Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Tokyohic

Peut-on vivre avec moins d'électricité ? C'est à cette question que le gouvernement japonais doit répondre. A Tokyo et dans son aire urbaine, vingt-cinq à trente millions de personnes attendent. Il y a cependant un hic : il faut choisir entre plusieurs options insatisfaisantes.

Depuis le passage du tsunami qui a ravagé il y a peu la côte Pacifique du Japon, la compagnie Tepco (’Tokyo Electric Power’) gère une situation de crise inédite. Beaucoup s’intéressent au devenir des réacteurs nucléaires définitivement hors de service. Cette question n’est bien sûr pas anodine [’Nogent secret‘] mais du point de vue des Tokyoites, l’urgence est au rétablissement du courant électrique. Tepco compte près de 45 millions de clients, soit plus qu’aucune autre compagnie au monde, EDF comprise. La société fait non seulement face à l’interruption de la production à Fukushima, mais doit en outre s’adapter au ralentissement de l’activité de plusieurs autres centrales, soit parce qu’elles ont subi des dommages le 11 mars, soit parce qu’elles tournaient déjà au ralenti : c’est le cas à Kashiwazaki-Kariwa (côte ouest, sur la Mer du Japon) en ‘convalescence’ depuis qu’un séisme l’a fragilisée en 2007. Faute de précipitations importantes cet hiver, le niveau des barrages est en outre insuffisant pour pallier les défaillances des centrales précédentes. Il faudra attendre les pluies de mousson, en espérant qu’elles combleront le déficit actuel.

En pratique, Tepco doit alimenter ses clients habituels avec la moitié de sa production. La compagnie a donc procédé ces derniers jours à des coupures par roulement dans la plaine du Kanto. J’y reviendrai un peu plus loin. Tout porte à croire que cette situation perdurera pendant plusieurs semaines. A Tokyo, les pics de consommation interviennent généralement au cours de l’été semi-tropical, par le recours généralisé de la population à la climatisation. Ils sont estimés à 55.000 mégawatts, alors que Tepco ne parvient aujourd’hui à produire que 37.000 mégawatts. Malgré les promesses de ses dirigeants qui parlent de la mise en route d’une centrale d’urgence dans la plaine du Kanto, la compagnie électrique ne pourra alimenter le réseau. Ses concurrents ne peuvent facilement la suppléer. Le porte-parole du gouvernement ne nourrit aucune illusion : « Il y a un déficit de production de 10.000 mégawatts, correspondant à 20% des besoins », a relevé Yukio Edano (source).

Cette situation stimule le géographe même s’il ne dispose pas des armes de l’ingénieur. Car la quarantaine de millions de Japonais dépendants de la Tepco vivent tous les jours avec le courant alternatif, et voient difficilement comment s’adapter à des coupures intermittentes. Résumer cette situation par le seul besoin d’air réfrigéré fait négliger l’essentiel. Dans un pays développé comme le Japon, tout dépend de l’électricité, à commencer par l’adduction en eau potable, et l’épuration des eaux usées. A l’intérieur des logements, les ampoules, les réfrigérateurs, les congélateurs, les chauffe-eaux et les machines à laver forment la cohorte des appareils ‘primaires’, ceux dont on peut difficilement se passer. Mais il y a aussi les fours, les plaques chauffantes, les aspirateurs, les fers à repasser, les écrans et la hi-fi. Dans les immeubles, les portes de garage, les ascenseurs ou encore les éclairages collectifs cessent de fonctionner en cas de panne. Dans la ville, les transports en commun et les feux de circulation, les éclairages et les caisses de magasins, les cuisines de restaurants dépendent de l’électricité. Les usines et les administrations sont démunies, tout comme les hopitaux.

Est-il utile de poursuivre l’énumération ? Les autorités japonaises vont devoir résoudre une situation de pénurie de groupes électrogènes, avec comme corollaire une augmentation de la pollution de l’air. Car les particuliers n’auront d’autre choix que de s’équiper en prévision des coupures intermittentes. Alors la presse reprend à qui mieux mieux les conseils d'’économie’. Mais où termine l’usage et où commence l’abus ? Les Tokyoites pourraient sans doute supporter les chaleurs estivales sans mettre en péril les réseaux électriques. Si l’on s’en tient à un autre cas, celui de la Floride, l’association entre une population vieillissante et un climat subtropical conduit à répondre par la négative [’Même Mary veut s’y installer à tout prix‘] L’appel actuel à une modération dans l’usage de la climatisation montre combien les bons conseils restent lettre morte. Que reste t-il de la campagne ‘anti-gaspillage’ lancée en 2005 par le cabinet Koizumi (’Cool Biz campaign‘) ? A l’époque, le sémillant premier ministre japonais recommandait de ne pas descendre les curseurs en dessous d’une température plancher (28 °C) et de porter des vêtements amples, plus légers que le costume-cravate.

