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Une commission d’inquisition se penchera sur le « Printemps érable »

Le Parti Québécois, mauvais coucheur souverainiste, vient d’accoucher d’une série de mesures réactionnaires que la main gauche, celle qui n’a jamais comptée, se sent presser de reprocher à la main droite, celle qui a toujours bénéficié d’un « préjugé », celle qui a souvent gouvernée. La direction du Parti Québécois se demande pourquoi dissimuler ses péchés alors qu’il faut s’empresser de rassurer les autorités du capital financier

Le Parti Québécois aux commandes de l’État

Le SPGQ-Libre (libre de se traîner aux basques du PQ) et tout ce qui grenouille de trotskystes, d’opportunistes, de révisionnistes et de nationalistes irrédentistes, déchirent leur chemise sur la place publique. Leurs amours déçus avec le PQ les laissent orphelins d’un rêve sans lendemain. Le Parti Québécois, mauvais coucheur souverainiste, vient d’accoucher d’une série de mesures réactionnaires que la main gauche, celle qui n’a jamais comptée, se sent presser de reprocher à la main droite, celle qui a toujours bénéficié d’un « préjugé », celle qui a souvent gouvernée, du temps du Président Rèné, de son adjudant Bouchard-le-lucide et d la belle-mère Landry.

La direction du Parti Québécois se demande pourquoi dissimuler ses péchés alors qu’il faut s’empresser de rassurer les autorités du capital financier de ses capacités à gouverner pour accumuler des montagnes de frics spoliées en français et en anglais. Le milliardaire Pierre Karl Péladeau sait mieux que quiconque que son fric placé dans Hydro-Québec n’aura ni saveur désagréable, ni odeur identifiable, si ce n’est le goût de la sueur de l’ouvrier-esclave-salarié (1).

Première mesure impopulaire visant à préparer les élections à refaire, une nouvelle politique de redevances minières taillée pour plaire aux monopoles miniers. Associé à cette première annonce, le Nouveau Plan Nord pour tout le monde…de la finance et des minières. Après avoir tant décrié le Plan Nord des libéraux, voici le temps de livrer le fond de la pensée péquiste. Par ici les subventions et les retours d’ascenseurs et au diable les Premières nations et leurs droits ancestraux, la protection de l’environnement et les redevances (2).  

La Commission spéciale d’inquisition

Troisième mesure, le 8 mai 2013 le gouvernement péquiste a annoncé sa « Commission spéciale d'examen », à huis clos et sans pouvoir de contrainte (pour le moment), visant à faire la lumière sur les « événements du Printemps Érable ». Le mandat de la commission comporte quatre volets : « Analyser les circonstances des manifestations et des actions de perturbation ». « Déterminer les facteurs qui ont contribué à la détérioration du climat social et évaluer les impacts ». « Dégager des constats », et ensuite formuler des recommandations.

La création d’une commission spéciale d’examen sur le « Printemps érable » donnera à un ex-ministre péquiste de la justice la mission d’espionner les mouvements étudiants, les mouvements de dissidents, les groupes anticapitalistes afin de découvrir leurs secrets d’organisation, et compromettre les syndicats qui les ont appuyé. Quels secrets demandez-vous ? Aucun de ces groupes de militants étudiants ou de partisans n’a été financé par Moscou, Pékin ou la mouvance Islamiste. Le Ministre de la Police et le gouvernement péquiste-nationaliste veulent savoir comment de jeunes « casseurs » s’y sont pris pour motiver, embrigader et « forcer » des milliers d’étudiants et leurs parents, ainsi que des centaines de milliers de citoyens à se battre pendant si longtemps contre le gouvernement au point que l’État des riches a dû reculé et accédé aux demandes des enragés (3). 

La mission réelle de la Commission d’inquisition Ménard est d’infiltrer le mouvement étudiant et de ramasser des noms et des preuves pour harceler les militants et préparer la prochaine répression en cas de récidive, qui ne saurait tarder.

Québec-Solidaire, les syndicats et l’ex-porte-parole de la CLASSE – ainsi que toute la go-gauche ont obtenu la commission d’infiltration qu’ils réclamaient depuis longtemps – qu’ont-ils à maugréer ? Quand-tu ne veux pas voir la police dans ta maison tu le l’invites pas dans ton salon.

Deux commissions, deux tâches distinctes

Le porte-parole de la Coalition sans avenir caquiste de rajouter : « Pensez-vous que les gens du Black Bloc vont accepter de venir témoigner ? Et les gens qui ont infiltré le mouvement étudiant ? », a lancé l’ex-flic Jacques Duchesneau. Et le matricule 728 ; et les grenadiers de Victoriaville ; et les flics assassins du SDF devant l’Hôpital de Montréal ; et les excités qui ont matraqués à la fête du Grand Prix du Canada ; quand les entendrons-nous à la télévision monsieur Duchesneau ex-chef-de-police déchu, ex-candidat à la mairie battu ? 

