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Un an après la guerre, la scène politique israélienne et moyen-orientale

Il y a presque un an, Israël et le Hezbollah déposaient les armes, mettant un terme à plus d’un mois d’un conflit qui ne voyait pas se détacher, au final, de véritable vainqueur. L’effervescence qui a accompagné la publication, fin avril, des conclusions de la très attendue commission Winograd, témoigne que cet évènement est encore très présent dans les esprits de la société israélienne, comme dans ceux des divers observateurs de la politique régionale

La guerre de juillet /août 2006 entre Israël et le Hezbollah n’a pas seulement revêtu des caractères militaires aux yeux de la société israélienne. Elle a été le révélateur criant de la crise morale qui ronge depuis déjà plusieurs années la classe politique israélienne, une crise amplifiée par l’arrivée sur le devant de la scène d’Ehoud Olmert, ancien « second couteau » du Likoud propulsé Premier ministre après la tragique fin de carrière politique d’ Ariel Sharon en Janvier 2006. L’incompétence manifeste du gouvernement Olmert, et en premier lieu du ministre de la Défense Amir Peretz - syndicaliste de métier - à propos des questions militaires, a littéralement ulcéré une opinion publique israélienne traditionnellement exigeante sur ce sujet. Cette médiocrité, reconnue par tous dans la gestion des affaires, a renforcé le climat de désaffection aujourd’hui très prononcé de la population israélienne vis-à-vis de ses élus, régulièrement éclaboussés par des scandales de mœurs ou de corruption. La vingtaine de députés qui sont à l’heure actuelle inquiétés par la justice dans des affaires de corruption ou de trafic d’influence et l’absence totale de principes qui caractérise la classe politique actuelle ont entraîné la perte de confiance du public dans les partis existants. Un désaveu qui se manifeste de plus en plus clairement par des taux d’abstention records aux élections, et par le vote massif pour des nouveaux partis, notamment lors des dernières élections législatives en mars 2006.

La déconvenue militaire et le mécontentement social sont deux phénomènes très étroitement imbriqués, la Défense constituant depuis la création d’Israël un enjeu majeur et un sujet de fierté mais aussi et plus pragmatiquement le plus important budget du gouvernement... Une défection dans ce domaine est généralement « éliminatoire » pour les dirigeants, la dernière (et seule) déconvenue militaire de l’histoire d’Israël en 1973 lors de la guerre de Kippour ayant alors conduite à la démission du premier ministre d’alors Golda Meir. A l’époque, les conclusions d’une commission d’enquête chargée d’évaluer les responsabilités dans manquements de la direction politique et militaire de la guerre avaient poussées vers la sortie la « dame de fer » israélienne. En 2006, une telle commission, la commission Winograd, a été mise en place, malgré les réticences initiales d’Ehoud Olmert. Les conclusions de celle-ci, rendues publiques en avril 2007, ont, sans surprise, fait porter la responsabilité de la faillite de la guerre à certaines des plus hautes personnalités de l’Etat au premier rang desquelles Ehoud Olmert lui-même, mais aussi le ministre de la défense Amir Peretz, et le chef d’état major démissionnaire Dan Haloutz, provoquant un véritable tremblement de terre au sein de la classe politique israélienne. Si le premier ministre se refuse toujours à présenter sa démission, un nombre grandissant d’israéliens la réclame pourtant avec de plus en plus d’insistance comme en témoigne l’affluence lors de la grande manifestation organisée le 3 mai à Tel Aviv . Des membres du gouvernement Olmert n’ont pas hésité à réclamer son départ, si ce n’est même sa place à l’image de Mme Livni, la ministre des Affaires étrangères, qui s’est clairement déclarée intéressée par le poste de Premier ministre. Le parallèle, établi par beaucoup, entre la situation après la deuxième guerre du Liban et les lendemains d’octobre 1973 est tentant. Il n’est par ailleurs pas dénué de tout fondement. Le mandat de Golda Meir, tout comme celui, jusqu’à présent, d’Ehud Olmert, avait été marqué par une instabilité politique et un manque de leadership qui avaient culminé lors de la guerre d’Octobre. Ce rapprochement entre deux époques fait néanmoins fi de la confiance absolue des israéliens d’alors en leurs dirigeants politiques en matière militaire suite à la victoire écrasante et aux conquêtes de 1967, une situation qui diffère grandement d’avec la situation actuelle. En 1973, la surprise avait été totale, et la claque reçue par Israël n’en avait été que plus cinglante. L’incapacité à prévoir la guerre avait expliqué, plus que le terrain militaire (sur lequel, la surprise passée, Israël avait fini par s’imposer), la chute de Golda Meir. En 2006, à la veille du conflit, l’Etat israélien et son armée ne respirent pas la sérénité, et ceci depuis déjà quelques années. Une deuxième Intifada jamais vraiment maîtrisée, un retrait du Liban, en 2000, puis de Gaza, en 2005, la queue entre les jambes, ont déjà lourdement entamé le crédit militaire d’Israël lorsque se profile le conflit de l’été 2006. Il ne convient cependant pas de minimiser la surprise qu’a constituée le déroulement de la guerre contre le Hezbollah. Le sentiment qui a prévalu dans l’opinion publique fut la stupéfaction face à la conduite de la guerre et à l’attitude des dirigeants politiques.

