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Sommet du G15 : Les voeux pieux et le feuilleton du nucléaire civil iranien

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré »

Albert Einstein

Dimanche et lundi, s’est tenu, dans la capitale iranienne une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, du G15- G20 (en réalité), consacrée à la situation internationale. Devant l’inflation des G, tâchons d’y voir clair. D’abord, on dit que seul le G2 a du poids (Etats-Unis - Chine), ce dernier étant le banquier du premier. Nous nous en sommes aperçus au sommet de Copenhague où les négociations ont tourné à l’accord sino-américain).

G 7-8, G 20 : le début Les Occidentaux ont toujours développé une obsession maladive, voire faire preuve de génie, tenter, à tout prix, de se détacher de la masse des autres peuples considérés dans leur imaginaire, comme des peuples inférieurs sur tous les plans et donc, qui ont vocation, d’une façon ou d’une autre, à subir un joug qui se décline de plusieurs façons : culturel, cultuel, scientifique. C’est d’une certaine façon le mythe de la « destinée manifeste » pour les races supérieures, concepts qui ont encore cours de nos jours, sauf que les idéologues ne sont plus Jules Ferry, Rudyard Kipling, Ernest Renan, Joseph Chamberlain, Cécile Rhodes et j’en passe !!

Les nouveaux gourous du monde, censés dicter la norme, s’appellent indifféremment Obama, Merkel, Sarkozy, Berlusconi, DS-K,Trichet. Les « nouveaux élus » se regroupent au sein d’abord du G7-8 à l’initiative de Giscard qui leur offrit en 1975 le faste de Versailles pour discuter entre deux chasses, du sort du monde. Le groupe s’est élargi à la Russie en 1998 pour devenir le G8. Le G8 est un groupe de discussion et de partenariat économique de huit pays parmi les plus puissants économiquement du monde : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie. Ensemble, ils représentent 61% de l’économie mondiale. Le Groupe des 20 (ou G20) est un forum économique qui a été créé en 1999, après la succession de crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d’un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Le G20 représente les deux tiers du commerce et de la population mondiale et plus de 90% du produit mondial brut (somme des PIB de tous les pays du monde)1. Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, ce sont les chefs d’État ou de gouvernement qui se sont réunis et non uniquement les ministres des Finances. Les actuels membres du G20 représentent environ 65,2% de la population mondiale. Les régimes se répartissent ainsi : l’union de type confédérale, 14 Républiques (dont 7 Républiques fédérales et 1 République populaire) et 5 monarchies (dont 1 monarchie absolue).

G15-G20 Le groupe des quinze (ou G15) est une coalition de dix-huit pays étant membres ou observateurs du Mouvement des non-alignés (NAM) : Algérie, Argentine, Brésil, Chili, Égypte, Inde, Indonésie, Iran, Jamaïque, Kenya, Malaisie, Mexique, Nigeria, Pérou, Sénégal, Sri Lanka, Venezuela et Zimbabwe. Le G15 a été créé au 9e Sommet des pays non alignés, réunis à Belgrade, en ex-Yougoslavie, en septembre 1989, animé d’un objectif commun de croissance et de prospérité pour ses Etats membres. Les pays qui composent ce groupe, occupent 6% des terres du monde, 34% de la population mondiale, 17% du commerce mondial et consomment 12% de la production d’électricité. En moyenne, 21% du PIB. Environ 28% du marché de pétrole, 18% de gaz et 29% des ressources naturelles dans le monde, leur appartiennent témoignant du statut important du groupe dans les équations mondiales. Il sert à faire concurrence aux autres organisations économiques telles que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et surtout le Groupe des huit (G8).

Le G4 Appelé aussi pays BRIC est un acronyme qui désigne le groupe de pays formé par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Le premier sommet des pays Bric a eu lieu le 16 juin 2009 à Iekaterinbourg, en Russie. Le second sommet a eu lieu le 16 avril 2010 à Brasília, au Brésil. Les dirigeants des pays du Bric, lors du sommet à Iekaterinbourg en 2008, avaient déclaré : Les BRIC sont des pays à forte croissance, dont, au début du XXIe siècle, le poids dans l’économie mondiale augmente. Un rapport de Goldman Sachs tendait à montrer que l’économie des pays du groupe BRIC va rapidement se développer ; le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie). Chacun des BRIC se situerait en 2050 au même niveau que les principales puissances économiques actuelles : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, etc. « Il est estimé dans un nouveau rapport que le poids des BRIC dans la croissance mondiale passera de 20% en 2003 à 40% en 2025. Par ailleurs, leur poids total dans l’économie passera de 10% en 2004 à plus de 20% en 2025. Le PIB par habitant est en augmentation rapide, les pays composant le BRIC pourraient, dans un avenir proche, renforcer davantage leurs coopérations économiques en échangeant les ressources naturelles et technologiques, le Brésil et la Russie produisant du pétrole et du gaz naturel, tandis que la Chine et l’Inde sont en plein processus d’industrialisation qui nécessite beaucoup d’énergie. La Russie reste la superpuissance militaire la plus importante après les USA. Son poids est lié à ses riches ressources énergétiques, pratiquement illimitées (gaz, pétrole, uranium, etc.).

