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Accueil du site > Actualités > International > TEDGlobal : lumière dans la nuit 2011 ?

TEDGlobal : lumière dans la nuit 2011 ?

Voici mon reportage sur la conférence TEDGlobal de juillet dernier à Edimbourg*

Krach boursier à l’automne, désintégration de l’Europe à l’automne, mort de l’Euro en janvier ? Au cœur de ce second semestre de tous les dangers, dans l’océan noir des mauvaises nouvelles, il y avait une pépite. Pour la trouver, il fallait chercher des châteaux du VIIème siècle, des volcans endormis, vêtir le kilt et tenter de se faire comprendre par une population à l’accent impossible. Il fallait viser Edinbourg en Ecosse et la conférence TEDGlobal, le dernier endroit où s’enthousiasmer sur l’avenir du monde est encore possible.

Pendant cinq jours, soixante-dix intervenants (chercheurs, biologistes, entrepreneurs, artistes), se sont succédés pour dix-huit minutes de présentation chacune calibrée pour toucher au cœur et au cerveau un public de mordus d’innovation. Ils étaient huit cent cinquante, fraichement débarqués des cinq continents, à avoir déboursé quatre mille euros pour une bien trop courte semaine de safari mental et émotionnel hors norme. Ils parcourent le monde à la recherche d’un marché. A Edinbourg, bardés de tous leurs succès (ils sont patrons, créateurs, politique) ils ont cru participer à une chasse aux idées. Mais cette année, il y avait à cette conférence pour humanité exaltée un souffle qu’on ne lui connaissait pas encore. Contexte aidant, elle s’est transformée en questionnement sur la finalité de la technique, de l’action, voire de l’existence. Thème de l’année « The Stuff of life », les choses de la vie, sa beauté, sa fragilité, sa cruauté, ses possibilités. On a connu investissement moins productif.

Pour les cyniques et les jaloux, TED est une clique d’initiés tous membres de l’international des winners devant l’éternel. Lancée en 1984 en Californie, TED a d’ailleurs longtemps été le secret le mieux gardé de la Silicon Valley. Entrepreneurs du Net, producteurs de Hollywood et agités du design se retrouvaient chaque année à Monterey, station balnéaire croquignolette de la US1, pour partager leurs idées. Le fondateur de TED, le bouillonnant Richard Saul Wurman, était convaincu que ces trois industries - la technologie, le divertissement et le design – allaient converger. Feu Steve Jobs a inauguré les plâtres. Une révolution, celle des technologies grand public avait trouvé son théâtre. Elle pouvait démarrer.

Pendant près de 20 ans, TED est resté un club ultra fermé de fous de techno. Sur scène, les geeks avaient enfin la parole devant un parterre médusé qui réunissait le gratin de Palo Alto. Les fondateurs de Yahoo, de Google, d’Amazon, les patrons de Microsoft étaient - et sont toujours pour la plupart - des habitués. Ils venaient chercher la perle rare, le projet de demain, leurs meilleures idées, un supplément d’âme. Bien que parlant de tout, de la malaria aux trous noirs en passant par la peinture du XVIIème, TED restait très consanguin. Les idées se recyclaient en circuit fermé. Chris Anderson, un entrepreneur des media (il a fondé Future Publishing qui éditait notamment l’excellent magazine de technologie Business2.0), découvre TED en 1997. C’est le début d’une incroyable aventure. En 2002, il cède son groupe de presse puis convainc le fondateur de TED de lui vendre l’organisation non lucrative. L’équipe s’étoffe. Bruno Giussani, journaliste italo-suisse polyglotte et insatiable, devient patron pour l’Europe. Il voulait embrasser le monde, il va le faire pour TED qui sort de son écrin, s’ouvre et révolutionne l’accès et la diffusion des idées.

En dix ans, TED troque son existence ronronnante de mono conférence annuelle, très « Amérique dents blanches », contre celui de plateforme multilingue d’identification et de diffusion des meilleures idées. Aujourd’hui TED c’est deux rendez-vous annuels, des milliers de conférences organisées sous licence libre et spontanément par des fans de TED (les conference TedX, dont le très remarqué TEDx Paris, mais aussi TEDx Ramallah, TEDx Beijing, TEDx Dubai etc…). C’est aussi des milliers d’interventions en accès gratuit sur le site ted.com et traduites en 82 langues par 6000 volontaires, 500 millions de visiteurs et un Prix annuel complètement barré : en guise de récompense, le gagnant doit faire un « vœu pour l’humanité », vœu qu’il a un an pour mettre en place, avec les membres de la « communauté » TED. Bill Clinton, l’épidémiologiste bien nommé Larry Brillant, l’architecte humanitaire Cameron Sinclair, le chef cuisinier Jamie Oliver, l’océanographe Sylvia Earle s’y sont collés. Cette année, l’artiste français JR, qui rhabille les villes du monde avec des photos monstres collées à même les murs, planche (voir interview plus bas) à son tour.


