• samedi 25 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > International > Syrie : La guerre en trompe l’œil
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(66 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Syrie : La guerre en trompe l’œil

“Depuis deux jours, l'armée syrienne bombarde plusieurs faubourgs populaires de Damas. Jamais depuis le début de la révolution en mars 2011, les affrontements n'avaient été aussi intenses dans la capitale. Les bombardements de l'armée syrienne ont repris ce lundi sur le quartier populaire al-Tadamone à Damas, au lendemain d’affrontements d'une violence sans précédent dans plusieurs quartiers du sud et de l’ouest de la capitale, qui auraient fait 105 morts“ France 24 lundi 16 juil. 2012

Invention des temps présents, la guerre médiatique – une guerre à part entière avec ses cadavres et son cortèges d’atrocités – se déroule sous nos yeux avec ses tirs nourris au coin des rues, ses quartiers populaires d’où partent les éclairs des explosions et que monte vers le ciel la lueur des incendies… Mais comment aujourd’hui distinguer le vrai du faux dès lors que notre perception des événements est totalement tributaire des images et des commentaires que nous délivrent des médias dont la fonction première est de façonner et relayer une toute puissante tyrannie consensuelle ?

Souvenons-nous, un avant la guerre du Kossovo, le film de l’Américain Barry Lewinson “Des hommes d’influence“ – Wag the Dog1 1997 – montrait le déroulement d’un conflit imaginaire dans les Balkans… la guerre virtuelle était née ! Non qu’il n’y ait pas actuellement de combats en Syrie mais en l’occurrence les médias y ont créé et véritablement “monté“ de toutes pièces une “guerre intérieure“ – c’est-à-dire une guerre civile dans la terminologie des institutions internationales – là où il n’y a vraisemblablement qu’une guerre subversive conduite depuis l’extérieure par des troupes formées à cet effet dans l’unique but de renverser l’État existant… Guerre de mercenaires et de fondamentalistes musulmans plus ou moins azimutés – al-qaïdistes, salafistes wahhabites, djihadistes manipulés2 – qui tentent effectivement d’amorcer en Syrie une guerre confessionnelle, Sunnites contres Chiites alaouites, Chrétiens et Druzes…
Ce tableau apocalyptique est-il la réalité vraie… ou une réalité “augmentée“ ?


 
Ce tableau apocalyptique correspond-il réellement à la réalité sur le terrain ? Peut-être bien qu’oui ! Mais peut-être faudrait-il aussi tempérer l’ardeur des médias vendeurs de peau d’ours avant de l’avoir tué. Parce qu’après tout ce ne sont que six cents hommes aguerris, acheminés par les bons soins logistiques de l’Otan et conduits par un djihadiste, Abdelhakim, qui ont fait tomber Tripoli le 1er septembre 2011… Belhadj devenu commandant militaire de la capitale libyenne avant de transporter ses talents et sa ferveur religieuse en Syrie ! Reste qu’apparemment la violence et sa mise en scène - celle de terribles combats mettant aux prises un peuple mû en principe par une puissante dynamique libératoire et des forces gouvernementales ou paramilitaires de répression - n’ont pas suffit en seize mois d’affrontements à détruire un État syrien résistant à l’ouragan de guerre… médiatique. D’un côté la résistance et la bonne tenu des structures d’État – un fait constatable – qui ont su organiser dans la tourmente un référendum de changement constitutionnel et soumettre au suffrage populaire une nouvelle chambre pluraliste, de l’autre un déchainement inouï des médias annonçant quotidiennement la chute imminente d’un régime criminel. Une chute qui tarde cependant à venir.
 
Car à lire les grands médias étatiques, la chose est déjà acquise. Alors pourquoi vouloir forcer la main aux Russes, exercer sur eux toute sorte de “chantage“ pour qu’ils avalisent une Résolution du Conseil de Sécurité adossée à l’Article 7 de la Charte des NU devant permettre in fine une intervention armée extérieure ? Ainsi « selon un ancien diplomate européen en poste dans la région, contacté par France 24, “la bataille de Damas montre à quel point le régime baasiste est en train de perdre pied “. Et de conclure : “Si le clan Assad ne parvient à reprendre le contrôle de ces faubourgs rebelles, c’est l’ensemble de la capitale qui pourrait lui échapper, et précipiter sa chute“… ». On appréciera au passage le flou artistique entourant la source que cite la chaine publique, parce qu’enfin, en quoi cet “ancien diplomate“ est-il habilité à porter une appréciation sur la situation prévalant dans les faubourgs de Damas alors qu’il n’est apparemment pas sur place ?

