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Accueil du site > Actualités > International > Soudan : journées de la femme

Soudan : journées de la femme

Il est des pays qui cumulent les malheurs. En plus du conflit au Darfour, cette région subit la dure loi islamique. Deux femmes soudanaises ont été condamnées à la mort par lapidation pour adultère, après un procès au cours duquel elles n’ont eu droit à aucun avocat, et n’ont pas pu employer leur langue maternelle.

Sadia Idriss Fadul a été condamnée le 13 février et Amouna Abdallah Daldoum le 6 mars. Selon Amnesty International, la sentence peut être exécutée à tout moment.

Le Soudan du nord applique la loi islamique de la charia.

“Les femmes n’ont eu aucun avocat pendant leur épreuve et ne pouvaient pas se défendre, car leurs langues parlées sont celles de leurs groupes ethniques,” souligne Amnesty International.

L’organisation souligne que les deux femmes appartiennent à des tribus non arabes, mais les procédures d’accusation n’ont employé que la langue arabe, et aucun interprète ne leur a été fourni. Le procès a eu lieu dans l’état central d’Al Gezira.

« Une des femmes, Sadia Idriss Fadul, est en prison avec un de ses enfants ».

EL-Bagir de Faysal, un activiste soudanais des droits de l’homme, indique : « les sentences de mort par lapidation sont rares au Soudan, mais nous savons que dans le secteur concerné il y a déjà eu de tels jugements ».

L’homme co-accusé dans le procès de Mme Fadul a bénéficié d’un non-lieu par faute de preuves. La procédure soudanaise n’exige que des témoignages pour asseoir la conviction du tribunal. Aucune expertise médico-légale, comme les tests ADN, n’est utilisée.

Selon le code pénal du Soudan, toute personne mariée ayant des relations sexuelles hors mariage est punie de mort par lapidation. Si l’un des deux fautifs est célibataire, il est fouetté.

EL-Bagir de Faysal signale un autre cas dans la région occidentale du Darfour : il y a deux ans, une femme condamnée à mort par lapidation a vu sa peine réduite, grâce à une campagne publique menée par des militants des droits de l’homme. Cependant, elle n’a pas échappé à l’épreuve du fouet.

Le ministère de la justice du Soudan n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Sources : Reuters, Amnesty International.

 

 

 


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14 réactions à cet article    


  • Dominique (---.---.184.109) 21 mars 2007 14:09

    Atroce, atroce, atroce et, déjà, si ordinaire ; déjà vu lancinant qui nous détourne du combat des progressistes du Soudan et d’ailleurs pour ne voir que l’horreur de la lapidation, symptôme final d’une religion dévoyée (?) ou définitivement rétrograde.

    Merci pour votre article.


    • LE CHAT LE CHAT 21 mars 2007 14:15

      de torquémada aux islamistes , les théocraties sont des horreurs !


      • Dominique (---.---.184.109) 21 mars 2007 14:27

        Oui...

        Torquemada : 15e siècle

        Islam radical : 21e siècle


      • Marie Pierre 21 mars 2007 14:34

        Cela ne cessera-t-il donc jamais ? Pourtant, certaines voix s’élèvent contre la charia, encore trop faibles.


        • Décibel (---.---.55.41) 21 mars 2007 15:03

          Il n’y a pas une organisation qui pourrait éditer des tracs dénonçant cette monstruosité et les distribuer à chaque femme voilée rencontré dans la rue (ainsi qu’à chaque homme affichant ostensiblement sa religion musulmane) ?


          • JCD (---.---.58.248) 21 mars 2007 15:03

            Le boycott des Jeux olympiques à PEKIN est une bonne façon de faire pression sur ce pays qui soutient ce génocide arabo africain.


            • ribeyre (---.---.1.53) 9 avril 2007 00:34

              Vivant au Soudan depuis presque 10 ans, avec des ONG au service des réfugiés du SUD SOUDAN (ils sont encore 2 millions AUTOUR DE KHARTOUM,dans des conditions pas meilleures que les camps du Darfour, même si certains commencent à rentrer chez eux dans le Sud)je me permets d’intervenir : D’accord pour condamner ces pratiques contre les femmes. Mais pas d’accord pour parler d’un génocide arabo africain. Ce n’est pas si simple que cela et c’est ignorer la situation politique actuelle du Soudan, car les soudanais les plus « africains » (ceux du Sud) sont actuellement associés au gouvernement à Khartoum.

              Et même quand on n’a aucune affinité avec le parti majoritaire au pouvoir à Khartoum, ce qui est mon cas, l’objectivité oblige à reconnaître qu’il y a eu ces dernières années au Soudan des évolutions positives - qui peuvent éclairer la voie pour la solution du problème du Darfour.