Qu’il s’agisse de neuroscience, de faim dans le monde, de climat ou d’extrémisme, les « TedSpeakers » ont raconté leur découverte comme autant de combats. Monter sur scène devant l’une des auditoires les plus exigeants au monde est l’expérience d’une vie. La sanction : des applaudissements polis. La consécration : une standing ovation, prélude à un carton plein sur le site ted.com qui publie l’intégralité des interventions, gratuitement et dans la plupart des langues. Cela s’appelle un « Ted Moment ».

Et cette année, TEDGlobal en a connu beaucoup. La conférence a eu ses rocks stars, comme le pianiste Balezs Havasi, la chanteuse Imogen Heap, l’historien Niall Ferguson, le philosophe Alain de Botton, l’inclassable Malcom Gladwell. Elle a eu ses allumés, comme Yves Rossy, alias Jet Man : l’homme vole comme un oiseau, à 300 km/h avec sa tête comme gouvernail. L’artiste Jae Phin Lee a débarquée sur scène telle un Schtroumph noir. Elle avait vêtu son costume mortuaire à base de mycélium, pièce maitresse de son œuvre, « infinite burial » : Jae Phin Lee cultive des champignons qui grignoteront et ainsi recycleront son corps le jour où la vie l’aura quitté. A son habitude, la conférence a rempli son rôle de défricheur d’innovations de rupture : Justin Hill Tipping, veut nous délivrer de la troïka infernale pétrole-nucléaire-charbon avec la nano énergie. A force de souiller ses mains dans la gestion des déchets, Michael Biddle recycle l’impossible : la plastique.

Plus étonnamment, TED, ce chantre de la technologie a surtout multiplié les occasions de mise en garde sur le pouvoir de… la technologie. De l’emprise des algorithmes sur le réel à la capacité de nuisance des hackers, nous rend-t-elle réellement plus libres, plus forts ou même pérennes ? Notre fascination n’est-elle par le signe d’un un énorme évitement ? Internet, sa puissance et sa vulnérabilité sont revenues comme un fil rouge. D’après Bruno Giussani, le patron de TED Europe qui orchestre TEDGlobal : « nous sommes entrain de vivre une expérimentation sociale inédite : qu’est-ce que cela veut dire d’appartenir à un monde dans lequel vous avez des tonnes d’information gratuitement et la possibilité de vous connecter à n’importe qui à n’importe quel moment ? Comment s’assurer que cela évolue dans le sens des internautes et non des gouvernements ou des entreprises.

Loin de sa réputation d’ayatollah du progrès technique, TEDGlobal a mis en avant notre impuissance, nos accomodements. L’idée de fragilité, d’erreur, était partout : les interventions les plus fortes sont venues d’individus ayant osé plonger dans les entrailles de l’âme humaine, la barbarie, la peur de l’autre ou de la mort. Jeremy Gilley a convaincu l’ONU, les gouvernements et les chefs de guerre de ne plus toucher les armes, un jour par an. C’est Peace One Day (le 21 septembre). Son trophée ? Une lettre signée d’un chef Taliban. Nadia Al-Sakkaf, trentenaire en acier trempé, est devenue rédactrice en chef du Yemen Times à la mort de son prédécesseur. C’était son père. Elle joue sa vie pour que chaque jour, on sache un peu, même un tout petit peu ce qui se passe au Yemen. L’indien Sanjit Bunker Roy a tout plaqué, famille, éducation, richesse, carrière de diplomate, pour vivre avec les plus démunis. Il a crée le Barefoot College dans lequel on accepte tout le monde sauf les diplômés. Ses étudiants à haut potentiel ? Les grand-mères. Barefoot College forme des architectes, des ingénieurs spécialistes en panneaux solaires et même des dentistes dans 37 pays. Talents et développement poussent de manière organique, à la barbe de la Banque Mondiale, de ses consultants et de ses dollars inutiles. Deux médecins, Abraham Verghese et Pauline Chen, sont venus raconter combien la quête d’efficacité avait tué la médecine et le rapport au patient que l’on n’interroge, ni ne touche plus. A l’université, ils ont été formés pour accompagner des mourants. Dans la vraie vie, ils ont reconnu avoir longtemps fui leur dernier souffle. Il y avait des papiers à remplir, un autre patient à soulager, la mort surtout à fuir. Malheureux, ils ont appris à ne plus à rester jusqu’au bout, la main sur le bras du patient, avec la famille. Qu’est-ce que le courage ? Etre dans la vie ? Un interlude musical devait permettre à l’assistance de se remettre. Asaf Avidan a débarqué, guitare en bandouillère. Sa « reckoning song », sur le temps qui passe et dont on ne fait rien, a achevé tout le monde. C’était mon TED Moment.

Technologie en furie, philosophe survolté ou artiste recueilli… ce qui ce passe sur scène n’est qu’une petite partie de ce qu’apporte et permet TED. Ici, à peu près tout le monde a quelque chose à dire, surtout depuis que l’organisation a cassé le moule du participant forcément masculin, occidental, cadre dynamique dans une start-up pleine d’avenir. Le programme TED Fellows détecte les talents où ils se trouvent (des réalisateurs, entrepreneurs, éducateurs, en Afrique, au Moyen Orient, en Amérique du Sud). Elle leur offre tout ce qu’est TED - sa conférence, son réseau, sa plateforme, son audience - sur un plateau. A TEDGlobal, ce sont eux les vraies stars. Ils représentent la relève. Et leur présence change tout.

