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Accueil du site > Actualités > International > South Sudan, Oyee ! Sud-Soudan ou le fragile avenir d’un nouvel Etat (...)

South Sudan, Oyee ! Sud-Soudan ou le fragile avenir d’un nouvel Etat souverain : prémices d’une nouvelle donne géopolitique pour l’Afrique

Bonne chance, Président Salva Kiir Mayardit ! Et confiance dans l’avenir, car il vous faudra en effet beaucoup de diplomatie en tant que dirigeant du 54 ème Etat africain qui rejoindra l’ONU dans quelques jours pour conquérir la pleine souveraineté politique et économique de votre nouveau pays sur fond de guerre d’hydrocarbures. Et si la partition du Soudan était le prélude à une balkanisation régionale, autour des Grands Lacs et au Congo, par exemple, initiant la recomposition des véritables nouvelles frontières africaines en mettant un terme au principe d’intangibilité issu de la décolonisation et en laissant le champ libre à de nouvelles sécessions en prise avec de nouvelles réalités géopolitiques et géoéconomiques ?

La République du Sud-Soudan (RoSS) a donc proclamé son indépendance samedi 09 juillet 2011 à Juba, sa capitale, devenant la plus jeune nation au monde et divisant en deux le plus grand pays d'Afrique. Le Sud, à majorité chrétienne et animiste, se sépare ainsi du Nord musulman après 39 ans d’une guerre civile atroce comme le sont toutes les guerres de sécession et qui aura causé plus de deux millions de morts. 

Rappel :

La guerre civile Nord/Sud au Soudan a débuté en 1955 et s’est poursuivie jusqu’en 1972.

La signature des accords d’Addis-Abeba en 1972 met fin à la guerre Nord/Sud ; sa reprise en 1983 est marquée en 2005 par la mort de John Garang (chef de la sécession du Sud-Soudan) dans un accident d’hélicoptère (assassinat politique ou accident, la question demeure).

Le 9 janvier 2005 les rebelles sudistes signent avec Khartoum un accord de paix qui prévoit la disparition de la Charia dans le Sud et 6 années d’autonomie avant un référendum sur l’indépendance.

En se portant garante du Traité de Paix de Nairobi de 2005 et de la bonne tenue du référendum d’autodétermination de janvier 2011 à l’occasion duquel le Sud-Soudan a vote la sécession à 98,83%, la communauté internationale a rendu possible l’émergence de cette nouvelle République Si le défi politique a été surmonté, l’incertitude demeure quant aux défis ethniques, sociologiques, économiques (85% du pétrole soudanais se trouve au Sud alors que la seule raffinerie, l’unique débouché maritime sur la Mer Rouge ainsi que l’oléoduc qui permet l’exportation de ce pétrole sont au Nord).

Les négociations vont donc continuer sur entre le Sud et le Nord, négociations qui existent déjà par l’intermédiaire de l’ancien Président Sud-Africain Thabo Mbeki avec des facilitateurs norvégiens ainsi que la Chine qui est le plus grand exploitant et acteur du pétrole soudanais.

Une proie de choix

Le nouvel Etat (193è membre des nations Unies, et 196è pays du monde) s’est naturellement doté des attributs de sa souveraineté en adoptant, outre une monnaie et un hymne national qui disent la longue marche vers l’indépendance, un drapeau parlant. Ce drapeau, celui de l’ancien SPLA (Sudan People's Liberation Army), adopte le noir qui représente le peuple du Sud-Soudan, le vert à l’image du pays, tropical, le blanc pour la paix, le rouge en mémoire du sang versé, le bleu pour les deux Nil et le jaune d’or pour l’étoile de Bethlehem, rappel d’un christianisme en opposition avec la désormais ancienne partie à dominante musulmane.

Les 7900 soldats et experts de la nouvelle mission des nations Unies au Sud-Soudan - la Minuss -, chargée d’accompagner le pays dans sa construction, montrent l’inquiétude que suscite le futur de la sécession nouvellement consacrée par la communauté internationale. Usant d’une formule parfaitement rodée, M. Jiang Weixin, envoyé spécial du président chinois Hu Jintao, n’a pas manqué, pour saluer l’ouverture de relations diplomatiques entre le Sud Soudan et la Chine, de déclarer, à propos de Khartoum et de Juba qu’il était « convaincu que les deux parties doivent donner la priorité à la paix et régler les problèmes par les négociations et les consultations sur la base des compréhensions mutuelles", (10 juillet 2011 - 15:29:00 Xinhua). Si les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne, ont ainsi rapidement reconnu le Sud-Soudan en l’assurant de leur amical, empressé et…indéfectible soutien.

