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Accueil du site > Actualités > International > Un 11-Septembre politique - rêve américain devenu cauchemar

Un 11-Septembre politique - rêve américain devenu cauchemar

Ce 29 septembre 2008, le plan Paulson vient d’être rejeté par la Chambre des représentants. Il se peut bien qu’un nouveau texte soit refourgué et passe, ce qui ne nous dispense pas de commenter cet événement qui est historique à plusieurs égards.

Ce qui s’est passé aux Etats-Unis est inconcevable en France, même dans un contexte de cohabitation. Le plan Paulson a été rejeté par une majorité hétéroclite. 228 voix contre 205. Une configuration des plus étranges. Un fait si rare que ce serait dommage de ne pas le mettre en exergue et le commenter. Les représentants ont une courte majorité démocrate. GW Bush est un républicain. C’est lui qui a demandé un vote positif pour aider les banques américaines. Or, ce sont les républicains qui ont assuré l’issue du scrutin en votant aux deux tiers non, avec l’appui d’une bonne part des démocrates, mais pas la majorité. 133 républicains ont refusé ce plan avec 95 démocrates, contre 140 démocrates et 65 républicains qui l’ont approuvé. Quel mélange. Et quelle leçon de politique où l’on voit des élus voter en leur âme et conscience, selon leur conviction, sans aucune consigne de parti, en hommes libres. Et ce vote, eh bien ça ressemble à l’Amérique qu’on aime et à une France qu’on aimerait bien voir fonctionner ainsi. Parce que, chez nous, un tel événement serait impensable, au vu de la discipline de vote qui règne. A croire que nous vivons dans une autre culture et que la loi des libertés de conscience n’existe pas et que nos élus ne sont pas des hommes libres, mais des hommes auxquels un parti a offert un rôle et qui remercient le parti. Bon, c’est culturel, la France ne s’en tire pas si mal avec ce système. Ce n’est pas pire qu’aux States. C’est différent.

La décision paraît surprenante, mais elle reflète une sensibilité des élus qui, informés de la faible popularité du plan Paulson, doux euphémisme, ont voté contre une mesure qui indispose plus de 60 % des Américains n’ayant pas envie de payer pour les erreurs des financiers. Le vote est bien étrange puisque, parmi les démocrates, certains ont joué la sécurité, pour, comme l’a dit Obama, continuer à maintenir le rêve américain, un rêve de gamin, de génération Kennedy, de décapotable, de pavillon et de consommation festive. D’autres démocrates ont voté contre ne pas donner un blanc-seing à ce monde du profit. Parmi les républicains, la majorité a voté en prenant conscience que ce plan est une entorse aux fondamentaux libéraux de l’Amérique. Ils ont raison et n’ont pas trahi leur conviction, en hommes droits, jugeant que le système libéral doit sanctionner ceux qui ont mal géré et récompenser ceux dont les affaires sont vertueuses. D’autres républicains ont approuvé le plan Paulson parce que GW Bush le leur a demandé et qu’ils pensent limiter la casse. Ce qui n’apparaît pas, ce sont les lobbys qui ont sans doute eu quelques influences sur quelques élus. Mais pas au point de renverser l’issue du scrutin. Un vote qui, vu de chez nous, paraît inintelligible tant nous sommes persuadés que l’Amérique est une ploutocratie qui obéit aux intérêts des financiers.

Et la réaction des traders ? Le 11-Septembre se vérifie. Le rejet (provisoire ?) du plan Paulson a entraîné une chute sans précédent des indices boursiers. Presque 10 % pour le Nasdaq. Logique, cet indice intègre les sociétés de la finance à haut risque, autant que celles des nouvelles technologies. Si cet indice plonge, c’est le signe que le système est complètement vérolé et que le cancer financier a envahi les tissus en croissance de « l’économie basée sur la connaissance ». Le Dow Jones plonge de 7 %, l’indice chutant de presque 800 points, plus que la journée qui suivit les attentats du WTC et que le krach de 1987 (comme le Nasdacq du reste). C’est sans doute ce signe qui évoque un 11-Septembre. La découverte par le système financier qu’il « s’écroule » et ne sera pas sauvé par l’Etat. Ou peut-être l’inverse, une bourse frondeuse qui fusille son indice pour faire pression sur l’Etat, un peu comme le 11-Septembre a agi, essentiellement sur la riposte militaire des States. Où sont les causes, où sont les effets ? En vérité, incernables, comme entrelacées dans une figure du peintre Escher. Ce 29-Septembre est aussi ressenti comme tel par GW Bush qui ne s’attendait pas à une telle gifle, un affront des élus qui chez nous paraît relever de la politique fiction.

