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Accueil du site > Actualités > International > Ukraine : Histoire d’une guerre (3)

Ukraine : Histoire d’une guerre (3)

LA PRESENCE RUSSE - 8 juillet 2014

La question de savoir s’il y a des militaires Russes envoyés par le Kremlin dans le Donbass, ou si de l’armement parvient directement dans les mains des insurgés ukrainiens par la volonté des autorités russes, est une question fondamentale. Il est difficile de comprendre pourquoi cette question n’est pas étudiée avec précision et ne fait pas l’objet de recherches approfondies par le biais d’enquêteurs internationaux sur place jusqu’à l’obtention d’une conclusion argumentée et convaincante.

Les affirmations des Etats-Unis et de la Russie sur ce thème ne sont évidemment d’aucun secours pour la recherche de la vérité. Les deux parties ont la même raison de maintenir leur position avec fermeté : la responsabilité du conflit et les sanctions appliquées à ce titre. Si aucune force spéciale ou agents ne sont envoyés sur le terrain par Moscou, alors les sanctions sont injustifiées et indéfendables. Mais s’ils sont effectivement sur le terrain avec les rebelles, alors la Russie porte une grave responsabilité dans les désordres qui résultent de la résistance ainsi que dans la déstabilisation du pays, et les sanctions sont très insuffisantes. Il ne peut y avoir de moyenne mesure, sauf à condamner un accusé à dix ans de réclusion pour un crime qui en vaut vingt parce que l’on n’est pas sûr de sa culpabilité.

On remarque que les Etats-Unis alternent entre les accusations d’une présence directe et d’une direction en sous-main[1] pendant que la France et l’Allemagne évoquent plutôt un potentiel d’influence[2] du Kremlin face aux insurgés.

 

Quels Russes ?

Tout d’abord, il importe de faire une solide distinction entre simples citoyens russes se joignant aux combats à titre personnel par conviction ou pour aider des proches d’une part, et des agents envoyés par le gouvernement russe d’autre part.

La présence des premiers est indiscutable et ne donne d’ailleurs lieu à aucune contradiction. Il y a bien des citoyens russes[3] partis en Ukraine pour se battre aux côtés des insurgés comme ont pu le vérifier tous les observateurs (ONU, OSCE, journalistes, témoins,…). C’est un fait admis par l’ensemble des parties, quoique la question de leur nombre reste floue. On trouve d’ailleurs facilement des appels à rejoindre les combattants du Donbass (avec les contacts nécessaires) sur des sites russes, comme par exemple sur la page d’Edouard Limonov[4], co-président du parti « Autre Russie » avec Garry Kasparov. Ces deux personnalités sont peut-être les adversaires les plus résolus de Poutine[5] et on ne peut raisonnablement pas les soupçonner d’agir sur son ordre. Les populations du Donbass sont très majoritairement russes[6] et leurs frères habitant en Russie n’ont pas une grande distance à parcourir pour venir les soutenir. Ce mouvement est assez naturel en regard du fort sentiment de fraternité chez les peuples slaves[7]. Tout porte donc à penser qu’il s’agit bien d’un mouvement de solidarité que l’on peut comparer, à une autre échelle (et selon ses convictions), aux brigades internationales de la guerre civile espagnole en 1936, ou encore aux islamistes Français ou Britanniques partant se battre en Syrie aujourd’hui.

Sur la présence d’agents envoyés par le Kremlin, il est inutile de s’attarder sur des déclarations péremptoires sans aucun fondement dont les hommes politiques et les journalistes ne sont pas exempts[8]. Il faut plutôt chercher des éléments concrets, des preuves objectives, des témoignages fiables. Enfin, et c’est peut-être le plus important, s’interroger sur les motifs, les intérêts et les objectifs des acteurs, tenter de comprendre leur logique et vérifier la vraisemblance de faits supposés par la recherche d’une cohérence. 

