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Accueil du site > Actualités > International > Un Liban laïque ? Quel rêve !

Un Liban laïque ? Quel rêve !

La religion est l’opium des peuples à des degrés divers. L’impatience des uns et l’intolérance des autres confirment Karl Marx dans son prophétisme. On n’adhèrerait certainement pas à toutes ses thèses, mais pour ce qui est de sa vision de la religion, on ne saurait le contredire, dans l’état actuel des choses. En effet, la religion est de plus en plus un lourd fardeau à supporter sur le théâtre politique. Le choc des civilisations qui aurait pu - et dû - être bénéfique pour l’humanité entière est devenu si agressif à cause de l’instrumentalisation du champ religieux qu’il a pris d’autres dimensions, qui sont, parfois, anticivilisationnelles.

L’actuel état du Liban - pays multiconfessionnel - résume presque à la perfection le malaise que vit le monde à cause d’une mauvaise gestion de la réalité religieuse, réalité fondée à la fois sur la différence et sur les impératifs de coopération et de rapprochement.

La Constitution de 1943, puis les Accords de Tayef, de 1989, ont condamné les différentes communautés du pays à se contenter d’une petite portion de la « tarte » politique, telle qu’elle fut partagée par les deux textes susmentionnés. Cela a annihilé toute pratique solide de la démocratie, le modus vivendi excluant toute remise en question du partage. Par conséquent, la compétition, face importante de la chose politique et raison d’être de ceux et celles qui aspirent à un rôle sur l’échiquier, n’est plus respectée.

Plus dangereux encore, le pays du cèdre est devenu une tribune, voire un champ de bataille pour les différentes communautés qui composent son tissu civilisationnel et cultuel. Certes, ce constat n’est pas nouveau. Mais, les soubresauts qui ont secoué le Liban depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, l’ont bel et bien confirmé.

La souveraineté du pays et son intégrité territoriale se trouvent, donc, menacées. Surtout que les « parrains » de l’extérieur et leurs « acolytes » de l’intérieur ne cachent plus ni leur désintéressement de l’intérêt national, ni leurs fins, qui pourraient déstabiliser davantage ce petit pays qui ne connaît qu’une kyrielle presque non discontinue de guerres et de crises.

Face à ces équations devenues presque insolvables, faut-il œuvrer pour un Liban laïque ? Nombreux sont ceux qui s’accordent sur la négation de la « libanité » de l’actuelle crise politique qui secoue le pays. Ils y voient des mains étrangères tirant les ficelles et des « complices » libanais qui n’ont aucune allégeance au Liban. Cette perception de la crise n’est pas assez éloignée de la réalité.

D’où la nécessité de trouver une solution globale et durable aux problèmes intrinsèques du pays, solution qui pourrait justement passer par la remise en question du modus vivendi édicté par la Constitution de 1943 et consolidée par les Accords de Tayef de 1989.

Un Liban laïque qui prendrait en considération la composition civilisationnelle et cultuelle du pays saurait apporter quelque bien. Le Liban jouit, en effet, de plusieurs atouts susceptibles d’y consolider de vraies et solides pratiques démocratiques. L’éducation, la diversité, la vie culturelle sont autant d’acquis et de réalités palpables à Beyrouth qui peuvent accélérer la révision des textes régissant le pays.

C’est un grand chantier. Mais, ne point lui céder, comme le disait le général de Gaulle.


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35 réactions à cet article    


  • schroen (---.---.202.60) 20 décembre 2006 10:45

    Très bon article, chapeau Monsieur l’auteur.

    Schroen


    • docdory docdory 20 décembre 2006 13:51

      @ l’auteur

      Excellent article . La solution de l’ensemble des problèmes du proche et moyen-orient passe par une étape indispensable qui est une séparation absolue de la religion et de l’Etat , et l’interdiction de tout parti religieux dans tous les pays de la région , y compris Israël .

      Une fois ce préalable réalisé , on pourra résoudre l’ensemble des problèmes de cette région du monde rationellement , et non plus passionellement !

      La loi de 1905 pour le monde entier , voilà une solution d’avenir !!!


      • (---.---.229.236) 20 décembre 2006 14:28

        « Une fois ce préalable réalisé , on pourra résoudre l’ensemble des problèmes de cette région du monde rationellement , et non plus passionellement ! »

        Bof, les athés ont fait des centaines de millions de morts au XXéme siécle !


      • docdory docdory 20 décembre 2006 17:03

        Quels athées ont fait des centaines de milions de morts au XXème siècle ??????

        Les nazis avaient pour devise « Gott mit uns » ( Dieu est avec nous ) , étaient donc croyants .

        Les staliniens et maoïstes n’étaient pas vraiement athées puisqu’ils avaient institué des quasi divinités vivantes ( Staline et Mao justement !! ) , ils avaient donc remplacé les religions par des quasi-religions dont se gausse évidemment tout sceptique digne de ce nom !


