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Accueil du site > Actualités > International > Tunisie : résistance face à la violence salafiste

Tunisie : résistance face à la violence salafiste

La violence salafiste a connu une métamorphose qualitative durant les derniers événements en termes de degré d’organisation et de synchronisation des actions dans plusieurs endroits et régions, et en fonction de l’ampleur de la terreur et violence, qui ont visé les locaux régionaux de l’Union régionale (UGTT), du Mouvement des Patriotes démocrates et du Parti républicain à Jendouba après le succès populaire de la grève générale dans cette wilaya combative. La violence acharnée n’a pas épargné les institutions et les entreprises publiques, frappant tribunaux, commissariats et agents de police et des équipements de la Protection civile dont la facture sera payée par les gens d’en bas.

Comme nous l’avons signalé en d’autres occasions, nous soulignons que ces groupes continuent à terroriser et à intimider les citoyens car ils jouissent du feu vert du gouvernement et de sa protection sécuritaire et judiciaire depuis des mois. La coïncidence de la dernière vague de terreur avec la radicalisation des mouvements de protestation dans tout le pays et l’échec des visites gouvernementales dans la plupart des régions nous conduits à nous interroger sur l’utilisation de ces groupes et l’intérêt qu’a le gouvernement d’ainsi faire paraître le mouvement En-nahdha comme un courant modéré. Nous nous posons aussi la question sur l’intérêt qu’a le gouvernement En-nahda de dénigrer les luttes populaires dans les régions marginalisées et les secteurs exploités qui revendiquent le droit à l’emploi, à la dignité et à la liberté, et ce, en lançant et attisant des fausses batailles entre croyants et non-croyants — batailles qui n’ont rien à voir avec les causes décisives pour la population, à savoir la justice régionale et sociale, la démocratie locale, les libertés civiles inconditionnelles, et qui, en outre, menacent le droit de protester et de poursuivre la révolution en utilisant la loi d’urgence pour étouffer le processus révolutionnaire.

Ce gouvernement a confirmé son échec absolu à tous les niveaux dans un climat de scandales successifs dont le dernier en date, les fuites à l’examen du baccalauréat, dans une tentative de porter atteinte à la crédibilité de l’enseignement républicain et de préparer le terrain pour le retour des formes de scolarisation médiévales et l’élimination progressive de certains acquis modernistes de l’enseignement en Tunisie. Devant son échec, le gouvernement, comme d’habitude, veut faire porter le chapeau à l’« extrême gauche » en l’accusant d’extrémisme et d’être responsable de ces événements, pour esquiver ses responsabilités en tant que gouvernement et se soustraire à ses devoirs en matière de protection des citoyens et des entreprises et institutions publiques. Mais aussi pour escamoter son incapacité économique, sociale et politique à gérer cette étape. Il assimile le terrorisme de l’extrémisme religieux, qui terrifie les citoyens et ravage les entreprises publiques, aux positions de la gauche révolutionnaire, qui dénonce les politiques de contournement libéral du gouvernement et de l’opposition bourgeoise, soutient les revendications populaires en termes d’emploi, de dignité et de liberté et s’engage dans les protestations populaires qui exigent un développement régional juste, la justice sociale et la liquidation de « l’héritage autoritaire ». Mais le gouvernement tente désespérément de porter une atteinte politique aux composantes de la gauche révolutionnaire, en tant qu’opposant radical à sa politique économique libérale héritée de l’époque précédente.

Comme nous l’avons dit dans le passé, notre soutien inconditionnel en tant que gauche révolutionnaire à la liberté de création artistique ne signifie pas notre soutien aux créations « artistiques » de bas-niveau et aux goûts « esthétiques » médiocres et provocateurs aux sentiments du peuple, et nous considérons que ces pratiques nous rappellent ce qui s’est passé avec les précédents films qui étaient destinés à la distribution à l’étranger et aux cérémonies sionistes dont la gauche révolutionnaire n’est point responsable. Toutefois, cela ne justifie pas les attaques portées aux libertés publiques et individuelles et n’innocente pas le gouvernement de s’être impliqué à plusieurs reprises en assurant une couverture politique, sécuritaire et judiciaire à la violence des groupes salafistes et en les encourageant à terroriser les citoyens en vue d’étrangler les marges des libertés publiques et privées, et manœuvrer scélératement contre les jeunes, les femmes et les enfants.

Qu’il s’en aille ce gouvernement raté, et que l’Union générale tunisienne du travail prenne ses responsabilités historiques pour former un gouvernement ouvrier et populaire antilibéral !

