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Accueil du site > Actualités > International > Un autre regard sur la rébellion touarègue au Niger

Un autre regard sur la rébellion touarègue au Niger

Incarnée par le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), la rébellion touarègue refait surface après quelques années de retour au calme. Le Niger, pays souvent désigné comme étant le plus pauvre du monde, est depuis lors le théâtre d’une escalade permanente du conflit entre les forces armées nigériennes (FAN) et le MNJ. De nombreux facteurs, tant historiques que sociaux ou économiques, peuvent expliquer à la fois la résurgence de la rébellion touarègue et son caractère spécifique et inclassable.

Les touaregs sont une ethnie distincte d’environ un million et demi d’individus, répartie dans cinq différents pays (Mali, Niger, Algérie et, dans une moindre mesure, Libye et Burkina Faso). En raison de leur nomadisme et de leur infériorité numérique dans tous les pays dans lesquels ils sont établis ou se déplacent, les « hommes bleus » ont subi une marginalisation économique et politique récurrente depuis des décennies. Ce rejet a déjà débouché sur une première rébellion touarègue à la fin des années 1980. Le point culminant de cette insurrection se déroulera entre 1991, date du début de la première lutte armée symbolisée par différents mouvements de rébellion, et le 24 avril 1995, date de la signature d’accords de paix qui devait avoir clos le chapitre.

C’est avant tout le non-respect des clauses de ces accords qui est en question. « La résurgence du conflit armé dans le nord du Niger est l’expression de l’échec de la gestion des accords de paix de 1995, dans ses aspects militaires, économiques, sociaux et politiques » (1), selon les conclusions d’une réunion initiée à Niamey par l’Association nigérienne de défense des droits de l’homme (ANDDH), la plus importante ONG du Niger. Au nombre de ces « défaillances », figure le retard dans la réinsertion socio-économique des ex-rebelles, qui n’a démarré que dix ans après les accords, et les promesses non tenues des sociétés minières locales de recruter des cadres au sein des ex-fronts touaregs. Les autres sources de frustrations recensées proviennent de la mauvaise gestion des carrières des ex-rebelles intégrés dans l’administration publique, ainsi que de la méfiance vis-à-vis de ceux qui ont été incorporés dans l’armée d’où certains ont été « révoqués pour des fautes mineures ». En lisant entre les lignes, on perçoit une ségrégation latente envers les touaregs, qui se traduit dans d’autres domaines, notamment dans l’accès au marché du travail pour les touaregs sédentarisés. Quant aux programmes de développement, dont les fonds sont majoritairement issus de l’aide internationale, ils se concentrent très majoritairement au sud du pays. Le gouvernement nigérien donne rarement son aval pour la construction de puits ou d’hôpitaux dans la zone touareg, où la vie quotidienne, couplée aux conséquences déjà visibles du réchauffement climatique et de la désertification croissante de la région, est de plus en plus difficile.

Cette marginalisation qui touche les touaregs ne provient pas uniquement de leur mode de vie nomade, mais aussi en partie de leur organisation sociale. La fascination qu’exercent souvent les « hommes bleus » chez les Occidentaux occulte une réalité bien moins reluisante : l’esclavagisme. Henry Duveyrier, le premier explorateur à avoir étudié le comportement social des touaregs l’avait déjà observé dès la fin du XIXe siècle. Dans la hiérarchie touarègue, les membres d’origine noble (les « Imajaghan ») « possèdent » littéralement des esclaves, qui leur « appartiennent » au sens propre. Le châtiment est souvent la réponse à la désobéissance ou à la tentative de fuite. Bien que l’on observe un léger recul des cas d’esclavagisme chez les touaregs, notamment au contact de la sédentarisation, cette « fracture sociale » très ancienne est toujours fermement ancrée dans les esprits nigériens. Les touaregs sont encore et toujours perçus par la majorité des autres ethnies nigériennes comme les « maîtres ».