Cette année, il fallait mieux arriver à TEDGlobal en forme. Sinon, tant de noirceur, d’enthousiasme et de bonne volonté assommaient. Le spectacle, la discussion, était sur scène, dans les couloirs, dans les fêtes, de la file d’attente des taxis à l’aéroport à l’arrière du bus qui ramenait à l’hôtel, tard dans la nuit. TED c’est une sorte d’énorme speed dating des idées, interrompue par quelques heures de sommeil finalement assez frustrantes. On se fait peur, on rit et pleure. Même la ville, plus habituée au public paisible des festivaliers, semblait prise d’assaut. Dans les conversations, avec un patron de hedge fund australien, un magnat de la pop anglaise, une éducatrice jordanienne, une phrase revenait sans cesse « j’adore venir ici car je trouve enfin des personnes qui pensent comme moi ». Cela sonnait comme un aveu, un soulagement. A TEDGlobal, il y a beaucoup de talent, peu de certitudes, des passions et une volonté de faire à réveiller les volcans.

Mais s’ouvrir aux idées des autres ne laisse jamais indemne. TEDGlobal n’est pas une conférence sur la technologie ni même sur les idées. C’est une semaine sur l’engagement vis-à-vis de soi-même. Le monde brûle. Oubliez l’or, les terres arables, le Franc Suisse. La valeur refuge, c’est l’humain. L’innovation de rupture : sa résilience.

Pour retrouver les interventions en ligne : ted.com

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Les meilleures phrases de TEDGlobal :

  • Richard Wilkinson, sur les effets induits par les sociétés inégalitaires : « si vous voulez vivre le rêve américain, allez au Danemark »
  • Kevin Slavin, sur l’emprise de la finance : « Wall Street écrit des algorithmes dont les effets sont si rapides que l’on n’arrive même plus à les lire ».
  • Rory Stewart, militaire, diplomate, humanitaire, auteur (« En Afghanistan », Albin Michel) et finalement parlementaire anglais d’une petite quarantaine d’année, sur l’intervention militaire en Afghanistan (qu’il a vécu de l’intérieur) : « dans le langage militaire, dire « échouer n’est pas une option » veut dire « échouer est inévitable » »
  • Nadia Al-Sakkaf, rédactrice en chef du Yemen Times, sur le fait d’avoir grandi entre deux cultures : « Mon père m’a dit un jour ‘tu es un pont’. Et je dois bien admettre que, avec mon travail, pas mal de personnes m’ont marché dessus ».
  • Tim Harford, sur notre incapacité à anticiper ce qui vient : « il faut se débarrasser du complexe de Dieu, cette conviction d’avoir la solution à la complexité du monde. Ce qui compte, c’est l’adaptabilité, le processus tentative-echec. Aujourd’hui, il faut voter pour les personnes qui osent dire qu’elles n’ont pas la solution »

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La musique à TEDGlobal

Les soixante-dix interventions sont entrecoupées d’interludes musicaux. On croit faire une pause, on explore encore et encore avec notamment :

- Asaf Avidan and the Mojos : Reckoning à écouter sur Deezer.

- Somi : « If the rain comes first »

- Tout Imogen Heap, artiste membre du circuit très fermé de ceux qui conseille TED sur les idées.

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Les livres à TedGlobal La librairie de la conférence est achalandée par des livres recommandés par une poignée de participants. Entre les livres pakistanais sur le 11 septembre et le dernier best seller sur l’économie verte, il fallait lire :

- tout Nial Fergusson

- Daemon, de Daniel Suarez, le cyber-thriller paru en 2009 et qui depuis fait faire des cauchemars à toute la Silicon Valley. Il est publié en France au Fleuve Noir

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Interview de l’artiste JR, qui a remporté le TEDPRize 2011

Avant de recevoir le prix, connaissiez-vous TED ?

Quand je les ai eus au téléphone la première fois, je n’ai rien compris. Je ne savais pas du tout qui ils étaient, ce qu’était TED. Du coup, je leur ai posé plein de questions, sur leur financement, leur rapport à leurs sponsors. En fait je les ai interviewés pendant 40 minutes alors qu’en fait, initialement, c’était eux qui me faisaient passer un entretien, avant de me décerner le TedPrize. Le vainqueur reçoit 100 000 dollars et la possibilité de faire un « vœux pour le monde ».

Pour vous, comment cela s’est-il passé ?

Je me suis pris la tête sur cette histoire de vœux. Pendant des semaines, je me suis dit que je n’aurais pas du accepter. Je ne veux pas avoir une étiquette d’humanitaire, ce n’est pas moi. Moi je fais de l’art. Donc je réfléchis à cette histoire de vœux, de projet à faire avec TED et toutes les personnes qui gravitent autour, et je sais que l’idée c’est qu’il se propage le plus possible. Et puis là, le 1er janvier, j’ai l’idée : je vais être imprimeur.

