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Accueil du site > Actualités > International > SYRIZA : « Nous allons détruire le système oligarchique grec (...)

SYRIZA : « Nous allons détruire le système oligarchique grec »

Yanis Varoufakis, donné comme nouveau ministre des Finances de Syriza, est interviewé à Athènes par Paul Mason de Channel4(23 janvier 2015). (Transcription et traduction : JFG-QuestionsCritiques).

Voir la vidéo sur le site de Channel 4 : ICI

Aujourd’hui, Yanis Varoufakis est professeur d’économie ; à partir de lundi prochain il pourrait être le ministre des Finances de Syriza. L’auteur du « Minotaure planétaire » et de la « Modeste proposition pour résoudre la crise de l’euro » répond aux questions de Paul Mason, chef de la rubrique économie de Channel 4, la grande chaîne de télévision indépendante britannique.

Minotaure2014.jpg JFG-mprczo.jpg

 

Paul Mason : Que ferait un gouvernement Syriza dans les 100 premiers jours ?

Yanis Varoufakis : Trois mesures. Premièrement, nous devons nous occuper de la crise humanitaire. Il est grotesque qu’en 2015, nous ayons des gens qui avaient un travail, une maison – certains avaient une boutique, il y a encore quelques années – et qui dorment dans la rue, le ventre vide. Il est inacceptable que des écoliers fassent leurs devoirs à la lueur d’une bougie parce que l’électricité a été coupée du fait que l’Etat a été mal inspiré de décider de taxer la propriété à travers les factures d’électricité. Ce sont des choses qui coûtent très peu d’argent et qui ont un impact symbolique, social et moral majeur. C’est l’une des trois pièces [de notre politique]. La deuxième chose que nous devons faire dans ce pays est de le réformer. Réformer en profondeur et réformer d’une façon qui s’attaque à ce que l’on appelle le « triangle criminel ». En Grèce, le triangle criminel [ou « triangle des combines » – NdT] comprend la partie achats de l’Etat, où vous avez des fournisseurs de l’Etat à la recherche de profits indus qui lui font payer des fortunes – par exemple, une autoroute grecque coûte trois fois plus cher à construire qu’une autoroute française, ce qui est inacceptable. Deuxièmement, la deuxième partie du triangle est formée des banquiers sans scrupules qui extorquent le maximum d’argent. Et troisièmement, les mass media qui sont tout le temps en faillite. Il faut donc se poser les bonnes questions, comme se demander comment ils parviennent à joindre les deux bouts quand ils n’ont jamais montré le moindre bénéfice.

PM : On pourrait presque entendre les centristes européens s’écrier, « il y a là un parti de gauche qui touche à la liberté d’expression ! »

YF : C’est le contraire. Nous sommes absolument attachés à la liberté d’expression, et la liberté d’expression en Grèce a été compromise par cette alliance contre nature entre des banquiers sans scrupules, des promoteurs et des propriétaires de médias qui deviennent la voix de ceux qui veulent parasiter les efforts productifs de tous les autres et vivre à leurs crochets.

PM : Que ferez-vous concrètement contre l’oligarchie ?

YF : Nous allons détruire les fondations sur lesquelles ils ont construit, décennie après décennie, un système et un réseau qui sucent méchamment l’énergie et la force économique de tous les autres dans la société.

PM : Vous n’êtes pas seulement un économiste, vous connaissez l’histoire de ce pays. Vous savez ce qui c’est passé la dernière fois que quelqu’un a essayer de reprendre le pouvoir à l’oligarchie grecque...

YF : Un combat juste doit être mené sans se soucier de ce que cela peut nous en coûter.

PM : Et le coût pourrait être qu’un gouvernement Syriza s’aperçoive, à un certain moment, que la démocratie lui est ôtée.

YF : Il n’y a pas d’autre alternative que de rester inébranlable dans notre opposition à ces forces qui vident essentiellement la démocratie de sa substance.

Mais venons-en à la troisième pièce de notre politique. Résoudre la crise, réformer la Grèce, nous attaquer à l’oligarchie, abolir l’immunité fiscale. Parce que ce n’est pas tant un problème d’évasion fiscale que d’immunité fiscale. Et la chose à faire, bien sûr, est de renégocier les accords de prêts avec nos partenaires européens, lesquels ont été préjudiciables à l’Europe dans son ensemble.