Avec 9 millions d’habitants pour un territoire de 589.745 km2, la République du Sud-Soudan est en effet potentiellement très riche. Si son sous-sol regorge de pétrole (85% de la production soudanaise), de fer, cuivre, chrome, zinc, or et argent, elle possède aussi d’immenses ressources agricoles. Le pays est donc un Etat viable économiquement à condition que ses richesses soient exploitées au bénéfice de ses citoyens et que les futurs dirigeants évitent l’écueil des « Dutch Deseases », cette malédiction qui s’attache à la possession soudaine d’immenses ressources naturelles (gaz et pétrole) qui a frappé d’autres pays africains tels le Gabon ou le Nigeria, mais qui ont généré gaspillage, pauvreté et conflits.

Les nombreuses fées qui se penchent désormais sur le berceau de cette éponge pétrolière et agricole posent les nouvelles bases d’une géopolitique dont les acteurs n’ont pas attendu d’être invités avant de s’asseoir à la table des négociations. Outre la Chine, les USA et l’Union européenne, avec, comme observateurs et voisins attentifs, l’Egypte et l’Ethiopie (pour les deux Nil et l’enjeu géopolitique des ressources hydrauliques), l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya (porte de sortie vers l’Océan Indien), chacun a bien identifié le fait que les réserves pétrolières prouvées de l’ancien Soudan se trouvent au Sud-Soudan. Ainsi, en construisant des oléoducs qui traverseront le Kenya ou en descendront vers ses voisins méridionaux, le Sud-Soudan pourrait bien disposer du moyen de vider sinon modifier les termes de la querelle sur les revenus pétroliers qui l’oppose toujours au gouvernement de Khartoum, au Nord. Qu’il s’agisse du Soudan, de l’Ethiopie, du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Burundi, de la RdCongo, de la République centrafricaine, tous ces pays ont inéluctablement vocation à intégrer leur désormais nouveau grand voisin dans cette organisation intergouvernementale que constitue la Communauté des pays d’Afrique de l’Est (CEA/EAC) et ses satellites.

Source cartographique :

http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/afrique-usa-politique-controle.html

La partition du Soudan est-elle synonyme de catastrophe régionale ? 

La question sous-jacente est celle de la remise en cause du principe d’intangibilité des frontières en Afrique : le continent se dirige-t-il vers de nouvelles sécessions ? 

Du Darfour à la militarisation de la zone disputée d’Abyei en passant par le rébellion du Kordofan-Sud (seul Etat pétrolier du Nord-Soudan), malgré le soutien appuyé de la Chine à son président accusé de génocide par la Cour pénale internationale, la situation du Nord-Soudan est devenue critique. Le pays va en effet perdre 37% de ses revenus après l'indépendance du Sud, situation d’autant plus périlleuse que la dette publique de Khartoum s'élève à 38 milliards de dollars, que l'inflation est galopante et que les sanctions américaines pèsent sur l'économie La sécession du Sud-Soudan devrait avoir de nombreuses répercussions négatives sur le Nord-Soudan.

Il n’est pas exclu que la Chine lache un pays qui se révèle désormais dépourvu d’avantages. L’importance des investissements qu’elle expose au Kenya (à hauteur de 7,17 millions de dollars pour la construction d’un second port à Lamu, sur la côte nord-est, d’une deuxième ligne de chemin de fer Mombasa-Kampala (Ouganda) et d’un couloir autoroutier reliant le Kenya à l’Ethiopie et au Sud-Soudan) ne sont-ils pas la preuve d’un nouveau tropisme ? 

Quelle va être la réaction des USA ? Soyons certains qu’il y en aura une dans la mesure où ils ne sont certainement pas disposés à accompagner l'expansion chinoise dans sa course effrénée aux matières premières et aux sources d'énergie fossile. Et celle de l’Union européenne ? On ne risquera pas grand-chose en suggérant un attentisme certain de sa part au vu de son enlisement dans les sables de Libye, sauf retournement de situation. Il est toutefois certain, au regard des profondeurs de territoire qu’offre l’Afrique à l’Europe, son « étranger proche » comme disent les Russes, que des deux éponges à hydrocarbures que constituent le Sud-Soudan et la Libye, l’opportunité nord africaine demeure la plus accessible à court terme. Quoi qu'il en soit, quand bien même les confrontations entre géants américains, européens et chinois demeurent encore discrètes, les pièces du prochain grand échiquier africain se mettent tranquillement en place.