Votre TED Wish c’est le projet « Inside out »

L’idée c’est de définir un cadre et de laisser les gens s’approprier totalement l’idée. Ils réalisent le portrait de qui ils veulent, mais comme j’essaie de les réaliser moi (noir et blanc, plan resserré). Ils y associent une phrase. Ils m’envoient le tout par Internet. S’ils peuvent, ils donnent 20 euros. S’ils ne peuvent pas, cela ne change rien : on imprime leur portrait en grand format, sous forme d’affiche prête à coller, qu’on renvoie à leur adresse, avec un kit de colle. Les gens vont coller eux-mêmes, quand et où ils veulent.

Du coup, vous intervenez peu…

Nous, on donne juste le cadre et les règles. En une semaine, on a reçu 10 000 photos ! La communication du projet se fait uniquement par le fait qu’il existe. Je n’ai plus rien à voir avec le projet. Je vais dans des rues et je tombe sur des photos comme les miennes mais pas signées par moi. C’est peu commun pour un artiste… C’est un projet tellement loin que je me suis dit que ce qui était important c’était le chemin pour le réaliser. J’essaie de prouver à chaque étape que ce qui compte c’est de mettre en lumière l’autre, de tagguer le nom des autres. Et puis, c’est un projet qui finit par m’inspirer. Pour aider les gens, il faut leur donner les moyens de faire. L’œuvre, c’est participer, cela ne me concerne plus. En Tunisie, où le projet a été le premier à décoller (ndlr : des tunisiens ont notamment remplacé les portraits de Ben Ali par des photos du projet Inside Out), j’ai pris une grosse claque : d’abord, je me suis bien rendu compte qu’en étant sur place, avec les gens, je mettais quelque chose de superficiel. Ensuite, des tunisiens sont venus très vite arracher les affiches Inside Out. J’ai compris que c’était cela la démocratie : se ré-approprier ses espaces. Il n’y a rien de plus fort que des gens qui défendent leur propre espace.

Quelle a été la réaction de la communauté TED ?

Quand j’ai reçu le prix cet hiver en Californie, j’ai été contacté par un tas de fondations qui ont proposé de m’aider. Mais quand je leur ai expliqué qu’elles ne pouvaient mettre leur logo nulle part, quand j’ai refusé les dotations, quand j’ai dit que je ne faisais pas de la philanthropie et que je préférais vendre mes œuvres, il n’y avait plus grand monde. Aider, c’est devenu une marque. Ce sont les plus discrets qui aident vraiment. Aujourd’hui, on nous prête un immeuble dans Manhattan dans Lower East Side où on a installé notre imprimerie. On nous prête des bâtiments pour coller et c’est bien le plus important. Le développement du projet Inside Out est filmé en « temps réel ». Il donne lieu à une web série, dont le 1er épisode (qui concerne surtout la Tunisie) est en ligne sur YouTube.

Inside Out, la série : http://www.youtube.com/watch?v=_BQIpdJg5Bs

JR est exposé à la Galerie Perrotin du 17 novembre 2011 au 7 janvier 2012

@Flore Vasseur décembre 2011

* : Un magazine culturel me l’avait commandé puis l’a enterré.


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12 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 23 décembre 2011 11:54

    Flore

    Krach boursier à l’automne, désintégration de l’Europe à l’automne, mort de l’Euro en janvier ?
    vous avez effectivement les bonnes dates.
    bon courage à nous tous.
    PS : j’ai vraiment aimé votre bouquin.


    • herbe herbe 23 décembre 2011 12:38

      Merci de nous faire part de ce « souffle »...


      • JC (Exether) 23 décembre 2011 14:09

        Conférences très intéressantes effectivement, à podcaster sans retenue !


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 décembre 2011 16:15

          Bonjour Flore,

          «  la technologie, le divertissement et le design » le premier étant le fond, le second la forme, les deux sont concomitant au service de la diversion, le jeu, ici à son paroxysme, http://www.youtube.com/watch?v=6I3yAeyDsVQ&feature=related merci morice. Dans ce jeu de dupes, la femme est souvent l’appât au bout de la canne ou du manche, elle se singularise aussi en mettant son courage au profit du savoir comme vous le faites dans cet article plein de noms inconnus pour moi, bonne fête à tous. L.S.


          • easy easy 24 décembre 2011 16:06

            Très bonne proposition d’illustration avec cette vidéo, Lisa !
            (Maurice Ravel, pas Morice)

            Tout TED y est en effet

            « La femme est souvent l’appât au bout de la canne... »
            Oui souvent.
            M’enfin, je ne sais bien s’il faut le déplorer à une époque où ce que nous avons le plus à déplorer c’est le matérialisme.
            La femme, comme récompense, répond à l’activisme du garçon. Cet activisme (particulièrement prométhéen donc très socialisant en Occident) qu’il soit gangster ou Edisonien met le garçon en situation de risque. Il lui faut donc un havre et il n’est pas illogique qu’il le trouve en la femme ou la mère.


            J’ai fortement vécu ce prométhéisme et j’ai nettement perçu que chaque fois que je prenais des risques ou que j’acceptais des épreuves dangereuses, je me disais que ça valait le coup parce que je constituais ou disposais d’un havre-femme en retour. 

            Entre mille exemples possibles, le personnage qu’incarne De Niro dans le film Casino, illustre à peu près cela.

