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Strasbourg, un Forum après Davos et Porto Alegre

On connaît l’ambition de Strasbourg comme capitale européenne des peuples et voici qu’avec la complicité du Conseil de l’Europe (COE) et son aide surtout, elle se hisse au plan mondial pour promouvoir la démocratie en en respectant les diverses approches ou les stades du long parcours.

Mieux que le Forum Mondial de Davos pour l’ Economie (un monde clos) ou celui de Porto Alegre consacré au « Social et à l’Environnemental » (parfois un doux carnaval), il s’agit ici d’une affaire très sérieusement mondiale : inviter, sans anathème aucun, tous les Etats, qui, peu ou prou, aspirent à la démocratie et partant, au respect des Droits de l’Homme. 

Alors sur le fond, il s’agit en premier lieu de faire un état des lieux en définissant le contenu du concept qu’on réduit trop souvent à l’expérience de l’Athènes antique sous Périclès, exemple trop facile et très imparfait., même grave dans la conjoncture politique récente. Pas question pour les organisateurs de ne réunir, avec leurs thuriféraires patentés, que des démocraties qui se croient achevées ou en cours d’achèvement, mais aussi des Etats qui y aspirent et en prennent le chemin. Réunir le club des prétendues grandes démocraties occidentales par exemple, n’aurait que peu d’intérêt, même si, là aussi, se posent parfois des questions que les citoyens ne se privent pas de soulever.

 Sans cesse sur le métier il faut remettre l’ouvrage, rien n’est jamais acquis définitivement. Aucun des participants ne pourra pérorer . Aucun n’aura à rougir des carences si tant est que le chemin soit tracé. Même les « indignés » seront accueillis, dit-on à la mairie.
La vision téléologique qui voudrait que la démocratie parfaite, achevée définitivement, promeuve un idéal comme jadis « Le grand soir », n’est pas de mise. Les conditions historiques et socio-économiques comme les aléas des conjonctures si fluctuantes, sont bien trop prégnantes pour ne pas autoriser quelques atermoiements aux yeux des rigoristes. On ne le sait que trop bien au Conseil de l’Europe (47 Etats très différents) où l’idée de ce Forum a pris naissance.

La Démocratie, leitmotiv décliné sur tous les tons .

La définition de la démocratie donnée par Paul Ricoeur : « Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vu d’arriver à un arbitrage » sera à analyser avec attention.

La semaine du 7 au 13 octobre 2012 sera donc habitée par une monomanie solennelle et studieuse, grave et festive. C’est ce que souhaitent et organisent les chevilles ouvrières de cet ambitieux projet : la maire-adjointe de Strasbourg en charge des Relations Internationales, madame Nawel Rafik Elmrini et son complice, le haut- fonctionnaire du Conseil de l’Europe, François Friederich. Depuis 2006, ce dernier a fait ses gammes en organisant chaque année avec un succès grandissant, les universités d’été de la démocratie, rencontre annuelle des Ecoles d’études politiques du Conseil de l’Europe, rejoint en 2008 par « Nawel », l’adjointe qu’on appelle désormais affectueusement par son prénom. Cette manifestation de quelques jours s’adressait surtout au départ aux jeunes cadres politiques des pays en transition démocratique (jeunes élus, juristes, enseignants, chefs d’entreprise, étudiants, journalistes) particulièrement des pays de l’Est.

 La déclaration finale cette année comportait l’annonce solennelle du Forum Mondial, un peu comme l’aboutissement de cinq années de travail. Le secrétaire général M .T Jagland l’annonçait dans ses divers discours d’ouverture comme une certitude. Le sénateur-maire de Strasbourg, Roland Ries en dessinait les contours plus précisément : « Ensemble, avec le COE, le Parlement Européen, les autres collectivités territoriales, l’Université de Strasbourg, l’ENA, l‘Etat français, l’ONU et d’autres encore comme les ONG et associations diverses.  » Alors on y va, cette fois.

Il reprenait en cela ce qu’avait suggéré et même réclamé l’ami, le regretté journaliste Daniel Riot, europhile acharné et plume loyalement engagée dans cette cause « géophilosophique », comme il aimait à le répéter.

Il n’a pas eu le temps d’entendre M. Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU, déclarer en octobre 2010 à Strasbourg : « La capitale démocratique de l’Europe qui a contribué à changer le cours de l’Histoire, a toujours le pouvoir de changer le cours du monde. » Fermez le ban !

Eh oui, tous devront mettre la main à la poche et leurs compétences sur l’ouvrage. Pas encore définitivement arrêté, le budget sera de plusieurs millions d’euros dont une partie proviendra du fameux contrat triennal par lequel l’Etat s’engage à aider Strasbourg dans sa vocation européenne avec une dotation substantielle.

Une semaine extraordinaire pour la ville aussi

On imagine les sujets innombrables qui seront traités par d’éminents experts, politiciens, philosophes, juristes, historiens, romanciers et artistes devant un vaste public convié de toutes parts. En effet, tout sera ouvert au public, évidemment dans la limite des places disponibles, car certaines rencontres ou manifestations seront très attrayantes et « médiatiques ». D’autres seront plus studieuses et réservées à des auditeurs-participants plus « branchés » sur tel ou tel sujet. Les thèmes majeurs seront des problématiques articulées autour de mots clés comme : Démocratie et défis locaux, Démocratie et laïcité, Démocratie et nouvelles formes d’expression et de pratiques. Du travail donc, mais aussi une recherche de rayonnement mondial.

Ainsi, on sait déjà que pour la grande cérémonie d’ouverture au Palais des Congrès, il y aura foule puisque le président de la République, quel qu’il soit, aura le devoir d’y assister avec tout un aréopage international des cinq continents.

Sans doute aussi M. Ban Ki Moon et même, secret espoir des organisateurs, la « rayonnante » démocrate birmane San Suu Kyi, si on obtient l’assurance qu’elle pourra retourner librement dans son pays. Et d’autres aventures en perspectives.

Les rencontres se tiendront dans des lieux très divers, la ville recelant des possibilités innombrables « sui generis », mais surtout grâce aux Institutions Européennes comme le Conseil de l’Europe et le Parlement Européen. Et pourquoi pas la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour un débat d’ordre juridique ?

 De plus, la rentrée universitaire aura eu lieu depuis peu et près de 50 000 étudiants dont prés de 30% d’étrangers venus des cinq continents, sans compter les scolaires, se verront offrir là une expérience inoubliable.

Sans négliger le fond grave et primordial, une partie festive, artistique viendra relayer les journées d’études et, parodiant Ernest Hemingway, on dira que « Strasbourg est une fête » et « sans que jamais n’y sonne le glas », comme le fit remarquer avec humour Mme Rafik Elmrini. Retour à Paul Ricoeur pour la suite.

Antoine Spohr (article paru également sur Médiapart)


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1 réactions à cet article    


  • brieli67 15 décembre 2011 11:40

    Strasbourg l’Internationale

    la liste des dirigeants passés et présents ayant étudié a Strasbourg est longue

    récemment ...

    Moncef a été mon Chef de Clinique

    30 ans de Santé Publique et de Droits de l’Homme à ses côtés ou pas loin
    Souvent sa présence sur le sol français était mal vue

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