PM : Vous avez été pendant des années à l’extérieur de la politique. Que ressent-on lorsque l’on se retrouve aux portes du pouvoir ?

YF : Effrayant. Un seul mot : effrayant. Mais d’un autre côté, après avoir dit ça, dans les universités où j’ai passé toute ma vie – en Grande-Bretagne et ailleurs – j’étais persuadé que tout collègue voulant devenir à tout prix chef de département devrait être immédiatement disqualifié, parce qu’on ne devrait le faire qu’à contrecœur en tant que service public. Donc nous sommes des candidats au pouvoir à contrecœur et, malheureusement, c’est l’Histoire et cette crise qui nous ont poussé au centre de la scène, et nous avons maintenant hérité du défi empoisonné de devoir faire des choses essentielles que même les partis bourgeois auraient dû faire et qu’ils n’ont pas fait.

PM : Et si avec l’un de vos collègues, vous vous rendez à l’Eurogroupe dans deux semaines, que leur direz-vous ?

YF : Il est temps de dire la vérité sur la responsabilité insoutenable du déni majeur avec lequel l’Europe à traité la faillite dans ses assemblées et sur l’architecture problèmatique du système de l’euro.

PM : Et selon vous, quelle est la probabilité que la Grèce soit chassée de la zone euro ?

YF : Zéro.

PM : Qu’arrivera-t-il à la zone euro si elle continue comme elle est ?

YF : Si nous ne réformons pas le système de l’euro, si nous ne créons pas d’amortisseurs et ce que j’appelle un mécanisme de recyclage des excédents au sein de la zone euro, celle-ci sera foutue dans quelques années.

PM : Pourquoi ? 

YF : Parce que vous ne pouvez pas avoir une union monétaire qui prétend pouvoir survivre à une crise financière majeure simplement en prêtant plus d’argent aux pays en déficit à la condition qu’ils réduisent leurs revenus.

_________________________

Minotaure2014.jpg disponible en versions numériques (kindle etkobo) et brochée (PoD-amazon)


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54 réactions à cet article    


  • jeroboam92 jeroboam92 24 janvier 2015 17:44

    En espérant que SYRIZA remporte la majorité absolue dimanche...


    • Samson Samson 24 janvier 2015 18:03

      On peut (encore) rêver, donc on croise les doigts et on touche du bois : une majorité absolue de Syriza, une victoire de Podemos dans la foulée, un effet domino sur l’ensemble de l’€urope, ...
      Si çà ne résout pas nos problèmes, cela permettra au moins de les envisager d’une manière propre à restaurer espoir et dignité des peuples de ce continent.
      La Grèce est le berceau de la démocratie : nous serons très heureux qu’elle nous montre la voie vers sa restauration.


    • doctorix doctorix 25 janvier 2015 16:53

      La Grèce a la chance d’avoir touché le fond du trou avant nous.

      Ce n’est qu’alors que les peuples se révoltent.
      Nous n’en sommes pas tout à fait là, on ne nous a pas encore totalement tondus, mais ça vient.
      J’aurais préféré que nous donnions l’exemple au Monde, mais après tout, suivre la Grèce, qui a inventé la démocratie, n’est pas déshonorant.
      Allez, un peu de patience, nous y sommes presque !
      J’ai aimé le passage où Yanis dit que lui et ses collègues arrivent au pouvoir à contrecœur.
      Cela nous change de nos politiques, qui n’y arrivent que pour le pouvoir lui même, oublient leurs promesses, et ne sont là que pour s’enrichir et servir les puissants.
      Je leur souhaite de réussir, et je prie pour qu’ils gardent leur belle ligne de conduite.
      Ils ont une grande et belle responsabilité dans nos avenirs à tous.
      De leur succès dépend notre bonheur.

    • Lonzine 24 janvier 2015 18:14

      Je n’y crois pas bien que espérant, cela va finir comme le référendum Ecossais ou alors à la bepe grillo, ils gagnent et rentre dans le rang... mais on verra bien


      • jeroboam92 jeroboam92 24 janvier 2015 20:17

        Attendons le résultat des élections. Mais tous les indicateurs semblent dans la direction d’une victoire (massive ?) de Syriza.


        Pour ce qui est de rentrer dans le rang, je n’y crois pas trop, même si le « réalisme » devra l’emporter pour sauver un pays déjà dans le chaos.