« Le G15 doit jouer son rôle » Pour en revenir au sommet du G15-G20. Pour Ahmadinejad : le G15 doit jouer un rôle déterminant dans la crise économique : « Alors que le monde est profondément plongé dans un marasme économique, il revient au G15 de jouer son rôle qui peut être déterminant dans la situation actuelle », « Lorsque les fondateurs du Mouvement des Non-alignés (MNA) ont fait état, en 1961, de la création du G15, ils croyaient que les pays du tiers-monde pourraient, grâce à une indépendance et à une convergence de vues, lancer un combat sérieux contre l’impérialisme, le colonialisme, la ségrégation raciale, l’hégémonie des superpuissances dans toutes leurs formes. Les efforts qu’ont déployés les membres du MNA pour trouver la place qu’ils méritent parmi d’autres pays du monde, ont en fin de compte forcé l’ordre hégémonique à changer de cap, malgré le fait que ces derniers ne sont pas restés les bras croisés, ils ont recouru à des nouvelles méthodes notamment logiciels, pour conserver leur hégémonie sur les pays en développement », a déclaré Mottaki.(1)

Pour rappel et comme l’écrit Meriem Abdou : « En septembre 2003, vingt pays du Sud, dont principalement le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, provoquent l’échec de la conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún. Les dirigeants du Mouvement des Non-alignés, réunis à Alger en 1973, obtiennent la convocation d’une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU en mai 1974. Consacrée aux problèmes du développement, elle critique la nature même des relations internationales. L’Assemblée générale reconnaît notamment qu’« il s’est révélé impossible de réaliser un développement harmonieux et équilibré de la communauté internationale dans l’ordre économique international actuel. (...) Cet ordre est en contradiction directe avec l’évolution des relations politiques et économiques contemporaines » (résolution 3201). Les années 1974-1975 constituent l’apogée de la dynamique de solidarité des États du tiers-monde. Ceux-ci ont cependant à peine le temps de se féliciter de cette victoire que la dure réalité des relations internationales reprend « violemment » ses droits.(2)

Quels sont les résultats du sommet ? En substance, beaucoup de déclarations de bonnes intentions. Une critique du système économique international sans réelle prise sur les événements au-delà des voeux pieux. Les questions relatives à l’énergie et à l’environnement ont été au menu des travaux du 14e Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays du groupe des 15. Intervenant lors de ce sommet, le président algérien a asséné quelques vérités : « Nous déplorons la volonté d’imposer aux pays en développement, candidats à l’accession à l’OMC, des conditions exorbitantes, non exigées des pays membres, même développés (...) Nous rejetons l’argument que tel serait le prix à payer par les pays en développement candidats pour leur retard. » Parlant d’un protectionnisme coloré de vert (écologique), qui transfère par ce biais également, des pays du Nord aux pays du Sud, la charge de l’ajustement qu’appellent les changements climatiques. Pourtant, déclare-t-il, les pays industrialisés, historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre, se soustraient à leurs obligations en matière de lutte contre ce phénomène. S’agissant de l’OMC engluée à Doha, il déclare : « Les aléas de ces négociations interminables pénalisent d’abord, les plus vulnérables qui voient chaque jour s’éloigner un peu plus les perspectives d’accès de leurs produits aux marchés des pays développés (...) Nous pouvons aussi revendiquer légitimement, notre droit d’impulser la refonte du système monétaire et financier international », lance-t-il à l’assistance. Le fait que 5 Etats membres du Groupe des 15 soient aussi membres du G20, offre l’opportunité aux pays en voie de développement de faire valoir, au sein de ce dernier, les objectifs et les priorités « que nous aurons déterminés ensemble ».Les dirigeants des pays du G15, ont adopté une déclaration finale dans laquelle l’accent a été mis sur le renforcement de la coopération politique et économique Sud-Sud.(3)

Malgré sa faiblesse, les pays industrialisés tiennent encore la corde. Ainsi, malgré la débâcle de l’Europe, et à ce sujet, la zone euro risque de s’effondrer. Peut-être pas d’ici 3 ans, grâce au répit offert par le plan de sauvetage massif de 750 milliards d’euros...Mais d’ici 10 ans, cette issue semble de plus en plus réaliste du point de vue de nombreux économistes anglo-saxons. Y compris les plus influents : Joseph Stiglitz, Nouriel Roubini, Paul Krugman et Paul Volker ont tous récemment émis des doutes sur l’intégrité à moyen terme de l’union monétaire. Malgré tout cela, que l’on ne se fasse pas d’illusion !