Comment l’Etat hébreu a-t-il pu en arriver là ? Il ne convient pas, soyons clairs, de présenter le conflit de l’été 2006 comme une défaite pour Tel Aviv. Ce ne fut pas le cas militairement parlant et d’ailleurs aucune puissance régionale n’est à l’heure actuelle capable de défaire l’armée israélienne dans un affrontement frontal. Mais au regard des objectifs initiaux de Tel Aviv, les conditions du cessez le feu négociées par Israël et confirmées par la résolution 1701 du conseil de sécurité des nations unies, et ce après un mois d’efforts intensifs de la part Tsahal, constituent un sérieux revers pour Israël. Si le territoire d’Israël n’a jamais véritablement été mis en grave danger, les deux objectifs proclamés de l’état hébreu, à savoir récupérer les soldats enlevés et affaiblir significativement le Hezbollah, n’ont, pour leur part, pas été remplis. Des objectifs qui semblaient pourtant raisonnables au début du conflit tant le déséquilibre des forces en présence paraissait flagrant. Pire, la déconvenue de Tsahal a donné un statut nouveau au Hezbollah et à son chef Hassan Nasrallah, dont la cote n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui et en qui la rue arabe, en mal de héros depuis la mort d’Arafat, voit le nouveau Nasser. Car ce qui est le plus inquiétant pour l’Etat israélien, c’est l’évolution de son image auprès des opinions publiques arabes et internationales. La réputation d’invincibilité de l’armée israélienne entachée, c’est le conflit Israélo-arabe dans sa globalité qui s’en est trouvé relancé. Le Hamas palestinien a acclamé la réussite du Hezbollah et déclare vouloir s’associer plus étroitement à la milice libanaise dans sa lutte contre Israël. La Syrie et l’Iran, de leur côté, se sont frottés les mains, tous satisfaits qu’ils étaient de voir le conseil de sécurité finalement rééquilibrer sa position en leur faveur lors des tractations en vue d’un cessez-le-feu. Les deux pays tuteurs du Hezbollah, qui ont été très largement associés à la réussite de leur protégé ont compris très tôt tout le parti qu’ils pouvaient tirer de la tournure inattendue des évènements. La Syrie a vue être éjectée l’armée israélienne d’un pays qu’elle considère encore comme son pré carré. L’Iran, de son côté, est ressorti grand vainqueur du conflit, sans même avoir eu à entrer officiellement en guerre contre Israël. Celui que la plupart des observateurs et des journalistes ont bien voulu voir - à plus ou moins bon escient - comme le grand instigateur de l’ombre, a su s’associer très opportunément à la fortune de « sa » milice, le Hezbollah (fondé à la suite de la révolution islamique de 1979). Beaucoup ont abusé de cette filiation, pendant et après le conflit, pour justifier des raccourcis quelques peu simplificateurs négligeant le caractère fondamentalement libanais du conflit. Reste que les médias, ainsi que les opinions publiques, arabes comme occidentales, ont été prompts à croire et à répandre les bruits de couloirs, par ailleurs amplifiés par les accusations récurrentes d’Israël et des Etats-Unis à l’encontre de l’Iran. Reste également qu’il est indéniable que l’aide de l’Iran fut précieuse au Hezbollah pendant toute la durée du conflit. Les experts militaires ont été proprement sidérés par la qualité de l’arsenal qu’a déployé le Hezbollah. Du matériel iranien, russe et même américain de dernière génération qui fut, depuis le retrait israélien du Sud Liban en 2000, transmis au Hezbollah par Téhéran via son allié syrien. Une épreuve de force qui a non seulement impressionné la communauté internationale mais aussi placé l’Iran en position de force face à ses deux principaux adversaires, Israël et les Etats-Unis. L’Iran a habilement profité de cette « aubaine » et a rappelé qu’il fallait compter avec lui au Moyen-Orient et que son pouvoir de nuisance, au Liban mais aussi sur d’autres fronts éventuels (l’Irak ?) ne devait être