      • Spirou (---.---.156.81) 27 décembre 2006 09:38

        La devise Gott mis uns était la devise du roi de prusse puis de l’empereur « allemand » prussien. Elle se retrouve sur les ceinturons des troupes régulières allemandes lors de la première guerre mondiale. Elle perdure sur l’équipement des soldats de la deuxième guerre mondiale sauf pour le prototype du soldat du troisième reich : le waffen ss. Pour ce dernier, la devise était remplacée par « mon honneur est fidélité ». L’objectif de hitler était de remplacer la whermacht par la ss(cf l’armée d’hitler d’omer bartov et l’ordre ss de christian bernadac « verbatim » du procés de nuremberg).

        Les totalitarismes sont des « religions séculières ». La personnification du pouvoir (lénine, staline, hitler, mao,pol pot etc) n’est qu’une composante de ce type de religion. Le chef joue le rôle de guide/prophète. Ses actes et ses écrits participent à la construction du dogme. L’idéologie devient croyance. Le parti incarne « l’église ». On remarquera que l’objectif est de créer dans l’ensemble des cas « un homme nouveau ».


      • (---.---.229.236) 20 décembre 2006 14:15

        Aucun rapport avec les religions, mais toutes les merde d’une société multi-raciales. L’immigration est l’opium des gauchiste.


        • noireb (---.---.100.25) 23 décembre 2006 16:40

          Ca veut dire quoi « multi-racial » ?

          Comment on peut encore dire de telles idioties ?

          Serieusement, quels sont les « races » humaines ?

          Un « type »n je veux bien ; une couleur de peau, admettons (et encore, avec les mélange, c’est pas tres catégorique), mais race est un concept biologique assez aberrant.

          Un métis bourgignon/ agérien qui engrosse une métis sénégalaise/japonaise, ca donne un bébé tetra-racé ?


        • Xerxès (---.---.21.75) 20 décembre 2006 15:25

          @ l’auteur

          Un Grand Bravo ! Enfin un article élucidant les vraies causes du « mal Libanais » et non pas les effets.

          Je tiens à vous féliciter pour avoir souligné le vrai problème du Liban : sa constitution.

          Cordialement

          Xerxès


          • miaou (---.---.0.208) 20 décembre 2006 15:33

            Ce qui serait salutaire, serait de désislamiser (appelons-ça laïciser, si cela peut faire plaisir) toute la région, en commençant déjà par toutes les institutions étatiques.


            • Un Libanais dechire (---.---.242.85) 20 décembre 2006 16:34

              Je vous felicite pour ce grand article et cette ouverture d’esprit. C’est bizarre que vous travaillez a Al Jazeera, chaine qui seme la haine au Liban. Et pour cela je vous dis bravo pour votre courage politique et pour votre honnetete intellectuelle. Cela n’est pas etrange pour nos freres tunisiens qui ont toujours su voir mieux les choses que nos Arabes du Machrek. Bourguiba avait toujours preconise la paix entre Arabes et Israeliens. Et maintenant on revient a sa prophetie. Mais, c’est trop tard. Encore bravo jeune Bourguiba.


              • t2sa (---.---.244.78) 20 décembre 2006 17:46

                Je m’étonne toujours de ce type de propos : il y aurait un « bon sens » et même si tous les intervenants s’y oppose, ce bon sens est nécessairement appelé à s’imposer. Les Français sont d’ailleurs maîtres en la matière, on les avait entendu durant la campagne pour la constitution européenne : ils veulent toujours que le monde leur ressemble et ils sont certains d’avoir raison, même seuls contre tous. Résultat, l’Europe n’a pas de constitution mais bon, « l’esprit français » est intact, l’honneur est sauf et au diable l’efficacité. Concernant le cas libanais, le thème de la laïcité est typiquement une lubie française, soutenue localement par une petite élite très minoritaire et sans influence, et régionalement par une élite occidentalisée. Et l’on en fait grand bruit, un peu comme la centaine de rattachistes belges ou le groupuscule de républicains anglais. ça nous ressemble, donc on aime, donc on se dit que c’est l’avenir. La réalité est que personne au Liban ne souhaite la laïcité. Le mouvement panarabe, porteur d’un projet proche de la laïcité, est mort, et tant les chrétiens que les chiites, tant les druzes que les notables sunnites sont extrêmement attachés à leurs particularistes, au premier rang desquels le droit personnel, régit par les différents cultes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’existe pas de mariage civil au Liban (à part dans les consulats à l’étranger), en dépit des problèmes qui se pose lors des mariages interconfessionnels. Mais je pense que ces arguments ne porteront pas : face à une situation de crise complexe - qui peut expliquer sérieusement et clairement pourquoi, par exemple, le général Aoun, un ennemi traditionnellement féroce de la Syrie, s’est allié avec le hezbollah - on se contente de discours vains, déconnectés du réel, angéliques. C’est tellement plus simple que d’aborder la complexité en face...


                • docdory docdory 20 décembre 2006 18:51

                  @t2sa

                  « personne au Liban ne souhaite la laïcité »

                  ...En conséquence de quoi ils subissent de nombreuses guerres !


                  • Alain (---.---.37.54) 20 décembre 2006 20:45

                    La laïcité ne résout pas le problème de la diversité. En France, lorsque la laïcité a été imposée, il y a avait une grande homogénéité culturelle et confessionnelle. En gros, on a fait la laïcité entre catholiques. Les différences de points de vue, à l’époque, entre les défenseurs de la laïcité et les croyants ne pouvaient pas déboucher sur un conflit identitaire, car les deux camps (laïques et catholiques) partageaient la même culture, le même héritage et la même infrastructure socioculturelle et les deux camps étaient attachés à ces valeurs et portaient cet héritage commun. C’est pour cette raison que la laïcité à marcher.