En 1973, lit-on dans le ‘New York Times’, la moitié de l’électricité était consommée par l’industrie japonaise. Aujourd’hui, la part de cette dernière atteint 30 %. L’organisation du réseau électrique pose un autre casse-tête aux autorités. Parce qu’elles n’ont pas réussi (ou voulu ?) imposer une harmonisation aux entreprises gestionnaires, elles doivent tenir compte d’une séparation entre le réseau de Tokyo et le réseau d’Osaka-Kobe. Sans concurrents sur sa région, Tepco éprouve visiblement des difficultés à obtenir des transferts d’électricité de la part de ses voisines et concurrentes. L’allongement des lignes d’approvisionnement fragilisera de toutes façons l’ensemble du système électrique, comme on le constate dans l’Ouest français [’Pacte-à-quatre‘]. En attendant, les Tokyoites n’échapperont pas aux coupures d’électricité dans les mois qui viennent, les banlieusards plus que les habitants du centre-ville. Les premiers empruntent les transports en commun, mais ils n’ont pas les moyens de vivre dans ce cœur d’agglomération riche et continuellement en mouvement (source), qui sert de décor au film ’Lost in translation‘.

Aux dires des défenseurs de l’environnement, la crise énergétique qui suit la catastrophe du 11 mars peut constituer une opportunité. On trouvera de très nombreux articles sur le risque nucléaire. Celui-ci a peut-être été négligé par les autorités japonaises (source). De fait, le gouvernement cherche à incriminer la direction de l’entreprise ; la presse s’interroge sur les liens entre l’industriel et les grands corps de l’Etat, en particulier ceux chargés de la surveillance de la sécurité nucléaire (source)… L’Etat va t-il nationaliser Tepco (source) ? L’annonce d’une révision complète du parc nucléaire apparaît donc tardive (source). Sans doute conduira t-elle le gouvernement à imposer quelques fermetures, et à instaurer de nouvelles règles de construction ? Compte tenu de la puissance du séisme (9 sur l’échelle de Richter), de la modeste profondeur de l’épicentre (< 30 kilomètres), et des ondes de vague conséquentes (de 8 à 15 m ?), le Japon a plus que survécu à l’épreuve : on peut légitimement écrire qu’il n’y a eu ‘que’ 27.000 victimes… Mais l’explosion de Fukushima accapare l’attention.

Il me paraît un peu facile de prendre l’événement en considérant que les Japonais se sont engagés à la légère dans le nucléaire civil. J’ajouterai même que les discussions sur le choix d’une politique énergétique responsable doivent prendre en compte le peu d’alternatives dont disposent les autorités japonaises. Ainsi, les énergies renouvelables ne peuvent être présentées comme pleinement alternatives au système de production actuel. Combien faudrait-il d’éoliennes capables de résister à la force des typhons [’Energies ventripotentes‘], de panneaux solaires alors que les espaces libres sont rares, ou encore d’installations géothermiques pour produire 10 à 15.000 mégawatts ? Dans un pays à haute sismicité comme le Japon, les retenues d’eau nécessaires pour la production d’hydroélectricité posent en outre des problèmes spécifiques (sources)… A Malpasset, quelques secousses ont suffi pour démanteler la voûte et précipiter l’arrière-pays de Fréjus dans la désolation [’Guigne à Draguignan‘].

En attendant, il y a un (Tokyo)hic : même les centrales les plus ‘classiques’ ne surgiront pas dans la plaine du Kanto d’ici à l’été. Seule une forte augmentation des prix forcerait les Tokyoites à restreindre intelligemment leur consommation, et ainsi éviter l’injustice de coupures ‘à l’aveugle’. Il faudrait pour cela que le gouvernement ne craigne pas d’annoncer une mesure impopulaire mais juste, que Tepco ne soit pas soupçonnée de profiter de la situation au plus mauvais moment, et que les médias hiérarchisent l’information. Autant dire qu’à Tokyo, le courant intermittent sera la règle en 2011.

