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Accueil du site > Actualités > International > Turquie : Erdogan s’attaque (encore) à l’alcool

Turquie : Erdogan s’attaque (encore) à l’alcool

En Turquie, l’avènement de l’AKP a coïncidé avec la stigmatisation croissante de l’alcool. Emmené par Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre et ancien maire d’Istanbul, le gouvernement islamo-conservateur n’hésite pas à monter en première ligne pour dénoncer les dangers des boissons enivrantes. Et, surtout, à agir en amont. D’aucuns y voient le signe d’une théocratisation du pays.

De prime abord, cela pourrait relever de l’anecdote : le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a récemment décrété que la boisson nationale était l’ayran, un breuvage populaire à base de yaourt. Pourtant, cette histoire somme toute banale a tout de l’arbre qui cache la forêt. Car, depuis 2002, année de la prise de pouvoir des conservateurs de l’AKP, l’alcool n’est plus en odeur de sainteté dans la Turquie laïque d’Atatürk. Et ce qui s’apparente étrangement à une vaste campagne visant à fustiger l’enivrement empiète de plus en plus sur le champ privé. Un interventionnisme politique qui peut laisser croire à une islamisation rampante de l’ensemble de la société. 

Ce qui semble en tout cas évident, c’est que l’homme fort de l’AKP voit dans l’alcool un fléau qu’il faut à tout prix endiguer. Une posture largement outrancière, puisque 85 % des Turcs ne boivent pas, si l’on en croit les chiffres fournis par l’institut national TurkStat. Mieux encore : une étude du Centre de recherches économiques et sociales de l’université de Bahçeşehir démontre que la consommation privée a reculé d’environ un tiers entre 2003 et 2008. Une évolution inversement proportionnelle à la hausse des taxes, qui figurent désormais parmi les plus élevées du monde.

Pourtant, nonobstant rapports scientifiques et statistiques officielles, les villes conservatrices s’attachent à réduire comme peau de chagrin le nombre de bars et de points de vente. C’est ainsi que les mesures restreignant localement la consommation de boissons alcoolisées donnent régulièrement lieu à des controverses. Résultat : ce climat délétère pousse les Turcs à boire en catimini, ce qui s’avère à tout le moins contre-productif.

Symbole de cette bataille islamo-conservatrice : Turkish Airlines, dont l’État est l’actionnaire principal. La suppression, en début d’année, de l’alcool vers plusieurs destinations au Moyen-Orient a déclenché une authentique controverse. La compagnie aérienne, qui fait régulièrement bondir les milieux laïcs, a par ailleurs adopté, avant de faire marche arrière, un nouveau code esthétique interdisant aux hôtesses de se maquiller avec des couleurs vives. Des mesures qui prêtent évidemment à la critique.

Quoi qu’il en soit, la Turquie d’avant 2002, celle qui savait « banaliser » l’ivresse, doit avoir bien du mal à se reconnaître aujourd’hui.

 

Citation. « Dans les premières années de la République, une boisson alcoolisée comme la bière a malheureusement été présentée comme une boisson populaire turque. Mais notre boisson nationale, c'est l'ayran […] C'était au point que certaines familles ont commencé à donner de la bière à leurs enfants en âge d'aller à l'école primaire au motif que c'était bon pour la santé et nourrissant. » – Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc, lors d’un symposium à Istanbul portant sur les politiques relatives à l’alcool.


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9 réactions à cet article    


  • hunter hunter 11 mai 2013 18:00

    L’alcool est un fléau, pire que toutes les autres drogues, car très accessible !

    Interdire cette merde, c’est faire preuve de salubrité publique !

    Et ne venez pas me faire la leçon, j’ai été alcoolique (je buvais du rhum au réveil, j’ai fait mes études sous alcool, je vivais sous alcool, j’ai bossé sous alcool), de 18 à 35 piges !

    Ma mère est morte à cause de l’alcool, alors à 35 piges, j’ai dit Basta ! J’arrête !

    Et je l’ai fait !

    Je suis passé de 100 à Zéro, en une nuit, tout seul, sans médecin, sans cachetons, sans psy !

    Et c’était il y a 15 piges, et jamais rebu une goutte des ces poisons depuis !

    Donc la décision du Monsieur turc, là , je suis pour !

    Et je lui dis bravo à ce monsieur !

    Quand à l’ivresse, et toute ces conneries, réfléchissez plutôt, faites marcher votre cerveau, plutôt que de le détruire avec des saletés de molécules comme l’alcool !