                    Mais lorsqu’il y a une diversité, la laïcité n’est pas une solution structurelle au problème. En effet, en France, la laïcité est antécédente aux flux migratoires (qui ont introduit une diversité) des quatre dernières décennies et ce ci n’a pas permis d’éviter la crise des banlieues et des jeunes issues de l’émigration (les émeutes dans la banlieue parisienne ont bien eu lieu !). La solution à ces problèmes reste à construire, la preuve : les politiciens français la cherchent !

                    Ainsi, proposer la laïcité aux libanais en tant que solution structurelle à leurs problèmes est tout simplement une erreur. En effet, si la laïcité est imposé au Liban, les différences entres les diverses composantes de la société libanaise ne vont disparaître et l’attachement de chaque composante à ses spécificités (mode de vie, religion, environnement socioculturelle, traditions) également et la crainte de les perdre aussi et donc la compétition pour le pouvoir entre les diverses confessions perdura d’une manière sous-jacente et prendra d’autres formes. Pour simplifier, cette compétition confessionnelle ne va pas disparaître mais tout simplement muter.

                    Et pourtant, des solutions structurelles existent. Le Liban n’est pas le premier pays à affronter ce genre problème. Lorsque dans un pays, il y a plusieurs sentiments d’apparence (lié à la culture, à l’identité, à l’histoire et à la religion) et qu’il y a un fort attachement à ces différences, la solution structurelle doit porter en elle l’assurance et la reconnaissance institutionnelle et la pérennité aux diverses identités afin de limiter la compétition au pouvoir et de préserver l’unité au sein du même pays. La Suisse a pu rassembler des peuples que tout opposait (identité, culture, langue,...) et elle est pacifiée depuis plus de trois siècle. La répartition géographique des diverses composantes de la société libanaises permet de mettre en place un système fédérale ou un système basé sur une décentralisation poussée permettant à chaque groupe culturels d`organiser librement sa manière de vivre. Reconnaître l’existence de plusieurs identités au sein dans un même pays est beaucoup moins grave que le rejet de la réalité surtout si ce rejet coûte tant de guerres et d’instabilité.


                    • khoury (---.---.233.231) 21 décembre 2006 17:49

                      Il est intéressant d’aborder la question de la démographie, vu qu’elle est intrinsèquement liée au partage du pouvoir. Bien qu’il n’y ait pas de recensement officiel (depuis 1932), on peut dire aujourd’hui, sans trop se tromper, que la proportion des musulmans est de l’ordre de 63 % et celle des chrétiens le reste. Mais avant de demander au gens d’aller voter, la démocratie est une question d’équité, de droits et de devoirs.

                      Commençons d’abord par s’interroger sur les causes de ces proportions :

                      -  En 1994, les autorités libanaises ont naturalisé prés de 300 000 syriens et d’autres (les estimations varient selon les sources) dont la majorité sont de confession musulmane (plus de 80%). A noter que cette procédure est anti-constitutionnelle et touche à une question sensible qu’est l’équilibre démographique entre les communautés... On peut s’interroger également sur la raison pour laquelle les dossiers des syriens chrétiens ont été majoritairement refusés (bien que je ne sois pas d’accord avec cette procédure).
                      -  Le refus d’accorder le droit de vote aux libanais résident à l’étranger (prés d’un million) dont prés de 80% sont de confessions chrétiennes alors que cette démarche réduit le déséquilibre. Sachant que dans toutes les démocraties, ce droit est accordé.
                      -  Le refus d’accorder la nationalité libanaise aux descendants de libanais alors que dans les démocraties digne de ce nom il existe des procédures permettant aux personnes dans cette situation et qui le souhaitent d’acquérir la nationalité du pays d’origine et ce-ci sans parler des interminables obstructions (politiques et administratives) qui accompagnent ces procédures et qui visent à décourager les gens d’entamer de telles démarches. A noter que cette population est essentiellement chrétienne et elle est répartie en Amérique du Nord, Amérique du Sud et Europe (prés de 8 millions au Brésil et 2 millions au Etats-Unis).
                      -  La démographie galopante dans certaines communautés (chez les chiites en particulier) en total décorrélation avec leurs moyens économiques ... (question culturelle voir politique)

                      Ainsi prendre les poids démographiques comme baromètre pour juger la sur-représentativité des uns et la sous-représentativité des autres ou pour traiter les uns de minorités et les autres de majorités n’est pas acceptable. Surtout lorsqu’ils (les poids) sont la conséquence de pratiques qui visaient délibérément le déséquilibrage et de droits délibérément bafoués.

                      Posons-nous, à juste titre, la question suivante : La croissance démographique des chiites est-elle comparable au Baby boom français durant « les trente Glorieuses » c à d une conséquence d’une croissance économique ? La réponse est clairement non. Quel est l’esprit du pacte national de 1943 ? C’est un pacte qui consacre l’acceptation de toutes les communautés de PARTAGER le même destin. Mais si les traditions ou pratiques de certaines communautés (et pour des raisons culturelles et religieuses) entraînent la diminution progressive des droits des autres communautés ? Peut-on dans ce cas parler de partage ?

