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Turquie, Irak, Iran : quand le « Grand Moyen-Orient » prend du plomb dans l’aile

Jusqu’où peut donc conduire l’escalade actuelle des tensions entre la Turquie et l’Irak ? Après une longue semaine d’affrontements ayant fait une quarantaine de morts, après que le Parlement turc a autorisé l’armée à effectuer des incursions dans le Kurdistan irakien pour y trouver et y éliminer les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), après d’imposantes manifestations nationalistes à Istanbul et dans d’autres villes de Turquie, après, enfin, le bombardement par l’aviation turque de positions du PKK aux frontières avec l’Irak et l’Iran, comment la situation peut-elle évoluer ? Les autorités irakiennes, et plus spécialement celles du Kurdistan irakien autonome, poussées par Washington, vont-elles jouer le jeu de la coopération avec Ankara, ou bien adopter une attitude passive en laissant les guérilleros du PKK se servir de leur territoire comme base arrière ? Et, dans pareil cas, peut-on sérieusement envisager une intervention militaire d’envergure de la Turquie ?

Le pourrissement des relations turco-irakiennes.

Constatons tout d’abord le comportement en demi-teinte du gouvernement irakien. D’un côté, aussi bien le Président Jalal Talabani (un Kurde) que le Premier Ministre Nouri Al-Maliki, n’ont pas été avares de déclarations abondant dans le sens d’Ankara et semblant démontrer leur ferme volonté de coopérer avec le gouvernement turc, le premier qualifiant d’« intolérables » les incursions des guérilleros indépendantistes et les invitant à déposer les armes ou à quitter le territoire irakien, le second désignant clairement le PKK comme une « organisation terroriste ». Autant de formules destinées à rassurer l’ombrageux voisin turc, dont l’opinion publique réclame désormais des mesures extrêmement fermes, que le protecteur américain, fort marri de ce nouveau rebondissement de l’affaire irakienne qui menace désormais de plonger dans le sang et la poudre une région jusque-là épargnée par la violence, et qui aimerait bien que l’armée turque demeure dans ses casernes et ne vienne pas traîner ses bottes au Kurdistan.

Pourtant, force est de constater que le passage des paroles aux actes est difficile. Malgré les injonctions de Massoud Barzani, le Président du Kurdistan irakien, qui, se ralliant au gouvernement de Bagdad, demandait aux soldats du PKK de renoncer à la lutte armée, les Irakiens se révèlent dans l’incapacité - réelle ou feinte - de satisfaire aux exigences d’Ankara. Non, ni les autorités centrales irakiennes, ni le gouvernement autonome d’Erbil ne peuvent remettre aux Turcs les dirigeants du PKK réfugiés dans les monts Qandil. Et non, les peshmergas ne se risqueront pas dans cette région dangereuse, forteresse naturelle réputée inexpugnable, pour faire la chasse aux combattants du PKK. Pendant ce temps-là, la tension monte encore un peu plus en Turquie, et à Washington on s’exaspère du peu de bonne volonté dont fait preuve le vassal irakien dans cette affaire.

On peut dès lors se demander si une intervention militaire turque au Kurdistan irakien est possible. La réponse est loin d’être évidente, la plus grande incertitude régnant à l’heure actuelle. D’un côté, il paraît peu probable qu’Ankara, allié ancien des États-Unis, se lance dans une aventure irakienne qui n’aurait pas reçu l’aval de Washington. Néanmoins, il est des forces en Turquie qui plaident désormais clairement pour, sinon une rupture, en tout cas une certaine prise de distance avec les Américains, et un rapprochement concomitant avec la Syrie et l’Iran, ne serait-ce que sur le dossier kurde.

Aussi bien pourrait-on se poser la question suivante : l’évolution actuelle de la situation en Irak n’était-elle pas prévisible ? En effet, le projet américain - ou, plus strictement, néoconservateur - dit « Grand Moyen-Orient » (Greater Middle East), dont l’Irak constituait le cœur et dont on savait, dès le départ, qu’il reposait sur du flan - la démocratie-marchandise exportée à grands renforts de bombes -, contenait en germes les éléments de sa propre ruine.