            Relevons qu’Alexandre Yersin, qui avait passé le gros de sa vie à Nha trang en Indochine, qui avait osé bien des expériences (mais sans jouer la transgression), s’appuyait alors non pas sur une femme-épouse puisqu’il était resté célibataire, mais sur sa mère restée en Suisse à qui il écrivait très souvent. Tout ce qu’il faisait était avalisé-censuré par sa mère et ça le rendait très solide.

            Autre cas plus mystérieux, celui de Turner. On ne lui en connaissait pas d’officielle mais il avait une relation très secrète avec une femme. Ca lui aura donné la force de résister aux critiques. Picasso idem, Dali idem, JP Sartre idem. De Gaulle idem qui avait appuyé son audace sur des fondations très maternelles. Louis XIV idem qui avait fortement appuyé ses convictions sur la censure de Madame de Maintenon.

            Il est possible de remarquer qu’à la pointe des situations de risques, le garçon y place précisément un symbole féminin. Cela vaut certes dans les guerres de Troie ou de Marc Antoine, mais plus banalement, ça se voit dans la débauche qui est socialement une position à risques et où l’idéal pour le garçon audacieux, consiste à placer carrément la femme au centre de la transgression qu’il entreprend.

            Les femmes nues d’un Crazy Horse ou de ce ballet nautique y jouent un quadruple rôle. Elles sont objet de désir interdit, elles sont invitantes donc actives donc non-objet, elles sont témoins et enfin elles sont les juges magnanimes de leurs effets. (Si en cet endroit on dit « L’effet qu’elles produisent » on tendrait à leur attribuer toutes les responsabilités, ce qui ne serait pas juste)

            Résulte alors la confrontation entre ces fleurs de scène et les autres femmes qui en font vaguement autant mais dans un cadre qui leur semble plus sûr, plus pérenne, celui du bon droit, du mariage, de la convention sociale.


            Fleurs de scènes et épouses incluses, la femme peut se proposer depuis son plus simple appareil jusqu’à son appareillage en diamants. Au pôle diamantiste elle s’associe au matérialisme, au pôle de la nudité sur herbe, elle s’associe au non-matérialisme. Entre ces deux pôles toutes les positions intermédiaires existent et les garçons disposent d’une large gamme de choix. Heureusement.

            Le film Miss Prettigrew, entre mille autres exemples possibles, illustre ce choix



            Tout cela donne l’impression que la femme détermine, par sa position diamantiste ou naturiste, la choix de l’homme.
            C’est assez vrai mais arrive un facteur que nul ne contrôle ou décide, la beauté ou plus exactement le « plus-bellisme ». D’autant que ce plus-bellisme tourne et passe.


            Ainsi, la beauté, un des éléments les plus centraux de l’activisme de l’humanité est constamment redistribué de minute en minute, aux unes, aux autres, au hasard des molécules dans les différents périmètres culturels

            Relevons qu’il est épatant que nous puissions trouver, dans un périmètre culturel donné où les canons pourraient sembler relativement figés, un jour que c’est Grace Kelly qui est la plus belle, un autre jour que c’est Ika de la Guerre du feu et un autre jour encore que c’est Neytiri d’Avatar.
            Quel serait alors l’argument clef de la beauté puisque ça ne semble pas tenir à la forme du nez ou des oreilles ?
            Probablement quelque chose qu’on appelle la grâce mais qui contient, il me sempble, de la tolérance.
            Prenez la plus belle femme, rendez la sévère et hop, elle devient laide.

            (Amy Adams qui joue une Delisya singularisée par sa tolérance tant envers les autres qu’envers elle-même dans miss Prettigrew en offre un exemple parfait)





            Plein de noms inconnus dans ce papier pour moi aussi.


          • tinga 23 décembre 2011 21:32

            Une petite video d’Imogen Heap, auto sampling mené avec brio.


            Merci pour le reportage.

            • ddacoudre ddacoudre 23 décembre 2011 22:36

              bonjour flore
              j’ai bien aimé ton article d’autant qu’il m’a fait découvrir cette réunion.
              il y a 5 ans que je n’écoute plus France culture, tous simplement parce que je n’écoute plus la radio et que je me fait plus réveiller par les intervenants au collège de france.
              en 1999 j’écrivais cela :

              Il me paraît évident, et c’est là ma réponse, que nous ne couvrirons pas la planète de béton, de voitures, et de produits toxiques. Cela, à cause d’une mécanique qui nous échappe et par laquelle se manifestent toujours des êtres plus « intelligents » que d’autres, pour jalonner leur époque L’époque des scientifiques de toutes nations est proche, et ils ne resteront pas éternellement alarmistes (naturellement je ne pense pas à ceux qui suivent leur maître financier ou idéologique). Ce n’est pas là la marque du hasard, mais celle d’une espèce dont l événement culturel génère ses propres éléments devant concourir à son évolution, parce que toute cellule qui prolifère produit des déchets qui entraînent sa destruction, si elle ne reçoit rien de l’extérieur ou n’est pas capable de se transformer.

              ddacoudre.over-blog.com
              cordialement.