                      Il est temps que les libanais se regardent droits dans les yeux pour se dire la vérité et reconnaître leurs différences et leurs ressemblances et d’afficher clairement leur volonté de vivre ensemble et de respecter la liberté et les droits de chacun à l’abri des évolutions démographiques...


                    • Samy Cohen (---.---.32.134) 21 décembre 2006 17:54

                      Ce que je trouve logique dans l’article, c’est que l’auteur n’appelle pas à la laïcité de manière brutale mais demande à remettre en question le Pacte national.


                    • Abouzeyd (---.---.24.2) 23 décembre 2006 23:11

                      Votre image de la Suisse, quoique sympathique n’est pas exact. Il n’y a pas trois siecles que la Suisse est pacifiee. La derniere guerre civile, connue sous le nom de guerre du Sonderbund, date de 1848. C’est la victoire des federalistes sur les confederalistes qui fut a l’origine de la constitution qui a cree les conditions de la coabitation pacifique, quoique pas toujours sereine. Concessions des federalistes, ils ont donne comme nom officiel du pays Confederation Helvetique, qui n’a de confederation que le nom.


                    • Samy Cohen (---.---.34.48) 20 décembre 2006 22:49

                      Voilà un chef d’oeuvre venant d’un Arabe éclairé. On a besoin de gens comme vous pour que le Monde arabe puisse rebondir. Bravo !


                      • eva (---.---.83.128) 18 janvier 2007 02:04

                        je trouve ton commentaire très positif et suis heureuse de voir que des personnes de la communauté juive se soucient du sort de populations arabes.


                      • delignac (---.---.240.76) 20 décembre 2006 23:35

                        Un Liban laique c’est la fin de la dernière ébauche du Christianisme dans le moyen orient, il n’y a aucune raison que les chrétiens du Liban ne subissent pas le même sort qui a été volontairement infligé aux minoritées religieuses dans le secteur depuis un siècle et demi.


                        • la_cite (---.---.76.11) 21 décembre 2006 08:39

                          Il ne faut pas confondre laicite et atheisme. La laicite ne s’oppose pas aux religions, ce serait simplement un systeme politique qui permettrait d’instituer une loi qui serait la meme pour tous les Libanais, quelles que soient leurs religions. Elle n’abolirait pas les religions. Elle ne reglerait peut-etre pas tous les problemes mais si deja on pouvait commencer par quelques-uns ce ne serait pas si mal non ? Ce n’est peut-etre pas le reve mais deja un peu moins le cauchemar du confessionnalisme.


                          • Abouzeyd (---.---.1.211) 21 décembre 2006 12:32

                            Il me semble important, comme le fait à juste titre la_cite, de définir les concepts utilisés. Je ne rajouterai rien à sa définition de la laïcité, c’est en tout cas ainsi que je l’entends. Il ne s’agit pas de faire disparaître les religions, d’aucuns s’y sont essayés sans grand succès, mais d’imposer une même loi civile pour tous, quelle que soit sa confession. C’est au Liban un problème quotidien ces spécificités légales, suivant qu’on est maronite, grec catholique, sunnite, shiite, etc.

                            Mais pour ma part, je ne crois pas que ce soit le fond du problème. Ou plus exactement, le passage, d’une manière ou d’une autre, du système actuel à un système laïc ne changera pas la donne du jour au lendemain. Du moins, le crois-je.

                            Ce qui fait défaut au Liban, c’est la confiance qu’on peut avoir dans l’Autre. Il est toujours accusé de vouloir vendre le pays à une puissance étrangère ou de vouloir anéantir la communauté d’en face ou d’à côté et en l’état actuel des mentalités il est peu probable qu’une telle modification de la loi serait acceptée. Certes, pourrait-on me rétorquer, en 1905 la France est passée à deux doigts d’une guerre civile, la loi a été imposée par la majorité politique à la minorité et le temps a fait son travail. Notez, qu’aujourd‘hui, il en est qui n’hésite pas à remettre cette loi en question, qui n’est pas un marginal, mais un candidat fort bien placé à l’élection présidentielle.

                            Ceci dit, au Liban, il n’y a pas de majorité politique dont le programme préconise clairement la dissolution du confessionnalisme, quand bien même la plupart, majorité ou opposition se réfère à Taëf (voir plus bas). Mais qu’est-ce que le confessionnalisme ? Ce n’est pas simplement une répartition des postes administratifs et électifs entre communautés religieuses, c’est aussi et surtout ce sentiment d’appartenir à un groupe, dont on considère souvent qu’il est mieux que les autres, d’appartenir à un groupe qui est le meilleur garant de sa sécurité contre l’éventuelle agression des autres, d’appartenir, donc, à un groupe religieux avant d’appartenir à la nation. Et ce sentiment est bien plus politique que mystique.

                            Or donc, si la confiance en l’autre n’existe pas, comment pourrait-on faire accepter la dissolution politique de ces groupes par les individus, qui comptent sur ces entités pour se protéger.

