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Accueil du site > Actualités > International > Turquie : sa part du gâteau irakien

Turquie : sa part du gâteau irakien

Avec 100 000 soldats turcs contre 3 000 combattants PKK, personne ne nous fera croire que la Turquie part en promenade irakienne pour s’oxygéner.

Ecrivons-le franchement : en Irak, la Turquie veut sa part de gâteau. Les actes terroristes commis par le PKK communiste sont devenus l’occasion pour les Turcs de revendiquer, à nouveau, le nord de l’Irak. Quelque vingt combattants du PKK ont été tués dimanche 28 octobre lors d’une opération de l’armée turque, dans la province de Tunceli, située dans l’est de la Turquie. L’opération a mobilisé 8 000 soldats turcs. 8 000 soldats turcs pour neutraliser 20 combattants kurdes. Impressionnant, non ? De plus, la Turquie a déployé 100 000 soldats à la frontière irakienne, appuyés par des chasseurs, des hélicoptères et des chars, en vue d’une offensive contre les 3 000 combattants du PKK basés en Irak. Quelque 100 000 soldats turcs pour neutraliser 3 000 combattants kurdes. Toujours aussi impressionnant, non ?

L’armée turque a envoyé samedi 27 octobre du matériel supplémentaire à la frontière irakienne et les préparatifs sont maintenant terminés. « Les USA, comme l’Irak, n’ont rien fait qui ait satisfait la Turquie pour le moment », a déclaré dimanche 28 octobre le vice-Premier ministre turc Cemil Cicek.

« La Turquie a différents instruments à sa disposition face au PKK. Par exemple, nous pouvons utiliser ou continuer à utiliser des moyens diplomatiques ou bien recourir à des moyens militaires. Toutes ces options sont sur la table, pour ainsi dire », a déclaré de son côté, à Téhéran, le ministre turc des Affaires étrangères, Ali Babacan, sur la chaîne de télévision iranienne Press TV. Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré cela à Téhéran lors d’une rencontre avec son homologue iranien, Manouchehr Mottaki. Lors de cette rencontre, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a rappelé que l’Iran condamnait les actes de terrorisme commis par le PKK en Turquie.

De son côté, le président génocidaire iranien Mahmoud Ahmadinejad a téléphoné au Premier ministre irakien Nouri al Maliki, un chiite, et au président irakien Djalal Talabani, un Kurde, dans le cadre de cette affaire. Ahmadinejad a dénoncé les activités terroristes du PKK, mais il a privilégié une solution « pacifique ».

Dans un article intitulé « Prévenir la 3e Guerre mondiale », daté du 29 octobre 2007, article paru dans la Jewish World Review, avec une adaptation française dans Sentinelle 5768 © (1), Caroline Glick donne un aperçu de l’incroyable complexité de ce dossier : « Cette semaine, le Premier ministre turc, Recip Erdogan, a fait une visite soudaine à Londres. Là, il rencontra Olmert (ndlr : le Premier ministre israélien), qui sy trouvait ce jour-là. La réunion se tint moins de deux semaines après que le ministre des Affaires étrangères (ndlr : turc) Ali Babacan se soit rendu en Israël. Dans une analyse cette semaine du journal Asia Times, M. K. Bhadrakumar, lancien ambassadeur de lInde en Turquie lia lintérêt soudain du gouvernement turc en faveur du Hamas en parlant dune tension avec Israël entre la Turquie et le Kurdistan irakien. Bhadrakumar remarque quIsraël a des relations étroites avec le président kurde (ndlr : irakien) Massoud Barzani. Il fit lhypothèse que lintensification des discussions de haut niveau signale probablement quun arrangement est négocié, impliquant la position de la Turquie sur lIran, et la position du Kurdistan irakien sur la Turquie et le PKK. Son opinion est étayée par le fait quErdogan (ndlr : Premier ministre turc) doit rencontrer Bush à la Maison Blanche le 5 novembre. »

Daniel Pipes, le 30 octobre (2), dans « Ambitions turques en Irak », rappelle, quant à lui, des faits historiques essentiels pour comprendre l’actuel jeu d’échec : « Quelque 100 000 soldats turcs (...) sont prêts à pénétrer en Irak. (...) Mais une fois sur place, ils pourraient bien y rester. (...) En 1923 (...) Ankara et Londres ne parvinrent pas à conclure un tel arrangement à lamiable (ndlr : sur le tracé de la frontière entre la Turquie et l’Irak) et la Société des Nations (ndlr : ancêtre de l’ONU) finit par attribuer la province de Mossoul et ses 600 000 habitants à lIrak. (...) La guerre du Koweït (...) incita les forces turques à intervenir 29 fois au-delà de la frontière, renforçant à chaque fois les ambitions dAnkara sur Mossoul. Ces aspirations atteignirent leur point culminant en 1995, quand près de 35 000 soldats turcs pénétrèrent dans le nord de lIrak. (...) Beaucoup de choses ont changé depuis 1995 ; Saddam Hussein a été écarté, le leader du PKK séjourne dans une prison turque, des islamistes règnent à Ankara et le nord de lIrak est devenu un havre de paix à la dérive. (...) Les Turcs ont des raisons parfaitement valables de frapper le PKK en Irak, mais lirrédentisme voilé manifesté par Ankara depuis les années 1990 indique quon y nourrit lambition de récupérer certaines terres ottomanes (ndlr : terres actuellement irakiennes). En dautres termes, une frontière moyen-orientale incertaine de plus fait peser des menaces dinstabilité sur la région. »

Résumé et conclusions :

1- 100 000 soldats turcs sont massés à la frontière irakienne, officiellement pour contrer 3 000 combattants du PKK basés en Irak. Personne ne peut rester dupe. Avec quelques dizaines d’hélicoptères équipés de missiles, les Turcs peuvent aisément neutraliser les bases du PKK qui se sont actuellement repliées dans les montagnes nord-irakiennes.

2- L’Iran condamne les actes de terrorisme commis par le PKK en Turquie. Le président génocidaire terroriste iranien Ahmadinejad dénonce les activités terroristes du PKK, mais il privilégie une solution « pacifique » (au sens ahmadinejadique du terme). Autrement dit, l’Iran ne voit pas d’inconvénient à une intervention turque contre le PKK en Irak et ne voit pas d’inconvénient à ce que le Kurdistan irakien soit occupé de façon « pacifique » par l’armée turque. En échange de quoi ? En échange de Kurdes iraniens maintenus sous la férule de Téhéran et en échange d’une poursuite de la mainmise de l’Iran sur la partie chiite de l’Iran et sur le Liban via le Hezbollah. Cela, c’est le scénario irano-turc au détriment d’Israël.