              • Flore Vasseur Flore Vasseur 24 décembre 2011 15:29

                Merci pour vos réactions. Tant mieux si ce reportage vous est utile



                • easy easy 24 décembre 2011 17:02

                  Merci Flore

                  Chaque miette de votre papier m’a interpelé.
                  Je vous épargnerai d’en faire le frand tour.

                  Je vais seulement rebondir sur un des points que vous évoquez.

                  Les médecins qui n’ont plus le courage d’accompagner jusqu’à la mort. Disons que ça vaut aussi de plus en plus pour les proches des mourants.
                  Forcément, quand le curé n’est plus là pour en donner l’exemple, quand le médecin n’est plus là pour en donner l’exemple et quand la tendance va davantage à faire procès à ses parents qu’à les accompagner avec reconnaissane, les gens meurent seuls.

                  Je vais raconter ce que j’ai fait un jour mais je n’invite personne à en faire autant.

                  Très porté par le concept de fidélité, j’ai eu deux chiens bergers allemands dans ma vie et sans aucun doute ce que je voyais ou projetais en eux c’était à la fois le sentiment de fidélité (soutenu par le concept de fidélité érigé en devoir). Il s’agit alors d’une fidélité par devoir selon la vision de Saint Exupéry « On est responsable à tout jamais de ce qu’on a apprivoisé » . En considérant que mon chien m’avait apprivoisé autant que je l’avais apprivoisé mais que j’avais d’énormes responsabilités vis-à-vis de lui puisque je pouvais beaucoup agir, pas lui.
                  Ce paquet a abouti évidemment à un sentiment d’amour mais mon sentiment de responsabilité dominait nettement en moi.

                  Un jour, mon second chien, une chienne en fait, se retrouve avec le bassin bloqué comme ça arrive souvent.
                  Vétérinaire, tout ça, rien à faire alors qu’elle souffrait de plus en plus.

                  Arrivait donc la décision de l’euthanasier. Ce que beaucoup de maîtres ont à vivre et qui est déjà pesant.

                  Mais depuis chez moi, je considèrais qu’il serait lâche de laisser le vétérinaire s’en occupe comme ça se fait d’habitude. Je considèrais qu’il n’est pas logique d’alléger la charge de ma responsabilité par quelque biais même standard et que c’était à moi seul de la porter en son immense poids entier, pas une once de moins.

                  Un jour, sans rien dire aux miens, je l’emmène chez le vétérinaire et je lui explique ce que j’attends de lui. Qu’il prépare la seringue et m’assiste mais qu’il me laisse injecter le poison. Il a été surpris mais je l’ai vite convaincu de ma détermination.
                  Ma chienne allongée au sol, je m’agenouille, je pique et j’approche mon visage contre sa gueule avec trois objectifs : Fusionner le plus possible avec elle, lui indiquer ma proximité immédiate et m’offrir à ses morsures si elle en décidait.

                  Elle s’est débattue, j’injectais encore, elle me léchait, paniquait, me léchait et s’est immobilisée sans m’avoir mordu.
                  Je mourrais avec elle et je suis vraiment mort pour partie depuis ce jour là.

                  J’ai mille fois réfléchi à ce que j’ai fait et chaque fois je me retrouve la gorge nouée, à ressentir la brûlure du poison, la paralysie, la panique mais pas la solitude. Je ne peux plus me sentir vraiment seul. Ma chienne est toujours incorporée en moi et j’agis en grande partie comme elle.

                  Il est arrivé quelques cas de soldats ayant été conduits à abréger les souffrances de leur très cher compagnon. Ils en ont été très marqués. Dans leur cas, ils n’avaient pas le choix et devaient forcément faire ce geste.

                  Moi j’avais le choix et la société est unanime à dire qu’il faut laisser le vétérinaire accomplir ce geste. Je me retrouve donc seul. Avec ma chienne en moi.

                  Je ne conseille à personne d’en faire autant.



                  Plus ordinairement, accompagner quelqu’un qui se meurt, l’assurer de sa présence, lui tenir la main jusqu’au bout, oui, je pense qu’il convient de le faire. S’en dispenser c’est systématiser son entreprise de déni.

                  Par conséquence, je pense que quiconque condamne quelqu’un à quelque fin, blocage ou exil devrait avoir le courage de suivre les battements de son coeur.


                  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 24 décembre 2011 17:49

                    @ Flore Vasseur

                    Bravo !
                    Je trouve cet article remarquablement bien conçu.
                    Il me semble qu’il y a un parfait équilibre entre l’intérêt intrinsèque du sujet et sa mise en valeur par l’information fournie mais aussi le multimédia, son et vidéo.
                    C’est vraiment excellent, réjouissant même !
                    Car ça valorise d’autant le site Agoravox qui le mérite bien.
                    Encore bravo et merci.


                    • Flore Vasseur Flore Vasseur 25 décembre 2011 15:50

                      @easy

                      Je ne sais pas pourquoi vous voulez m’épargner de votre « franc retour » mais moi, j’ai beaucoup aimé ce moment de « vie » que vous évoquez dans votre commentaire. Merci de l’avoir raconté 

                      • easy easy 25 décembre 2011 23:50

                        OK Flore,

                        Disons que je redoute toujours d’écraser le texte-oeuvre principal par des commentaires trop copieux.
                        D’autre part je ne me sens pas trop de droit de saper les croyances des autres.