Ce vote, il est sans doute un électrochoc, une invitation à la prise de conscience, un message envoyé par les élus tant aux responsables du bilan désastreux depuis 2001 qu’aux héritiers de la gouvernance à la Maison-Blanche après les élections de début novembre. Le message, c’est que le rêve américain s’est achevé, ce 29 septembre 2008, le jour de la Saint-Michel, quand les dieux frappent de la foudre et de la révélation. Pour réveiller les Américains et leur signifier que le rêve est achevé, la fête terminée, remise à plus tard, et que les réalités d’un nouveau monde, imprévisible, embryonnaire, vont commencer. L’essence ne coulera plus comme avant, l’argent non plus, la domination des States s’achève, l’Asie prend son essor, la Russie ressuscite, l’Europe se cherche, l’Amérique du Sud assume son virage socialiste, l’Afrique cherche son salut, le Moyen-Orient fait ses affaires et nous prions pour qu’Israël ne pète pas les plombs et que l’Iran ne jette de l’huile sur le feu. La campagne présidentielle sera étrange. Mais beaucoup voudront croire qu’Obama peut sauver le rêve américain. Pourtant, un pays avec tant de ressources matérielles et humaines ferait mieux de songer à traverser la crise et remettre à plus tard un rêve réinventé avec de nouvelles bases. Obama peut être un président de transition. A-t-il l’envergure d’un Roosevelt ? Nous en doutons sérieusement.

Les premiers réveillés furent les membres du Congrès, stunned comme l’écrit le NYT. Ne pas confondre avec stone, rien d’une ivresse planante, mais tout d’une descente d’acide après un long voyage dans l’irréel. Un cauchemar pour les uns. Stunned se traduit par bouleversé ou renversé ou carrément sensationnel. Comme l’Amérique. Il ne manque qu’un artiste de rock pour transcrire en accords de guitare et en textes ce qui s’est passé ce 29 septembre 2008, le jour de la Saint-Michel.


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45 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 10:41

    Mes excuses pour les quelques coquilles et fautes d’accord. Ce billet a été rédigé vers minuit hier soir,


    • stephanemot stephanemot 30 septembre 2008 11:04

      ... et entretemps les marchés ont eu le temps de dégriser et d’absorber en partie le choc.

      j’ai adoré le speech de cet ultralibéral Républicain comparant le futur vote à la Révolution d’Octobre : "entre le pain et la liberté je choisis la liberté".

      sur le coup, Pelosi ne l’a pas joué très fine dans son appel au vote, pas vraiment "bi-partisan".

       


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:22

      Les affaires vont continuer c’est sûr mais ce vote m’est apparu comme historique et espérons que ce ne soit pas une fronde capricieuse de parlementaires mais bien l’amorce d’un nouveau deal entre l’économique et le politique.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:45

      RDV à 16 heures, on va voir si le Jones et le Nasdacq remontent. Ces traders sont des gamins capricieux, ils ont bien chahuté hier parce que les maîtres élus n’ont pas voulu leur donner l’argent de poche pour s’amuser au casino


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 22:55

      C’était prévisible, remontée de 5 points, de vrais comédiens ces traders, quoique, sont plutôt fébriles et versatiles, un monde étrange que ces créatures qui vivent dans une bulle.


    • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 11:37

      "En hommes libres" ? Pas si sûr... Voyant la colère de l’opinion présente et à venir, ils ont surtout voulu sauver leurs sièges à l’approche des élections, et la rente, les privilèges qui vont avec. Mais ils ont bien fait de voter contre ce projet néanmoins. Pourquoi faudrait-il remplumer actionnaires et boursicoteurs avec l’argent des contribuables alors que l’on sait que ces boursicoteurs remettront ça à la moindre occasion, guidés par leur seule avidité ? Le système est pourri ; il faut l’assainir en profondeur et non injecter l’argent de l’Etat (et négliger les citoyens qui sont dans la mouise).