Le G15, au-delà des salamalecs sans lendemain, n’a pas le poids sur l’échiquier mondial. De plus, il faut savoir que 5 pays, qui sont du G15-G20 original, sont aussi membres du G20 des riches. Mieux encore le Brésil, nouveau pays émergent situé à la « frontière », est aussi membre du G4. On le voit, toutes les places sont bonnes quand il s’agit d’avoir une visibilité. Et à ce titre, le Brésil n’est pas venu en touriste en Iran ou pour ne régler que le problème posé par l’Occident à propos du nucléaire, il est arrivé avec 300 personnes dont 260 hommes d’affaires et 6 ministres. Son ambition est de porter le chiffre du commerce avec l’Iran de 4,7 milliards de dollars à près de 10 milliards de dollars. Les affaires sont les affaires !

Le seul « résultat tangible » est l’accord tripartite de pays du Sud qui tentent de dénouer une crise gérée de façon catastrophique par les pays du Nord, qui veulent empêcher un pays d’accéder à la technologie nucléaire civile, en l’occurrence l’Iran. L’accord stipule que l’Iran est prêt à transférer en Iran 1200 kg d’uranium à 3, 5% pour être enrichi à 20% et ceci afin de subvenir aux besoins des hôpitaux iraniens demandeurs d’isotopes. L’Iran gardera cependant, la possibilité de continuer à enrichir son uranium à 20% Pour O. Berbiche, « le jeu de poker sur le dossier du nucléaire iranien change de mains. Le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), engagé dans d’interminables et hypothétiques négociations avec Téhéran sur son potentiel nucléaire, vient de se voir rafler la mise par deux pays émergents qui comptent sur la scène internationale (...) L’initiative intervient dans un contexte géopolitique marqué par une certaine fébrilité au niveau du Conseil de sécurité, qui planche sur des sanctions internationales contre l’Iran, conforté par le tout récent "lâchage" de Téhéran par la Chine et la Russie. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, a estimé à la suite de cet accord que l’idée de sanctions contre Téhéran n’avait plus sa raison d’être. Mais que pèsent la Turquie, qui a déjà beaucoup de difficultés à intégrer l’UE, et le Brésil, même dans son nouveau statut de pays émergent, dans la gestion d’un dossier aussi sensible et aussi stratégique dont les ficelles sont tirées ailleurs ? Le seul résultat palpable de la réunion du G15 est d’avoir réussi à repêcher l’Iran, en lui obtenant un nouveau sursis face aux menaces de sanctions internationales qui se précisent de plus en plus. » (4)

On l’aura compris, le premier pays à réagir et à discuter la marche à suivre aux autres, est Israël qui y voit une manipulation des deux pays par l’Iran. La France n’est pas en reste, elle montre sa méfiance. Interrogée, Hillary Clinton dit que la réponse sera donnée ce soir par le Conseil de sécurité qui finalise une série de sanctions auxquelles s’associent, pour la première fois, la Chine et la Russie. La question qui se pose est : Comment les Etats-Unis ont réussi à convaincre à la fois la Chine et la Russie de lâcher l’Iran ? Que vaut en effet l’initiative de la Turquie et du Brésil pays émergents, qui veulent contribuer à la paix du Monde ? L’Ayatollah Khamenei a beau clamer que l’Islam prohibe ce type d’arme (atomique). Nul doute que le débat sera intéressant ce soir à New York. Ces deux pays sont membres du Conseil de sécurité et leur souhait d’intégrer le groupe des 5 plus l’Allemagne pour contribuer au dossier nucléaire, pourrait trouver sa réponse. On saura alors que les grands de ce monde font cas de la contribution des petits pays. Le chancelier autrichien Metternich avait l’habitude de dire : « La diplomatie sans la force, c’est comme la musique sans instrument. » Nous en sommes convaincus.

1.http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=137798&language=fr

2.Meriem Abdou http: //www.lecourrier dalgerie.com/papiers/lacapitale.html 17.05.2010

3.Achira Mammeri : Le coup de colère de Bouteflika. L’Expression 18.05.2010

4.O.Berbiche : L’Iran brouille les cartes. El Watan 18.05.2010

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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1 réactions à cet article    


  • verdan 25 mai 2010 22:06

    brice le sicaire zélote du grand israel.....
    ....je méprisais vos dires ....Je vous plains en fait....

    @ l’auteur
    je partage votre opinion.

    Bien à vous

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