La France donneuse de leçons

Alain Juppé, ex-ministre des Affaires étrangères du dernier cabinet Fillion - et maire de la ville de Bordeaux - vitupérait ce lundi 16 juillet sur France Inter, avec de pauvres mots, contre « l'attitude criminelle" de la Russie qui maintient son soutien au régime de Bachar al-Assad en Syrie… La Russie s'entête dans une opposition à une intervention des Nations-Unies Il faut dénoncer cette attitude qui est criminelle, je crois que le mot n'est pas trop fort »… Enjoignant à la Communauté internationale d’« arrêter la mission de Kofi Annan [ancien Secrétaire général des NU], qui est un échec, et mettre la pression au Conseil de sécurité pour faire adopter une résolution sous le chapitre 7, qui permette l'utilisation de la force, pour faire plier ce régime criminel ». On se demande bien à quel titre M. Juppé qui n’est plus rien – il ne s’est d’ailleurs pas présenté au suffrage législatif – se permet de décider de la guerre et de la paix ? À quel titre ? Qui lui donne autorité pour s’exprimer ainsi ?

Pour qui roule donc le second couteau de la guerre de Libye, lequel fut comme chacun sait, une guerre de l’Otan et de son mentor invisible, Israël, par le truchement entre autre de M. Lévy3 éminence grise de M. Sarkozy en matière d’ingérence humanitaire. Car il faut à M. Juppé un aplomb phénoménal pour déclarer que « l'embargo est déséquilibré puisque l'on sait que le régime syrien reçoit des armes, y compris vraisemblablement de la Russie, alors que l'armée de libération nationale n'en reçoit pas. Il faut corriger ce déséquilibre. Il faut qu'aux Nations unies, là aussi, on pose clairement la question de l'embargo sur les armes ». Nul n’ignore pourtant - n’est-ce pas de notoriété publique ? - que les armes affluent vers les poches de “résistance“ depuis la Jordanie, le Liban et la Turquie, financées ou fournies par l’Arabie Saoudite et le Qatar. On aura compris que M. Jupé obéissant à l’on ne sait quelle consigne souterraine veut priver Damas du soutien matériel de la Russie4. Constatons ici que la désinformation ou la sous-information des Hexagonaux est telle que l’ancien factoton du Quai peut falsifier les faits sans vergogne et en toute impunité.

« … Bachar el-Assad ne restera pas au pouvoir. C'est désormais impossible. C'est un criminel, il sera d'ailleurs, je le souhaite, poursuivi devant la Cour pénale internationale. Nous sommes en train de rassembler des éléments en ce sens »… M. Juppé joue sur du velours et peut chanter impunément le grand air de la calomnie, pourtant il n’ignore pas que toute fonction présidentielle - fût-elle celle d’un pays étranger – est en France protégée par la Loi. M. Juppé est à ce titre un “délinquant“ auquel personne, hélas, ne demandera de rendre des comptes… pas même pour le bain de sang libyen – 160 000 morts – dont il s’est rendu co-responsable, au bout de six mois de guerre d’agression sous couvert de protéger les tribus de la Cyrénaïque contre le pouvoir tripolitain. Notons en passant que les Misrati - tribu de la ville de Misrata où le Raïs Kadhafi a trouvé la mort ignominieuse que l’on sait - conservent des liens de mémoire vive, historiquement établis, avec la grande Tribu que représentait dans ce conflit l’ineffable M. Lévy !

Que nous dit le “Renseignement“ américain à propos de la situation syrienne

Parmi les officines d’analyses du renseignement Outre-Atlantique, l’Institut d’études polémologiques5, partant du constat des profondes divisions – voire des antagonismes - existantes au sein de l’opposition syrienne, en a conclu que ce conglomérat de personnalités exilées, coupées de leurs racines syriennes, en conflit permanent et rédhibitoire entre elles, ne peuvent représenter utilement la société civile syrienne proprement dite. Parmi ces groupes disparates et d’intérêts divergents, Ankara - associée par le truchement de l’Otan aux objectifs occidentaux – jouent, à l’instar de Doha, la carte des Frères musulmans, tandis que Riyad – l’Arabie saoudite – manipule les éléments salafistes/takfiristes. Malgré une multitude de rencontres – sous l’égide du Département d’État - les oppositions ne sont en effet jamais parvenues à s’entendre et ne s’entendront vraisemblablement jamais… Pas plus que les tribus libyennes n’entendent désarmer et cesser leurs luttes intestines pour le “partage“ des richesses et du pouvoir.