Car le cercle vertueux censé s’ouvrir avec la chute de Saddam Hussein et qui devait conduire à la démocratisation, non seulement du Moyen-Orient stricto sensu, mais aussi du Maghreb, du Machrek, de l’Iran et de l’Afghanistan, ce cercle vertueux qui devait asphyxier les racines du terrorisme international, ce cercle vertueux, donc, s’est bien vite refermé, se heurtant aux réalités locales et à ses propres incohérences.

De façon générale, en ouvrant un nouveau front au djihâd international, l’invasion de l’Irak contribuait à renforcer le terrorisme islamiste au niveau mondial, lui offrant ainsi un nouveau terrain d’entraînement et de nouveaux viviers de recrutement. Par ailleurs, loin d’affaiblir les régimes dictatoriaux arabes, elle leur fournissait une nouvelle occasion de se « défausser » de leurs propres islamistes en les envoyant momentanément mener leur guerre sainte ailleurs que chez eux.

Gloires et déboires du pan-chiisme iranien.

De façon plus spécifique, la démocratisation de l’Irak s’est accompagnée d’un début de démantèlement de l’État irakien, avec le choix d’une Constitution fédérale, dans un pays qui avait sans doute besoin de conserver un pouvoir central fort. Le résultat en était de transformer le Kurdistan irakien en un véritable pôle indépendantiste pour les populations kurdes de Syrie, d’Iran et évidemment de Turquie. Il n’était donc pas illogique de penser que ces trois pays, voyant se développer à leur porte le cœur d’un potentiel État kurde indépendant, seraient tenter de se liguer pour étouffer dans l’œuf ce qu’ils considèrent légitimement comme une menace. C’est ce qui est à l’œuvre à l’heure actuelle en Turquie, et qui pourrait conduire à la création d’un second front irakien après le « Triangle sunnite », en l’occurrence le front kurde... en attardant l’ouverture d’un troisième, le front chiite.

C’est là un autre effet secondaire du plan de démocratisation en série du « Grand Moyen-Orient », qui a contribué à renforcer l’influence régionale de l’Iran, d’abord en éliminant l’un des adversaires les plus acharnés de la République islamique, ensuite en lui donnant les moyens de développer une géopolitique pan-chiite, puisqu’elle a pu rentabiliser les canaux d’influence développés dès 1979, telle que l’ASRII (l’Assemblée suprême pour la Révolution islamique en Irak, créée en 1982 et qui est, depuis 2003, devenue un parti important sur la scène politique irakienne) ou d’autres formations qu’elle finance - ou arme. C’est grâce à ces canaux que Téhéran a pu peser sur la négociation constitutionnelle en mai-août 2005, et y appuyer l’option fédérale. Paradoxe de la politique étrangère américaine qui entendait éviter l’émergence d’une puissance iranienne dans la région, l’application de la « doctrine Bush » aura eu pour conséquence de donner à l’Iran les moyens de ses ambitions et une influence forte au sein du nouvel État irakien, paradoxe d’autant plus important que Washington et Téhéran se sont trouvés être des alliés objectifs dans le choix du système fédéral, qui garantissait une faiblesse institutionnelle nécessaire, dans le cas des États-Unis, pour s’assurer un allié - et producteur de pétrole - plus docile et surtout moins sulfureux que l’Arabie Saoudite, et, dans le cas de la République islamique, afin d’éviter que ne renaisse une puissance irakienne, même chiite, qui constituerait une rivale potentielle dans la région.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Iran arme et finance aussi des mouvements sunnites, dans le but de maintenir une certaine instabilité, et donc une certaine faiblesse, du régime de Bagdad. Mais ce jeu de puissance et d’influence pourrait, à terme, s’avérer dangereux, pour l’Irak, pour l’Iran et pour toute la région, car ce qui se passe aujourd’hui à la frontière turco-irakienne pourrait demain se produire entre l’Irak et l’Iran. En jouant, non seulement des haines entre sunnites et chiites, mais aussi des rivalités intra-chiites - les différentes factions chiites n’étant pas unies dans leurs positions sur la scène politique irakienne, ni quant à l’attitude à adopter vis-à-vis du parrain perse -, l’Iran pourrait subir les affres d’un retour de flamme dévastateur si les affrontements communautaires en territoire irakien venaient à déborder de l’autre côté de la frontière iranienne.