        Je connais assez bien Yanis Varoufakis et je suis certain qu’il ne lâchera rien. Les propos qu’il tient dans cette interview en disent long sur son état d’esprit, largement partagé par les cadres de Syriza.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 janvier 2015 21:24

        Extrait de l’analyse de Lordon :
        « L’alternative pour Siryza est simple, plier ou tout envoyer paître.
        Si Tsipras imagine qu’il pourra rester dans la zone euro et obtenir davantage de cacahouètes, il se raconte des histoires. La vérité, c’est que Tsipras ne dépassera pas le stade de l’apéro, car l’ Allemagne ne cèdera sur rien de significatif. »


        « Renverser la table » n’a de sens qu’en sortant de l’euro et de l’ UE par l’article 50.
        Il suffit de voir comment fonctionnait la Grèce avant son entrée dans l’ UE :
        6,6% de croissance par an, et pas de chômage, pour comprendre qu’en restant sous la coupe de la Troïka, ce sera le même régime minceur qu’avant.

        Mais ce n’est pas du tout l’avis des Partis de la Gauche européenne, Siryza, Podemos, FDG, PCF etc. qui veulent sauver l’ Union européenne.

        Le seul Parti grec qui appelle à l’unité sans condition des Grecs pour sortir de l’ UE et de l’euro, c’est le Front Populaire Uni de Grèce. L’ EPAM. 


        • Samson Samson 24 janvier 2015 22:16

          « Renverser la table » n’a de sens qu’en sortant de l’euro et de l’ UE par l’article 50. »
          Et pourquoi pas, alors que la BC€ semble jouer ses dernières billes, en négociant et modifiant les règles du jeu pour enfin faire primer l’intérêt et la volonté citoyenne sur les diktats de la Troïka.
          Une Europe des peuples ne serait-elle plus profitable pour tous qu’un retour au « nationalisme » monétaire et économique ?


        • jeroboam92 jeroboam92 24 janvier 2015 22:50

          Ce que j’aime avec ce type de commentaire, même si certaines remarques sont pertinentes, c’est qu’il se fiche pas mal de la souffrance incroyable du peuple grec.


          Sans les anticapitalistes purs et durs, point de salut ! Votez KKE ou allez vous faire voir !

          « Il suffit de voir comment fonctionnait la Grèce avant son entrée dans l’UE »
          Mais, ma bonne dame, c’était il y a près de 40 ans...

          Pour Syriza, qui a certes adoucit son discours (mais la porte du pouvoir oblige en démocratie oblige à un minimum de consensus), l’avenir de l’euro est simple : soit la zone euro se dote des outils lui permettant de fonctionner et que les Allemands (et d’autres) refusent obstinément, soit la zone euro se désintègre et, de toutes les manières, les monnaies nationales seront de retour par la force des choses.

          En attendant, si Syriza peut apporter un peu de soulagement aux malheurs du peuple grec et réformer l’Etat pour détruire le système de l’oligarchie, il y aura lieu de se réjouir.

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 janvier 2015 09:18

          jeroboam,
          Il y a 40 ans ou pas, cela prouve que la Grèce est capable de se débrouillez très bien sans cette bande de requins. Mais vous avez raison, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?


          En restant dans l’ UE, l’ amélioration du sort des Grecs dépend du bon vouloir de la BCE, de Merkel, de la Commission européenne, du FMI, du Conseil de l’ Europe, plus sans doute de l’avis de la Maison Blanche, de la City, de Goldman Sachs ou autres requins de la finance...
          Lesquels n’ont aucun bon vouloir.

          Pour sortir de l’ UE, pas besoin de demander l’avis de qui que soit, ni de la BCE, ni de Merkel, ni du Pape. La majorité, que va sans doute avoir Syriza, propose aux Grecs de sortir de l’ UE par l’article 50. Point.

          C’est la seule décision qui ne dépende de personne, que du peuple lui même.
          Rien n’empêche ensuite à la Grèce de signer des accords de coopération avec d’autres pays.
          Mais ça doit être trop simple....

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 janvier 2015 12:15

          Samaon,
          Tous les autres pays du monde ont leur propre monnaie, c’est la norme, et la zone euro, l’exception.
          Tous les pays des BRICS et de l’ OSC sont des pays indépendants et souverains.
          Ce qui ne les empêche pas de signer moult accords entre eux.