                            Au Liban, les religions ne correspondent pas vraiment aux divisions culturelles. Ce sont les strates sociales qui font ces différences. La bourgeoisie, chrétienne ou musulmane, vit de la même façon, a fréquenté les mêmes établissements scolaires, parle les mêmes langues étrangères, sort dans les mêmes lieus, s’invite, boit les mêmes vins. Même les rites sont proches, en particulier la façon qu’on a de gérer les obsèques et ça quel que soit le niveau social. Chrétiens ou musulmans enterrent leur mort dans les deux jours qui suivent le décès et passent trois jours à recevoir les condoléances, de la même façon (ou presque, ça dépend du degré de religiosité de la famille).

                            Mais, malheureusement, presque tous s’accordent pour penser que les chiites sont de dangereux prolos, qui sont bons à servir de domestiques (exceptées les vieilles familles patriciennes, qui sont très fréquentables), mais certainement pas à partager leur destin. Avec la complicité de ces vieilles familles patriciennes, la bourgeoisie libanaise s’est employée à maintenir cette communauté dans le dénuement qui est toujours la sienne aujourd’hui et de détourner systématiquement son courroux sur d’autres qu’elle-même. Le succès du Hezbollah, très engagé dans l’aide sociale, doit aussi beaucoup à cet abandon des chiites à leur sort par le reste des Libanais.

                            Les guerres civiles au Liban ne sont pas des explosions identitaires si j’ose dire, mais des processus brutaux de redistribution des cartes confessionnelles car personne n’accepte spontanément de rogner le pouvoir qui est le sien en prenant en considération l’évolution démographique.

                            La constitution de 1943 fait la part belle aux maronites, majoritaires à l’époque, mais dès les années 50 et jusqu’en 1975 les sunnites réclament plus ou moins poliment un rééquilibrage en leur faveur, les maronites ne le veulent pas. En 1975, les tensions sont telles, alliées à des conditions régionales très propices, que la guerre devient pratiquement inévitable, en tout cas elle n’a pas été évitée. A Taëf, on tente de rééquilibrer, le pouvoir maronite est diminué, surtout en faveur des sunnites. Mais maintenant ce sont les chiites qui veulent plus de poids. Ainsi d’ajustements brutaux en ajustement brutaux, on démocratise le pays, en ce sens qu’une communauté surreprésentée diminue son influence au profit d’une communauté sous-représentée et en fin de compte, on se rapproche, un peu, du principe d’un homme une voix.

                            Est-ce la constitution qui a créé le problème ou la constitution est-elle le symptôme d’un problème préexistant ? C’est assez difficile à dire, mais je crois que la constitution fut plus le symptôme que la cause. En effet, à l’époque ottomane, puis française, les gouvernements se sont toujours efforcés de diviser pour mieux régner. C’est un principe vieux comme la politique et quel que soit les cieux. A force ils y sont bien un peu parvenus. Lorsque la France a taillé une constitution sur mesure en faveur des maronites, elle s’est assurée au moment de partir que le pays serait tenu par ses meilleurs alliés, histoire de rester un peu.

                            Mais Taëf a tenté d’en sortir. Or Taëf n’a toujours pas été appliqué dans son ensemble, puisque Taëf prévoit une déconfessionnalisation du système. Il faut croire aussi que les leaders politiques du Liban ne sont pressés de perdre l’influence prépondérante qu’ils ont sur leurs « ouailles », puisqu’ils n’ont toujours pas entrepris ces réformes.

                            Les résistances au principe d’un homme une voix sont énormes, en particulier chez les groupes minoritaires, dont les maronites qui savent bien qu’en cas d’adoption d’une telle réforme, ils perdraient petit à petit le contrôle politique du pays. Ce n’est bien entendu pas un hasard si aucun recensement n’a été officiellement effectué dans le pays depuis son indépendance. De sorte que peuvent circuler les rumeurs les plus fantaisistes, qui alimentent les fantasmes et les craintes. A ce titre, la bourgeoisie chrétienne ne songent guère à la déconfessionnalisation, mais plutôt au séparatisme ; antinomie parfaite. En revanche, les chrétiens prolos, toujours assez pro-Aoun, ne sont pas de cet avis, il faut dire que toutes ces discussions sur les parts d’influence des uns ou des autres ne les concernent que très virtuellement, on ne les consulte guère dans le processus décisionnel, quel que soit la communauté confessionnelle qui tient les rennes. Cette remarque est bien entendu vraie pour toutes les communautés.

                            Ainsi, contrairement à ce que certains semblent croire, laïciser le Liban ne signifie pas forcément le dé-islamiser. D’ailleurs ceux qui pensent qu’il conviendrait d’interdire les partis religieux, évidemment chez les Arabes-qui-sont-intempérés-par-nature, sont-ils favorables à l’interdiction des partis démocrates-chrétiens en Europe ? L’orientalisme a la vie dure.