Si une pareille hypothèse venait à se réaliser, loin d’avoir garanti la démocratie et la paix dans tout le Moyen-Orient et au-delà, le projet de « Grand Moyen-Orient » n’aurait réussi qu’à l’enfoncer un peu plus dans le sang et les larmes.

Frédéric Alexandre


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69 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 26 octobre 2007 10:14

    super ta photo , trop cool le hamac ! smiley

    on comprend la colère du peuple turc qui en a ras le fez de voir un groupe terroriste mener quotidiennement des attaques mortelles contre son armée et qui va se réfugier dans une zone situé dans l’Irak soit disant pacifié en toute impunité et avec la complicité des responsables kurdes de la zone autonome .que l’armée turque aille bombarder les camps du PKK en Irak pour protéger sa population est bien plus légitime que l’occupation néocoloniale de l’Irak par Debeulyou !


    • Gazi BORAT 26 octobre 2007 10:23

      @ Le Chat

      UPK et PDK n’ont pas toujours été très amis avec le PKK.

      Ce dernier leur a reproché longtemps d’être des « féodaux » liés aux clans Barzani et Talabani tandis que les deux formations kurdes irakiennes ont parfois, dans les années 1990, déjà permis à des unités de l’armée turque (des commandos « berêts bleus) de pratiquer des »nettoyages" de l’autre côté de la frontière..

      A noter, à la décharge du PKK, qu’il n’a jamais commis d’attentats aveugles dans les grandes villes turques depuis son entrée en guerre en 1983, qu’il est plutôt « ouvert » (à la mixité notamment) dans une région plutôt marqué par le conservatisme...

      gAZi bORat


    • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandre 26 octobre 2007 10:31

      Bonjour le Chat

      Ouaip, j’ai choisi le hamac comme emblème, avec une devise que je trouve particulièrement dans l’ère du temps : « dormir plus pour ronronner plus ».

      Tout à fait d’accord avec toi sur les motivations turques. Tiens, je me demande comment Georges Junior réagirait si Schwarzy faisait sécession.


    • Philippe VIGNEAU 26 octobre 2007 12:13

      si les Kurdes veulent l’independance pourquoi ne pas leur donner ?..


    • Gazi BORAT 26 octobre 2007 12:36

      @ Philippe Vigneau

      Le drame du Kurdistan est qu’il est situé sur plusieurs pays : Turquie, Syrie, Irak, Iran...

      Il avait été prévu dans le traité de Sèvres en 1920 un état kurde qui a disparu en 1923 sur le découpage du traité de Lausanne.

      Les kurdes parlent un groupe de 4 langues appartenant au groupe farsi (persan).

      gAZi bORAt


    • Zalka Zalka 26 octobre 2007 14:08

      Question : les kurdes sont-ils chiites ou sunnites ?

      Je crois que c’est sunnites, mais je ne suis pas sûr.


    • Gazi BORAT 26 octobre 2007 14:22

      @ zalka

      Il n’y a pas d’unité religieuse chez les kurdes.

      En Turquie, la majorité sont sunnites, d’autres sont chiites mais halevi (à ne pas confondre avec les chiites duodecimains d’Iran) et on compte aussi quelques chrétiens..

      Un nombre important seraient yezidi :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9zidisme

      mais, en raison du rejet dont fait l’objet cette religion, les effectifs sont difficilement évaluables..

      gAZi bORat


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 27 octobre 2007 17:57

      De façon générale, les conflits « locaux » reflètent les intérêts des grandes puissances qui y interviennent indirectement. A fortiori, si le conflit met en jeu des Etats comme la Turquie, candidat à l’Union Européenne, l’Irak occupé par les Etats-Unis avec l’aide des puissances européennes, le « dissident nucléaire » qu’est l’Iran et qui se trouve directement menacé par les gendarmes occidentaux, etc...

      C’est ce qui, à mon sens, manque à l’analyse présentée par cet article.