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 11:48

        On voit que vous ne connaissez pas le système américain, c’est pas comme le Parlement chez nous, les Députés sortis sont désemparés, mais ils se sont voté 5 ans d’indemnité, aveu qu’ils ne sont pas capables de se trouver une formation et un job en 5 ans. Aux States, la plupart des congressistes sont des types qui ont réussi dans les affaires, et sont par conséquent libres financièrement parlant. C’est ce que j’ai pu lire. Qu’on me corrige si je dis faux


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 11:57

        En même temps, mêmer les affaires et la politique, cela peut s’avérer dangereux. Mais je dénonce aussi ce scandale des élus de notre république qui s’octroient des privilèges exorbitants. N’oubliez pas nos sénateurs qui se partagent une enveloppe juteuse en voyages et autres divertissements coûteux, des retraites dorées, des appartements gratuits à vie...


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 12:01

        Donc, il serait bon que nos élus sachent faire autre chose que de la politique mais pas majoritairement du business...Il faut un turn over des représentants favorisé par une régle de non cumul de mandats, de non réélection à vie, et par la participation plus active des citoyens qui veulent participer à la vie de la Cité.

        erratum : il fallait lire "mêler" dans le commentaire préciédent.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 12:07

        Tout à fait, et c’est pour cela que pas mal de députés étaient des fonctionnaires en disponibilités, et donc assurer de retrouver leur job. Le pb, c’est que quand on est prof à 2000 euros, qu’on croute dans la cuisine de l’intendance ses sandwichs, et qu’on goûte ensuite à la cantine de l’Assemblée, son menu pour le prix d’un sandwich, plus le salaire de 6000 euros, ou plus, et les avantages, comme l’accès gratuit à un numéro de comique d’André Santini

        on n’a plus envie de retourner s’emmerder au lycée


      • La Taverne des Poètes 30 septembre 2008 12:30

        Je n’ai pas dit qu’il fallait favoriser uniquement les fonctionnaires. Trop de fonctionnaires aux chambres peut nuire autant que trop de gens d’affaires ou trop de politiciens carriéristes.


      • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2008 11:53

        Obama , pur produit de l’etablishment , soutient le plan paulson . faut il que certains soient naifs au point de croire que ce type va vraiment changer quelque chose ??????


        • Jean-Paul Doguet 30 septembre 2008 13:11

          "Obama , pur produit de l’etablishment"
          Il ne faut quand même pas exagérer. C’est le fils d’un immigré kenyan de Hawai, qui a passé plusieurs années comme travailleur social à Chicago et n’est sénateur que depuis 4 ans. C’est une formulation tout à fait discutable, et non pertinente. Elle s’applique par contre à des gens N. Pelosi ou bien sûr à G. Bush, qui sont issus de dynasties politiques. Donc ça ne va pas du tout. Appartenir à l’establishment signifie être un héritier, avoir un long passé politique, ou être issu d’une famille américaine de longue date. Ce n’est pas du tout son cas.


        • COLRE COLRE 30 septembre 2008 12:07

          Ça fait drôlement vendre, le 11 septembre, surtout sur AV, d’où le titre racoleur ! Car, en réalité, ce vote américain n’a aucun rapport avec les attentats du 11 septembre…
          Ah là là, faut bien vivre et bien emballer sa came, n’est-ce pas ?… smiley


          • geko 30 septembre 2008 12:25

            Colre

            Ce titre a d’abord été repris par Mc Cain, puis Parisot....C’est surtout pour effrayer avec un arrière gout de va-t-en guerre !


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 12:33

            Je n’emploie pas le 11-septembre dans le sens de Parisot ou MC Cain qui ont parlé d’un 11 septembre financier, alors que dans ce billet, il est question d’un 11 septembre politique, un ovni venu du congrès qui a heurté l’innocence des traders se croyant protégés par l’Etat fédéral


          • Serpico Serpico 30 septembre 2008 14:16

            Dugué : "l’innocence des traders"

            **************

            Elle est bonne, celle-là !



          • non666 non666 30 septembre 2008 12:07

            Les etats unis et ses collabos chez nous sont devant un enjeux stratégique :

            Le dollar, "l’armée rouge" US va t’il survivre a cet effondrement.

            La première crise a eu lieu quand Saddam a envahi le koweit :

            Un Japon en plein krach + Une allemagne en reunification + un pays pétrolier envahi = plus personne pour financer le deficit US et acheter les "bunds" de la FED.
            Enquelques mois le dollar etait passé de 7 FFR à 3,50 Frcs.