          Quand Cuba échange des médecins contre du pétrole venezuelien, c’est de l’ Internationalisme au sens bien compris du terme. Entre les Nations et pas suppression des Nations.
          Supprimer les Nations, c’est ce que souhaite le Nouvel Ordre Mondial.

        • doctorix doctorix 25 janvier 2015 16:59

          Syriza travestit la vérité sur ce point, je crois, pour gagner l’élection, ne pas faire peur.

          Dans un avenir proche, ce parti annoncera la sortie de l’Euro (et donc de l’Europe) comme inévitable.
          Dans tous les cas, cette menace est un formidable moyen de chantage...
          La Grèce pourrait obtenir beaucoup par ce moyen, à cause de l’effet domino craint par dessus tout par les européistes.

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 janvier 2015 07:53

          doctorix,
          La sortie de l’euro n’a d’intérêt que si on sort aussi de l’ UE pour retrouver les capacités de décisions enlevées par les Traités. Sortir de l’euro, c’est moins pire que d’y rester, mais la Grèce sera quand même contrainte par l’absence de frontières, l’absence de contrôle des capitaux, leur budget sera toujours sous contrôle et elle continuera à appliquer les directives européennes et TAFTA.


          La Grèce n’a que deux ressources, le tourisme et l’ agriculture.
          TAFTA va ravager son agriculture.

        • Gauche Normale Gauche Normale 24 janvier 2015 22:57

          J’ai bien peur que la déception (inéluctable selon moi) que SYRIZA suscitera auprès de ses électeurs ouvre à l’avenir un boulevard aux néo-nazis d’Aube Dorée. Et là, les manuels d’histoires grecs pourront retenir que la gauche « radicale » aura contribué à l’ascension de l’extrême-droite. C’est tellement évident. En tant que partisan d’une vraie gauche (diamétralement opposée, donc, au PS), cette perspective ne me réjouit pas !


          Comme le dit Lordon mentionné par Fifi Brind_acier, si SYRIZA ne renverse pas le système, c’est lui qui la renversera. J’irais même plus loin : si cette gauche, toute radicale qu’elle se prétend, ne met pas fin au capitalisme, alors l’exploitation patronale continuera. Il est d’ailleurs frappant de voir quel point le charismatique Tsipras tape à fond sur Merkel (certes pas un ange) et l’Allemagne dans ses discours alors qu’il n’y a pas besoin de sortir de la Grèce pour voir qui sont les vrais responsables : les capitalistes, y compris ceux « nationaux ».

          Mais SYRIZA me semble moins ambitieux que Mitterrand il y a 34 ans, c’est dire.

          • jeroboam92 jeroboam92 24 janvier 2015 23:23

            Comme si SYRIZA (ou tout autre parti en Europe) pouvait mettre fin au capitalisme !!


            Si déjà on mettait fin aux paradis fiscaux (je suis pour des frappes sur les Caïman et les Îles Vierges britanniques, etc.) ; si on poursuivait en justice les politiciens corrompus et qu’on les mettait en prison ; si on faisait enfin baisser le prix des médicaments en France (c’est pas gagné avec Marisol Touraine !), on pourrait peut-être faire économiser 10 milliards d’euros à la sécu...

             

          • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 00:08

            Pas mal, l’idée des frappes ! Je pense que c’est une boutade mais cela me fait penser au fait que le Président de la République française étant aussi co-prince d’Andorre, il pourrait très bien envoyer l’armée « s’expliquer » avec ce paradis fiscal. Pareil pour Monaco, dont la Défense et la sécurité sont entièrement sous la responsabilité de la France. smiley


            Pour ce qui est du reste de votre commentaire, je ne prétends pas qu’un parti mette fin à lui seul au capitalisme, justement. Même des partis comme LO ou le NPA ne le prétendent pas. Je pense en revanche que le parti SYRIZA aurait du consacrer son énergie à faire prendre aux travailleurs de Grèce leur conscience de classe. Il aurait pu profiter de son audience croissante dans l’électorat populaire pour lui montrer qu’ils devaient prendre le contrôle de l’économie. Et c’est là que le capitalisme serait enfin aboli. Au lieu de ça, Tsipras ne cesse de s’en prendre à la méchante Allemagne.