À ces facteurs se rajoutent un autre aspect sociologique : le rôle habituellement dévolu à l’homme dans le couple touareg. La famille touarègue tourne en effet autour d’un matriarcat (2) qui se traduit notamment dans leurs célèbres tenues vestimentaires. Alors que les femmes sont ornées de leurs plus beaux atours et laissent paraître ouvertement leur beauté, chose rare dans les sociétés musulmanes, les hommes sont eux couverts de la tête au pied, ne laissant apparaître que leurs yeux. Face à cette emprise féminine au sein du couple, les hommes se sont rabattus sur le rôle du guerrier. Ce rôle social dévolu aux hommes chez les touaregs permet de mieux comprendre ce qui les pousse si « naturellement » à l’insurrection et à la guerre. Malgré cela, leur rébellion se distingue de toutes les autres par son humanisme et son code d’honneur. À l’instar des règles de chevalerie qui animèrent l’Occident pendant plusieurs siècles, ils disposent d’un code d’honneur assez similaire, qu’ils ne transgressent que très rarement, même en état de guerre. La bravoure n’a à leurs yeux d’égale que la loyauté et le respect de la parole donnée. Ces grands principes se sont à chaque fois traduits dans les faits. Jamais les civils n’ont été visés, le MNJ concentrant ses attaques uniquement sur les bâtiments militaires ou gouvernementaux. Les militaires qui ont été faits prisonniers ont été constamment bien traités, sans le moindre recours à la torture et au meurtre. Ces dernières semaines, le MNJ a plusieurs fois autorisé des corridors humanitaires (3) pour que la Croix-Rouge puisse intervenir. Enfin, le mouvement a encore récemment procédé à la libération de plusieurs soldats capturés en signe de leur attachement aux règles de la guerre et en conformité avec les droits humains (4).

Malgré ces évidences, le président nigérien Mamadou Tandja refuse de reconnaître la rébellion touarègue en l’assimilant en dépit du bon sens à des « bandits armés ». Pour mieux saisir l’inflexibilité présidentielle, il est nécessaire d’insister sur une autre particularité de la rébellion touarègue, qui la distingue de la grande majorité des autres présentes en Afrique : son aspect idéologique. Le site officiel du MNJ (5) confirme que le mouvement présente toute une panoplie de revendications politiques et sociales, détaillées dans son « Programme des revendications du MNJ » (6). Les principaux axes de ces revendications sont une meilleure insertion politico-économique de la région d’Agadez et une meilleure redistribution des richesses pour les couches sociales les plus défavorisées. Plus embêtant pour le pouvoir nigérien, le MNJ cible très précisément le président Tandja et les hauts gradés de l’armée, les accusant ni plus ni moins de détournements massifs et de corruption. Au-delà de ces affirmations invérifiées dont on laissera au MNJ la responsabilité, une autre pomme de discorde entre les deux protagonistes est, elle, avérée : l’assassinat du président Ibrahim Baré Mainassara en 1999 par un coup d’état militaire, dont les auteurs sont aujourd’hui au sommet du pouvoir. Le MNJ, qui réclame l’ouverture d’un procès équitable, tient au demeurant une position similaire à celle d’Amnesty International, qui dans un récent rapport a dénoncé le « sacre de l’impunité » au Niger (7).

Le fossé qui sépare les deux parties protagonistes s’explique également par le soutien logistique dont dispose les rebelles. Depuis les premiers accrochages, la rébellion a systématiquement mis en difficulté les FAN. Attaques éclairs, replis stratégiques organisés, raids : toutes les actions du MNJ ont été d’une redoutable efficacité. L’explication de cette réussite trouve en bonne partie sa source en Libye. Les touaregs qui fuirent le premier conflit trouvèrent refuge et soutien chez Mouammar Kadhafi. Outre la sympathie probable qu’il éprouve pour eux - rappelons que l’intéressé est d‘origine bédouine - le dirigeant libyen y a vu l’occasion de renforcer son influence régionale, en plus de pouvoir disposer d’un corps de soutien qui pourrait s’avérer très utile le jour de la transmission de pouvoir à sa descendance. Les réfugiés et dissidents touaregs ont été majoritairement formés dans des camps d’entraînement libyens. En plus de leur connaissance du terrain, les « sauvages du désert » savent désormais aussi utiliser les 4x4, les kalachnikovs et les roquettes. Face à cette force de frappe qui a conduit l’armée régulière à quelques déconvenues mémorables en juin (8), le président Tandja a choisi d’éviter l’affrontement direct, lui « préférant » les arrestations arbitraires de civils, dont certaines se sont soldées par des « disparitions ». Comme à l’accoutumée, c’est la population civile qui pâtit en premier d’un conflit.

