, qui cofinancent aussi beaucoup Daesh. Cela inclut la Turquie (et, par extension, l’Otan), l’Arabie saoudite et même l’Ukraine (voir ici et ici). Potentiellement, tous peuvent devenir des cibles des représailles russes (quelle que soit la forme qu’elles prennent). Enfin, il y a toutes les institutions financières occidentales qui fournissent des services essentiels à Daesh, dont beaucoup sont impliquées dans l’exportation du pétrole provenant du territoire contrôlé par ce dernier et l’importation d’armement moderne (surtout fabriqué au États-Unis) sur son territoire. La liste est longue et le fait que les Russes ont maintenant ouvertement menacé une longue liste d’entités puissantes est certainement une poussée spectaculaire dans le cadre de l’implication russe dans cette guerre.

Sixièmement. Comme dans toute escalade, les enjeux et les risques ont fortement augmenté pour la Russie. Le délai est maintenant officiellement passé de trois mois environ à aussi longtemps que nécessaire, la taille et la nature des forces mobilisées engage le prestige politique de la Russie et tout ce qui précède fait de la Russie une cible prioritaire pour des représailles de Daesh, à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire. Aujourd’hui, Poutine a officiellement déclaré que les services spéciaux russes ont été chargés d’éliminer ceux qui ont fait exploser l’avion russe, et le recours à une sorte de bottes sur le terrain, même si ce sont des bottes spéciales, devient beaucoup plus probable. Pour quelqu’un comme moi qui ai toujours été très réticent par rapport à l’usage de la force armée, il est troublant de voir à quelle vitesse la Russie est happée dans la guerre en Syrie sans que je puisse discerner une stratégie de sortie, du moins pas dans un avenir prévisible. Personnellement, je ne crois pas que les Russes enverront des troupes, mais je ne peux pas dire que je sois absolument certain que cela n’arrivera pas. Des événements actuellement imprévisibles pourraient bien les y contraindre.

Les attaques à Paris

Aussi tragiques et horribles que ces attaques aient été, la première idée qui me vient à l’esprit est la différence obscène avec laquelle les médias occidentaux et l’opinion publique zombifiée ont traité les 129 (chiffre provisoire) Français assassinés et les 224 Russes assassinés. Nous avons eu l’abomination Je suis Charlie et maintenant nous avons la célébration collective (planétaire !) du deuil avec Je suis Paris. Je ne me rappelle aucune célébration de deuil intitulée Je suis Russie, ou Je suis Donbass. Ni aucun Je suis Alep ou encore Je suis Irak. Apparemment, les vies russes ou arabes comptent foutrement moins que les vies américaines ou françaises (même si, en Irak seulement, le décompte des morts est largement supérieur à un million !). C’est dégueulasse, c’est indigne, c’est totalement malhonnête et incurablement stupide. Ce n’est pas un hommage à toutes les victimes, mais de l’hystérie provoquée par vos médias habituels. L’Occident devrait avoir honte d’un manque aussi pathétique de simple courage et de maturité. Vraiment, croient-ils vraiment qu’ils peuvent jouer à de tels jeux terroristes sans finir par se tirer une balle dans le pied (par un false flag ou autrement) ? Poutine n’a-t-il pas mis en garde l’Occident là aussi lorsqu’il a dit à l’assemblée générale de l’ONU en septembre dernier :

J’aimerais demander aux responsables de cette situation : « Avez-vous au moins conscience de ce que vous avez fait ? » Mais je crains que cette question ne reste en suspens, parce que ces gens n’ont pas renoncé à leur politique basée sur une confiance exagérée en soi et la conviction de son exceptionnalité et de son impunité. (…) En fait, État islamique n’a lui-même pas surgi de nulle part : il a également été dans un premier temps choyé en tant qu’instrument de lutte contre des régimes laïques indésirables. (…) La situation est on ne peut plus dangereuse. Dans ce contexte, il est hypocrite et irresponsable de faire de grandes déclarations sur la menace du terrorisme international tout en fermant les yeux sur les flux de financement et de soutien des terroristes, notamment le trafic de drogue, de pétrole et d’armes, ou d’essayer de manipuler des groupes extrémistes, de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs politiques dans l’espoir de s’en débarrasser ensuite ou, plus simplement, de les éliminer. J’aimerais dire à ceux qui agissent et pensent réellement ainsi : « Messieurs, vous avez bien sûr affaire à des individus extrêmement cruels, mais ceux-ci ne sont absolument pas idiots ni primitifs, ils ne sont pas plus bêtes que vous et on ne sait pas encore qui utilise qui. » Les dernières informations sur le transfert d’armes aux terroristes par cette même opposition modérée ne font que le confirmer. Nous considérons que toute tentative visant à jouer avec les terroristes, et qui plus est à les armer, est non seulement irréfléchie mais également dangereuse. La menace terroriste mondiale pourrait s’en voir extrêmement accrue et peser sur de nouvelles régions de la planète. D’autant plus que des combattants de nombreux pays, y compris européens, sont rodés dans les camps de État islamique. Malheureusement, chers collègues, je dois reconnaître que la Russie n’est pas ici une exception. Il est inadmissible que ces coupe-jarrets qui ont déjà senti l’odeur du sang retournent ensuite chez eux et y poursuivent leur sale besogne. Nous ne le voulons pas. Personne ne le veut, n’est-ce pas ?

Des paroles prophétiques prononcées par Poutine, en effet. Mais puisque les Anglo-sionistes ont une tradition longue et prestigieuse d’utilisation d’escadrons de la mort, de dictatures féroces et, bien sûr, de terroristes, les paroles de Poutine ont été ignorées. Eh bien, même après que Paris a été attaquée, l’Occident continue à soutenir les nazis en Ukraine ! Je suppose qu’il faudra une atrocité à Londres, à Varsovie ou à Munich pour éveiller l’opinion publique occidentale zombifiée à la simple réalité voulant que financer et utiliser des terroristes est toujours une politique dangereuse. Sinon, l’Occident continuera dans un cycle sans fin de financement du terrorisme et de célébrations de deuil, encore et encore.

Aparté : Je suis souvent critiqué parce que j’affirme que la Russie ne fait pas partie de l’Occident, ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. Si vous croyez que je me trompe, posez-vous simplement la question : comment se fait-il que les victimes russes d’atrocités (y compris des atrocités financées par l’Occident !) soient traitées exactement comme des Noirs ou des Bruns et pas comme des Blancs censément civilisés ? CQFD.