                        M’enfin, si l’on considère non plus votre ouvrage mais plutôt l’esprit du TED dont il traite, si l’on reste bien dans un esprit think tank très ouvert, en effet, pourquoi limiter mes réflexions. 


                        Votre titre en « Lumière dans la nuit de 2011 » donc en « Lumière au bout du tunnel » m’apparaît prométhéiste. 

                        Ici, TED a une connotation a priori centrée sur Technologie, Entertainment et Design. Mais les thèmes et les manières des sujets qu’on y aborde relèvent d’un éventail de domaines bien plus large.

                        TED étant donc une proposition de think tank tous sujets qu’on peut aborder de quasiment n’importe quelle manière, y compris en chantant ou en dansant, on ne devrait que mieux remarquer qu’il y a toujours eu des TED dans l’Histoire.
                        Les TED précédents, comme ceux actuels, auront tous fait évoluer les idées pour nous conduire à ....la nuit de 2011.

                        Sommes-nous vraiment dans une nuit alors ?


                        Le prométhéisme a avantage donc tendance à brandir quelque lueur érigée en lumière grâce au procédé de dénigrement du passé et même du présent qu’on barbouille alors de noir.

                        (Quand Edison avait inventé la lumière électrique, il a estimé nécessaire de marteler dans ses publicités que l’éclairage au gaz et au pétrole laissait les rues très sombres et dangereuses. Alors que jusque là les gens étaient fiers de disposer de ces éclairages un peu compliqués à allumer par rapport à d’autres qui n’avaient que des chandelles)

                         Oeuf ou poule, le prométhéisme accompagne parfaitement le concept de création et les dieux de l’Europe sont perçus plutôt comme des Créateurs du Monde qui se reposent ensuite dans les nuages. Alors qu’ailleurs, les dieux sont perçus plutôt comme des régulateurs du quotidien des hommes et vivent sur Terre.

                        Le prométhéisme -qui dénigre toujours ce qui préexiste- est très ardent en Europe (peut-être en raison de son découpage en péninsules, en territoires jamais totalement reliés, jamais totalement isolés). Portés par cette croyance en l’héroïsme créatif, les européens sont assez obsédés par l’invention de bidules qui émerveilleront la masse. Du coup, bien des inventions naissent dans cette conception sociale et quand elles plaisent à cette masse, leur succès provoque de vives hystérisations fortement consuméristes. L’Europe est dynamique et méprise son passé (Ce n’est que récemment, en découvrant l’engouement des étrangers pour notre passé que nous avons entrepris de sauver nos vieilles pierres. En 1850, Viollet le Duc passait pour un fou au yeux de beaucoup).

                        Ailleurs, le concept prométhéen était moins évident, en tous cas avant l’arrivée des Blancs. Hors Europe, les inventeurs ne cherchaient pas trop à socialiser leurs trouvailles et les exploitaient pour leur seul compte, de manière relativement discrète. Il n’y a pas eu de fortune tirée d’un brevet, ce que chacun inventait tombait de facto dans le domaine public. On y protégeait ses bonnes recettes tel l’indigo du Japon mais le concept de rente tirée d’un brevet déposé dans un INPI paraissait incongru voire indécent. Comme les inventions étaient peu exploitées de manière collective, il y a eu peu de capitalisme industriel, peu de produits industriels. Ces pays où l’on a pourtant inventé l’incroyable zéro, étaient plutôt statiques et on n’y dénigrait pas le passé ou les anciens. On croyait plus au continuum qu’aux changements et aux révolutions. On était fier que les choses ne changent pas. Cela avant le déferlement des plus prométhéens des Occidentaux.

                        Etant donné qu’en Occident une invention n’intéresse son inventeur que s’il peut l’industrialiser sans considération pour ce qu’il pourrait en faire lui-même, il découle que malgré la problématique de la discrétion qu’impose le dépôt de brevet, la tentation est très forte pour chaque prométhéen de faire partager au plus vite ses idées. En dépit du besoin de secret, les inventeurs adorent se rassembler et les penseurs aussi. Il en naît des think tanks où une part des idées sont exposées au public, où une autre part ne circule que de manière confidentielle et où les inconvénients, s’ils sont devinés, sont déniés. 

                        De nos jours, le Monde entier devient de plus en plus prométhéen et dans le Monde entier on va de plus en plus à dénigrer le passé voire à le dénier.

                        Je ne crache ni sur l’effet larsen et catalyseur que provoquent toujours les rassemblements grâce à l’hystérisation, ni sur la chaleur humaine donc sur la joie et le bonheur qui résulte des véritables rencontres. M’enfin, hormis ces effets à ne pas dédaigner, il n’est pas hyper indispensable de rassembler ces gens et de cramer autant de kérosène, de whisky et ce coke pour dire ce qui peut être dit sur le Web par vidéo, précisément quand on se réclame de la technologie. 