      Trois liens sur les enjeux internationaux actuels, en particulier pour cette région stratégique :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=148

      Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (2)

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=228

      Sarkozy, Bush, médias, lobbying... et ce qu’on nous prépare (1)

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=235

      Nicolas Sarkozy, capitalisme de choc et alliance impérialiste Europe-USA


    • Ingrid du Midi 27 octobre 2007 22:39

      En même temps, Scarlet, les Etats oppriment les nations. Pas seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. Y compris, en Europe et en France.

      Lire entre autres :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=87

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=119

      Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (1) et (2)

      Le premier de ces articles rappelle d’ailleurs cette « petite phrase » de David Rockefeller :

      ... un Etat européen ou mondial du XXI siècle risquerait d’être un Etat privé. En 1991, le fondateur de la Commission Trilatérale David Rockefeller avait déclaré notamment : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée ces derniers siècles ». Tout un programme, où on voit mal ce qu’il adviendrait des langues dites « minoritaires » sous une telle théocratie financière.


    • scampine 1er novembre 2007 08:33

      Indépendance aux Corses, Basques ou Bretons ? Pourquoi ne pas leur donner ?

      Le PKK ne représente pas les kurdes de Turquie, il ne compte qu’une minorité guidée par une idéologie léniniste Marxiste.


    • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 12:23

      . Un foyer développant et encourageant des terroristes est exactement ce que les néoconservateurs américains souhaitent,ainsi, la méthode d’un cynisme absolu s’applique au quotidien.

      Afin d’attirer davantage des candidats-terroristes, l’Irak est le lieu par excellence où des agents, sous déguisement de combattants islamistes, mettent en place des actions ’sous faux drapeaux.

      La Turquie qui en ce moment même à déployé au bas mot une centaine de millier de soldats au frontière turco-irakienne,pour que cesse les attentats sanglant des terroriste PKK qui sont armées discrétement en sous main par les USA.

      torrsten frings


      • Gazi BORAT 26 octobre 2007 12:49

        « ..des terroriste PKK qui sont armées discrétement en sous main par les USA... »

        Le PKK est très sévèrement marxiste léniniste et opposé à l’installation de bases américaines dans les zones kurdes turques et iraniennes..

        La CIA a activement participé (et ne s’en cache pas) à la capture d’Abdullah Öcallan au Kenya..

        D’où tenez ces informations effarantes sur l’armement du PKK ?

        http://www.crwflags.com/fotw/images/k/krd%7Dpkk.gif http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Histoire/Passecompose/pkk.htm

        gAZi bORAt


      • Zalka Zalka 26 octobre 2007 14:12

        Pendant longtemps, la CIA a usé des intégristes musulmans ou des nationalistes (dans le cas turc) pour contrer les communistes. Cela inclut le PKK.

        Le bloc sovietique s’est effondré, mais cela ne veut pas dire pour autant que la CIA va armer les guerrilla (pour être poli) communistes pour contrer les islamistes.


      • Gazi BORAT 26 octobre 2007 16:00

        @ Zalka

        Effectivement, la Jandarma (Gendarmerie) et le MIT (Renseignements d’etat) turcs ont utilisé des mouvements islamistes, certains créés de toutes pièces comme Tek Yol Islâm et Hizbollah ou manoeuvré des groupes issus de confréries « dures » comme les Naqshbandis pour les envoyer contre le PKK.

        Le PKK a eu des soutiens par le passé de régimes adversaires de la Turquie comme la Syrie ou même la Grêce mais les Etats-Unis, cela me semble impossible.

        D’autant plus que le PKK est lié à des mouvements d’extrème-gauche turcs comme DHKP-C..

        http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://poetas.com/images/2005/dhkp-c.jpg&imgrefurl=http://poetas.com/editorial/noticias.shtml%3Fcategory%3Dall%26id%3D1125120069%26keyword%3D%2B&h=443&w=600&sz=41&hl=fr&start=1&tbnid=_eKr8arXT8GyBM :&tbnh=100&tbnw=135&prev=/images%3Fq%3DDHKP-C%26gbv%3D2%26svnum%3D10%26hl%3Dfr%26sa%3DG

        ... résolument antiaméricains.

        gAZi bORat


      • Gazi BORAT 26 octobre 2007 18:11

        @ torrsten frings

        « Des terroristes PKK armés en sous-main par la CIA » (SUITE)

        Cette histoire de soutien de la CIA m’a intrigué et j’en ai cherché les sources..