Oh combien j’aimerais que la plupart des gens à l’Ouest puissent comprendre le russe, lire les journaux russes, regarder les débats télévisés russes ou écouter des conférences en russe ! Ils verraient quelque chose qu’ils ont été conditionnés à considérer comme impossible : loin de craindre l’Occident, la plupart des Russes le trouvent paralysé par un consumérisme étroit, dépourvu de toute valeur morale ou éthique véritable, extraordinairement ignorant et provincial et souffrant d’infantilisme incurable. Même la minuscule minorité pro-occidentale en Russie a maintenant renoncé à défendre l’Occident et, tout au plus, rétorque-t-elle au déferlement typique des arguments anti-occidentaux quelque chose comme : « Et nous ? Ne sommes-nous pas tout aussi mauvais ? » Ou même : « Ne tombons pas à leur niveau ! » Il est assez étonnant de voir cela arriver dans un pays habitué à encenser tout ce qui était occidental il y a seulement 20 ou 30 ans ! J’ajouterais que si le pays le plus méprisé et ridiculisé doit bien sûr être la Pologne, la France n’est pas loin derrière dans la liste des plus pathétiques. Quant aux États-Unis, ils sont l’adversaire le moins méprisé, simplement parce que la plupart des Russes les respectent pour leur volonté de défendre ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts nationaux et à faire de l’Europe leur putain. Les Russes disent toujours que pour que quelque chose se fasse, il faut parler aux États-Unis et qu’on perd son temps avec sa colonie européenne.

Si nous regardons au-delà de tout ce spectacle assez honteux d’apitoiement narcissique sur soi-même, la vraie question est de savoir ce que la France va faire à ce sujet. Ici, de nouveau, il y a deux dimensions.

D’abord, en termes purement militaires, la France va maintenant engager le Charles de Gaulle avec son escadre de Rafales pour frapper Daesh. Bon, mais comparé à ce que les Russes apportent dans la bataille, c’est vraiment insignifiant.

Ensuite, en termes strictement politiques, les Français pourraient bien faire quelque chose de très intéressant : apparemment, ils ont convenu avec les Russes que les forces de ces derniers en Syrie fourniront une couverture à celles des Français. Je ne sais pas vraiment pourquoi un Rafale aurait besoin d’une couverture, quelle qu’elle soit – ce qui compte ici est que les Français sont entrés de facto dans une alliance avec la Russie en Syrie et que cela, à son tour, pourrait ouvrir la porte à d’autres pays occidentaux. Autrement dit, nous pourrions simplement (enfin !) voir une alliance multinationale dirigée par la Russie se battre contre Daesh et cela, à son tour, signifie que ces pays se retrouveraient de facto alliés avec Damas. Si l’Europe du Nord s’aligne sur Oncle Sam, des pays du sud de l’Europe (Italie ? Grèce ?) pourraient décider d’aider les Russes, comme pourraient le faire l’Égypte ou la Jordanie. Je ne suis pas sûr qu’une telle coalition se fera, mais au moins maintenant elle le pourrait et cela, en soi, est aussi un développement intéressant. Cela dit, Hollande est sur le point de rencontrer Obama aux États-Unis et on lui dira probablement en termes sans équivoque qu’il ne doit pas la jouer allié avec la Russie. Considérant la servilité abjecte dont Hollande a fait preuve à l’égard des États-Unis, je ne suis pas du tout optimiste sur une union significative des forces françaises à celles de la Russie.

Enfin, il ne fait aucun doute pour moi, mais beaucoup ne sont pas d’accord, que le régime sioniste au pouvoir à Paris fait un usage maximal de tous ces événements pour attiser une hystérie antimusulmane en France. Et je ne parle pas de la bêtise d’insister pour servir un repas non-halal accompagné de vin à un dirigeant iranien qui se trouve aussi être un laïc, ou le vieux harcèlement anti-voile qui se perpétue dans les écoles françaises. Ce dont je parle est l’idée ouvertement affirmée que l’islam traditionnel est incompatible avec la République française laïque et qu’il représente par conséquent un danger pour la société. Inversement, la seule bonne forme de l’islam est une collaboration abjecte avec le régime sioniste incarné par l’infâme Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy. Le message est clair : le seul bon musulman est un musulman sioniste. Tous les autres sont des terroristes potentiels ou effectifs et seront traités comme tels. Cela, à son tour, facilite la tâche aux recruteurs takfiris qui trouvent davantage de volontaires pour leurs opérations terroristes, opérations qui, à leur tour, permettent au régime d’adopter encore plus de lois draconiennes, y compris des lois contre la liberté d’expression ou celle d’internet. Être un vrai musulman, pieux et pratiquant, en France deviendra très, très difficile dans un avenir proche. Il me semble vraiment que les avertissements du Sheikh Imran Hossein deviennent vrais.

Le point de rupture inconnu de Daesh

Après six semaines de combat très dur, la Russie a apporté la grosse matraque, mais ceux qui s’attendent à ce que Daesh s’effondre sous les opérations aériennes russes ne devraient pas se réjouir trop vite. Briser Daesh exigera probablement un effort beaucoup plus grand. Mais laissez-moi expliquer pourquoi je dis probablement.

Pour la première fois depuis de nombreux mois et semaines, Daesh est vraiment dans une situation difficile, pas encore désespérée, mais difficile. A moins que quelque chose ne change dans la dynamique actuelle, le temps joue maintenant contre Daesh. Pourtant, la résilience de Daesh dans les conditions présentes est presque impossible à prédire, au moins sans de très bonnes informations en provenance des lignes de front et c’est quelque chose que la plupart des analystes, moi y compris, n’ont pas. Quand une force combattante est mise sous pression de la manière dont Daesh l’a été, il y a, quelque part dans le futur, un point de rupture où cette force s’effondre vraiment rapidement. Le problème est qu’il est très difficile d’estimer quand un tel point de rupture (tout à fait théorique) se manifestera, parce qu’il dépend vraiment du moral et de la détermination des combattants de Daesh sur le terrain. Tout ce que nous pouvons dire est qu’un tel point de rupture existe dans un avenir théorique et que nous espérons qu’il se produira bientôt. Mais nous devons aussi être conscients que ça pourrait ne pas être le cas du tout. Non seulement ça, mais nous devons examiner longuement et avec sévérité la question la plus énigmatique de toutes : pourquoi Daesh s’est-il délibérément placé dans une telle position ? Voici les quelques hypothèses que je peux suggérer :

1) Les dirigeants de Daesh sont des fous dingues. Ils sont tellement pressés d’aller au ciel que tout ce qu’ils veulent c’est mourir en combattant contre les infidèles. Ou alors ils se font tellement d’illusions sur leur puissance qu’ils pensent pouvoir prendre la planète entière et l’emporter. Alors que je ne peux pas totalement écarter cette hypothèse, je la trouve hautement improbable simplement parce que même si le takfiri de base est un gardien de chèvres ignorant, les commandants de niveau moyen et élevé sont à l’évidence sophistiqués et instruits.