négligé. Et de fait, l’administration Bush n’a semble-t-elle aucune envie de voir s’ouvrir un front sur la frontière iranienne, elle qui peine déjà, quatre ans après son arrivée à Bagdad, à maintenir un semblant de structure étatique et de cohésion sociale dans un pays au bord de la guerre civile. Le tout joué sur fond d’un dossier nucléaire iranien face auquel la communauté internationale peine à faire front commun a pleinement joué en faveur de la stratégie de la peur préconisée par le président M. Ahmadinejad et ses diplomates à Téhéran. La psychose est à l’ordre du jour ces derniers temps en Israël ou l’on voit d’un très mauvais œil la montée en puissance d’un Iran que tout le monde voit bientôt nucléaire. L’infléchissement récent de la politique américaine en direction du monde arabe - et notamment la Syrie - signale peut être que les Etats-Unis ont réalisés que la prise en compte de l’Iran comme interlocuteur au Moyen-Orient est en passe de devenir incontournable. Reste que l’administration Bush se refuse pourtant toujours à normaliser ses relations directes avec Téhéran, relations rompues depuis 1980... Sous l’influence des néoconservateurs, George W. Bush répugne encore à considérer le régime de M. Ahmadinejad - désigné en 2001 comme appartenant à « l’axe du mal » - comme un interlocuteur valable. Un an après donc, l’heure n’est pas à aux réjouissances en Israël et chez son allié américain. Et le parallèle avec 1973 apparaît désormais bien flatteur pour un état hébreu qui avait, à l’époque, finalement vu se renforcer sa réputation d’invincibilité au sortir de la guerre d’Octobre. Aujourd’hui, une dangereuse escalade couve au Proche-Orient et dans une grande partie du monde arabe, et le fossé qui semble se creuser de plus en plus entre l’Occident et le monde arabe est inquiétant. La communauté internationale, bien timorée dans ses condamnations de l’Iran, peine à concilier des intérêts divergents, se heurtant notamment à la montée en puissance, discrète mais de plus en plus palpable, d’une Russie qui ne cache plus ses ambitions régionales et qui agite habilement le spectre de son veto au conseil de sécurité des Nations Unies. L’impasse dans laquelle se trouve depuis plusieurs années le processus de paix israélo-palestinien, est en grande partie responsable de cette agitation grandissante dans la région. Les dirigeants israéliens, comme palestiniens, tardent pourtant à donner des signes tangibles d’une volonté de réconciliation. D’ailleurs, l’espoir auquel se raccrochent à l’heure actuelle la plupart des occidentaux n’est nullement une éventuelle relance du processus de paix mais la constitution d’un front diplomatique sunnite, essentiellement composé de la puissante Arabie Saoudite et de la Jordanie, qui s’inquiète de la montée en puissance de chiisme révolutionnaire emmené par l’Iran et qui met à l’heure actuelle tout son poids dans la balance pour contrecarrer les ambitions persanes. Cette polarisation encouragée par Washington ne laisse que peu d’espoir à un règlement pacifique à court terme des troubles qui secouent le Moyen-Orient. L’administration Bush poursuit pourtant obstinément son « effort global contre le terrorisme » au Moyen-orient. Elle aurait d’ailleurs bien du mal à justifier un revirement brutal de son attitude, elle qui a fait de cette doctrine le fondement de sa politique internationale depuis le 11-Septembre 2001, intervenant en Afghanistan puis en Irak pour « restaurer » la démocratie et dans une perspective de construction d’un « nouveau Moyen-Orient ». Bien peu de raisons de se réjouir donc, d’autant plus que les alliances nouées par Washington dans la région se trouvent être des convergences très circonstancielles, les pays alliés, (auxquels il faut ajouter le Pakistan) étant bien loin de partager les vues de l’administration Bush concernant l’approche géopolitique et idéologique globale de la région...