                            Je suggère de déconfessionnaliser par étape en adoptant une réforme assez simple, qui devrait rassurer ceux que le principe d’un homme une voix effraient. Tout d’abord, une seule circonscription pour tout le pays (ou deux : Beyrouth et le reste du Liban, puisque cette seule ville regroupe plus d’un tiers des habitants du pays). Le lieu de vote est son lieu de résidence et non pas son lieu d’origine, son village perdu dans la montagne où on monte un weekend par an et où on n’a plus sa vie. Etablissement d’un système bicaméral : une chambre du peuple (un homme une voix, la chambre basse) et une chambre « confessionnelle » (le sénat), où chaque communauté pèse à peu près le même poids. C’est la chambre basse qui a le pas sur le sénat, mais l’équilibre doit ménager les peurs. Enfin un gouvernement collégial où aucune communauté n’a de rôle prépondérant, sans tête maronite ou sunnite, à l’image du gouvernement suisse. Petit à petit on pourrait ainsi faire évoluer les mentalités et envisager de diminuer le pouvoir du sénat (jusqu’à son extinction politique ?).

                            (Concernant les accords de Taëf : http://en.wikisource.org/wiki/Accord_de_Taef / Pour un point de vue arabe sur l’orientalisme : http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/edwardsaid/ )


                            • Spirou (---.---.156.81) 27 décembre 2006 10:16

                              - « Pour un point de vue arabe sur l’orientalisme :http://www.monde-diplomatique....) »

                              Il existe d’autres critiques sur l’orientalisme nettement plus pertinente que celle d’un individu incarnant l’occidental tiers-mondiste de la gauche radicale américaine post68 encore admirative du communisme(ce qui explique entre autres ses énormités sur le yemen d’obédience « socialiste » ou la non prise en compte des écrits pour le coup vraiment insultant des « orientalistes » marxistes soviétiques dans son ouvrage le plus célébre. Voir à ce sujet les critiques de Sadiq Jalal al-Azm et Nadim al-Bitar sur son « étude »).

                              Les travaux de Muhammad Husayn Ali-Al Saghir -fondés sur une véritable démarche scientifique très différente de celle d’un professeur de littérature -démontrent une réalité nettement plus complexe de l’orientalisme.(pour les précuseurs Tibawi, Khatibi et surtout Najib al-Aqiqi).

                              Le liban a un problème d’identité. Il doit choisir entre
                              - se fondre dans une grande syrie, se satisfaire du statut de protectorat ou devenir indépendant.
                              - rester un état « pluriconfessionnel », devenir plusieurs états uniconfessionnels, devenir un état laique, un pays avec une religion d’état voire un état à tendance « théocratique ».
                              - conserver son clientélisme ou devenir un état de droit.


                            • wil (---.---.210.1) 21 décembre 2006 18:05

                              je suis pr la laicite de mon pays ,je vis a la banlieuse de beyrouth, chretien maronite non pratiquant , pro aoun et pro le parti socialiste syrien . je n ai aucun probleme avec un sunnite ou chiite ce sont mes freres .

                              les chretiens pratiquant au libans sont minoritaires au contraire de ce que vs croyez.

                              Ce sont les pro fl( forces libanaises )du tueuers geagea les pratiquants et conservateur, ils representent 15/100 de la population libanaises chretiennes .

                              ns les pro aoun ns sommes pr la laicite et contre l accord de taef.


                              • Abouzeyd (---.---.1.194) 22 décembre 2006 16:35

                                Bonjour,

                                Je pense qu’il y a un malentendu. Ainsi je n’ai pas parlé de pratique religieuse au sens littéral du terme, mais d’appartenance communautaire. J’en veux pour preuve cette citation (eh oui, je me cite, ce n’est pas bien modeste, mais c’est vous qui m’y poussez ;)) : « [...] ce sentiment est bien plus politique que mystique. ». Or en l’état actuel des choses, ceux qui tiennent le processus décisionnel entre leurs mains ne laisseront pas tomber facilement, à moins qu’on leur accorde des garanties. Qu’ils soient ou non majoritaires, nombre de chrétiens de la bourgeoisie, soi-disant éclairée (éclairé ça veut dire pro-occidental, car l’occident est éclairé et l’orient dans les ténèbres, croyance orientaliste bien partagée en Europe, aux Etats Unis, à Achfrayeh et dans le Metn...) pensent que si le pays était résolument démocratique, c’est-à-dire que chaque bulletin de vote ait le même poids, alors les musulmans auraient le pouvoir et alors le Liban deviendrait un Etat arabe comme les autres et en général on cite l’Egypte, joyeux bordel plein de miséreux ou la Syrie, dictature pas très en forme. En politique, même dans une démocratie représentative, une minorité de 15% si elle est riche et organisée, peut peser bien plus que son poids effectif, d’autant que la bourgeoisie sunnite n’est pas loin de partager ce point du vue, en dépit de ses relations privilégiées avec l’Arabie saoudite.

                                Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous suivre, quant à votre volonté de laïciser le pays, je me contente de souligner les problèmes que ce programme suscite, de proposer un moyen de les contourner, ces problèmes, et la difficulté d’une tâche ne doit pas y faire renoncer. Ceci dit, je vous souhaite un joyeux noël sous les sapins « oranges » de Riad el-Sohl, sincèrement.

                                A.


                              • David Fournié 24 décembre 2006 00:42

                                Pro Aoun et Pro PSNS ?

                                Voilà bien un mélange étonnant... A ma conaissance, la charte du CPL n’est pas vraiment compatible avec l’inclusion du Liban dans une Grande Syrie...