            Sinon, je suis d’accord avec vous concernant les banksters et leurs complices politiques qu’il faut jeter en prison. En revanche, je ne pense pas que faire disparaître les paradis fiscaux soit une bonne chose, au contraire. Si ils disparaissent, d’autres réapparaîtront dans d’autres coins de la planète, qu’il faudra alors repérer, ce qui prendra du temps. Je pense plutôt qu’il faut boycotter ceux déjà existants.

          • jeroboam92 jeroboam92 25 janvier 2015 00:15

            J’ajouterai que c’est bien de citer Frédéric Lordon, mais encore ne faut-il pas déformer sa pensée.




          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 janvier 2015 09:21

            jerobom,
            C’est ce qu’on fait les Islandais, et devinez ? Ils ne sont ni dans l’ UE, ni dans l’euro, l’ Islande est un pays indépendant et souverain.


          • César Castique César Castique 24 janvier 2015 23:13

            Tout cela rappelle furieusement les promesses de Flamby sur la renégociation du Traité de stabilité, ensuite de la dénonciation de son ennemie la finance. 


            Au final, Tsipras, comme Flamby et le volubile Renzi, ira faire où Merkel lui dira de faire, peut-être en tirant un peu plus sur la laisse... Jusqu’à ce qu’on lui mette un collier étrangleur (de fabrication allemande of course).

            • Samson Samson 25 janvier 2015 00:09

              Même conscient - Pensée Unique oblige - que çà ne changerait rien sur le fond, j’ai à l’occasion de l’élection de Flamby dignement fêté le renvoi de l’agité du bocal à ses études. smiley

              Comment Syriza mènera la barque après sa victoire, wait and see !
              Mais si Syriza obtient la majorité absolue ou une large victoire, moi, je débouche une bouteille et je fête çà ! smiley


              • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 00:32

                C’est sûr que pendant quelques semaines (tout au plus quelques mois) les boursicoteurs et les eurocrates de Bruxelles vont s’arracher les cheveux mais tout finira par rentrer dans l’ordre et SYRIZA fera ce qu’a fait Mitterrand après le « tournant de la rigueur ».


              • Samson Samson 25 janvier 2015 02:00

                A moins que les dominos €uropéens ne continuent à basculer avec Podemos, puis ... ???
                Dans le désastre ambiant, il se trouve de moins en moins d’€uropéens pour encore ajouter foi au ronron des bréviaires de la Pensée Unique. Et comme « en face », on assiste à une fuite en avant quasi nihiliste dans la mise en place du Nouvel Ordre Mondial, notamment - sans même parler de l’embargo russe - par la pression croissante pour la signature des accords CETA et TTIP, il serait temps de se bouger !


              • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 14:11

                Podemos aura surtout à s’expliquer envers ses éventuels électeurs espagnols (en Espagne, les élections législatives sont prévues pour la fin de l’année) sur son soutien à SYRIZA, pari de « gauche radicale » dont il est absolument certain que sa politique ouvrira un boulevard à Aube Dorée. Ces deux partis sont en train de tuer la gauche ! Ce que le PS, le PSOE et le PASOK avaient si bien commencé, Podemos et SYRIZA vont l’achever. Ça m’attriste d’avance. smiley


                De plus, je n’ai vu nul part que Podemos avait l’intention de faire tomber les « dominos européens ». Où avez-vous vu cela ? Au contraire, ils veulent faire une Autre Europe", projet voué à l’échec.


              • Samson Samson 25 janvier 2015 18:23

                Si je suis bien votre raisonnement, il ne faut absolument pas voter pour un parti de la gauche radicale, surtout s’il est susceptible de l’emporter, car l’échec inéluctable de son programme entraînerait immanquablement une victoire de la droite radicale au tour suivant !

                Ne resterait donc plus aux Grecs que le choix de voter pour la Nouvelle Démocratie ou le Pasok et ainsi opter pour, sinon l’accentuer, au moins pérenniser le désastre ambiant ! A moins, de sauter les étapes et voter directement pour « Aube Dorée ».