3- Lintérêt soudain du gouvernement turc en faveur du Hamas, en parlant avec Israël dune tension entre la Turquie et le Kurdistan irakien. Autrement dit, la Turquie renonce à soutenir le Hamas si Israël ne s’oppose pas à une intervention turque en Irak.

4- Un arrangement est négocié (ndlr : notamment entre Israël et la Turquie) impliquant la position de la Turquie sur lIran, et la position du Kurdistan irakien sur la Turquie et le PKK. Cela est étayé par le fait quErdogan (ndlr : Premier ministre turc) doit rencontrer Bush à la Maison Blanche le 5 novembre. Autrement dit, Israël pourrait fermer les yeux sur l’opération turque en Irak, si la Turquie ferme les yeux sur le bombardement des centrales nucléaires iraniennes par les USA ou Israël. Cela, c’est le scénario israélo-turc au détriment de l’Iran.

5- Une fois en Irak, les 100 000 soldats turcs pourraient bien y rester, pour récupérer certaines terres ottomanes (ndlr : terres actuellement irakiennes). En dautres termes, une frontière moyen-orientale incertaine de plus fait peser des menaces dinstabilité sur la région. Donc, si la Turquie occupe de façon prolongée le Kurdistan irakien, cela réduit à néant la création d’un Grand Kurdistan, à cheval sur la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak. Et si Israël bombarde les centrales nucléaires iraniennes, cela réduit à néant la création d’un Grand Croissant fertile iranien, depuis le Golfe persique, avec la partie chiite de l’Irak et jusqu’au Liban, avec le Hezbollah. La question est donc de savoir qui, d’Israël ou de l’Iran, parviendra le mieux à négocier des arrangements avec la Turquie.

6- A noter que dans les deux cas de figure (scénario irano-turc ou scénario israélo-turc), l’Irak resterait partiellement occupé par l’armée turque. Autrement dit, pour dissuader la Turquie de pénétrer et de rester trop longtemps dans le nord de l’Irak, Bush n’a qu’une solution : dire au maître chanteur et Premier ministre turc Erdogan, le 5 novembre prochain, à la Maison Blanche, que ce n’est pas le moment de ficher le bazar. Que dans le nord de l’Irak, l’armée turque se retrouvera, à terme, nez à nez avec l’armée américaine. Que l’armée américaine peut approvisionner ses troupes en Irak autrement que via la Turquie. Que de toute façon, les centrales nucléaires iraniennes et les alliés de l’Iran seront, un jour, détruits. Que les porte-avions américains déjà présents dans le Golfe et les 150 000 (130 000 + 20 000) soldats américains déployés en Irak sont là pour régler toutes ces questions, justement. Bush peut se permettre de dire cela à Erdogan. Il peut se le permettre, parce que l’alliance de circonstance entre la Russie orthodoxe cryptocommuniste, la Turquie islamo-laïque post-ottomane, l’Iran chiite intégriste et la Syrie laïque alaouite, cette alliance rocambolesque n’a aucune espérance de vie à moyen et à long terme. Bush a lancé l’opération Grand Moyen-Orient en 2003. Espérons qu’il l’assume jusqu’en 2008 au moins.

(1) http://www.desinfos.com/article.php?id_article=8443

(2) http://www.ajm.ch/wordpress/ 30 octobre 2007


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144 réactions à cet article    


  • Gazi BORAT 31 octobre 2007 12:48

    Dans cette affaire, les Etats Unis, attentistes, on fait imprudemment pression auprès de Mr Barzani pour l’inciter à une certaine neutralité à l’égard du PKK.

    Neutralité nouvelle puisque traditionnellement, les partis kurdes iraquiens UPK et PDK étaient plus qu’hostile à leur frêre ennemi PKK, ayant permis contre lui des incursions turques en territoire iraquien durant les années 90.

    Pourquoi cette demande d’un changement d’attitude par les USA ?

    Tout simplement parceque cette alliance de forme entre les partis kurdes présenterait pour Washington l’intérêt de réveiller l’idée d’un grand Kurdistan et, donnant de mauvaises idées aux kurdes d’Iran, offrir une possibilité de destabiliser le régime d’Ahmadinedjad..

    Le problème est que l’intervention turque sur le sol iraquien n’était pas prévue au départ et s’inscrit dans la brouille entre Ankara et Washington à propos des récentes positions américaines sur la question du génocide arménien.

    Whashington, embourbée dans un conflit irakien dont elle n’arrive pas à sortir, a agit ici comme un joueur d’échecs dans une situation bloquée et prêt à tenter n’importe quoi pour s’en sortir.

    Le résultat ? une situation maintenant inextricable..

    gAZi bORAt


    • salimusta 31 octobre 2007 13:13

      Tout d’abord je trouve que cet article est bien trop vague et subjectif. 1) « Quelques 100’000 soldats turcs pour neutraliser 3’000 combattants kurdes. Toujours aussi impressionnant, non ?  » => le nombre de soldat est adapte au type de la guerre. Les terroristes se cache dans les montage sur des millier de metre carre, il est donc normal de deployer un nombre important de soldat pour couvrir un maximum de surface. Mais egalement deminer la plus grande surface possible, et eviter aux citoyens et soldats turc d etre victime du terrorisme.

      2)« Que l’armée américaine peut approvisionner ses troupes en Irak autrement que via la Turquie » Trop vague, il faut savoir que + de 70% des ekipement passe par la Turquie. Un exemple d’un autre endroit de transit serait la bienvenur qund meme.

      3) Cet article ne mentionne meme pas l’une des raison principale de l ’intervention militaire en Irak : le fait que pendant des annees, soldats et citoyens sont mort « gratuitement » par des attentat ou autres explosions de mines...

      4) Cet article sous estime l’importance de la Turquie qui possede la 6eme armee mondiale par importance, elle a un fort poid dans la region et se doit de l’avoir.