Par conséquent, bloqués par les deux doubles vétos russo-chinois au Conseil de sécurité, la diplomatie armée américaine comme celle de leurs supplétifs européens – au premier rang desquels la France qui espère, une fois de plus revenir sur la scène Proche-Orientale, manne gazière oblige ! – va de sorte mettre le paquet sur le soutien des forces mercenaires en augmentant sans limites leurs capacités offensives, leurs télécommunications et moyens logistiques6.

 Pragmatiques et réalistes, les Centres d’analyses et de prévisions satellite du Pentagone considèrent que l’expérience libyenne « s’est soldée par un échec puisqu’il aura fallu sept mois à la coalition » Otan et islamistes salafistes réunis “pour venir à bout de l’armée d’un pays de 6 millions de citoyens. Les É-U se trouvent, en 2012, dans une situation budgétaire inextricable en raison d’un déficit public désormais non maîtrisable… cette situation est celle du Japon en novembre 1941 et de l’Union soviétique en août 1988, le premier forcé à la guerre par Roosevelt en raison d’un insoutenable blocus pétrolier, la seconde entraînée dans une course aux armements ruineuse pour son économie, la conduisant finalement à la dissolution du Pacte de Varsovie“. Le secrétaire à la Défense américain - depuis le 1er juil. 2011 - et ancien directeur de la CIA, “Léon Panetta doit donc jongler avec d’une part la nécessité de maintenir l’avance technique et militaire acquise par rapport à la Chine et la Russie, d’autre part privilégier les conflits de basse intensité - low intensity - parce que “low cost“. Il s’agira enn tout état de cause de toujours davantage privatiser la guerre en recourant à des armées de mercenaires hautement professionnalisées, tels ceux de Blackwater ou de Dyn Corp, ou encore à des combattants ayant gagné leur galons sur différents fronts de guerre djihadistes, de la Bosnie à la Libye en passant par le Kossovo, l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tous rémunérés grâce à la profusion des pétrodollars dont la source n’est pas encore prête de se tarir“.
 
“… Ceci explique la crise qui s’est développée en mars 2012, au lendemain notamment de l’écrasement début mars à Homs de l’Émirat islamique de Baba Amr, entre Washington et Tel-Aviv, Léon Panetta ayant à cette époque de convaincre ses homologues israéliens d’intégrer dans leurs plans certains paramètres aussi défavorables qu’incontournables alors que ceux-ci exigeaient une intervention immédiate contre l’Iran et la Syrie“7

Les massacres s’enchainent et se ressemblent, surtout dans le pathos médiatique



Les massacres à l’arme blanche se suivent, se ressemblent et bénéficient toujours du même traitement médiatique… mais la “sauce“ a du mal à prendre. À croire que la Communauté internationale, douchée par deux décennies de mensonges8 destinées à justifier des guerres d’agression, fait de plus en plus la sourde oreille, traîne les pieds et refuse d’accabler le régime de Damas… Après tout, le “deux poids, deux mesures“ qui considère que les bombardement de Tsahal sur la bande de Gaza9 sont de la pure légitime défense, mais que réduire les poches tenues par des commandos étrangers à la périphérie damascène relève du crime contre l’humanité ! C’est un point de vue, que beaucoup cependant ont du mal a accepter tel quel… brut de décoffrage !