            La gigantesque planche a billet qui produit de l’inflation s’etait remise en route.
            Quelques rackets plus tard( pardon on dit cofinancement de la 1ere guerre du golf quand on cause diplomatique...) le meme deficit reapparait et comme avant, plus personne ne veut finacer la "supériorité" US. le Fils Bush tente de refaire le coup de son père et c’est la cata :
            malgrès un attentat superbement organisé (papa lui a expliqué le torpillage du Lusitania et l’affaire du golfe du Tonkin) personne ne veut ni suivre les etats unis en Irak, ni financer leur guerre...

            Du Coup la FED reprends la bonne vielle technique de Bismark en Europe centrale : si vous voulez que l’Allemagne rebourse son enorme dette , chers tchcoslovaque, il va falloir nous faciliter l’ouverture de votre marché, sinon comment vous rembourser ?....autrement qu’en monnnaie devaluée ?

            Personne n’a voulu cracher au basinet et la FED provoque deliberement ce qui va provoquer inevitrablement une devaluation massive du dollar et la ruine de tous les preteurs et acheteurs de bonds du tresor....

            Les meme personnes, les memes groupes qui possedent la FED( qui n’est pas une banque centrale au sens strict) et qui ont déja provoqué les crises de 1907 et 1929 organisent la ruine de leurs concurrents...

            Bravo !

            Heureusement qu’ils ont mis un de leur pion a l’Elysée et un autre , "de gauche" au FMI en train de se construire un statut de remplaçant en chef pour un PS deliquescent.
            Parce que sinon, si nous avions des journalistes et des politiciens dignent de ce nom, cela pourrait provoquer de l’indignation. 



            • blibgnu blibgnu 30 septembre 2008 12:49

              Peut-être est-ce là une étape nécessaire puisque qu’il existe un projet de remplacement du dollars par l’amero d’ici à 2020, non666 ? Enfin on verra bien !


            • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2008 13:30

              l’apero ça serait mieux !


            • Jean-Paul Doguet 30 septembre 2008 13:05

              "eh bien ça ressemble à l’Amérique qu’on aime et à une France qu’on aimerait bien voir fonctionner ainsi."

              Ah bon ? Vous donnez l’impression bizarre de découvrir l’absence de discipline de vote aux Etats-Unis. Ca ne date vraiment pas d’hier. Je ne vois pas du tout ce que ça a d’admirable. En France aussi d’ailleurs les députés peuvent ne pas tenir compte des consignes de leur parti. Mais ils ont à en redouter les conséquences pour leur réelection. 

              Mais faut-il se féliciter de ce vote comme vous le faîtes naivement ? Ne croyez vous pas qu’il va donner le signal d’une aggravation et d’une propagation de la crise à l’ensemble de l’économie américaine et même du monde ? Je ne vois pas du tout ce que ça a de réjouissant. 


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 13:12

                Krisis, du grec, décision 

                le vote du plan Paulson eut-il été une meilleure décision ?

                Les parlementaires sont certes indisciplinés mais sur un sujet qu’on pensait consensuel, ayant réuni Bush et les deux candidats, la surprise a été de taille.

                Si je vous interprète bien, vous auriez préféré l’adoption du plan Paulson, en n’étant pas naïf mais lucide et responsable.


              • Jean-Paul Doguet 30 septembre 2008 13:29

                Oui. Tout bien pesé je n’ignore pas les limites et les défautsde ce plan mais je pense que ça aurait été un moindre mal, et ce vote ne me parait pas du tout être une bonne chose, même s’il est rattrapé (comme c’est probable) il sera sans doute trop tard. Je ne vois pas du tout de motif de s’en réjouir et j’y vois surtout un signe d’aveuglement et de dogmatisme de la part des représentants américains. Sans succomber à l’ivresse des comparaisons, il me semble que ce plan ressemble à l’Emergency Banking Act de Roosevelt, une décision que Hoover n’avait pas osé prendre. 


              • LE CHAT LE CHAT 30 septembre 2008 13:33

                c’est une goutte d’eau dans l’ocean des dettes américaines , jetée pour seulement tenter de rétablir la confiance . Mais les gens savent que cela ne suffira pas , comme une rustine sur une jambe de bois vermoulue ! c’est une des raisons du rejet du texte ! pourquoi gâcher 700 milliards en plus !