Du Sud-Soudan aux rives du Lac Albert, les grandes manœuvres du pétrole congolais :

Et plus au Sud, qu’en est-il ? On en saura plus en s’intéressant aux grandes manœuvres dont le pétrole congolais est devenu l’objet autour du Lac Albert. http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=17811 et qui, n’en doutons pas, vont probablement générer à court terme d’autres mutations géopolitiques et géoéconomiques de première grandeur.

Carte des permis d’exploration pétroliers du Graben Albertine (*)

(*) Terme de géologie qui désigne un fossé tectonique d’effondrement.

Source : http://www.sacoilholdings.com/o/drc.php

On trouvera ici une étude géographique et géologique remarquable avec cartes didactiques : http://www.envoi.co.uk/P183Tower(Uganda)Syn.pdf

 L’analyse qui suit, sous la plume de Mathias Ikem, mérite d’être citée car elle pose d’autres questions à l’échelle d’un autre géant géographique et minier dont la souveraineté étatique pourrait bien être traversée à son tour, à l’instar du Soudan, par des tendances centrifuges : la République démocratique du Congo.

Comme l’explique Mathias Ikem « Le Kivu, l'Ituri et les Uélé constituent actuellement ce Congo utile à cause du boom sans précédent provoqué par l'extraction du colombo de tantale (coltan), la cassitérite, le niobium, l'or mais aussi par la soif du pétrole du Graben Albertine.

Ensuite, il s'observe un appétit sans précédent pour les richesses du Sud Soudan et le désir d'y accéder à bas prix comme aussi pour le Congo.

Et si c'est l'urgence d'une exploitation pétrolière qui a conduit à l'éclatement du Soudan, la soif du pétrole et de toutes les autres matières premières pourraient amener, mutatis mutandis, l'éclatement de la RdCongo. Car, par sa géographie, les réserves en brut du Graben Albertine (les rives du Lac Albert) seraient faciles à exploiter mais également à transporter jusqu'au port de Mombasa. Cela avait d'ailleurs fait l'objet de la (conférence) tripartite Museveni – Kabila – Mwaï Kibaki à Entebbe le 12 mai 2011. C'est ce qui explique aussi en partie la sollicitude des Etats-Unis à s'intéresser de l'Est du Congo.

Des comparaisons fortuites

Le Soudan, comme l’explique encore Mathias Ikem, jusqu’à ce jour le plus grand pays d'Afrique comme la RDCongo qui est un sous continent, partage avec la RDCongo les eaux du Nil.

Pour amener la paix, analyse-t-il, il a fallu sacrifier John Garang comme avec l'Angola Savimbi. Mieux, pour balkaniser, il fallait sacrifier Laurent-Désiré Kabila. Car, on peut tout dire, avec la situation de non Etat, le Congo reste toujours une maison en flammes quitte à intéresser les sapeurs-pompiers.

Une frontière, ça se soigne. La nôtre, dit-il, est laissée à la merci des Ougandais (UPDF et LRA) et des Soudanais (SPLA).

Ici, la grande politique et le business font bon ménage. Car, aveuglé par la haine du régime islamiste de Khartoum, Washington a préféré financer et armer la rébellion sudiste. A une dimension plus politique du règlement du conflit soudanais pour des solutions durables, Washington a opté pour l'éclatement du Soudan. Avec des réserves estimées à 3 milliards de barils, le Soudan représente un important fournisseur du brut pour les oïl men.

Mais aux dires de certains analystes, la partition du Soudan serait une catastrophe régionale si elle amène des effets d'entraînement. Elle ne saurait éviter des affrontements fratricides qui se déroulent autour de El-Obeid et ne saurait mettre fin au conflit (aujourd’hui oublié) du Darfour. On se souvient de toutes les thèses professées comme remède à la violence et à l'insécurité qui se déferlent sur la RDCongo notamment les voies et moyens d'établir ou de rétablir une paix durable dans la région des Grands Lacs consistent à revoir nécessairement les tracés des frontières des Etats actuels et les reconstituer sur base des affinités ethniques tenant compte notamment des aspects génériques, culturels et morphologiques ».