                        Les fêtes c’est bien ; je pense qu’il en faut. Mais c’est pas croyable la quantité de conneries qui peuvent y être dites et commises. J’ai vu que l’euphorie d’un mariage avait fait oublier des règles de sécurité élémentaires et une mère a reculé sa voiture sur la tête de son gamin. J’ai donc acquis quelques appréhensions vis-à-vis des euphories. 

                        Oui des think tank il y en a toujours eu surtour en Europe.
                        Qu’est la controverse de Valladolid très clairement voulue par Charles Quint sinon un TT ? 
                        Il ne faudrait pas s’imaginer que dans les salons littéraires on y faisait que du bon mot. On y discutait aussi des sciences, de la politique, de l’économie, des moeurs, même entre dames. Que sont les milliers de conseils et foires expositions en tous genres qui se tiennent partout dans le monde industrialisé sinon des TT ?
                        Et Dunant alors, qui avait réussi à mettre autour d’une table des belligérants pour les amener à signer la première convention de protection des blessés, n’avait-il pas organisé là un TT ?

                        Résultat de siècles de think tank, nous ne sommes pas forcément dans une nuit et il ne sortira pas forcément une lumière inédite des TED d’aujourd’hui. 





                        Par ailleurs, concernant le côté T + E + D, ça non plus ce n’est pas nouveau. 
                        Ce que faisait François Vatel chez Nicolas Fouquet, c’était quoi sinon du T + du E + du D ? 
                        C’était quoi les Expositions Universelles sinon du T + du E + du D ?
                        C’était quoi la télévision de J C Averty sinon du T+du E+du D ?

                        Ca ne s’est pas fait en un jour, mais le théâtre total est loin d’être une nouveauté. On peut considérer que Vatel avait fortement fait avancer ce concept et que des millions d’autres ont poursuivi dans cette direction pendant que le Nô japonais qui mélange peu les genres se veut pur et figé. 
                         
                        J’ai personnellement participé à des sortes de TED à l’époque de la bulle internet et en parallèle avec les numéros d’homme orchestre de Bernard Tapie. Ca se passait au Palais des Congrès, dans la discothèque de l’Avenue Foch, au théâtre du Soleil, aux Arcs. De la montagne de discours qui s’y tenaient, il en est sorti des tas de choses concrètes qualifiées de merveilleuses. J’ai gagné ma vie avec ce que j’en avais récupéré-inventé-produit. 

                        Pour nous conduire à la « nuit de 2011 »





                        Le Barefoot college ?
                        C’est loin d’être la première fois que des gens conçoivent de dispenser des instructions et des éducations gratuitement.
                        C’était quoi le collège de Saint Cyr voulu par Madame de Maintenon et payé sur la caisse de Louis XIV sinon un barefoot collège pour jeunes filles de la petite aristocratie sans le sou ?
                        C’était quoi l’école de l’abbé de l’Epée, subventionnée par louis XVI cette fois, sinon un barefoot college pour les infirmes ?
                        C’est quoi l’école gratuite de Jules Ferry sinon un énorme barefoot collège accessible à la totalité des enfants ?

                        A signaler alors que dans les innombrables écoles gratuites qu’il y a eu à travers le Monde, il était fréquent que les bénéficiaires aient à apporter le bois ou charbon de chauffage ou un morceau de craie pour le prof quand c’est en Afrique. Les sabots étaient bruyants et usaient les parquets. La valetaille ne marchait sur le parquet des maîtres que nus pieds. En hiver, les écoliers entraient en classe en tenant leurs sabots à la main et les chaussaient une fois assis.

                        Bien entendu, des élèves étaient parfois dans l’impossibilité de livrer leur bûche. Il tenait alors au maître de décider de les accepter ou pas.
                        Et dans les salons de l’aristocratie c’était pareil. On devait amener de quoi manger mais les aristos trop pauvres étaient dispensés d’amener du pain.


                        Bravo à Sanjit Bunker Roy pour ses Barefoot colleges. Bravo à Muhammad Yunus pour ses Grameen bank.
                        Mais en France, il y un homme très discret, un professeur de la Sorbonne, qui a légué toute la fortune dont il a hérité, 70 M€, à une fondation et c’est elle qui offre l’argent nécessaire aux écoles gratuites des pays du Sud. Sa modestie en souffrira mais comment ne pas applaudir Odon Vallet comme j’applaudis Albert Schweitzer, William Wilberforce, Alexandre Yersin, Gladys Aylward et tant d’autres. 


                        Non avant la Création n’était pas nuit
                        Non le Moyen-âge n’était pas nuit
                        Non hier n’était pas nuit.
                        Non aujourd’hui n’est pas nuit
                        Non demain ne sera pas le jour du Monde

                        Vous avez parfaitement reporté l’esprit du TED mais je n’y crois pas plus qu’en quoi que ce soit d’autre. Je suis TED (du verbre suivre et du verbe être) mais comme ça. Comme je monte un sapin ou une crèche à Noël pour les gosses. Par politesse et curiosité à la fois. 

                        Je crois essentiellement au vécu.
                        Je m’emploie alors à en fabriquer et à en collectionner.


                        Encore merci pour votre sujet et pour m’avoir invité à en remettre une couche.



                        Bonnes fêtes Flore et meilleurs voeux pour le Jour qui vient enfin.

                         smiley


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