 

Des éléments

Pour l’instant, les seules preuves présentées par les Etats-Unis sont des photographies[9] destinées à attester la présence de militaires russes par la ressemblance entre certains soldats sur différents théâtres militaires. Les photos étant peu convaincantes et ayant facilement pu être truquées, les « preuves » ont eu exactement l’effet inverse de celui attendu puisque leur pauvreté, voire leur sérieux, ont largement entamé le bien-fondé de la thèse des Etats-Unis qui n’ont d’ailleurs pas insisté sur leur diffusion. En effet, hors le peu de crédit donné par la presse à ces éléments, The Guardian[10] y consacre un article remarquant d’abord que les américains s’exposent au ridicule, et leur conseillant ensuite la prudence en rappelant les fameuses preuves de Colin Powell sur les armes de destruction massives de Saddam Hussein.

Il y a également eu sur le sujet deux enquêtes de presse intéressantes. La première a été réalisée par le New York Times quand deux enquêteurs du journal sont allés vivre dix jours avec les combattants du Donbass avec l’objectif d’enquêter sur cette présence. Ce témoignage est important à deux titres : d’abord parce que ce journal ne peut pas être soupçonné de complaisance envers Poutine (bien au contraire), et parce que sa réputation et la qualité du travail de leurs enquêteurs ne peuvent pas être mises en doute.

 

Voici quelques éléments du reportage[11] :

Les combattants sont des citoyens ordinaires de l’est de l’Ukraine ayant des liens profonds avec la Russie, de la famille de l’autre côté de la frontière. Il y a des vétérans de l’armée russe, ou soviétique, ou ukrainienne. Ils partagent une forte défiance du gouvernement de Kiev et des puissances étrangères qui les soutiennent, mais ne sont pas d’accord sur l’objectif final de leur combat : une fédéralisation du pays ou un rattachement à la Russie. « Nous n’avons pas de Moscovites ici, j’ai suffisamment d’expérience » dit l’un d’eux. Ils sont organisés, disciplinés et ne boivent pas d’alcool. « Pourquoi l’ouest a soutenu les prises de bâtiments administratifs de Kiev et pas les nôtres ? Il y a là des contradictions ». « Les menaces contre nous sont apparues quand le parlement a supprimé notre langue officielle. Ca a finalement été rejeté mais c’était trop tard ». Ils secouent la tête à l’idée qu’ils seraient payés par la Russie : « Ce n’est pas un travail, c’est un service ». « Si les services russes nous avaient aidé, nous n’aurions pas ce vieil armement » dont des fusils de chasse. Leurs armes ont été prises à la police, à l’armée ou encore achetées à des militaires corrompus de l’armée ukrainienne. (Le journaliste indique qu’il ne lui a pas été possible de vérifier). Les habitants les nourrissent et la police ne leur crée pas de problèmes. Ils discutent de l’emplacement d’une frontière si leur indépendance était reconnue. L’article finit par les mots d’un combattant : « Le gouvernement doit autoriser un référendum. Ce sera un référendum ou un océan de sang et de cadavres. Il n’y a pas de troisième voie ».

 

La deuxième enquête a été réalisée par le Sunday Times pour lequel un reporter est parti cette fois trois semaines dans les mêmes conditions et pour les mêmes raisons. Pour donner ses résultats, il a été invité à une émission de la télé ukrainienne dont le plateau comprenait des officiels venant réaffirmer la présence des services russes[12]. Il faut regarder cette scène en sachant qu’elle est en direct. L’animateur semble un peu mal à l’aise, il attend du journaliste les propos pour lesquels il a été invité, mais le reporter de guerre est honnête, dit ce qu’il a vu des combattants et n’en donne pas la description attendue (Regarder l’émission)[13].

Sur les armements, on peut faire quelques remarques. La première est que l’armement léger circule facilement dans cette région du monde et il n’est pas rare de voir de simples citoyens posséder un fusil d’assaut. Sur l’armement lourd, outre les prises de guerre et les achats à des militaires corrompus, aucune information ne permet de savoir si les rebelles en possèdent en quantité suffisante pour que la question soit significative. Enfin, il serait absurde de supposer que les marchands d’armes auraient plus de difficultés à rencontrer les rebelles du Donbass que n’importe quel autre groupe de combat dans le monde[14]

* * * * * * *

Mais une éventuelle participation active des Russes n’implique pas leur présence sur le terrain et s’ils n’y sont pas, on peut imaginer qu’ils disposent d’autres moyens pour mener une action déterminante dans le Donbass. Là, en revanche, il ne faut pas s’attendre à trouver des preuves formelles, sauf le cas d’une trahison bien peu probable. La question de la présence russe n’est donc pas tout à fait résolue mais il reste l’essentiel : s’interroger sur les éventuels motifs et vérifier leur cohérence avec un objectif crédible.

Si l’on suppose qu’il y a effectivement un soutien significatif et volontaire de la Russie envers les rebelles, alors il faut se demander quels sont ses profits à manœuvrer pour déstabiliser le pays, ou même seulement à espérer le chaos. Et si l’on suppose que c’est faux, alors il faut se demander quels sont ceux de Washington et de Kiev à les en accuser avec insistance. S’interroger sur les bénéfices de chacun de ces trois acteurs est certainement la méthode la plus efficace pour comprendre la situation. 

* * * * * * *

Mais dans l’immédiat, tous les regards se tournent vers Donetsk où se sont regroupés les rebelles qui ont dû quitter Slaviansk et Kramatorsk il y a quelques jours. Il est probable que la population de la ville joue un rôle décisif dans la suite des évènements.



[1] Par exemple : « La Russie a fait l’erreur de se poser en défenseur des droits et en justicier des plus vulnérables, l’armée russe et ses hommes figurant en organisation d’aide humanitaire. Mais cette opération de secours de la Russie déploie des soldats, et non des médecins. Elle manoeuvre des véhicules blindés de transport de troupes, et non des tentes de secours. Elle fournit des missiles sol-air, et non pas des plats préparés. » S.Power lors de la séance à l’ONU du 24/06/14 ou encore ce titre dans The economist le 5 juillet : « Dans les faits, la Russie a déjà envahi l’est de l’Ukraine. » : http://www.economist.com/news/europe/21606290-russia-has-effect-already-invaded-eastern-ukraine-question-how-west-will

[3] Notamment des cosaques dont les bases géographiques sont très proches, et peut-être aussi des Tchétchènes, ce n’est pas très important.

[6] Il y a une majorité de gens d’origine russe mais pas répartie de façon homogène. Par exemple, Donetsk, ville dont l’actualité va sans doute bientôt beaucoup parler, comporte moitié de Russes et moitié d’Ukrainiens. http://fr.wikipedia.org/wiki/Donetsk#Composition_ethnique

[7] On pourrait disserter longtemps sur les motivations mais ce qui revient souvent dans les témoignages contre Kiev est le sentiment d’injustice, d’illégalité et d’ingérence étrangère.

[8] Deux exemples consternants, le premier aux informations de FR3 : http://www.youtube.com/watch?v=3DsGgvz5DUk (sans compter que pour illustrer son discours surréaliste sur les « agents russes », le journaliste envoie des images de militants pro-Kiev) et le deuxième dans les déclarations et le ton de B.Kouchner et d’E.Guigou : http://www.youtube.com/watch?v=GfCMBFhztDw

[12] La thèse de l’intervention des services russes est bien sûr défendue avec beaucoup de vigueur par le gouvernement ukrainien et fait l’objet auprès de sa population d’une communication insistante du même type que celle relevée dans la note 7 sur FR3. A noter que les photos « preuves » avaient été transmises aux USA par les Ukrainiens. L’objectif du gouvernement est sans doute de désigner un envahisseur, d’obtenir un soutien populaire dans ses combats contre le Donbass et de légitimer sa position.

[13] Regarder cette vidéo en essayant d’ignorer les commentaires de celui qui l’a postée… http://www.youtube.com/watch?v=sUjBZhF9L64

[14] Le maire d’une commune arrêté alors qu’il achetait différents types d’armement : http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/07/02/poursuite-des-combats-dans-l-est-ukrainien_4449278_3214.html

 


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17 réactions à cet article    


  • asterix asterix 15 juillet 2014 10:42

    Il n’y a aucune implication formelle de la présence de soldats envoyés par le Kremlin au Dombass.
    En revanche, personne ne peut nier le nombre de conseillers américains venus « aider » le pouvoir de Kiev.
    Ce sont les Ukrainiens qui attaquent le Dombass qui est russe de coeur et pas l’inverse. Et Poutine, s’il voulait intervenir, remettrait facilement de l’ordre dans tout cela.
    Qui est coupable de cette guerre ? 


    • L'enfoiré L’enfoiré 15 juillet 2014 15:22

      « Qui est coupable de cette guerre ? »

      J’étendrais la question à « Qui est coupable des guerres ? »
      En fait, c’est personne en particulier et tout le monde.
      Il y a les idéologies, les patriotismes, les religions.
      Il y a des régions qui sont à l’intersection de blocs de pensées, 
      Les accords signés qui existaient entre partenaires historiques par l’économie. Il suffit de voir la partie de dominos de 14-18.

    • Zeb_66 15 juillet 2014 17:28

      Des conseillers d’accord, mais pas que... et les services secrets américains installés à Kiev comme chez eux.

      Et pas que... et les commandos hyper armés et entrainés de l’ex-Blackwater, plus de 800 selon les services Russes.

      Alors les gars, lisez plutôt The Saker et vous serez vraiment au courant, de ce qui se passe en Ukraine et ailleurs,

      de plus c’est maintenant en Français.

      D’ailleurs le blog a été créé par un couple de scientifiques français, raison de plus !

      Son titre : The vineyard of the Saker

      ce qui veux dire :

      « Le point de vue d’un oiseau sur le vignoble » smiley

      C’est ici :

      http://www.vineyardsaker.fr/



    • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 15 juillet 2014 11:42

      C’est la mauvaise question.
      La bonne question étant : le régime de Kiev est-il soutenu militairement par l’alliance atlantiste, USA en tête. Et la réponse est... oui.


      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 juillet 2014 13:54

        D’accord avec les deux intervenanants précédents.
        Un peu comme Wikipedia, sous couvert d’une apparente neutralité de bon aloi, le présent article donne l’impression de servir la propagande occidentale par ses centrations et ses silences.
        Dommage !


        • Michel Segal 15 juillet 2014 18:03

          Bon, je rappelle que l’article s’intitule « La présence russe », pas « la présence américaine ». Chacun son tour :)

          Et puis, pour avancer, ce n’est pas efficace de balancer des tas d’infos non vérifiées... ou non crédibles.Non ? Bref, step by step.

          • millesime 15 juillet 2014 19:25

            à l’auteur
            vous feriez mieux de faire l’inventaire des bases militaires US à travers le monde...car de ce côté la Russie est le parent pauvre comparé aux Etats-Unis.
            voici un site sur lequel vous pourrez enrichir votre information,
            www.les-crises.fr
            il y a notamment une synthèse de cette crise fort bien documentée.
            http://millesime57.canalblog.com


            • millesime 15 juillet 2014 19:32

              à l’auteur
              j’espère que vous aurez lu le post de Luc-Laurent Salvador , si non lisez surtout !
              Vous pourrez lire aussi sur mon site, une déclaration commune Euro-BIRCS

              http://millesime57.canalblog.com


              • wesson wesson 16 juillet 2014 11:17

                Bonjour l’auteur,

                lors de votre précédent article, j’ai écrit qu’il fallait un peu regarder ce que Poutine allait faire à Cuba. J’ai même dit qu’il se pourrait bien qu’il ai troqué l’annulation de la dette en échange d’une base Russe là bas.

                Vous ne pensiez pas que cela était important.

                Et bien, il se trouve que j’ai mis dans le mille. Les Russes ré ouvrent à Cuba. Les Américains vont être carrément furieux.

                Et je doit reconnaître que ça m’amusera assez de voir les Américains se faire appliquer leur propre médecine, à leurs frontières.