                              • Estelle (---.---.81.89) 21 décembre 2006 22:32

                                Alala comme je suis d’accord ! Bon de toute façon pour moi un état se doit d’être laïc. Certains diront que c’est parce que en tant que Française je veux que tout le monde soit comme moi, je me contenterai personnellement d’appeler cela de logique...

                                Je me suis souvent fait cette réflexion moi-même que la grande tare de ce pays qui m’intéresse pour des raisons X et Y est la gangrène religieuse... Si seulement le premier ministre pouvait être premier ministre car c’est un homme intelligent et patriote qui ne veut que le bien de son pays et non parce qu’il appartient à telle ou telle communauté...cela marche pour tous les postes à responsabilité...y compris le président si vous voyez ce que je veux dire...

                                Quel dommage de faire passer la religion avant le talent et l’intérêt du pays... Ca me crève le coeur smiley quand je vois ce qui se passe actuellement et l’aveuglement de certains...personnellement je connais deux Libanais, les deux athées (cherchez pas, à mon avis c’est les deux seuls qui existent... :) ) et ils rejetaient tous ces communautarismes à deux balles comme je peux le faire (en tant qu’athée forcenée et anticommunautariste).

                                NB pour un des comms : faut arrêter le délire l’athéisme n’a jamais tué personne (à part peut-être des athées massacrés par des croyants), si certains régimes ont pu être athées (enfin comme il a été dit ils ont proposé une autre « religion »), ce n’est pas l’athéisme qui a tué mais bien ces régimes totalitaires... smiley


                                • moebius (---.---.56.98) 22 décembre 2006 22:42

                                  C’est le liban cosmopolite et commerçant qui est laique


                                  • David Fournié 24 décembre 2006 00:38

                                    Si d’aventure on remettait en question la stricte égalité politique entre musulmans et chrétiens, et la stricte égalité politique entre sunnites et chiites, le Liban ne serait plus le Liban.

                                    La « laïcité » que vous semblez tant apprécier est en réalité un système qui favorise la victoire du plus nombreux, car les gens agissent toujours en fonction de leur appartenance communautaire. Je vous met au défi de trouver un système véritablement laïque. La France où l’opinion publique rejette l’adhésion de la Turquie à l’UE pour cause de non-christianité ?

                                    Le système libanais porte au monde le message qu’un pays véritablement ouvert est un pays ou chacun à le droit de vivre selon ses principes et où toutes les composantes participent à la direction du pays sur un mode consensuel.

                                    D’autre part votre qualification des maronites de « groupe minoritaire » est une preuve de votre déni du sens même de l’existance de l’entité libanaise. Les maronites ne seront jamais une minorité, ni une majorité.


                                    • Estelle (---.---.212.219) 3 janvier 2007 22:07

                                      Ce n’est pas le sujet de l’article mais je tenais quand même à dire qu’affirmer que l’opinion publique française rejette l’adhésion de la Turquie pour cause de non- christianité me semble un peu court...et un poil subjectif...


                                    • ZeusIrae (---.---.209.130) 28 décembre 2006 15:21

                                      La laïcité au liban paraît etre un reve impossible.

                                      L’auteur oublie que la laïcité par elle-meme ne resout rien.Ce n’est qu’un outil au service de la paix social. Si aujourd’huis,les equilibres durement negociés etaient abandonné au profit de la democratie pure,ce serait un veritable desastre.Le partie majoritaire ou une alliance majoritaire prendrais le pouvoir et ecraserais le partie minoritaire.C’est tout.

                                      Si les libanais s’identifie à leur communauté c’est que cette derniere assure leur protection.Tant que les differentes communauté auront des motifs de craindre pour leur securité physique,la laïcité reste un veux pieux voir une recette parfaite pour l’enfer.

                                      Apres tout l’enfer est pavé de bonnes intentions.


                                      • acme (---.---.49.142) 3 janvier 2007 19:51

                                        désolé mais si la religion etait une des causes de la guerre civile des années 70 il y a une sacrée désinformation sur la crise actuelle, d’abord par le fait qu’on départage les parties entre pro et anti syriens or le partage n’est nullement celui là, c’est bcp moins siplistes que ca..prenons mon exemple je suis un libanais musulman sunnite et bien je suis contre ce gouvernement dirigé par un sunnite et je suis profondement sympathisant du hezbollah ! eh oui ne croyez pas que ce parti est un parti pro syrien ou pro iranien, le hezbollah 2 (celui des années 90) et surtout ANTI ISRAELIEN et donc des centaines de millions d’arabes, de musulmans sunnites ou chiites voir même des chrétiens (comme le général AOUN qui s’est exilé en France justement car il etait le seul anti syrien), la question n’est pas d’etre pro syrien car 90% des libanais sont anti syrien et nous les combatterons s’ils reviennent...par contre les anti israeliens se retrouvent dans le camps du HEZB et là il n’y a pas de religion mais une forte volonté de combattre l’occupation et la tyrannie...

                                        vaincre israel : les dépossédés l’ont révé...et le HEZB l’a fait !


