Il y a une expression en Turquie, qui résume bien le rôle de l’armée : le bruit feutré de l’épée que l’on sort de sa rapière. C’est-à-dire, pas besoin de coup d’Etat, la menace suffit.
Gardienne de la laïcité et du kémalisme, l’armée est la garante d’une démocratie formelle qui reste toujours suspendue à l’appréciation et bon vouloir de celle-ci. Le parti islamique au pouvoir en sait quelque chose : déjà, par deux fois il a été éloigné du pouvoir par la justice (autre bastion kémaliste), son programme étant jugé inconstitutionnel. Cependant, les temps semblent changer : cette fois l’armée, sur la défensive, réagit contre une action de justice qu’elle a elle même « pratiqué » maintes fois. Les rôles semblent inversés. Cela ne change pas grand chose à ce jeu du chat et de la souris, à cette dualité du pouvoir, à cette contradiction fondamentale turque, à ce choix shakespearien entre démocratie formelle et démocratie réelle. Le premier ministre, dont personne en Turquie ne nie ni les capacités ni sa popularité, conscient de cette impasse constitutionnelle avait, par touches, essayé de limiter les raisons même de la suprématie de l’armée : la normalisation avec la Grèce, la Syrie, le « calquage » à l’Etat Major concernant la gestion de la crise iraquienne, le renversement de l’alliance stratégique avec Israël, la question kurde, tous ces sujets traités et qui vont dans le sens d’une meilleure intégration de la Turquie aussi bien au sein de ses alliés que de la communauté internationale, avaient comme but ultime de court-circuiter l’armée en lui enlevant les prétextes des dangers extérieur ou intérieur.
La reconnaissance du génocide arménien par une commission du sénat américain tombe en ce sens au plus mauvais moment ajoutant à la crispation entre armée et gouvernement turcs. Pourtant attendue, cette décision pousse le gouvernement au maximalisme pour ne pas ajouter un sujet supplémentaire au contentieux avec l’Etat major, tandis que la question arménienne était, elle aussi, sur la voie de l’apaisement. L’enjeu est de taille : personne ne doute un seul instant que l’armée turque pourrait enclencher son cinquième coup d’Etat depuis l’avènement du kémalisme pour mettre fin à l’expérience Erdogan. Provoquer une rupture avec la Grèce, en continuant à violer son espace maritime, faire sauter des mosquées, durcir l’occupation de l’est anatolien kurde, voilà des précurseurs, des annonciateurs d’un nouveau coup de force. Et nous en sommes là. D’autant plus que dans la citadelle judiciaire, tenue par le procureur général Abdulrachman Yalrstikaya, aux allures de Robespierre laïque, celui-ci sent son pouvoir chanceler au sein même de son administration. Celle là même qui a osé mettre en examen des officiers supérieurs. L’institution judiciaire, qui a déjà mis plus de quinze partis hors la loi, applaudira sans aucun doute un coup de force qui arrêtera en même temps la politique d’entrisme que mène l’AKP d’Erdogan à son égard.

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BOURNE ! c.. comme un manche a balai ! a
08/03 20:24 - optimisteCalme et serenité est demandér. !!! nous les insiders les savons ne parle pas trope fort. La (...)
08/03 19:41 - optimisteBOAAAAH ENCORE UN QUI VEUT AMENER LES JUIVES EN AVANT !!! ONT A MARE VOUS VOUS PLAIGNER (...)
08/03 18:53 - optimisteD’un côté on attise les braises de l’ultra-nationalisme turc (reconnaissance du (...)
06/03 14:02 - Jicé......sans compter tous ces salauds d’antisémites qui disent rien que du mal (...)
06/03 13:14 - Branck2012Doctory, deux petites remarques en passant... Primo, il n’est pas évident du tout (...)
05/03 21:17 - SysATI
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