Un an après la campagne militaire de l’été 2006 au Liban, aucune avancée significative n’a donc été réalisée sur des dossiers pourtant primordiaux. Le désarmement du Hezbollah, renvoyé aux calendes grecques par un pouvoir libanais à court de moyen et d’autorité, est à ce titre tout à fait symbolique de l’impasse dans laquelle se trouvent les différents acteurs internationaux. A court terme - et bien que la proximité temporelle des faits permette difficilement de discerner les tendances durables de celles plus éphémères - il semblerait que les relations entre Israël et ses voisins les plus hostiles ne sont pas prêtes d’être normalisées. Il n’y a là rien d’étonnant, les périodes de stabilité entre Israël et ses voisins ayant toujours bien plus résultées de l’écrasante suprématie militaire israélienne que d’une acceptation mutuelle. Rien d’étonnant donc, à ce que l’échec militaire israélien ait ravivé des tensions entre Israël et des pays dont le but avoué, depuis la création de l’état hébreu, n’est autre que la destruction pure et simple de celui-ci. Il serait exagéré de présenter la situation actuelle comme découlant uniquement de la guerre de l’été 2006. Mais l’attitude affichée par Israël pendant le conflit fut particulièrement représentative de la ligne de conduite adoptée depuis quelques années par l’Etat hébreu. Israël a appliqué les mêmes principes dans un conflit extérieur que dans sa lutte quotidienne dans les territoires autonomes de Palestine. Le refus de négocier avec des organisations terroristes ou des pays « soutenant le terrorisme » a bloqué toute avancée diplomatique et a confirmé, faute d’une nette victoire israélienne, un statut quo stérile, comparable à l’impasse dans laquelle se trouvent les relations entre Israël et le Hamas. Suivant les théories de la nouvelle doctrine dite de « conflit à basse intensité », et dont principe premier est qu’il faut « graver dans la conscience » des populations qu’elles n’obtiendront rien par la violence, Israël a exercé une pression permanente sur les populations par des bombardements intensifs et un harcèlement psychologique. Même en faisant abstraction des implications éthiques qu’une telle stratégie suppose, le résultat sur le terrain fut loin d’être convaincant. Plus inquiétant, cette stratégie de refus du dialogue pratiqué par Israël - et dont, il faut le préciser, certains dirigeants arabes s’accommodent bien volontiers - ne laisse pas présager de règlement diplomatique à court terme et est entrain de faire le lit d’un islam radical qui voit d’un bon œil l’émergence d’une jeunesse arabe élevée dans la haine d’Israël et de l’Occident.