Exemple de journalisme dans lequel le “narratif“ - le story telling - l’emporte sur le sérieux et la rigueur de l’information en dépit de la charte qui lie et cadre la grande Agence nationale de presse en tant que service public… AFP - Treimsa 15 juillet : « Un homme ouvre une armoire et s'y accroupit : “Ici, un homme s'est réfugié. Lorsque les soldats l'ont découvert, ils l'ont abattu de sang froid“. Dans les maisons de Treimsa encore maculées de sang, les habitants de cette localité syrienne racontent l'horreur. Au pied de l'armoire, une mare de sang noirci par la suie d'un incendie. Entre une vingtaine et une trentaine d'habitations ainsi que l'école de cette localité du centre du pays ont été incendiées lors de l'attaque perpétrée jeudi par l'armée, qui a fait 150 morts selon une Ong syrienne. “Ici, des gens ont été égorgés“ explique l'homme qui fait visiter la maison de la famille Shada Al Younes Al Mostafa, connue pour son soutien aux rebelles syriens »… De son côté le Département d’État américain nous explique doctement que les victimes sont exclusivement celles de bombardements « massacrés à l'arme lourde jeudi dernier dans le village de Treimsa, dans le centre de la Syrie » - AFP 16 juil.

Il serait naïf de croire (et dans les faits il serait étonnant…) que le journaliste qui a rédigé cette description accablante se soit rendu sur place. Il s’agit d’un “récit“ de récits… Non que ce type d’horreur n’existent pas, mais que l’on vienne nous expliquer en quoi la trop complaisante accumulation de cadavres et de leur descriptif relève de l’Information et peut contribuer à faire avancer un dialogue radicalement impraticable ? Ou à réconcilier des parties dont l’une d’entre elles refusent catégoriquement et a priori tout compromis ? Il s’agit bien évidemment ici de ces oppositions représentées par des personnalités en exil depuis si longtemps qu’elles ne représentent – déjà par leur caractère sectaire – plus que des intérêts extrinsèques aux besoins réels de leur communauté nationale d’origine.

Quant aux “défections“ annoncées ces derniers jours à grand bruit, celle d’un diplomate en poste à Bagdad, et l’autre, l’un des fils – un playboy – de l’ancien ministre de la Défense Mustapha Tlass, elles ne révèlent qu’une chose, à savoir que la technostructure diplomatique et militaire syrienne tient bon.Qu’elle est apparemment et jusqu’à présent insensible aux chants des sirènes qui doivent leur promettre monts et merveilles : des postes dans le futur gouvernement de transition, des valises de dollars, la mirobolante citoyenneté américaine and so and… Il est aussi vrai que tout ayant un prix, leurs familles pourraient avoir à pâtir d’une telle trahison. Cela est vrai, il n’en reste pas moins que l’édifice syrien, administratif et gouvernemental, résiste remarquablement bien au séisme en cours. À telle enseigne qu’une “confrontation aiguë sur le dossier syrien“ est en passe d’opposer Russes et Occidentaux suivant les grands titres de la presse russe ce 17 juillet 2012 – AFP.

 Le quotidien d’opposition Vedomosti rappelle que la Russie , échaudée par l’épisode libyen, a changé depuis son fusil d’épaule… « Il y a exactement un an, quand la guerre civile faisait rage non en Syrie mais en Libye », le ministre russes des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pouvait dire alors « Kadhafi doit partir, il n'a pas sa place dans la nouvelle Libye ». Mais à présent le ton a changé. Le président russe affirme péremptoirement que « les dirigeants ont le droit de garder le pouvoir par tous les moyens possibles, quoi qu'en pense la communauté internationale ». Qu’on se le dise !

« À la veille des entretiens entre l'émissaire des Nations Unies Kofi Annan, la Ligue arabe et le président Poutine, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a fait une série de déclarations d'une dureté sans précédent » écrit de son côté “Kommersant“. M. Lavrov y accuse les Occidentaux de « chantage », réitérant le refus catégorique du Kremlin de toute ingérence pouvant aboutir un changement de régime à Damas, cela en s’appuyant sur les dispositions du Droit international. Ce fut la posture adoptée en 2003 par Paris, avec le succès que l’on sait. Quant à la Russie, elle pèse aujourd’hui, sous la férule d’un Poutine, d’un tout autre poids que celle d’une France durement chahutée par tous les ressacs de l’histoire… Une histoire dont elle est sortie pour le moment sauf à y rentrer dans les fourgons du malheur, ceux de l’étranger !
 