      • Gazi BORAT 31 octobre 2007 14:23

        « Terrorisme »

        Le terme « terroristes » s’applique-t-il ici aux combattants kurdes, qu’ils soient encartés PDK, PKK ou UPK ?

        Leur lutte est une guerilla en zonr rurale, ils portent un uniforme et sont organisés en unités militaires.. le terme est ici impropre..

        Le PKK longtemps parti légalement autorisé en France, fut interdit sous François Mitterrand à la demande de Charles Pasqua, sous le prétexte officiel d’une plainte pour racket déposée contre l’organisation par des commerçants turcs installés à Paris.

        Charles Pasqua, expert en la matière (il fut dirigeant du SAC) classa le PKK comme organisation "terroriste, organisée une grande rafle dans les locaux kurdes à laquelle il convia les caméras de télévision et qui reparti bredouille, sans le moindre pistolet à exhiber devant les télespectateurs..

        Cela ne fait pas des combattants du PKK des saints, la guerre menée dans le sud-est de la Turquie est une guerre sale... menés par des partisans contre une armée régulière.. non pour l’indépendance du Kurdistan, mais pour un statut d’autonomie au sein de la République turque.

        gAZi bORAt


        • niko74 niko74 31 octobre 2007 16:57

          exactement...ATTENTION au mot terroriste qui commence a être utilisé à tout bout de champ...comme à une certaine époque


        • scampine 31 octobre 2007 20:00

          L’ONU et Le Parlement Européen excusez moi du peu, classent le PKK dans la liste des organisations terroristes aux cotés de AL QAEDA entre autres smiley smiley

          http://www.state.gov/s/ct/rls/fs/2002/9014.htm


        • hidayet 31 octobre 2007 15:08

          Bonjour,

          je trouve cet article vraiment tres reducteur de l’intervention turque en Irak.

          Je pense que ce journaliste oublie les quelques 37000 victimes de la guerre turco-kurde depuis 25 ans.

          Il faut mettre fin à ce conflit et ca ma fait rire quand j’entends l’union europeenne preferer le dialogue à la guerre.

          Ils oublient vite ce qu’ils ont fait, je parle juste du colonialisme et les quelques millions de victimes pour rappeler l’histoire.

          Vous savez lorsqu’il y a une guerre, il y a toujours des interets economiques derriere. Je ne connais pas une guerre qui ait eu pour intention de sauver vraiment des vies humaines et d’apporter la democratie mis a part l’intervention americaine en IRAK ( soyons un peu serieux)


          • mcm 31 octobre 2007 15:18

            Miguel Garroté,

            Votre article dont le sujet est l’intrusion militaire turque en pays iraquien, verra son sujet très peu débattu par les intervenants.

            En effet l’intrusion militaire en pays iraquien, quand elle est US tout le monde en parle, mais quand elle est turque, on vous parle de pasqua, de la définition du terrorisme...

            Gageons que le débat va s’orienter vers tout autre terrain que le sujet lui-même, lequel a la facheuse tendance à rappeler que la notion même de nation implique la concurrence féroce plutôt que l’amitié béate.

            Or l’amitié béate, est l’argument de l’humaniste qui la feint et peut ainsi dénoncer les fascistes qui y dérogent.


            • gül 31 octobre 2007 15:38

              La Turquie tente surtout de sauvegarder un territoire sur lequel se trouve l’Eau et des installations de barrages qui lui sont chers, sans parler des autres ressources de la région. Elle ne veut donc surtout pas d’un grand Kurdistan.

              Pour autant je ne pense pas du tout qu’elle souhaite s’installer sur le sol irakien.

              Lorsque vous dites que Bush pourrait en quelques sortes envoyer Erdogan « sur les roses », en ce cas pourquoi une telle réaction lorsque le Congrès a voulu reconnaitre le génocide arménien, il aurait tout aussi bien pu laisser faire... La Turquie est une position plus que stratégique en particulier pour les américains, ils n’ont aucun intérêt à se brouiller avec elle. Ils leur faut d’ailleurs être prudents car il y a actuellement un rapprochement diplomatique avec la Syrie et l’Iran et l’axe russo-chinois qui va à l’encontre des relations habituelles de ce pays avec l’Europe, Israel et les USA.

              Quant aux iraniens, effectivement, Ahmadinedjad nous fait doucement sourire quand on sait à quel point le régime poursuit et élimine les kurdes présents sur son territoire.

              Affaire à suivre...


              • brieli67 31 octobre 2007 15:44

                foutez la paix et ignorer à ce chantre de BLOCHER http://www.geocities.com/bircheronline/

                C-est un de ces blogs que pompe régulièrement Avox d’ailleurs il ne répond jamais.

                SUR LE FIL http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30691 par Basebou (IP:xxx.x28.130.91) le 26 octobre 2007 à 19H57 A lire ses propos, on dirait que M. Garroté est un peu à côté de la plaque, Est-ce dû au fait que :

                « Pendant des années, Miguel Garroté choisit l’alcool pour atténuer la dépression,l’anxiété et l’insomnie qui le minent toujours davantage. En 1996, il plonge dans une terrible dépression qui durera deux ans. Devenu totalement abstinent de toute boisson alcoolisée, il vit à la Communauté des Béatitudes à Venthône depuis deux ans. » http://www.cath-vs.ch/files/pdf/nfva060812.pdf


                • mcm 31 octobre 2007 16:52

                  brieli67,

                  Moi-même j’ai traversé une longue phase de dépression, avant de me rétablir parfaitement, devons nous comprendre que les ex-dépressifs sont à écouter en phase dépressive et à mettre à l’index en phase de guérison ?

                  Et les ex-détenus sont-ils à bannir pendant leur phase de réinsertion ?

                  En tout cas vous, vos propos actuels, me prouvent que vous êtes loin d’être un ex-con, tant votre phase de guérison semble lointaine.


                • Adama Adama 31 octobre 2007 17:01

                  Brieli67, c’est vous qui sombrez avec un pareil commentaire !!! smiley smiley smiley


                • John T. Jean TAFAZZOLI 2 novembre 2007 06:22

                  Brieili67... ou Brelle.