                Je ne suis guère d’un naturel optimiste et n’ai qu’une confiance très relative en les vertus de la démocratie, mais à vous suivre, la stratégie et les perspectives politiques deviennent franchement passionnantes smiley smiley smiley


              • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 18:37

                Personnellement, si j’étais grec, je ne voudrais pas porter la responsabilité d’avoir voté pour un parti si destructeur pour la gauche et pour le pays. Ouvrez les yeux : ça se voit à des kilomètres que SYRIZA va se vautrer ! Et les conséquences pourraient être irréversibles. Je le répète, ça m’attriste profondément. 


                De plus, le sous-entendu de votre commentaire selon lequel il n’y aurait pas d’autre choix que SYRIZA, PASOK ou ND est faux : il existe un parti de gauche anti-UE, anti-€ et anti-OTAN, c’est l’EPAM. Voter pour ce parti lui permettrait de sortir de son état d’embryon.

                En attendant, lorsque SYRIZA sera au pouvoir, qui expliquera aux Grecs qu’ils doivent s’emparer de la lutte contre le capitalisme et contre la dictature eurocrate ? Personne. Il faudra bien pourtant qu’arrive ce sursaut citoyen. Ce sera le seul moyen d’éviter l’arrivée au pouvoir des nazis. Le seul avantage d’un Tsipras Premier Ministre sera peut-être que lui au moins n’enverra pas les flics contre les grévistes.

              • nours77 nours77 25 janvier 2015 05:28

                Mouais désoler d être d un avis différent, je pense moi que la manipulation va bon train, ceci n est que le futur pour chaque pays d europe, le laboratoire de cette fameuse oligarchie, je résume, tant que les grec n aurons pas de gouvernement, dans notre système si libéraliste, qu est qui va protéger le pays de l investisseur privé... ?
                ba rien... et c est pourquoi on voit en ce moment les multinationales et gros groupes financier découper la grec et la vendre au plus offrant ! (actuellement ce sont les service publiques, mais le temps sera court avant que le territoire soit a vendre lui aussi) Ouais démocratie.... ! Quand aller vous réfléchir 5 mins avant de dire des bétises, ce qui ce passe est prévu depuis long date, la grèce a été choisi comme terrain d essai, pauvre grec... des élections qui raté plusieurs fois.... quand a t on déjà vu ça ? Le problème de quelqu un qui lutte contre un plan bien huilé, c est qu il a tres peu de marge de manœuvre, un parralèle simple pour illustrer, la france est sur une pente savonneuse et qui descend elle aussi, Vous votez pour qui pour que ça s arrange ? Marrant comme question, aucun ne fait l affaire (tous des voleurs escrocs carriéristes...) et puis on les a malheureusement déjà tous essayer et réessayer... L avenir ce trouve dans les multinationale (le privé quoi) donc, foutez vous de ma gueule ! ce n est que la suite logique de ce qui ce passe actuellement... Une seule pensé pour les grecs sauver vous de la tant qu il est encore temps...


                • Gérard Dahan Gérard Dahan 25 janvier 2015 09:06

                  Syriza est une forme de populisme de gauche :

                  beaucoup promettre et notamment la fin des politiques d’austérité
                  proposer une relance économique et des programmes sociaux de soutien
                  sans vraiment savoir comment il va les financer,
                  ou éventuellement en comptant sur le contribuable Européen pour les financer
                  ce que Bruxelles veut éviter vue la montée de l’anti-européanisme...

                  Parce que c’est bien l’inconnu : Puisque Syriza souhaite désormais rester dans l’UE comment espère-t-il financer son programme de relance ?


                  • leypanou 25 janvier 2015 10:02

                    Vous croyez qu’ils n’y ont pas pensé et attendent que les choses s’arrangeront par le simple fait du Saint-Esprit ?

                    Leur solution peut ne pas être à la hauteur (cf F Lordon : passer sous la table ou la renverser) mais ils y ont certainement pensé. Mais, de toute façon, la Troïka na va pas les laisser tranquilles, avec l’appui de l’oligarchie locale ou non et des médias mainstreams.

                    Déjà, on entend matin, midi et soir, la gauche radicale, l’extrême-gauche, pour asséner dans la tête de l’individu moyen une image négative de ce parti et je suis sûr qu’en Grèce, c’est encore pire, déjà que P Moscovici et JC Junker ont manifesté publiquement leur opinion, ce qui n’est guère étonnant, on sait qu’est ce qu’ils soutiennent.