    Be seeing you !

    H/


    • fukara67 11 mai 2013 21:59

      @hunter 


      vraiment on croit rêvé. quand on sait que le taux de mortalité dû à l’alcool dans les accidents chez les jeunes on ne peut pas continuer à défendre l’alcool.

      vous avez très bien résumé la situation. on n’est plus rien quand on est ivre.

      @auteur 
      en turquie l’alcool n’est pas interdit. promenez vous dans les rues et vous verrez que des magasins « TEKEL » et « EFES PILSEN » y en a partout !


      C’est normal que le gouvernement veuille limiter les dégâts de cette merde ! juste pour s’opposer au gouvernement turc vous serrez même prêt à défendre la drogue ! 

      en france aussi on fait plein d’interdit. la pub sur internet par exemple

      alors n’essayez pas de défendre cette pourriture de boisson ! 

    • RECULER ?JAMAIS ! 13 mai 2013 12:50

      Et le droit de faire ce qu’on veut, vous en faites quoi ?

      J’aime l’alcool, raisonnablement, mais j’aime ça.

      Armagnac, vodka, bénédictine, rhum, j’adore.

      Ce n’est pas parce que certains ne savent pas se contrôler qu’il faut interdire l’alcool, sinon interdisons les voitures, les scooters, le parti socialiste, ah bah non pas lui il est inexistant.


    • hans 13 mai 2013 19:30

      Reculez, le droit de faire ce que l’on veut n’existe pas et nul part


    • Jonathan Fanara 11 mai 2013 22:36

      La question n’est pas de défendre l’alcool, voire, pire encore, de le préconiser. Il est clair que l’alcoolisme provoque des dégâts souvent irréparables, tant sanitaires et professionnels que familiaux.


      Le véritable sujet, c’est la tentation supposée de l’AKP d’islamiser la République turque, pourtant profondément ancrée dans des valeurs laïques, selon les voeux d’Atatürk.

      • Antoine Diederick 12 mai 2013 01:12

        depuis que l’armée de l’air turque bombarde ses concitoyens, je comprends qu’Erdogan s’inquiéte...

        Rappel : l’alcool au volant de f16 est dangereux sur la route...


        • amiaplacidus amiaplacidus 12 mai 2013 10:58

          Ce qui je choque beaucoup plus que la lutte contre l’alcoolisme (qui est de toute façon un fléau), c’est l’interdiction du rouge à lèvres pour les hôtesses des lignes aériennes turques.

          On est là en pleine régression.

          Mais je crois que devant le tollé international, la mesure a été rapportée, Ce qui n’est pas forcément rassurant, le simple fait d’en avoir émis l’idée est déjà inquiètant.


          • Mowgli 13 mai 2013 11:48

            C’est comme moi, mon pauvre monsieur hunter. Mais moi, c’est pas l’alcool, c’est les décolletés. A la vue d’un décolleté, même modeste, la rage du cul me prend et je ne peux pas m’empêcher de sauter sur la nénette comme les morpions sur le bas clergé. Evidemment, c’est mal vu et ça m’occasionne bien des mésaventures et autant de déboires qu’à vous boire.

            Mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas me retenir, comme monsieur hunter qui ne peut pas se retenir de se saouler la gueule. Conclusion : faut interdire les décolletés, comme l’alcool. D’ailleurs, je crois que le Monsieur turc, ou son voisin persan, est d’accord avec moi à ce sujet. Et je leur dis bravo !

            Le rouge à lèvre aussi, ça me fout dans des états génésiques pas possibles. Il faut l’interdire, n’en déplaise au camarade amiaplacidus.

            C’est simple, il faut imposer à toutes une tenue qui cache la bouche, les lèvres, et... et tout, tiens. Ah mais ça existe ! La burka, ça s’appelle. N’empêche... quand je vois une femme en burka, c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher d’imaginer... d’imaginer... vous devinez quoi et popol se redresse et... il faut que je donne mon slip à nettoyer parce que moi... ben moi... j’arrose, et pas qu’un peu (comme s’en vantait Monsieur Bidochon au toubib chez qui Madame Bidochon l’avait traîné car ils n’arrivaient pas à faire de petits Bidochon).

            Donc, pour moi, la burka ça marche pas. Je ne vois qu’une solution : interdire les femmes.

            Interdire les femmes, c’est faire preuve de salubrité publique !

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