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18 réactions à cet article    


  • fouadraiden fouadraiden 14 mai 2007 17:23

    il faut croire que depuis le désastre politique de la dernière guerre contre le liban les Palestiniens n’en n’ont tiré aucun bénéfice significatif.


    • frédéric lyon 15 mai 2007 01:57

      Oui, de vieilles bagnoles toutes pourries feront l’affaire.

      De toutes façons elles n’auront pas beaucoup de route à faire pour aller jusqu’à la place du marché du quartier d’à côté à l’heure de pointe, ou jusqu’à la mosquée des hérétiques à l’heure de la sortie de la prière du vendredi.

      Trois ou quatre cent mètres, pas plus.


      • Xerxès Xerxès 15 mai 2007 22:52

        Les aveugles veulent nous montrer le chemin.

        Tant qu’agression, occupation et répression seront les bases de la stratégie des Sionistes, ils vont devoir faire face à une résistance farouche par les Palestiniens et le Hezbollah.

        Sans Justice, pas de Paix.

        Xerxès


        • 3antar 16 mai 2007 18:16

          @Thierry Jacob,

          Pour ce qui concerne la bande de gaza, tout le monde sait où Olmert peut se la mettre !

          Comme son nom l’indique, c’est une bande et pas un pays de plus ne vous en déplaise les dernières résolutions de l’ONU en la matière prient les belligérants à retourner aux frontières de 67 !!!!!!!!!!!

          Bien qu’Israël en doute, les résolutions de l’ONU s’appliquent aussi à elle ...

          Pour ce qui est du ta suggestion qui consiste à les appeler à ce mettre au travail ! Saches qu’ils s’y attèlent depuis une 50ène d’année et qu’apparemment ils comptent bien aller au bout de leur travail qui consiste pour eux à récupérer un pays digne de ce nom !!!

          Venant en au Hezbollah que tu sembles mésestimer, tous d’abord, et couper court à tes fantasmes, ils n’ont jamais revendiqué une quelconque légitimité sur les terres Israéliennes, seulement dans leur pays de 4 000 000 d’hab. Il y a plus de 500 000 palestiniens réfugiés dans des camps de fortunes depuis plus de 30 ans. Ceux-ci ont acquits par le biais d’une résolution onusienne un « droit au retour » sous entendu sur le sol, aujourd’hui, Israélien. Il se trouve également qu’Israël effectuait assez régulièrement des excursions punitive sur le sol Libanais action auxquelles une partie de la résistance Libanaise, regroupée sous l’étendard du Hezbollah, a réagit en effectuant des actions de même type !!!

          Pour finir, je constate en te lisant que, les esprits faibles n’ont guère besoin d’Islam pour être manipulé...

          Nb : Ne te décrédibilises pas, en criant à l’antisémitisme, et cries plutôt à l’humanisme ......

          3antar,


        • armand armand 16 mai 2007 23:01

          La première résolution de l’ONU qui importe est celle qui créa l’Etat d’Israël. On attend encore que nombre d’états islamiques la respectent.


        • 3antar 18 mai 2007 15:44

          Quel sont ces pays islamistes dont tu parles ?

          La Jordanie ? la syrie ? l’égypte ? l’Iran ? le Liban ?

          Est-ce que cela empêche les Israéliens de vivre ?

          Es-ce à toi de préjuger des résolutions importante ou non ?

          Et si certains pays ne respectent pas cette résolution, en quoi cela dédouane t-il Israël ?

          Pas de paix sans justice !!

          3antar,


        • masuyer masuyer 16 mai 2007 22:31

          Il serait bon pour Israel de se rendre compte que chaque jour un peu plus il crée de nouvelle vocation de terroristes. A trop vouloir affaiblir Arafat (qui c’est aussi lui même affaibli par la corruption qui régnait au sein de l’Autorité Palestinienne), Israel a renforcé le Hamas.

          Sur le plan de la réussite économique rendons déjà le droit à la libre circulation des palestiniens sur leur territoire, arrêtons de bombarder leurs infrastructures ; sinon il n’y aucune chance que la situation économique s’améliore.


          • armand armand 16 mai 2007 22:56

            Encore une simplification abusive : ce n’est pas Israël qui créé le terrorisme, mais la forme ’secte’ du fondamentalisme islamiste qui s’en prend d’ailleurs, en priorité, aux musulmans jugés impies. Israël se comporterait en bon chrétien (tendant l’autre joue) que cela n’y changerait rien. En revanche, comme d’autres, Israël a commis avec obstination l’erreur d’affaiblir les forces nationalistes - avec lesquelles il est possible de s’entendre - au profit des islamistes, pour qui aucun accord n’est possible, tout au juste une trêve, avec un pouvoir non-musulman régnant sur un territoire, si minime soit-il, jadis sous domination musulmane.


          • masuyer masuyer 17 mai 2007 10:43

            Armand,

            vous dites que je fais dans la « simplification abusive ». Mais je dois vous rappeler que je n’ai pas dit qu’Israel créait le terrorisme mais que sa politique encourageait les vocations de terroristes.