2) Daesh a survécu à son rôle pour l’Empire anglo-sioniste, il est devenu aujourd’hui inutile et il est envoyé dans une bataille qu’il ne peut pas gagner, mais qui tuera des milliers de sociopathes bouffeurs de foies humains. Peut-être. Je ne sais pas où pourrait se trouver une preuve quelconque à l’appui de cette hypothèse, mais celle-ci au moins a un sens pour moi.

3) Le véritable but de Daesh a toujours été le même : infliger de tels dégâts à tout le Moyen-Orient qu’en comparaison l’occupation israélienne apparaîtrait comme une libération pour les rares chanceux qui survivraient aux horreurs médiévales infligées quotidiennement par Daesh sur tous les territoires qu’il contrôle. Donc plus la bataille sera grande et plus elle sera sanglante, meilleure elle sera pour les Israéliens qui auront abattu un État relativement fort, contrôlé par des dirigeants baathistes relativement forts – Assad père et fils – maintenant transformé en un tas de ruines fumantes. Le problème avec cette théorie est que, à moins que quelque chose ne change, Daesh ne gagnera pas, mais perdra, et que Assad n’en sortira pas plus faible, mais plus fort. Et je ne mentionnerai même pas le fait que la Syrie a maintenant une armée, petite mais endurcie au combat, alors que la prétendue invincible Tsahal n’est expérimentée que dans le tir sur des civils désarmés. Donc s’il y avait un plan israélien pour préparer un futur Grand Israël, il a plutôt produit l’effet inverse.

Franchement, je ne trouve aucune des hypothèses ci-dessus convaincantes et cela m’agace. La question qui taraude toujours tous les analystes est : « Qu’est-ce que j’ai oublié » et, dans ce cas, elle me hante aussi. Je ne peux honnêtement pas imaginer que les chefs de Daesh croient sincèrement qu’ils peuvent gagner la sorte de guerre contre tout le monde qu’ils sont apparemment déterminés à mener. Je souhaiterais que quelqu’un doté d’une meilleure compréhension de Daesh, parlant couramment l’arabe et versé dans la littérature takfiri nous donne à tous la réponse à cette question simple en apparence : que veut vraiment Daesh ? Je serai heureux d’avouer que je n’en ai aucune idée. Et cela me préoccupe beaucoup 1

La résistance et ses choix

Sept semaines après le début de l’intervention russe, la résistance à l’Empire se porte bien et a déjà le potentiel pour intensifier la bataille. Avant toutes choses, ce qui est le plus nécessaire en ce moment c’est davantage de combattants sur le terrain. Je crois pourtant que les Russes ne vont pas envoyer des troupes au sol pour la Syrie. Mon sentiment est que le Hezbollah est tout près d’atteindre son maximum. A moins d’oublier quelque chose, cela signifie que la seule partie capable de fournir davantage de combattants sur le terrain est l’Iran. En ce moment, la ligne officielle de Moscou est que l’un des objectifs de l’intervention russe est de donner aux Syriens assez de temps pour réorganiser et aligner une force beaucoup plus grande. Peut-être. J’espère qu’ils pourront le faire assez tôt pour utiliser à plein la dynamique créée par l’intervention russe.

Quant aux Russes, ils sont aussi près d’atteindre leur maximum. En termes de force aérienne, ils auraient même pu affecter plus d’avions, mais ils ne l’ont pas fait simplement parce qu’ils savent qu’une force aérienne ne peut pas faire grand chose dans une guerre civile. Pourtant, cette fois-ci, les Russes sont vraiment sérieux ; selon les chiffres les plus récents, les dernières frappes russes ont été redoutables : dix navires en mer Caspienne et en Méditerranée ont coordonné des frappes de missiles stratégiques de croisière sur des positions de Daesh. Dix-huit missiles de croisière ont été tirés par seulement huit navires de la flottille de la mer Caspienne. Les images ici :

 
 

Selon les chiffres officiels, en quatre jours seulement, l’aviation russe a opéré 522 sorties, tirant plus de 100 missiles de croisière et 1 400 tonnes de bombes de divers types. Une seule frappe de missiles de croisière à Deir ez-Zor a tué plus de 600 combattants. C’est clair, Daesh en prend un coup redoutable (les prétendues frappes aériennes de la prétendue coalition dirigée par les États-Unis leur ont probablement donné un faux sentiment de sécurité par rapport à ce qu’une superpuissance en colère peut véritablement faire lorsqu’elle veut.

Je suis tout à fait sûr que la Russie peut maintenir ce rythme d’opérations pendant un long moment : alors que les stocks des derniers Kalibr-NK seraient bas, la Russie utilise maintenant une quantité de son immense arsenal de la Guerre froide où les réserves de missiles de croisière et de bombes traditionnelles sont abondantes. La Russie arrivera à bout des cibles longtemps avant d’épuiser ces armes stratégiques. Ce n’est pas une plaisanterie, d’ailleurs : cela n’a aucun sens de tirer pour plusieurs millions de missiles de croisière sur des cibles non rentables, secondaires ou même tactiques. La situation est meilleure avec des bombes traditionnelles assez bon marché, mais le plus grand problème est que les cibles de Daesh se répartiront finalement en deux groupes : les détruites et les bien cachées. A ce stade, l’intervention russe ne deviendra pas inutile, mais elle atteindra un point de rendement marginal décroissant, dans un sens à la fois financier et stratégique. C’est arrivé aux États-Unis et à l’Otan au Kosovo et c’est arrivé à Israël au Liban. Bien sûr, les anglo-sionistes ont alors porté leur attention sur ce qu’ils appellent la destruction de cibles d’infrastructure et de soutien, mais qui sont essentiellement des frappes terroristes contre la population civile. La Russie ne s’engagera pas dans une telle politique systématique de crimes de guerre et par conséquent le choix de précipiter Raqqa dans l’oubli à coups de bombes n’est pas quelque chose que les Russes feront (les États-Unis, au contraire, le feraient probablement). Cela ne laisse que la composante navale de la force d’intervention russe.

La tâche principale de la force navale russe a été de protéger la logistique et de fournir des défenses mer-air à la base aérienne nouvellement construite à Lattaquié. Apparemment, nonobstant le démenti russe, il y a des S-400 à Khmeimim, mais s’il n’y en a pas, nous pouvons supposer qu’il y a des S-300. Donc la tâche de défense aérienne de la force navale russe a maintenant été remplacée par un rôle de soutien à l’effort logistique russe, dont je m’attends non seulement à ce qu’il continue mais qu’il augmente même fortement. C’est là où les Russes peuvent être les plus efficaces et où ils n’ont pas atteint la limite : aider les Syriens à se rééquiper, se rassembler, se réorganiser, se réentraîner et, pour finir, leur fournir un équipement relativement moderne (au moins égal à celui dont dispose Daesh). Ma supposition est qu’après quatre ans de guerre, les Syriens ont littéralement besoin de tout et c’est là que les Russes peuvent jouer un rôle essentiel.