 Safari Oïl, affaire à suivre ! Les acteurs sont en place, le rideau vient de s'ouvrir et le spectacle va commencer.

Observation : cet article s'inscrit dans une étude beaucoup plus fouillée à caractère universitaire dont la préparation est en cours. Le lecteur trouvera ci-après un appareil documentaire (sources, notes et références) qui lui permettra de compléter à l'aide d'informations rigoureuses un sujet passionnant. Bonne lecture !

Sources et références :

http://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/2003/03/ebra.htm

http://iwacu-burundi.org/spip.php?article336

http://www.afriquejet.com/news/africa-news/tanzania-eac-energy-stakeholders-discuss-proposed-dar-es-salaam-mombasa-gas-pipeline-2011051111473.html

http://www.gossmission.org/goss/

Source iconographique : 

http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/In-English/Good-luck-to-South-Sudan

Carte de la coalition européenne pour les ressources pétrolières au Soudan : 

http://www.ecosonline.org/reports/2007/%5Eindex.html/ECOSfactsheetIIOctober2007.pdf.html

http://www.unsudanig.org/library/mapcatalogue/sudan/data/planning/Map%201177%20Euoupean%20Coalition%20on%20oil%20in%20Sudan%20ECOS%20aug2007.pdf

http://www.sudanupdate.org/REPORTS/Oil/17cos.html

 L'avenir sombre du Nord-Soudan après la sécession du Sud - 4 Juillet 2011 :

http://fr.allafrica.com/stories/201107041324.html

http://editions-sources-du-nil.over-blog.com/article-et-si-la-partition-du-soudan-etait-une-catastrophe-regionale-78913704.html

http://editions-sources-du-nil.over-blog.com/article-avec-le-petrole-du-soudan-et-du-lac-albert-la-rdcongo-pourra-t-elle-resister-a-la-balkanisation-78913935.html

G. Prunier, Sud-Soudan : l’indépendance et après…http://www.geopolitique-africaine.com/sud-soudan-lindependance-et-apres

Sur le pétrole de la RdCongo, le Nouvel Eldorado des gisements du Graben Albertine :

La passionnante analyse de Bernard Lugan : « Le pétrole du Lac Albert : vers un embrasement régional ? » http://agoradedroite.fr/?p=1521

Une étude exhaustive et une cartographie très précise des enjeux géologiques, énergétiques et politiques de la question pétrolière relative au Graben.

http://www.envoi.co.uk/P183Tower(Uganda)Syn.pdf

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=14998

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=17811

http://www.africanews.cd/index.php?option=com_content&view=article&id=1130:au-cours-dun-atelier-organise-par-sarw-le-petrole-rd-congolais-suscite-le-debat&catid=71:movies&Itemid=415

Corridor Nord http://www.cirgl.org/IMG/pdf/projet331.pdf

Mathias Ikem (Et si la partition du Soudan était une catastrophe régionale ?)

La RdCongo possède trois marchés naturels, le marché de l’ouest avec Kinshasa tourne vers l’océan Atlantique, le marché du Sud avec le Katanga donnant à la Zambie et à l’Afrique du Sud et le marché de l’Est dont les échanges commerciaux et la mobilité des personnes sont plus intenses avec l’Ouganda et le Rwanda, tourné vers l’océan Indien.

Avec le pétrole du Soudan et du lac Albert, la RdCongo pourra-t-elle résister à la balkanisation ?

http://www.lemondecommeilva.com/et-le-petrole,223

Sur les oléoducs :

http://www.kenyaengineer.co.ke/features/52-public-private-partnership-in-development-of-sustainable-infrastructure-kenya-pipeline-case

http://www.vigilsd.org/articles/bf125/bf-125-12.htm

 Références bibliographiques :

 DOUGLAS H. JOHNSON, The Root Causes of Sudan's Civil Wars. London : International African Institute ; Oxford : James Currey ; Bloomington : Indiana University Press ; Kampala : Fountain Publishers (paperback 12.95 [pounds sterling], ISBN 0 85255 392 7). 2003, 256 pp.

Un passionnant commentaire en introduction de cet ouvrage majeur :

 http://www.africa.ufl.edu/asq/v7/v7i2a29.htm

 http://www.iss.co.za/Pubs/ASR/12No2/BookRev.pdf

 Autre menace qui pointe à l’horizon : l’utilisation intelligente et multiethnique (Dinka, Nuer, Azande, Bari, Shiluk-Anwak) dans le nouvel appareil politique en évitant que la tribu Dinka dominante au sein du Parti ne s’attribue tous les postes et ouvre ainsi la voie aux règlements de compte ethniques pour le contrôle du pouvoir mais aussi de la terre.