            Ce qu’on appelle terrorisme dans le langage commun est une forme de guerre menée par des groupes qui se sentent ou qui sont opprimés par un autre groupe plus puissant (économiquement, militairement) bien souvent l’Etat. On pourrait aussi parler de guérilla. Le groupe puissant parlera de terrorisme, le groupe qui ne l’est pas de résistance.

            On a vu des Etats (la Lybie par exemple) utiliser le « terrorisme ». Je ne souhaite pas défendre Khadafi, loin de moi cette idée, mais il ne pouvait en être autrement. La Lybie était en conflit avec les Etats-Unis. Quand un conflit ne peut-être réglé diplomatiquement, il débouche sur la guerre. Etant donné les rapports de force, il me parait hautement improbable que la Lybie ait pu déclarer une guerre « conventionnelle » aux USA. D’où le recours au terrorisme qui est plus anonyme. Les neocons l’ont tellement bien compris qu’ils lancent des guerres préventives contre des états soupçonnés de terrorisme, avec le succès que l’on sait.

            Durant la guerre froide, l’URSS et les USA se sont aussi affrontés par le biais du terrorisme. La puissance militaire (réelle ou supposée) des deux protagonistes avait établi un équilibre de la terreur basé sur la dissuasion nucléaire, désamorçant ainsi toute tentation de recours à la guerre « conventionnelle ». Les deux bélligérants n’étaient toutefois pas en paix et s’affrontaient de manière indirecte sur des territoires qui n’étaient pas les leurs à travers des groupes « terroristes » (Afghanistan, Israel, Europe...) sur le principe « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ».

            Pour les groupes politiques qui veulent utiliser le « terrorisme », il faut quand même trouver des combattants et surtout les remplacer souvent, puisque les rapports de force fait qu’ils subiront proportionnellement plus de perte que leur adversaire. Or, la plupart des gens n’ont pas la vocation de martyrs. Prenons l’exemple de la France sous l’occupation. Les FTP ou les FFI étaient considérés par l’occupant et le pouvoir en place comme des terroristes. Dans un premier temps les combattants de la résistance étaient peu nombreux. C’est la création du STO qui a augmenté le nombre de combattants. Dans un premier temps, les Français, sans vouloir dans leur majorité de l’occupation, pouvaient s’en accommoder (jusque là, les mesures répressives concernaient surtout les juifs qui étaient minoritaire). Les sacrifices demandés étant finalement jugés acceptables (en tout cas plus que le risque de perdre la vie). Le STO, lui, touchait les Français dans leur ensemble (directement ou indirectement), il fut jugé inacceptable par beaucoup et donc des milliers de jeunes gens préférèrent le maquis à un exil en Allemagne.

            Je ne porte pas ici de jugement de valeur sur les mouvements de résistance. Mais de se demander à partir de quand un humain « ordinaire » est prêt à se faire sauter ou à risquer sa vie.


          • frédéric lyon 21 mai 2007 12:04

            « Je ne porte pas ici de jugement de valeur sur les mouvements de résistance. Mais de se demander à partir de quand un humain »ordinaire« est prêt à se faire sauter ou à risquer sa vie. »

            ...............

            A partir de quand ? A partir du moment où ce pauvre garçon ou cette pauvre fille a perdu sa tête et tombe malencontreusement sue des salauds prêts à en profiter !


            • masuyer masuyer 27 mai 2007 10:22

              « A partir de quand ? A partir du moment où ce pauvre garçon ou cette pauvre fille a perdu sa tête et tombe malencontreusement sue des salauds prêts à en profiter ! »

              Sa tête ou un membre de sa famille. Selon le rapport d’Amnesty International 2007, en 2006 les attentats-suicide ont causé la mort de 27 israéliens quand les bombardements de Tsahal ont tué 650 palestiniens dont 150 enfants. Sans vouloir se lancer dans une comptabilité macabre, il semble que les répliques de Tsahal soient (si on les considère comme légitimes, ce qui n’est pas mon cas) fortement disproportionnées. La loi du Talion semble être devenue 20 yeux pour oeil, 20 dents pour dent.