              • Jean-Paul Doguet 30 septembre 2008 13:48

                Pas du tout, le texte a été rejetté sur la base de deux arguments : l’argument libéral de la droite républicaine qui estime que le contribuable n’a pas à payer pour voler au secours de faillites (point de vue de Newt Gingrich) sans se préoccuper des conséquences très graves (et pires) qu’aurait un effrondrement général du système bancaire. Il faudrait rappeler aux gens ce qui s’est passé en 1930.
                L’autre argument est un argument "de gauche", populiste. il consiste à dire qu’il ne faut pas renflouer des spéculateurs, et que c’est bien fait pour eux. Là aussi c’est un peu léger parce qu’il y un risque très réel de propagation à l’ensemble de l’économie. C’est une erreur de croire que cette crise financière ne concernerait que la finance. 
                Le plan en question visait le court terme c’est vrai, mais ce n’est pas absolument négligable même si ce n’est pas suffisant. Si j’avais été député américain je l’aurais voté sans enthousiasme mais sans état d’âme. Et je ne comprends pas du tout qu’on puisse admirer le comportement stupide et provincial des représentants. L’Amérique qui a voté "non" est au contraire l’Amérique qui fuit ses responsabilités. 


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 14:14

                Vous avez raison, vive les gens responsables, comme tous ces patrons, ces banquiers, ces traders qui ont mis la finance en difficulté, vive les élites, qui détiennent la responsabilité, ah bas le peuple, cet infâme profiteur du système, qui a un salaire correct ou moyen et qui donne des leçon de morale à des gens d’en haut, ces braves capitaines !


              • Jean-Paul Doguet 30 septembre 2008 14:32

                Ai-je dit quoi que ce soit de semblable ? Il n’y a pas d’argument dans votre rhétorique populiste. Vous ne semblez pas vous rendre compte qu’une crise économique, même d’origine financière, frappe justement le peuple. Si le système bancaire se casse la figure, il y aura une poussée de chômage, mais il deviendra aussi très difficile sinon même impossible d’emprunter pour faire des études, s’acheter une maison, une voiture etc..


              • Eric De Ruest MoiZZE 30 septembre 2008 16:48

                Ce sera peut-être enfin le début d’un espoir, d’un changement de paradigme. Celui de la relocalisation de l’économie, de l’agriculture, le retour des valeurs humaines remplaçant celles stupides de l’avoir, de l’argent et de la compétition entre les humains. Point de populisme dans ces propos. Pas de retour en arrière non plus, mais l’idée d’une re-humanisation de la société, permettant je l’espère des avancées sociales et écologiques. On peut, grâce à la solidarité, construire des maisons bien moins chères, écologiques. On peut aussi produire une bonne part de son alimentation, tout en restant informés sur le monde (internet libre, softwares opensource) tout en maintenant un cap scientifique conscientisé. Tant de choses à améliorer, tant de projets à mettre en place et cela ne pourra se faire qu’à travers un choc et une modification sociétale importante, de type crise financière majeure. Car tant que la finance dominera le monde et imposera ses paradigmes mortifères, nous nous condamnons à une dégradations de nos conditions d’existance. Rien n’est écrit, tout est à faire. Et comme le disait Johnny Rotten, "you must destroy to create"...


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 20:14

                Je vous vois venir, Jean-Paul, un débat dévastateur en perspective

                Votre idée du peuple qui épouse les miettes des idéaux des élites qui du reste, ont conduit le système vers sa perte, et vous voudriez que le peuple soit sauvé, si tel est le peuple, qu’il crève et d’ailleurs, le système a fait crever les gens là-bas, des tas de gens sur la route, ces meubles dans les rues, ces saisies, cet holocauste économique et personne n’a rien dit depuis un an, sauf maintenant. Vous prétendez défendre le peuple mais il est déjà assassiné, le peuple fragile.

                Votre position Jean Paul, est respectable, comme celle d’un Guy Millière. Mais moi, je suis déterminé à la combattre, je n’aime pas que les dominateurs dominent en trichant car ce système bancaire et bancale est le fait de voyoux de la finance, et vous voudriez sauvez ces voyous en défendant le plan Paulson. Il faut une casse du système pour le faire renaître avec de nouvelles bases, telle est la loi !


              • herve33 30 septembre 2008 13:43

                De toute manière , Plan Paulson ou pas , nous n’éviterons pas la débacle financière . Personne ne croyait qu’il aurait réussi à enrayer à lui tout seul la bulle du crédit aux US . 700 milliards de dollars semble bien peu et cela arrive trop tard d’après Paul Jorion . 

                http://www.pauljorion.com/blog/?p=787

                Qui va t-il se passer maintenant ?