        Tout ce que j’ai trouvé à ce sujet provient d’articles des courants nationalistes turcs (droite et gauche). Certains vont même, fait cocasse lorsque l’on connait la part qu’a pris le MOSSAD dans la neutralisation d’öcallan, à incriminer Israel..

        Un article de Rusen Cakir dans Vatan (gauche) dément cette rumeur mais reconnait cependant l’habileté diplomatique du PKK et la possibilité de contacts indirects.

        La raison de cette accusation de soutien américain survient en pleine glaciation des rapports Turquie-USA depuis les récents débats outre-atlantique sur la reconnaissance du génocide arménien..

        gAZi bORAt


      • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 13:16

        La corse veux son imdépendance, le pays basque aussi...est ce que la France lors donne !!!


        • Zalka Zalka 26 octobre 2007 14:15

          Correction : une partie des basque veulent l’indépendance. Et 2000 crétins corses croient cacher correctement leurs activités mafieuses avec l’indépendantisme.


        • stradiuvarius 26 octobre 2007 20:34

          La Corse reçoit de substantielles aides économique de la part de l’Hexagone. Je suis néanmoins favorable à leur indépendance, si toutefois ils s’exprimaient démocratiquement dans ce sens.

          Qu’est ce que la Turquie a à offrir à son Kurdistan sinon son inutile Nationalisme et sa langue ?


        • Forest Ent Forest Ent 26 octobre 2007 15:33

          Il me semble répéter depuis des années y compris sur AV que le premier grave problème en Irak est kurde. Les chiites peuvent se tourner vers l’Iran et les sunnites vers le monde arabe. Bush 2 a fait sauter un couvercle que Bush 1 avait volontairement laissé en place. Tout cela était tellement prévisible depuis le début que c’en est affligeant.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 26 octobre 2007 16:45

            @ Forest Ent et @ l’auteur

            Entièrement d’accord. Merci à l’auteur, également, pour son analyse.

            Pierre R.


          • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 16:03

            La partie Francaise j’imagine !


            • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 16:05

              Je précisse pour @ZALKA, la partie Basque Francaise.


            • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 16:18

              Organiser des attentats ou des tensions, ’sous faux drapeau’ ce sont des tromperies vieilles comme le monde, mais depuis la deuxième partie du 20 ème siècle les services de renseignements la pratiquent avec beaucoup d’ampleur et de bavure répétitif.

              Cette stratégie offre la possibilité de mettre en garde le peuple contre un certain danger, et ainsi de lui faire exiger une protection nécessaire et accrue.

              La guerre était une délivrance au 19éme siècle,

              elle est devenue un bisness aujourd’hui au d’éppant des civilisation là ou elle s’aplique...


            • Falkland 26 octobre 2007 16:37

              les turcs et les irakiens veulent tout deux se debarrasser des kurdes. Quand à la communauté internationale , elle a due mal a les defendre du fait de leur agitation dans la région. Et puis les etats unis n’a aucune envie de vexer les deux alliés stratégique du coin.


              • Gzorg 26 octobre 2007 17:05

                bon article , bon analyse...

                Il y a juste un point que j’ai du mal a comprendre. Lorsqu’une armée étrangère envahie un territoire qui n’est pas le sien , il me semblait que l’on était dans un cas de violation international du droit.

                Ce fut le cas lorsque Sadam Hussein a envahie le Koweit ou quand les américains ont envahis l’Irak sans l’aval de l’ONU.

                Dans quel cas on considere qu’il y a violation du droit international ?

                - Si la région envahie est officiellement reconnue au niveau international ? (et dans ce cas est-ce le cas du Kurdistan Irakien) ?

                - Si les forces étrangères le font contre l’avis du gouvernement local (ou d’origine).