                  • jeroboam92 jeroboam92 25 janvier 2015 10:19

                    Pour le financement de leur programme, la seule marge de manoeuvre dont dispose un futur gouvernement grec est de ne pas rembourser la dette. En effet, la Grèce à réalisé en 2014 un excédent primaire (c.-à-d. un excédent budgétaire avant le paiement de la dette). 


                    Pour l’instant, je n’ai pas l’impression que Syriza parle d’un programme de relance. Ils en sont seulement au stade du règlement des problèmes humanitaires les plus urgents.

                    Ils demandent 15 jours après la constitution du nouveau gouvernement pour présenter leur programme de financement à l’Eurogroupe. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on pourra 1) se faire une idée de la réelle ambition de Syriza en matière de redressement, et 2) voir la réaction de l’Eurogroupe. 

                    De toute façon, nous entrons dans l’inconnu. Mais il est important que la Grèce ouvre la voie vers un changement de gouvernance et parvienne, même de façon relative, à redresser la barre. Cela pourrait créer un effet d’entraînement : Portugal, Espagne, Irlande... Italie. 

                  • Samson Samson 25 janvier 2015 17:52

                    @Gérard Dahan
                    « Syriza est une forme de populisme de gauche : »

                    N’y ayant jamais éprouvé goût ni plaisir mais conscient de son impact sur nos vies, je ne dispose que de quelques rudiments - extrêmement limités - d’économie.

                    Ce qui ne m’empèche pas de constater qu’au nom de « lois » économiques inspirées par Friedmann et Hayek, on nous impose à tout va et à l’échelle planétaire le « There is no alternative » cher à Thatcher, soit la réduction du rôle de l’« état-providence » et son contrôle sur l’économie, la dérégulation totale des marchés, la privatisation du bien public, le brevetage du vivant, la confiscation de toutes les ressources (eau, énergie, minerais, ...) au profit exclusif d’acteurs privés, le dégraissage de la fonction publique et des services associés (santé, sécurité sociale, enseignement, pensions, ...)

                    Difficile, hors quelques inflexions et aménagements, de différencier la politique de Tony Blair de celle de Cameron, ou celle de Hollande de celle de Sarkozy : quel que soit le choix de l’électeur, les fondamentaux économiques adoptés par leurs représentants élus - qu’ils se prétendent « droite » ou de « gauche » - restent les mêmes. Et quel que puisse être le résultat des urnes, les diktats de la Troïka semblent prévaloir, ce qui réduit à une bien triste mascarade le concept même de démocratie.

                    D’autant qu’en matière de lendemains qui chantent, hors ce 1% de privilégiés qui s’accapare d’après Oxfam 48% de la richesse planétaire (80 personnes) et leurs émules, l’horizon s’assombrit de jour en jour pour la plupart d’entre nous - et pas qu’en Grèce, Espagne, Portugal, Irlande, ... : l’automatisation de la production et la compétitivité mondialisée à une échelle toujours plus sauvage et inhumaine, l’exaltant cortège des burn-out, chômage, misère et désespoir auquel l’élite économique et financière destine une frange toujours plus large de nos contemporains, l’horreur économique à tous les étages, ...

                    Et que si d’aventure une reprise économique finissait par se dessiner en €urope, elle ne bénéficierait qu’à ces quelques empires industriels et conglomérats transnationaux qui grâce à leurs lobbying incessant dictent leurs lois à nos représentants et ont déjà détruit ou délocalisé la plus grande part de notre tissu productif : ce ne sera par exemple guère sur les géants de l’agro-alimentaire et leurs monopoles qu’on pourra compter pour repeupler nos campagnes.

                    Alors oui, on peut certes - au nom des règles économiques et à l’unisson avec la langue de bois des médias dominants et autres chantres du Nouvel Ordre Mondial - agiter le chiffon rouge (ou brun) et dénoncer les tentations et les dangers du « populisme ».
                    Mais tandis que le contrat social est unilatéralement rompu au bénéfice exclusif d’une oligarchie qui nous broie et nous méprise chaque jour un peu plus, il n’est pas (encore) interdit -faute même de maitriser ce discours qui justifie notre pillage et notre oppression - d’être lucide, d’aspirer à plus de justice et de solidarité, et - tant qu’à faire puisque cette démocratie qui nous a été confisquée n’est pas encore officiellement abolie - exprimer notre colère et cette volonté par le biais des urnes.