PS./ Geographedumonde sur le Japon : ‘La mer des turbulences‘, ‘Aider les vieux, ou armer les bras du crime‘, Des cerfs sans châtaignes, et Vieillissement en Extrême-Orient.

Incrustation : ‘Lost in translation


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • sto sto 1er avril 2011 10:00

    Hello

    Comme aux US, le gachis energetique est enorme au Japon.
    un exemple simple : les « vending machines » (automates a boisson et autres). Il y en a plus de 7 millions au japon. Les Japonais ont inventes ces automates capables de vendre aussi bien des boissons chaudes et froides. D’autres sont specialisees dans les tickets de restaurant, le fioul de cvhauffage, les DVD, les steak frites, nouilles et autres repas rechauffes, les petites culottes de lyceennes, magazines ....

    Bien sur, il y a quelques annees deja, l’industrie etait critiquee pour ce gaspillage, et comptait reduire la consommation.
    En 2009, je mesurais la consommation moyenne sur plusieurs mois de quelques unes de ces machines typiques : 380W !!!
    En extrapolant, on arrive a plusieurs Gigawatts, c’est a dire a peu pres 2 reacteurs.

    Il y a une grande marge de manoeuvre energetique au Japon :
    - locaux pas isoles, et surclimatises
    - Illumination urbaine, publicites. A tokyo, on roule souvent sans lumieres la nuit dans les rues !!
    - Taxis (au gaz) et camions laissant tourner leur moteur pendant leur pause (faudrait pas arreter la clim)
    - Industrie a remettre a jour en machines moins gourmandes en elec.
    - electromenager grand public de conception antediluvienne (allez voir leurs machines a laver)
    - magasins inutilement sur-illumines. Les Combinis sont une agression pour des yeux sensibles
    ...

    Il reste aussi a eduquer la population et les industriels.
    Le green-washing a ete effectue comme chez nous.
    On vend par exemple des telephones portables avec une cellule solaire. Completement inefficace, sachant que le Tokyoite moyen ne passe pas beaucoup de tems au soleil, que le telephone est dans la poche ou dans la main la plupart du temps, et que meme completement illumine, ce gadget mettra des jours a se recharger...


    • joletaxi 1er avril 2011 11:19

      Il n’y a pas de pénurie d’électricité proprement dit au Japon.

      Il se fait que,pour diverses raisons, le réseau japonais comporte deux systèmes.L’un hérité de technologie Allemande, en 50 hertz, l’autre US, en 60 Hertz.
      Dans le cas présent, les secteurs qui manquent d’énergie ne peuvent se fournir aux réseaux voisins su fait de très peu de possibilités de convertir les fréquences.C’est absurde, mais c’est comme cela.

      • Ariane Walter Ariane Walter 1er avril 2011 11:44

        ce que je regrette dans votre artile, c’est cette idée, à propos du nucléaire, ils ne pouvaient pas faire autrement.
        Et si on leur avait dit « équipez-vous mais une centrale sur votre côte explosera des suites d’une simple panne électrique et une zone de votre pays sera morte. »
        Ils aurainet dit « Oh ; ben ça fait rien, on le fait quand même »...
        he bien ils l’ont...
        Et nous aussi malheureusement.

        Il faut tout de même arriver à dire : cette idée du nucléaire était une fausse bonne idée catastrophique.
        On va y arriver ???

        Il faudar combien de morts ?

        Mais ce qui est sympa avec le nucléaire , c’est que lorsqu’on en meurt , il n’y a pas écrit sur le front« irradié ». ca peut passer à l’as.

        Comme les morts de dauphin dues au pétrole dans le golfe du Mexqie. le nombre de ces morts est alarmant. mais...ils ont peut-être mangé des crevettes avariées ? Ou ils ont eu peur ?


        • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 1er avril 2011 12:08

          Il y a - me semble-t-il - deux travers dont je me méfie.
          1. Le premier est celui du moralisme. Qui peut juger du bon ou du mauvais usage de l’électricité ? Sto donne des renseignements précis sur la vie quotidienne des Tokyoites (merci !), mais il pourrait aussi bien les transposer en France, par exemple. Quelque chose devient anodin lorsqu’il est abondant, d’un faible prix. Pour transposer à l’eau potable, personne n’ouvre son robinet en se disant combien va me coûter mon verre d’eau. Dans ces conditions, l’arrosage des jardins, le nettoyage des voitures, le remplissage des piscines, et bien d’autres choses aberrantes pour une habitante du Sahel qui porte son bidon sur ses épaules entre le puits et sa maison, se font avec de l’eau potable !
          2. Le second est celui du catastrophisme. Je suis mal placé pour engager un débat sur le nucléaire, n’ayant pas d’opposition formelle (même si dans le cas français et japonais, la faible diversification des sources d’énergie est critiquable). En plus, il y a eu sur Agoravox beaucoup d’articles permettant d’échanger sur la question. Cela étant dit, regardons les dates !! Dans les années 70, la montée en puissance du nucléaire correspond à une période précise, celle des chocs pétroliers. C’est un peu facile aujourd’hui d’ « oublier »de la ligne politique de l’époque : éviter la dépendance énergétique vis-à-vis des pays du Golfe.


          • paul 1er avril 2011 12:20

            « à Malpasset quelques secousses ont suffi pour démanteler la voute »  : faux .

            Il n’y pas eu de cause sismique à la rupture du barrage, mais l’inaptitude de la roche faillée
            sur une rive, pour recevoir les fondations de l’ouvrage .

            En ce qui concerne le tout nucléaire qui serait le seul choix possible pour les japonais ,il est évident maintenant que la sécurité a été bradée, d’autant que de nombreux incidents avaient été
            dissimulés avant la catastrophe .Le surcoût nécessaire pour la sécurité - qui doit prendre en compte la conjonction de plusieurs risques - amène à considérer comme compétitives des solutions alternatives, au Japon comme ailleurs .


            • Pyrathome Pire alien 1er avril 2011 12:39

              Peut-on vivre avec moins d’électricité........
              Posez-vous la question autrement !! peut-on vivre durablement dans la radioactivité ????
              le problème ne se posera plus, l’évacuation d’une partie ou de l’ensemble du Japon va vite se poser et se pose déjà, alors l’électricité je crois, on en a rien à battre....

              Je vais vous poser une autre question :
              êtes-vous prêt à accueillir une famille Japonaise chez-vous ??......


              • yvanstanislas 1er avril 2011 13:57

                Bonjour Mr Pire alien

                Par manque de place chez moi, je ne peux qu’acceuillir qu’une (jolie) fille au père. Grace à ça, j’étteindrai plus souvent la lumière !
                Ouais, maintenant, il ne me reste plus qu’à convaincre ma femme....

              • HELIOS HELIOS 1er avril 2011 23:26

                <humour>
                Faut-il remettre a la mer la famille tunisienne qu’on a accueilli recement et la remplacer par une famille japonaise ou faut il prendre les deux ?

                Bon c’est vrai c’est facile.... les japonouilles n’arrivent pas a Lampedusa !
                </humour>


              • Ruut Ruut 1er avril 2011 13:33

                ...
                La catastrophe du Japon prouve que les centrales nucléaires sont incapables d’effectuer correctement leur travail.
                Elles produisent trop et de manière trop localisé.
                Un imprévu et tout le réseau est a l’eau.
                La multiplication des sources de production à rendement plus faible est la seule solution viable dans ce genre de situation catastrophique.
                La dépendance au Nucléaire fragilise le pays, l’économie et dessert les utilisateurs.
                Le Japon a la formidable opportunité de sortir du cercle vicieux du nucléaire, mais cela luis fait mal, trop mal.
                Le choix du nucléaire doit se faire par référend’hum, pas en catimini, les conséquences sont trop graves pour l’imposer au peuple.
                D’autant qu’aucun responsable n’assumera les conséquences de ces choix.
                ...........


                • HELIOS HELIOS 1er avril 2011 23:28

                  <humour bis>
                   
                  Selon vous, il faut donc installer de toutes petites centrales nuicleaires partout, pour etre au plus pres des points de consommation...