                • John T. Jean TAFAZZOLI 2 novembre 2007 06:31

                  Tiens, une vidéo pour ceux qui mettraient en doute l’amitié Turquo-Iranienne... http://fr.youtube.com/watch?v=m9jB0g1cgnQ


                • scampine 31 octobre 2007 16:00

                  L’idée de se dire que l’intention de la Turquie soit de récupérer cette partie de l’Irak, autrefois sienne est probable. Mais de là à soutenir que c’est la raison principale, je trouve que vous vous plantez complètement.

                  Objectivement, lorsque l’on fait un constat de la situation, il ne fait aucun doute que la raison première de cette réaction turque est tout simplement la défense et protection de son territoire ainsi que de ses citoyens !

                  En effet, comme il est rappellé plus haut dans un post, il ne faut pas oublier les dizaines de milliers de morts suite aux attentats terroristes menés par le PKK sur le sol turcs.

                  Ceci dit, je me pose une question sur le traitement de ce sujet dans les médias internationaux, et j’aimerais bien que l’on puisse y apporter une réponse.

                  Faut il rappeler que le PKK est considéré comme une entité terroriste par la Turquie, la communauté internationale ainsi que les USA. Par contre, ce qui me choque, c’est que les médias occidentaux les décrivent comme des victimes, des rebelles, ou autres combattants pour la liberté. Le terme de terrorisme PKK n’est pas mentionné, remplacé habilement ou effacé. Le comble c’est que ce sont les turcs qui deviennent terroristes.

                  Al Quaeda, ETA et autres FARC bénéficient de la même qualification de terroristes que le PKK pour ce qui concerne les institutions politiques internationale, et naturellement les médias utilisent ce qualificatif.

                  Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

                  Cordialement.


                  • Gazi BORAT 31 octobre 2007 16:45

                    @ scampine

                    « dizaine de milliers de morts suite à des attentats terroristes.. »

                    Que l’on soit d’accord ou non avec leurs revendications, les combattants du PKK sont des combattants et non des terroristes sauf si l’on accepte le terme « terroriste » qu"employaient les autorités allemandes à l’égard de la résistance française..

                    Les victimes que vous citez sont majoritairement des soldats turcs ou des policiers tués en opération mais non lors d’attentats aveugles dans le centre des villes..

                    Cette guerre est une guerre sale avec des bavures des deuc côtés : qu’il s’agisse de l’application de la torture aux prisonniers du PKK, de la sinistre prison n°5 à Diyerbakir :

                    http://www.ofkparis.org/articles/mehdi-zana.htm

                    mais aussi des exécutions d’informateurs civils et de « protecteurs de villages » par les Peshmergas du PKK.

                    Malgré cela et depuis le début du conflit en 1983, le conflit entre les deux parties en présence n’a pas dégénré en guerre civile hors de la zone appelée « Güney Anadolu », terme officiel dénommant, d’Adana à la frontière irakienne, les zones de peuplement kurde à l’intérieur des frontières de la « Türkiye Cümhürriyet ».

                    Un début de stratégie de la tension en 1997, par deux attentats revendiqués par un hypothétique avatar du MIT « Les faucons de la vengeance du Kurdistan », terme étrange pour impliquer un Parti des Travailleurs du Kurdistan strictement marxiste léniniste n’a pas abouti et n’a pas dressé l’une contre l’autre deux composantes de la population de Turquie..

                    Le PKK, pas plus que l’UPK et le PDK n’ont fait le choix de la violence aveugle du terrorisme.. et c’est tout à leur honneur.

                    Pour un point de vue original sur cette guerre, un reportage de RFI :

                    http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.institutkurde.org/info/news/data/upimages/kecen_kurd.jpg&imgrefurl=http://www.institutkurde.org/info/%3Fsubaction%3Dshowfull%26id%3D1138978772%26archive%3D%26start_from%3D%26ucat%3D1%26&h=194&w=200&sz=11&hl=fr&start=22&tbnid=vncGHAAgOEqBAM :&tbnh=101&tbnw=104&prev=/images%3Fq%3DPKK%26start%3D20%26gbv%3D2%26ndsp%3D20%26svnum%3D10%26hl%3Dfr%26sa%3DN

                    gAZi bORAt


                  • niko74 niko74 31 octobre 2007 17:21

                    Le kurdistan ce sont plusieurs dizaines de millions d’êtres humains, qui n’ont pas eu le droit d’être regroupés en un état nation, alors qu’ils le voulaient, et que c’était justifié.De plus ils demandent simplement une autonomie régionale aujourd’hui.Or Parcequ’ils ont de l’eau potable, du minerai et du pétrole, 3 vautours : l’irak, la turquie et l’iran se sont partagés ce territoire.Ils ont cru pouvoir le faire impunément. Les « grandes puissances » ont laissés faire car diviser pour régner + ventes d’armes + création de foyers de désordre a toujours été bon pour le business. Tout comme je ne cautione pas les politiques colonialistes ou de voleurs energétiques appliquées par nos dirigeants qui nous ont maintenus à l’eccart de décisions en ces domaines , je ne cautionne pas celles d’autres états , si « en voie de developpement » soient ils, car c’est un developpement basé sur le pétrole,la guerre, et la compétition économique au dépend de peuplades spolliées. Certains états ont le droit de se former (je ne citerai pas de nom), d’autres ne l’ont pas, alors qu’il y a le meme désir de la part des populations...pourquoi cette injustice ?tant que cette injustice perdurera, des paysans, des travailleurs, des intellectuels prendront une calachnikov et iront dans le maquis.Ils lutterons a mort, arme légère au poing, dans des milieux inextricables, que ce soit la montagne, la jungle et j’en passe.ils seront passeurs de drogue pour se fournir en arme (à ce jeux, l’armée turque n’est pas mal non plus d’ailleurs), et commettront, a terme des axactions pour assurer un soutient logistique par une population locale plus ou moins consentante à leur cause. C’est donc en invoquant cette injustice, et au regard des faits que je viens de citer que je suis cntre une intervention turque. par ailleurs, ce n’est pas parceque des chefs d’états qualifient des organisations de terroriste que je doive me contenter de leur opinion pour faire la mienne. Je trouve bizarre que ceux la meme qui insultent les turcs et les veulent pas intra cee, prennent leur défense sur ce sujet...serait-ce par mimétisme inconscient ? alors quand la turquie ressemble a une grande puissance qui combat une « vermine terroriste » on est de tout coeur avec elle, et quand elle rechigne à reconnaitre un génocide on s’offusque...habile brouillage de piste que tous ces débats....les seigneurs du pétrole et les magnats de la finances qui investissent dan sl’eau potable rigolent dans leur club privés et fumant des gros cigarres....car une fois de plus l’opinion publique se noient dans des faux débats ...ce qui est en train de se passer actuellement dans cette région est énorme...le pkk, ce sont des enfants de coeurs à cotés des vrais terrosristes de notre monde moderne.Quand aux comparatifs douteux avec l’ETA , et bien voici ce que j’en pense : puisque le pays basque se doit d’être françasi de notre coté des pyrénneées de part une logique de frontière, qu’en est il de monaco. Je pense que pour parachever l’ouevre géographique française, l’armée française devrait intervenir et annexer ce pseudo état qui sert de machine à laver plus blanc que blanc l’argent des terroristes !!!