                    Je ne doute pas plus du style « pompeux » de mon propos que de sa naïveté, moyennant quoi - n’ajoutant désormais aucune foi aux mensonges débités par la Troïka et ses laquais de ce que je qualifie de « Financratie » - je m’apprète à dès ce soir dignement fêter l’historique victoire de Siriza. smiley

                    Et pour la suite, on verra !

                    Salutations ! smiley


                  • Enabomber Enabomber 26 janvier 2015 01:46

                    A la tienne Samson !


                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 janvier 2015 07:56

                    jeroboam,
                    S’ils ne remboursent pas la dette, ce sont les détenteurs de la dette qui devront payer : cela coûtera 40 ou 50 milliards aux contribuables français, c’est pas une bonne nouvelle ?


                  • leypanou 25 janvier 2015 12:06

                    La lecture de cet article peut être complété par cette autre analyse, qui rejoint à min avis, d’ailleurs ce que disait F Lordon : le mirage de la gauche et la globalisation néolibérale, Syriza et Podemos.

                    Cela démontre aussi, à mon avis, par l’absurde, l’illusion du FdG concernant son positionnement concernant l’UE et l’Euro.

                    Mais bon, on arrive très vite à une impasse car le carcan de l’UE et de l’Euro ne permet aucune politique économique indépendante et cela a été fait justement pour..


                    • jeroboam92 jeroboam92 25 janvier 2015 18:10

                      Déjà, la victoire de Syriza est écrasante et permettra de former seule le futur gouvernement...


                      • Samson Samson 25 janvier 2015 18:34

                        Bravo, youpie, génial, super, ... ! smiley
                        Cela nous permettra à tout le moins de vérifier la justesse - ou non - des prédictions des nombreuses Cassandre qui se sont exprimées ci-dessus ou ailleurs smiley
                        Quant à moi, je ne boude pas mon plaisir, j’ouvre la bouteille annoncée et je trinque aux Grecs, à l’espoir, à la vie, ...  smiley smiley


                      • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 19:08

                        Espérons qu’ils réussissent mais c’est peu probable. Il est en tout cas troublant que SYRIZA soit soutenue par notre inénarrable opportuniste Le Pen. Après tout, entre partis ne voulant pas sortir de l’UE et s’en prennant sans cesse à des coupables qui n’en sont pas (Allemagne pour SYRIZA, étrangers pour le FN), il faut bien s’entendre. Qui se ressemble s’assemble.


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 janvier 2015 19:53

                        Gauche Normale,
                        Non, ce n’est pas étonnant que le FN pointe son groin.
                        Dès qu’il faut salir quelque chose, ils se pointent.
                        Ils font pareil en France avec les questions de souveraineté et de sortie de l’ UE.
                        Ils font semblant d’être pour, ce qui permet aux européistes d’assimiler ces questions au FN.
                        « Vous voulez sortir de l’ UE ? Alors vous dites comme le FN ! »


                        La question est de savoir si c’est la direction de Syriza qui est dangereuse, ou ceux qui votent pour ?
                        L’avenir nous le dira.

                      • Gauche Normale Gauche Normale 25 janvier 2015 20:09

                        Oui, fifi.

                        Sauf que SYRIZA ne veut pas sortir de l’UE ni de l’euro : son chef s’y est montré très attaché. Dès lors, je ne vois pas l’intérêt du FN de salir un parti qui lui est semblable dans l’imposture. Je pense que ce soutien est plutôt bel et bien « sincère ».

                      • jeroboam92 jeroboam92 25 janvier 2015 20:37

                        C’est vraiment exagéré. Comme si Syriza avait sollicité le soutien de Marine le Pen !


                        Moi, je m’en tiendrai à ce que Mélenchon à dit dur BFM à se sujet : « Si Madame Le Pen veut cirer mes pompes, qu’elle le fasse ! »

                        Mais je vois bien que vous êtes un peu à court d’arguments.

                        Je retiens quand même que vous espérez qu’ils réussissent.

                      • Samson Samson 25 janvier 2015 21:18

                        @Fifi Brind_acier
                        @Gauche Normale
                        J’ai beau cultiver ma solitude, être coutumier du désespoir et inconditionnel de « Paint-it Black » ou de « La Chute », je vous trouve franchement rabat-joie sur le coup. smiley
                        Pour une fois que çà arrivait à me passionner ! ... smiley

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