              LA SITUATION ACTUELLE DANS LE RESTE DU SOUDAN. Tous les conflits ne sont pas résolus, mais ils sont en voie de l’être par d’autres moyens que les armes.

               Le cessez-le-feu entre le Nord et le Sud est globalement respecté depuis 3 ans. Il y a une armée du Nord et une armée du Sud (ancien SPLM) avec des unités mixtes composées à 50/50, certaines dans le Nord, certaines dans le Sud. Les milices qui étaient dans le Sud ont à choisir entre s’intégrer à l’une ou à l’autre des deux armées. Un des problèmes est que certains préfèrent garder leurs armes et se reconvertir à leur compte...

               Les CASQUES BLEUS SONT PRESENTS AU SUD SOUDAN (au moins 10 000) pour surveiller le cessez-le-feu.

               Le Sud Soudan est effectivement autonome, avec son propre gouvernement et ses propres finances.  Il a adopté une constitution LAÏQUE.

               Au Nord, la loi islamique est toujours en vigueur mais ne s’applique plus aux non musulmans. Des processions chrétiennes sillonnent les grandes artères des villes du Nord à l’occasion des grandes fêtes chrétiennes, ce qui est très rare dans un pays musulman.

               Le Sudistes sont présents dans le gouvernement fédéral : le 1er vice président de Al Bashir est un chrétien, l’ancien leader des rebelles : MR SALVA KIIR. Un tiers des ministres (dont celui des Affaires Etrangères) sont des sudistes ou d’anciens opposants, ainsi que 16 ambassadeurs (dont celui à Washington).

               Les revenus du pétrole sont divisés entre le Nord et le Sud selon des critères très précis et sous la surveillance d’une commission bi partite qui examine les réclamations, car il y en a.

               Le parti du président Al Bachir reste (d’après les accords) le parti dominant (52%). Mais LES PARTIS D’OPPOSITION du Nord Soudan (dont le parti communiste) SONT PRESENTS A KHARTOUM, y compris à l’assemblée nationale ; ils font leurs rassemblements et éditent leurs journaux. RFI et la BBC en arabe sont relayés à Khartoum depuis de nombreuses années.

               Le SPLA lui-même s’est reconverti en parti politique et déclare vouloir remporter les élections de 2008, même au Nord.

               Une nouvelle monnaie a été créée, le SPLA ne voulant pas de l’ancienne.

               Des accords ont également été signés l’an passé à Asmara avec les rebelles du front de l’EST, principalement la tribu des BEJA. Leurs combattants ont été intégrés dans l’armée régulière et leurs ministres et députés viennent de prêter serment.

               Les leaders du Darfour qui ont signé les accords d’Abuja (dont Mini Minawi, rival de Al-Nour) sont associés au gouvernement fédéral, mais se trouvent de plus en plus en porte à faux...

              D’autres points seraient à mentionner... Des points de friction subsistent, en particulier pour les régions revendiquées par les sudistes mais que les anglais avaient « oubliées » dans le Nord... et qui se trouvent être justement riches en pétrole !...

              Il ne s’agit pas de faire l’éloge du régime de Khartoum : cette libéralisation n’a pas été acceptée de gaîté de cœur par le parti de Al Bashir mais est le fruit des très longues NEGOCIATIONS (3 ans) effectuées SOUS LA PRESSION INTERNATIONALE. La confiance ne règne pas et des litiges subsistent, mais c’est quand même mieux que la guerre.

              Voici enfin un extrait de la RESOLUTION 1679 adoptée par le CONSEIL DE SECURITE le 16 mai 2006 :

              "Le Conseil de sécurité, Se félicitant du succès des pourparlers intersoudanais tenus sous l’égide de l’Union africaine à ABUJA (Nigéria), (et aussi des USA et de l’Union Européenne) Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

              1. Demande aux parties à l’Accord de paix au Darfour de respecter les engagements qu’elles ont pris et de mettre l’Accord en application sans retard, INVITE INSTAMMENT LES PARTIES QUI NE L’ONT PAS FAIT A SIGNER L’ACCORD sans attendre et à ne rien faire qui pourrait en empêcher l’application, et entend envisager de prendre, notamment en réponse à une demande de l’Union africaine, des mesures énergiques et efficaces, telles que l’interdiction de voyager et le gel d’avoirs, à l’encontre de toute personne ou tout groupe qui contreviendrait à l’Accord de paix au Darfour ou tenterait d’en empêcher la mise en œuvre." Cette position était aussi celle des Etats-Unis et de la France...