              Imaginons le cas de figure de la France lorsqu’elle a été victimes des attentats de groupes terroristes islamistes algériens, devait-elle bombarder l’Algérie ? Ou le Royaume-Uni, l’Irlande ? Ou l’Espagne le Pays Basque ?

              En cas de terrorisme, la seule réplique légitime d’un pays démocratique est une réplique judiciaire. Faudra-t-il un jour envoyer une force d’interposition en Israel ?

              Répondez donc à ces questions si le coeur vous en dit


            • masuyer masuyer 29 mai 2007 19:39

              Non pour faire respecter aux DEUX parties les résolutions de l’ONU.

              Pourriez-vous répondre à la question : l’Espagne doit-elle bombarder le Pays Basque ? Le Royaume-Uni devait-il bombarder l’Irlande ? La France devait-elle bombarder l’Algérie ?

              Si vous pouvez en votre âme et conscience répondre oui à ces 3 questions, je pourrais peut-être plus facilement admettre qu’Israel bombarde des populations civiles en représaille à des attentats terroristes. Tuez les tous Dieu reconnaitra les siens.

              Les représailles sur les populations civiles face au terrorisme sont de sinistre mémoire en France.


              • masuyer masuyer 30 mai 2007 18:05

                des missiles sont tirés depuis Israel vers la bande de Gaza sans que ça perturbe plus que ça le gouvernement israélien. Et visiblement, ils ont l’air plus efficaces (2006, 27 morts coté israélien, 650 coté palestinien, ah mais peut-être que c’est fonction du taux de fécondité ?)

                Tant que vous raisonnerez comme ça, la seule solution pour mettre fin au terrorisme est l’éradication de tous les palestiniens (voire tous les musulmans)< ;


              • masuyer masuyer 30 mai 2007 18:15

                « Le pays Basque n’est pas un état », au niveau de l’autonomie ça doit être un peu kif kif que la bande de Gaza. L’Autorité Palestinienne (ce n’est pas un état d’ailleurs) n’a pas déclaré la guerre à Israel. Le cas de figure le plus proche est celui de l’Irlande (Bien que la République d’Irlande soit un état ; contrairement à l’Autorité Palestinienne) où vivaient de nombreux membres de l’ETA qui commettaient des attentats sur le sol britannique (le nombre de mort doit être à peu près équivalent à celui connu par Israel)


              • masuyer masuyer 30 mai 2007 18:20

                Mais au fait, vous reconnaissez l’Etat palestinien. Grande nouvelle, tiens je fais péter le champagne smiley


              • Sam2004ecp Sam2004ecp 15 juin 2007 16:24

                Je pense que Thierry comme masuyer avez tendance à défendre des positions relativement mannichéenne.

                Déjà, sur le nombre de victimes. Les pertes palestiniennes sont certes catastrophiques, tout autant d’ailleurs que les vies israéliennes. Une vie humaine n’est pas plus importante qu’une autre, tous les gens un peu sensés seront d’accord là-dessus. Néanmoins, vous faîtes référence à un rapport d’Amnesty International qui, une fois n’est pas coutume, a un parti pris relativement discutable, occultant ostensiblement les tirs de roquettes quotidiens et répétés des factions palestiniennes, dont le Hamas.

                Vous parlez de démesure, mais vous ne faîtes pas mention des tentatives avortées d’attentats ou des tirs de roquettes qui ne font pas de victimes. Si l’armée israélienne dépensent plus d’énergie à se protéger que les terroristes palestiniens à protéger les leurs, ces chiffres ont-ils une quelconque valeur ? Peut-on quantifier en nombre de victimes sans mentionner le fait que les tentatives des factions palestiniennes sont régulièrement mises en échec ? Donc si y a pas de mort, c’est pas grave que des gens vivent dans la terreur (notamment à Sdérot) ? Ca me parait partial. Ca n’empêche pas effectivement, l’armée israélienne de commettre des erreurs qui sont sont d’ailleurs systématiquement l’objet d’excuses de la part du gouvernement israélien, pour ce que ça vaut.