Le général Omar El Béchir, président du Soudan du Nord, dont les ressources pétrolières ont été largement amputées risque de ne pas rester les bras croisés en essayant de manipuler certains Sud-Soudanais de la nouvelle République pour créer des troubles. 


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8 réactions à cet article    


  • Jean Lannes Christopher Lings 12 juillet 2011 10:45

    Merci pour ce résumé de la situation.

    ___________
    > Le bréviaire des patriotes


    • Georges Yang 12 juillet 2011 12:35

      Votre travail est louable, mais tient peu compte de la situation de terrain
      D’abord, le recensement a été surévalué pour des raisons politique avant l’indépendance, les chiffres d’alors devaient être de 6à 7 millions
      D’autre part, Salva Kir est prisonnier de la clique ethnique des seigneurs de la guerre Dinkas et doit composer avec les leaders Nuers
      Les autres tribus sont considérées comme des moins que rien par les Dinkas et les Nuers

      L’absence de cadres et la coupe réglée du pays pourri par le népotisme va déboucher par le pillage à grande échelle des richesses du pays avec investissement des sommes détournées sur ds paradis fiscaux, mais surtout en investissements immobiliers à Nairobi et Kampala, ça a déjà largement commencé depuis l’autonomie
      En plus des prises de contrôle par les sociétés chinoises, malaises, indiennes et occidentales dans le gros bussiness, le petit commerce sera aux mains de Somalis, Kenyans, Ougandais et Ethiopiens

      L’avenir est sombre pour ce nouveau pays,
      Je pense par contre comme vous que l’est du Congo, ex Zaire peut faire un jour cessession


      • Ariane Walter Ariane Walter 12 juillet 2011 13:27

        merci pour ce résumé qui pose clairement tous les problèmes. Mais bon, on sait ce qu’est l’Afrique, une vache à dépecer offerte aux les vautours. Et là, ça semble bien parti. Avec nos amis Zuniens au premier rang, bien sûr !


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 12 juillet 2011 13:40

          @ Georges Yang

          Il est difficile d’offrir une version exhaustive en si peu de mots. Vos observations sont très pertinentes. 
          -Le recensement de la populations n’est qu’approximatif malgré quelques projections du Census Committee de 2009, on se fondera sur les éléments suivants (http://www.theodora.com/wfbcurrent/sudan/sudan_people.html).
          -L’enjeu ethnique est effectivement très fort puisque, comme je l’indique , le président Salva Kir est confronté à l’utilisation intelligente et multiethnique (Dinka, Nuer, Azande, Bari, Shiluk-Anwak) dans le nouvel appareil politique. Il s’agit en effet d’éviter que la tribu Dinka dominante au sein du Parti ne s’attribue tous les postes et ouvre ainsi la voie aux règlements de compte ethniques pour le contrôle du pouvoir et des ressources.
          -Le fond du probléme, ce sont les richesses qui font l’objet de très sérieuses convoitises. Ce sera l’objet d’un autre article.
          -La photographie que vous donnez est conforme à ce que j’ai pu voir et constater dans une région qui n’est en réalité qu’un immense business-land où tous les coups sont permis et où tout reste à faire. Want to visit a shanty country ? Great ! Let’s go for an airing and a firts foray in Juba. Enjoy ! http://www.oneplanetpictures.co.uk/catalogue/one-square-mile/one-square-mile/downtown-juba

          See you ! RB

          • Georges Yang 12 juillet 2011 15:02

            J’ai passé 5 ans au sud Soudan , Wudabi près de Yei contrôle SPLA Malakal sous contrôle Khathpum, suis aussi allé à Khartoum et dans le Nord Meroe Dongola

            Les plus qualifiés dans le pays sont avant tout les intellectuels arabes qui ne soutiennent ni Bachir ni Hassan al Tourabi, le vrai islamiste, Le sud est dans les mains de prédateurs incultes dans leur majorité
            Les Shillouks, les Madi, Bari et Azandés sont les grands perdants de l’indépendance les Murlé encore pire car considérés comme des collabos

            Et puis il y a le problème des 3 territoires en litige dont Abyé

            J’ai beaucoup parlé avec les responsables du recensement, comme partout il ne s’agit pas de chiffres mais d’une négociation pied à pied de ce qui sera publié


          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 12 juillet 2011 13:50


            @ Ariane Walter et SoulmanFred : pendant le pillage, les affaires continuent. Business as usual.
            Les évangélistes arrivent avec les pétroliers, les armuriers, les ONG. Tous les amis sont déjà présents.