              Mr ABDUL WAHID AL-NOUR, qui a participé aux négociations d’Abuja mais qui s’est dissocié des signataires suite à des rivalités personnelles, est visé par cet article. Je doute donc qu’il soit utile de lui dérouler le tapis rouge comme ce fut le cas récemment, à la mutualité, je crois...

              Pourquoi par exemple a-t-il refusé plusieurs fois de rencontrer le premier vice-président du Soudan (Salva Kiir, ancien leader des rebelles du Sud) qui offre sa médiation pour la reprise de négociations ? Le pousser lui aussi à revenir à une table de négociation ne serait-il pas plus utile que de lui faire croire que le salut viendra d’une intervention militaire des pays occidentaux ?

              Beaucoup d’instances internationales reconnaissent qu’il ne peut y avoir de solution au Darfour par les armes. Que pourrait même une force de 20000 ou 50000 hommes avec ou sans casques bleus dans un territoire grand comme la France ? A moins que quelqu’un ait intérêt à créer un 2ème Irak... Qui sait ? Qu’y gagneraient les populations sans défense ? LE MEILLEUR MOYEN DE LES PROTEGER ET D’ABREGER LEURS SOUFFRANCES - avec l’action humanitaire - ne serait-il pas de pousser leurs leaders à la re-négociation des accords d’Abuja avec TOUTES LES AUTRES PARTIES, et non de leur faire miroiter la venue de l’occident sauveur ou une quelconque victoire militaire.

              Pourquoi ce qui a été possible au Sud après presque deux fois vingt ans d’une guerre terrible ne serait pas possible au Darfour, MEME AVEC CE REGIME-LA ? Ne pas négocier sous prétexte qu’il n’y pas de confiance, comme le dit Mr Al Nour, est un faux-fuyant, pas une excuse, et il faudrait à mon avis que LUI AUSSI se l’entende dire quand il vient à Paris. Michel Ribeyre


            • bebert lefort (---.---.128.144) 21 mars 2007 17:58

              Cher decibel Votre raisonnement est parfait ,mais qui oserait le faire en France ? D’emblée les associations déposeraient plainte et nous aurions à répondre du délit de racisme. Nous sommes au 12éme siècle . Bientôt nous reverrons l’écartèlement.


              • dan (---.---.254.253) 21 mars 2007 18:43

                Il faut lancer une campagne internationale contre la charia comme on l’a fait contre l’esclavage et l’exploitation des enfants et mettre tous les pays qui appliquent la charia au ban des nations.Que fait l’ONU ?Je crois que la ligue islamique mondiale,l’O.C.I(Organisation de la Conférence Islamique) bloque la situation.Il y a là un conflit patent de civilisations.


                • (---.---.38.189) 21 mars 2007 21:09

                  Et ces femmes lapidées, violées, défigurées à l’acide en France, par leur congénères, personne pour en parler ? Le Darfour c’est aussi chez nous maintenant, en plein coeur des banlieues.


                  • Fif fif 22 mars 2007 07:51

                    Je n’ignore pas ce qui se passe en France, mais les deux termes de la comparaison ne sont pas équilibrés. N’oubliez pas que les femmes maltraitées au Soudan :

                    - n’ont pas la possibilité de se faire soigner jour et nuit dans un service d’urgence,

                    - ni de porter plainte dans un commissariat,

                    - ni de téléphoner à un numéro national SOS violences faites aux femmes (en France 3919),

                    - ni être hébergées avec leurs enfants dans des structures sociales d’accueil.

                    Et, le pire, elles n’ont aucun espoir de voir un jour arrêter, juger et punir le ou les individus qui les ont maltraitées.

                    Cordialement


                  • Nono Nono 21 mars 2007 21:44

                    @ Fif,

                    Vous avez bien fait de signaler l’horreur de ces condamnations.

                    Pour ceux et celle qui veulent

                    AGIR

                    contre ces horreurs.

                    Faites-le avant le 27 avril 2007.

                    Vous pouvez écrire à « Al-Merdeux », Ministre de la justice au Soudan

                    Ou à

                    L’Ambassade du Soudan à Paris

                    11, rue Alfred Dehodencq 75016 Paris

                    Avec copie à Amnesty internationale ou l’une de ses antennes.

                    Chaque action compte...si elle est bien ciblée.

                    Bien à vous

                    Noah Norman


                    • Paradisial (---.---.55.43) 23 mars 2007 10:49

                      La notion de lapidation n’existe pas en Islam. Elle est typiquement judaïque comme châtiment envers les adultérins (souvent que des femmes / l’homme s’en échappe presque systématiquement / lisez la Torah, faites y des recherches).