Ligue le la Gauche Ouvrière (Tunisie)

Traduit de l’arabe par Rafik Khalfaou

http://2ccr.unblog.fr/2012/06/15/tunisie-resistance-a-la-violence-salafiste/


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9 réactions à cet article    


  • kriké 16 juin 2012 10:25

    « Toute religion est fondamentaliste dès l’instant qu’elle a le pouvoir. »
    (Raoul Vaneigem / né en 1934 / De l’inhumanité de la religion / 2000)


    • cedricx cedricx 20 juin 2012 15:53

      oui toute religion est fondamentaliste lorsqu’elle est largement suivie et majoritaire !par contre elle devient plus ouverte dès qu’elle devient minoritaire et que les gens la boude...


    • blablablietblabla espritsubversif 16 juin 2012 15:18

      Y a un article que j’ai relevé sur un quotidien algérien et et qui résume bien ce que c’est le salafisme.



        
      Qui est le salaf du salafiste ?
      Question de fond : les salafistes descendent-ils du Salaf (ancêtre) ? Qui est le père du salafiste ? Son pays ou une idée ou une chevelure ? Car les salafistes sont de grands nostalgiques, armés de gourdin et de sabres : ils croient que le passé de la région leur ressemble : hargneux, sans musique, sans femmes, violent, colérique et hirsute et mal habillé avec des pantalons courts et de la langue longue. C’est faux bien sûr, sinon, comme l’a dit un ami à un ami, l’Islam aurait fini en une Daïra à la Mecque et pas en un empire. Du coup, la question, autrement : si les salafistes ne viennent pas du passé mais essayent de monter sur son dos, ni du futur qu’ils évitent, d’où viennent-ils ? Du présent. Ils sont fabriqués ici, hand made, par les régimes, les wahabites, les dictatures et les écoles et les livres. Des produits locaux dérivés du manque de tendresse, de contact avec les femmes et les arts, d’élégances, d’éducation humaine et de liberté d’aller au cinéma en couple ou en groupe. Ce sont des humanités frustrées converties en idées violentes et en barbes piquantes. Quand on regarde les salafistes qui surgissent actuellement en Tunisie, à la suite des islamistes voleurs de printemps « arabe », on comprend qu’il s’agit d’une question de sexualité et d’esthétique : affreux, laids, criards, méchants et promenant une sorte de religion du thanatos et du refus de vivre et de laisser vivre les autres. Ce n’est pas un courant politique mais une maladie, une infection. 

      Un salafiste rêve du désert, du vide, de l’asexué public, de la non-mixité même entre les fruits, et de croyances imposées par les cheveux et pas par le cerveau. Un salafiste frappe, s’emporte, a un drapeau noir et veut tuer ce qui n’est pas lui tout en étant l’ombre d’un être qui n’a jamais existé : le salaf. L’ancêtre. Pourquoi cette maladie ? Cela arrive quand on doute son passé et qu’on n’a pas de présent et qu’on a de la terreur devant l’avenir. C’est alors que l’on bascule vers les origines présumées : le moment zéro arabe, l’instant pur, l’exact point où l’histoire n’était pas encore une dégradation et une faiblesse humaine. Donc, ce ne sont pas des êtres humains mais des morts-vivants. 

      Peut-on convaincre un salafiste ? Non, il s’agit de le guérir. Comme a dit un ami, il faut lui caresser les cheveux avec une main de femme belle, lui dire des mots tendres et le frapper pour le réveiller. « On est ici, en 2012, pas en 2012 avant JC ». Car un salafiste a peur et tue à cause de ça. Il veut revenir à avant le temps mais dans une voiture inventée par le temps : voyez son discours : il appelle au djihad contre la modernité dans un haut-parleur fabriqué en Allemagne. Il utilise internet, le téléphone portable, la photocopieuse, l’avion et le savon. Mais refuse ce qui va avec : la liberté, le corps, la femme, la tolérance, l’Occident et l’équation et le LCD. Donc c’est un être piégé entre son vœu de ne pas exister et sa condition d’existant. Dans le langage de Heidegger, on dira que c’est un « Etant » pas un être. Question pratique : que faire d’un salafiste quand il veut faire de vous un salafiste ou un tabassé ? Pas de solution collective : frapper le premier, le dernier ou entre les deux. Le salaf du salafiste n’est pas le Prophète ni la Médine, mais le dictateur qui l’a fabriqué dans les écoles du conservatisme, les universités des débiles et la télévision de la fatwa et la rue du refus de l’autre. Le véritable salaf du salafiste, c’est le dictateur « arabe » et le wahabite de l’Arabie. Pas l’Islam. 