            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 12 avril 2012 22:07

              Evolution de la situation au Soudan. 12 avril 2012


              Business as usual...

              Extrait d’une dépêche publiée ce jour par le quotidien Libération :

              Les présidents des deux Soudans se sont accusés mutuellement jeudi d’avoir choisi la guerre , tandis que Juba dénonçait des bombardements de l’aviation de Khartoum pour la première fois sur une localité d’importance au Soudan du Sud.

              « Nos frères au Soudan du Sud ont choisi la voie de la guerre, appliquant des plans étrangers dictés par des parties qui les soutenaient pendant la guerre civile », a déclaré le président soudanais Omar el-Béchir à la presse à Khartoum.

              « Béchir a annoncé une guerre totale avec la République du Soudan du Sud. Tout ce que nous avions résolu dans l’Accord de paix global nous revient désormais comme un problème », a déclaré son homologue Sud-Soudanais, Salva Kiir, devant le Parlement à Juba.

              Il faisait référence à l’accord qui avait mis fin en 2005 à 22 ans de guerre civile Nord/Sud et qui a abouti à terme à la partition du Soudan en juillet 2011. Mais des questions cruciales laissées en suspens, comme le tracé de la frontière ou le partage des revenus pétroliers, ont fait monter les tensions.

              « J’ai toujours dit que je n’entraînerais pas le peuple du Soudan du Sud dans la guerre, mais si nous sommes agressés de cette façon, nous devons nous défendre », a-t-il lancé dans son discours applaudi par les élus, tandis que des habitants de la capitale manifestaient leur soutien dans les rues.

              Jeudi, Juba a accusé Khartoum d’avoir bombardé pour la première fois une localité d’importance, Bentiu, chef-lieu de l’Etat sud-soudanais d’Unité.

              « Ils ont largué des bombes sur la localité de Bentiu et apparemment ils visaient un pont », a affirmé à l’AFP Atem Yaak Atem, vice-ministre de l’Information, sans faire état de victimes.

              Le pont en question, situé près d’un complexe de l’ONU, relie Bentiu à une route qui mène vers le nord.

              De son côté, l’armée sud-soudanaise a pris mardi le champ pétrolier d’Heglig, qui assure une part essentielle de la production pétrolière du Nord, et M. Kiir a déclaré qu’il n’ordonnerait pas à son armée de se retirer, rejetant les appels en ce sens mercredi du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine (UA).

              Jeudi, le ministre sud-soudanais de l’Information, Barnaba Marial Benjamin, s’est cependant montré moins ferme, indiquant à l’AFP que Juba avait posé une liste de conditions précises à son retrait.

              Le Soudan du Sud réclame l’arrêt de « toutes les agressions » du Soudan, le retrait des forces armées qui occupent Abyei, une autre zone contestée à la frontière, et la mise en place d’« observateurs internationaux », le temps que le tracé de la frontière fasse l’objet d’un accord.

              Le président sud-soudanais avait auparavant menacé d’envoyer ses troupes dans la province d’Abyei si les Nations unies n’obtenaient pas le départ des soldats soudanais qui l’occupent depuis mai 2011.

              Les deux Soudans n’ont jamais semblé aussi proches d’une nouvelle guerre. Des combats intenses ont fait rage autour du champ pétrolier de Heglig, où « toute la production est arrêtée » depuis l’attaque de mardi, a précisé Ahmed Haroun, gouverneur de l’Etat soudanais du Kordofan-Sud, où se trouve Heglig.

              ...Le pétrole est un point de contentieux majeur : le Soudan du Sud dispose de la majorité des réserves mais dépend des infrastructures du Nord pour exporter, et les deux pays ne parviennent pas à s’entendre sur des frais de transit qui permettraient un partage de ces revenus essentiels pour leurs économies.



              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 24 décembre 2013 13:35

                Malédiction pétrolière au Soudan- 24 décembre 2013

                On lira ici l’intéressante contribution géopolitique du général J-B. Pinatel sur les récents développements de la crise qui affecte le Sud-Soudan.


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