                A vos pronostics !!!



                • antitall antitall 30 septembre 2008 14:10

                  c’est pas difficile,le merdier à coup sûr !.........tous aux abris !! smiley


                • Aafrit Aafrit 30 septembre 2008 14:54

                   J’ai l’impression que rien ne va avec la santé mentale des USA, une autre erreur et qu’ils vont la regretter, ne pas voter OUi.
                   Se suicider est ce qui est compatible pour donner fin à tout ça ?
                  Pourquoi n’ y avait-il pas d’abord un vote pour renflouer les caisses des âmes dessechées ?
                  Les USA Étaient peut être sages mais les Bush and Con les ont abrutis et abêtis..d’où le vote irresponsable..


                    • morice morice 30 septembre 2008 15:47

                       Ça sera donc comme chanson everybody must get "stunned"... sur la base du texte de Dylan.. ?

                      mais en ce moment c’est plutôt Brother can you spare me a dime !!! 

                      Lyrics to Brother Can You Spare A Dime :
                      once I built a railroad, made it run
                      made it race against time
                      once I built a rairoad, now it’s done
                      brother can you spare a dime ?
                      once I built a tower to the sun
                      brick and rivet and lime
                      once I built a tower, now it’s done
                      brother can you spare a dime ?

                      once in khaki suits
                      gee, we looked swell
                      full of that yankee Doodle De Dum
                      half a million boots went slogging through hell
                      I was the kid with the drum
                      say don’t you remember, they called me Al
                      It was Al all the time
                      say don’t you remember, I’m your pal !
                      buddy can you spare a dime ?

                      once I built a railroad, made it run
                      made it race against time
                      once I built a rairoad, now it’s done
                      brother can you spare a dime ?
                      once I built a tower to the sun
                      brick and rivet and lime
                      once I built a tower, now it’s done
                      brother can you spare a dime ?

                      once in khaki suits
                      gee, we looked swell
                      full of that yankee Doodle De Dum
                      half a million boots went slogging through hell
                      I was the kid with the drum
                      say don’t you remember, they called me Al
                      It was Al all the time
                      say don’t you remember, I’m your pal !
                      buddy can you spare a dime ?


                      • Ràzösky Ràzösky 30 septembre 2008 21:36

                        Vous savez ce qu’est la justice immanente Dugué ?

                        MOI JE sais ; c’est la seule chose qui me fasse peur......


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 septembre 2008 21:39

                          La justice immanente c’est

                          accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle !


                          ou alors,

                          le premier de cordée se casse, démerde toi !


                        • grangeoisi 1er octobre 2008 00:31

                          ....."Et quelle leçon de politique où l’on voit des élus voter en leur âme et conscience, selon leur conviction, sans aucune consigne de parti, en hommes libres".... ROFL !

                          Ca se fait en 2 temps :

                          1 st : un vote négatif par ceux qui doivent se faire réélire

                          2nd : un vote positif perdu dans la masse de vagues explications... holy cow !! Not so stupid, always vote that way !


                          • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 09:14

                            Il y a quelque chose d’étrange dans la perception de ce vote,

                            JM Aphatie a dit pareil que moi sur son blog

                            L’opinion populaire invente de prétendus calculs politiques. Quand nos députés votent comme des godillots, tout le monde ici crie au secours, présidentialisation, les parlementaires aux ordres de Sarkozy

                            Mais quand c’est là-bas, alors, ce vote libre des congressistes dérange. Notre opinion aurait-elle préféré un vote aux ordres de Bush ? Etrange cette opinion à géométrie variable

                            mais j’ai une explication, les Français ont peur de la crise, de perdre quelques petits sous, seraient-ils prêts à accepter une dictature si celle-ci garantissait leurs sous ?


                          • Patience Patience 1er octobre 2008 10:10

                            Moi, j’attends que Bernard-Henri Levy mene une longue et rigoureuse enquete a Wall Street.

                            C’est vrai quoi. Je me suis habitue a lire l’eminent point de vue de l’illustre philosophe, alors je lui fais confiance pour me pointer les vrais coupables de cette catastrophe.

                            Imaginez que sans lui, j’en serais encore a croire betement que ce sont les Georgiens qui ont attaque l’Ossetie !!!

                            Allez Bernard-Henri, je compte sur toi.

                            Tu es le meilleur. tu es grand, tu es beau et si riche.

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