      • FRIDA FRIDA 16 juin 2012 15:34

        « Peut-on convaincre un salafiste ? Non, il s’agit de le guérir. Comme a dit un ami, il faut lui caresser les cheveux avec une main de femme belle, lui dire des mots tendres et le frapper pour le réveiller. « On est ici, en 2012, pas en 2012 avant JC ». »

         

        Je ne suis pas d’accord avec l’analyse de l’auteur qui réduit le salafisme à une question d’hommes frustrés séxuellement, manquant d’éducation et de finesse artistique. C’est très réducteur, voire même trompeur.

        D’abord, l’auteur évacue le fait qu’il y a beaucoup de femmes qui se réclament du salafisme, par conviction ou par suivisme.

        que les salafistes ont des femmes, sont mariés etc, pour certains, ils étaient au contact des arts ont eu accès à une instruction très poussée.

        Il y a une part très importante qui relève de l’idéologie, et une partie de salfistes est fascinée par cette idéologie.

        Cette idéologie a ses auteurs, son dogme, et c’est une idéologie qui convient tout à fait au libéralisme débridé. Les gens sont des consommateurs de religions et de produits de consommations ordinaires, exit la politque qui responsabilise et demande des comptes aux responsables.


      • blablablietblabla espritsubversif 16 juin 2012 16:36

        @ Par FRIDA

        « D’abord, l’auteur évacue le fait qu’il y a beaucoup de femmes qui se réclament du salafisme, par conviction ou par suivisme  »

        Surement pas par suivisme et encore moins par conviction, because pour le musulman la femme par essence n’a aucune conviction et aucun libre arbitre ce qui disent le contraire sont des menteurs.

        Kamel Daoud à très bien résumé ce qu’est le salafiste.

        Dans l’islam l’endoctrinement est amont résultat en aval on entend des femmes qui disent « c’est moi qui ai décidé de porter le voile » ,l’endoctrinement est constant dans l’islam.

        « que les salafistes ont des femmes, sont mariés etc, pour certains, ils étaient au contact des arts ont eu accès à une instruction très poussée » 

        Là vous dites n’importe quoi y a pas plus ignare et crétin qu’un salafiste , allez en Algérie ils vous en parlerons mieux que moi de cette engeance .

         Cette idéologie a ses auteurs, son dogme, et c’est une idéologie qui convient tout à fait au libéralisme débridé. Les gens sont des consommateurs de religions et de produits de consommations ordinaires, exit la politque qui responsabilise et demande des comptes aux responsables."

        Cette idéologie comme vous dites elle a ses propre père fondateur en Arabie Séoudites et dans les émirats, chez les tarés congénitaux qui sont entrain de la propager à vitesse grand V et je peut vous dire que même nous en France on y échappera pas.

        C’est le vide qui a été laissé vacant par les dictateurs ( l’indigence de l’école et le bourrage de crane islamique ayat-siurate etc..à la télé via les satelites) que cet engeance c’est engouffré.

        Je plains surtout les femmes !! 





        • FRIDA FRIDA 16 juin 2012 16:51

          « Surement pas par suivisme et encore moins par conviction »

           

          Vous êtes trop catégorique. Et pourtant, il y a des femmes qui suivent cette idéologie par conviction. Cela vous semble inconcevable, mais ne cherchez pas à collez la réalité à vous désirs. La réalité et que certaines, et ce n’est pas un phénomène exceptionnel, sont convaincues et défendent tout aussi énergiquement leur conviction par les actes et par le militantisme.

          Il ne sert à rien de nier l’évidence.


        • Aafrit Aafrit 16 juin 2012 16:47

          Bien d’accord avec Frida, je rajoute que le courant salafiste est très très vaste, en gros, pour mettre un accent sur l’orientation politique des différents courants, on peut noter : Salafia el’ilmia(scientifique) Salafia eldjamia (Jamia) deux courants souvent (apolitique ??) pacifistes interdisant toute rébellion, contestation, manifestation qui peut semer une Fitna (sédition) et donc des guerres et conflits violents (elkhourouj A’ani elhakim), viennent ensuite : le salafisme classique et le salafisme Djihadiste : deux courants plus ou moins contestataires et violents.Donc dire salafisme tout simplement ne veut rien dire ou presque.

          En Tunisie, l’affaire est très complexe, et il n’y a pas que les islamistes qui foutent le bordel !


          • FRIDA FRIDA 16 juin 2012 16:53

            Merci Aafrit pour les explications,

             

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Robert GIL

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