L’actuelle force navale russe affectée en Syrie est loin d’être anodine, voyez vous-mêmes :

 

Graphique établi par South Front

 

Ce n’est en aucun cas une petite force. Pourtant, il y a eu des spéculations sur le fait que le porte-avion russe Amiral Kouznetsov pourrait rejoindre la force navale au large de la côte syrienne. Je trouve que c’est assez peu probable. Contrairement aux porte-avions américains, l’Amiral Kouznetsov a été conçu dès le premier jour pour être d’abord une plate-forme anti-aérienne (principalement pour protéger les bastions sous-marins russes) et non comme un porte-avion pour les frappes terrestres. Les Russes sont actuellement en train de reconsidérer ce rôle, mais pour le moment, le Kouznetsov a des capacités de frappes terrestres très limitées. Bien sûr, si nécessaire, le Kouznetsov pourrait être utilisé pour renforcer les capacités de défense aérienne de la Syrie ou du contingent russe en Syrie, mais ce n’est pas quelque chose qui affectera directement Daesh. Pourtant, je ne compterai pas non plus le Kouznetsov : selon les derniers rapports, il sera envoyé dans une zone de patrouille au large de la péninsule de Kola, mais ce n’est pas gravé dans le marbre.

En termes d’attaque de soutien directe, une option russe possible pourrait être d’utiliser des missiles de croisière basés dans des sous-marins, mais avec 25 bombardiers stratégiques à longue portée déjà affectés à cette tâche, cela ne changerait pas non plus la donne. Mon sentiment est que les Russes sont actuellement aussi fortement engagés qu’ils le peuvent. La seule chose qu’ils pourraient faire maintenant serait d’accroître le flux d’armes modernes vers la Syrie et de fournir le personnel technique pour entraîner les Syriens. A mon avis, parallèlement à une campagne politique énergique pour forcer l’Occident à accepter les faits sur le terrain, c’est la stratégie russe la plus probable pour l’avenir : continuer à pilonner Daesh tout en reconstruisant l’armée syrienne et en engageant les partenaires occidentaux de la Russie.

Je conclurai franchement en disant que je trouve que cette stratégie russe sonne aussi bien militairement qu’elle est moralement correcte. La Russie ne peut pas gagner cette guerre pour les Syriens. La meilleure chose que la Russie peut faire est d’apporter une aide significative et, en effet, c’est ce qu’elle fait à grande échelle.

Avec le Hezbollah probablement arrivé à ses limites, la grande inconnue est l’Iran : les Iraniens oseront-ils amener un contingent beaucoup plus important de forces terrestres pour atténuer la pression sur les Syriens ? J’espère que non – parce que cela voudrait dire que les Syriens pourraient y arriver même sans une telle aide, mais je considère toutefois un afflux iranien comme très probable.

Quant aux Syriens, Assad vient de déclarer qu’il ne quitterait pas le pouvoir avant la défaite de Daesh. Autrement dit, Assad a seulement tourné les tables en direction de l’Ouest et déclaré que le départ (c’est-à-dire l’élimination) de Daesh est maintenant une condition préalable à sa démission. Seul le temps montrera si c’est de la démagogie ou de la vraie confiance.

Qu’en est-il de la nation indispensable ?

Je réalise que dénigrer les États-Unis est toujours un exercice populaire, mais avec toute mon hostilité à l’égard de l’Empire anglo-sioniste, je dois aussi admettre que les États-Unis sont dans une très mauvaise position, et très compliquée : ils ont créé un désordre sanglant (littéralement), puis ils se sont trouvés acculés politiquement, et tous leurs soi-disant alliés régionaux sont, je crois, intrinsèquement déloyaux et poursuivent leurs propres intérêts. Si vous observez les relations entre les États-Unis, d’une part, et des pays comme la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite ou Israël d’autre part, il est vraiment difficile de déterminer qui utilise qui et si ce que nous voyons est un cas où c’est la queue qui fait bouger le chien – la marionnette qui contrôle le marionnettiste. Prenez le Qatar : il n’y a aucun doute que la présence du CENTCOM dans ce pays a donné aux Qataris un fort sentiment d’impunité qui, à son tour, a augmenté leur arrogance et, pour le dire franchement, leur irresponsabilité. Les Qataris voulaient que Assad parte, et alors ils pourraient acheminer leur gaz vers la Méditerranée et l’Europe, mais maintenant, ils sont directement impliqués dans l’explosion à la bombe d’un avion russe. Quant à leur gazoduc tant désiré, ils peuvent maintenant l’oublier pour dix ans au moins. Comme c’était intelligent ! Plus important : le Qatar est-il un bon allié pour les États-Unis ? Qu’en est-il de la Turquie qui soutient, finance, équipe et entraîne activement Daesh (et al-Qaïda, même différence !) sous la protection confortable de l’Otan. Apparemment, elle ne peut pas décider de ce qui est le pire pour elle : Assad ou les Kurdes, et puisqu’elle craint les deux, elle finit au lit avec des sociopathes mangeurs de foies humains. Est-ce là un bon allié pour les États-Unis ? Je ne veux même pas parler d’Israël – nous savons tous que l’AIPAC dirige le Congrès et que les néocons essaient de diriger la Maison Blanche. Aucun d’eux ne suscite un grand amour ou de la loyauté de la part des Israéliens, qui examinent constamment l’option russe (partenariat avec la Russie) pour faire avancer les choses au Moyen-Orient. En outre, puisque le génocide au ralenti des Palestiniens par les cinglés sionistes actuellement au pouvoir se poursuit, être allié des Israéliens signifie être détesté par tous les autres. Pourtant, au moins et contrairement aux autres alliés régionaux des États-Unis, le régime israélien lui-même est stable, assez prévisible, et peut libérer une grande quantité de violence. Donc comparés aux Saoudiens, les Israéliens paraissent extrêmement attirants. Pourtant, au bout du compte, les États-Unis doivent tenter de sortir de ce pétrin sans trop s’aliéner leurs alliés, mais aussi sans être manipulés par eux.