                  • salimusta 31 octobre 2007 18:02

                    Tout a fait d’accord, les medias occidentaux font le necessaire pour que l’opinion publique est toujours une mauvaise image de la Turquie. Apres tout ce qui c’est passé meme TF1 preferait parle du divorce de Sarkozy au lieu de la Turquie qui perdait ses soldats. Le 20 minutes, qui touche une grande partie de la region parisienne, ne fait que 5 ligne sur ce sujet, relativement important. Alors que des journaux televisé comme Euronews, connu comme Objectifs, en on fait leur une pendant 5 jours d’affilé.


                  • Gazi BORAT 31 octobre 2007 18:15

                    @ NIKO74

                    Vu sur place, ce conflit entre l’armée turc et le PKK est désolant.

                    Je me trouve avoir des amis dans les deux camps et je garde un triste souvenir de cette région où j’ai eu l’occasion de me rendre, notamment à Diyerbakir en avril 1991, au moment où l’armée réprimant une manifestation dans le centre de la ville, déclencha une répression sanglante..

                    Il me reste des images qui ressemblent à des photos de la guerre d’Algérie : des soldats, debouts sur un plateau désolé, entourant braquant leurs armes sur un groupe de villageois assis sur le sol.

                    Je me rappelle aussi, dans un stade de Gaziantep, le jour de la fête de la jeunesse, du regard terrifié des soldats au milieu de la foule, serrant leurs fusils G3, tandis qu’au centre des enfants des écoles effectuaient une chorégraphie au son d’une musique martiale..

                    Et aussi un jour, sur un vapeur d’Istanbul, d’avoir été interpelé par un jeune étudiant turc qui me racontait, à moi un inconnu, qu’il n’avait pas envie de partir au service militaire dans une région hostile, et tuer peut-être des gens qui ne lui avaient personnellement rien fait..

                    Et aussi, il y a quinze ans maintenant, de la rédaction en plein Istanbul du journal Özgür Halk (Peuple libre), à l’époque organe du PKK, et du fait que ces gens pouvaient être tués d’un jour à l’autre..

                    Et d’un brave type qui fut mon compagnon de voyage en bus de Gaziantep à Ankara et qui était un « bérêt bleu » (komando) de l’armée turque, fier d’avoir franchi la frontière irakienne en pourchassant les « terröristler » et dont je savais qu’il avait plus que du sang sur les mains..

                    Ce brave garçon, heureux d’être en permission, souhaitant m’emmener avec lui dans une virée au bordel.. Je lui ai faussé compagnie..

                    Et aussi d’un soir au « gazino » où mon compagnon de beuverie m’a dit à voix basse, en me montrant la serveuse :

                    « Elle ne porte jamais de décolleté parcequ’elle a été en prison, sa poitrine est pleine de cicatrice »

                    .. et, tandis que je regardais autour de moi, il a ajouté :

                    « Les clients ici, ce sont tous des »têtes noires« , il n’y a ici que des kurdes, tu peux avoir confiance.. »

                    Une scène inoubliable, dans le meilleur film d’un réalisateur kurde mort en exil à Paris :

                    « Yol » de Yilmaz Güney

                    http://www.bleublancturc.com/TurcsconnusFR/images-TRconnus/Yol.jpg

                    http://www.filmreference.com/images/sjff_02_img0688.jpg

                    Losque des soldats turcs ramènent pour identification dans un hameau sur une remorque de tracteur des corps de combattants kurdes tués pendant la nuit et que l’officier, s’adressant aux villageois, commence son discours par :

                    « Camarades, ce pays est le nôtre.. » et qu’il répète ainsi le début du poême de Nazim Hikmet (Bu memleket bizim).

                    http://www.lesouk.org/SOUKCultDar.htm

                    Les villageois défilent alors devant les cadavres, et aucun ne reconnaitra les siens..

                    Curieusement, dans cette scène, on ne trouve pas de haine.. Elle reste pour moi représentative de ce conflit absurde.

                    Pour information : le PKK ne réclame pas l’indépendance, mais un statut d’autonomie, sur le modèle de la Catalogne..

                    gAZi bORAt


                  • scampine 31 octobre 2007 19:47

                    @BORAT

                    Comparer le PKK à la résistance française sous occupation, ça me fait doucement rire smiley

                    A ma connaissance, la résistance française est née sous l’occupation du territoire français si je puis me permettre.

                    L’organisation terroriste PKK pénètre en Turquie et attaque le territoire turc depuis le nord irakien.

                    Dans ce cas on parle d’agression extérieure et non de résistance.

                    Je n’ai pas la prétention à mon niveau de coller une étiquette de terroriste ou pas sur telle ou telle organisation.

                    Je préfère m’en référer aux autorités morales compétentes, dont l’ONU fait partie, sur la question de savoir si le PKK est une organisation terroriste ou pas.

                    Et comme vous le savez certainement, le PKK est sur la liste des organisations terroristes de l’ONU tout comme AL QAEDA.

                    Pour ce qui me concerne, j’essaie de rester objectif sur le sujet. C’est pourquoi la question que je posais tout à l’heure me semble légitime.

                    Pourquoi y a-t-il deux poids deux mesures quant au traitement par les médias occidentaux du terrorisme kurde ?

                    Un terroriste PKK n’est-il pas à combattre autant qu’un terroriste AL QUAEDA ?


                  • Basebou Basebou 31 octobre 2007 21:09

                    Vous devriez vous renseigner un peu plus sur l’histoire de la Turquie, des kurdes turcs et du pkk...


                  • niko74 niko74 31 octobre 2007 23:12

                    et sur sa geographie aussi d’ailleurs. notez que je ne suis ni pro pkk, ni anti turc, et comme ghazi, je suis navré de la situation. quand à l’appellation « terroriste » et bien je trouve qu’elle ne veut rien dire car, en vérité elle devrait être appliquée à l’armée US, russe, française, chinoise....ainsi qu’aux différentes agences gouvernementales (DGSE, CIA, MI6, etc...) qui n’hésitent pas à utiliser des bombes sur des civils,qui arment les groupuscules qui seront plus tard labellisés « terooristes » et ce faisant , terrorisent les peuples.non décidément je n’aime pas ce mot, et encore moins l’usage qu’il en est fait, surtout quand on sait qui, dans l’histoire en a fait usage de la meme manière que de nos jours. un terroriste c’est un individu qui fait péter des bombes dans les rues de l’homme blanc....tous les autres actes à caractère explosifs sur des civils du tiers monde peuvent donc être qualifiés de guerres...et qui plus est de guerres de « libération »...non, non et non. les magnats de la finances gagnent de l’argent comme jamais et créent les guerres basées sur le control de l’énergie par eux, energies qu’ils nous vendront ensuite. ces guerres , de plus en plus privatisée, restent financées par nos impôts et c’est du racket. Si les budgets étaient investis dans la recherche, je suis persuadé que nous aurions trouver des solutions de substitutions au gaz et au pétrole (si elles ne sont pas déjà trouvées). le reste du blabla sur « peut on comparer ceci à la resistance française » ou encore « les turcs ceci, les américains cela », ça ne passe plus.Il faut ouvrir les yeux. beaucoups trop de gens meurent pour rien. Nous ne sommes pas ici pour singer les journalistes corrompus et tomber dans des débats bi-polaire (pro pkk ou pro turc)...Essayons de prendre de la hauteur et de réaliser un fait douloureux : en europe et aux us, la population , qui sert de tampon aux très très riches et qui leur permet d’avoir des zones d’évolutions sécurisées ou ils peuvent se déplacer de cocktails en réceptions , de golf en hotels de luxe sans trop de soucis ; cette population donc est maintenue dans un position d’enfants gâtés.Cette position peut être maintenue sur un système basé sur la spoliation d’énergies (gaz et pétrole)et la distribution (payante ) de cette énergie qui permet un mode de vie dont nous sommes devenus « accros ». Cette spoliation se fiat sur le dos de populations, grace à un système de complicité entre nos élites et les leurs.Les notres étant rompues à la manipulation de haut niveau jouent sur le terrain propice aux dictatures pour vendre des armes à untel ou untel...ça crée des guerre et donc du terrorisme, etdonc de la peur, entretenue par les médias. Au milieu de ce chaos, de véritables dynasties financières s’enrichissent constamment par dela toute idée de frontière ou d’état nation. on essaie de nous faire voir un amas de troupes turcs à la frontière irakienne afin que nous disions « les turcs ceic », « les kurdes cela »...mais à qui profite ces actions...quels sont les intérets en jeux en terme d’eau potable et de pétrole. Quelles sont les compagnies et trusts en formations. Quels partis politiques ces compagnies financent elles ? la est la question. Ce sont les multinationales, via des entités non democratiques comme le FMI, la FAO qui mènent le monde via think tank interposées. Partout , e turquie comme ailleurs, c’est en ces termes qu’il faut réflechir...encore plus quand les complexes militaro industriels sont privatisés, ou entre les mains de politiques élus , certes, mais ayant été élus parceque leurs campagnes ont été financées !


                  • scampine 31 octobre 2007 23:35

                    En grande partie d’accord avec tes propos Nico ; Question : Pour toi, y a-t-il encore une place au dialogue dans cet imbroglio militaro, économico, politico etc.....


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 1er novembre 2007 11:01

                    @ GAZI BORAT

                    Salut

                    Je viens de lire avec intérêt l’article et les commentaires et je me dis une fois de plus : Quel MERDIER !

                    Il y en a quelques uns de par le monde où apparemment il n’y a pas de solution : La palestine , Le soudan , le Rwanda ,la tchetchenie , Le Sahara occidental , j’en passe et des meilleurs .

                    Pensée réconfortante : L’Irlande du nord en faisait partie et il semble que cela s’arrange , donc l’espoir est permis .

                    J’ai vu YOL il y a des années et je l’ai revu il y a un an ou deux . C’est un film remarquable .

                    Je connaissais un colonel turc et par lui un peu les mentalités de l’armée turque . Les officiers supérieurs et généraux sont tous formés aux états unis donc ils ont des liens très forts avec ce pays .Doctrines d’emploi , armement , rève américain . Les allemands ont également une influence forte sur la Turquie pour des raisons historiques et il y a un brassage énorme d’un pays à l’autre.

                    C’est pourquoi je ne vois pas la Turquie se lancer dans des aventures sans lendemain au Kurdistan surtout sans concertation avec les américains , d’autant plus qu’ils sont membre de l’OTAN et un membre très important .

                    Le ratio des forces dont nous parle l’auteur n’est pas exagéré : en contre guérilla il faut être très nombreux sur le terrain et 100 000 pour 3000 n’est pas surprenant .

                    Salut et fraternité .


                  • Gazi BORAT 1er novembre 2007 11:37

                    @ scampine

                    « Le PKK pénètre en Turquie.. »

                    Le PKK est originaire de Turquie..

                    C’est depuis quelques années qu’il a déplacé ses camps en Iraq.. Ce n’est pas une organisation irakienne.

                    De même avant l’expulsion d’Öcallan de Turquie, son sanctuaire était la Syrie.

                    Pour information : en raison de l’existence de plusieurs dialectes kurdes, la langue de travail du PKK est ... le Turc ! Tout comme le FLN algérien communiquait en interne en Français.

                    Pour des communications à diffusion plus restreintes, le dialecte « zaza », peu répandu et plus difficile à comprendre, est utilisé, en raison des infiltrations inévitables du mouvement par le MIT (Renseignements d’état).

