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Accueil du site > Actualités > International > Storytelling : quelle histoire pour l’Afghanistan ?

Storytelling : quelle histoire pour l’Afghanistan ?

Dans quelques jours, l’Afghanistan connaîtra ce qui est présenté comme un nouveau tournant de son histoire : des élections, à la fois dans les provinces du pays et pour désigner un nouveau président.
En fait de nouveau président, il semble que l’actuel numéro un, Hamid Karzaï n’aura pas trop de difficultés pour s’imposer ; mais l’essentiel n’est pas là.
Car la vraie question est : quelle histoire l’Afghanistan est-elle en train d’écrire ?
Une bonne histoire, pourrait-on être tenté de dire. Après tout, ce sont des élections, plutôt démocratiques, du moins beaucoup plus que dans certains autres pays dont l’expérience de la démocratie est pourtant plus ancienne.
Mais là encore, l’essentiel n’est pas là.
 
Il suffit de parcourir les rues de Kaboul, la capitale, et d’interroger les habitants sur la signification que le mot démocratie a pour eux. Les plus âgés disent qu’ils n’en savent rien, que ce mot n’évoque rien pour eux. D’autres, plus jeunes, observent que cette démocratie correspond à une augmentation de l’insécurité, et à une licence des mœurs qui, s’ils ne la réprouvent pas ouvertement, les gêne, car elle ne colle pas avec leurs traditions, même celles qui sont antérieures à l’époque talibane.
 
Plus de liberté, pour un peuple qui avait connu la chape de plomb des talibans, cela aurait pourtant dû être ressenti comme un élément positif, car c’est là un attribut essentiel de la démocratie occidentale.
 
Dans le même temps, on parle d’une voie possible vers un dialogue pour un apaisement politique avec ceux que l’on appelle en Afghanistan, les talibans modérés. Sauf que du côté des talibans, on souligne à l’envi que les talibans modérés, cela n’existe pas. Ce serait donc une fiction.
Hamid Karzaï lui-même, et cela a été précisé depuis plusieurs années, n’a que peu de pouvoir en dehors du cercle restreint de la capitale et de quelques territoires, moyennant accords avec les seigneurs locaux. Pas très démocratique.
 
On a tendance à attribuer cela à l’importance des chefs de guerre locaux.
En réalité, le problème le plus important de l’Afghanistan réside dans la méthode.
 
On a voulu plaquer sur ce pays aux traditions, spécificités et fonctionnement très particulier, des recettes types, éprouvées mais adaptées à nos sociétés occidentales.
Un fait tout simple : l’organisation de l’Afghanistan repose sur un système tribal et de pouvoirs locaux, villageois même. Il ne s’agit pas là des fameux chefs de guerre, mais de chefs de village, de tribus… Pas forcément talibans, ou fondamentalistes. Comment, alors, un président élu, même démocratiquement pourrait-il avoir une légitimité ?
 
Mixer le respect de ces traditions avec une dose de démocratie peut permettre aux Afghans d’écrire leur propre histoire, tout en donnant un rôle d’acteur aux Occidentaux.
 
Plus de posts sur l’utilisation des histoires : http://storytelling.over-blog.fr/
 
 

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7 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 13 août 2009 09:45

    Le pantin Hamid Karzai est dans la même situation que l’autre guignol installé à la tête de la Somalie , l’étendue de son pouvoir ne dépasse guère les trois patés de maisons de sa zone protégée . Ces endroits sont devenus des zones de non droit aux mains de chefs de guerre et de chefs de tribus , c’est un monde féodal où les occidentaux n’ont vraiment rien à faire d’autre que de perdre leur vie inutilement .


    • morice morice 13 août 2009 17:08

      merci d’abonder dans mon sens.


      Il est vrai que les griefs contre Hamid Karzaï sont nombreux : avant tout, comme pour les dirigants irakiens, l’accusation de détournement de fonds de l’aide de la communauté internationale. Et ce preuves à l’appui ! « En six ans de présence étrangère, rien n’a changé, sinon pour le pire. Pourquoi ? A cause de la corruption généralisée, de l’absence totale du sens des responsabilités des hauts fonctionnaires, de leur inconscience, et j’irais même plus loin : on assiste aujourd’hui à la perte de confiance de la communauté internationale vis-à-vis de l’Afghanistan » tonne en juin dernier dans Rue 89 Ramazan Bachardost, 46 ans ,ancien ministre du Plan et aujourd’hui député. L’homme en a à dire sur le chef de l’état : « Quand j’étais ministre, j’ai vu de mes propres yeux des diplomates iraniens remettre au chef de l’Etat des valises remplies de dollars. J’avais beau lui dire qu’il n’était pas le chef d’une mafia mais bien un président élu devant rendre des comptes à la Nation, cela n’avait aucun impact. Karzaï gouverne comme un chef de tribu et cet argent a sans doute été employé à acheter des gens et leur loyauté ! » Rideau. Obama a dû apprendre la même chose il y a longtemps et sa décision semble prise depuis toujours : l’avenir de l’Afghanistan se fera sans Karzaï. Mince, encore un président auquel le nôtre était allé chaleureusementserrer la pince et poser fièrement en sa compagnie. Décidément, quand ce n’est pas Khadafi, parti aujourd’hui en guerre contre l’UPM... 

    • LE CHAT LE CHAT 14 août 2009 08:32

      @momo

      merci d’abonder dans mon sens.

      je l’ai pas fait exprès ! où est ce toi qui te mets à penser comme JMPL qui est contre l’interventionisme et le droit d’ingérence militaire cher à Kouchner ....


    • ZEN ZEN 13 août 2009 09:54

      Et le pétrole, dans tout ça ?
      Entre autres enjeux politico-géo-économiques...
      Le reste n’est qu’idéologie


      • morice morice 13 août 2009 17:06

        Un fait tout simple : l’organisation de l’Afghanistan repose sur un système tribal et de pouvoirs locaux, villageois même. Il ne s’agit pas là des fameux chefs de guerre, mais de chefs de village, de tribus… Pas forcément talibans, ou fondamentalistes. Comment, alors, un président élu, même démocratiquement pourrait-il avoir une légitimité  ?


        excellent résumé. 

        ALORS POURQUOI NOTRE GRAND CHEF PARLE TOUJOURS DE TALIBANS ???

        • franck2010 13 août 2009 18:54

          Les talibans comme Al Quaïda sont censés représenter l’ennemi terroriste qui aprés avoir abattu les ’ twins towers ’, a décidé de mener le Djihad contre l’Occident. Evidemment vous et moi savons que la guerre est menée de l’Occident contre le monde musulman. Cette réthorique a pour créneau l’occidental moyen lecteur du Figaro, qui croit encore que ce ne sont pas les américains eux-mêmes qui ont perpétrés les attentats du 11 septembre. Comprenons, ici, que si on remet en cause la nature diabolique et terroriste des résistants afghans, c’est l’origine des troubles mondiaux, donc les fauteurs de trouble : Clinton/Bush/Obama et chez nous Sarko/Kouchner qui risquent d’être mis au banc des accusés.


        • morice morice 13 août 2009 23:29

          franck, votre avatar est idiot. Souvenez-vous des annonces d’attentats « talibans » de décembre derniers : elles étaient bidon : les image présentées comme neuves avaient été diffusées en France 4 mois avant !!!!!

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