                  </humour bis>


                • AniKoreh AniKoreh 1er avril 2011 14:55

                  TEPCO et le gouvernement japonais ont toujours le fol espoir que l’iode radioactif qui contamine cette nappe phréatique en dessous de la centrale aurait ruisselé par des fissures du sol et de la roche à proximité immédiate des bâtiments, et ce à la suite de l’arrosage permanent et de l’inondation des réacteurs.

                  Ils font encore le pari insensé, ces criminels, que ceci ne serait toujours pas la signature de la fusion du ou des coeurs des réacteurs, et du percement de leur assises en béton par le corum en fusion.

                  Quitte ou double !?  smiley


                  • Pyrathome Pire alien 1er avril 2011 15:21

                    Malheureusement, c’est plus que double....on multiplie par 6 le nombre de tchernobyls....
                     et pendant ce temps là, Naoto Kan juge qu’il n’y a pas de risque pour les Japonais d’être exposés à des taux dangereux de radioactivité s’ils suivent les conseils des autorités......
                    C’est une situation totalement surréaliste d’incompétents criminels qui continuent de mentir de façon éhontée et cynique....


                  • slipenL’air 1er avril 2011 18:46

                    http://edition.cnn.com/2011/WORLD/a...

                    Ce n’est plus une centrale, mais deux centrales nucléaires de Fukushima qui fument !

                    De la fumée a été repérée à une autre centrale nucléaire dans le nord du
                    Japon mercredi selon Tokyo Electric Power.

                    La société a déclaré que de la fumée a été détectée dans le bâtiment de la
                    turbine no.2 du réacteur de la centrale vers 18h.

                    Cette usine nucléaire se situe à environ 10 km de la centrale de Fukushima.
                    Un ordre d’évacuation a été donné pour les habitants qui vivent dans un
                    rayon de 10 km de cette centrale.

                    Depuis, les autorités n’ont pas exprimé d’autres commentaires sur la situation..


                    • slipenL’air 1er avril 2011 18:49

                      http://www.independent.co.uk/news/w...

                      C’est confirmé : la fusion des barres de combustible est en cours et la situation est réellement hors de contrôle.

                      Le noyau radioactif dans un réacteur de la centrale de Fukushima semble avoir fondu dans le fond de sa cuve de confinement selon la mise en garde d’un expert hier. Des craintes ont été émises quant aux gaz radioactifs qui pourraient être libérés bientôt dans l’atmosphère.

                      Richard Lahey, qui a été chef de la sécurité des réacteurs chez General Electric, dit que les travailleurs ont maintenant perdu leur combat. Le noyau a fondu à travers le fond de son récipient, dans le réacteur no.2, et une partie de cette substance se trouve maintenant sur le plancher.

                      Les travailleurs sont payés très cher pour tenter de mettre fin à ce cauchemar, exposés à un très haut niveau de radiation, mais il semble que leur bravoure suicidaire pourrait s’avérer vaine et mortelle ! 

                      L’opérateur de la centrale espère arrêter la contamination en cours sans quoi 130 000 personnes seront forcées de quitter leur maison.

                      En date d’aujourd’hui, le lait est contaminé, les légumes et l’eau potable. L’eau de mer autour de la centrale l’est tout aussi, sans compter les marées qui disperseront les éléments radioactifs. Les autorités ont noté des quantités de plutonium dans le sol en dehors de
                      la centrale. Les tunnels qui relient les réacteurs 1, 2 et 3 sont remplis d’eau contaminée et ce, à des niveaux importants.

                      L’Agence de sécurité nucléaire du Japon prétend que les niveaux de plutonium ne sont pas dangereux pour la santé humaine [vraiment ?], mais confirme tout de même que la situation est extrêmement grave et qu’une fusion partielle serait en cours dans au moins un réacteur.

                      Les ingénieurs continuent de tenter de réparer le système de refroidissement, mais ils sont forcés de travailler entourés de radiations et sans électricité.


                      • slipenL’air 1er avril 2011 18:50

                        et pour finir

                        Les autorités japonaises, s’attendant au pire et sans en informer le public,
                        font depuis plusieurs jours provision d’une gelée, dispersée par avion,
                        destinée à coller au sol des rejets de matière radioactive, avant nettoyage
                        par des « liquidateurs », comme cela avait été fait jadis à Tchernobyl.
                        Il n’est pas impossible, au cas où une criticité se manifesterait, avec
                         un rejet important, qu’ils aient à se servir de ce produit.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès