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Ukraine : le Président contre les voleurs d’oranges

Pour quelle somme d’argent peut-on s’offrir les services d’un député français ? Veuillez pardonner cette question impertinente mais en Ukraine, la loyauté de certains députés du parti présidentiel « orange » affiche un prix hors taxe dont le cours oscille entre 3 et 5 millions de dollars [1]. Pour l’allégeance du président du Parlement, il faut évidemment consentir un effort financier à la hauteur de la fonction : d’aucuns parlent de plusieurs centaines de millions de dollars. Qui peut débourser, dans un pays où le salaire moyen est de l’ordre de 700 hrivna mensuels (comptez approximativement 100 euros), de tels acomptes pour s’attirer des faveurs parlementaires ? Cela semble dans les moyens du Parti des régions, c’est-à-dire les « bleus » de Viktor Ianoukovitch qui comptent dans leurs rangs certains des vrais patrons du pays : des mafieux notoires et richissimes ayant intégré le plus légalement du monde le Parlement lors des dernières élections législatives malgré des passés pour le moins troubles.

Quand le président de l’Ukraine, Viktor Iouchtchenko et les journaux européens évoquent avec retenue et bienséance des « manœuvres anticonstitutionnelles » au sein du pParlement, il faut avoir le courage de traduire la réalité qui se cache derrière cette ellipse : des députés oranges sont littéralement achetés par le Parti des régions. Ce dernier, déjà majoritaire avec 240 sièges [2] obtenus aux élections sur 450, n’a encore pas les mains assez libres et lorgne sur la barre des 300 qui signifierait la désactivation pure et simple du droit de veto du président et les pleins pouvoirs au Parlement. Les pro-Russes de Viktor Ianoukovitch s’approchaient des 270 députés acquis à leur cause quand Viktor Iouchtchenko a décidé, lundi 2 avril 2007, de dissoudre l’Assemblée dans une ultime réaction avant l’extinction définitive de la dernière flamme de la révolution orange.


Après les grandes célébrations de la place Maïdan et tous les espoirs placés dans le parti « Notre Ukraine » de Viktor Iouchtchenko fin 2004, nous pourrions nous interroger quant à savoir pourquoi l’Ukraine se réveille avec une telle gueule de bois, aggravée de la perspective de traverser une nouvelle période de fortes turbulences politiques ? C’est à travers le point de vue d’un visiteur régulier de ce beau pays et des témoignages parfois émouvants recueillis sur place que cet article vise à donner quelques éléments de réponse.

L’Ukraine, un pays pauvre ?

L’ancien grenier de toutes les Russies essaie depuis des siècles de se bâtir une unité et une indépendance, mais la position de tampon entre l’Europe des vingt-sept et la Moscovie de Putine ne s’y prête actuellement guère. La nation ukrainienne et ses 47 millions d’habitants comptent pourtant de nombreux atouts pour jouer dans la cour des grands : de vastes plaines cultivables, des bassins houillers et métallurgiques (notamment dans le Donbass : Bassin de Donetsk, à l’est), de l’industrie lourde, de riches côtes sur la mer Noire en Crimée, la mer d’Azov, beaucoup d’artistes talentueux - et je ne parle pas de Ruslana, la gagnante de l’Eurovision 2004 ! -, le tourisme des montagnes et des sources des Carpates, des marques au potentiel international telles que les vodkas Nemiroff, des vins pétillants comme Krimsekt, les chocolats Korona ou Lyubimov... Il apparaît donc que les tourments de l’Ukraine ne proviennent pas d’un manque de possibilités.

Beaucoup de rouge avant l’orange

Pour faire un pas vers l’âme du peuple ukrainien contemporain, il ne faut pas omettre de regarder quelques-unes de ses cicatrices, datant du siècle dernier. Les famines des années 1932-1933 ont constitué une douloureuse épreuve pour ce peuple alors dépendant de la Russie. Je me rappelle le témoignage poignant d’Anna, 76 ans, qui me racontait en 2006 comment la production des kolkhozes se trouvait systématiquement réquisitionnée par les bolcheviques tandis qu’elle et ses camarades paysans mourraient de faim, à tel point qu’elle m’a confié s’être régulièrement introduite la nuit tombée par-delà les grillages des poulaillers pour y dérober quelques grains et quelques herbes normalement destinés aux poulets.

L’Ukraine a également payé un lourd tribu humain durant la Seconde Guerre mondiale et le souvenir de ces temps tragiques affleure massivement dans la mémoire collective : il suffit de parcourir un petit peu le pays pour voir les monuments et les honneurs rendus aux soldats.

Par ailleurs, la longue liste des calamités s’est allongée en 1986 du gravissime accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Comme le notait tristement le paysan d’un village de la région du réacteur : « J’ai 80 ans, mais j’en ai peut-être eu cinq de bons dans ma vie car j’ai connu les bolcheviques, les communistes, les soviétiques et maintenant la radioactivité... ».

Des coups de faucille et de marteau qui ne s’effacent pas comme cela

La vie politique ukrainienne actuelle, elle, souffre plutôt des marques du joug des soviets encore présentes dans les esprits et d’un héritage dont la corruption et les pratiques mafieuses ne sont pas les parts les moins pesantes à porter. Pourtant, l’émancipation de l’Ukraine semblait s’être convenablement réalisée en plusieurs temps : la proclamation de l’indépendance en 1991 qui marqua le début d’une nouvelle ère avec le président Leonid Kravchouk et des règlements de compte sanglants, notamment à l’est du pays, qui jetèrent les bases de la fortune de certains patrons dont nous avons parlé plus haut. Ensuite, succéda la présidence longue et troublée de Leonid Koutchma, notamment marquée par un avis de mauvais temps pour les journalistes. Enfin, la fameuse révolution orange éclata en décembre 2004, largement relayée par les médias occidentaux. Cet événement apparut à l’époque comme le refus d’un peuple de se faire spolier une fois de plus par des élections aux résultats retouchés « à la soviétique ». A ce propos, Iryna, désignée « volontaire » d’un bureau de vote - deux fois 26 heures de garde en continu pour l’équivalent de 3 euros de dédommagement -, m’avait à l’époque décrit les fraudes dont elle avait été témoin : contre une paire de jeans ou sous la menace d’avoir des ennuis professionnels, des bulletins de vote changeaient de pile assez peu discrètement. Bien qu’elle ait refusé de signer le procès verbal de l’élection ainsi que deux autres personnes, les dix-sept autres surveillants du bureau s’exécutèrent et validèrent les résultats. Les commentaires négatifs des observateurs électoraux de l’OCDE semblèrent exprimer l’ampleur avec laquelle ce genre de scénario s’était reproduit à l’échelle nationale.

Finalement, après un bras de fer entre le parti pro-Russe de Viktor Ianoukovitch et les oranges de Viktor Iouchtchenko et Yulia Timochenko, la pression de la rue et des tentes installées sur la grande avenue Krechatyk donna l’impulsion qui fit invalider, puis revoter le scrutin en faveur des seconds. C’était le temps de l’espoir et des promesses. J’étais d’ailleurs sur la place Maïdan le 31 décembre 2004 pour écouter le discours du président Iouchtchenko, accompagné de son égérie Yulia et du président de la Géorgie (lui, c’était la révolution des roses), et de près d’un demi-million de citoyens heureux qu’un changement politique radical intervînt sans effusion de sang.

Un soufflé aux oranges qui retombe

Trois ans se sont écoulés depuis ce faste moment, révélant touche par touche que le président Iouchtchenko n’était pas à la hauteur des espérances qu’une nation avait placées en lui. Les premiers discrédits, les plus stupides mais également parmi les plus impopulaires, vinrent par de grossiers mensonges présidentiels envers un peuple à qui il avait été promis la plus parfaite transparence. Des maladresses de communication sur ses revenus personnels, les frasques d’un fils rivalisant avec celles de Paris Hilton et les affaires gazières obscures d’un frère entrepreneur richissime ont mis de l’eau dans le gaz entre le président et sa nation. L’aura du héros de la révolution devenu corruptible s’est alors quelque peu ternie, fragilisant sa position pour lutter contre la mafia, désillusionnant amèrement les partisans de « Notre Ukraine » et suscitant la renaissance politique des pro-Russes, notamment dans le Donbass, région qui appréhendait déjà avec scepticisme la révolution. Ne pouvant plus faire entendre raison au président mal conseillé à propos de l’intérêt de l’Ukraine par ses proches, Yulia Timochenko, pilier de la révolution orange, a claqué la porte du gouvernement pour créer son mouvement BYuT : le Bloc de Yulia Timochenko. C’est alors que la main de fer moscovite, maîtresse dans l’art d’infecter les plaies et vengeresse dans son désir de faire regretter aux républiques de l’ex-URSS de s’être émancipées, s’est savamment employée à intensifier les tensions en agitant les prix du gaz naturel. Par conséquent, le Parti régional des pro-Russes a regagné suffisamment d’électeurs, notamment sur l’affichage de sa meilleure position pour négocier avec le chef du Kremlin les affaires gazières, et a gagné les élections législatives devant le Bloc de Yulia et un parti présidentiel d’autant plus affaibli qu’il n’a pu faire valoir un soutien fort et inconditionnel de l’Europe, lui, le pro-occidental. Si la France s’est trouvée un goût relativement durable pour la cohabitation, l’Ukraine n’a pu s’y résoudre tant les intérêts divergent : voilà pourquoi le parlement a été dissous en début de semaine après des manifestations dont la mobilisation avait permis de jauger les forces en présence [3]. A l’heure où j’écris, le chef de l’Assemblée rejette la décision du président Iouchtchenko...

En ukrainien ou en russe ?

Pour terminer cette analyse personnelle de la situation ukrainienne, je voudrais souligner qu’un des points de désaccord profond entre les deux blocs politiques, au-delà du rapprochement vers l’OTAN ou non, tourne autour de la langue nationale dont beaucoup d’entre nous s’imaginent que c’est sans aucune ambiguïté l’ukrainien. Ce serait omettre les effets rémanents du communisme soviétique qui avait imposé en son temps le russe à toutes les écoles. De nos jours, non seulement de nombreux Russes vivent en Ukraine (citoyens ukrainiens de nationalité russe pour rebondir sur l’article d’Alexis Ipatovtsev [4]), mais de nombreux natifs sont russophones de facto car ils ne maîtrisent correctement que le russe et réfléchissent en russe, particulièrement dans le Donbass. Par conséquent, quand un député de la Verkhovna Rada use de la provocation de se croire à la Douma moscovite et de parler russe en plein parlement à Kiev, le symbole distord le pays et meurtrit l’identité de la nation ukrainienne. C’est encore bien autre chose que de couper les lumières du Parlement pour se faire entendre comme l’a fait récemment madame Timochenko [5]...

Du communisme le plus totalitaire à l’ultralibéralisme le plus sauvage...

Enfin, pour esquisser une description du sentiment d’abandon dans lequel se trouvent certaines couches populaires de l’Ukraine, il suffit de rapporter que de nombreuses cités ouvrières de l’est, par exemple, ne disposent de l’eau courante qu’une heure le matin et une heure le soir, que les ordures ménagères sont mal ramassées, que beaucoup de routes sont délabrées, tout cela malgré les impôts, que chacun règle ses médicaments et son médecin comme il le peut sinon il s’en prive, qu’une université dont je tairai le nom ne dispose que de quatre toilettes en état pour 10 000 étudiants - et il faut vraiment être acculé par l’urgence pour s’y rendre, croyez-moi - alors qu’à 400 mètres de là s’étalent des boutiques de luxe avec des voitures à 150 000 dollars garées devant, que des babouchkas âgées se courbent dans les champs ou les parcs publics car les retraites sont misérables...

Après des guerres soufflées de toutes les directions et des révolutions de toutes les couleurs, les habitants de ce pays, beau et attachant, se demandent bien de quel côté viendra le dirigeant providentiel qui s’intéressera vraiment et sincèrement à eux.

[1] http://www.korrespondent.net

[2] Après ralliement des partis socialiste (33 députés) et communiste (21 députés).

[3] A ce sujet, la présence d’un certain nombre de manifestants bleus semble se monnayer pour environ 200 hrivna : http://www.pravda.com.ua

[4] Alexis Ipatovtsev : http://www.agoravox.fr/article.php3...

[5] Pierre R. : http://www.agoravox.fr/article.php3...

Pour découvrir l’Ukraine, pays qui gagne à être connu, sous un jour plus heureux que la politique : http://www.france-ukraine.com

par Arnaud Villanova jeudi 5 avril 2007 - 33 réactions
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  • Par Guilhem (xxx.xxx.xxx.97) 5 avril 2007 11:53

    Amusant cette façon de souligner que les bleus sont pro Russe en oubliant de préciser que les oranges sont pro USA.

    Les Ukrainien ont changé de suzerain en pensant que l’herbe était plus verte ailleurs, mais ils sont seulement instrumentalisés.

    Avec le temps ils risquent de se rendre compte que les oranges ne sont pas mieux ou moins bien que les bleus mais que la Russie est toujours leur puissant voisin et qu’il serait idiot de s’entêter à prêter allégeance à une superpuissance qui se trouve à l’autre bout du monde et dont le seul but est d’isoler la Russie.

    Belle opération des spin doctors US en tout cas.

     smiley

  • Par Igor (xxx.xxx.xxx.27) 5 avril 2007 15:10

    On a du mal à comprendre l’état actuel de l’Ukraine si on ne connaît pas l’ampleur du génocide subi par le peuple ukrainien en 1932/1933. Un génocide reconnu par une dizaine de pays et en 2006 par l’Ukraine elle-même.

    LE GENOCIDE « OUBLIE » DU 20° SIECLE EN UKRAINE. En 1932, Joseph Staline est déterminé à forcer les millions de fermiers indépendants ukrainiens - appelés koulaks - à d’intégrer l’agriculture soviétique collectivisée. Il veut aussi écraser l’esprit de résistance nationale de l’Ukraine. Staline expédie 25.000 jeunes militants fanatiques moscovites - la version stalinienne des gardes rouges de Mao - afin de forcer la collectivisation des paysans ukrainiens. Les unités secrètes de police de l’OGPU ont commencé des exécutions sélectives des fermiers récalcitrants. Puis c’est l’OGPU qui été envoyée pour commencer des exécutions de masse. Mais il n’y avait simplement pas assez de Chekistes (police secrète) pour tuer autant de gens, Staline alors décide de remplacer les exécutions par une élimination meilleur marché : la famine de masse. Tous les stocks de graines, grains, les ensilages et les animaux de ferme sont confisqués dans les fermes ukrainiennes. Les agents de l’OGPU et l’armée rouge bloquent toutes les routes et lignes de chemin de fer. Rien ne sort ni entre en Ukraine. Les fermes étant pillées, rien ne reste aux paysans. Les Ukrainiens ont rapidement commencé à souffrir de la faim, du froid et de la maladie. Comme l’OGPU n’arrive pas à atteindre des ‘quotas’ hebdomadaires d’exécution, Staline envoie le partisan Lazar Kaganovitch pour détruire la résistance ukrainienne. Kaganovitch, ‘le Soviétique Eichmann’, fait tuer 10.000 Ukrainiens par semaine. Quatre-vingts pour cent de tous les intellectuels ukrainiens ont été exécutés. Un membre ukrainien du parti communiste, appelé Nikita Khrouchtchev participe à ce massacre. Au plus fort de cette famine, jusqu’à 33.000 personnes meurent de faim chaque jour en Ukraine, on fait alors état de cas de cannibalisme et le pays est plongé dans le désespoir et le chaos. Moscou a également commencé à coloniser massivement les villes ukrainiennes avec une population russe. Des milliers de prêtres orthodoxes ukrainiens ont été torturés, exécutés et envoyés aux camps de travail en Sibérie. Le nombres de Russes était de 5.6 à 9.2 pour cent à la fin des années 30. Aucun des meurtriers de masse soviétiques impliqués dans le génocide n’a été jugé. Lazar Kaganovitch est mort très âgé à Moscou, médaillé de l’ordre de l’Union Soviétique. Il vivait paisiblement d’une pension généreuse versée par l’Etat soviétique. Curieux le silence qui entoure encore Lazare Kaganovitch, un des plus grands bouchers du XXe, inconnu alors que son homologue nazi, Adolphe Eichmann est lui bien connu. Monsieur Christian Vanneste, député de la 10e circonscription du Nord, a déposé une proposition de loi visant à la reconnaissance du génocide ukrainien de 1932-1933. Le texte de cette proposition de loi (N° 3474 ) sur le site de l’Assemblée nationale française a été mis en distribution le 7 décembre 2006. Pour l’instant pas de d’effet au niveau législatif. Pour les personnes intéressées par ce génocide oublié, il suffit de taper les mots clés : génocide Ukraine, sur un moteur de recherche quelconque.

  • Par debonsens (xxx.xxx.xxx.157) 5 avril 2007 12:07

    bonjour il s’agit la d’un article tout a fait partisan.pensez vous que si les onze deputes avaient changes de camp mais en sens inverse et etaient venus renforcer le parti du president celui-ci aurait dissolu la rada (parlement) ?.de plus acheter un depute,je veux bien mais onze cela parait invraisemblable ;pourquoi ne pas penser tout simplement qu’ils n’etaient plus d’accord avec la politique menee par ioutchtenko

  • Par Nicolas Proix (xxx.xxx.xxx.108) 5 avril 2007 15:51

    "il n’y a qu’une nation russe (ou russo-ukrainienne)"

    Voilà une belle révision historique, forgée de toutes pièces par trois siècles de Romanov et un siècle de communistes.

    En réalité, la "Roudina" (Ruthénie, ou "Rus’" comme les historiens actuels préfèrent dire, cf. Histoire de l’Europe du Centre-Est, par Henryk Samsonowicz et alii) est bien le creuset de deux nations : la Roudina Blanche (Belarus, ou, faute de mieux, Biélorussie) et la Ruthénie Rouge (l’Ukraine). Ces deux nations ont été absorbées par la Lituanie puis la Pologne avant de l’être par la Russie.

    Cette dernière, pour mieux justifier son annexion, en particulier à l’époque de la grande Catherine (justification largement relayée par Voltaire, avant que celui-ci se rende compte qu’il avait été dupé de bout en bout), avait fait jouer la consonnance entre Russie et Ruthénie pour fausser l’histoire et monter de toutes pièces cette légende de "toutes les Russies" . . . Pure invention.

    L’histoire étant écrite par les vainqueurs, il était facile d’écrire cela aux XIX° et XX° siècle, comme il est facile d’écrire le contraire maintenant.

    Je ne le nie pas.

    Mais ne faussons pas la réalité historique d’un vol d’identité sous prétexte que ce sont les Américains qui ont redonné cette identité aux Ukrainiens et qui veulent la redonner aux "Biélorusses".

    Les Ukrainiens ont une identité nationale (une langue, des particularismes religieux, etc.) qui en font un peuple qui n’est pas russe.

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