                Bref en un mot, en quoi une action militaire de la Turquie en territoire étranger est elle plus légale qu’une action militaire offensive iranienne contre un état souverain comme l’Irak, par example ?


                • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 17:34

                  Parceque dans le ca Turc, ce n’est pas un etat contre un etat, mai un etat(la republique de turquie) contre un groupe séparatiste aux actes terroriste ce repliant en territoir voisin dont ce même pays ne gère plus cette region.


                  • patrice patrice 26 octobre 2007 17:48

                    Les commentaires, très symptomatiques de la manière dont les occidentaux voient ce problème me semblent montrer très clairement combien est encore longue la route de l’adhésion turque à l’UE. Si la turquie était un pays occidental et démocratique, tous hurleraient à la maimmise coloniale. Ici, rien de tout cela.

                    Soit ce sont les kurdes qui posent problème, (mais alors lequel ?), soit le colonialisme n’est pas un crime en soit. Il ne l’est que quand ce sont des occidentaux qui colonialisent. Ce qui expliquerait que l’on ait toléré le Timor sous occupation indonésienne quand on condamne la présence française dans des territoires (nlle caladonie par ex.) où le peuple a librement choisi de rester français.

                    Manifestement, pour certains (ce n’est absolument pas mon état d’esprit), certains peuples n’ont pas le droit de commettre des crimes autorisés à d’autres. Probablement parce qu’il y a (pour eux, consciemment ou non) des peuples « supérieurs » qui doivent respecter des règles éthiques contraignantes, et des peuples « inférieurs » à qui on ne demande pas tant car ils ne sont manifestement pas capables... ... comme les turcs n’appartiennent pas à l’élite, on tolère leur colonialisme (au kurdistan comme à chypre) mais évidemment, cela leur interdit de rejoindre le « club » UE.

                    J’espère que mon analyse est fausse... mais je n’arrive pas à voir la faille.


                    • Gazi BORAT 26 octobre 2007 18:38

                      « ...comme les turcs n’appartiennent pas à l’élite, on tolère leur colonialisme.. »

                      Je n’irais pas jusqu’à parler de colonialisme pour le cas du Kurdistan ou de Chypre mais la relation de l’Europe au « problème kurde » est peu cohérente et ses positions pleines de contradictions :

                      Position 1 : Les Kurdes de Turquie sont des martyrs. Or, en France les demandeurs d’asile politique sont refoulés en Turquie car « ils n’ont rien à y craindre ».

                      Position 2 : La Turquie mêne une « guerre sale » au Kurdistan. Or l’Allemagne, fournisseur d’armes à la Turquie depuis Abdülhamid II continue encore à l’équiper.

                      Fait gênant pour l’Allemagne, sur les photographies du front de l’Est Anatolien apparaissent toujours fusils G3

                      (Heckler und Koch) http://handgun.kapyar.ru/ph/258_01.jpg

                      et tanks leopard.. http://www.armyrecognition.com/europe/Turquie/exhibition/IDEF_2007/pictures /Leopard_1_T_Turkish_Upgrade_IDEF_2007_001.jpg

                      Plutôt mal vu par une partie de l’opinion allemande.

                      La riposte a été trouvée. L’Allemagne a donc revendu des armes plus discrètes sur des photographies : des kalachnikov prélevées sur les stocks de l’ex-RDA au moment de la réunification..

                      Officiellement : des armes de prise..

                      gAZi bORAt


                    • patrice patrice 26 octobre 2007 19:47

                      @ gAZi bORAt

                      J’emploi le terme de « colonialisme » non de manière moral mais simplement car c’est le seul terme qui convienne pour l’occupation/annexion du territoire d’un peuple par les forces armées et populations d’un autre peuple.

                      Que les populations indigènes (éthymologiquement, les populations dont les ancètres sont de l’endroit dont on parle) aient des droits inférieurs (tels les algériens avant 1962) ou égaux (tibétains ou kurdes de turquie) ne change rien.

                      La colonisation, c’est quand un peuple n’a pas le droit de gérer ses propres affaires. Quand cette gestion est dans les mains d’un autre peuple.