Léon Camus
 

Notes :

1 – “To wag the dog“ signifierait détourner l’attention, ici leurrer l’opinion. Expression issue d’une autre : “a dog is smarter than its tail“ le chien est plus finaud que sa queue. Cependant si la queue est plus maline que le chien, c’est la queue qui en réalité “wag the dog“. Ce n’est pas le chien qui remue la queue mais l’exact contraire. La formule est lancée en 1997 par le film de Lewinson au titre éponyme, ayant depuis été popularisée dans et par le débat opposant ceux qui se déclarent convaincus qu’Israël dicte sa conduite aux É-U et ceux qui dénigrent cette thèse grâce à cette pirouette sémantique : la queue ne saurait remuer le klebs ? Une ironie qui s’est rapidement retournée contre ses instigateurs, une grande partie des Américains étant désormais convaincus que c’est bien la queue qui agite l’animal et non l’inverse.

2 – http://www.youtube.com/watch?v=3ha9... Enchères macabres dans hôtel de Jeddah, en Arabie saoudite pour le financement d’un “shahid“ – martyr - destiné à se transformer en bombe humaine en Syrie. Le père du sacrifié se voit octroyer à l’issue des enchères la somme d’1,5 million de Riyals soit 400 000 $. Vidéo diffusée en mai 2012 sur Al Alam chaine iranienne en langue arabe.

3 - Un Sayan en Libye http://www.youtube.com/watch?v=DNgw...

4 - La Russie est aujourd’hui le deuxième exportateur mondial d'armes – derrière les É-U – ayant, au cours du premier semestre 2012 exporté pour 6,5 milliards de dollars – en 2011, ses exportations avaient atteint 13,2 mds de $ selon le président selon Poutine lui-même. Celui-ci réaffirmait le 2 juil. 2012 - AFP - que la Russie ne livre à la Syrie aucun équipement militaire pouvant enfreindre les dispositions internationales restrictives en la matière (embargo)… « Je tiens à souligner que nous remplissons toujours toutes nos obligations, que nous suivons rigoureusement les exigences du droit international, du régime de non-prolifération et du contrôle sur les armements ». M. Poutine serait-il moins crédible que M. Juppé ?

5 – “Institue for the Study of War“ 11jul 2012 http://www.slideshare.net/ISWPress/...
 
6 - Une dépêche de l’AFP nous apprenait le 11 juillet qu’une centaine de Libyens avaient mis le feu dans la capitale jordanienne Amman à des installations sportives. Anecdote sans intérêt si elle n’avait été l’occasion d’apprendre que la Jordanie avait accueilli en avril quelque 10.000 ex rebelles libyens supposés recevoir “une formation leur permettant d'intégrer ultérieurement le ministère libyen de l'Intérieur“ ! En fait pour participer à des “manœuvres“…Inutile d’être grand clerc pour deviner la destination finale de ces vaillants combattants – ou d’une partie d’entre eux - en cours de recyclage.

 7 – Colloque 6 juillet 2012 Paris Institut du Monde Arabe. Extraits condensés de l’intervention de Jean-Louis Duvigneau pour le Centre de documentation et d’analyse stratégiques de Caracas.

8 – Les vieilles ficelles ne s’usent jamais… le 17 juil. 2012 le magazine “L’Express“ titrait « Bachar el-Assad va-t-il utiliser ses armes chimiques ? ». Le serpent de mer du Loch Ness fait ici une réapparition appréciée des chancelleries occidentales : Naouaf Farès, ambassadeur syrien en Irak qui vient de “faire défection“, déclare à la BBC que « Bachar el-Assad, un loup blessé pris au piège, n'hésitera pas à faire usage de ses armes chimiques contre sa population… Il l'aurait peut-être même déjà fait… des armes chimiques auraient été utilisées à Homs » ! Il aurait également « demandé de l’aide à Al Qaïda » ! On croit rêver, bis repetita placent. Un scénario identique mot pour mot, pourtant dénoncé comme ultra mensonger, avait été utilisé naguère contre Saddam Hussein, ressort aujourd’hui à point nommé.

9 - Trois jours de bombardements mi mars 2012, 21 morts ; 20 juin 2012 72h de bombardements sur Gaza, 7 Palestiniens tués, dont 3 enfants dans l'indifférence générale d'un monde dont les yeux sont alors braqués sur une compétition footballistique…12 juillet reprise des attaques et des meurtres par voies aériennes, bombes guidées et drones de combat… État des lieux non exhaustif, qui permet au demeurant de montrer l’asymétrie du traitement médiatique entre les crimes controversés des uns et les exactions vérifiables des autres.




par camus mardi 24 juillet 2012 - 58 réactions
yahoo
13%
D'accord avec l'article ?
 