Certains semblent croire que la bonne politique, pour les États-Unis, serait de travailler avec la Russie. Tandis que cela aurait indubitablement du sens pour les États-Unis en tant que pays, cela n’en aurait aucun pour les États-Unis en tant qu’Empire. Pour l’Empire (anglo-sioniste) étasunien et les forces de l’État profond qui le dirigent, la Russie est, en effet, une menace beaucoup plus grande parce que la Russie menace directement le statut impérial des États-Unis. Ceux-ci peuvent soit être la nation indispensable et la puissance hégémonique mondiale, soit un pays normal, faisant partie d’un système-monde civilisé et multipolaire gouverné par la primauté du droit. Ils ne peuvent pas être (ou faire) les deux. Donc lorsque l’État profond étasunien refuse catégoriquement de faire quoique ce soit de significatif avec la Russie, il agit de manière logique, du moins de son point de vue. Comme tout autre Empire, les États-Unis voient leurs relations avec n’importe quel concurrent (réel ou potentiel) comme un jeu à somme nulle, ce qui signifie que tout ce qui est bon pour la Russie est mauvais pour les États-Unis et vice-versa. Oui, c’est malade et sociopathe. Mais c’est la manière dont tous les Empires fonctionnent. D’où les politiques étasuniennes actuelles : la seule bonne coalition est une coalition dirigée par les États-Unis, toute force antirusse doit être encouragée, il n’y aura pas de négociations avec la Russie – seulement des demandes et des ultimatums, etc. Ajoutez à cela l’apparente absence totale de diplomates instruits et compétents (les Américains se sont fait massacrer dans toutes les négociations qu’ils ont menées avec les Russes), et vous verrez pourquoi les États-Unis sont tellement opposés à toute idée d’être autre chose qu’hostiles et dans la confrontation avec la Russie.

Les États-Unis d’Amérique sont dans une terrible pagaille, les élections à venir ne font qu’aggraver les choses et cela les rend hautement imprévisibles. Oui, il y a, je suppose, une petite chance que les Français puissent créer un précédent pour la collaboration avec la Russie, mais ici, je ne retiens pas mon souffle. Peut-être un autre massacre sera-t-il commis en Europe, en particulier en Allemagne, mais même cela ne sera pas suffisant. Pourtant, il y a eu des cas dans l’Histoire où un esclave a donné un bon conseil à son maître et peut-être cela arrivera-t-il cette fois-ci. J’espère bien.

[...]

The Saker

 


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57 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 28 novembre 2015 14:35

    "bien qu’il soit trop tôt pour dire des attaques en France qu’elles sont un coup monté, il est logique de considérer au moins cette possibilité comme probable, sinon hautement probable.« 

    La »logique" de certains m’échappe ...


    • philouie 28 novembre 2015 14:38

      @tf1Groupie
      Simplement parce que ce n’est pas la première fois et que ça semble même une constante dans l’action terroriste : manipulée par le pouvoir pour le pouvoir.
      Vous voulez des exemples ou vous les connaissez ?


    • Lucide bdpif@laposte.net 28 novembre 2015 17:17

      @philouie

       Oui cest possible, Hollande aurait prémédité cet attentat pour gagner les régionales. 

      Je vous offre un abonnement d’un an à Parano Magazine.ils acceuilleront avec plaisir vos articles. 

    • philouie 28 novembre 2015 17:19

      @bdpif@laposte.net
      Sauf qu’il faut être niais pour penser qu’Hollande est dans le coup.
       
      mais Hollande n’est pas seul sur terre à avoir des intérêts dans le bazar.


    • Lucide bdpif@laposte.net 28 novembre 2015 17:59

      @philouieh met


      Guns and Roses peut être ? Pour cour circuiter Eagles of death métal ? Hummm, mef ;) 

    • tf1Groupie 28 novembre 2015 20:18

      @philouie

      Manipulée par les fanatiques et les religieux, certes, c’est hautement probable sinon certain...

      La logique veut que tous les terroristes sont musulmans , mais cette logique te plaira moins mon petit Philou.


    • mac 28 novembre 2015 21:37

      @bdpif@laposte.net

      Prémédité n’est pas la question. Mais que nos dirigeants aient contribué à armer ou maintiennent des alliances avec des gens ou des pays peu recommandables, ça semble presque évident !
      Alors vous pouvez toujours brouiller les pistes avec votre parano magazine et vos théories plus ou moins fumeuses , ça ne marche plus !
      Et puisque que vous parlez d’élections, je trouve tout à fait injustifié que la campagne électorale soit quasiment stoppée comme si les enjeux régionaux étaient liés à ce qu’il s’est passé ?
      Pourquoi ne pas fermer les supermarchés tant qu’on y est ?
      En tout cas si l’objectif des commanditaires de cet acte abjecte était de mettre un frein à la démocratie, ils ont pas mal réussi...


    • sls0 sls0 28 novembre 2015 16:29

      Des nombres 1 à 9, c’est le 9 le plus élevé, celui qui à le plus de poids, de force.
      Tant que le 9 n’abuse pas trop de son statut, personne ne remet en cause sa dominance.
      Si le 9 abuse, il finit par s’apercevoir que si l’on ajoute rien que les nombres de 1 à 4, ça fait dix.

      Les USA ont trop abusé de leur dominance économique, il se prennent les BRICS.
      A force de passer outre de l’ONU, il vont se prendre une dose de bon sens dans la figure.

      La force ou valeur du dollar, c’est la confiance que l’on a envers lui.
      La puissance des USA, c’est un peu la même chose.

      C’est un colosse aux pieds d’argile. On regarde toujours les relations USA/reste du monde, mais les relations USA/USA ne sont pas des meilleures.

      Sinon au sujet de l’article, toujours une excellente vision du saker, il a de sacrées sources et une sacré analyse géostratégique.


      • Alren Alren 28 novembre 2015 19:29

        @sls0

        Moi je trouve l’auteur de ce trop long laïus bien chauvin !

        C’est vrai que les dirigeants européens ont fait de leur continent le subalterne volontaire des USA.

        Mais l’hostilité de l’auteur semble y adjoindre les peuples avec autant de discernement que ceux qui pensent que tous les musulmans sont djihadistes !

        La civilisation, la culture ouest-européenne a diffusé dans le monde entier (y compris aux USA ... et en Russie) sans avoir forcé personne à l’adopter.

        Et c’est parce qu’une bonne partie des racines de cette civilisation se trouve en France et dans sa capitale-lumière, que l’émotion a été aussi grande presque partout. Ce n’est pas par hasard que la France est la destination touristique numéro 1.

        J’ajoute que le mode d’exécution des attentats, un mitraillage à visage découvert avec utilisation de plusieurs chargeurs par tireur, a grandement ajouté au sentiment d’horreur ressenti par les femmes et les hommes qui ont manifesté leur sympathie.

        C’est vrai que l’OTAN a eu besoin d’un ennemi comme un moulin a besoin de grain à moudre et que cet ennemi choisi a été la Russie, même après l’implosion volontaire de l’URSS.

        Mais les Russes ne doivent pas se laisser manipuler et développer une paranoïa envers tous les étrangers : ils ont des amis dans le monde qui apprécient leur humanité, leur culture, leur littérature, leur musique ...