                    • docdory docdory 26 octobre 2007 18:17

                      @ Frederic Alexandre

                      Cette guerre turco-irakienne ou turco-kurde , qui était hautement prévisible dès que la décision d’invasion de l’Irak a été prise par les USA , est un argument supplémentaire contre l’adhésion de la Turquie à l’UE . Que ferait l’UE d’un pays engagé dans une guerre contre son voisin , guerre qui , selon toute vraissemblance , risque de durer des années !


                      • Forest Ent Forest Ent 26 octobre 2007 18:42

                        Sans parler de Chypre, de la guerre Azerbaidjan-Arménie, des contentieux greco-turcs en mer Egée, etc ...


                      • docdory docdory 26 octobre 2007 18:50

                        Salut Forest

                        Tout à fait d’accord , comme je le disais , ce n’est qu’un argument supplémentaire . A force de suppléments , l’addition commence à être lourde ! Je dirais ...le coup de fusil !


                      • fouadraiden fouadraiden 26 octobre 2007 20:52

                        « De façon générale, en ouvrant un nouveau front au djihâd international, l’invasion de l’Irak contribuait à renforcer le terrorisme islamiste au niveau mondial, lui offrant ainsi un nouveau terrain d’entraînement et de nouveaux viviers de recrutement. Par ailleurs, loin d’affaiblir les régimes dictatoriaux arabes, elle leur fournissait une nouvelle occasion de se « défausser » de leurs propres islamistes en les envoyant momentanément mener leur guerre sainte ailleurs que chez eux. »

                        conception puérile et pure propagande incapble de prendre la distance necessaire qu’il convidendrait ici.

                        juste un mot,

                        attention, je crois que memes les partisans les plus zelés du terrorisme sunnite ne parle pas de dhjihadisme international.je vous mets au defi de me traduire cela en arabe ?

                        on peut ,meme si on est en desaccord avec les terroristes islmaistes ,rendre honnêtement la réalité de leurs motivations.

                        les saoudiens terroristes combattent les Etats Unis parce que ceux-ci ont des troupes sur le sol saoudiens(sol pourtant sacré selon la théorie de l’islam) .il n’y a rien de mondial ici.ni la Chine ni le Japon ni les Eskimos ne sont ici concernés.

                        autre erreur fréquente dans l’esprit des occidentaux, c’est la croyance qu’il existe dans le monde arabe des islamistes à l’extérieur des regimes arabes.FAUX :

                        1. le régime saoudien est un régime islamiste. il est prooccidental. il est maintenu et soutenu au pouvoir par toutes les administrations américianes qui se sont succédées depuis la fin de la seconde guerre mondaile.

                        2.

                        le regime marocain, autre exemple, est officiellement islamiste ,étant donné que le roi est commandeur des croyants .la visite de sarko a pour but aussi de nous rappeler ce qu’est un bon islamiste d’un mauvais :

                        les islamistes sont bons qd ils oppriment leur populaton tout en servant les interets des regimes occidentaux.ils deviennent nefastes qd ils denoncent ces accointances.

                        le cas du regime saoudien(ainsi que tous les pays du Golfe) et le maroc ILLUSTRES à merveille cette logique.

                        les djihadistes sont donc les seuls qui osent aller contre cette alliance islamo-occidentale dont un des principals objectifs est d’assurer le bas prix du pétrole.

                        quel intérêt pour les peuples arabes de cautionner une politique occidentale dont le principal objectif est de se garantir un prix du pétrole bas ?

                        absoulument aucun.ils ont et la misère et les guerres occidentales depuis des décennies.

                        les troupes américaines occupent et encerclent l’Arabie saoudite ,que des saoudiens trouvent cela inacceptables, quoi de plus normal !

                        LES Etats Unis ne sont pas le monde .il n’y a donc pas lieu de parler ici de djhadisme international.

                        le régime saoudien et marocain(pour ne prendre que les 2 extremité du monde arabe) sont et arabes et islamistes et prooccidentaux à la fois.

                        et alors ?