87%
(66 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Méfrange (---.---.---.136) 24 juillet 2012 12:54
    Méfrange

    Bon article qui met bien en évidence le bourbier dans lequel se sont mises les puissances de la soit-disant « communauté internationale » . Les propos de Juppé l’homme soit disant « le plus intelligent de France » sont de la plus totale imbécilité en plus d’être non diplomatiques.

    Cette bande de roquets malfaisants et malveillants sont en fait de mauvais perdants. Ils pensaient refaire le coup de la Libye et pas de chance la Russie et la Chine bloquent toutes les résolutions de l’ONU. Ils sont d’autant plus mauvais perdants que chaque jour, les preuves de leur implication dans ce conflit s’accumulent. Un jour, il faudra bien rendre des comptes. (Il y a également eu des affrontements du côté de Yarmouk. Les gens ont découvert qu’il y avait dans leur quartier des rebelles qui portaient l’uniforme de l’armée régulière. L’armée est tout de suite arrivée sur place et a vite maitrisé la situation. Elle a trouvé des grandes quantités d’armes et d’explosifs. Des rebelles ont été arrêtés. Parmi eux il y avait de nombreux étrangers ; des Tchétchènes, des Afghans, des Libyens…)

    Le plan annoncé par Thierry Meyssan (ceux qui le traitaient de mythomane se sont curieusement tus) a été mis a exécution. Déconnexion des télévisions pro-Assad, remplacement par de vrai-fausses télés, images tournées au Qatar et intox à grande échelle Ceci aussi se saura inévitablement et semaine après semaine et la vertueuse « communauté internationale » deviendra de plus en plus hystérique (Fabius le roquet, Clinton l’aboyeuse, Rice la harpie, Erdogan l’ottoman). Tout ceci perdant de mois en mois toute rationalité car dans le fond l’adage « à ce qui reste tranquille il ne faut pas toucher » s’applique à la Syrie plus qu’ailleurs. Ni la Turque, ni Israël, ni l’Irak, ni la Jordanie et même ni l’Iran n’ont intérêt à ce que la Syrie devienne un nid à wahabistes et un sanctuaire pour Al Qaïda.
    S.C. : Les télévisions montrent depuis mercredi des hommes en liesse. Nous venons d’entendre sur radio France culture un Syrien vivant à Paris dire que dans toutes les villes l’arrivée de l’ASL est accueillie chaleureusement par la population. N’êtes-vous pas dans une sorte de déni de la réalité ?

     

    Ce sont des images diffusées par l’opposition, des mises en scène. Personne ne leur fait la fête. Je crois que la majorité des Syriens sont horrifiés par leurs actions violentes et qu’ils les haïssent de plus en plus.



    On se demande bien à quel titre M. Juppé qui n’est plus rien – il ne s’est d’ailleurs pas présenté au suffrage législatif – se permet de décider de la guerre et de la paix ? À quel titre ? Qui lui donne autorité pour s’exprimer ainsi ?


    La réponse est simple : du droit d’énarque comme il y avait le droit d’ainesse autrefois. Un énarque sait par définition et a par définition le droit de savoir à la place de la populace. Quant à la populace, elle a malheureusement intégré cet état de choses et considère que ce genre de choses est le domaine réservé des gouvernants. Ceci va se payer cher car la guerre coûte de plus en plus cher, rapporte de moins en moins et être français à l’étranger va rapidement devenir une tare dans les pays musulmans (à moins d’être protégé par des gardes du corps, une limousine blindée et une villa pour diplomates retranchés dans leur bunker). 


    La position juste est est reste celle-ci : la France n’a rien à faire dans les conflits intérieurs des autres pays et ferait mieux de s’occuper de s’occuper à résoudre les siens. Pour ne pas se retrouver dans la situation hallucinante de devoir «  »protéger«  » la Turquie «  »attaquée«  » par l’immonde Assad, il faudrait sortir de l’OTAN à toute vitesse. 

  • Par SEPH (---.---.---.154) 24 juillet 2012 14:30

    Cet article semble mettre sur le même plan agresseur et agressé. Les faits sont têtus, c’est bien la Syrie qui est attaquée par des bandes rebelles extérieures composées de nombreux d’étrangers financés et organisés par les mêmes qui ont détruit la Libye et fait plus de 100 000 morts parmi les civils libyens, à savoir : Les USA, la Grande Bretagne, la France, Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar,....