Les touaregs du Niger craignent à raison pour leur avenir. Au climat actuel d’insécurité et à la difficulté de pérenniser leur mode de vie se rajoute la malchance d’être né sur des terres riches en matières premières (en l’occurrence l’uranium qu’exploite Areva dans la région d’Arlit). Ce destin n’est pas sans en rappeler d’autres. La lutte pacifique des Bushmen pour revenir sur leurs terres riches en diamants (9), les rébellions des Ijaws dans le delta du Niger riche en pétrole (10) et bien d’autres encore s’inscrivent plus globalement dans les difficultés qu’éprouvent les ethnies « originelles » à garder le contrôle de leurs terres ancestrales. Par sa vertu supposée dans la lutte contre le réchauffement climatique et sa place essentielle dans la course aux armements qui se poursuit, l’uranium est plus que jamais une denrée prisée qui suscite toutes les convoitises. Entre besoins énergétiques et maîtrise stratégique, la France, la Chine, la Libye et le pouvoir nigérien se disputent âprement le précieux minerai. Nul doute que face à ces puissants intérêts, ceux des touaregs risquent fort de ne pas faire le poids

(1). http://fr.allafrica.com/stories/200708310009.html (2) http://www.cbf.fr/article_leger.php3?id_article=804 (3) http://www.rfi.fr/francais/actu/articles/092/article_55189.asp (4) http://fr.allafrica.com/stories/200709190174.html (5) http://m-n-j.blogspot.com (6) http://m-n-j.blogspot.com/2007_04_15_archive.html (lire le post en milieu de page pour accéder au Programme du MNJ) (7) http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=25241 (8) http://www.rfi.fr/francais/actu/articles/090/article_53181.asp (9) http://www.rfi.fr/actufr/articles/084/article_48171.asp (10) http://geopolis.over-blog.net/article-7064660-6.html


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21 réactions à cet article    


  • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 24 septembre 2007 11:25

    Yves

    Merci d’avoir porté à notre connaissance la situation des Touaregs qui ne fait pas l’actualité quotidienne, il va sans dire.

    a) Semble-t-il qu’il ne fait pas bon être correspondant et s’intéresser à la cause des Touaregs : Moussa Kaka, de RFI, est poursuivi pour »atteinte à la sûreté de l’Etat« en raison de ses liens présumés avec les rebelles touaregs. La Société des journalistes de RFI a dénoncé »des méthodes d’intimidation et de censure qui ne disent par leur nom« . En même temps que le journaliste, un homme d’affaires d’origine touareg vient d’être également arrêté. Motif de cette vague d’arrestations : »atteinte à la sûreté de l’Etat et connivence avec l’ennemi".

    b) Voici le commentaire très intéressant de Mahorou KANAZOE, Le Faso.Net : « Il ne reste plus donc à Mamadou Tandja qu’à désigner les rebelles touaregs par ce vocable fourre-tout de « terroristes », pour que la pilule passe. Aucun pays, surtout pas les Etats-Unis, ne viendra lui faire des réprimandes pour cela. Ainsi commencent les dérives dictatoriales ».

    Pierre R.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 24 septembre 2007 11:25

      Yves

      Merci d’avoir porté à notre connaissance la situation des Touaregs qui ne fait pas l’actualité quotidienne, il va sans dire.

      a) Semble-t-il qu’il ne fait pas bon être correspondant et s’intéresser à la cause des Touaregs : Moussa Kaka, de RFI, est poursuivi pour »atteinte à la sûreté de l’Etat« en raison de ses liens présumés avec les rebelles touaregs. La Société des journalistes de RFI a dénoncé »des méthodes d’intimidation et de censure qui ne disent par leur nom« . En même temps que le journaliste, un homme d’affaires d’origine touareg vient d’être également arrêté. Motif de cette vague d’arrestations : »atteinte à la sûreté de l’Etat et connivence avec l’ennemi".

      b) Voici le commentaire très intéressant de Mahorou KANAZOE, Le Faso.Net : « Il ne reste plus donc à Mamadou Tandja qu’à désigner les rebelles touaregs par ce vocable fourre-tout de « terroristes », pour que la pilule passe. Aucun pays, surtout pas les Etats-Unis, ne viendra lui faire des réprimandes pour cela. Ainsi commencent les dérives dictatoriales ».

      Pierre R.


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 24 septembre 2007 11:26

        Yves

        Désolé. Souci de manipulations informatiques.