      • V_Parlier V_Parlier 28 novembre 2015 22:10

        @Alren
        "Mais les Russes ne doivent pas se laisser manipuler et développer une paranoïa envers tous les étrangers"
        Vous avez un peu raison pour le reste de votre commentaire (bien que je pense qu’aujourd’hui la Russie urbaine a conservé plus de culture européenne originelle que l’Europe de l’Ouest), mais j’ai pu constater que la gestion de la crise ukrainienne par l’UE a provoquée une cassure irréparable. Il faudra vraiment beaucoup de temps pour que les russes ne considèrent plus l’Europe de l’Ouest comme le suppôt de l’empire en qui on ne peut accorder aucune confiance. La presse russe n’a pas besoin de se décarcasser beaucoup pour convaincre le peuple. Il lui suffit de montrer les propos fous tenus à leur encontre par les dirigeants du bloc BAO, USA et leurs larbins, et bien sûr ce gouvernement putschiste 50 fois pire que le précédent qu’ils appellent à juste titre : la junte de Kiev, soutenu par toute l’UE et à qui l’ambassadrice de la France à Kiev passe régulièrement et gratuitement de la pommade (comme si elle était ambassadrice d’Ukraine). Je suis souvent amusé quand des intervenants français dans les médias s’offusquent devant les émissions russes partisanes (et bien connues comme telles) de Kisselev. Parce-que quand je les entend débattre avec leurs airs de suffisance et d’omniscience en tenant des propos bien plus paranoïaques que lui, je me dis que la manipulation mentale par les médias se pratique plus ici qu’en Russie.


      • V_Parlier V_Parlier 28 novembre 2015 22:22

        @sls0
        Je suis aussi globalement d’accord avec cet article bien tourné, même s’il force un peu les traits parfois : La France persécutrice des musulmans sur son territoire, bof... c’est au moins mal identifier le problème. D’ailleurs les russes pensent à juste titre que nous persécutons des musulmans partout ailleurs que chez nous alors que nous sommes lâches sur notre propre territoire, nous laissant dominer par les arrivants (avant les guerres de Libye/Syrie mais aussi après et en conséquence, et ils ne se gênent pas de le faire remarquer). Et je ne l’invente pas. Et puis en Russie, de base il n’y a pas de burqa, donc pas besoin d’imams contrôlés par le CRIF, pour reprendre cet exemple.


      • Dom66 Dom66 29 novembre 2015 00:15

        @Alren

        Les Russes sont ouvert envers tous les étrangers c’est certains, et ils ont des amis dans le monde qui apprécient leur humanité, leur culture etc.... c’est encore plus certain.

        http://reseauinternational.net/lappel-des-russes-aux-peuples-deurope-vost-fr/


      • Massada Massada 28 novembre 2015 17:56

        Cette propagande iranienne n’a évidemment aucun intérêt.

        Par contre ce qui est bien plus intéressant c’est d’analyser pourquoi le Soukhoï est tombé si facilement.

        Le Soukhoï en question déversait ses bombes sur des positions des Brigades Turkmènes de Syrie (rien à voir avec DAESH), situées au nord-est et à l’extrême nord de la province à majorité alaouite de Lattaquié.

        Il a été abattu par un missile AIM-120 AMRAAM, de fabrication américaine, tiré à partir d’un chasseur-bombardier F-16 turc.

        Le Soukhoï était en train de traverser un saillant turc qui s’enfonce en territoire syrien lorsqu’il a été abattu. Cette excroissance frontalière est minuscule, elle ne mesure que 5 kilomètres en son point le plus large, et 6 km du Nord au Sud. Sur les relevés radars, on s’aperçoit que le Soukhoï se trouvait à environ 3km à l’intérieur du saillant lorsque l’AIM-120 l’a frappé.

        1) comment il se fait que l’appui au sol russe n’a pas prévenu les pilotes sur le fait qu’ils allaient traverser l’espace aérien turc, sur le fait que des F-16 se trouvaient en embuscade tout près d’eux, et sur le fait que ceux-ci avaient verrouillé leurs radars de tir sur le Soukhoï ?

        2) Qu’est-il arrivé à ses contremesures, ces équipements, notamment électroniques, embarqués, dont la mission est de brouiller le tir des missiles ennemis ? L’AIM-120 est un missile commun, opérationnel depuis 1991 ; se pourrait-il que les ingénieurs russes n’aient toujours pas trouvé le moyen de le neutraliser ? 

        3) les deux pilotes russes ne comprenaient pas l’anglais ! au moins cinquante pour cent des équipages russes ne pratiquent pas l’anglais. Les pilotes turcs ont fait leurs sommations en anglais. En principe, l’appui au sol dispose de la possibilité d’entendre toutes les conversations radio de la région où il opère. Dans ces conditions, pourquoi n’a-t-il pas prévenu son équipage ?

        Tout cela nous amènent à nous poser de multiples questions quant à l’efficacité réelle de l’Armée de l’air russe. 

        • izarn 28 novembre 2015 18:41

          @Massada
          Vous confondez tout. Les contre-mesures électroniques ne peuvent rien sur certains missiles tirés à vue. Si on se laisse en position d’etre atteint avant.
          Ainsi, le Su-24 ne pensait pas etre abattu par les Turcs. Ils ont été surpris.
          « Un coup de poignard dans le dos »....Difficile de dire mieux.


        • roman_garev 28 novembre 2015 18:53

          @Massada

          « comment il se fait que l’appui au sol russe n’a pas prévenu les pilotes sur le fait qu’ils allaient traverser l’espace aérien turc »

          Justement parce que les pilotes n’allaient et n’ont pas traversé l’espace aérien turc. C’est simple, n’est-ce pas ?

          Voir la carte détaillée de vols de Su-24 et de F-16 ici (en russe, mais facile à comprendre) :


        • Massada Massada 28 novembre 2015 18:54

          @izarn

           « Ils ont été surpris. »

           smiley smiley on a été surpris chef smiley

          On est en 2015 pas aux heures glorieuses de l’aviation de la grande guerre.

        • roman_garev 28 novembre 2015 18:58

          @Massada


          Regardez mon poste ci-dessus (avec la carte) et cesser de ricaner à pleins dents. Vous en aurez encore besoin.

        • Massada Massada 28 novembre 2015 18:59

          @roman_garev
           

          Le Soukhoï était en train de traverser un saillant turc qui s’enfonce en territoire syrien lorsqu’il a été abattu. Cette excroissance frontalière est minuscule, elle ne mesure que 5 kilomètres en son point le plus large, et 6 km du Nord au Sud. Il aurait dû mettre approximativement 17 secondes pour traverser le saillant. Le Soukhoï se trouvait à environ 3km à l’intérieur du saillant lorsque l’AIM-120 l’a frappé.