                      Voilà un défi pour tous les ignorants : le Coran ne fait nullement mention de la lapidation. Faites vos recherches, vous ne la retrouverez point dedans. Le châtiment coranique pour les adultérins est : la flagellation (qui elle n’est pas mortelle) (de plus, d’un point de vue purement dogmatique, pour inculper quelqu’un d’adultère [un couple évidement, et non juste la pauvre femme] il faut satisfaire toute une myriade de conditions impossibles à réunir, dont voici les trois principales (subordonnées les unes aux autres) : A. le flagrant-délit, B. la présence de quatre témoins occulaires, C. que les quatres témoins aient assisté de visu à l’instant du flragrant délit à une pénétration en cours.

                      Dans de telles conditions prouver un adultère est très très difficile : sauf s’il y aurait deux audacieux qui le feraient en plein rue.

                      Nous pourrons tenter de réfléchir aux moralités à déduire quant au fait de rendre l’attestation de l’acte d’adultère si difficile à produire. Ceci est une autre histoire, pleine que de louables maximes : visant à créer une société sans adultère, saine et responsable (la préservation de la cohésion sociale, du tissus familiale et celle de l’enfance y sont les principales finalités). Hélas j’ai pas suffisement de temps pour vous la conter ici.

                      La lapidation disais-je fut un châtiment judaïque. Elle fut abrogée par Jésus. L’islam ne l’a jamais restaurée.

                      Que quelques musulmans appliquent (là et là) un châtiment judaïque de l’adultère (sur la base de quelques hadiths faibles contraires même à la prescription coranique) me fait douter quant à la compréhension que de telles ouailles ont de l’Islam.


                      • Paradisial (---.---.55.43) 23 mars 2007 10:58

                        Des Irakiens tuent des Irakiens pour le compte des Etats-Unis

                        samedi 24 février 2007

                        Curtis Doebbler

                        L’exécution imminente des trois femmes irakiennes révèle le degré de dépravation atteint par les autorités irakiennes de collaboration, écrit Curtis Doebbler.

                        Plus de la moitié des pays dans le monde ont interdit la peine de mort. Ceci inclut chacun des 45 pays du Conseil de l’Europe ayant ratifié la convention européenne pour la protection des libertés fondamentales et des droits de l’homme.

                        Le gouvernement italien a appelé à un complet et universel moratoire sur les exécutions. Cette initiative a été soutenue par beaucoup de gouvernements européens. Les Nations Unies, en tant qu’institution, sont contre la peine de mort et les organisations de droits de l’homme de l’ONU ont fréquemment condamné la peine capitale comme étant une violation du droit à la vie. Mais la peine de mort après un procès injuste est considérée comme illégale partout et dans toutes les circonstances.

                        En septembre 2006, après qu’un article du New York Times ait révélé plusieurs exécutions en Irak, les autorités irakiennes ont été intérrogées par la communauté internationale au sujet de l’exécution de plusieurs Irakiens après des procès jugés injustes. Mais très peu d’informations filtrent de ces procès - les Etats-Unis et les autorités irakiennes collaborant pour assurer que peu d’informations soient publiées sur ces jugements - et ce souci a disparu dans le silence.

                        Après la sinistre exécution du Président irakien Saddam Hussein le 30 décembre 2006, de nombreux gouvernements et responsables de l’ONU ont soulevé des questions au sujet des exécutions ayant lieu après que des procédures judiciaires largement considérées comme injustes ; mais les autorités irakiennes n’ont pas tenu compte de cette condamnation publique.

                        Cette condamnation a été réitérée encore par plusieurs états et responsables d’organisations des droits de l’homme de l’ONU après que les autorités irakiennes collaborant avec le gouvernement des Etats-Unis aient exécuté deux personnes supplémentaires après le même type de procès inique. Et cela s’est encore reproduit plus récemment après le même genre de procès devant le tribunal spécial irakien.

                        On pourrait imaginer que n’importe quel gouvernement soucieux des droits humains cesserait d’exécuter des personnes après des procès injustes et face à une telle condamnation si forte. Tout au contraire, le gouvernement des Etats-Unis et ses collaborateurs irakiens semblent devenir plus assoiffés de sang irakien à mesure que leurs actes hideux sont exposés au grand jour.

                        En fait ils réalisent une sorte de « nettoyage pervers » de communautés détestées.

                        Les mêmes ont procédé ainsi en Libye où ils ont lutté pendant une décennie pour faire disparaître le mouvement de libération d’Omar Mukhtar [grand résistant lybien contre l’occupation italienne, capturé puis assassiné par les fascistes italiens en 1931].