        Merci d’avoir porté à notre connaissance la situation des Touaregs qui ne fait pas l’actualité quotidienne, il va sans dire.

        a) Semble-t-il qu’il ne fait pas bon être correspondant et s’intéresser à la cause des Touaregs : Moussa Kaka, de RFI, est poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » en raison de ses liens présumés avec les rebelles touaregs. La Société des journalistes de RFI a dénoncé « des méthodes d’intimidation et de censure qui ne disent par leur nom ». En même temps que le journaliste, un homme d’affaires d’origine touareg vient d’être également arrêté. Motif de cette vague d’arrestations : « atteinte à la sûreté de l’Etat et connivence avec l’ennemi ».

        b) Voici le commentaire très intéressant de Mahorou KANAZOE, Le Faso.Net : « Il ne reste plus donc à Mamadou Tandja qu’à désigner les rebelles touaregs par ce vocable fourre-tout de « terroristes », pour que la pilule passe. Aucun pays, surtout pas les Etats-Unis, ne viendra lui faire des réprimandes pour cela. Ainsi commencent les dérives dictatoriales ».

        Pierre R.


      • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 11:39

        Bjr Pierre et merci pour ta contribution

        J’ai effectivement pris connaissance de la mésaventure qui est arrivé au correspondant de RFI. Ce n’est pas la première atteinte à la liberté d’expression au Niger malheureusement. La tactique consistant à se débarasser de personnalités gênantes en les inculpant sous prétexte « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » est vieille comme le monde. Les US ne font-ils pas la même chose ? smiley


      • Bonjour, Yves et merci pour votre article.

        On ne connaîtra jamais vraiment les véritables raisons de l’accident d’avion qui a coûté la vie à Mano Dayak, chef de la rebellion touareg des années 1990...

        (Je vous conseille d’ailleurs la lecture de son livre le plus connu, intitulé : « Je suis né avec du sable dans les yeux »)

        Accident ? Assassinat ?

        En tous cas, sa mort venait « à point nommé », en pleine guerre touarègue, guerre qui, selon les touaregs eux-mêmes que j’ai rencontré plusieurs fois en Algérie et au Mali, n’a engendré à l’époque ni « gagnants », ni « perdants »...

        Un gigantesque Monument de la Paix a même été érigé à Tombouctou, au nord du Mali, en 1995, monument devant lequel l’armée et les touaregs ont à l’époque déposé les armes.

        Voilà encore une minorité menacée de plus, et pourtant, à l’origine peuple berbère, probablement en provenance de Libye (lire « l’Emeraude des Garamanthes », de Théodore Monod, entre autres), ils étaient là des centaines, des milliers d’années avant les arabes, les français et les chinois...

        Leur écriture, le « Tifinagh » (la langue orale, principalement transmise par les mères à leurs enfants, est le Tamasheq), remonterait au moins entre 4-5.000 ans avant J.C.

        Quelques unes de mes photos du Sahara et de touaregs d’Algérie et du Mali :

        http://www.fx-images.com/fr/thumbs.php?FolioID=33&ID_menu=smenu2&stat=1

        Fraternellement,

        François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe Marseille.


        • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 14:27

          Bjr François-Xavier

          J’ai été faire un tour sur votre site, vos photos sont un vrai régal pour les yeux ! Je ne peux que vous souhaiter de perséverer dans cette voie

          Cordialement


        • Makan 24 septembre 2007 13:18

          @ L’auteur

          « Les touaregs sont encore et toujours perçus par la majorité des autres ethnies nigériennes comme les « maîtres ». »

          Faux.

          Les Touaregs ont des esclaves noirs, les Bellas, qui forment une sorte de caste au sein de la société touarègue. Les autres ethnies ne les considèrent pas du tout comme des « maîtres ».


          • (à Makan)

            Bonjour, Makan, et merci pour cette précision importante sur les « bella »...

            J’ai marché 10 jours récemment avec un touareg dans la « brousse » malienne (le Sahara), à l’ouest de Tombouctou, et mon guide Touareg, Mahmadou, s’était adjoint pour l’occasion les services d’un jeune homme noir de 14 ans (Omar), un « ancien » bella, paraît-il, pour nous accompagner dans notre périple et surtout pour effectuer, comme « au bon vieux temps » des tribus touaregs, les basses besognes : ménage, vaisselle, épluchures des légumes, soins des chameaux, etc.