                                        • (---.---.44.5) 5 janvier 2007 16:11

                                          A vrai dire, je suis un peu perplexe, car d’un coté les discours de Hassan Nasrallah sont bien ceux d’un chef politique libanais et contiennent des revendications libanaises (gouvernement d’union nationale, etc), mais d’un autre coté quand on entend Naim Qassem on croirait entendre parler Khomeyni... La vérité est que Hezbollah est certainement moins uni qu’il n’y parait, et contient probablement une branche libaniste, une branche proiranienne et une branche prosyrienne.

                                          Hassan Nasrallah est, je pense, un vrai chef libanais, mais pour maintenir l’unité de son mouvement doit parfois faire des cadeaux aux autres branches, comme la guerre de Juillet qui est un cadeau à l’Iran...

                                          Le combat de Hezbollah pour résister lorsqu’une partie du territoire libanais était occupé est juste, mais maintenant, quel intérêt à déclencher des guerres lorsque tout va bien ? Faut-il tuer 1500 Libanais pour en libérer 3 (dont Samir Quntar, fait prisonnier non pas en combatant pour la libération du Liban mais pour des intérêts étrangers ?) Et surtout, comment appeler ca une victoire ? La victoire pour le Liban est-elle d’embêter Israel tout en se faisant détruire (ce qui est le cas de l’été dernier, ils ont réussi à embêter Israel mais tout a été cassé chez eux), ou bien d’obtenir des gains qui améliorent la vie du peuple libanais ?

                                          L’hisoire de « libérer Chebaa » ne justifie en rien ses armes, car si libérer le Sud-Liban était bien un acte pour une résistance (car celà pouvait se faire de l’intérieur), il n’y a pas de population libanaise dans les fermes de Chebaa, donc pour le libérer militairement ca serait une guerre classique de conquête territoriale, bref ce n’est pas le job d’unité de guérilla ni de katiouchas... pour parler de libérer Chebaa, il faudrait d’abord le libérer de l’autre voisin qui l’a volé le premier, pour le faire reconnaître libanais aux yeux de la communauté internationale.

                                          En résumé, votre souhait est-il de sacrifier le Liban pour défaire Israel au bénéfice des Palestiniens, ou que maintenant le Liban libéré se consacre à sa propre prospérité ?


                                        • acme (---.---.52.161) 8 janvier 2007 14:23

                                          votre point de vue est tout a fait entendable et je pense que vs avez les connaissances pour ouvrir un dial interessant alors voici mon point de vue :

                                          1- j’ai lu divers point de vue politiques et militaires de divers sources dont israeliennes et americaines dont la synthese se resume à :

                                          1- il y a eu une operation militaire faite par le hezb pour prendre des prisonniers de guerre. le hezb a tjrs prevenu qu il n y a que cette solution pour permettre de liberer ses prisonniers, il y avait des ordres donnés a des chefs operationnels pour faire cette operation des qu’une occasion pertinente le permettait et ce fut le cas. les morts israeliens ont eu lieu lorsque des renforts israeliens ont pénétré le territoire libanais.

                                          2- la reponse israelienne devait etre classque : bombardement limité, etat de crise a court terme etc..mais les etats unis ont demandé a israel de declencher une guerre et cela pour detruire le hezb et lui a promis un soutien au niveau de l’onu..les plans etaient dejà prpeparé pour cette guerre et israel pensait profiter d’un effet de surprise. 3- effet de surprise a eu lieu (relatif..) le hezb ne pensait pas qu’un conflit majeur s’etablirait, de plus la saison touristique allait commencer et la diaspora chiite qui revenait chaque année lui permettait de tirer un benefice financier non negligeable, donc il est stupide de croire que le hezb voulait declencher cette guerre et surtout a cette periode precise.

                                          4- le hzb etait neaumoins bien préparé militairement grace a des strategies et des tactiques pertinentes...ses hommes etaient bien entrainé a tirer des katiouchia et a ses dissimuler en moins de 90 secondes (temps maxi pour ne pas etre reperé par l’aviation isr) de plus grace au courage et a la ferveur de ses combattants, le hezb a tenu et a defait une armée isr mal preparée et demotivée, qui a subi bcp de pertes et chars et en hommes.un general isr a meme dit : « j’aimerai vraiment commander des hommes de cette trempe là ! »

                                          maintenant qu’attendons du hezb ?

                                          moi j’attend du hezb qu’il se developpe et qu’il soit une arme dessuasive contre l’entité sioniste et bien sur la liberation des fermes de chabaa,et il faut pas oublié qu’un liban faible a tjrs eté mal traité par israel.


                                        • Michaël Sanchez (---.---.76.36) 12 février 2007 14:18

                                          Tiens c’est marrant... En gros vous dites que vous êtes tous les uns contre les autres, mais que la haine d’Israël constitue le ciment des arabes (sunnites, chiites, maghrébins etc)... Finalement, ça vous arrange bien qu’Israël soit là, ça vous permet d’utiliser un fusible ?


                                        • acme (---.---.2.229) 13 février 2007 21:42

                                          aucun rapport...israel est une entité qui agresse et agressera tous les pays arabes...il semera la zizanie entre les confessions et les regimes arabes pour les diviser et reigner. moi qui est sunnite je suis a fond pour le hezb qui est chitte car les nouveaux jeunes arabes sont un peu plus cultivés et moins idiots que leurs ainés pour s’entre dechirer au profit des juifs

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