                        • sale bête 26 octobre 2007 21:10

                          @ l’auteur

                          le « Grand Moyen-Orient » prend du plomb dans l’aile

                          ce serait pas plutôt « le grand souk du plomb et de l’oil »

                          les kurdes commencent à avoir pas mal de pognon avec leur pétrole, Usa, France, Russie, Chine ont plein d’armes à céder en échange.

                          il y a déjà le fructueux marché sunnite contre chiite, mais la croissance est un peu en berne, alors une petite loi sur le génocide arménien et les affaires repartent !

                          c’est juste une supposition, bien sûr !


                          • niko74 niko74 26 octobre 2007 21:24

                            et quelle supposition !


                          • sale bête 27 octobre 2007 00:17

                            Pèle mèle dans cette région :

                            un référendum qui décidera du statut de la région fin 2007 ...

                            l’immense champ pétrolifère de Baba Gurgur, situé près de Kirkouk promis aux américains ...

                            des territoires revendiqués aussi par les turcomans, les chiites ...

                            un pipeline Kirkouk-Haïfa - fermé avec la création d’Israël en 1948 -, ... pour alimenter Israël en pétrole et en eau à partir du Kurdistan irakien...

                            Bloomberg Markets estime les réserves pétrolières de la région autonome à 25 milliards de barils. ... On comprend que ces chiffres donnent le vertige aux chefs féodaux kurdes et suscitent à l’étranger bien des convoitises.

                            déjà en 1925 le gazage au gaz moutarde par les britanniques, puis ceux de saddam ...

                            tous les ingrédients sont là pour un beau bordel !

                            http://www.afrique-asie.fr/article.php?article=215

                            http://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdistan

                             smiley


                          • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 22:04

                            Commander par les même protagoniste durant la Guerre Froide, ce réseau se spécialisait à effectuer des attentats terroristes et ensuite attribués à l’ennemi de l’époque, les communistes .

                            Dévoué à cette stratégie déstabilisatrice ,durant les années ’80, des agents secrets (surement de la CIA) organisaient de nouvelles campagnes terroristes à travers l’Europe semblant venir d’ennemis communistes.

                            Ce qui donnait la légitimité aux Etats-Unis d’intervenir et de partir ’en guerre’ contre chaque étoile rouge persistant. La stratégie et considérée comme vice nécessaire on ne peut être que surpris schématiquement, par les étranges parallèlismes avec la lutte faite à l’Islamisme à ce jour car le schéma est le même seul l’ennemi a changé car le business a changé !


                            • frédéric lyon 26 octobre 2007 22:23

                              Pourquoi les kurdes n’auraient-ils pas droit à un état ?

                              Ils sont trente millions, c’est à dire aussi nombreux que les Perses et ils ont été lésés par les occidentaux en 1920.

                              Il va être quand même difficle de les génocider aujourd’hui, sous les yeux de la communauté internationale, alors il va bien falloir traiter le problème.

                              Un conflit entre les Kurdes et la Turquie, sous les yeux des Américains ? Quelle blague, sûrement pas ! Les Turcs auraient trop à perdre et n’en verraient jamais le bout. C’est pourquoi le PKK cherche à faire monter les enchères.

                              Les frontières de la région risquent de valser un peu ?

                              Et alors, qu’y a-t-il d’étonnant à celà ?

                              Les frontières ont toujours été faites pour ça, jusqu’à ce que les Etats correspondent à de véritables Nations, ce qui n’est nullement le cas au Moyen-Orient, comme c’est le cas en Europe ou en Asie.

                              Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une région qui a au moins quatre siècles de retard sur le reste du Monde.


                              • netchou netchou 26 octobre 2007 22:24

                                les kurdes du kurdistan vont s’ajouter à la longue liste des peuples victimes du calcul vicieux des politiciens de ce monde.Pensons aussi à eux.


                                • korkma sonmez torrsten frings 26 octobre 2007 22:49

                                  connaissant la turquie,ou l’iran, ils préfférerons tous mourir que cédé un centimétre carré de leurs nation.

                                  les pkk ou les kurdes vont ce heurté au plus grosse puissance de la region, autant dire que pour ces désérité, ce n’est pas l’option qu’ils deverait choisir, mais celle de la diplomatie !!

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