La déjà en place Commission Charbonneau, chargée d’examiner les malversations dans l’industrie de la construction, est très différente de la Commission d’inquisition Ménard. Voyons comment. La Commission Charbonneau est une épine que le Parti Québécois – et son aile gauche, le « SPGQ-répudié » ont planté aux pieds des Libéraux provinciaux ; de l’ex-ministre libéral, l’ex maire Tremblay de Montréal et la bande à Bonneau-Vaillancourt ex-maire de Laval et ex-parrain de la mafia, que les formations politiques laissent tomber après avoir mangé à son râtelier.

Malheureusement pour la bande de péquiste-souverainiste, le Parti Vision-Montréal de Louise Harel, ex-ministre péquiste-nationaliste, ne sera finalement pas assez finaud pour ramasser le gros lot et c’est probablement l’« Équipe Denis Coderre du Tonnerre » et sa coterie de fédéralistes et de souverainistes opportunistes qui va ramassée le pot aux roses aux municipales de novembre prochain à Montréal.

 A travers la Commission Charbonneau deux bandes de bandits – l’une rouge et l’autre bleue – s’affrontent ; la bande de la CAQ demeure en réserve, attendant son tour d’accéder à l’auge ; et Québec-Solitaire reste en retrait, assez réaliste pour savoir qu’elle ne touchera jamais au pot au lait. Les audiences sont publiques puisque de toute façon cette commission n’aura aucune incidence si ce n’est de mettre à la retraite anticipée de vieux routiers-filous dont il était temps de se débarrasser pour les remplacer par une nouvelle brassée de « faiseux d’élection bidon », qui sont invité à bien écouter ce qui se dit à la commission Charbonneau, histoire de ne pas se faire prendre et de monter autrement les magouilles d’auparavant, comme rançonner les constructeurs, les bureaux d’ingénieurs, les sous-contractants pour ensuite refiler la facture à leurs commettants.

À la Commission Charbonneau chaque fois qu’un « témoin » (lire un présumé escroc directement responsable d’avoir trempé dans le salmigondis de la construction d’un côté ou de l’autre de l’échafaudage électoral) est appelé à témoigner, il obtient de facto son immunité et son impunité – plus il se dévoile à la télévision et moins il en restera pour justifier une poursuite pénale. Avertis du manège les enquêteurs de l’UPAC se sont empressés d’arrêter l’ex maire Vaillancourt et de l’inculper avant que la commission lui ternisse son accusé et ses complices (4).

Prenez le pari que toutes les poursuites en cours contre d’ex-repentis de la Commission de fumage Charbonneau finiront aux orties d’ici deux ans et demie…au moment où votre regard portera sur de nouveaux scandales et de nouveaux politiciens corrompus.

Par contre, la commission de l’ex-souverainiste Ménard mènera ses travaux à huis-clos – pas question de contaminer la preuve contre les étudiants, les militants et les partisans combattants en l’exposant en public. Le plein poids de la loi doit s’abattre sur ces jeunes récalcitrants défendant avec acharnement leur droit d’étudiants et qui ont osé tenir tête à tout l’appareil d’état – politique, policier, juridique et carcéral. D’autant que cette fois-ci, un seul a trahi et déguerpi rejoindre le sérail pour s’enrôler du côté des députés honnis, assis à la gauche de la Première ministre aux sommets de la félonie en février dernier, justement boycotté par les militants étudiants impénitents. Très grand changement par rapport à l’époque de Ti-poil Lévesque où Charron, Faical, Lisée, Landry, et compagnie avaient tous sauté les barricades pour recueillir le salaire de leur duplicité (5).

La commission Ménard, l’ex-bloquiste congédié, sera sous scellé car le ridicule peut tuer la crédibilité des nervis policiers. Vous voyez d’ici déambulé six gros lévriers casqués, masqués, 6 pieds-140 kilos, entraînés-armés, bardés d’acier et de boucliers, expliqués aux commissaires-priseurs à la télé, comment ils se ont senti menacés par une retraité de 30 ans leur aînée, 50 kilos toute mouillée ; et ce pourquoi ils se sont cru obligés de la matraquer, la poivrer, la menotter et la traîner dans le fourgon cellulaire, au moment même où la constable Trudeau vociférant (matricule 728) finissait de stranguler sa victime ; alors qu’un étudiant les deux yeux poqués était chassé de la manifestation avant qu’elle n’ait commencé. Le ministre de la police a jugé usité de protéger la réputation de ses limiers (6).