                    La comparaison avec la Résistance française ne résulte pas d’un jugement de valeur mais d’une comparaison structurelle qui demande à être affinée : la résistance kurde en Turquie est plus militarisée et plus homogène (une seule organisation).

                    gAZi bORAt


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 1er novembre 2007 11:38

                    SCAMPINE

                    J’ai lu , j’aime pas . La seule évocation de Thierry MEYSSAN ajoutée à une phraséologie du genre : « états uniens » nous ramène directement à la case « conspirationisme » .

                    Voila maintenant que des officiers américains corrompus auraient vendu des armes au PKK ! Et la main de ma soeur dans la culotte d’un zouave !


                  • Gazi BORAT 1er novembre 2007 12:15

                    @ CAMBRONNE

                    « Aventure sans lendemain »

                    Il ne s’agit pas, pour l’armée turque, d’une aventure sans lendemain mais d’une répétition, avec deux fois plus d’effectifs, des grandes opérations de 1995 et 1997 dans le nord irakien, avec, à cette époque, l’aval de l’Upk et du PDK.. Je ne vois pas l’armée turque stationner trop longtemps à l’extérieur, ce qui constituerait une entorse jamais vue aux dogmes kémalistes (Paix chez soi, paix dans le monde) dont l’Armée s’estime la gardienne intransigeante.

                    Quant à l’accord américain : oui effectivement, la Turquie est un allié jusqu’à ce jour indéfectible des Etats Unis mais qui, à quelques occasions dans son histoire récente, a pris parfois ses distances avec les directives de Washington quand le MGK (Conseil de Sécurité National : en fait, l’état major) a jugé les intérêts nationaux en danger.

                    C’est ce qui s’est passé à Chypre en 1974 et qui avait bien embarassé les Américains de trouver face-à-face deux de ses pivots dans l’OTAN.

                    On peut aussi se rappeler l’attitude de la Turquie lors de l’asile politique accordé par l’Italie à Abdüllah Öcallan.

                    Malgré les tractations turques pour l’entrée dans l’Europe et les liens commerciaux très forts (et traditionnels depuis Gênes et Venise) entre l’Italie et la Turquie, un boycott des produits et magasins italiens a immédiatement été déclenché, très suivi dans tout le pays et a amené l’Italie à céder après seulement un mois et demi d’embargo..

                    Lors du début de la deuxième guerre du Golfe, la Turquie refusa de s’engager dans la coalition tout en permettant aux Américains des facilités d’usage de son territoire. L’Etat Major lança néanmoins une offensive éclair jusqu’à Mossoul et se retira quasi immédiatement avec une efficacité qui ne fut guêre commentée à l’époque.

                    Vous avez raison de rappeler les liens des militaires avec l’Allemagne tout d’abord dans le choix du matériel et qui remontent à l’époque d’Abdülmecid. L’Etat Major d’Abdülhamid II, ensuite, fut le premier au monde à instaurer règlementairement un pistolet automatique dans son armée : le Mauser 96 et ce, dès son lancement sur le marché.

                    http://www.littlegun.be/ma_collection/mauser%20c96-01.jpg

                    L’infanterie est aujourd’hui équipée d’armement individuels allemands (fusils G3, MP5, etc..) pour la plupart fabriqués sous licence en Turquie par les arsenaux de Kirikalle.

                    Mais les liens les plus forts sont doctrinaux : l’armée turc est depuis toujours une armée prussienne, un état dans l’état.. Selon le rêve de Bismarck pour l’Allemagne, on peut dire de la Turquie que c’est une armée qui possède un pays, et non l’inverse. Le ministre de la Défense, civil, est ainsi subordonné au chef d’état major, militaire.

                    Ce que l’on peut observer, c’est que, à part Erdogan et l’AKP qui aimerait bien voir limiter les prérogatives du MGK, même l’opposition radicale (les groupuscules d’extrème gauche) ne songe nullement à remettre en cause un tel système, que l’on peut faire remonter aux Janissaires.

                    Cette offensive programmée en Iraq semble gêner le Pentagone, qui, handicapé par les débats sur la reconnaissance du génocide arménien aux USA, compte sur Israêl pour faire office de médiateur..

                    gAZi bORAt


                  • scampine 1er novembre 2007 12:18

                    Meyssan, je n’aime pas non plus. Nous sommes d’accord.

                    Cependant, cette analyse vous l’avez certainement noté, n’est pas la sienne et mérite d’être lue et connue.

                    En effet, la démonstration ne me paraît pas absurde.


                  • Gazi BORAT 1er novembre 2007 12:34

                    @ scampine & Cambronne

                    D’accord avec vous deux, je suis de même extrèmement méfiant envers Meyssan.

                    Ce n’est pas invraisemblable.. Le PKK, même par ses adversaires, est reconnu pour son habileté diplomatique.

                    Depuis la chute du bloc soviétique, la question de l’armement est pour lui problématique.

                    Cependant, au niveau idéologique, si le PKK est strictement marxiste léniniste, il est l’unique mouvement de résistance armé kurde et a attiré (j’en connais, dont un ami armeno-kurde) qui sont plus modéré au niveau politique mais suivent la discipline..

                    Il compte aussi, plus exotique, des infirmières d’origine allemande, dont quelques nostalgiques de la lutte armée d’extrème gauche et de RAF et dont certaines sont dans les montagnes depuis une bonne dizaine d’années..

                    Je pense que la lutte armée est maintenant une impasse et qu’une sortie pacifique, comme ce qui s’est produit aevc l’IRA irlandaise, devient nécessaire

                    gAZi bORAt


                  • scampine 1er novembre 2007 12:34

                    Je n’ai jamais dis que le PKK n’était pas une organisation émanant de Turquie, bien au contraire il fut fondé par öcalan à Ankara.

                    Le PKK, comme vous l’avez vous même précisé est une organisation Marxiste-léniniste et ne représente qu’une infime minorité de la population kurde vivant en Turquie.

                    Oui actuellement, le PKK mène des incursions depuis le territoire irakien. Personne ne le nie, même plus les kurdes d’Irak.

                    Merci d’avoir précisé que la comparaison à la résistance française ne s’arrêtait qu’à sa structure, ce qui reste encore à démontrer.


                  • Gazi BORAT 1er novembre 2007 12:40

                    @ CAMBRONNE

                    « A propos de terrorisme »

                    J’avais trouvé intéressante cette approche d’un historien américain, centrée sur un aspect technique particulier : la voiture piégée.