          Les pilotes ont commis une erreur de navigation. Ayant bombardé des rebelles une minute auparavant, ils auraient dû changer de cap vers le Sud, ce qu’ils n’ont pas fait.


        • Massada Massada 28 novembre 2015 19:03

          @roman_garev

          Votre carte est fausse, mais en plus cela n’enlève rien aux déficiences du support au sol, et aux contre mesures électroniques.
          Vous êtes tellement en admiration de Poutine que vous perdez toute faculté d’analyse.


        • roman_garev 28 novembre 2015 19:04

          @Massada


          « les deux pilotes russes ne comprenaient pas l’anglais ! au moins cinquante pour cent des équipages russes ne pratiquent pas l’anglais. Les pilotes turcs ont fait leurs sommations en anglais. »
          Ah bon ? C’est prouvé déjà (sauf des assertions plus que douteuses turques) que ces soi-disant sommations ont eu lieu ?
          Vous prenez les faits lesquels en fait ne le sont pas pour en tirer des conclusions... Tels « faits », telles conclusions.

        • roman_garev 28 novembre 2015 19:05

          @Massada


          Ah bon ? C’est la carte de l’EMG russe. Vous en avez une autre, dessiné en Photoshop ?

        • roman_garev 28 novembre 2015 19:10

          @Massada


          « Vous êtes tellement en admiration de Poutine que vous perdez toute faculté d’analyse. »
          Tout d’abord, cessez de me qualifier, moi. Je ne parle pas des vos passions à vous, n’est-ce pas ? Que vous êtes amateur de chèvres, par exemple, ou de sado-maso, je m’en f...

          J’analyse des faits, et non pas des bobards turques.


        • roman_garev 28 novembre 2015 19:51

          @Massada


          « Votre carte est fausse ».

          Il vous n’a fallu que deux minutes pour tirer (de quelle partie de votre corps ?) cette conclusion « d’expert ». Très bien, continuez dans ce genre, cela démontre avec toute évidence la valeur de vos jugements engénéral (à ceux qui en pouvaient encore douter).

          Non, ce n’est point « ma » carte à moi, c’est la carte de l’EMG russe présentée par le commandant des forces aérospatiales russes Victor Bondarev hier, le 27 novembre, lors du briefing :


          Comme vous prétendez sans doute d’être un expert, vous devez savoir qu’une telle carte, des fois qu’on la présente, est toujours confirmée par les données du contrôle objectif (en avez-vous seulement entendu parler ?) qu’il est facile de vérifier par des spécialistes militaires de n’importe quel pays qui voudrait les vérifier.

          Monsieur l’a fait durant deux minutes pour prononcer son verdict sans appel. Bravo, monsieur ! 

        • njama njama 28 novembre 2015 20:07

          Massada nous donne des leçons, alors que l’aviation israélienne n’arrête pas de violer l’espace aérien libanais ...


        • roman_garev 28 novembre 2015 21:08

          @njama


          Exact. Et surtout il nous présente les pilotes russes en Syrie soit comme ignorants (ne sachant pas l’anglais version turque), soit comme idiots, qui s’entêtent de poursuivre leur vol vers la Turquie malgré des dizaines d’avertissements reçus. Ouvrage grossier, mossada...

        • joaopessoa 28 novembre 2015 21:11

          @roman_garev

          Dans le monde de massada les pilotes russes ne parlent pas l anglais.c est bien connu en Russie les pilotes ont un niveau cap.on va les chercher au coin de la rue on leur fait passer un stage puis on les fout dans un sukhoi.d ailleurs est on bien sûr que ce sont les turcs qui ont tiré sur le bombardier.ça doit être une erreur de pilotage du ne un eu russe qu on a foutu dans l avion,le stage sukhoi a été baclé..


        • V_Parlier V_Parlier 28 novembre 2015 22:26

          @njama
          Et en plus on s’en fout de savoir s’ils sont passés 10 secondes eu dessus de la Turquie ! Qu’est-ce que ça change dans un contexte où tout le monde est soi disant ligué contre Daesh ? Je ne suis même pas allé vérifier une quelconque carte tellement ce point est secondaire pour moi. Ce que je vois c’est qu’Erdogan soutient les terroristes et qu’apparemment certains pro-israeliens ici présents lui en sont reconnaissants... (Après, est-ce un troll ou un vrai, ça je ne sais).


        • sirocco sirocco 28 novembre 2015 23:56

          @njama

          ...et syrien.


        • Dom66 Dom66 29 novembre 2015 00:30

          @roman_garev

          Roman, répondre à massada c’est comme parler d’un poème de Victor Hugo à un porc.


        • HELIOS HELIOS 29 novembre 2015 00:52

          @njama

          et les turc, ceux qui sont si precis et intransigeant sur leur frontières, ne cessent de violer l’espace aerien grec, donc l’espace aerien de l’UE !

        • roman_garev 29 novembre 2015 07:54

          @Dom66


          Bonjour Dom66.
          Je lui répondais surtout à l’intention de ceux qui pourraient croire à ses conclusions. C’était important de montrer la fausseté de ses soi-disant faits servant de base à ses élucubrations.

        • Doume65 29 novembre 2015 17:34

          @njama
          « l’aviation israélienne n’arrête pas de violer l’espace aérien libanais ... »
          ... Et syrien !
          Et elle ne se contente pas de le survoler !


        • porcinet 29 novembre 2015 22:33

          @Dom66
          Ne pas insulter les pauvres porcs, please, Massada n’a rien à voir, c’est un débile sioniste.


        • JC_Lavau JC_Lavau 28 novembre 2015 18:18

          Moi simple grand public, il y a des nouvelles que je voudrais bien avoir. Il y a quelques semaines, on parlait d’envoi de troupes chinoises au sol, et d’assistance à l’Irak pour fermer leur espace aérien à ces « philanthropes qui lui veulent du bien ».
          Avec la joyeuse perspective que les restes d’E.I. refluent vers l’Arabie Saoudite, y foutre le boxon dont ils sont coutumiers.
          Et...
          Et je ne vois rien venir.
          J’ai juste vu passer la réflexion que les chinois attendent que la Russie ait perdu suffisamment de plumes, pour que eux restent la seule superpuissance de l’avenir.

          Quelqu’un aurait-il des infos plus fraîches ?

          D’un point de vue diplomatique, il me semble que seuls l’Iran et l’Irak sont en position pour demander à la Chine de se mouiller davantage. Le feront-ils ? L’ont-ils fait ?