De toute façon l’idée derrière cette commission c’est de comprendre comment ce qui n’arrive qu’aux autres peut survenir ici, dans le Québec bucolique et tranquille ou sévit comme ailleurs la crise économique systémique, le chômage endémique, la misère des aînées, la dégradation des conditions de vie des travailleurs, les régimes de retraite en faillite, l’endettement époustouflant, la prostitution, la drogue et le suicide des adolescents, la pauvreté humiliante, les friperies et les comptoirs alimentaires. Vraiment, qui sont ces infiltrés militants révoltés ?

Pour ce qui est des poursuites déontologiques (200) contre la police-fasciste – les différentes instances et commission professionnelles policières se chargeront comme à l’accoutumée d’étouffer ces tristes affaires pendantes (0,01 % des plaintes en déontologie policière entrainent une rodomontade pour le constable). L’été dernier, au petit matin blafard, sur une rue de Montréal, comme par hasard , trois flics armés et blindés ont tué un SDF paumé, équipé d’un canif brisé, le tirant à bout portant et tuant un passant en passant. Les trois flics complices ont été totalement exonérés de tout blâme par la police des polices et ils ont été félicités pour leur courage (ils avaient tiré plus d’une balle) ! Alors vous comprendrez que de la flicaille qui matraque, blesse et aveugle des manifestants hargneux…seront certainement décorés de la croix de fer et oubliez ces poursuites. Vous vivez sous État policier, il serait bon de vous en rappeler (7). 

La résistance étudiante se poursuit

Aux étudiants laissés sur le carreau après avoir résisté sur les lignes de piquetage ; à ceux abandonnés devant les tribunaux ; aux étudiantes esseulées devant la machine judiciaire et carcérale et à tous les autres, refuser de témoigner devant cette commission d’inquisition. Tenez-vous loin de ces barons du capital (y compris la Carbonneau ex-CSN).

La commission Ménard n’a pas encore le droit de sanctionner pour outrage au tribunal tout étudiant récalcitrant, qu’il en reste ainsi. Pour cet ex-péquiste-ex-ministre et ses deux sous-fifres les gangsters qui ont complotés pour voler des centaines de millions des taxes et des impôts des travailleurs ne sont rien à comparer à cette coalition anticapitaliste qui a menacé le désordre établi et traumatisé L’establishment libéral, péquiste et caquiste et celui des capitalistes-monopolistes. Sursis pour les bandits de grand chemin – veston-blouson-cravate – ça convient ; mais de grâce râle les péquistes en harpies – le SPGQ – l’Autjournal-anarcho-syndicaliste, les nationalistes en furie, pas de pitié pour ces gauchistes qui ont ébranlé les piliers de l’Assemblée nationale, le salon de la race comme l’appelait leur mentor corporatiste (Lionel Groulx). La patrie fut mise en danger par ces jeunes dont dit-on plusieurs parlent anglais.

Étudiants-étudiantes ne réclamer plus jamais de commissions d’enquête car invariablement ce sera une commission d’inquisition et d’infiltration que vous obtiendrez. Les riches du Québec francophones et anglophones ont eu peur des étudiants partisans anglophones et francophones et ils ne souhaitent pas que cela se reproduisent, alors Ménard l’ex-bloquiste congédié par l’électorat y veillera…Nous on ne « collaborera » pas !

 

PLUS D’INFOS http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

 

  1. http://les7duquebec.org/7-au-front/ca-va-de-mal-en-pis-a-hydro-quebec-privatisation-de-cette-societe-detat/
  2. http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201305/09/01-4649028-territoires-proteges-quebec-efface-ses-cibles-du-site-du-nord-pour-tous.php
  3. http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201305/08/01-4648905-une-commission-speciale-sur-les-manifs-du-printemps-erable.php
  4. http://www.radio-canada.ca/collusion-qc
  5. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/greve-etudiante-au-quebec-bilan-apres-13-semaines-de-resistance/
  6. http://www.lapresse.ca/actualites/regional/201305/09/01-4649039-gilles-vaillancourt-libere-sous-conditions.php
  7. http://www.politicoglobe.com/2012/06/letat-policier-de-la-loi-78-saffiche-sans-honte-a-montreal-occupee/?utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

 


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1 réactions à cet article    


  • frugeky 16 mai 2013 14:18

    Plaisir à lire.

    Yep, avec agoravox, entre autres, on a une vision un peu plus précise et internationaliste des peuples en luttes et des moyens mis en place par nos Etats policiers-mais-tout-de-même-démocratiques pour les faire taire. C’est pas sur les médias vendus au puissances d’argent, Rance-Inter par exemple, qu’on risque d’être informés.

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