    L’histoire démontre que les Etats-Unis ne soutiennent jamais les véritables révolutions mais les attaquent violemment , cf l’article suivant de Richard Beker ( source : http://www.legrandsoir.info/observe... ) :

    "Le 18 juillet, une énorme explosion a tué ou gravement blessé plusieurs hauts officiels de la sécurité syrienne. Tandis que « l’Armée Syrienne Libre » revendiquait l’attentat à Damas, l’opération hautement sophistiquée portait la marque non pas d’une opération organisée par un groupe paramilitaire crée récemment, mais celle de la CIA ou du Mossad.

    L’attentat fut salué par le Secrétaire à la Défense US Leon Panetta comme le signe d’un « véritable élan » pour l’opposition soutenue par l’occident. Le New York Times, dans un article daté du 19 juillet en première page, exaltait les auteurs de l’attentat pour le « perfectionnement » de leur technique. La Maison Blanche et le Département d’Etat ont aussi exprimé une satisfaction à peine voilée.

    Il serait impossible d’imaginer de tels propos dans la bouche des responsables politiques de Washington et New York et leurs propagandistes des grands médias devant un véritable mouvement progressiste ou révolutionnaire.

    Le 19 juillet était aussi le 33ème anniversaire de la victoire d’une véritable révolution, celle dirigée par le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) au Nicaragua .

    A l’époque, il n’y a eu aucun louange adressé au FSLN, ni dans les couloirs du Congrès ni dans les médias capitalistes. L’administration Carter fit tout son possible pour empêcher le FSLN de prendre le pouvoir contre le régime brutal et totalement corrompu d’Anastasio Somoza qui avait régné pendant plus de quarante ans. La fin de la dictature Somoziste ne fut obtenue que grâce à l’esprit combattif, l’organisation et le sacrifice des Sandinistes.

    Les prouesses héroïques des combattants sandinistes contre la Garde Nationale de Somoza, créée et armée par les Etats-Unis, ne furent jamais exaltées dans les grands médias. Aucun article ne fut publié pour saluer comment les jeunes combattants du FSLN « perfectionnaient » leur technique à tel point qu’ils furent capables, pratiquement sans aucune aide de l’extérieur, de battre une Garde Nationale beaucoup mieux armée.

    Au contraire, s’il y avait des divergences d’ordre tactique au sein des cercles dirigeants – reflétées dans différents journaux, télévisions et radios concurrents – le consensus sur les objectifs était total et ce dès le début : il fallait détruire la révolution sandiniste.

    Le 10 juillet 1979, un article du New York Times a ouvertement qualifié le rôle des Etats-Unis comme « arbitre décisif de l’avenir politique du Nicaragua ». L’article ajoutait que l’administration Carter, « a fait savoir que la démission du Général Somoza ne prendrait effet que lorsque les Etats-Unis seront satisfaits de la composition et du programme politique du régime qui succédera... Les Etats-Unis ont convaincu Somoza de retarder son départ jusqu’à ce qu’il ait, selon les termes d’un officiel US, « neutralisé » les éléments radicaux de l’opposition. »

    Au mois de juillet 1979, le nombre de morts s’élevait à un peu moins de 50.000 - la plupart des civils victimes de la Garde Nationale - dans un pays de moins de 2.5 millions d’habitants. La majorité du pays était en ruines. Mais l’administration Carter n’a eu aucun scrupule à prolonger les combats, et ajouter encore plus de morts à un bilan déjà épouvantable, afin d’atteindre ses objectifs : maintenir la domination des Etats-Unis en Amérique centrale.

    Lorsque le nouveau gouvernement du FSLN refusa de courber l’échine devant les diktats de Washington, le peuple du Nicaragua fut soumis pendant dix ans à une punition extrême. Les Etats-Unis ont autorisé Somoza à vider les caisses d’un pays dévasté lorsqu’ils lui accordèrent l’asile.

    Des sanctions économiques sévères furent imposées au Nicaragua, un des pays les plus pauvres du continent. Le port principal du pays fit miné par la marine US et un embargo total imposé en 1985.