            Je dirais même plus, histoire d’enfoncer le clou et de « désidéaliser », « désacraliser » un peu certains groupes de touaregs (touaregs en général que beaucoup de touristes occidentales adorent d’ailleurs pour leur regard de braise et leur démarche souvent - trop ? - travaillée), le « Touareg Nouveau est arrivé » :

            « avant », et depuis toujours, les touaregs ont pratiqué « l’Art » de la « razzia », autrement dit de tomber « à bras raccourcis » sur tout ce qui bouge dans le désert, pour piller les caravanes du Sahara, quitte à violer et même tuer ceux qui étaient l’objet de ces razzias.

            Aujourd’hui, le « Touareg Nouveau » de la « Nouvelle Razzia » est équipé de véhicules 4x4 Turbo, qui peuvent rouler jusqu’à 200 km/h sur les pistes (plus rapides que les véhicules de l’armée, donc), 4x4 lui-même équipé de mitrailleuses lourdes fixées à l’arrière du véhicule, le tout sur un territoire, le Sahara , grand comme à peu près 20 fois la France...

            « Au mieux », ces touaregs-là s’adonnent sans retenue aux « joies » du traffic d’armes, de cigarettes de contrebandes, etc.

            Leur « cibles » favorites ?

            Les allemenands, en général, venus d’Allemagne avec leurs propres véhicules tout équipés (souvent des camions), qui ne consomment que peu ou pas sur place (adieu le tourisme), allemands qui, parfois, n’hésitent pas non plus à voler les sites archéologiques touaregs, les tombes touaregs, et même à détruire les peintures et gravures rupestres touaregs, en en faisant des moulages pour ramener chez eux, en Allemagne...

            « Traverser le Mali » en photos (dans le désert malien, avec Mahmadou et Omar, le gentil "bella, donc) :

            http://www.fx-images.com/fr/thumbs.php?FolioID=17&ID_menu=smenu2&stat=1

            François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe


          • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 14:54

            @ Makan

            Effectivement, les bellas, aussi surnommés « griots » forment une ethnie bien spécifique. J’avoue avoir volontairement évité cette précision pour ne pas alourdir les informations (déjà nombreuses) contenues dans l’article. J’aurais sans doute dû pour éviter toute confusion.

            « les autres ethnies ne les considèrent pas du tout comme des maîtres ». Pas comme « leurs maîtres » certainement, mais la perception extérieure des touaregs par les autres ethnies nigériennes comme étant les « dominants » est plus étendue qu’on ne l’imagine

            Merci pour la correction


          • Makan 24 septembre 2007 15:53

            @ L’auteur « Effectivement, les bellas, aussi surnommés »griots« forment une ethnie bien spécifique. »

            Là encore, vous faîtes une erreur. Les griots ne sont pas des bellas pas plus que les bellas ne sont des griots.

            Les griots sont des castes dans les ethnies du Sud (principalement au Mali et en Guinée mais aussi un peu partout en Afrique de l’Ouest) et ne sont pas esclaves. Ils considérés comme les maîtres de la parole, des chanteurs-musiciens, détenteurs de l’histoire (sous forme orale) des familles de l’ethnie à laquelle ils appartiennent. Rien à voir avec les Bellas.

            Les ethnies du Sud sont généralement organisées en trois couches sociales : les nobles (autrefois guerriers mais aujourd’hui agriculteurs, éleveurs ou pêcheurs), les hommes de castes (griots, forgerons etc.) et les (désormais anciens) esclaves


          • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 19:42

            @ Makan

            Malgré que j’eus davantage souhaité un débat sur le fonds plutôt que sur la forme smiley, j’ai pris soin de vérifier votre information auprès de mon épouse et de Wikipedia. J’ai effectivement mélangé les genres (mea culpa), les bellas ne sont pas des griots. Au demeurant, la hiérarchie sociale des touaregs est encore plus complexe que ce que j’appréhendais.

            Nous avons donc :

            les touaregs d’origine nobles (Imajaghan) qui sont les seuls à posséder des esclaves

            Les tribus vassales, les Imrad

            les hommes de caste, comme vous l’avez signalé : les griots, les forgerons, mais aussi les bellas (plutôt répandus au Mali) et les Bouzou (plutôt répandus au Niger)

            les esclaves, les Iklan

            Amitié et fraternité


          • c’est gentil d’avoir « zappé » mon commentaire, Yves...