                Par ailleurs, sur le statut des territoires palestiniens, c’est compliqué. En effet, Thierry, Gaza est un territoire où habitent les Palestiniens, mais ce n’est pas à proprement parler un Etat, et c’est quand même très handicapant. Cependant, là où vous avez raison, c’est que ce territoire jouit d’un gouvernement et d’une autorité reconnue. En cela, masuyer, la situation n’a rien à voir avec le cas de l’Espagne, l’Irlande, ou l’Algérie. En effet, le cas de l’autorité palestinienne est malheureusement unique, donc rechercher des exemples me parait assez douteux. En particulier l’exemple basque n’a strictement rien à voir, puisque l’ETA n’a pas de pouvoir politique.

                Par ailleurs, remettre en question la légitimité de ce qu’on appelle communément le terrorisme islamiste me parait assez dangereux. La Hamas n’est clairement pas un interlocuteur viable de paix, il n’y a qu’à voir le putsch injustifié qu’ils sont en train de faire subir à Mahmoud Abbas, paradoxalement un des dirigeants les plus constructifs que les Palestiniens aient jamais eus, mais pourtant extrêmement contesté. D’ailleurs, puisque vous aimez les chiffres, plus de 100 morts en 1 semaine, c’est encore plus fort que ce que font les soldats israéliens... Je suis cynique, c’est mal, mais ça me choque franchement que le Hamas n’hésite pas à ouvrir le feu contre des manifestants pacifistes. Ca en dit long sur les méthodes. Effectivement, si l’énergie et les fonds déployés au service de la violence servaient plutôt à la construction, peut-être que l’on n’en serait pas là. Car même si l’Etat palestinien n’existe pas encore, il est évident que la bande de Gaza en fera partie. Quand je vois le pognon qui passe dans les armes et dans la corruption, je suis un peu outré qu’on attribue à la seule mauvaise volonté d’Israël la misère palestinienne... Ca me rappelle la théorie fasciste de l’ennemi commun pour assoir un peu plus une position despotique.

                Enfin, et c’est l’élément qui m’a choqué chez masuyer, vous semblez étonné qu’un défenseur de l’Etat d’Israël reconnaisse la légitimité d’un Etat Palestinien. Hors, à part quelques extrémistes, cette position est partagée par la majorité des Israéliens, et même la majorité des Juifs, car ils ont conscience que c’est le seul moyen de vivre en paix. La seule chose à laquelle les Israéliens sont opposés, c’est au droit de retour, qui mettrait clairement en péril l’existence d’Israël. Aujourd’hui, la partie qui refuse l’existence d’Israël, c’est le Hamas qui le clame haut et fort. Et malheureusement, ce sont ces gens là qui ont les clés.

                Pour finir, Thierry, j’espère que vous ne confondez pas islamistes radicaux qui appellent la violence, et les musulmans, notamment palestiniens, qui n’aspirent probablement qu’à la paix.

                Il me reste à espérer une paix prochaine qui verra deux Etats cohabiter en bonne intelligence. C’est peut-être un voeu pieu, mais si tout le monde a le même, ça devrait fonctionner smiley


              • masuyer masuyer 30 mai 2007 19:39

                Mais il n’existe pas encore d’Etat palestinien, renseignez-vous. Pour le Hamas, les choses sont peut-être un petit peu plus compliquée (http://www.voltairenet.org/article12968.html).

                « et qu’ils arrêtent de pleurer l’argent des contribuables de l’U.E non pour travailler un petit peu (faut pas les fatiguer) mais pour acheter des bombes. » désolé, mais ce genre de déclaration ne témoigne pas d’une réflexion très profonde. Au Café du Commerce on entend souvent dans la bouche d’électeurs frontistes ce genre de phrase (avec une variante) : « les bicots ils pleurent les allocs pour se payer des BM et de la drogue ». Ca situe le niveau.

                Un peu de culture ne faisant jamais de mal, je vous donne un lien pour que vous compreniez bien que les territoires palestiniens ne sont pas un Etat http://fr.wikipedia.org/wiki/Autorit%C3%A9_palestinienne


              • masuyer masuyer 31 mai 2007 16:27

                Je m’incline, je n’ai rien à répondre à votre logghorées raciste et xénophobe. Les palestiniens des rats ? vous devriez faire un film de propagande pour montrer le danger qu’ils représentent pour le peuple juif.

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