                • symbiosis symbiosis 16 juillet 2014 13:49

                  En voyant le taux de personnes satisfaites par cet article, je me suis dit qu’il fallait malgré tout le lire, histoire de rire un bon coup.
                  Et puis, voyant l’aberration de la mise dos à dos des brigades internationales avec les psychopathes qui font le djihad en Syrie, je me suis arrêté tout net de lire cet article.
                  J’ai pensé qu’il fallait une sacré dose de mauvaise foi pour en arriver à une pareille conclusion ou alors une ignorance crasse de ce qu’il se passe réellement sur cette planète. Ne perdons donc pas notre temps. Il y a assez d’informations cohérentes à lire sur l’internet de nos jours.
                  A propos des brigades internationales, j’ai eu l’agréable surprise de voir que le phénomène prenait corps. Espérons qu’il fera boule de neige pour écraser une bonne fois pour toutes le fascisme résurgent avec les faux dollars et la complicité collabo qui gouverne ici et là...
                  Quoi qu’il en soit, la Russie sera-t-elle une fois de plus à l’avant garde de la lutte contre le fascisme ? C’est tout le mal que nous pouvons souhaiter à ce pays ayant démontré son courage en la matière...


                  • Michel Segal 16 juillet 2014 15:53
                    @ wesson deux choses :
                    1) Chacun lit les journaux et nous avons vu la visite de Poutine en Amérique du Sud. Personne n’en sous-estime l’intérêt, mais ce n’était pas mon sujet. Mon sujet, dans le Histoire(2), c’était de donner une illustration de la difficulté de donner des chiffres. Combien de réfugiés aujourd’hui ? 150000 ou 500000 ? Combien de morts ? 500 ou 3000 ? ou plus ? Ce n’est pas un sujet aussi « urgent » que Poutine à Cuba, peut-être, mais j’avais choisi de le traiter.
                    2) Je vous demande encore très sérieusement ce qui vous fait penser que le gaz de schiste « c’est de la foutaise ». La réponse ne tient pas dans un graphique ou un édito. Je vous demande simplement de me dire en quelques mots ce qui vous donne cette conviction sans essayer de la prouver, je répète, c’est intéressant, et il n’y a aucune ironie.

                    @ symbiosis
                    Peut-être me suis-je mal expliqué. Je disais que c’est un mouvement de solidarité d’une part, et d’autre part que ce n’est pas le premier. Et je donne deux exemples en précisant « selon ses convictions ». Je comprends parfaitement que vous partagiez la cause des brigades de 36 et pas celle des opposants syriens, mais vous devez aussi comprendre que ce qui n’est pas une bonne cause pour vous peut en être une formidable pour d’autres. Il me semble que ces trois exemples reposent sur le même mouvement : une cause à défendre, quitter sa famille et son pays pour aller se battre dans un autre pays. Et même pour une cause qui vous déplait, cela reste un acte de courage et de solidarité. 

                    @ d’autres
                    Oui, je regarde régulièrement les crises, RT, vineyewardsaker, Voice of Russia, etc. 
                    Et si vous avez des critiques à faire sur le sujet traité, je suis preneur. Là aussi, sans aucune ironie. 
                    Enfin, on n’a vraisemblablement tous le même sentiment sur cette guerre et il y aurait des bénéfices pour le Donbass à faire circuler des infos vérifiées, crédibles et argumentées.

                    • wesson wesson 17 juillet 2014 02:05

                      « Je vous demande simplement de me dire en quelques mots ce qui vous donne cette conviction sans essayer de la prouver »


                      L’extraction est déjà largement plus chère que pour du gaz naturel, et les puits se tarissent bien trop vite. Alors que sur les gisements importants on donnait 50 ans de réserves (en 2006), à l’horizon de 2019 il n’y aura plus rien. 

                      pratiquement tous les acteurs du marché sont surendettés et ne disposent plus d’aucun cash, et doivent même déprécier leurs réserves « prouvées », ce qui les plongent encore un peu plus dans les difficultés. 

                      Quand aux gisements Européens, on se rends compte qu’ils sont beaucoup plus profonds que pour ceux des USA, rendant l’opération encore plus onéreuse. 

                      En une phrase : Il y en a beaucoup moins que on pensait, et il beaucoup bien plus cher à extraire.

                      Et je n’ai même pas parlé des problèmes environnementaux, ou même sismiques. 


                    • wesson wesson 17 juillet 2014 02:20

                      « Combien de réfugiés aujourd’hui ? 150000 ou 500000 ? Combien de morts ? 500 ou 3000 ? »


                      Ce sont des questions non urgentes, d’autant que pendant les conflits, les estimations de quelque coté qu’elles soient sont souvent fantaisistes et répondent à des agendas politiques. Exemple : La Roumanie de Caucescu. Pendant le conflit, la presse était allé de surenchères en surenchères, pour finir entre 400.00 et 500.000 morts. Il y en eu en réalité moins de 800 sur tout le territoire de la Roumanie, avec notamment l’épisode du « charnier de Timisoara » qui était un faux.

                      Bref, vous aurez ces estimations dans quelques années, lorsque tout cela sera terminé et que les propagandes de chaque bord se seront calmés.

                      Il n’en reste pas moins que les réfugiés en Russie sont objectivement très nombreux, que ce sont essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées.

                      Cela implique que les homme sont restés sur place, pour défendre leur terre. 

                      quand à l’aftermath de tout ceci, je l’ai déjà écrit ailleurs mais quelque soit l’Issue du conflit, l’Ukraine (hors Crimée) sera séparée en au moins 2 entités, voire 3. Et ils devront s’estimer heureux si ils ne perdent que le Donbass, et pas tout le Sud-Est, d’Odessa à Karkov.

                    • Michel Segal 17 juillet 2014 17:11

                      Ok wesson, merci, là je comprends.


                    • symbiosis symbiosis 16 juillet 2014 16:58

                      Je ne partage pas du tout votre point de vue car, si la résistance des brigades qui se forment pour secourir les civils qui se font massacrer par des fascistes est une bonne cause, celle de la résistance, ceux qui font le djihad ne peut en être une bonne, pour la simple raison qu’elle comporte en elle la contradiction du soutien de l’oligarchie de la globalisation marchande et bancaire et le combat contre cette même oligarchie globalitaire. Comment peut-on se battre pour une cause et son contraire à moins d’être soit totalement pervers comme les meneurs de ces combats soit totalement abrutis par l’ignorance de ce que l’on fait dans le cas de ceux qui se battent sur le terrain. Dans les deux cas, il s’agit de sang versé et l’on doit savoir pourquoi, pour qui il est versé. C’est un minimum.
                      Concernant les brigades en formation en Ukraine, ces résistants savent exactement pour quoi ils sont prêts à sacrifier leurs vie. Cela en fait moralement une bonne cause, alors que dans l’ordre du djihad, il ne s’agit que d’une cause corrompue. Qu’elle leur paraisse bonne ou pas, peu importe, elle n’en reste pas moins corrompue, donc mauvaise.

                      Il en va par exemple de même pour les hystériques femen qui soutiennent des groupuscules néonazis en Ukraine (innombrables photos faisant foi) et qui vont glapir devant le FN en France pour une cause soi disant anti fasciste. Je regrette, mais même si ces hurluberlues vous diront que leur cause est bonne, comment décemment les croire, en tant qu’observateur critique et impartial ?

                      Une bonne cause ne se juge pas dans les paroles mais dans des actes qui méritent qu’elle soit qualifiée de bonne et juste.


                      • symbiosis symbiosis 16 juillet 2014 17:00

                        PS : il ne peut y avoir de contradiction conceptuelle dans une cause juste.


                        • lsga lsga 17 juillet 2014 10:41

                          Tant de réflexions raffinées sur un conflit si simple. Laissez tomber les particularités nationales, culturelles, religieuses, culinaires... La guerre est économique : toujours.
                           
                          Ainsi, la France, cachée derrière l’Europe, voulait offrir à TOTAL les ressources minières Ukrainiennes. Poutine n’a pas laissé faire, et les USA ont soufflé sur les braises pour remettre en cause l’approvisionnement en gaz Russe de l’Europe.
                           
                          Au final, TOTAL achètera du Gaz de Schiste aux USA, et tout ira bien.
                           
                          Il faudrait que j’écrive un article aussi sur l’Ukraine, dans le même genre que celui-là :
                          http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-conflit-israelo-palestinien-a-l-154512

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