                    « Petite histoire de la voiture piégée » Mike Davis.

                    J’ai acheté le livre mais viens de m’apercevoir qu’il est consultable en ligne :

                    http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=20

                    Le chapitre 5, sur la manipulation par les Américains des Caodaïstes de Trin Minh Thé pour l’organisation d’attentats anti-français à Saïgon en 1952-53 vous intéressera certainement.

                    gAZi bORAt


                  • scampine 1er novembre 2007 12:51

                    @ Borat & Cambronne

                    La question est maintenant de savoir ce que représente le PKK, sachant qu’il ne représente aucunement les kurdes de Turquie.

                    En effet, des éléctions libres se sont dernièrement déroulées en Turquie et les Kurdes de Turquie, je le précise votent tout comme les turcs de Turquie.

                    Le constat est clair, la population kurde de Turquie ne cautionne pas les mouvements politiques pro-PKK.

                    Représente-t-il seulement son idéologie et les intérêts de cette infime minorité ? Ou bien sert t-il également d’autres intérêts ? si oui, lesquels ?


                  • Basebou Basebou 1er novembre 2007 17:58

                    A lire certains commentaires, je me dis que si l’on parlait un peu de la torture dans les prisons turques oseraient prétendre ici que ça n’existe pas....

                    Quant au PKK, s’il n’avait aucun soutien populaire, il aurait disparu depuis longtemps, or il a résisté à toutes les attaques de la sixième armée du monde...

                    je rappelle aussi qu’il a décrété à plusieurs reprises des cessez-le-feu unilatéraux que les généraux turques ont toujours rejeté. Que penser de ceux qui refusent avec acharnement toute forme de paix ? Après les Arméniens, les Kurdes, et demain ? Les Chrétiens ?


                  • Basebou Basebou 1er novembre 2007 17:59

                    A lire certains témoignages ici, on va bientôt décerner le prix Nobel de la Paix aux généraux turcs....


                  • scampine 1er novembre 2007 19:25

                    @ Basebou En aucune façon !! Vous pensiez peut être le décerner au PKK ? smiley Vous conviendrez avec moi que cette situation est et sera dommageable pour chacune des parties.


                  • Gazi BORAT 2 novembre 2007 07:47

                    @ basebou & scampine

                    La question de la torture a été évoquée (v. + haut et lien sur "la prison n°5).

                    La guerre au Kurdistan est indéniablement une « guerre sale » et la torture fait partie des techniques malheureusement traditionnelles de « contre-guerilla ».

                    Les Américains ne s’en privent pas avec Guantanmo au premier degré et leurs sous-traitance pour le degré supérieur..

                    La solution à rechercher dans ce conflit doit être pacifique, à l’exemple du règlement Royaume Uni / IRA..

                    gaZi bORat


                  • frédéric lyon 31 octobre 2007 17:01

                    Je ne sais pas s’il faut permettre à la Turquie d’intervenir en Irak, mais il faudra sûrement l’autoriser à intervenir en Iran, lorsque la coalition occidentale aura frappé les Perses.

                    Le scénario est assez facile à imaginer :

                    1) Les sites nucléaires En Iran sont bombardés et détruits.

                    2) Les Iraniens répliquent par des attaques contre les forces américaines en Irak et par des attentats dans le Golfe Persique.

                    3) L’aviation occidentale détruit toutes les infrastructures économiques et militaires Iraniennes en se concentrant sur la zone habitée par les Perses.

                    4) Les Azéris et les Kurdes d’Iran se précipitent dans la brêche pour recouvrer leur liberté.

                    5) Les Pasdarans se livrent à des actions de représailles contre les Kurdes et les Azeris.

                    6) Les armées de Turquie et d’Azerbaïdjan interviennent pour protéger leurs ressortissants en Iran.

                    La récente élimination de terroristes, soutenus sans doute par Téhéran, par l’armée d’Azerbaïdjan dans la région de Bakou, montre que les pions de chaque parti en présence se mettent en place peu à peu.


                    • John T. Jean TAFAZZOLI 2 novembre 2007 06:17

                      Ca commençait bien votre petit scénario... jusqu’à cette phrase :

                      « 6) Les armées de Turquie et d’Azerbaïdjan interviennent pour protéger leurs ressortissants en Iran. »

                      LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL... mort de rire !!! ... Mais oui, l’Azerbaïdjan qui n’a pas d’armée va attaquer l’Iran (énorme !!!)... et la Turquie islamiste d’Edogan va attaquer l’Iran (re-lol).


                    • saad 31 octobre 2007 18:39

                      je consulte ce site depuis kk mois deja et je lis en general avec attention des articles, en respectant toujours le point de vue de l’auteur (qui a le droit d’etre different du mien)

                      mais je trouve INADMISSIBLE smiley qu’un professionel du journalisme redige des phrases du genre

                      *- Le président génocidaire terroriste iranien Ahmadinejad

                      terroriste : ca reste a prouver

                      genocidaire : aussi

                      exprimer un point de vue aussi radical ne peut se faire que sur preuve de ce qu’on avance et en indiquant qu’il s’agit d’un avis personnel (sans chercher a l’etayer de fausse preuve)

                      *- Quelque 100 000 soldats turcs pour neutraliser 3 000 combattants kurdes. Toujours aussi impressionnant, non ?

                      quelle ecole de journalise (ou meme ecole tout court) apprend a ses etudiants (eleves) d’ecrire objectivement en exprimant un point de vue aussi peu respecteux et denigrant ?? indiquez moi ou elle est pour que je n’y inscrive pas mes enfants

                      si agoravox se prevaut d’un peu de neutralite, il semblerait que ce redacteur soit en train de prouver le contraire

                      je regrette monsieur, si a un moment je me sentais capable de vous critiquer positivement, je ne peux plus le faire et donc je me passerais de commentaires - sic !

                      vraiement domage


                      • Gazi BORAT 1er novembre 2007 16:15

                        @ saad

                        Le journaliste-auteur de cet article est effectivement très orienté (très à droite et plutôt favorable au néo-conservatisme religieux américain).

                        La question que vous posez est celle du sur-emploi des adjectifs en matière de journalisme : oui, effectivement, ce n’est en général pas un indice d’objectivité ou de qualité..

                        gAzi bORat

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