          • Dom66 Dom66 29 novembre 2015 00:34

            @JC_Lavau
            J’ai ça pas très frais mais enfin...

            https://francais.rt.com/opinions/11190-chine-va-faire-payer-criminels-daesh


          • devphil30 devphil30 28 novembre 2015 19:13

            Merci pour votre très bon article 


            Philippe 

            • .
              Vladimir Poutine : un joueur d’échec génial !
              .
              Qu’est-ce qui explique le transfert du commandement ( officieusement pour la PRESSE du moins ) du système anti-aérien S-400 de l’État major russe a l’État Major Syrien ? 
              .
              D’abord, il faut être clair, il s’agit d’un transfert de façade. Le personnel syrien n’a pas encore été
              formé et , donc, les techniciens russes opéreront l’ensemble des systèmes du S-400... En réalité.
              un simple haut-gradé de l’armé de l’air syrienne sera présent au sein de l’unité. De plus, Les russes ont annoncé aussi qu’il ne vendront pas ce système a la Syrie....après la fin des opérations anti-terroristes.
              .
              Cette décision , ce transfert du contrôle ( de façade ) du S-400 aux syriens, est reliée a la Convention de Montreux .
              .
              Imaginez une situation ou les russes élimineraient 1ou 2 jet F-16 au dessus de la Syrie. Erdogan en profiterait, n’en doutez pas , pour fermer le détroit du Bosphore. Il invoquerait une clause de la Convention de Montreux (1936 et toujours en vigueur) permettant a un pays de fermer le détroit ...lors du déclenchement d’une guerre directe contre ce pays. Les destroyers et les ravitaillements russes ne pourraient, alors, franchir le détroit. IMPOSSIBLE.
              .
              M. Poutine, sous les recommandation de ses stratèges, a donc pris la décision de ’’transférer’’ le commandement du S-400 a la Syrie. Ironie de l’histoire, c’est maintenant la Syrie qui imposera un ’’no-fly-zone’’ militaire au dessus....de la république de Syrie 

              .
              Il commence a me plaire, ce Vladimir Poutine 
              .
              La Turquie pourrait-elle fermer le Bosphore à la Russie ?


              • roman_garev 28 novembre 2015 20:53

                @https:


                « Qu’est-ce qui explique le transfert du commandement ( officieusement pour la PRESSE du moins ) du système anti-aérien S-400 de l’État major russe a l’État Major Syrien »

                Vouz traînez cette « nouvelle » du transfert de S-400 aux Syriens de l’article à l’article sur l’AV, mais ne donnez jamais de preuve.
                Merci de présenter le lien pour cette affirmation.


              • Après le retrait des missiles PATRIOTS de Turquie, après avoir piégé Erdogan, voila que les américains prennent leur distance de cet idiot devenu inutile :

                .

                .

                De sources iraniennes :

                .

                - Un porte-parole de la coalition américaine anti-Daesh a déclaré que la suspension des raids aériens contre Daesh en Syrie n’avait rien à avoir avec le déploiement du système S-400 dans ce pays. " Les forces de la coalition n’ont visé, depuis jeudi, aucun objectif en Syrie, mais les raids aériens se sont poursuivis contre les positions de Daesh en Irak", a-t-il ajouté.


                " Le porte-parole de la coalition américaine a prétendu que les frappes aériennes en Syrie nécessitaient de longs examens. Il faudrait déterminer quand et où ces attaquent devraient s’effectuer pour pouvoir obtenir le maximum d’efficacité contre les positions de Daesh", a rapporté la chaîne russe, sans citer le nom de ce porte-parole.
                En riposte à l’action de la Turquie, qui a abattu le chasseur russe Su-24, le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé, jeudi, le déploiement du nouveau système de S-400 en Syrie.
                Le système S-400 a été transféré de la Russie en Syrie, en moins de 24 heures.
                Mardi dernier, un chasseur russe, Soukhoï-24 a été abattu par un F-16 turc dans l’espace aérien syrien.
                Après l’installation du système S-400 en Syrie, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a qualifié de crime, le renversement de l’avion de combat russe par la Turquie, rassurant que Moscou apporterait des réponses militaires et politiques nécessaires, contre la démarche agressive d’Ankara.


                • Voila, c’est fait ! Les pilotes des F-16 israéliens commencent a critiquer les décisions du Führer  Netanyahu. Le parrain veut les envoyer jouer le rôle d’ appâts
                  au dessus de la Syrie !
                   Netanyahu, pour éviter toute défection de ses pilotes, aurait ordonné qu’aucun pilote ne vole seul au dessus de la Syrie. 
                  .
                  Ce n’est pas une stratégie nouvelle : Adolph Hitler a utilisé la même vers la fin de la guerre. 

                  De sources libanaises :

                  S-400 en Syrie : la liberté d’action des avions israéliens freinée L’équipe du site

                  Aucune réaction de l’armée israélienne n’a été exprimée sur le déploiement du S-400 russe au nord-est de Lattaquié. Il n’en demeure pas moins qu’il constitue une source de préoccupation.

                  « Avons-nous quelque chose à craindre ? La réponse est : oui et non », titre le journal israélien Times Of Israël, selon lequel si les rapports des médias russes contrôlés par l’État sont vrais, Israël n’aura plus la liberté d’envoyer des avions en Syrie à l’improviste.

                  « Le système S-400 sera une épée de Damoclès sur la tête de l’armée de l’air israélienne – toujours présent, toujours prêt à frapper un avion israélien sans méfiance dans le ciel, a indiqué Tyler Rogoway, un contributeur du site d’informations militaire, Foxtrot Alpha, mercredi.

                  Selon lui, cela devrait juste changer les règles du jeu.

                  Tout en affichant son scepticisme quant à la rapidité avec laquelle Moscou a déployé cet armement en Syrie, le journal Times of Israel s’est intéressé à ses capacités militaires : vu qu’il combine un système de radar de pointe, ceci lui permet de détecter des missiles balistiques et les aéronefs à haute et à basse altitude qui se trouvent à des centaines de kilomètres de là, avec une variété de missiles capables de les atteindre.

                  « Tout, d’un avion de chasse F-15 à un bombardier furtif B-2 qui rentre dans le rayon du S-400, risque d’exploser dans le ciel », estime-t-il.

                  Selon lui, son déploiement à Lattaquié va donner le contrôle aérien à la Russie sur la quasi-totalité de la Syrie, le Liban et Chypre, plus de la moitié de la Turquie, des parties de l’Irak et la Jordanie – et, bien sûr, Israël.

                  Se voulant rassurés et rassurant, les experts israéliens s’efforcent de se fier au hotline établi au terme d’un accord conclu entre militaires russes et israéliens au lendemain de l’intervention russe en Syrie, pour éviter toute friction. Les mesures qui en découlaient n’en étaient que volontaires.  Avec l’avènement du S-400, la coordination des attaques au préalable devient plus que nécessaire. Une restriction à ne pas sous-estimer.

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