            Et moi qui croyait que, hormis votre femme et votre Wikipédia, mon témoignage vous aurait sinon (peut-être) informé, du moins (un peu) intéressé, sic...

            Etes vous allé (Marcher, la seule façon) dans le Sahara ?

            Tiens, rien que pour ça , je retourne dans le Sahara une sixième fois, en Mauritanie, le pays de Thédore (Monod).

            Allez, yala, yala, et fissa, fissa...

            François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe.

            « Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l’obscurité ». Proverbe chinois.


          • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 22:28

            @ François-Xavier

            Désolé pour le « zappage », j’ai passé il est vrai un certain temps à remettre dans l’ordre dans mes infos au sujet de mon approximation relevée par Makan

            Vos divers commentaires m’ont en tout cas apporté deux éléments que je méconnaissais, à savoir les « détournements archéologiques » allemands et l’ancienneté du tifinagh. A ce sujet d’ailleurs, les avis divergent (vieilles querelles d’archéologues... smiley ), Gabriel Camps datant par exemple le tifinagh d’environ 7 siècles avant J-C.

            Pour ce qui est des méthodes pillardes des touaregs, les agissements de la rébellion malienne aux ordres d’Ibrahim Ag Bahanga tentent à accréditer votre expérience. Par contre, le MNJ semble se distancier de ses pratiques, que ce soit dans ses actes ou dans ses déclarations :

            http://www.rfi.fr/francais/actu/articles/092/article_55811.asp


          • Makan 25 septembre 2007 13:52

            @François-Xavier Prévot

            J’ai oublié de vous dire que je trouve vos photos sublimes.


          • herope kayen 24 septembre 2007 19:51

            Globalement d’accord avec l’article. Je suis tout de même étonné : sous-entendre le fait qu’une société matriarcale ne puisse conduire les hommes qu’a faire la guerre !. L’organisation guerrière des Touaregs depuis des millénaires est plutôt consécutive à leur environnement hostile. Leurs frères Berbères luttent également pour leur survie Kabyles, Rifains, Chleus... Proto-habitant, leur véritable problème étant la reconnaissance de leur identité dans un monde arabophone.


            • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 24 septembre 2007 22:39

              Bjr Kayen,

              Tout-à-fait d’accord avec votre rajoute « L’organisation guerrière des Touaregs depuis des millénaires est plutôt consécutive à leur environnement hostile. »

              « Leurs frères Berbères luttent également pour leur survie Kabyles, Rifains, Chleus... Proto-habitant, leur véritable problème étant la reconnaissance de leur identité dans un monde arabophone. » Et oui, le problème de la reconnaissance de l’identité berbère est un problème qui, comme leur mode de vie, dépasse les frontières et s’observe dans tous les pays où ils se trouvent ...

              Une dernière question, Kayen : « proto-habitant » : à qui/quoi faites-vous allusion ?


            • Pelmato 25 septembre 2007 12:32

              Oui les kabyles se reconnaissent assez volontier dans l’idéntité Touareg... dailleurs les Touareg sont une branche des berbères non ? Le tamazigh (langue des kabyles) découle bien du Tifinagh... ? Je crois. Les Touareg ont bien subis l’établissement des frontières entre les differents pays d’Afrique. Les Touareg ne se reconnaissent pas plus dans l’identité arabophone que les kabyles... Ils sont oppréssé de la même façon. On ne reconnait ni leur origine ni leur culture et sont traité souvent en véritable pariat de la société. Mais a mon sens ils sont aussi une force démocratique des pays musulman. En Algérie ils soutiennent le RCD (Rassemblement pour la Culture et la démocratie) et sont plus rigoureux sur la propreté des élections. Il pratique la religion seinement (et sans oppresser ou confiner la femme) et c’est aussi ce qui déroute leur confrère Arabe. La vérité de l’Islam et la démocratie me parait bien être dans le desert.


            • herope kayen 25 septembre 2007 14:33

              Proto dans le sens premier.

              Ulysse mag n° mai-juin 2007 consacre un dossier sur les peuples Berbères, peuples identitairement non reconnus d’où sources de conflits.


              • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 25 septembre 2007 14:48

                Merci pour l’info, Kayen, je tenterai de me le procurer


              • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 7 octobre 2007 11:52

                C’est sûr, ça valait la peine d’attendre deux semaines pour poster un commentaire si pertinent et tellement en rapport avec mon article :-0


              • alpha issa (---.---.181.179) 2 janvier 2008 16:58

                Bjr Yves

                permettez moi de réagir sur par rapport article « Un autre regard sur le rébellion touareg au Niger », d’ou mon premier constat est de voir que vous avez mené certes des investigations et je pourrais même dire que j’apprécie votre travail d’information, mais certains passages de vos écrits resultent de l’imaginaire ou bien du mythe que de la réalité.

                En effet pour le décor actuelle , vous êtes un peu sur la ligne , mais vous éxaggerer en parlant de marginalisation des touareg dans la vie socio-économique, alors que ce domaine leur est totalement acquis , d’ailleurs faites un tour au Niger , la majorité de la petite industrie existante leur appartient (Laiterie,brasseries , hotels, sociètés de transport , ect....) .

                sachez qu’au Niger les touaregs toute tendance confondues répresente presque 8 % de la population , et ils sont totalement intégrés , socialement , dans l’administration , les services , la garde republicaine , presque tous les échélons de l’état.

                Dans vos écrits , vous enoncez les touaregs comme les « MAITRES » là vous derapez ! maitres de qui ? des noirs ? non , je vous conseille beaucoup plus de discernement et de recherche sur l’histoire de nos peuples avant de publier de telles articles.

                Vous parlez d’ethnies « originelles » sur les terres ancestrales , mais alors là , vous meconnaissez mal , là trés mal notre histoire , ou bien l’histoire du peuplement de l’AIR Agadez.

                Explique-moi , pourquoi le sultan des touaregs (sultan d’agadez ) est un noir, de descendance noir depuis le 15é siècle ?

                qui étaient les premiers habitants de la contrée ? comment on ’t’ils co-habités ?

                quelles sont les autres peuplades de du sahara que vous refusiez d’enoncer comme les Toubous , les peulhs, adrawas(gens d’ader), sont’ils des communautés à négliger ? des communautés sans importance à votre avis ?

                Vous evoquez des termes de « code d’honneur » ? ça ce des termes pour vous , autres éuropéens passionée de mythe , la réalité est que dés les temps anciens ce peuple a toujours vécut de« razzia » ou vol , ou bien pillage des villages sédendataires et autres caravannes commerciales .

                Je ne dis pas tout cela , pour etre contre les touaregs ,non jamais , mais que vous soyez impartiale , lucide dans vos rédactions .

                Dans cette histoire de rébellion , beaucoup choses ne sont pas claires du tout . ces rébellions naissent en meme temps au Niger et au Mali , par les mêmes hommes formés et financé par la lybie. des mines posées par çi par là , pour tuer civils innocents et militaires, rançonner des voyageurs , , réclamer un féderalisme , partage équitable des richesses , et plusieurs choses, etc .......

                Pourquoi ? tout cela ?

                Mon pays a toujours été un pays de paix , ou toutes les communautés vivent en paix et en harmonie avec les même droits et libertés pour tous et partout au Niger.

                Cependant depuis une année , le Niger et le Mali sont otage d’une bande de conspirateurs formés à tripoli et dans les garnisons militaires à sebha(province sud-lybie), d’autres éléments envoyés en europe , liant des relations avec certains médias européens pour une couverture médiatique mesongere et exagéré de nos pays respectifs , dans le seul but de victimiser le peuple touareg(et pas les autres ethnies de race noire toubou et peulh , pourtant vivant tous dans la même zone du Nord, diaboliser les états et leurs composantes ).

                Pour vraiment comprendre la crise en cours , les causes , les auteurs , les acteurs et surtout les beneficiaires de cette situation ?

                Pourquoi ; le NIGER , leMALI ??? , pourquoi pas de révolte ou bien de rébellion

                touareg en ALGERIE ? en LYBIE ?

                Nos pays sont fragiles économiquement , pourtant nous sommes de états démocratiques, plus ouverts , plus d’ouvertures d’expression ,combien de ministres touaregs , professeurs , dirigeants , médecins , avocats , entrepreneurs, officiers , etc..... sont ils au NIGER , au MALI ?

                Combien sont’ils en ALGERIE , en LYBIE ?

                Que Dieu protège Nos pays et Nos peuples des agissements de KADDAFHI, pardon du guide lybien KADDAFHI et de ses fourberies.

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