    La CIA créa, finança et arma une armée paramilitaire sanglante de contre-révolutionnaires connue sous le nom de la Contra. Plus de 50.000 Nicaraguayens ont été tués dans les années qui ont suivi. La tactique employée par les Contras était le meurtre, le viol, la torture et la destruction. Ils tuaient des médecins, des infirmières, des enseignants ; ils incendiaient les cliniques, les écoles, les coopératives. Leurs dirigeants étaient de voyous choyés par le Congrès et les Présidents américains.

    Aujourd’hui, la CIA coordonne l’armement et de nombreuses opérations de « L’Armée Syrienne Libre », et décide quelles sont les forces qui doivent recevoir des armes (New York Times, 21 juin 2012). Les services de renseignement US ainsi que ceux des pays ex-colonisateurs du Moyen-Orient, la Grande-Bretagne et la France, avec les Israéliens, font sans doute beaucoup plus.

    Le Conseil National Syrien, un groupe composé principalement d’opposants de longue date et généralement inconnus, sont traités par les Etats-Unis et ses alliés comme le futur gouvernement légitime.

    Les dirigeants US appuient totalement la révolte ALS/CNS en Syrie pour la même raison qu’ils se sont opposés à la révolution sandiniste et ont soutenu les Contras au Nicaragua. Ils sont confiants que la victoire de l’opposition syrienne sera aussi leur victoire, et un pas de plus vers une domination totale des Etats-Unis au Moyen-Orient."

    Richard Becker

    http://www.pslweb.org/liberationnews/news/watching-syria-rem...

  • Par leypanou (---.---.---.120) 24 juillet 2012 13:19

    @Mefrange :

    La France n’a rien à y faire dites-vous ? Elle vient de prouver une fois de plus sa vassalisation totale vis-à-vis de l’empire, sous couvert de défense de la liberté. Que la quasi-totalité des informations sur la Syrie est exclusivement à charge contre le régime de B Al Assad, que quand il y a des pseudo-débats sur les chaînes de télé, ce sont toujours les pseudo-experts qui assènent leurs « vérités », avec des « abonnés » : cela fait très longtemps qu’on n’est pas informé en France.

    La manière dont sont traitées les informations sur la Syrie est vraiment à vomir : apparemment, plusieurs années après la « libération de l’Irak », l’Irak est encore dans l’état où il est n’a pas l’air de déranger qui que ce soit parmi les dirigeants en vue ainsi que les journalistes de pacotille !!!

  • Par Hijack (---.---.---.187) 24 juillet 2012 13:01
    Hijack

    Hum ! On dirait que ce qui s’est passé en Libye ... n’a pas servi de leçon : soit on avale tout, soit on doute ... bref !!! Ils comptent sur vous ... les fauteurs de guerres d’agressions !!!
    .
    70 % des unités de l’armée israélienne se massent aux frontières avec la Syrie ; des forces spéciales US se concentrent au Nord de la Jordanie
    .
    Israël est officiellement en état de guerre avec la Syrie.", les choses sérieuses commencent...
    .
    Infos à confirmer ...
    ----
    Soi disant menace syrienne ... alors qu’ils n’avait rien demandé à personne ...
    .

    Damas affirme qu’il n’utilisera pas d’armes chimiques contre les civils

    ____________

    Syrie : À ceux qui jouent des tambours de la guerre !

    .
    Comme attendu, hier 19 Juillet, la Russie et la Chine ont prononcé leur troisième double veto et déjoué, une fois de plus, le sempiternel projet conçu par « les ennemis de la Syrie » pour pousser le Conseil de sécurité à adopter une résolution totalement injuste lui infligeant encore plus de sanctions illégitimes en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, tandis que le Pakistan et l’Afrique du Sud se sont abstenus. Suite au vote, le délégué syrien permanent auprès des Nations Unies, le Docteur Bachar al-Jaafari, a pris la parole ; parole qui n’est sans doute pas parvenue aux syriens de l’extérieur et à ceux qui auraient pu être intéressés de l’écouter, étant donné le silence strident imposé aux médias syriens avec la complicité d’Arabsat, de Nilesat et de toutes sortes de censures concoctées par des pays arabes et occidentaux qui s’évertueraient à instaurer des libertés, notamment la liberté d’expression ! En voici une transcription non intégrale à partir d’une vidéo récupérée ce matin sur You Tube.
    .

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération