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Accueil du site > Actualités > International > Turquie : la Commission de Bruxelles outrepasse ses droits

Turquie : la Commission de Bruxelles outrepasse ses droits

Notre Premier Ministre, Dominique de Villepin a exprimé hier le sentiment de la France qu’il ne saurait y avoir d’adhésion de la Turquie à l’Europe sans reconnaisance préalable par ces derniers de Chypre. La Turquie a immédiatement repondu qu’il n’en était pas question ! Or, comme vous le savez, Chypre fait partie des membres de l’Europe depuis la derniere extension.

Comment donc peut on envisager de rentrer dans l’Europe en réfusant de reconnaitre un de ses membres ? C’est pour moi un mystère total. Ou bien peut être est ce une des subtilités de l’esprit oriental ?

La Commission de Bruxelles a immédiatement répondu que la reconnaissance de Chypre par la Turquie n’etait pas du ressort de l’Europe mais, je crois, des Nations Unies. En d’autres termes elle désavouait la position de la France, Etat souverain pourtant. Et confirmait donc ce que j’avais bien cru remarquer, c’est à dire que dans les conditions imposées à la Turquie pour négocier son entrée dans l’Europe, n’avaient pas inclu la reconnaissance officielle de tous ces membres, dont Chypre. Comment une Commission, dite européenne, a t- elle pu omettre ce petit détail et le remplacer par une vague reconnaissance d’union douanière ?

Enfin, la décison sur ce type de sujet me semble relever des seuls Etats souverains et non pas du bras administratif de l’Europe, la Commission. Monsieur Barroso voudrait renforcer le sentiment de ras le bol envers son organisme qu’il ne s’y prendrait pas autrement...


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12 réactions à cet article    


  • Albert (---.---.145.206) 3 août 2005 12:13

    Vous oubliez de dire que la Turquie, ainsi que les turcs de Chypre étaient d’accord pour une réunification de l’île.Les chypriotes grecs l’ont refusé à 66/100 ( plan de l’ONU ). Alors, arrêtons de nous cacher derrière des excuses fallacieuses pour refuser l’entrée de ce pays dans l’Union Européenne.Tout celà est la faute des chypriotes grecs. Il faut avoir le courage de le dire, même si l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne fait peur à la France.


    • Collectif VAN (---.---.36.144) 3 août 2005 16:09

      Monsieur Albert (d’Ankara ?), vous développez curieusement les thèses turques qui voudraient faire prendre des vessies pour des lanternes, et faire croire que la victime est l’assassin.

      En l’occurrence, les victimes réelles ce sont les Chypriotes grecs dont la moitié de l’île est occupée depuis l’opération ATTILA (!) de l’Armée turque en 1974 : l’année dernière, ils ont dit NON à l’impunité de l’Etat turc et ils ont eu raison. Il est vrai qu’en matière d’impunité et de manipulations médiatique et politique, les gouvernements qui se succèdent à Ankara connaissent la musique, eux qui s’obstinent non seulement à nier l’extermination planifiée de tout un peuple (les Arméniens), mais également à leur faire porter le chapeau.

      « Pôvre » Turquie, elle qui a été si gentille avec ses minorités grecque, assyrienne et arménienne(exterminées), elle qui est si cool avec ses opposants (emprisonnés et torturés), ses détracteurs (calomniés et menacés), ses femmes (assassinées pour l’honneur), ses Kurdes (réprimés) ... Personne ne l’aime*. Booooooooh !

      *Si le Canada était une marque de commerce, il se classerait deuxième (sur 25 pays) au chapitre de la popularité, derrière l’Australie et devant la Suisse. La France et les États-Unis finiraient aux neuvième et 11e rangs. À la queue du peloton se trouveraient la Turquie et la Russie.

      Ces résultats sont tirés du deuxième Nation Brands Index (NBI), un palmarès qui mesure l’image de marque de 25 pays. Préparé par Simon Anholt, expert en marketing, le NIB s’appuie sur un sondage trimestriel réalisé par la maison de sondage Global Market Insite auprès de 10 000 personnes dans 10 pays. http://www.cyberpresse.ca/monde/article/article_complet.php?path=/monde/article/02/1,151,1066,082005,1118905.php&skip_inter=1

      Plus sérieusement, bienvenue à une Turquie démocratique en Europe. Mais la Turquie d’aujourd’hui, arrogante, violente et négationniste n’y a, pour l’instant, pas sa place.

      Collectif VAN Vigilance Arménienne contre le Négationnisme Boîte vocale : 08 70 72 33 46 contact@collectifvan.org Collectif VAN BP 20083 92133 Issy-les-Moulineaux Cedex

      La revue de presse en ligne chaque jour http://pageperso.aol.fr/azadoutioun/mapage/actualites.html


      • Laurent (---.---.31.7) 3 août 2005 17:56

        « Tout celà est la faute des chypriotes grecs » : cette seule phrase suffit à discréditer définitivement vos propos, Albert. Non, la Turquie telle qu’elle est aujourd’hui n’a rien à faire dans l’Europe. C’est elle qui veut entrer dans l’Europe : qu’elle commence par respecter les membres actuels de l’Europe, dont Chypre. Ce n’est pas aux européens à se plier aux diktats trucs. Non mais !


        • CaDerange (---.---.138.21) 3 août 2005 23:12

          Réponse de CaDerange:D’accord qu’on peut penser que c’est aux Nations Unies de traiter le problème des relations turco-chypriotes.Mais c’est quand même se cacher derrière son petit doigt de penser qu’on peut faire entrer dans un club à 25 un partenaire nouveau qui se refuse de parler à un de ses membres. D’autant plus que la Commission Européenne est censé réprésenter Chypre, membre de cette Union !


          • Senatus populusque (Courouve) Courouve 3 août 2005 23:53

            Aux deux articles I-1, § 2, et I-58 du Traité constitutionnel, il n’est exposé aucun critère permettant de distinguer un « État européen » d’un autre État. « Le Traité consitutionnel ne contient effectivement pas de définition des frontières de l’Europe » reconnaît Me Robert Badinter (communication personnelle, 2005). La Turquie, pays d’Asie, est déjà considérée, contre toute logique géographique, comme un Etat européen (candidat accepté depuis un Conseil européen de 1999). La géographie serait-elle soluble dans la politique ? « Est-ce que la Turquie est européenne ou pas européenne, ce n’est pas un problème » (Jacques Chirac aux « jeunes », 14/04/05). Selon le député européen Alain Lamassoure (France), « en acceptant de classer la Turquie parmi les pays candidats à l’adhésion, le Conseil européen de décembre 1999 [Helsinski, Chirac-Jospin] a abandonné d’un coup le seul critère objectif [géographique] et a compromis la fixation même de frontières ultimes de l’Union. […] Mal gérée depuis l’origine, la question turque menace de faire échouer tout le projet européen. » (Le Figaro, 6 octobre 2004). En effet ... On peut encore échapper aux conséquences de cette acceptation. L’adage de droit international pacta sunt servanda [les conventions doivent être honorées] est tempéré par la clause rebus sic stantibus [les choses restant ce qu’elles sont]. Or l’évolution de la menace islamique depuis 1999, le refus de la Turquie de reconnaître Chypre, et surtout l’opposition résolue à cette adhésion de plusieurs opinions publiques nationales qui n’avaient pas été consultées en 1999, voilà autant d’éléments qui devraient conduire le Gouvernement français à confirmer la position exprimée par Dominique de Villepin le 2 août 2005.


            • Albert (---.---.145.206) 4 août 2005 00:00

              Monsieur, Tout d’abord, je ne suis pas Albert (d’Ankara), mais de Dijon.Ensuite, faut-il partager vos opinions pour être dans « le vrai » ? Loin de moi, l’idée d’écarter les questions liées à l’Arménie, aux kurdes... Mais je réagissais sur un sujet précis, rien de plus ! Or, sur cette question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, il n’ y a que deux solutions :
              - soit les dirigeants européens posent des conditions de reconnaissance du génocide arménien, la question kurde...
              - soit ils se réfèrent aux « critères de Copenhague »

              Mais à l’heure actuelle, nos dirigeants n’ont ni le courage de leurs opinions, ni la droiture et l’honnêteté qu’exigent les fonctions d’homme d’état.Arrêtons de jouer l’ Arlésienne avec les turcs, c’est honteux ! Celà fait un demi-siècle que les turcs frappent à la porte de l’Europe. Et je persiste à dire que dans cette affaire les turcs sont bien le dindon de la farce !


              • Citoyen 55 (---.---.102.36) 4 août 2005 18:56

                Ce n’est pas vraiment grave. La comission pourra dire tout ce qui lui passe par la tête , si on ne signe pas, la Turquie ne rentre pas.

                Laissons passer les crises Bruxelloise et concentrons nous sur nos objectifs.


                • Senatus populusque (Courouve) Courouve 5 août 2005 23:42

                  La Turquie n’a pas davantage sa place dans l’UE que les USA, avec lesquels nous aurions pourtant bien des raisons de nous allier si nous consentions à faire une Union Occidentale, et non une Union européenne.

                  Voir l’excellent opuscule de Philippe Nemo, Qu’est-ce que l’Occident ?, paru aux PUF en octobre 2004 (collection Quadrige, 10 €)


                  • Laurent (---.---.138.177) 10 août 2005 11:32

                    Heureusement que la Turquie existe : question blâmer, difficile de trouver un autre pays qui nous offre autant d’éléments servis sur un plateau d’or.

                    Non vraiment merci la Turquie : tant que tu existeras, on continuera à aimer la place Rouge, sans tenir compte des manquements extrêmements graves de la Russie, on vouera un culte à Cuba, pays où l’opossition arpente les corridors des prisons, on aimera la Madagascar, où les conditions sanitaires dans les prisons dépassent la raison... La liste serait bien longue, aussi je préfère un bref mais sincère merci...

                    Non sans oublier nos citoyens qui se déchaînent sur toi : la très grande majorité ignorent leurs implications directes dans les problèmes que tu as aujourd’hui. Les pages de l’Histoire sont bien là... mais la démagogie est tellement plus facile. Il vaut mieux dire, par exemple, que tu occupes la moitié de Chypre, ce qui nous évitera d’évoquer les responsabilités des uns et des autres (surtout l’Angleterre). Et tant pis si tu es dans la situation actuelle !

                    Nous en avons ainsi fait avec le Proche Orient. Mais là c’est encore plus facile, les Saddam nous ont beaucoup aidé. Un pays artificiel que nous avons créé, mais le passé est loin derrière nous. On l’utilise bien de temps à autre mais uniquement en fonction de nos besoins... Et puis, entre nous, nos électeurs sont concernés par le présent ? Pas la peine donc de tout mélanger...

                    En dernier, un grand merci au nom de nos politiciens. Grâce à toi et à la peur que tu suscites, certains pourront récupérer quelques points dans les sondages. C’est toujours ça de pris... Tu ne rentreras sans-doute pas dans l’UE, pour ne pas dire jamais, mais on a néanmoins besoin de toi : 70 millions de personnes qui consomment. Important pour notre équilibre social !

                    Laurent


                    • Albert (---.---.151.165) 10 août 2005 19:12

                      A lire tous les messages concernant la Turquie, je constate qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.Les uns sont ouverts à ce pays,les autres le rejettent pour une raison ou une autre : la peur de l’étranger,le problème chypriote,arménien,kurde... Ce qui est sûr,c’est que les dirigeants chypriotes, turcs,arméniens sont de piètres politiciens,incapables de vivre ensemble dans cette région.Chacun a les yeux rivés sur son passé et refuse la Paix, la vie pour les générations de demain. C’est pitoyable ! Et ce ne sont pas les prises de paroles de Chirac, qui n’est d’ailleurs pas un modèle de vertu,qui vont nous aider à trouver la voie de la fraternité.Comment expliquer tant de gâchis sinon par la haine qui existe encore entre ces populations.Mais avec la haine et le passé,on ne construit rien, seul la tolérance et le pardon, faute d’amour, peut encore sauver cette partie du monde.A tous ceux avides d’en découdre,pour lesquels l’étranger est une menace,ils doivent savoir que nous sommes tous « un étranger » pour quelqu’un d’autre.Nous sommes condamnés à vivre ensemble,cette planète est notre demeure à tous. Il ne sert à rien de jetter des pierres dans le jardin du voisin, essayons plutôt de construire un monde meilleur !


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 11 août 2005 01:11

                        Pour construire un monde meilleur, il y avait plusieurs voies. On aurait pu, avec l’ONU et l’OMC, chercher une Union Mondiale dans laquelle tous les pays auraient eu leur place. On a préféré une Union européenne. Alors, il faut être cohérent, les Etats non européens n’y ont pas leur place, la géographie n’est pas encore soluble dans la politique.


                        • alcantar (---.---.51.123) 27 août 2005 14:50

                          Si la Turquie était un pays riche, de langue indo-européenne et de tradition chrétienne, personne ne songerait à lui opposer l’argument géographique. Le Bosphore est un ruisseau de 900 m de large, traversé par un pont, alors que l’UE inclut déjà la Grande-Bretagne, l’Irlande, Malte, Chypre (sensiblement à l’est d’Ankara), Ceuta et Melilla, Madère, les Antilles, la Guyane et la Réunion. Seulement, il y a les décalages socio-économiques, culturels, religieux, plus tous les problèmes évoqués de droits de l’homme, de frontières chypriotes, de minorités exterminées ou opprimées, etc. Problèmes : 1) Les Turcs prennent très mal toutes les réserves qu’on peut leur faire, et cela risque de développer le ressentiment anti-occidental. 2) L’UE ne trouve déjà pas les fonds pour aider les nvx adhérents d’Europe centrale (alors que leur caractère européen n’est contesté par personne). Où les trouverait-elle pour un pays de 80 M d’hab, avec des retards considérables ? 3) Si un gouvernement européen s’exprime trop franchement dans ce domaine, il s’expose à des réactions turques (boycott, etc) Alors, on reste dans l’hypocrisie et le non-dit. Jusqu’à quand ?

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