                        Dans ces temps modernes, les Etats-Unis ont un statut unique parmi les pays du monde pour la barbarie de leurs exécutions. Ils appliquent la peine de mort à des enfants, à des personnes physiquement et mentalement handicapées, et des femmes, et par des moyens parmi les plus inhumaines.

                        La Commission Américaine des droits de l’homme, les cours de justice des pays européens et la Cour de Justice Internationale ont condamné le gouvernement des Etats-Unis pour des exécutions capitales après des procès injustes au cours desquels des défenseurs étrangers n’ont pas été autorisés à exploiter les droits consulaires censés être respectés par les Etats-Unis.

                        C’est la victoire en versant le sang de son propre peuple...

                        Un exemple saisissant du massacre sans scrupule de citoyens irakiens est le cas de trois femmes irakiennes qui font face actuellement à une exécution imminente par les autorités irakiennes après des procès iniques. Dans la prison d’Al-Kadhimiya de Bagdad, Mme Wassan Talib, 31 ans, Mme Zainab Fadhil, 25 ans, et Mme Liqa Omar Muhammad, 26 ans, attendent d’être exécutées après un procès qu’Amnesty International à condamné comme injuste.

                        Aucune des trois femmes n’a été légalement représentée et aucune d’elles n’a eu le temps ni les moyens suffisants pour préparer sa propre défense. Il n’est même certain qu’il y ait eu un procès. Comme l’a précisé le New York Times en septembre 2006, certains procès ayant pour résultat la peine de mort sont basés sur la prétention d’une évidence, qui selon la défense n’a même jamais été démontrée. On ne peut que seulement imaginer le genre d’évidence, le cas échéant, qui a servi à accuser ces trois femmes.

                        Chacune des trois femmes a été accusée de la façon la plus vague d’avoir agit contre le bien-être public, correspondant au paragraphe 156 du code pénal irakien. Cette disposition déclare que « toute personne qui commet volontairement un acte avec l’intention de violer l’indépendance du pays ou son unité ou la sécurité de son territoire, et si cet acte, par sa nature, mène à une telle violation est punissable de la peine de mort. »

                        Et tandis que ces trois jeunes femmes attendent leur exécution, deux d’entre elles prennent soin de leurs jeunes enfants ; l’une élève une fille d’à peine un an née en prison.

                        Des comédies aussi injustes ne correspondent même pas à la définition la plus simple de « procès » ; il s’agit en fait d’exemples de « crimes de guerre » consistant à imposer volontairement à des prisonniers de guerre ou à des civils des procès injustes.

                        Un soldat [américain] pourrait aisément être condamné à mort s’il tuait un Américain. Mais aucun Américain n’a été condamné à mort pour avoir tué un Irakien.

                        Bien que la communauté internationale a constamment, et avec de plus en plus de force, condamné verbalement les exécutions en Irak, aucune mesure n’a été prise jusqu’ici. Aucune utilisation n’a été faite des articles des conventions de Genève protégeant les civils et les prisonniers de guerre contre des jugements injustes. Ces dispositions exigent de tous les états de rechercher et d’amener devant leurs cours de justice toute personne impliquée dans un tel type de procès.

                        Ni les Etats-Unis ni leurs collaborateurs irakiens, ni la communauté internationale ne sont ignorants du genre de procès qui précède régulièrement les exécutions capitales en Irak. Les Américains impliqués dans ces procès se sont parfois vantés devant la presse du rôle qu’ils ont joué et de la responsabilité qui est la leur dans les procès suivis d’exécutions.

                        Dans ce vide général, la communauté internationale n’utilise que des mots là où il est avéré que des mots ne servent à rien, observant passivement comment des Irakiens tuent des Irakiens à la demande des leurs partenaires américains.

                        Une telle inaction signifie-t-elle que la communauté internationale est trop lâche pour agir contre ceux qui collaborent avec les militaires américains ? Signifie-t-elle que la condamnation de la peine de mort par plus de la moitié des pays dans le monde, aussi bien que par l’ONU, est simplement un geste sans signification ? Signifie-t-elle que pour les Américains et leurs alliés les vies des Arabes et des musulmans valent infiniment moins que leurs propres vies ?

                        Trois femmes irakiennes sont sur le point de donner leurs vies pour prouver que la réponse à chacune des trois questions est une retentissant « oui ».

                        Curtis Doebbler est enseignant à l’université An-Najah de Naplouse en Palestine

                        23 février 2007 - Al Ahram Weekly

                        Traduction : Claude Zurbach [Info-Palestine.net]

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